Une maman m’écrit:

Bonjour,

Je me permets de vous écrire sans avoir la certitude que votre mail existe toujours mais qui ne tente rien n'a rien...

Mon garçon de 6 ans souffre d énurésie diurne et nocturne...

Maxime a été propre pour son entrée en première maternelle. A ce moment-là, nous l'encouragions à aller régulièrement aux toilettes. A l'école tout se passait bien (en petite section, les enfants vont aux toilettes de façon systématique accompagnés des adultes de l’école). Il a été propre la nuit en fin d'année scolaire.

En deuxième maternelle, nous parents, étions moins derrière lui pour l'inciter à aller aux toilettes et l'école également car les enfants allaient aux toilettes lorsqu'ils le souhaitaient ... Je recouperais donc mon petit Maxime le soir systématiquement mouillé ou avec un pantalon de rechange.

A la même époque, Maxime a eu un petit frère et un mois après la naissance de Gaspard, il s'est remis à faire pipi la nuit, nous avons donc remis des couches calottes.

Aujourd'hui il est en troisième maternelle et je le récupère quotidiennement mouillé. Je lui ai dit à plusieurs reprises "Maxime, je peux comprendre que tu ne sentes pas ton pipi arriver mais une fois que tu es mouillé je pense que tu le sens et j'aimerais vraiment que tu ailles te changer" (il a un change dans son sac d’école). J'ai l'impression qu'il s'en moque complètement.

A la maison, c'est pareil, si on ne lui dit pas d'aller se changer il reste mouillé...

Ce qui a le don de nous énerver moi et son papa.

On a consulté une psychologue qui nous a conseillé de le laisser gérer son affaire "de pipi". (Le laisser se changer seul, porter le linge à la machine...) Chose que nous avons faite mais aucune amélioration.

Elle nous a rassurés en nous disant qu'elle n'avait pas vu d'angoisse chez Maxime, ni de jalousie envers son petit frère. Que c'était un enfant qui se sentait en sécurité.

Le suivi est actuellement terminé.

A l'école, au niveau des apprentissages, Maxime est plutôt bon voire un peu en avance. Par contre c'est régulier qu'il y ait des problèmes de comportements (il embête ses camarades, ou leur parle mal, tape, pousse).

A la maison, je dirai qu'il y a des périodes... Un coup il va être très gentil, nous aider au quotidien, nous écouter et un coup il va dire non à tout et nous pousser à bout.

Lorsqu'on lui demande d'aller faire pipi, il nous dit toujours non. Nous sommes à chaque fois obligés d'insister voire de le porter pour qu'il y aille.

Il se change 2, 3,4 fois par jour et tout cela m'épuise (psychologiquement et au quotidien pour la corvée de linge).Je ne sais plus comment faire. Je sens que je perds patience ainsi que le papa. Je le gronde et je culpabilise de la gronder mais j'ai l'impression qu'il se moque complètement de nous.

J'ai presque honte lorsque je vais le chercher à l'école. J'ai peur du regard des autres. Je suis désespérée lorsque je vois qu'il est encore mouillé (j'en pleure). Je suis ravie lorsque je vois qu'il n'y a pas eu d'accident et je le félicite. Il en est très heureux lui aussi.

Je me dis que c'est de ma faute et qu'il y a sans doute quelque chose que j'ai mal fait.

J'ai peur de l'entrée en première primaire où il va se retrouver dans la "cour des grands"...

Que faire pour l'aider?

Je vous remercie d'avoir pris de votre temps pour lire ce mail.

J'espère que vous pourrez me répondre.

Merci à vous.

Je lui réponds:

Compliqué cette situation! Je réfléchis ... Aidez-moi en répondant aux questions que voici: comment Maxime s'entend-t-il avec son petit frère Gaspard?

Que connaît-il du corps des filles et des garçons? Comment vit-il son zizi?

Vos attitudes à son papa et à vous sont-elles suffisamment constantes dans la durée ... résumez les moi.

A-t-il facilement des copains? Font-ils des commentaires sur son énurésie?

Le pédiatre est-il sûr qu'il n'y a pas de problème organique?

La maman me répond:

Bonjour,

Je vous remercie de cette réponse rapide.

Maxime s'entend plutôt bien avec son frère, il est plutôt protecteur. Il s'agace de temps en temps lorsque son frère veut lui prendre ses jouets mais rien de plus.

Par rapport au corps fille garçon, il sait que les garçons ont un zizi et pas les filles. Sinon il ne parle pas trop de son zizi.

Nos attitudes par rapport à son énurésie ne sont pas constantes non. La psychologue nous avait conseillé de "lâcher " et de le laisser gérer, se changer seul etc... nous l'avons fait plusieurs semaines (peut-être pas suffisamment) mais pas d'amélioration.

Nous essayons de ne pas le gronder mais j'avoue que des fois on peut lui dire des choses comme "oh non Maxime, tu as encore fait pipi dans ton pantalon tu exagères", "pourquoi tu n'as pas été aux toilettes?". C'est également arrivé que je pleure devant lui complètement désespérée en lui expliquant que je m'inquiétais pour lui.

Donc non, nous ne sommes pas constants... en fait nous avons du mal à savoir quelle attitude adopter... actuellement nous le laissons gérer et avons fait un "pacte" avec lui: on ne lui parle plus de pipi, par contre lui, doit aller se changer lorsqu'il est mouillé (mais il peut rester dans un pantalon mouillé des heures ce qui irrite son zizi...)

Par rapport aux copains, j'ai l'impression qu'il en a oui. Mais de ce que j'ai pu observer, il a tendance à vouloir être le "chef ". D'ailleurs ses enseignants me l'ont également dit. Maxime veut toujours être rangé le premier devant tout le monde, il veut toujours finir son travail le premier. Son maître actuel lui donne des fiches en + à faire car il finit avant les autres.

Je lui ai demandé si ses copains s'étaient déjà moqués de lui, il m'a dit que non...

C'est donc le médecin traitant qui suit les enfants. J'ai un nouveau rdv jeudi avec lui pour en reparler et pourquoi ne pas programmer une échographie ou autre examen pour vérifier la normalité de son appareil urinaire.

Merci encore à vous.

Je lui réponds:

Chère Madame,

Je vous avoue que, malgré ma longue expérience, j’ai du mal à comprendre pourquoi persiste cette double énurésie de Maxime ...

Voyez d’abord avec votre médecin traitant s’il ne détecte pas une cause organique (ne fût-ce que ce qu’on appelle l’excitabilité vésicale, qui peut être améliorée par un médicament)

Et sinon? Je suis persuadé que la naissance de son petit frère y a été pour quelque chose, même si aujourd’hui, ils ont l’air de bien s’entendre (sauf quand le petit veut lui prendre un jouet ... or pour les petits garçons, leur zizi, c’est un beau jouet ... dites donc à l’occasion à Maxime, lors d’un bain, que son zizi est beau, grand et en bonne santé ... qu’il sera toujours plus grand que celui de son petit frère, parce qu’il est l’aîné ... dites-lui aussi que son zizi est en bonne santé, même si, pour le moment, il a du mal à arrêter le pipi ... et qu’un jour son zizi sera aussi grand et aussi fort que celui de son papa → il faut à tout prix rétablir l’espérance que cela s’arrêtera un jour!) Je pense aussi qu’on a voulu l’autonomiser trop vite, en deuxième année maternelle, et qu’il aurait encore fallu l’accompagner aux toilettes, mais bon, trop tard ...

Après ça, il a pris une "mauvaise habitude" immature, peut-être vaguement teintée d’opposition ("Moi, je suis comme ça, point ...")

Alors, comment l’accompagner? (à part lui faire passer par petites touches les messages ci-dessus sur le zizi)

Franchement, je n’ai pas de "truc" très sûr à vous proposer ... Je vous suggère seulement quelques idées:

GENERALITES

  • Importance que les attitudes des proches soient convergentes; que l’enfant ne voie jamais qu’il provoque des disputes chez ses parents autour de son problème.
  • Importance de la stabilité des attitudes (partez avec l’idée d’un an).
  • Eventuellement, associer l’école à la même politique!
  • Continuer à semer l’espérance: "Ca va certainement s’arranger (pour le diurne) dans six, douze, dix-huit mois ... Pour le nocturne, c’est plus imprécisable: c’est parfois la puberté (mais inutile d’évoquer à haute voix un délai aussi long)"
  • Relativiser le problème, c’est à dire faire de la gestion mentale pour que vous pensiez à autre chose ... Maxime a bien d’autres qualités (et défauts) et c’est à cela qu’il faut penser 95% du temps: LE PIPI NE DOIT PAS ETRE LE CENTRE DU MONDE, SA MANIERE A LUI D’OCCUPER BEAUCOUP DE PLACE DANS LES PENSEES DE LA FAMILLE.

IDEES PLUS PRECISES

  1. L’ambiance que vous décrivez me paraît structurante: Sans crier, sans vous énerver ni casser son image de soi, montrer quand-même que vous n’êtes pas indifférents, que ça vous préoccupe un peu (pour lui) et que vous êtes même triste à l’occasion → Bonne attitude de base, sans en remettre!

  2. Ne pas lui demander une autonomie impossible pour lui pour le moment et donc:
    • ... exiger (sans cris!) (Mais en l’y amenant éventuellement fermement) qu’il se présente à la toilette quatre fois par jour et qu’il y reste nonante secondes "pour voir si le pipi va venir" → après il peut partir sans histoires ... si le pipi n’est pas venu, ne pas le (ni vous) désespérer "Bah, il viendra une prochaine fois";
    • ... sans courir derrière lui tout le temps, changer son pantalon mouillé une ou deux fois par jour sans commentaire. Plus, à mon sens, vous ne devez pas, car il doit savoir que "Ça coûte trop cher."
  1. Bien semer l’espérance "Tu sais, mon chéri, ça s’arrêtera bientôt, quand ton zizi sera encore un peu plus musclé et quand tu seras assez grand pour y penser très fort".

    (Et peut-être, sans faire pression là autour, lui ajouter que "Quand ça sera arrêté, on sera tellement contents pour toi qu’on t’offrira tout un week-end à Disneyland.")

  2. Par contre, aujourd’hui, les fois où il est propre, ne pas en remettre en joie et félicitations; lui dire sobrement "Tant mieux pour toi; tu verras un jour ce sera comme ça tout le temps."

Bon, voilà quelques idées dont je ne suis pas complètement sûr. J’aimerais donc que vous continuiez à me tenir au courant et à échanger avec moi!

Cordialement.

 

 

Mots-clés:

énurésie secondaire diurne, énurésie, énurésie diurne, instabilité vésicale, excitabilité vésicale, estime de soi, énurésie et honte, énurésie et culpabilité, immaturité vésicale, immaturité de l’appareil urinaire, énurésie bio-psycho-sociale, propreté vésicale nocturne, rivalité fraternelle

Une maman m’écrit:

Bonjour Docteur,

Notre fils Sacha de 7 ans est toujours en souffrance du à ses pipis dans la culotte.

En effet, dès l’âge de 3 ans, il a été propre sans aucun problème et de lui-même, mais vers 4 ans, 2 mois avant l’arrivée de sa petite sœur il a recommencé à faire pipi dans la culotte; nous ne nous en sommes d’abord pas trop inquiétés. Mais 6 mois après la naissance, c’était toujours là, souvent plusieurs fois par jour. Nous avons donc commencé à faire tout faux, colère, punitions, humiliations (genre va nettoyer ta culotte). Mais forcément cela ne s’arrangeait pas.

Suite à votre lecture nous avons pris la décision de ne plus agir de la sorte et nous avons pris contact avec un psychologue pour faire un bilan. Il y a eu de l’amélioration suite à notre changement de comportement, le spécialiste nous a dit que cela venait effectivement de la venue de sa petite sœur mais qu’il n’y avait rien de grave et que cela devrait s’arranger tout seul, surtout qu’il avait commencé l’école (à 5 ans). Nous avons donc persisté dans cette voie.

A la fin de cette année scolaire (juillet 2013) il ne faisait quasiment plus pipi à l’école, mais c’était plus dur à la maison dès qu’il était occupé (surtout à jouer ou devant la télévision) et également lorsque nous étions à l’extérieur. Mais depuis les vacances scolaires il y a eu rechute, et alors qu’il ne faisait qu’un accident par jour, nous en sommes à 4 ou 5 fois à devoir lui dire d’aller se changer sur une journée. Car en plus il peut rester dans ses habits mouillés sans que cela ne le dérange (il attend que cela sèche).

Il vient d’avoir 7 ans et il est vrai que depuis les vacances nous avons de la peine à rester zens !! Nous en sommes arrivés au point où nous n’arrivons plus à ne plus rien dire (en plus on doit se battre pour qu’il aille se changer et se doucher le soir).

Et nous n’avons toujours pas essayé de lui faire passer la nuit sans couche, d’ailleurs il dit lui-même qu’il ne se sent pas prêt.

En ayant plusieurs fois discuté avec lui je sais que cela le dérange (au début on pensait qu’il n’en n’avait rien à faire), qu’il se sent bête de ne pas arriver à ne pas faire pipi dans la culotte, il m’a dit également clairement que c’était à cause de la venue de sa sœur. Nous avons eu beau lui dire et redire que nous l’aimions plus que tout, qu’il serait toujours notre premier bébé et qu’on avait confiance en lui, qu’un jour il y arriverait....

Cela fait maintenant environ une année que nous vous avions lu et que nous avions changé notre comportement. Et malgré qu’il y ait eu une amélioration à l’école nous sommes inquiets et ne voyons plus vraiment ce que nous pouvons faire pour l’aider.

Il va commencer l’école primaire en août et nous avons peur qu’il y ait beaucoup plus de moqueries si cela arrivait (à la petite école il nous disait que personne ne se moquait).

Petite précision, sa petite soeur qui vient d’avoir 3 ans est quasiment propre la journée (à part 3-4 accidents depuis un mois).

Merci encore et cordiales salutations.

Je lui réponds:

Bonjour,

Le problème que vous vivez avec votre fils est en effet très crispant et ne peut pas ne pas déclencher des sentiments d’irritation et de culpabilité, que ce soit chez lui ou chez vous! Je comprends bien votre découragement et le retour de moments de mauvaise humeur, même s’ils ne font que continuer à bloquer les choses (cela, votre raison vous le dit!)

Je pense que le comportement de votre fils, au fil du temps, se rapproche très fort de ce que j’appelle une addiction, une conduite addictive, et je vous propose de lire l’article que j’ai écrit à ce propos sur le site (voir à dossier thématique/addiction des enfants)

Cela étant, je vous propose le schéma de réaction que voici:

  1. Lui dire que son zizi n’est pas encore prêt à bien se contrôler quand il est à la maison, et donc que pour respecter cela, il doit mettre une couche de jour à la maison. Les jours où il y a école, lui demander chaque fois s’il veut aller avec sa couche à l’école, ou s’il pense que son zizi se contrôlera mieux parce qu’il y a les autres; s’aligner sur ce qu’il demande. Gérer cette couche (qu’on appellera "protection de grand") dans la plus grande indifférence.

  2. Dans quatre mois, lui demander s’il pense que son zizi est devenu plus fort, et s’il veut essayer de faire tout ce qui est nécessaire pour contrôler son pipi. Si la réponse est "oui" installer le rite suivant: au retour de l’école (et juste avant de partir à l’école) se présenter à la toilette et y rester une minute, que le pipi vienne ou pas. Après l’école, mettre une minuterie qui sonne de deux heures en deux heures et réitérer l’opération. Les jours de congé, minuterie de deux heures en deux heures. Ne pas accompagner "l’opération" d’émotions: il faut vérifier qu’il y va, tenir le coup dans la durée ... s’il dit qu’il a fait lui dire sobrement qu’on est content pour lui. S’il dit que non, commenter: "Ça viendra un jour." Par ailleurs, lui dire qu’il peut aussi penser tout seul à aller faire pipi à d’autres moments et que, chaque fois qu’il y aura pensé et viendra vous le dire après, il aura une gommette verte dans un cornet. Mettre les gommettes sans manifester d’émotion et, à la vingtième gommette, lui donner une belle récompense.

  3. Si, après dix jours, le point B ne donne pas d’amélioration claire, lui dire, sans émotion, que son zizi n’est pas encore prêt à la maison, et repartir pour quatre mois du point A, puis recommencer B.

  4. Aucune comparaison avec la petite sœur, bien sûr!

Par ailleurs, lui avez-vous expliqué la différence des sexes ... comment se forme et s’évacue le pipi dans le corps chez les filles et les garçons? A-t-il des questions à poser sur la sexuation qu’il n’a pas encore posées?

Bien à vous.

 

 

Mots-clés:

addiction, addiction des enfants, régression, rivalité fraternelle, angoisse de castration énurésie, énurésie diurne, énurésie secondaire, estime de soi, énurésie et honte, énurésie et culpabilité

Une maman m’écrit:

Cher Docteur,

Je me permets de vous écrire à propos de mon petit garçon, Louis (3 ans et demi).

En effet, après avoir été propre de jour sans souci durant plus d’un an (et par passes de nuit), Louis ne parvient plus du tout actuellement à aller uriner aux toilettes. Il mouille 3 à 4 pantalons par jour et peut avoir plusieurs accidents par nuit également. Nous essayons de ne pas trop nous montrer pressants par rapport à ça et nous ne le réprimandons pas lorsque cela arrive. Je lui dit en général que ce n’est pas grave et que cela ira mieux demain et lui demande d’essayer de se changer seul (l’habillage est encore un peu difficile).

Il se cache et ne dit à personne qu’il a eu un accident et peut ainsi rester mouillé toute la journée. Il m’attend et ne le dit qu’à moi.

Je m’inquiète des répercussions sur son estime de soi. Il fait effectivement régulièrement des remarques du style "il ne fallait pas acheter un garçon comme ça"; "Pourquoi vous avez choisi un Louis!" ou encore, "je suis nul comme enfant". Les autres commencent à se moquer à l’école ce qui n’arrange rien au problème.

Louis est un petit garçon très sensible et doux mais il a eu une année très chargée (naissance de sa petite sœur avec qui il est fantastique et changement abrupt de classe et d’institutrice suite à un trop grand nombre d’enfants dans l’école).

Il est très fier d’être grand par rapport à sa sœur et veut être grand et ses accidents sont donc d’autant plus compliqués à gérer pour lui.

Cela nous fait vraiment mal au cœur de voir notre petit garçon comme ça mais nous ne savons plus que faire pour l’aider.

Pensez-vous qu’il serait déjà utile de consulter?

Je vous remercie pour votre aide.

Je lui réponds:

Chère Madame,

Il est très probable que la difficulté de votre petit Louis est liée à la naissance de sa petite sœur (bien plus qu’aux soucis à l’école) Il vous le dit quand il dit que vous n’auriez pas dû faire Louis! Inconsciemment, il se sent déchu de sa place de petit prince et il pense que vous avez été acheter sa sœur pour le remplacer. S’il est fantastique avec elle, il en fait peut-être un peu trop pour vous amadouer et vous convaincre de le garder lui!

Aidez-le, mine de rien, parfois, délicatement à montrer un peu d’agressivité face à sa sœur. N’hésitez pas à la critiquer un peu parfois devant lui.

Vantez toutes les qualités de Louis, mais sans jamais faire de comparaison avec sa petite sœur.

Commencez à parler de la différence des sexes (les petits garçons ont toujours un joli petit zizi, qui devient grand comme celui de papa … les petites filles une jolie petite quiquine, etc)

Pour le pipi, il a besoin par là d’exprimer sa part de détresse. Dites-lui que c’est comme ça chez beaucoup d’enfants, surtout après la naissance d’un plus petit: ils voient le petit faire dans son lange, alors, ils oublient un peu, pendant pas très longtemps, comment il faut faire dans le pot. Ca revient toujours (la bonne technique) et ça n’a aucune importance (de rater son coup quelénuques mois).

Ne lui demandez pas trop d’indépendance. Donnez-lui un petit soin tendre quand il a fait pipi. Et surtout, semez l’espérance, ça reviendra bientôt.

Cordialement.

 

 

Mots-clés:

naissance d’un cadet, angoisse de castration, régression, régression et maternage, énurésie, énurésie diurne, énurésie secondaire, estime de soi, énurésie et honte, énurésie et culpabilité

Une maman m’écrit:

Bonjour,

Nous sommes complètement désemparés par une situation qui ne peut plus durer.

Noémie, quatre ans et demi, souffre depuis l’âge de deux ans et demi d’énurésie diurne et nocturne ayant vécu une période difficile (déménagement à répétition, changements de gardienne et même une fois d’école maternelle, et enfin l'arrivée de son petit frère) avant cela elle était propre jour et nuit depuis elle dit être incapable de ce retenir et même de ne pas sentir son pipi arriver, il arrive même qu'elle soit étonné quand on lui annonce qu'elle est mouillé!!!

Elle a été suivie par un pédopsychiatre pendant 6 mois ce qui n'a rien donné et est également suivie par un pédiatre qui ne semble pas mesurer la situation me faisant des leçons de morales sur son hygiène quand je lui fait remarquer l’irritation de sa peau!!

J'aurai voulu essayer la programmation neurolinguistique mais personne n'est à même de me renseigner sur un praticien de qualité dans la région.

Nous lui rappelons régulièrement d'aller à la toilette ce qui n’empêche pas de se faire dessus 10 minutes plus tard et la nuit nous avons remis des couches.

Lors d'un incident elle va rester souillé jusqu’à que je lui fasse remarqué là elle va se changer seule et se rhabillé seules car je lui ai expliqué que je ne voulais pas y touché, le matin pour la couche c'est pareille elle l'a gardé jusqu’à que je lui dise de la mettre à la poubelle.

Je suis prête a tout pour l'aider nous avons essayé de se mettre en colère, de la punir, d'y être indifférent...rien n'y fait.

Je vous remercie de l'attention porté à mon mail et attend avec impatience une réponse de votre part.

Merci par avance.

Je lui réponds:

Bonjour,

Il ne faudrait jamais parler d’énurésie avant l’âge de six ans!

Je pense que votre petite Noémie est complètement désespérée/anxieuse parce qu’elle ne trouve plus en elle la compétence pour bien réguler la sortie de son pipi. Elle l’a perdue à cause des événements que vous décrivez, et ensuite très probablement aussi à cause de l’énorme pression anxieuse/désespérée que vous avez vécue en vous et exprimée face à elle pour qu’elle redevienne propre: on dirait que c’est le centre du monde pour vous, un centre du monde bien dramatique, et elle, elle ne trouve plus comment bien faire ... et comble du comble, ça déborde à retardement, dix minutes après, ce qui bien sûr vous exaspère ...

Le seul chemin (lent) d’amélioration que j’entrevois, c’est que vous acceptiez, en vous-même, que pendant un à deux ans, Noémie va rester incapable d’être fonctionnelle, en s’améliorant spontanément et lentement: un peu comme si vous aviez une enfant handicapée à la maison avec, heureusement, un handicap qui va finir par se guérir.

Plus concrètement, vous pourriez:

  1. Lui dire qu’elle est une gentille et adorable petite fille que vous aimez toujours beaucoup, et que, pour le pipi, tous les enfants ne lui commandent pas à la même vitesse, qu’elle commandera un jour, et que vous savez bien que quand elle se mouille, elle ne le fait pas exprès.

  2. Pour la nuit, lui mettre des "protections de grand" (je préfère ce terme à langes) sans faire d’histoires: c’est déjà ce que vous faites si j’ai bien compris ...

  3. Pour la journée, il faut essayer d’avoir la collaboration de l’institutrice pour:
    • lui mettre une "protection de grand" (et en changer une ou deux fois?) sans faire d’histoire.
    • lui donner les soins d’hygiène requis, sans commentaires négatifs, le plus gentiment que vous pouvez.
  1. La mettre quand même sur le pot quatre fois par jour pour une minute maximum, à des moments bien ritualisés, et avec un commentaire très gentil: "On va voir si le pipi veut bien venir. S’il vient, tant mieux pour toi, c’est plus gai pour toi. S’il ne vient pas aujourd’hui, c’est comme ça, essaie de ne pas trop te tracasser, car il viendra un jour ..."

Si vous allez dans ce sens, bons résultats garantis en douze à dix-huit mois.

Si vous continuez la surenchère des reproches et des thérapies, aggravation garantie.

Bien à vous.

La maman me répond:

Monsieur Hayez,

Tout d'abord je vous remercie de votre réponse si rapide et complète à laquelle nous attachons beaucoup d'importance.
Nous allons s'y référer pour que les choses s'arrange après quelques jours de pratique je me suis rendu compte que cela n'était pas si facile de s'y tenir après tant de mauvaises habitudes donc je pense qu'il est d'abord important de faire un travail sur nous parent afin d'adopter de bonne réaction et afin de faire comprendre à Noémie qu'elle ne se fera plus gronder car celle-ci a peur de notre réaction à chaque fuite.
Nous avons commencé à ritualiser les pause pipi et nous avons changé de couche pour matérialiser le changement et afin que cela devienne des protections de grand.
Enfin j'ai fait la demande de rendez-vous avec son institutrice que j'attends, sachant qu'elle ne fait pas souvent à l'école sûrement car il l'a mette plus régulièrement aux toilettes.
Je veux être patiente, et lui prouver qu'elle est normale et assez forte pour y faire face, le plus dur étant de convaincre l'entourage que nous ne sommes pas laxiste mais que c'est pour son bien et son équilibre, et ainsi qu'ils adopte la même réaction dans de tel circonstance.

Je vous remercie encore pour tous ces précieux conseils.

Cordialement.

 

 

Mots-clés:

énurésie, énurésie diurne, énurésie secondaire, estime de soi, énurésie et honte, énurésie et culpabilité, dépression infantile, désespoir d’enfant, régression

Une bonne-maman m’écrit:

Je vous situe ma famille: J'ai 68 ans et je suis en couple et heureuse depuis 40 ans, il n'y a pas de tensions à la maison. Nous avons 2 enfants, une fille célibataire et un qui nous a fait grands-parents de Louise y a 2ans et demi et qui vient d'avoir un petit garçon il y a 2 mois. Je m'entends très bien avec le couple que mon fils forme avec sa compagne, j'apprécie beaucoup cette dernière et l'entente entre nous est réciproque. Depuis sa naissance, la petite Louise vient chez nous un après-midi par semaine et l'un ou l'autre jour si c'est nécessaire. J'adore ma petite-fille et nous nous entendons très bien. Depuis qq temps cependant, et ce un peu avant la naissance du petit frère, en présence de la maman qui vient rechercher sa fille, la petite ne veut pas m 'embrasser pour me dire au-revoir, donc je n'insiste pas, mais depuis qq temps quand sa maman arrive pour la rechercher, elle manifeste envers moi une certaine agressivité (visage fermé, petit geste de rejet) alors que tout l'après-midi on a été si bien ensemble! J'essaye de ne pas y faire attention, mais cela m'attriste et surtout cela continue et se reproduit aussi quand on se retrouve en famille pour un repas par exemple. Ma belle-fille essaye d'expliquer cela par un peu de jalousie vis-à-vis de son petit frère (que je tiens parfois dans les bras quand ma belle-fille vient rechercher Louise) mais cela a commencé environ 2 mois avant la naissance de son frère!! Alors, pourquoi? Quelle attitude adopter? J'ajouterai pour la compréhension que je ne suis pas, je pense, une mamy "dévorante». J'ai beaucoup de respect pour la personnalité de l'enfant mais son attitude me déroute et surtout m'attriste, même si je sais que cela passera un jour! 
Que faire? Merci de m'aider à voir plus clair.

Je lui réponds:

Chère Madame,

Je ne sais pas vous répondre avec précision mais, en me basant sur la sérénité et la sensibilité qui émane de toute votre lettre, je suis persuadé qu’il ne s’agit là que d’une de ces petites "crises" de développement, passagères, auxquelles on assiste chez les tout petits enfants, et qui restent mystérieuses qui n’ont pas encore tous les mots pour s’exprimer!

Il me semble que cela a à voir avec la naissance du petit frère (dont on parlait sans doute déjà pas mal deux mois avant) Peut-être, en effet, vous en peut-elle et a-t-elle peur de perdre sa place parce qu’elle a vu vos gestes tendres pour le petit! Les naissances, c’est parfois bien insécurisant pour les aînés qui, jusqu’alors se sentaient des petits princes ou princesses absolus (même aux yeux des mamys pas dévorantes pour un sou ...).

Dans ces cas, seul le temps arrange (vite) les choses. Montrez-à Louise que vous l’aimez toujours beaucoup et accueillez avec indifférence ses sautes d’humeur, sans vous énerver, sans mendier, en lui disant sobrement au revoir et vous verrez que dans quelques semaines, elle sera rassurée parce que elle se sera imprégnée du fait que votre amour pour elle n’est pas mis en question N’hésitez pas l’une ou l’autre fois à délaisser un peu le petit frère (qui s’en f...) pour lui donner une priorité de temps à elle (qui ne s’en f...pas).

Amitiés d’un autre grand-père de septante ans.

P.S.: Et rappelez-vous du poème de Khalil Gibran. La liberté de nos enfants peut être déroutante, même quand ils n’ont que deux ans: à nous de les respecter dans leurs mystérieuses différences en n’étant pas trop tristes parce qu’ils ne sont déjà plus exactement à l’image de ce que nous attendions.