Les larmes sont les pétales du coeur

Paul ELUARD

 

Je me suis toujours demandée pourquoi certaines personnes semblaient pleurer parfois ou souvent et d’autres disent ou regrettent de ne jamais pleurer.

Les larmes semble-t-il sont les compagnons de la vie. Elles sont présentes aux grands moments de notre route : les grandes peines, les grandes joies. Elles sont marquées du sceau de l’émotion.

Elles sont souvent silencieuses et intimes, elles peuvent être bruyantes, appeler à l’aide, ou crier dans le vide

Malheur à celui qui ne sait pas pleurer, malheur sans doute à celui qui ne peut pas pleurer !

Les premiers appels du bébé sont avant tout des cris c’est ainsi qu’il appelle sa mère et exige que ses besoins soient satisfaits.

. Dans son article de 1957, « Pourquoi les bébés pleurent-ils ? », Donald W. Winnicott2 rapporte l’histoire d’une petite fille adoptée à l’âge de quatre mois et qui, ayant vécu des expériences malheureuses avant son adoption, ne supportait pas que sa mère adoptive s’absentât. Celle-ci décida pourtant, lorsque sa fille eut dix-huit mois, de prendre deux semaines de vacances sans elle. « L’enfant passa presque toute la quinzaine à essayer d’ouvrir la chambre de sa mère, trop angoissée pour jouer et n’acceptant pas réellement le fait de son absence. Elle était aussi trop effrayée pour être triste. […] Lorsque la mère revint enfin, l’enfant attendit un peu pour s’assurer que ce qu’elle voyait était vrai, puis elle se jeta à son cou, se mit à sangloter et à être profondément triste. » Vu de l’extérieur, il paraît évident que la tristesse de la petite fille était présente avant le retour de la mère, mais, souligne Donald W. Winnicott, « du point de vue de la petite fille, cependant, il n’y avait pas de tristesse avant qu’elle sache qu’elle pouvait être triste aux côtés de sa mère, ses larmes coulant dans son cou »

Elle était trop effrayée pour être triste, dit Winnicott c’est effectivement vrai car ’avant cet âge le bébé n’a pas la capacité d’être triste ; pour être triste il faut déjà avoir le sentiment du manque d’objet, en l’occurrence de sa mère.

Un bébé peut souvent crier hurler manifester qu’il n’est pas content mais il semble qu’avant deux ans il n’a pas la conscience d’être triste et de pouvoir pleurer ; dans le cas de la petite fille de Winnicott dans les bras de sa mère elle sanglote, ce qui n’est pas la même chose que pleurer

Joyce Mac Dougall3 écrit que « la capacité de capter l’affect d’un autre précède l’acquisition du langage, et l’enfant ne peut que réagir au vécu affectif de sa mère, tandis que la capacité de la mère de capter les émois de son enfant et d’y répondre dépend de son désir de donner un sens à ses cris, à ses gestes. Hors de ce qu’il représente pour sa mère, l’enfant n’a pas d’existence psychique possible : source de vie pour son enfant, elle est aussi son appareil à penser » (Mac Dougall, 1978).

Ce qui conforte, mon hypothèse c'est-à-dire qu’avant 2 ou 3 ans l’enfant n’a pas la capacité pour lui-même de ressentir un affect de tristesse ce qui correspond à peu près à la possibilité d’évoquer plus tard des souvenirs de cet âge

Une petite fille de quinze mois dont la mère voulait lui donner son sein avant de partir travailler, celle-ci- dit la mère -pleurait tellement qu’elle fut obligée de faire en vitesse un biberon. Il semble que dans ce cas c’était des larmes de rage et de colère qu’elle versait et non de tristesse, ce qu’on rencontre aussi chez beaucoup d’adultes qui ne savent pas exprimer autrement leur chagrin.

. Il est certain d’ailleurs, - nous en avons l’expérience souvent- que pour un jeune enfant lors d’un décès familial grand parent par exemple l’enfant est souvent beaucoup plus triste quand son parent père ou mère concerné n’arrive pas à « faire son deuil » .Une fillette de 5 ans qui avait vu le décès tragique d’un frère ainé et qui en avait le souvenir traumatique disait 6 mois après : je ne comprends pas pourquoi ma mère pleure !! je suis triste de la voir pleurer.

On pourrait peut-être dire : ’un jeune enfant est triste ou pleure seulement par procuration.

Les larmes pour être significatives doivent s’adresser à quelqu’un.

Ce peut être à son monde interne : à soi en premier puis à ses images internes c'est-à-dire les images de son passé père mère ou autres.

On s’autorise à pleurer, dit-on souvent : ce qui parait du même ordre.

Joyce Mac Dougalll , dans le même ouvrage 4 parle d’une patiente qui n’avait jamais pleuré disait-elle .Pour cette patiente, très virulente à son égard avant de pouvoir

enfin s’autoriser à pleurer, Joyce Mc Dougall laisse entendre que le surgissement des larmes a ouvert la voie à une forme de « réanimation psychique »

Elle s’est autorisée à pleurer, ses larmes sont devenues significatives parce que justement adressées à son analyste ce qui a ouvert la voie à une réanimation psychique

Evelyne Kestemberg qui s’est beaucoup occupée d’adolescentes anorexiques disait un peu la même chose en disant « Quand elles pleurent c’est gagné »

Il semble que dans le travail analytique les larmes doivent être reçues, écoutées, et vues par l’analyste qui devient alors témoin et réceptacle du chagrin et de la souffrance. Elles ne seront significatives et offrant la voie à une réanimation psychique ou tout simplement à une ouverture pour un mieux-être que s’il y a bien accueil de l’analyste et ce n’est pas aussi simple pour lui car cela met en jeu son fonctionnement propre et ce qu’il a pu élaborer des « larmes de son enfance ».

Dans le dispositif divan fauteuil, l’analyste ne voit pas les larmes et de même l’analysant ne voit pas le visage de l’analyste. C’est une différence énorme pour les deux protagonistes dans le transfert .En face à face, cette perspective : l’analyste voit son patient pleurer et l’analysant voit et interprète le visage de son analyste, modifie considérablement le cours du traitement.

On peut penser, que lorsqu’un analyste donne un kleenex à son patient qui pleure, cela a valeur d’interprétation : « je comprends votre peine »

Une adolescente que je voyais régulièrement en face à face me dit un jour : « Quand je vous raconte mes conneries, vous avez l’air de vous en foutre mais je vois à votre visage que quand je vous parle de ma mère et de ce qu’elle m’a fait comme crasse, cela vous intéresse »

Je lui ai répondu « Tu penses qu’à ce moment-là je t’écoute et je te comprends »

En effet on peut se demander comment travaille le visage de l’analyste pour le patient : en voyant ses larmes il devine sa douleur comme autrefois la mère qui interprète le cri du bébé et vient le secourir

Cette capacité à accueillir c'est-à-dire à contenir les larmes et le chagrin peut se comparer à ce que dit Bion à propos de la contenance maternelle qui transforme chez le bébé « les éléments betha en éléments alpha métabolisables. » Pour dire plus simplement sans se servir de cette métaphore, la mère bien adaptée à son enfant et « suffisamment bonne » saura calmer et contenir son excitation qu’elle vienne du dedans ou du dehors. La mère par sa simple présence est l’éternelle consolatrice

C’est ce qu’écrit Claudel5 dans son poème à la Vierge :

"Je viens seulement Mère pour vous regarder. Vous regardez pleurer de bonheur ; savoir cela que je suis votre fils et que vous êtes là.

Etre avec vous Marie en ce lieu où vous êtes ; ne rien dire, regardez votre visage, laissez le cœur chanter dans son propre langage"

 

On peut dire que les larmes sont toujours relationnelles : en présences de l’autre en présence de soi dans son monde interne, c’est toujours un appel. Comme dit Simone de Beauvoir6 :

« Dans toutes les larmes s’attarde un espoir»

Il existe de multiples expressions pour parler des larmes dans le langage courant comme dans le langage littéraire. Elles allient la participation du corps et de l’âme.

Citons en quelques-unes

Avoir la larme à l'œil, les larmes aux yeux, des larmes dans la voix,

Être ému, parler d'une voix émue, être sur le point de pleurer.

Avoir toujours la larme à l'œil, avoir la larme facile,

Manifester une sensibilité excessive, pleurer à la moindre émotion.

Être au bord des larmes,

Être en larmes,

Se retenir ou être en train de pleurer

Pleurer à chaudes larmes, toutes les larmes de son corps,

Pleurer abondamment.

Rire aux larmes,

Rire tellement qu’on en a les larmes aux yeux c’est à dire que l’émotion est très forte

 

Quand on étudie l’origine de certaines expressions, on s’aperçoit qu’elles sont toujours dans le registre relationnel, pour un autre, cet autre fut-il présent ou non

Pleurer comme une Madeleine : pleurer abondamment sans pouvoir s’arrêter

 

L’origine de cette expression nous vient de la Bible. La Madeleine fait ici référence à Marie Madeleine, une prostituée qui vient voir jésus pour lui confesser ses péchés ; elle se met à genoux et elle pleurait tellement qu’elle lui arrosa ses pieds pour ensuite les essuyer

Les larmes de crocodiles ou larmes feintes destinées à émouvoir ou tromper l’entourage

Une des origines très anciennes est très intéressante pour notre propos :

Il faut aller se promener dans l’antiquité sur le Nil, pour avoir la réponse car cette expression qui, sous la forme actuelle, existe depuis le XVIe siècle nous arrive de loin puisqu'elle est issue d'anciennes versions en grec et en latin. Elle vient d'une légende qui disait que les crocodiles du Nil attiraient leurs proies en gémissant à fendre l'âme des naïfs qui passaient à proximité et venaient s'enquérir, un peu trop près, de ce qui pouvait provoquer de tels pleurs. Une autre version est l’appel des sirènes !

Il y a les larmes qu’on réprime les larmes qui n’arrivent pas à couler il y a trop de larmes déjà versées avec le sentiment qu’on n’aurait plus de larmes à verser jamais

 

On parle .de larmes thérapeutiques7 des larmes qui soulagent ou qui sont nécessaires pour vivre heureux… 

Paradoxe...Certains patients vous disent « je suis allé voir un thérapeute j’ai pleuré pendant un an et comme rien n’avait changé dans ma vie, j’ai arrêté ma thérapie. » En cela généralement ils incriminent le thérapeute ou la méthode

Ces phrases qu’on entend souvent montrent sans doute que ces larmes sont déconnectées de l’émotion ou plus précisément qu’elles ne peuvent s’adresser à personne ni à son monde interne ni à un objet extérieur qui n’est pas disponible pour écouter

Pleurer ne sert pas seulement à exprimer une peine. Les pleurs sont aussi un véhicule qui nous fait remonter le temps jusqu’à des traumatismes bien précis, enfouis en nous par les mécanismes du refoulement.

« … Les larmes nous lavent de la souffrance et démasquent l’inconscient. 8»

Même s’il y a une grande part de vérité ce n’est pas si facile que cela Ce n’est pas facile d’identifier la blessure ancienne réveillée par un film, un livre ou un évènement. Plusieurs n’y arrivent pas et vivent seulement ce qu’on appelle une abréaction : décharge d’émotions sans représentation avec le souvenir Pour plusieurs personnes, un accompagnement psychologique sera nécessaire pour apprivoiser, accueillir et ressentir ses émotions et ses souffrances récentes et anciennes

L'abréaction est seulement une décharge émotionnelle par laquelle on se libère de l'affect attaché au souvenir d'un événement traumatique.

 

A cote de ses larmes qui ne prennent sens il y a des larmes qui ne peuvent jamais venir, des personnes qui ne pleurent jamais.

Une amie me disait : j’ai enterré ma mère et plus récemment mon frère mais je n’ai pas pleuré : j’ai eu beaucoup de chagrin et pendant la cérémonie je voyais tous les gens pleurer sauf moi, je me demande ce qu’ils pensaient et pourtant je suis sensible

En réfléchissant à ceux qui ne peuvent pleurer je pense que ce sont des personnalités qui sont dans la maitrise, qui veulent ou ont besoin de tout contrôler

En clinique on rencontre souvent des personnes qui lors d’u deuil ou d’une perte, nient leur souffrance et ont des défenses maniaques

La défense maniaque est un processus inconscient mis en œuvre pour éloigner l’angoisse liée à la perte ou au deuil Si c’est un processus passager que l’on remarque souvent au cours d’un traumatisme brutal, il peut devenir pérenne et envahir toute la vie psychique

L'individu parvient à la réalité extérieure à travers des fantasmes omnipotents élaborés dans l’effort fait pour fuir la réalité intérieure "Dans la défense maniaque, le deuil ne peut être vécu". .9

Les caractéristiques de ces défenses sont ainsi la négation de la souffrance. Les sensations de dépression, tristesse, abattement sont transformées en leur contraire, légèreté, bonne humeur, triomphe !! N’importe quel contraire pour se rassurer contre la mort, le chaos le mystère …

Ces hommes ou ces femmes- il s’agit plus souvent d’elles - ne peuvent pleurer- et Evelyne Kestemberg l’a bien compris quand elle dit « chez les anorexiques, quand elles pleurent c’est gagné »

 

Dans la littérature comme dans la vie, les larmes sont toujours l’expression d’une souffrance soit qu’elle ne puisse être dite autrement soit qu’elle veuille être cachée à soi-même ou aux autres. Parfois les larmes ne peuvent couler

Elles peuvent apparaitre comme une force.

Les larmes sont un don. Souvent les pleurs, après l'erreur ou l'abandon, raniment nos forces (Victor Hugo)

Mêlées à la joie et au sourire c’est la même histoire ! Comme le dit si bien un proverbe irlandais

Une larme dit au sourire « je t’envie parce que toi tu es toujours heureux ; le sourire lui répond : tu te trompes, je n’existe que pour mieux cacher la douleur »

 

Il semble qu’Anaïs Nin10 parle de manière remarquable de sa tristesse et des larmes dans son journal d’Enfance

« Certes je ne crois pas que personne puisse comprendre la tristesse qui habite mon âme, je souris, je ris comme tout le monde, mais chaque sourire est une larme de plus qui se concentre dans mon âme jusqu'à ce qu'éclatent ces perles d'amertume sur ces pages où elles restent »

 

Ces perles d’amertume on les retrouve souvent dans les romans comme celui de Katarina Hagenda11qui traite de la disposition à l’oubli, contre la souffrance.

Il s’agissait de groseilles du jardin de la grand-mère qui n’avaient plus de couleur depuis la mort de sa fille ; elles les appelaient « les groseilles endeuillées »et ajoute c’était pour elle « des larmes en conserve » elle ne voulait plus les consommer car disait-elle, « c’était des larmes trop amères »

Ma grand-mère dit la narratrice depuis un certain temps ne savait plus qui elle était ni son âge ni si on était l’hiver ou l’été, elle s’affranchissait de tout souvenir pour moins souffrir ; elle accumulait ses vêtements chauds ses tricots et ses bas de laine et je demandais à ma mère si elle savait pourquoi elle faisait ça et ma mère presque en s’excusant me dit:

« Que veux-tu tout le monde a besoin d’un endroit pour conserver ses larmes ! »

Et lors de l’enterrement de la grand-mère ses trois filles l’une après l’autre jetèrent dans la fosse le contenu de son sac où elle avait amassé ses vêtements de laine et ses bas et la narratrice écrit « je compris que s’en allaient ses trous de mémoire et aussi les torrents de larmes versées »

Splendide phrase symbolique et poétique qui peut convenir à chacun

 

On peut se demander pourquoi les femmes pleurent plus que les hommes Aussi ai ’je cherché dans la littérature comme dans la vie son explication

 

C’est vrai que l’on dit banalement à un petit garçon qui pleure « Oh tu pleures comme une fille » Comme si d’évidence les larmes étaient l’apanage des femmes et ne pas.pleurer signe de courage et de valeur masculine.

Je me suis amusée à relever quelques proverbes où sont associées les larmes et les femmes ; il y en a beaucoup j’en cite quelques-uns

 

Une femme rit quand elle peut, et pleure quand elle veut

Il ne faut point se fier ni à l'air serein ni à une femme qui pleure. Proverbe basque ; Les proverbes et poésies basques

La femme qui pleure se rend plus belle. Proverbe russe ; Les proverbes de la langue russe (1783)

Une cabane de chaume où l'on rit vaut mieux qu'un palais où une femme pleure.

Selon une étude publiée par le Huffington Post, les femmes pleureraient effectivement plus que les hommes. Cet état de fait serait la conjonction de raisons aussi bien physiologiques que culturelles.

Les femmes pleureraient quatre à cinq fois plus que les hommes. C'est ce que démontre l'étude d'une société allemande d'ophtalmologie (DOG.) Cette différence n'apparaîtrait qu'à l'adolescence. Jusqu'à 13 ans, filles et garçons pleurent à peu près autant.

Les femmes pleurent plus longtemps La biologie peut expliquer en partie cette différence. Les femmes seraient conçues pour pleurer plus que les hommes en raison de la forme de leurs glandes lacrymales, peut-on lire dans le "Wall Street Journal". Par conséquent, pour la même production de liquide lacrymal, les larmes des femmes couleront sur leurs joues quand celles des hommes seront encore dans leurs conduits.

L’étude conclue cependant en disant que sans doute le facteur culturel joue davantage. En ce qui concerne les larmes, la différence entre les genres varierait en fonction des caractéristiques propres à chaque pays Pleurer ne serait donc pas uniquement un symptôme involontaire, un réflexe qui résulterait de moments émotionnels ou de fortes douleurs, mais dépendrait aussi de la culture à laquelle on appartient

Ce qui revient à dire que cela dépend de la « culture individuelle de chacun »

Dans un livre assez récent « Le sexe des larmes" Patrick Lemoine défend l’idée que les femmes pleurent plus et mieux que les hommes12

. Certes, les larmes ont fait l’objet d’interprétations variées et nombreuses, dans la mesure où elles ont été considérées au cours des différentes époques comme une des expressions corporelles privilégiées de la perception émotive ou comme des réponses à des stimuli externes ou internes. « On étudie le langage des larmes, dans la société ou en tant que manifestation de l’identité féminine ; les larmes entrent dans les catégories de genre : aux hommes le courage et l’absence de larmes, aux femmes la mollesse et les effusions lacrymales (J. VONS : histoire des sciences médicales article 2014) »

La littérature et les arts ont abondamment exploré la sensibilité féminine que traduisent les larmes, aussi bien dans la mythologie que dans les représentations religieuses : Marie mater dolorosa pleurant son fils, Marie Madeleine prototype de la pècheresse les larmes étant là expiatoires.

On le retrouve aussi bien dans la musique, comme le Laschia dia pianga » de Haendel Dans l’opéra Renaldo la jeune Almirena prisonnière exprime toute sa peine et dans un splendide Aria répète en boucle –pourrit-on dire- : Laisse-moi pleurer, laisse-moi pleurer sur mon sort cruel, laisse-moi pleurer comme un soupir à la liberté

Le symbolisme étant toujours associé à la féminité, on pourrait penser que cela devient un avantage de la condition féminine !!!

En définitive, si la vie n’est pas un long fleuve tranquille, on peut dire que les larmes sont les perles que nous rencontrons sur notre route. Elles sont souvent amères et signent la tristesse, voire le désarroi, elles sont toujours dans une relation à l’autre cet autre fut-il présent ou absent .En ce sens elles sont la spécificité de notre condition humaine.

Notes

2. WINICOTT in l’enfant et sa famille : les premières relations

3.Joyce  Mac Dougal in le contretransfert et la communication  primitive : Plaidoyer pour une anormalité PUf 1978

4 Mac Dougall ibid

5. Il est midi poème de Paul Claudel

6. Simone de Beauvoir  La force des choses  Edition Gallimard 1963

7. Stephane  Migneaux  Le pouvoir des larmes

8 Dr  A Janov  : Le corps se souvient , 1970, 1997 Edition Point Poche

9 Winnicott  De la pédiatrie à la psychanalyse 1935

10. Le journal d’Enfance  Anais NIN

11. Katarina Hagenda  Le gout des pépins de pomme   livre Point 2011

12. P Lemoine Le sexe des larmes  Grasset 2011 

Françoise Peille