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Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez
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A propos de la
vulnérabilité de
l'enfant.
* biographie et receuil de publications scientifiques du
professeur Jean-Yves Hayez.

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" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va
et d'employer l'esprit à le justifier."
Jean Guéhenno.
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Louvain Médical
119:S205-S212,2000.
A PROPOS DE LA VULNERABILITE DE L'ENFANT.
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J.-Y. Hayez (1).
La vulnérabilité d'un être, c'est, selon le
Petit Larousse, sa susceptibilité d'être atta
qué, d'être blessé ... son caractère faible,
défectueux, qui donne prise à l'attaque.
Au fond, de même qu'on ne prête qu'aux riches,
le langage populaire admet qu'on attaque
surtout les faibles. Le juge Connerotte le sait
bien, lui dont le principal crime avait été de
déstabiliser sa propre cour de Versailles;
l'OTAN aussi, qui fait un distinguo subtil
entre les tchétchènes et les kosovars; et La
Fontaine l'illustrait déjà joliment dans " Les
animaux malades de la peste " : qu'une dame
invitée au salon de maman renverse une tasse,
et
" Ce n'est rien " ... mais que l'enfant de
la maison en fasse autant, fût-ce en voulant
rendre service, et il s'attirera toutes les
foudres parentales.
Heureusement, le dictionnaire distingue " être
attaqué " et " être blessé ". Mais cette
différenciation s'applique-t-elle vraiment aux
enfants? Eux qui sont pris à partie à longueur
de temps, comme les fusibles faibles ou les
punching balls de nos systèmes puissants, ont-
ils de bonnes défenses, que pour ne pas être
désorganisés et lésés par chaque attaque? Ce
n'est pas si sûr, comme le montrera la suite du
texte.
Je ne vais pas passer du temps à démontrer
l'existence de cette dimension de vulnérabilité
dans l'enfance : le souvenir des enfants que
nous avons été et l'observation et le dialogue
avec eux l'établissent à l'évidence. Son exis
tence devrait donc entraîner, dans le chef de
la génération des adultes, une attention
particulière :
" Attention, fragile! " ...
attention, ces
microbes, ces
poussins à la
toute petite voix et aux petits poings
dérisoires, méritent toute notre sollicitude,
notre délicatesse et bien des aménagements
concrets de la relation avec eux, que nous
allons bientôt décrire en long et en large.
Mais en est-il vraiment ainsi? Ne sont-ils pas,
plus souvent, les paratonnerres sur qui se
défoule à bon compte l'agressivité liée à nos
frustrations? Ne sont-t-ils pas aussi faciles à
ignorer, l'ignorance d'eux, la non-prise en
compte de leurs besoins constituant une autre
forme subtile de l'attaque des faibles? La
question se pose à tous les niveaux, depuis les
détails de la vie quotidienne, jusqu'aux
équipements de Santé Publique et aux choix de
société ( de l'argent pour Thalys, plutôt que
pour des classes à petit effectif ... )
Bien sûr, la vulnérabilité de l'enfant n'est
pas une donne quantitativement immuable : au
fil de son développement, il se renforce,
devient plus lucide, plus autonome, plus
compétent; nous devrions donc mobiliser nos
attitudes à son diapason; faire de plus en plus
confiance à sa débrouillardise, le laisser
prendre des risques, accepter ses choix. Et ce
n'est pas toujours facile pour nous, de le voir
grandir et de maîtriser notre angoisse ( peut-
il vraiment aller à l'école tout seul, sur son
petit vélo? ) ou notre vague jalousie ( plus il
devient fort, plus il nous pousse, à son rythme
vers la mort ).
En poussant notre immobilisme à l'extrême, il
peut même arriver que nous nous emparions du
prétexte de la vulnérabilité de l'enfant, pour
ne plus accueillir la croissance de son être :
au nom de ses faiblesses du moment, nous
satisfaisons plutôt nos besoins de toute-
puissance, notre incapacité à assumer notre
solitude, nos besoins de donner à nos angoisses
des solutions faciles, via un contrôle de
chaque instant, etc ... Une juste perception de
ce qu'est l'enfant aujourd'hui est toujours un
exercice périlleux, loin de nos a priori; il
nécessite parfois la présence à nos côtés de
tiers ( notre conjoint, nos autres enfants,
notre médecin ... ), qui nous aident à nous
distancer de nos projections.
Bien sûr encore, un enfant n'est pas l'autre :
à égalité d'âge, d'équipement, et de conditions
d'éducation et d'environnement, un tel
apparaîtra comme passablement démuni et
dépendant; un autre aura puisé sa force dans sa
confrontation à l'adversité, qui a provoqué
chez lui une programmation énergique de la vie
et des stratégies adaptatives intelligentes ("
résilience "), un troisième sera plus mosaïque,
etc ... : la perception suffisamment juste de
chaque enfant se fait au cas par cas, étape par
étape, et demande que l'on accepte de se
laisser surprendre!
Enfin, il ne faut pas confondre " vulnérabilité
" et " sensibilité ", ou même " expressivité
émotionnelle liée au développement ".
* La vulnérabilité, c'est comme le dit la
définition, une prédisposition à être attaqué (
activement ou via la négligence ) et à être
blessé ( c'est-à-dire désorganisé, lésé dans
son corps - voyez la maltraitance - ou/et dans
son équilibre intellectuel et émotionnel ).
* La sensibilité de l'enfant, c'est sa capacité
à réagir, par ses émotions, ses idées et ses
comportements, à des événements dont il perçoit
bien la signification. Il est normal - et même
souhaitable - qu'il ait parfois du chagrin,
qu'il passe par des moments de peur ou qu'il
soit ému et indigné par l'inacceptable :
l'éducation ne devrait pas viser à faire de lui
un petit businessman à rendement élevé,
égocentrique et aveugle sur ce qui l'entoure.
* Par ailleurs, il existe une " expressivité
émotionnelle " typique de certaines phases du
développement, qu'il faut pouvoir accueillir
avec patience et prendre en compte, en
aménageant autrement la vie, sans en faire ipso
facto l'indicateur d'une vulnérabilité proche
de la pathologie : par exemple, même bien
entourés, certains enfants sont plus anxieux
que d'autres : les faire entrer tous à l'école
à trois ans n'est donc probablement pas la
solution de vis qui convient à certains;
d'autres, même plus âgés, ne sont pas à même
d'affronter le noir. Pourquoi ne pas être
tolérants à ces particularités?
Nous allons passer en revue des applications de
la vulnérabilité dans quelques champs de son
existence et en tirer quelques leçons à propos
de l'éducation et, le cas échéant, de la
thérapeutique.
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II. VULNERABILITE DU DEVELOPPEMENT DE L'INTELLIGENCE.
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A. - A côté des fonctions cognitives qui
perçoivent et traitent les informations
externes, chaque enfant développe de
l'imagination à des degrés divers.
Une part d'intelligence imaginative, devrait-on dire,
capable de créer des représentations mentales
personnelles ( mots ou/et images ) sans support
externe ou en transformant radicalement ceux-
ci. Cette activité autonome est souvent la
meilleure et parfois la pire des choses.
La meilleure? Elle permet à l'enfant de se
donner une compréhension provisoire du Réel,
avant qu'il ne puisse intégrer des informations
objectives; elle lui permet de dominer ses
sources de préoccupations, parce qu'il
s'invente des solutions de vie satisfaisantes (
dans ses rêveries, il est le plus fort; il est
consolé, aimé, compris, etc ...)
La pire? Parfois, par contre, son imagination
l'amène à élaborer les scénarios inverses : il
y est attaqué, rejeté, puni cruellement; son
corps y est mutilé, etc ... Ou alors, quand il
est trop seul ou/et qu'il a trop peur de la
vie, il fuit dans l'imaginaire.
Notre responsabilité à l'égard de cette
activité imaginaire de l'enfant n'est donc pas
simple.
* D'une part, nous devons lui laisser du temps
pour rêver, jouer, produire de l'imagination,
... et ne pas vouloir faire de lui un petit
savant de quinze mois à la mode californienne.
Par ailleurs et inversement, nous devons
veiller à ce que son imagination ne devienne
pas une évasion, un repli sur soi : à nous donc
de l'installer dans un monde social riche et
attrayant.
* Nous pouvons, à l'occasion, donner un petit
coup de pouce pour qu'il imagine - au moins
cela! - des solutions de vie positives au type
de soucis qu'il rencontre ( par exemple, des
histoires où un faible parvient à se
débarrasser de ses ennemis ).
- Nous pouvons aussi veiller à ne pas amplifier
nous-mêmes, volontairement ou non, un
imaginaire tissé d'angoisses et d'agressions.
Par exemple, nous pouvons essayer d'éviter trop
d'exposition à des scènes violentes, réelles ou
non ( Films ), surtout pour les enfants les
plus jeunes. Nous pouvons faire attention aux
mots que nous employons, ou aux expériences que
nous décrivons devant eux, et qu'ils
comprennent parfois très mal.
Plus particulièrement, l'information sur les
maladies, les leurs ou celles de leurs proches,
reste un domaine très délicat. Le pire de tout
c'est allusion, le mot qui échappe, sans
commentaires. Le secret n'est pas tout-à-fait à
exclure, face à certains enfants très
sensibles, si l'on est sûr qu'il sera bien
gardé. Beaucoup plus souvent, une information
sobre, donnée pas trop longtemps à l'avance,
aura des effets plus positifs. Elle gagne à
s'intégrer dans un dialogue, ou l'on cherche à
comprendre ce que l'enfant pensait
préalablement et spontanément, et ce qu'il a
compris de ce qu'on lui a dit. En outre,
davantage que de détails techniques, il
apprécie ce que l'on pourrait appeler une "
information rationnelle " : par exemple,
comment s'occupera-t-on de lui? S'il est
hospitalisé que vont devenir ses contacts avec
ses parents, sa fratrie, etc?
* Enfin, il nous faut être tolérant face à cer
taines " fantaisies imaginaires ", dont
l'enfant a besoin momentanément, même si elles
sont en porte-à-faux avec des informations plus
objectives qu'il reçoit et qu'on voudrait qu'il
intègre rapidement : par exemple, il persiste à
nier la différence des sexes, ou
l'irréversibilité de la mort de son grand-père
... C'est " comme ça " pour lui, pour le moment
: sa théorie ne mérite ni irritation, ni
sourire de mépris. Il en a besoin et elle
passera d'autant plus vite q"'on renonce à la
fois et à la critiquer et à la confirmer
objectivement, et qu'on se limite à la
reconnaître comme sa croyance du moment.
B. - Les enfants sont le plus souvent d'autant
plus suggestibles qu'ils sont jeunes :
ils tiennent pour vrai ce que leur disent avec
assurance les personnes qui les impressionnent
et qu'ils aiment, c'est-à-dire habituellement,
les parents et autres familiers adultes
investis par eux, les " grands qu'ils admirent,
les enseignants ... Leur crédulité est d'abord
très forte et traduit à la fois leur confiance
de base dans leur environnement, leur besoin de
sécurité, et la faiblesse du moment de leurs
fonctions cognitives. Après l'entrée à l'école
primaire, elle décroît rapidement, davantage
actuellement que lorsque nous étions enfants.
Ceci est dû, et partie, à l'abondance et des
sources d'information et, à l'occasion, aux
contradictions entre elles, ce qui stimule la
créativité cognitive ... ainsi qu'à l'éducation
contemporaine qui stimule l'esprit critique et
le droit à la libre expression.
Notre responsabilité par rapport à cette
crédulité, importante ou résiduaire, me semble
être la suivante :
* Nous discipliner à être vraie quand nous
parlons aux enfants; ne pas alimenter leur
crédulité par des mensonges confortables.
Pensons; par exemple, aux confusions que nous
créons à propos de ce qui est vraiment bien ou
vraiment mal, que nous assimilons si souvent à
ce qui est obéissance ou désobéissance aux
règles, voire à ce qui est réussi - conforme à
nos attentes - ou raté.
Pensons encore à l'image d'Epinal que nous nous
ingénions si souvent à donner de nous-mêmes;
l'adulte qui sait tout, qui a été un modèle
d'obéissance et de réussite, et qui est
insensible ( jamais blessé, jamais fatigué,
jamais dans le besoin ).
* Stimuler l'esprit critique de enfants; nous
faire à l'idée qu'ils pensent, raisonnent et
ont des opinions propres; écouter celles-ci,
sans les ridiculiser mais sans faire non plus
semblant qu'elles sont toujours partagées par
nous ni bonnes en soi; stimuler leur réflexion
sur les valeurs, le sens et les objectifs
propres à chaque existence; accepter leurs
différences ( si elles ne sont pas antisociales
), tout en témoignant de ce qui est important
dans nos vies.
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III. VULNERABILITE, OBEISSANCE ET MOTIVATION.
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Beaucoup d'enfants s'en remettent largement à
leurs parents d'abord, puis à d'autres adultes
proches investis par eux : ils font de leur
mieux pour leur obéir, une grande partie du
temps ( en gardant néanmoins un léger droit à
se différencier ou/et à contester de ci de là,
ostensiblement ou secrètement ... droit dont
ils étendent le contenu au fur et à mesure du
temps ). Plus radicalement même, ils se mettent
à " penser le monde ", largement comme le
pensent leurs parents, et à désirer et
programmer comme bons pour eux ce que ceux-ci
indiquent comme tel. Progressivement, on ne
peut même plus parler d'une influence, sur eux,
de leurs parents ou de leur environnement
proche; les enfants y adhèrent de l'intérieur
et sont motivés à devenir ce qu'on leur a
d'abord demandé de l'extérieur : il ne s'agit
pas à proprement parler du processus
d'identification à telle ou telle manière
d'être spontanée des parents, mais d'une
adhésion aux invitations éducatives que leur
font ceux-ci.
Lorsque les parents ont la juste intuition que
ce qu'ils demandent correspond à des données de
l'équipement de leur enfant et que, mieux
encore, c'était spontanément désiré par lui,
plus ou moins intensément, le résultat peut
être tout-à-fait harmonieux : chacun a
l'impression de ce que les anglo-saxons
appellent
achievement :
achievement du projet,
et de soi.
Ce n'est néanmoins pas toujours le cas :
certains parents poussent l'enfant à produire à
l'extrême, en fonction de compétences (
scolaires, sportives ...) qui sont peut-être
potentiellement présentes, mais ils ne satis
font pas d'autres besoins de base ( jouer, se
délasser, demander de l'aide ...) : dans la
suite de sa vie, l'ex-enfant peut craquer d'un
coup ou/et être candidat aux maladies
psychosomatiques de stress. Pire encore,
certains parents illusionnent sur des aptitudes
des goûts que l'enfant n'a pas et lui demandent
donc des rendements impossibles : c'est la
porte ouverte à l'époumonnement, à l'angoisse
de l'échec, puis, inévitablement, à l'échec
vécu comme faute, à la dépression ou à la
révolte culpabilisée.
Enfin, si beaucoup d'enfants s'en largement au
projet des parents, ils ne le font pas pour
tout ... et il existe une minorité qui ne le
fait pas ou presque pas. Ne pas vouloir voir
cette zone de contestation, ou ce caractère
plus largement contestataire, l'ignorer en ne
lui reconnaissant aucune signification ou le
combattre ostensiblement, c'est ouvrir la porte
au bras de fer, à la révolte plus ou moins
culpabilisée avec tous ses signes négatifs, ou,
ce qui ne vaut guère mieux à l'écrasement et à
la perte de la capacité d'initiative de
l'enfant.
Notre responsabilité, ici, est de bien évaluer
le potentiel de l'enfant ... d'accepter d'en
tendre ce que d'autres nous disent quand nous
rêvons trop pour lui ... de continuer à être
positifs à son égard, sans lui faire payer
notre frustration quand nous devons rabattre
nos illusions.
Quand il a l'air de résister à nos attentes,
nous devrions d'abord nous demander s'il
dispose bien des moyens d'aller dans le sens
que nous souhaitons. Et si, cette évaluation
faite, il nous paraît plutôt bien équipé, nous
devrions nous demander s'il n'a pas le droit de
désirer, ici et là, d'être ailleurs que dans
notre projet. Et si, tout compte fait, pour la
suite de sa vie, il ne peut pas s'avérer
bénéfique qu'il ait la force d'affirmer et de
réaliser sa différence, et ceci, d'abord à nos
dépens!
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IV. LA VULNERABILITE DES VECUS AFFECTIFS.
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A.- Beaucoup d'enfants n'évaluent pas toujours
avec justesse l'amour et l'estime qu'on leur
destine.
Il en va probablement ainsi à cause de
la fragilité et de la suggestibilité de leur
intelligence, que nous avons déjà évoquées, et
pour d'autres raisons complexes qu'il serait
trop long de développer dans cet article.
* Une majorité de ces enfants fait
régulièrement des estimations à la baisse :
parce qu'un petit frère vient de naître, parce
qu'ils n'ont pas tout-à-fait répondu à ce
qu'ils croient être les attentes des adultes,
parce qu'ils interprètent erronément les
préoccupations de leurs parents ... ils peuvent
croire, désespérément, qu'on ne les aime plus
et qu'on ne les aimera plus jamais, et
présenter alors, parfois de façon durable, tous
les signes d'une dépression ( apathie,
irritabilité, somatisations d'appels ).
D'autres pensent qu'on les aime encore, mais au
titre de " ratés " définitifs, parce qu'ils
n'ont pas une juste appréciation de la balance
de richesses et de manques constitutive de
chaque être humain : eux aussi peuvent se
déprimer. Il nous revient donc d'être
extrêmement attentifs à ce besoin qu'ont tant
et tant d'enfants de recevoir explicitement et
fréquemment des signes d'amour et d'estime
adaptés à leur réalité : sans être hypocrites
mais, parfois, sans être tout-à-fait spontanés,
nous pouvons au moins nous raisonner; être
attentifs à ce qu'ils montrent d'eux et leur
donner ces encouragements si indispensables à
leur croissance : un enfant " reconnu "
positivement sourit, se sent bien, et réalise
son potentiel.
* Inversement, une minorité d'enfants
surestiment l'intérêt et l'estime dont ils sont
l'objet. Ce sont probablement ici des enfants
adulés par les plus proches de leurs proches,
et qui ne comprennent pas que des relations
positives avec le monde social se conquièrent,
à coup de compétence réelle, de services rendus
et de réciprocité : c'est là une autre forme de
vulnérabilité, car, tôt ou tard, ils peuvent "
tomber de haut " et vivre un très profond
désarroi. Néanmoins, les éduquer à davantage de
sensibilité sociale nécessite la coopération du
(des) parents(s) adulant, ce qui n'est pas
toujours facile à obtenir.
B.- On peut discuter de manière analogue la
question de la paix intérieure,
versus la peur
du gendarme ou la vraie culpabilité : pour des
raisons diverses, intellectuelles,
identificatoires à leur milieu, et autres :
* beaucoup d'enfants imaginent trop vite et
trop fort qu'ils pourraient être agressés et
punis, et donc qu'ils sont mauvais, pour des
petites maladresses, des manquements aux
attentes d'autrui, voire de vraies fautes ( au
sens de l'intentionnalité destructrice ) qu'ils
ont commises. Face à eux, il nous revient donc
d'être clairs dans l'énonciation de ce qu'est
vraiment le bien et le mal et ce qu'est chaque
être humain, fait de richesses et de manques,
et d'un droit à exercer sa liberté jusqu'à un
certain point;
* inversement, une minorité d'enfants se donne
le droit d'être tout-puissants, sans
considération pour la peine infligée à autrui :
il nous revient alors de les éduquer à une
sociabilité au moins raisonnable.
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V. LA PROTECTION CONTRE LES AGRESSIONS EXTERNES.
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La société civile belge est hypersensibilisée à
l'existence de ces agressions depuis les
dramatiques événements d'août 1996. Certes, ces
agresseurs d'enfants existent et les
institutions belges dénient probablement bien
trop l'extension quantitative et les nuances
qualitatives de la perversité qu'ils peuvent
revêtir (" Pas de réseaux pédophiles chez nous
... Régina Louf est folle, n'est-ce pas? ").
Certes, les enfants sont particulièrement
vulnérables face aux plus violents ou aux plus
subtils de ces agresseurs.
N'oublions néanmoins pas les agresseurs au
quotidien ... que nous pouvons être nous-mêmes
: paradoxalement, il est plus facile de faire
des campagnes de prévention contre Dutroux et
consorts, que de se mettre en question, soi, et
de se dire que, parfois, chacun fait des
pressions psychologiques réellement abusives
sur son propre enfant (" N'est-ce pas que tu as
envie que? ...". Il est souvent plus simple de
dénoncer le beau-père alcoolique violent du
Quart-Monde, que d'aller interpeller
l'instituteur de son fils, pourtant indûment
disqualifiant, ou telle dimension inacceptable
de l'organisation scolaire.
Soyons attentifs également à ne pas présenter à
l'enfant la vie sociale, la relation à autrui,
la sexualité ... comme une somme de dangers
dont il faut indéfiniment se prémunir : ce
pourrait être l'effet pervers involontaire des
campagnes de prévention qui visent, au sens
large du terme, à renforcer l'enfant. Rappelons
lui donc d'abord que la rencontre avec l'autre
et l'exercice de la sexualité, sont ( très )
majoritairement agréables et enrichissants,
mais que, de temps en temps, il faut pouvoir se
protéger de l'une ou l'autre déviation.
Ces préliminaires étant posés, notre res
ponsabilité dans ce domaine se compose comme
suit :
* Etre suffisamment et matériellement présents
aux côtés de l'enfant : nous y reviendrons dans
le paragraphe VI, à propos de la stimulation
spirituelle.
* Lui interdire de prendre des risques dis
proportionnés à sa lucidité et à ses forces et
lui en expliquer la raison ( sans marchander!
).
* Se réjouir spontanément et explicitement des
moyens qu'il trouve seul pour se défendre ... y
inclus, et peut-être surtout, quand il s'agit
de s'affirmer contre nos propres abus; lui
donner confiance dans la capacité auto-
protectrice dont il jouit spontanément; veiller
à ce qu'il n'y ait pas de doubles messages à ce
sujet : pour se sentir fort, il est essentiel
qu'il se sente parfois efficace
contre nous.
* L'encourager à se défendre, chercher " des
trucs " avec lui; l'y entraîner, mais avec
patience, en lui répétant s'il le faut que ça
viendra un jour : le pire de tout, c'est qu'il
aurait peur ... d'être agressé par nous parce
qu'il ne serait pas assez efficace à nos yeux
pour bien se défendre!
|
VI. DEPENDRE DE L'APPROVISIONNEMENT PAR AUTRUI.
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A.- Le petit d'homme naît largement prématuré.
Sa survie physique dépend d'abord totalement de
la qualité et de la quantité de soins que lui
prodigue son entourage : il faut suppléer à ses
incapacités du moment pour subvenir à ses
besoins en nourriture, boisson, chaleur,
hygiène, calme et repos, etc ... Même quand il
se débrouille mieux, il n'est pas toujours
certain que son instinct - au sens le plus
biologique du terme - soit très sûr : il peut "
ignorer " les besoins de son corps, au nom de
sa volonté de puissance ou de plaisir, au nom
de sa dépression du moment, au nom de son envie
de se consoler à sa manière, etc ... Nous avons
donc la responsabilité d'approvisionner sa vie
physique et de veiller sur elle : c'est évident
aussi longtemps qu'il en est incapable. C'est
souhaitable, mais avec une tolérance plus
grande quant aux limites exactes de ses droits,
dans les moments où il ne désire pas veiller
lui même sur un " Soi-corporel " qui serait
raisonnablement géré. Nous sommes tous d'accord
sur le fait qu'il faut protéger les anorexiques
contre les excès de leur programme ascétique,
imposer un certain temps de repos même aux plus
turbulents, se battre pour que les diabétiques
se surveillent et se médicamentent au moins
passablement, etc ... Nous ne gagnons pas
toujours ces combats, mais le pire de tout est
d'en démissionner.
Complémentairement, il nous revient
d'encourager l'enfant à la gestion de soi par
soi et d'accepter certaines originalités sans
en faire tout-de-suite la source
d'interminables combats : personne - à
commencer par nous - n'est obligé de devenir un
mangeur diététiquement correct, ni d'aller à la
selle tous les jours, vingt minutes après le
petit déjeuner.
B. - La stimulation spirituelle est aussi
importante que l'approvisionnement matériel :
les bébés cobayes élevés sans langage sous
l'ordre d'un monarque de Bavière sont tous
morts rapidement. Par " spirituel ", nous
entendons ici : un bain de mots qui dit - qui
propose - à l'enfant ce que sont le monde et la
vie; un bain de stimulation intellectuelle; un
bain d'amour; qui se manifeste entre autres par
une tendresse corporelle, et un bain de repères
supérieurs et de valeurs, dont l'adulte lui
parle et dont il témoigne dans sa vie et qui
donne à l'enfant des jalons pour réaliser sa
propre humanité.
Toutes ces stimulations passent par une
présence de l'adulte aux côtés de l'enfant :
présence non étouffante, qui laisse vivre ...
mais présence consistante, qui se donne, qui
donne à l'enfant le meilleur d'elle-même et qui
veille sur lui ( et le surveille parfois, à
l'occasion ). On ne connaît que trop bien les
effets de l'absence : absence d'amour qui
entraîne la carence affective ... mais aussi,
absence de vigilance et de témoignage qui
laisse les enfants trop livrés à eux-mêmes, et
trop enclins à organiser de mauvaises
habitudes, pour se donner du plaisir dans la
solitude ( de la perversion à la délinquance,
en passant par la toxicomanie ).
Que nous donnions des soins à l'enfant ou/et
que nous ayions mission de l'éduquer, nous ne
remplissons bien ces fonctions que si nous
pouvons l'apprivoiser et entrer en relation
avec lui. Relation authentique, où se vit au
moins une certaine amitié pour lui ( et pour
les parents, une affection encore plus
spontanée ), et où nous lui donnons quelque
chose de nous. A l'intérieur de cette relation,
et quelles que soient nos missions plus pré
cises, nous sommes constamment invités à tenir
compte et de sa part de vulnérabilité - dans
les différentes facettes que nous avons exposés
- et de sa part de compétence, tant dans ses
idées que dans ses comportements.
En faisant cette intégration, parfois quelque
peu acrobatique, nous l'autorisons moralement à
devenir un être humain confiant en soi,
désireux de développer son projet de vie
propre, se sentant être de valeur sans se
croire un surhomme; il peut à la fois faire son
propre chemin, faire progresser l'humanité et
aussi, à l'occasion, se reposer sur autrui et
demander de l'aide parce qu'il n'est pas
parfait.
Cette présence intense à l'enfant, ce n'est pas
une récréation pour adultes fatigués, ni
quelque charité à l'usage de dames patronnesses
hypersensibles : nos enfants sont les forces
vives de demain, aider un enfant à s'épanouir,
c'est avoir très souvent un effet
multiplicateur, étant donné la famille qu'il
fondera probablement et donc, les impulsions de
vie qu'il transmettra : une perspective de
développement durable ne concerne pas que la
sollicitude pour l'environnement matériel; elle
concerne aussi nos liens directs avec nos
enfants, qui sont notre futur et l'un des sens
les plus profonds de nos vies.
vulnérabilité, suggestibilité, conformisme,
protection, dépendance.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
L'auteur fait d'abord remarquer que la
définition de la vulnérabilité -
susceptibilité, surtout des plus faibles, à
être attaqué - s'applique bien aux enfants,
même s'il faut en discuter les limites. Il
décrit ensuite quelques applications de cette
vulnérabilité : l'activité imaginaire de
l'enfant n'est que trop susceptible de se
charger d'agresseurs; son intelligence est
suggestible. Il s'efforce souvent d'obéir,
voire d'adhérer de l'intérieur à des ordres
parfois impossibles. Sur le plan affectif, il
pense souvent trop vite qu'on ne l'aime plus ou
qu'il est mauvais. Il n'est pas toujours facile
de bien doser la quantité de protection dont il
a besoin. Enfin, il dépend de l'adulte pour
d'indispensables approvisionnements, tant
spirituels que matériels.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
N.B.
(
N.B.)
Con respecto a la vulnerabilidad del niño (s20)
El autor señala en primer lugar que la definición
de la vulnerabilidad - mas de ineficacia, en
los debiles a protegerse contra los agresiones - se aplica
bien a los niños, incluso si es
necesario discutir los límites. Describe a
continuación algunas aplicaciones de esta
vulnerabilidad : la actividad imaginaria del niño
puede excesivamente ser cargada de
agresores; su inteligencia es influencable. Se esfuerza
a menudo en obedecer, o incluso en
adherir del interior a órdenes a veces imposibles. A
nivel emocional, piensa a menudo sin
razon que los otros no le quiereno. No es siempre
fácil proporcionar bien la cantidad de
protección que necesida. Por último,
depende del adulto para indispensables suministros,
tanto espirituales como materiales.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
(1). Pédopsychiatre, docteur en psychologie,
responsable de l'Unité de pédopsychiatrie,
Cliniques Universitaires Saint-Luc, 10, avenue
Hippocrate à B-1200 Bruxelles.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
Création le 21 août 2003.
Dernière mise à jour
le dimanche 02 mars 2008.
Issu d'un tiré-à-part remis par le
professeur Jean-Yves Hayez.
DS.ds
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Bravo de m'avoir trouvé
Félicitations
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480
mais est encore correcte avec les écrans
plus grands 1600x1200 ou autres.
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480 mais est
encore correcte avec les écrans plus grands 1600x1200 ou autres.
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Résumé en français : Résumé.
ici
Résumé en espagnol : Resumen.
ici
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intégral de ce site en format traitement de texte.
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immédiatement sur votre écran.
A PROPOS DE LA VULNERABILITE DE L'ENFANT.
I. INTRODUCTION.
II. VULNERABILITE DU DEVELOPPEMENT DE L'INTELLIGENCE.
III. VULNERABILITE, OBEISSANCE ET MOTIVATION.
IV. LA VULNERABILITE DES VECUS AFFECTIFS.
V. LA PROTECTION CONTRE LES AGRESSIONS EXTERNES.
VI. DEPENDRE DE L'APPROVISIONNEMENT PAR AUTRUI.
CONCLUSION.
Mots clés.
Résumé.
Notes.
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dont je viens de partir.
.
.
Note N.B.
(N.B.). Ce résumé approuvé par le
professeur Jean-Yves Hayez a été ajouté
au texte le 14.07.2005
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dont je viens de partir.
.
.
Note 1.
(1). Pédopsychiatre, docteur en psychologie,
responsable de l'Unité de pédopsychiatrie,
Cliniques Universitaires Saint-Luc, 10, avenue
Hippocrate à B-1200 Bruxelles.
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A PROPOS DE LA VULNERABILITE DE L'ENFANT.
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