Une maman m'écrit : 

Bonsoir, je suis la maman de Grégoire, qui a 29 mois et qui ne fait toujours pas ses nuits. Il se réveille une à plusieurs fois. Son papa et moi travaillons et il a du mal à accepter de se séparer de nous ... Moi également car je culpabilise de ne pas l'élever à temps plein. Mais j'essaie de ne pas le lui montrer. Je lui explique pourquoi nous sommes obligés de travailler et lui d'aller chez sa gardienne. Notre relation est plutôt fusionnelle d'autant plus qu'il est né prématurément et a dû être hospitalisé deux semaines à sa naissance.
Quand nous ne travaillons pas nous allons en promenade, nous essayons de faire en sorte qu'il puisse se dépenser. Nous évitons la TV, ordinateur, jeux vidéo le soir, pour des jeux plutôt manuels. Nous lui donnons le bain le soir et depuis quelques jours, je lui fais des massages avec un mélange d'huiles qu'il apprécie. Il arrive de temps en temps que nous lui donnions un sirop homéopathique acheté en pharmacie quand de grosses insomnies persistent ; tous les soirs après le massage nous lisons une histoire.
Grégoire est un enfant unique ... il est très jaloux de quiconque s'approche de sa maman. Heureusement, il accepte mieux papa maintenant. Il dort dans une petite chambre près de nous ; nous le couchons entre 20 h et 20 h 30 et il se lève vers 7 h 15 ; il fait volontiers des siestes de deux à trois heures, l'après-midi quand l'organisation le permet.
Je vous remercie d'avance et attend avec impatience votre réponse.

Je lui réponds :

 

 Bon jour ... Eh oui, l'attachement d'un petit enfant à sa maman (et finalement à son papa aussi) et couplé à un certain degré d'angoisse autour de la séparation, ça peut donner des nuits bien difficiles … sans solution rapide, hélas !
Vous faites manifestement de votre mieux pour bien vous occuper de Grégoire, et il a de la chance d'être si bien « investi ».
… Attention toutefois à ne pas lui faire passer involontairement le message que la seule chose qui serait normale dans sa vie, c'est qu'on s'occupe de lui ... Un petit enfant doit parfois être laissé seul ( avec papa et maman à deux mètres mais « qui n'ont pas le temps » ) pour apprendre à développer sa créativité et sa débrouillardise personnelles ... Il faut aussi le rendre plus fort vis à vis des petites séparations quotidiennes en sachant, soi, partir sans se retourner ni revenir en arrière disons après UN retour pour un DEUXIEME bisou ... et puis on part, le cœur un peu serré, mais on ne se retourne plus même si on l'entend pleurer, quand on sait qu'il est avec une personne de confiance ... Bien sûr, au début, il faut lui expliquer la raison d'être de ces séparations et leur durée limitée, mais après deux, trois fois, ça suffit ... Trop de discours à ce propos pourrait bien le convaincre qu'il y a problème, puisque papa et maman ont l'air embarrassé.
Si Grégoire réappelle dix fois le soir, avant de s'endormir, malgré qu'on lui ait dit de ne pas le faire, on se tait et puis, après le cinquième appel, papa peut lui dire très gentiment, depuis le bas « Dors, Grégoire (?), nous t'avions dit que nous étions là ET que nous ne remonterions pas ... ». Après, il faut tenir bon dans le silence ... le pire de tout est de céder alors qu'on avait promis qu'on ne le ferait pas ... Le bruit doux d'une radio ou d'une TV qui fonctionne en bas, ou d'un peu de vie qui s'y déroule peut aussi le rassurer.
Pour les éveils nocturnes de Grégoire, c'est un peu la même chose ... Vous pouvez lui répondre gentiment la première fois « Je suis là, je te fais un bisou mais tu dois dormir, comme moi » sans vous déplacer ... et puis tout aussi gentiment, sans le menacer, papa peut dire la même chose au cinquième appel … Puis, il faut tenir bon dans le silence.
Bien d'accord pour le médicament doux quand vous le sentez énervé ...
Si ces efforts de renforcement doux de la nécessité d'être seul n'amènent pas de bon progrès en deux mois, contactez-moi à nouveau car alors, il faudra s'adapter autrement à ses angoisses nocturnes trop chroniques, par exemple en le reprenant près de vous dans un petit lit ... mais alors, c'est parti jusqu'environ ses six ans ...

Merci de votre confiance

Amitiés

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