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Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez
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Tiffany Warnotte :
Méditations sur un
retour non annoncé
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" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va
et d'employer l'esprit à le justifier."
Jean Guéhenno.
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TIFFANY WARNOTTE :
MEDITATIONS SUR UN RETOUR NON ANNONCE
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Jean-Yves Hayez (1)
et l'asbl Observatoire citoyen.
Le retour de Tiffany Warnotte dans le monde social
ordinaire nous invite à quelques réflexions de fond.
Réflexions des plus prudentes, car nous ne
connaissons pas grand-chose de ce qui s'est déroulé
avant et pendant la longue errance de Tiffany. Nous
désirons aussi garder la tête froide, car il est
fréquent que, à leur retour, de tels adolescents
provoquent l'exaltation des émotions d'une partie
des professionnels : ceux-ci se sentent soudain une
mission de Bonnes Mères protégeant sous leur aile,
parfois en dehors de toute objectivité, ceux qu'ils ne
peuvent plus voir que comme des victimes.
Errance et marginalité
Dans sa longue errance, Tiffany vivait-elle souvent
seule ? Lui est-il arrivé de se lier au peuple des vrais
marginaux de nos sociétés : les SDF, les clandestins,
ceux qui vivent dans des squats ou, au mieux, dans
de vieilles caravanes au fond de campings de
troisième zone ? Et dans cette nébuleuse, a-t-elle
évolué complètement libre, a-t-elle parfois été aidée,
influencée voire exploitée ou contrainte par ses
compagnons du moment ? Va savoir !
Nous nous voilons régulièrement les yeux sur ces
îlots de marginalisation totale : sans se faire
remarquer, sans rien demander, des gens - grands
adolescents et adultes - nous gomment de leurs
existences ; ils ne veulent plus de nous, pour des
durées de vie longues et parfois définitives,
dissimulés dans des underground dont nous
préférons penser qu'ils n'existent que très loin
ailleurs ...
Sans doute leur comportement s'explique-t-il par
des facteurs personnels, des prédispositions à la
solitude, ainsi que par des souffrances familiales.
Sans doute aussi pouvons-nous mettre en question
des lacunes de nos sociétés de consommation
comme notre manque d'accueil, de respect, de
compréhension, qui donnent à certains l'envie de
partir pour toujours.
Un des éléments les plus interpellant de cette
marginalisation, c'est que Tiffany, pendant très
longtemps, ne fit plus appel aux institutions sociales
officielles que pourtant elle connaissait et qui
auraient pu l'aider. A-t-elle parfois hésité ? S'est-il
agi d'un long désespoir et d'un refus très fort et
stable par rapport à ce que nous pourrions lui
apporter ? Ou d'une grande immaturité et d'une
allergie à tout ce qui ressemble aux règles ? Elle
nous le dira peut-être un jour.
Je vois au moins deux leçons inverses à tirer de cette
attitude : une invitation à la mise en question de la qualité
réelle de ce que nous offrons et une autre à l'humilité :
en face de nous, il reste la liberté de l'autre. On ne peut
contraindre que ceux qui sont antisociaux, dangereux ou
en grave danger. Et mieux vaut réfléchir à deux fois avant
de dire qu'un autre est en grave danger ! Il existera donc
toujours des Tiffany qui, avec leur liberté intérieure du
moment diront « Je ne veux plus de vous ». Ont-ils pour
autant le droit de nous jouer " FBI Portés disparus " d'un
coup sec et durable, et de bouleverser nos émotions et
notre énergie sociale aussi longtemps que Tiffany l'a
fait ? Elle a pris la responsabilité de provoquer de
lourds dérangements dans la société et a des
comptes à rendre à celle-ci ! Non à la toute-
puissance des adolescents à qui l'on ne demanderait
rien ! Non à l'idée qu'elle ait le droit de garder ses
secrets, même si elle na le pouvoir ! Ces gens qui ont
probablement croisé Tiffany, notamment dans le
monde de la nuit, leur responsabilité, voire leur
faute ne doit-elle pas être recherchée ? Ou bien
considère-t-on qu'une ado qui zone seule des mois
durant ne court aucun risque, que les cocos qui
hantent les squats et les services spécialisés d'aide
aux jeunes, c'est finalement chou vert et vert
chou ... ?
Imprévisible adolescence !
Combien les adolescents peuvent parfois souffrir et
être mal dans leur peau ! « J'ai quinze ans et je ne veux
pas mourir », écrivait en son temps Christine
Arnothy. Quinze ans, pour assez bien d'ados, quel
âge noir ! Celui où l'on s'est dépouillé de toutes les
certitudes et les liens de son enfance, et où l'on a pas
encore rassemblé une nouvelle identité, à partir
notamment des ressourcements puissants que
constituent l'amitié, l'amour et la parole des pairs.
Tiffany aurait pu se suicider. Elle a choisi de partir
et, probablement en bonne partie, de se gérer toute
seule. Quelle force intérieure ! Quelle capacité de
résilience, pour parler moderne ! Ca pourrait nous
faire réfléchir à combien nous tenons en laisse et
infantilisons gentiment la grande majorité de nos
adolescents " ordinaires " pourtant capables
d'autonomie, eux aussi.
A travers Tiffany, l'adolescent nous jette aussi à la
figure combien il reste imprévisible, échappant à
nos soi-disant contrôles. Combien sa liberté
intérieure est insaisissable et capable d'amener des
comportements qui se démarquent radicalement de
nos projets : nous la croyions morte ou enlevée et
déplacée à des milliers de kilomètre de chez nous ;
et elle vivait sa vie la nuit à notre porte et à notre
insu, une année durant !
Enfin même si ce n'est pas facile à dire, même si cela
en choquera plus d'un, Tiffany s'est montrée très
dure pendant toute cette année, en coupant les liens
avec sa famille, ses frères et soeurs, ses proches et sa
société comme elle l'a fait.
Peur très durable ? Egocentrisme et indifférence ?
Vengeance d'un jeune qui aurait lui-même
beaucoup souffert des autres ? Autres motivations
encore ? Nous ne la connaissons pas assez pour
répondre précisément. Nous voulons simplement
faire remarquer que l'être humain, même jeune,
n'est pas toujours caractérisé par l'amour et la
sociabilité. La haine, la pulsion de mort, le refus ...
sont des caractéristiques qui nous constituent aussi !
La violence familiale
Remise en avant par Tiffany pour expliquer son
geste, la question de la violence familiale est à
présent aussi inquiétante que sa disparition et la
façon dont elle a vécu au cours de ces treize mois.
Dans les pays du Tiers- monde, c'est d'abord et
avant tout la violence familiale qui amène les
enfants dans la rue.
Il faut cependant nous rappeler ce que nous disent
les scientifiques systémiciens. Dans la grande
majorité des cas, la violence est multifactorielle et
interactionnelle. Il faut veiller à ne pas désigner
précipitamment d'apparents agents monstrueux,
qui en sont du coup les boucs - émissaires, et
d'apparentes victimes, qui ont été plus
provocatrices qu'il n'apparaît. Souvent, tout le
monde est impliqué dans le cycle de la violence, via
le silence, l'absence des mots vrais et la perpétuation
de comportements émis par les uns pour faire
enrager les autres. Il se peut que la famille nucléaire
et élargie de Tiffany ait généré une telle violence,
bien que ce soit impossible à reconnaître par ses
parents, mis si cruellement sur la place publique.
Mais un an d'absence sans donner signe de vie, c'est
de la violence aussi. C'est violence pour violence. Et
pour le faire oublier par la société, Tiffany risque
bien d'insister sur son rôle de pitoyable victime.
Il n'est pas inutile de rappeler non plus que la
violence éclot dans tous les milieux, et pas
seulement dans les familles modestes : celles des
pédopsychiatres, magistrats et autres dignitaires ne
sont pas épargnées non plus : simplement la
dissimulent-elles souvent mieux.
Alors ? Alors il est grand temps que la société joue
enfin son rôle de tiers, via magistrats de la jeunesse
et intervenants psychosociaux interposés. Que l'on
investigue sérieusement ce qui s'est passé et que, le
cas échéant, l'on demande des comptes à Tiffany et
à ceux qui auraient pu la malmener. Et que l'on aide
les Warnotte et leur environnement proche à se dire
ce que vraisemblablement ils n'ont pas su se dire
jusqu'à présent. Peut-être Tiffany ne retournera-t-
elle plus vivre chez ses parents, mais au moins,
qu'on les aide à se parler, à faire la paix dans leur
cœur, à se comprendre et à se pardonner, puis à
poursuivre leur vie dans la discrétion retrouvée des
itinéraires de vie ordinaires.
Notes.
(1). Professeur ordinaire à la faculté de médecine de l'UCL.
Création le 11 septembre 2005.
Dernière mise à jour
le dimanche 02 mai 2010.
Issu d'un document en traitement de texte
reçu le 11 septembre 2005 par
mail du professeur Jean-Yves Hayez.
DS.ds
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
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je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Bravo de m'avoir trouvé
Félicitations
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480
mais est encore correcte avec les écrans
plus grands 1600x1200 ou autres.
Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur
Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son
infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez
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je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
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TIFFANY WARNOTTE :
MEDITATIONS SUR UN RETOUR NON ANNONCE.
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abus sexuel,
accompagnement éducatif,
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