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 A paraitre dans la revue belge Ethica clinica, mars-avril 2021, n° sur l'adolescence

DEFINITION ET GENERALITES

Le terme « discernement » est à géométrie variable selon les auteurs qui en parlent et selon les contextes. Il va et vient de façon mouvante en chacun, notamment pendant l’enfance et l’adolescence[2], où il se structure progressivement. 

1.Son noyau central, c’est une opération cognitive relativement complexe qui nous fait « capter … piger » adéquatement ce sur quoi nous nous centrons et travaillons mentalement.

Adéquatement ? voilà bien le hic, la difficulté la plus radicalement insoluble de cet article : Ce sont des tiers, essentiellement des adultes supposés sages, savants et expérimentés qui statuent sur ce qu’est la bonne connaissance de la réalité et donc sur l’effectivité du discernement. Plus bas dans le texte, quand je parlerai des altérations graves et des falsifications, ce seront eux aussi qui statueront.

 Je suppose qu’ils constituent un « Tiers social » capable d’une évaluation objective « suffisamment bonne »[3] …mais in fine, nombre de leurs certitudes restent incertaines à des degrés divers : Galilée a dû affirmer que la terre était plate, face aux sages de son époque.

 

Dit de façon plus scientifique : La faculté de bien apprécier les choses (Mabaka, 2012) ; la capacité de distinguer une chose d’une autre, et donc l’aptitude à choisir (Henaff, 2010) ; la faculté de reconnaître la nature réelle d’une situation, finement, distinctement, via l’opération des sens et de l’esprit (Wikipedia). C’est donc tout le contraire des erreurs de bonne foi, des sophismes, des affirmations idéologiques, de l’impuissance mentale, des mensonges et de l’autosuggestion, de la confusion mentale ou du délire.

Le discernement commence souvent par une intuition, c’est à dire une prise de conscience globale, immédiate, subjective, individuelle qui est prolongée et affinée par un mélange en proportions variables d’expérimentation et de processus cognitifs comme la capacité de représentation et de synthèse mentale, le raisonnement, la capacité de comparaison, l’anticipation, etc.

  1. Le discernement n’est pas un tout ou rien. Il se met en place progressivement, avec une richesse ou une pauvreté variable d’une personne à l’autre. Les champs où il peut s’appliquer sont innombrables, et, pour chaque personne, il n’ a pas nécessairement la même qualité pour chacun d’eux. On devrait donc statuer en fonction de la personne, du contexte et en référence à son champ d’application du moment.

Parmi ceux-ci, je cite, sans vouloir être exhaustif : 

- L’appréhension des données d’une réalité concrète, matérielle, vivante ou humaine (soi-même ou les autres) ; la capacité d’en faire une représentation mentale de synthèse, qui en inclut les composants importants.

- Si ce sont des réalités humaines, s’exerce en outre « l’intelligence sociale » qui capte le monde intérieur, les sentiments, les états d’âme, et les idées non-dites de soi ou des autres.

- Une opération dans la durée : saisie des données d’expériences passées, voire de l’Histoire, et de leur sens ; capacité d’anticipation : probabilité (s) d’évolution des choses, spontanément ou en référence à des choix posés ; capacité critique ;évaluation des dangers, des risques, des bénéfices ou des torts à venir  ; saisie des buts, des intentions, des effets et résultats escomptés, etc.

- Capacité d’évaluation morale  : Qu’est-ce qui est permis et défendu ? Jusque dix-onze ans, la morale est dite « conventionnelle », et l’enfant assimile le permis et le défendu avec le Bien et le Mal. Après, une conscience morale autonome est susceptible de s’installer, et le préado puis l’ado, peuvent dissocier en partie le permis et le défendu et le Bien et le Mal, notions qui leur sont souvent en partie au moins énoncées par autrui, mais sur lesquelles ils font in fine un travail d’appréciation personnelle.

  1. L’ opération centrale du discernement concerne donc la perception adéquate, la représentation et le raisonnement.

Tout peut alors se passer dans le mystère d’une méditation silencieuse et s’y limiter ; on le constate régulièrement chez des jeunes introvertis, secrets, mais qui peuvent montrer par leur comportement qu’ils ont bien compris les enjeux d’une situation

Plus souvent, spontanément ou en réponse à des questions, les jeunes expriment plus ou moins complètement ou/et sincèrement ce qu’ils ont discerné. Parfois, ils n’osent pas se livrer, sont honteux de le faire ou sont en opposition avec l’adulte. Alors ils peuvent se bloquer, mentir, ne livrer que de tout petits bouts de ce qu’ils pensent. La question de la concordance entre leur intériorité et leur expression doit toujours être posée et analysée, surtout s’il s’agit de matières graves et délicates, comme la mort, la sexualité, la séparation du couple parental, un acte antisocial commis, etc.

  1. Le discernement inclut la capacité de faire des choix et de décider de façon responsable :

 « Le discernement consiste en une maturité cognitive et émotionnelle suffisante pour comprendre le but, les effets et les conséquences d’un choix » (Mirabaud, 2013).

 Cette affirmation doit cependant se nuancer : 

- D’abord, c’est dans l’exercice de l’anticipation que les enfants et même les adolescents sont les moins compétents. Ils vivent d’abord et avant tout dans l’immédiat et ne se projettent dans l’avenir que sur des durées courtes : quelques semaines, au terme desquelles arrivent les grandes vacances …

- Se pose aussi la question du conformisme ou de l’anticonformisme. Elle se pose pour tout le monde, mais spécialement pour les mineurs d’âge, j’y reviendrai en détails un peu plus loin. Pour faire bref, notre travail mental n’est jamais celui d’un pur esprit ni d’une volonté et d’une liberté totalement indépendantes des influences et attentes de l’environnement. Notre discernement n’est jamais totalement autonome, solitaire, coupé de l’opinion des autres. Dans de nombreuses situations, l’influence d’autrui n’entraîne pas de lourdes et dramatiques erreurs ni gauchissements des choix. Parfois hélas, ce n’est pas le cas.

LE DISCERNEMENT CHEZ LES MINEURS 

 

 

Il n’existe pas d’unanimité à son sujet : leur faculté à discerner est très diversement appréciée par la communauté, tant celle des scientifiques que celle des éducateurs et autres témoins de sa vie. Il est loin, le temps où la Bible avait fixé l’âge de raison à sept ans, en faisant de cette affirmation une référence indiscutée ! 

De nombreux écrits émanent du monde juridique, discutant le discernement du mineur autour d’actions délictueuses, sa responsabilité et le bien-fondé de sanctions éducatives ou pénales visant son âge. Les opinions des auteurs vont un peu en tous sens.

On retrouve les mêmes divergences en droit civil, dans les lois qui définissent la citoyenneté, ses droits et ses devoirs. Je vous invite à relire à ce propos la recension que j’avais faite à propos de la gestion de leur corps par les mineurs[4]  : par exemple le mineur, de par sa seule décision ,et après vérification de son discernement- dont on le croit donc capable !-  a le droit de changer son prénom de genre dès 12 ans[5] ; il a le droit à la contraception, à l’avortement, à refuser qu’on lui prélève des organes après sa mort. Il a même le droit de demander l’euthanasie[6] … Mais il n’a pas le droit de vivre des relations sexuelles avant 14 ans, et ici avec nombre de restrictions, et avant 16 ans, avec beaucoup moins[7] ; il n’a pas le droit d’interrompre sa scolarité avant 18 ans et de vouloir travailler précocement, etc.

Et dans le domaine pénal, en Belgique, on continue à parler de « protection de l’enfance » jusque 18 ans. Cette philosophie de la protection connote l’idée de l’existence d’un discernement et d’une responsabilité progressifs, mais vise plutôt l’éducation que l’application de vraies peines avant 18 ans[8]. C’est une position que je trouve positive et constructive, mais aujourd’hui, de lourdes pressions sécuritaires voudraient abaisser l’âge de la responsabilité pénale. Et on a fixé à 14 ans l’âge où un mineur pouvait être frappé d’une amende administrative par des autorités communales. N’est-il pas illogique de distinguer des incivilités légères, susceptibles d’être punies directement et des actes plus graves, relevant de la philosophie de la protection ?

Bref, ça tire à hue et à dia, et pas toujours en référence principale à des convictions scientifiques ni éthiques : il existe bel et bien une « instrumentalisation » de la notion de discernement chez le mineur : on invoque son existence si ses choix correspondent aux attentes sociales, mais on le conteste si son choix dérange les idées fortes du moment. Par exemple, une idée contemporaine forte, par les temps d’égalitarisme qui courent, c’est qu’après séparation parentale, l’hébergement égalitaire est la seule bonne voie d’épanouissement pour les enfants. Et donc, l’enfant qui a l’air de ne pas en vouloir, parce qu’il se sent beaucoup mieux chez le parent A, ou parce qu’il est très fâché sur le parent B ou a remarqué le manque de vrai amour de celui-ci, cet enfant-là est vite réputé être ’ « aliéné » par le parent A …

Face à cette disparité, je me sens autorisé à vous faire des propositions personnelles. Elles s’appuient sur mon expérience de vie, sur celle de quarante-cinq ans de rencontres professionnelles avec des milliers d’enfants et d’adolescents, et enfin sur mes lectures et dialogues avec les opinions de bien d’ autres. 

S’appuyer prudemment sur des guidelines

Il existe des guidelines, des repères, mais ceux-ci n’ont jamais qu’une valeur statistique, donc à manier avec prudence !  Pour les principaux, on peut se référer à :

  1. L’âge (oui, évidemment quand-même !) A.C. Van Gysel (2004) dit : « Si l’enfant est doté de discernement – ce que l’on doit présumer à partir de douze ans – il devrait être associé au choix de son nom patronymique. » Moi-même, dans un autre ouvrage (Hayez, 2007), j’écrivais : « Une connaissance adéquate de la réalité externe concrète s’installe largement pendant l’âge de l’école primaire : les enfants de huit-neuf ans, d’intelligence normale et hors maladie, la connaissent bien. » Et un adolescent suisse, dans un groupe consacré au discernement en matière de santé, exprimait : « Je pense qu’on acquiert le discernement tout au long de son enfance et de son adolescence, que le chemin que fait chacun est individuel et aussi que ça commence déjà tout petit.» (Mirabaud, 2013)

 2.L’impression globale soit de maturité, soit d’immaturité qui se dégage de la personnalité du jeune, tant observée dans son quotidien que repérée via des entretiens spécifiques. (Mabaka, 2010)

  1. L’équipement en intelligence. Avant l’âge de trois ans, il est très peu probable que l’intelligence se soit suffisamment déployée, au-delà de l’identification de situations très concrètes et familières, que pour parler vraiment de discernement.

Attention, il ne faut toutefois pas en déduire que l’enfant de moins de trois ans est incapable de tout repérage concret ou de toute réévocation sensée. Il peut déjà identifier ce qui est spécial, hors codes de conduite habituels, hors-quotidien, et en faire part à quelqu’un en qui il a confiance, et ceci avec ses moyens d’expression limités. Je fais référence par exemple ici à des agressions corporelles, notamment sexuelles, qu’il aurait subies, même si elles prennent des formes séductrices et soft. Il en parle alors assez souvent en différé ou il rejoue celui-ci avec ses poupées, lors d’une expérience anodine et vaguement évocatrice de l’abus. Malheureusement, on prend très régulièrement prétexte de son très jeune âge pour ne pas le croire et ne pas l’aider[9] !

On peut raisonner de la même manière pour ceux qui sont porteurs d’un retard mental, au fur et à mesure qu’il s’accroît en gravité, ou pour les psychotiques et les autistes. Leur discernement est souvent erratique ou diminué, de là à dire qu’il n’existe jamais …

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Leonardo di Caprio, jeune autiste de 16 ans dans le superbe film: What' eating Gilbert Grape (Hallström, 1993)

 4.L’ignorance ou son inverse, la richesse des connaissances déjà acquises, qui a des répercussions sur l’élaboration et l’adéquation cognitive du discernement. Mais pas sur l’intuition, ni sur le discernement de réalités plus existentielles : les états d’âme des adultes proches, les menaces sociales, la maladie et la mort, etc. 

 5.La sérénité de l’ambiance ou l’existence d’émotions fortes dans le monde intérieur du mineur. Ces dernières brouillent toujours l’exercice de la cognition, qu’il s’agisse de l’excitation sexuelle, de la joie, du stress, de la dépression, etc.  

Le discernement est susceptible d’être dissocié de l’ âge. 

  1. 1. J’ai connu nombre d’enfants très jeunes qui, porteurs de mystérieuses antennes sensibles, avaient déjà une capacité de discernement significative. Elle portait régulièrement sur des réalités existentielles, affectives et sociales parfois lourdes, alors que la complexité du réel concret leur échappait parfois davantage[10], infiltrée par le travail compensatoire de leur imagination. 

Certains étaient à même d’énoncer verbalement leur discernement ; d’autres en faisaient part dans leurs dessins et dans leurs jeux. « Tu es triste, maman ? » dira tel petit de trois ans et demi qui « sent » bien que ça ne va plus très fort dans le couple parental. Malheureusement, il s’entendra trop souvent répondre : « Non, maman a juste une poussière dans l’œil. » 

 Voici une illustration plus détaillée de cette capacité, extraite du livre   La parole de l’enfant en souffrance (Hayez, de Becker, 2010, p. 117) 

. "...Grégoire, quatre ans, rend visite à son arrière-grand-père à l'hôpital. Bardé de tuyaux, le vieil homme dort profondément, en phase terminale dans un service de soins palliatifs. Grégoire se renseigne sur l'appareillage et ajoute gravement, les jambes un peu ballantes sur le lit où il est assis, comme une affirmation tranquille plutôt que comme une question : « Alors, il va mourir, bon-papa ? »

Les deux premières années de la vie de Grégoire, le vieux monsieur était encore en bonne santé et il existait entre lui et son arrière-petit-fils une touchante connivence affectueuse. Aussi, lorsque Grégoire se retrouve peu après dans la salle « spirituelle-œcuménique » de l'hôpital, il observe les adultes qui se recueillent et il dit spontanément : « Moi,  je prie pour mon ami, Bon-papa Roland. »

Deux jours après, il est encore au chevet du mourant. Il va vers lui, met sa petite main dans la sienne, déjà inerte, et commente tout haut, d'une voix paisible : « Bon-papa Roland, je serai toujours ton ami. »

Brave petit psychothérapeute de quatre ans qui est le premier à mettre des mots sur ce qui étreint la poitrine des adultes ! Heureusement, ici, la famille présente ne fait pas ce que l'on fait si souvent : blesser le tout-petit en déniant et en lui faisant croire qu'il n'a rien ne compris à rien. Un petit choc d'émotion passé, on accueille la parole de Grégoire et, un peu sous le prétexte de l'aider, lui, à bien comprendre ce qu'il a déjà compris pour l'essentiel, on parle de la mort toute proche de l'aïeul, de ce qu'elle est et des sentiments qu'elle suscite." 

  1. A l’inverse, nombre d’adolescents sont habités par un vécu de toute-puissance, par des désirs de défi et de transgression ou/et par le besoin d’éprouver des sensations fortes à tout prix ; ils s’aveuglent donc sur les conséquences de leurs choix : on les voit alors prendre des risques inconsidérés, jeter des pierres du haut d’un pont d’autoroute ou malmener des petits pour se sentir vivre, sans mesurer le danger qu’ils courent ou font courir ou le tort qu’ils génèrent.

J’ai fait cette constatation un certain nombre de fois en matière sexuelle : Tel ado souvent jeune, réputé « normal » voire fort sociable, s’en prend sexuellement à un cadet (sa sœur de dix ans – voire un tout petit) : il séduit, promet, joue plus ou moins de son autorité, puis cherche son plaisir et ne se rend pas tout de suite compte du traumatisme qu’il crée. Parfois, le discernement revient vite et il s’arrête de lui-même. Dans nombre de cas, si sa faute est découverte et si on l’amène à réfléchir sans l’étiqueter tout de suite comme monstre, il se sent coupable, regrette sincèrement et ne recommence plus. 

 Il est utopique d’imaginer un discernement non-coloré de conformisme 

Le conformisme concerne certainement les mineurs, mais pas seulement eux ! Il colore jusqu’à un certain point l’analyse cognitive d’une situation, et au moins autant les évaluations et choix qui peuvent y être liés. 

La qualification « conformiste » veut dire que les mineurs concernés ont pris en partie la forme d’une source humaine avec laquelle ils interagissent, souvent profondément, de façon rapprochée, dans une ambiance d’affectivité et d’estime positives. C’est un processus autant cognitif qu’affectif : 

Cognitif ? A ces jeunes, il paraît « raisonnable, intelligent » de penser le monde comme la source le pense et d’agir comme elle dans certains domaines.

 Affectif ? Il existe une imprégnation, jusqu’à une identification plus ou moins intense, spontanée et inconsciente, au way of life and think de la source aimée, estimée et apparaissant plus expérimentée. A la fin, on ne peut même plus dire que le jeune fait comme l’autre :  il est toujours lui, mais réplique consentante de l'autre là où il s'est laissé aller à s'identifier à la manière d'être ou à épouser les opinions de celui-ci.

La liberté est susceptible de se nicher partout, même dans le fait de se conformer. Un enfant conformiste n'est pas un enfant qui n'aurait pas de pensée personnelle. Il pense que ce qui est bien, c'est de penser comme sa source, parce que c'est là que se trouve la vérité !

Les sources du conformisme sont souvent des personnes proches : parents, maîtres à penser, amis de toujours. Dans leur chef, consciemment ou non, il existe parfois une volonté de s'imposer au jeune, de faire passer en lui des rêves, des idées, des attentes ... ailleurs, ces personnes laissent vraiment le jeune libre d'être lui-même et ne se rendent pas compte du processus en train de s'installer. 

Quand on évoque le conformisme, on pense souvent spontanément à des mineurs d’âge « vieillots » qui ne se démarquent pas d’une culture et de valeurs familiales « traditionnelles » Mais le conformisme s’exerce dans tous les sens. Nombre d’ados se conforment pendant plusieurs années au style de vie de leur groupe de pairs.

Je ne dirai quasi rien de l’anticonformisme, qui est souvent plus superficiel et transitoire que le conformisme. D’ailleurs, plus fondamentalement c’est aussi un conformisme … un conformisme à ce qui est contraire (à l’ordre parental) et qui est promu par le groupe des pairs.

J’expliquerai plus tard qu’il faut s’incliner devant lui, comme devant le conformisme, si « une certaine limite » de bon sens, de danger ou d’adhésion à des antivaleurs claires et nettes n’est pas dépassée. 

 

J’ai trouvé un bel exemple de cette imprégnation inévitable du discernement par le conformisme :

Revue Femmes d’Aujourd’hui 2014-9, p. 63, en lisant le témoignage d’une maman : « J’avais promis à mon fils qu’il ne souffrirait pas. » Le petit garçon de sept ans est en phase terminale d’un cancer métastasé. Sa maman a toujours eu avec lui un dialogue authentique sur son état de santé, la progression de sa maladie, et même sa mort proche et inévitable. Après sa dernière rencontre avec sa famille, l’enfant regarde sa montre avec l’air de dire : « Bon, tout le monde est là parce que je vais devoir y aller, moi … » Dans d’autres circonstances, il avait déjà évoqué nombre de détails concrets autour de sa mort. Eh bien, en acceptant la venue rapide de sa propre mort, via euthanasie passive, je pense que ce petit garçon a été lui-même, en ce inclus dans une conformité avec le désir de sa maman qu’il ne souffre pas et que sa mort soit digne. 

Malheureusement, les situations inverses sont moins rares : un certain nombre d’enfants qui voudraient mourir pour ne plus souffrir ne l’expriment pas, parce qu’ils devinent à tort ou à raison que ce serait intolérable pour leurs parents. Ici, je ne parle pas de conformisme (adhésion profonde à …), mais plutôt de loyauté, d’obéissance, de mélange d’amour et de culpabilité qui se refuse à faire de la peine … 

Altérations graves du discernement et falsifications de son expression 

1.Les dynamiques psychiques principales[11] susceptibles d’altérer gravement l’essence du discernement sont le conformisme intense à une personne elle-même sans objectivité et l’erreur de bonne foi

Conformisme devenant inacceptable : par exemple, après séparation des parents, les jeunes qui se soumettent à l’opinion d’un parent dit aliénant, et qui pourtant sont capables d’un bon discernement dans bien d’autres secteurs de leur vie[12]

Erreur de bonne foi[13] : Quelques facteurs y prédisposent: l’ignorance, la pauvreté intellectuelle et culturelle, des émotions trop fortes et encore la puissance et les vagabondages de l’imagination, par lesquels l’enfant colmate vaille que vaille sa méconnaissance provisoire de la réalité. 

Tel enfant d’âge scolaire, surpris à un jeu sexuel, peut être persuadé qu’il va aller des années en prison, même si ses parents l’élèvent habituellement sur un mode cool : c’est que, à l’instar de Prométhée, il se sent confusément coupable d’avoir volé le feu sacré de la sexualité à la génération précédente. L’adolescent gravement dépressif pense que l’avenir qui l’attend est abominable et qu’il ne prendra jamais sa place en société. L’ado excité par ses pulsions pense qu’il peut faire tout et n’importe quoi, et que les autres l’encaisseront sans trop de souffrance.

  1. Et l’inauthenticité dans l’expression ? Quand le jeune falsifie volontairement le contenu de ce qu’il a discerné, il ment. Souvent, c’est par omission : alors il se tait ou prétend ne pas savoir qu’il sait. D’autres mensonges sont plus actifs, au service de la prudence, du plaisir ou du pouvoir, de la mise en vedette de soi, voire de la volonté de faire souffrir l’autre.

Le pseudo-conformisme est une combinaison de mensonge et de soumission : Ici, l’enfant dit ce que l’adulte veut entendre et qu’il ne pense pourtant pas intimement, par peur de se différencier, de déplaire ou/et d’être puni.

 3.La suggestibilité a un statut hybride, entre le pseudo-conformisme et une application superficielle et labile du conformisme. Ici l’enfant « se laisse influencer », se persuade que ce qu’on lui dit est vrai (autosuggestion), mais au fond de lui-même il doute parfois, tout en maintenant majoritairement sa politique de l’autruche. 

Dans les séparations parentales difficiles, lorsqu’un jeune refuse ou veut réduire drastiquement ses contacts avec un parent, il n’est pas impossible qu’il fasse part de la sorte d’un discernement légitime : après tout, la reconnaissance filiale, cela se mérite et tous les parents n’aiment pas assez ou ne font pas le nécessaire pour la mériter. Pour ma part par exemple, je puis comprendre qu’une fille lucide, autour de sa puberté, ne veuille plus entendre parler de son père qui a déserté le foyer familial pour une jeune de vingt ans. Il faudrait laisser le temps faire son œuvre et non pas imposer une reprise de contacts via violence judiciaire !

Mais plus souvent, ces positions de refus sont en résonance avec l’attitude du parent gardien et constituent un mélange de conformisme, de pseudo-conformisme et de suggestibilité sur lequel il est bien difficile de travailler[14].

Gérer le discernement chez les jeunes et  ses aléas 

Quelles responsabilités avons-nous, communauté d’adultes, face au cheminement du discernement chez le mineur et à ses aléas ? Je vous fais quatre propositions à ce propos : 

1.Reconnaître la possible existence de ce discernement, même pour des matières très graves.

1.1 Même l’enfant en âge préscolaire est capable d’un discernement déjà synthétique, nous l’avons déjà évoqué. Mais pour qu’ il exprime ce qu’il pense, encore faut-il aller à son rythme - s’accroupir à ses côtés avec un sourire bienveillant, en quelque sorte -, le laisser parler, lui donner de l’importance, ne pas lui dire tout de suite que ce n’est pas ça, ou pas tout à fait ça,  et qu’il se trompe….

A l’école primaire, le discernement tant du monde matériel que des sentiments peut déjà s’avérer très fin. Je vous invite à lire à ce propos le texte : Un suicide et des interventions de crise[15] : des enfants de toutes les classes du primaire s’expriment peu après le suicide d’un instituteur. Je les écoute, je leur donne de l’importance, je valorise leur pensée et j’exprime aussi la mienne, parfois différente et ils construisent quasi à eux seuls un exposé scientifique sensible sur les raisons d’être du suicide, sa prévention, l’aide à apporter aux proches, etc.

Une partie du travail psycho-social avec les adolescents s’appuie sur leur discernement et tente d’en favoriser le développement : partir de ce qu’ils savent déjà, faire appel à leur pouvoir de réflexion, donner un témoignage personnel engagé, différent, sans vouloir combattre à tout prix leurs idées, leur faire prendre la place de l’autre dans un jeu de rôles, reconnaître leur liberté de penser et aussi celle de décider quand elle existe vraiment….

1.2 A quoi nous invite cette présence d’un discernement précoce ?

        
- D’abord à l’émerveillement ! C’est ce sentiment qui m’habite au fil de quarante-cinq ans de dialogue avec mes jeunes patients : quelle joie j’ai toujours eue à les entendre réfléchir, construire en tâtonnant leur image du monde, partager leur savoir quand ils avaient la juste intuition de ma bienveillance. Comme c’est beau, cette intelligence humaine qui croît et se transmet de génération en génération !   


- Mais aussi à la lucidité quant à leur pouvoir de capter ce qui se passe autour d’eux. Certes, ce n’est pas un pouvoir absolu ! Une partie des enfants reste plus ignorante que d’autres, sans curiosité, sans antennes sensibles, sans empathie ! Et pour tous, quelques secrets très bien bétonnés resteront des secrets.     
Mais en moyenne, ils perçoivent quelque chose de ce que nous voudrions pourtant leur cacher: la mauvaise situation financière de la famille, la maladie grave d’un proche, les raisons de la dispute avec les grands-parents, etc... Et si nous les laissons seuls avec les fragments qu’ils ont captés, il peut en résulter bien des malentendus, de sourdes et interminables dramatisations et angoisses ! 

  1. Rectifier les erreurs de bonne foi?

A nous de décider si nous allons aider tout de suite le jeune, ou faire confiance au temps qui passe : son intelligence va mûrir, ses sources d’ informations vont se multiplier, et bon nombre d’erreurs de perception ou d’évaluation se corrigeront d’elles-mêmes. Si nous l’aidons trop, nous encourageons sa passivité ; si nous le laissons trop seul, une ignorance angoissante peut persister : après des mois de pandémie, les enfants d’âge préscolaire savaient tous qu’ilallait mettre un masque, mais peu pouvaient expliquer ce qu’était exactement le coronavirus et si et comment il pouvait s’en prendre à eux, et si on allait les piquer !


Pour ma part, je laisse souvent leur créativité faire son chemin auto-correcteur : je n’ai jamais voulu briser la magie enfantine autour de Saint -Nicolas, ni même mettre de l’orthodoxie adulte dans les théories des petits enfants sur les bébés et la sexuation.

        
Les bonnes raisons d’intervenir me semblent être l’ angoisse significative et durable, la souffrance morale excessive générée par l’erreur de bonne foi ou encore les dangers qui pourraient en résulter via les choix posés. Par exemple, j’ai toujours été partisan d’une solide éducation (information?) sexuelle à l’école pour les jeunes adolescents, surtout de milieux peu cultivés... une manière de lutter contre le machisme ou les grossesses prématurées.

  1. Et les altérations graves du discernement, en référence à des approvisionnements en informations toxiques, et surtout en référence à du conformisme négatif ?

Le protocole que je vais proposer s’applique aussi quand on a à faire à un mélange de conformisme, de suggestibilité et de pseudo-conformisme, mais alors, la mobilisation du jeune s’avère plus facile.


Pensons par exemple aux adolescents imprégnés d’idées racistes ou très délinquantes ou à ceux et celles qui voulaient rejoindre Daesh. Plus près de notre quotidien, pensons aux enfants et adolescents, déjà évoqués, qui refusent le contact avec un parent séparé parce qu’ils se sont laissés aliéner…ou encore aux enfants des témoins de Jehovah qui refusent  certains soins de santé       pour eux-mêmes.
Dans tous ces cas, et de façon résumée, nous pouvons :


3.1. Le plus fondamentalement, viser à ce que leurs idées toxiques changent. Mais c’est tout, sauf simple. Il ne suffit évidemment pas de leur dire qu’ils sont dans l’erreur, leur en faire reproche, et exiger qu’ils pensent (et agissent) autrement !

 Il faut les réapprivoiser doucement, en désirant avoir une relation positive avec eux. Faire preuve d’empathie, et s’intéresser vraiment aux sources qui les ont fait se diriger vers l’erreur : ils ont prêté l’oreille à des islamistes enragés, mais pourquoi ont-ils eu besoin d’aller traîner de ce côté-là ? Ne pas se montrer non plus trop passifs ni complaisants en les écoutant indéfiniment ressasser leurs arguments. Au fur et à mesure que (l’on a l’impression que) la relation s’installe, parler de façon personnelle, exprimer nos différences, etc...   

3.2. Les éloigner de la source toxique à laquelle ils se conforment? Ce n’est pas toujours réaliste ni évident, à l’ère d’Internet. Et cela peut poser de délicats problèmes éthiques : Va-t-on séparer un enfant du parent aliénant auquel il est très attaché ? Certaines écoles le recommandent, mais à mon sens la décision doit être prise au cas par cas.   

3.3. Il faut également pouvoir s’arrêter d’insister pour modifier la pensée du jeune. A un certain moment, cela devient contre-productif. Il s’obstine de plus en plus dans ses croyances. Il faudra parfois nous résigner à laisser le jeune maintenir des affirmations douteuses : « Cette méchanceté que tu attribues à ton papa, c’est ce que tu crois, toi, pour le moment … c’est ce que tu souhaites me dire, toi, pour le moment …moi, je ne vois pas tout à fait les choses comme toi… » 

3.4. Au moins pouvons-nous essayer que, quoique le jeune pense, il ne s’en suive pas des décisions, choix et actes dangereux ou mauvais pour lui et pour autrui. Que son altération de discernement reste au niveau de sa pensée, et pas dans des concrétisations de terrain.  

4. Du discernement dans les idées jusqu’ aux décisions.


Je finis de dire que nous devons combattre les décisions mauvaises, toxiques. Mais dans la majorité des situations où le principe d’un choix, d’une décision se pose, ce n’est pas de celles -ci dont il s’agit.   
Laissons-nous donc interpeller par quelques questions :

        
4.1. Ne pouvons-nous pas accepter plus souvent les choix d’un jeune qui nous dérange, alors qu’il exprime pleinement son vécu et son projet de sujet humain ? J’ai dit plus haut que nous étions souvent tentés par une instrumentalisation du jeune, qui nous fait penser que ses seuls bons choix sont ceux qui vont dans le sens de l’attente sociale, surtout quand elle émane des adultes qui ont le pouvoir, et la volonté de peser sur les aspirations sociales.

Ainsi, s’il est de bon ton en 2021 de se déclarer bambin transgenre-ça vous fait même passer aux talk-show des TV branchées !-, il est toujours périlleux de dire, après la séparation de ses parents, que l’on voudrait vivre (bien) plus de temps chez l’un que chez l’autre. Et combien d’enfants obligés de faire de la musique, du hockey, un mouvement de jeunesse alors qu’ils essaient en vain de dire qu’ils n’en veulent pas. Et tous ces adolescents définitivement dégoûtés de l’école, à qui l’on n’offre comme alternative que l’une ou l’autre expérience pilote entre désinsérés plutôt sages et éducateurs plutôt branchés. 

4.2. A l’opposé, ne devons-nous pas continuer à protéger les jeunes, en ne leur demandant pas à eux, personnellement, de prendre telle ou telle décision pourtant logiquement liée à leur discernement cognitif. Prendre la décision serait pour eux trop angoissant, trop culpabilisant, voire simplement trop frustrant. « Alors, c’est moi, adulte qui décide, et je te laisse vivre ton enfance avec une bonne petite charge d’insouciance ». Ce n’est donc pas lui qui décidera si on va piquer ou non son vieux chien malade. Pas plus qu’il ne décidera certains gestes désagréables qui concernent sa santé. Ce n’est pas lui non plus qui décidera officiellement du rythme de ses séjours chez ses parents séparés, même si je finis de dire qu’on devrait souvent davantage tenir compte de son point de vue. Etc.

4.3. Il existe cependant quelques situations où il fait un choix douloureux, et où les adultes pourraient se résigner à décider d’y adhérer. Parce que, d’un point de vue éthique, en référence à des valeurs humaines importantes, son choix a du sens. 
Par exemple, tel enfant d’âge scolaire, réputé « parentifié », veut rester vivre auprès de sa mère psychotique, isolée      mais capable d’une      autonomie minimum.           
Par exemple, tel ado, en phase terminale de maladie, donne à ses soignants bien des signes qu’il aimerait être euthanasié. Mais il ne le demande pas, voire le refuse officiellement, parce qu’il pense que ses parents ne le supporteraient pas. 

Notes

[2] Dans ce texte, « mineur » ou « jeune » désigne tous les moins de dix-huit ans. S’il faut spécifier, je parle d’ « enfant » (moins de douze ans), d’ « enfant préscolaire » (moins de six ans)  ou d’ « adolescent » (plus de douze ans). 

[3] En 1974, D.W. Winnicott   affirmait que la vraie bonne mère n’est jamais que celle qui est « suffisamment bonne », c’est à dire qui assume sa part inéluctable et de richesses morales et d’imperfections ! Cette affirmation peut être transposée à l’ensemble des situations humaines, chaque fois marquées par des richesses et des manques (D.W. Winnicott,1974) 

 

[4] Lire à ce sujet l’article : Les mineurs belges ont-ils le droit de disposer de leur corps ? Il en fait la recension jusqu’en 2014. Web lien : https://www.jeanyveshayez.net/textes-sur-des-problemes-ethiques-et-de-societe/354-3-1-8-6-les-mineurs-ont-ils-le-droit-de-disposer-de-leur-corps  

[5] Loi sur les personnes transgenre, 25 juin 2017

[6] Loi du 28 février 2014,toujors s’il est capable de discernement-et l’on croit donc que c’est possible, et ici, en outre, avec le consentement des parents

[7] C’est à 16 ans que le droit à des relations sexuelles consenties s’applique très largement. Entre 14 et 16 ans, même s’il y a consentement, le partenaire ne peut pas avoir plus de 5 ans de différence d’âge sur le jeune, ni avoir de l’autorité sur lui.

[8] Dès 16 ans, il peut néanmoins exister un dessaisissement du Tribunal de la jeunesse : en principe, il sanctionne des actes commis après 16 ans par des mineurs très rétifs aux propositions éducatives des Tribunaux.  

[9] On peut lire à ce sujet l’article Tout-petits et allégations d’abus sexuel Web lien : https://www.jeanyveshayez.net/abus-sexuels-sexualite-contrainte-epines-sexuelles/420-3-1-1-n-tout-petits-et-allegations-d-abus-sexuel

[10] On peut lire à ce sujet l’article Les tout-petits, l’école maternelle et la Covid-19 Web lien :https://www.jeanyveshayez.net/enfants-ados-normaux-ou-preoccupants-fonctionnements-psychiques/438-3-2-1-b-les-tout-petits-l-ecole-maternelle-et-le-covid-19

 [11] Je ne dirai rien ici du délire des psychotiques, ni de la confusion mentale exprimant une pathologie cérébrale, transitoire ou non

[12]Il ne faut néanmoins jamais proclamer hâtivement qu’il y a aliénation parentale. On peut lire à ce propos l’article Les ruptures de contacts, voire de lien parental, après séparation des parents. Lien web: :https://www.jeanyveshayez.net/enfants-ados-normaux-ou-preoccupants-fonctionnements-psychiques/424-3-2-1-aa-l-alienation-parentale-bis

[13] Les psy parlent parfois ici de fausses croyances, surtout s’il s’agit d’émettre et d’adhérer à une idée, une opinion erronée. Ces fausse croyances sont fréquentes dans nombre de pathologies mentales comme p. ex., la dépression.

[14] Relire la note bas de page 12

[15] On peut lire l’article Un suicide et des interventions de crise. Web lien : https://www.jeanyveshayez.net/traumatismes-psychiques/326-3-1-29-4-un-suicide-et-des-interventions-de-crise

 

 

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 Hayez J.-Y, Les tout-petits, l’école maternelle et la Covid-19, Revue de santé scolaire et universitaire, 67, 19-22 

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