Une maman m'écrit 

Bonjour,

Je suis maman célibataire d'une petite fille de sept ans, Nadja qui vient de Tunisie, qui est avec moi depuis quatre mois (adoption), elle en pleine forme physique et mentale. Le premier mois tous c'est bien passé.
Elle ne pose pas de question sur le fait qu'il n'y a pas de papa, car avant son adoption et son arrivée à l'orphelinat elle vivait juste avec sa mère et une tante donc pour le moment cela lui semble normal.
Elle adore les câlins et moi aussi, donc nous avons notre petit rituel de câlins chaque jour : au lever, à la reprise de l'école et au soir.
Je l'ai attendu pendant trois ans et maintenant qu'elle est arrivée, une seule chose est importante pour moi la câliné et qu'elle soit bien dans sa peau. Pour le reste elle mange bien, elle a des nuits plus agitées que d'autres, elle est très sociable.
Après un mois, le pipi au lit ont commencé mais pas chaque jour, mais depuis un mois c'est chaque nuit.
Au début je ne disais rien, mais au fil des jours cela m’a énervé, donc je lui disais mais tu es grande tu peux te rendre aux toilettes ; je lui fais défaire son lit et emmener ses draps chaque jour à la machine ; elle se lave seule. Certains matins elle se lève avec le sourire pour m'annoncer son pipi, ce qui a le don de m'exaspérée. Et d'autre elle essaie de le cacher. J'ai essayé de lui mettre un petit pot dans la chambre mais rien n'y fait.
Que pouvez-vous me conseiller car j'arrive à bout de ma patience ?

Je lui réponds: 

Chère Madame,

Nadja souffre d'énurésie secondaire, c'est à dire une énurésie qui est réapparue après une période significative de propreté. Si vous avez un pédiatre, je suppose que celui-ci a pu vérifier qu'il n'y avait pas de problème organique. Alors, l'énurésie secondaire a toujours une signification psychologique. C'est comme un message que l'enfant donne via une tension de son corps. Un message que l'enfant lui-même a du mal à déchiffrer, car il provient de préoccupations inconscientes.
Ce message, je ne puis pas le deviner moi-même - je ne suis pas un mage ! -, mais je me dis qu'une petite fille qui a vécu les bouleversements et déplacements qu'elle a vécus doit avoir quelques préoccupations fortes en elle, dont elle a du mal à vous parler parce que, si je comprends bien, vous êtes sa seule référence actuellement, et elle pourrait avoir peur de vous perdre. Cela m'étonnerait par exemple qu'elle ne se pose aucune question sur sa première maman.
Je vous recommande donc de consulter une bonne psychologue d'enfants, ou un bon pédopsychiatre, pour mettre cela au clair.
En attendant, essayez d'être le plus zen possible à propos de ces pipis. Dites à Nadja que vous savez bien qu'elle ne le fait pas exprès, que ça arrive à beaucoup d'autres enfants, que ça finira par s'arranger, que vous l'aimez de la même manière, même quand elle fait pipi au lit, etc. ... des petites choses comme ça ; je ne prétends pas que ça arrangera vite le fonds du problème, mais au moins, vous n'ajouterez pas des préoccupations supplémentaires.
En effet, une petite fille dans sa situation peut inconsciemment avoir peur de perdre sa maman adoptive parce qu'elle pense qu'elle est insatisfaisante, elle, la petite fille ... et si c'était le cas, elle se laisserait encore plus aller, pour guetter et vérifier votre réaction. Alors, rassurez-la comme vous pouvez !

Bien cordialement.

Un mois après, la maman m'écrit aimablement : 

Je voulais vous remerciez pour tous vos conseils. Voilà plus d'un mois qu'avec ceux-ci Nadja ne fait plus pipi au lit.
Je vous en remercie vraiment.

Cordialement.

Et je lui réponds : 

Merci de vos gentilles paroles de reconnaissance et tous mes vœux à Nadja.

 

Mots clé Énurésie, énurésie nocturne, énurésie SECONDAIRE, adoption ; conflits psychiques ; psychothérapie ; patience ; tolérance