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Jean-Yves Hayez La vie sexuelle des 6-11 ans.
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La vie sexuelle
des
6-11 ans
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" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va
et d'employer l'esprit à le justifier."
Jean Guéhenno.
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Paru dans Enfances et psy , 2001-17, 23-35.
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La vie sexuelle des 6-11 ans
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Jean-Yves HAYEZ (
*)
L'enfant en âge d'aller à l'école primaire - entre 6 et 11 ans environ
- est habité et mû, entre autres, par sa pulsion et ses désirs sexuels. C'est
une énergie vitale en lui qui vise aussi bien à l'union positive avec
l'autre qu'à une union positive à lui-même : si la finalité biologique de
cette union n'est pas encore activée à cet âge, la finalité affective l'est bel
et bien ; elle engage plus ou moins concrètement le corps et les parties
sexuées de celui-ci, et apporte à l'enfant - et à ses éventuels partenaires -
plaisirs et joies.
Il y a donc réellement une vie sexuelle à cette période de la vie, faite
de représentations mentales, d'affects, mais aussi de mises en pratique.
Elle peut être momentanément estimée soit " normale ", soit
pathologique. Nous nous centrerons surtout sur la première modalité.
LES DETERMINANTS D'UNE VIE SEXUELLE
EN BONNE SANTE DEVELOPPEMENTALE.
La curiosité.
C'est le désir de connaître la nature et le fonctionnement du corps,
jusqu'à ses domaines les plus intimes : expériences faites sur lui,
comparaisons effectuées sur l'autre, identique ou complémentaire, désir
de savoir quelle est cette fameuse sexualité dont parlent tant les
" grands " et appropriation progressive du concept, en partant des gros
mots et des blagues obscènes - d'abord pas très bien compris - jusqu'aux
exercices pratiques.
Le désir et le processus d'identification
aux grands et aux adultes.
Contrairement à ce qui se passait au cours des cent
dernières années, les enfants sont témoins de la vie
sexuelle des adultes. Pas essentiellement des ébats
de papa et maman ( ou, pour " faire moderne ",
d'un de ceux-ci avec son partenaire homo ou hétéro
du moment ), qu'il faut toujours surprendre par le
trou de la serrure mais, de façon plus
ouverte, de l'espèce adulte, qu'on voit forniquer à
heures fixes à la télévision, ou dont les médias
apprennent qu'ils ont un drôle d'usage du
cigare : si le Père fait l'amour sur la place publique,
ses fils, pour grandir, vont jouer à l'avance les rôles
qu'ils devront tenir un jour, puis
comme dans toute identification, vont avoir envie de le
faire pour de vrai.
Le défi face aux règles.
Même si les interdits sont moins cruels, le langage
des adultes continue largement à situer la pratique
de la sexualité comme étant de
leur domaine réservé : " Tu peux - sinon :
tu dois ! - savoir ... la
sexualité, c'est chouette ... mais tu es trop petit
pour la pratiquer ( et si je t'y prends, je crie sur toi :
ainsi fut puni Prométhée pour avoir voulu
voler le feu des dieux ; un aigle lui rongea le foie
pour l'éternité ). " De
fait, ce qui reste un interdit, beaucoup d'enfants ont envie de le
transgresser à l'occasion, précisément parce que
c'est ... interdit (1).
L'affirmation d'une puissance ressentie en soi.
S'intéresser au sexe, c'est être grand, se
le prouver à soi-même, et le
montrer aux autres. Dans le cadre de cette affirmation
de puissance, se situent les enfants dominants qui prennent
l'initiative d'entraîner les
autres à l'aventure, ici sexuelle, tout en finissant
par respecter leur éventuel refus. Ce ne sont donc
pas des enfants abuseurs, même si, au
moment de la découverte des faits, les autres ont
tendance à les lâcher et
à prétendre qu'ils ont été
entraînés contre
leur gré (2).
Un enfant qui se développe bien n'est pas exempt d'angoisses,
ni même de légers sentiments de
culpabilité irrationnelle.
Ces sentiments pénibles font partie de toute vie. Mais,
paradoxalement, leur existence n'inhibe pas systématiquement la
réalisation des désirs et des comportements
même si leur mise en œuvre
les accroîtra encore. On est dans un
véritable cercle vicieux : pour être
quitte de son angoisse, pour savoir, pour vérifier,
pour vaincre l'ennemi ... l'enfant va poser un acte, mais
cet acte ne soulage rien à
long terme. Au contraire, il amplifie la crainte
de l'agression en retour.
Il en est de même pour la culpabilité : pour
en savoir plus sur les intentions punitives prêtées
à l'adulte et sur le pouvoir de discernement
de celui-ci, l'enfant va poser le comportement interdit, et
en laisser des traces qui mènent à lui. La
punition précise qui suivra est censée être
préférable à un vécu diffus de
culpabilité ... mais l'acte réveille de
nouvelles culpabilités.
Parmi les angoisses " normales " à l'âge de
l'école primaire, on peut citer :
- surtout chez les plus jeunes, des angoisses liées au simple jeu de
l'imagination qui pallie énormément les lacunes momentanées de
l'intelligence et d'un bagage informatif correct ( Hayez, 1999 ) : pas
encore de certitude tranquille quant à la permanence de l'objet, et
partant, quant à l'inéluctabilité et à la stabilité des différences sexuelles,
etc.; il existe donc des vérifications anxieuses,
scientifiques, de ce qu'il en est.
- surtout chez les plus âgés, l'existence structurante d'une phase de
névrose infantile (" pas trop serrée ") : avant que l'enfant ne trouve ses
solutions mentales rapidement et spontanément - via les identifications,
les sublimations et la simple mise en veilleuse spontanée de son Sur-Moi
le plus archaïque -, certains de ses désirs lui apparaissent
momentanément conflictuels comme les désirs œdipiens et les désirs
masturbatoires ( c'est-à-dire désirs de pratiquer déjà une sexualité,
comme les grands ).
La camaraderie ou l'amitié, et les partages qu'elle induit.
" Pour faire plaisir " au copain ou à la copine qu'on aime bien, on lui
montre, le coeur un peu battant, l'image pornographique acquise de dure
lutte, voire une partie intime du corps propre (3)
, comme un secret
précieux, qu'on portera ensuite ensemble ... On procède avec lui aux
premières explorations et activités vraiment sexuelles, à la découverte
des mystères et plaisirs qui y sont liés, etc.
Une satisfaction érotique.
En effet, le plaisir de la manipulation sexuelle,
le plaisir de (se) toucher ou d'être touché, constitue
également un déterminant partiel de
l'activité sexuelle infantile. Et cela, même s'il n'a encore
que peu à voir avec l'intensité des plaisirs et
orgasmes éprouvés autour de et après la
puberté. S'ajoutent à ce plaisir strictement
physique et local, d'autres
plaisirs plus spirituels liés aux déterminants
déjà évoqués : plaisir de
savoir, d'expérimenter, de grandir, de défier, etc.
La recherche du plaisir n'est cependant ici qu'un but parmi d'autres ;
il n'existe pas, comme dans la perversion, un culte raffiné et quasi
exclusif de l'érotisme (4).
A côté de ces dynamismes psychiques principaux, et sans prétendre
d'ailleurs en avoir dressé une liste exhaustive, il faut évoquer des
facteurs d'un autre ordre, comme :
- le corps : son équipement n'est pas le même d'un enfant à l'autre;
certains ont des besoins, une excitabilité et une
sensibilité sexuels plus forts que d'autres;
- la vitesse du développement général et pulsionnel est variable elle
aussi. Elle est déterminée en partie, et en partie seulement, par les
attitudes de l'environnement. Certains enfants quittent plus vite et plus
radicalement que d'autres leurs investissements oraux, sphinctériens,
génitaux solitaires ..., d'autres s'y attardent ou ne les abandonnent que
partiellement.
LES FORMES D'UNE ACTIVITE SEXUELLE QUI SE DEVELOPPE BIEN.
Nous décrirons successivement : la forme stricto sensu, l'ambiance
affective générale qui accompagne l'activité, quelques critères
caractéristiques du contexte et du déroulement, l'un ou l'autre critère lié
à la présence éventuelle de partenaire(s).
La forme stricto sensu. S'installe progressivement une primauté des
pulsions, désirs et activités génitales, en même temps que prennent corps
les fantasmes organisateurs de la sexualité, pour la suite de la vie.
Corollairement, on assiste au déclin de la primauté des pulsions
prégénitales, le plus souvent en quête d'objet partiel. Déclin veut dire
que l'intérêt pour celles-ci et le plaisir qu'elles procurent s'amenuisent
spontanément : elles deviennent largement inutilisées, plutôt que
refoulées.
Déclin n'est pas disparition : elles persistent comme centres d'intérêt
occasionnels. Par exemple, lorsque le hasard ramène des stimuli, qu'il
s'ennuie et/ou qu'il a peur, l'enfant se livre à nouveau à des jeux
urinaires. Quand il a été malmené, il peut passer par une brève phase de
sadisme sur des petits animaux, etc.
En outre, la vitesse du développement n'est pas la même selon les
enfants, pas plus que ne l'est la radicalité avec laquelle ils passent d'une
étape à l'autre. Certains enfants, davantage fixés à l'âge nourrisson de
leur vie, verront leur génitalité infiltrée d'un très grand désir de caresses,
voire d'activités buccales. D'autres, plus fixés à l'âge tout-puissant ou
sphinctérien, auront une sexualité plus brutale, parfois proche du
sadisme, et/ou garderont de grands intérêts scatologiques.
La primauté du génital progresse indubitablement, mais elle connaît
elle-même un certain nombre de tâtonnements d'objet et de mode. Quant
à l'objet, il y a des allers et retours entre :
- des phases d'investissement auto-érotique : masturbations sans
fantasmes ou avec fantasmes centrés sur soi, ou mettant vaguement en
scène l'autre comme faire-valoir de la jouissance ou de l'emprise
recherchées;
- d'autres, où la masturbation est la seule conduite sexuelle réalistement
accessible, mais où, fantasmatiquement, est intensément désirée une
relation physique avec le parent œdipien et/ou avec ses déplacements les
plus lisibles; il est beaucoup plus rare que ce soit avec un partenaire de
la même génération d'âge;
- des jeux sexuels, homo ou hétérosexuels, avec un (des) partenaire(s) du
même groupe d'âge;
- bien plus rares sont les activités sexuelles qui
s'accompagneraient d'un réel vécu amoureux (5).
Quant au mode, l'inspection, la manipulation et les caresses des
zones et organes génitaux deviennent de plus en plus centrales ; elles
s'accompagnent éventuellement d'un rien de scénario, d'histoire
racontée (" On disait que tu es le papa. "), mais rapidement, l'enfant
sain va au but, et ne s'invente pas de scénarios très compliqués qui
retarderaient longuement l'ultime " découverte ".
Coexistent avec ces manipulations :
- des moments d'exhibitionnisme : à travers eux, vérifier
son pouvoir ( de séduire, d'effrayer, d'oser ) est au moins
aussi important que le plaisir
érotique rencontré; la toute première étape sur la voie de cet
exhibitionnisme, c'est le maniement de gros mots, de blagues salaces ou
du folklore obscène des comptines;
- d'autres, de voyeurisme, mais où, là aussi, le plaisir
de satisfaire sa curiosité, de faire comme les grands,
est au moins aussi grand que la
satisfaction érotique [ Satterfield
, 1975 ].
" Enculer " et " sucer " passant de plus en plus dans le vocabulaire
quotidien, certains enfants voudront voir de plus près de quoi il s'agit,
surtout s'ils ont des fixations anales ou orales. On n'est plus à l'époque
où la vie rurale était vide de stimulations, à part l'arrière-train
accueillant des ânes et des brebis; en revanche, il y a davantage
d'enfants laissés à eux-mêmes, curieux, sans beaucoup de retenue sur-
moïque et qui, entre autres explorations, dans l'appartement où ils
s'ennuient, peuvent se souvenir que le berger allemand femelle de la
maison, après tout, pourrait être à usages multiples, etc.
Si, un peu par hasard ou parce que le développement est plus lent
dans certains domaines, il existe parfois des satisfactions non-génitales,
on peut parier qu'elles sont accessoires et que l'enfant ne s'y
cramponnera pas : dans le film Padre Padrone, le pré-adolescent qui
connaît bibliquement son âne ne restera très probablement pas fixé à ce
mode de satisfaction, et ne s'y est adonné que faute de mieux.
L'ambiance affective qui entoure l'activité sexuelle " normale " est
largement détendue, paisible, plaisante, sans centration exclusive et
intense sur la seule jouissance physique. Il peut s'y mêler éventuellement
un peu d'angoisse et de culpabilité : c'est parfois " le cœur battant " que
les enfants explorent cet univers encore largement inconnu et qui leur
semble être réservé aux adultes (6).
Quant à son déroulement. L'activité
sexuelle est bien moins souvent
l'aboutissement d'une planification contraignante et longuement
concoctée à l'avance que déclenchée par le
hasard (7)
: ennui, insomnie,
besoin de faire pipi à deux au même moment, stimulus externe imprévu
et excitant, tension corporelle, etc. Elle peut donc apparaître comme
impulsive ou exécutée avec maîtrise et intelligence, mais dans les deux
éventualités, l'enfant la reconnaît comme sienne;
du moins le reconnaît-il dans son for intérieur,
pour lui-même (" C'était gai ", entendez :
" C'est moi qui ai planifié quelque chose de gai ");
néanmoins, si les adultes l'interpellent et lui font
des reproches, il se défendra souvent de
l'avoir voulu vraiment, pour ne pas s'attirer des ennuis.
L'activité a également lieu discrètement, loin
de la génération des parents et elle n'est jamais surprise
par eux que par un malheureux hasard.
Si l'on examine les choses dans la durée, on constate
aussi que :
- l'activité ne se répète pas à haute fréquence :
l'enfant ne passe pas sa
vie à se masturber. Dans un petit groupe de copains, les jeux sexuels
constituent un hasard occasionnel : ils se réunissent
surtout pour jouer,
faire du sport et, à l'occasion un peu de sexe;
- il y a une progression dans la " technique et la compétence " en
matière sexuelle, et aussi, une certaine diversification : l'enfant ne
reproduit pas indéfiniment le même scénario.
Si des pairs sont engagés dans l'activité,
ils sont respectés. Les
enfants se parlent : il s'agit bien d'un " jeu "
qui engage le sexe et le
dépasse à la fois ; on y discute donc des sciences
du corps et du sexe, on
y joue des rôles sexués et sexuels.
Les pairs engagés sont plus ou moins du même âge ; les plus grands
( 10-12 ans ) ignorent les petits ( par exemple, en dessous
de 7 ans ), objets de dédain et non objets sexuels à initier.
Quant au conflit avec l'ordre adulte, il est
fréquent. Pour l'adulte du
XXIe siècle, l'enfant est souvent assez grand pour savoir,
et trop petit
pour faire. Mais ce paradoxe n'arrête pas l'enfant, qui conquiert sa
sexualité : dans Padre Padrone toujours, on voit que
l'accès à la sexualité n'est pas quantité négligeable. Elle
dérange l'ordre adulte, qui
a une certaine image de l'enfance : bons bergers bien utilisés,
mais bien conformes aussi, sans distractions déviantes. Il
y a donc un châtiment, mais celui-ci n'arrête pas un processus
en marche : les images suivantes
du film restent sexuelles mais, alors, la sexualité surprise chez les
enfants n'est pas l'objet d'un affrontement, mais plutôt
d'une stimulation des adultes ... entre eux.
L'ACCOMPAGNEMENT EDUCATIF.
Ce que pourrait être un accompagnement idéal.
Supposons que nous - parents, éducateurs, thérapeutes - soyons en
mesure de réagir immédiatement " en connaissance de cause ", c'est-à-
dire en ayant correctement appréhendé la signification saine de la
question, de la préoccupation ou/et de l'activité
sexuelle à laquelle nous
sommes confrontés. Supposons par ailleurs que nous soyons sereins.
Alors, dans les grandes lignes, voici une proposition
d'accompagnement qui me semble contribuer à la maturation de
l'enfant :
S'il nous arrive de " tomber par hasard " sur une activité sexuelle
saine ou d'en être informés, une des attitudes les plus
structurantes, c'est
notre discrétion, qui renvoie l'enfant à sa génération d'âge. Dans une
large mesure, le meilleur accompagnement de la sexualité d'un enfant
d'âge scolaire consiste à lui laisser largement la paix,
sans beaucoup se
mêler de ses tâtonnements, le plus souvent discrets.
Réfléchissons plutôt à notre témoignage de vie spontané, comme
adultes investis par lui, autour de l'identité sexuée et
sexuelle et de la
sexualité : c'est celui-ci surtout qui sera à l'origine
des identifications les
plus stables de l'enfant, et de la mise en place progressive
de ses désirs et
de leur socialisation, avec la part qu'il réserve à l'amour,
au plaisir et aux sublimations.
Pour peu que nous soyons investis d'une mission d'éducation, cette
sobriété peut nous paraître quelque peu frustrante ( nous avons parfois
besoin de nous rassurer ) ou angoissante pour l'enfant. Faut-il y ajouter
un commentaire? Peut-être, mais de préférence pas sur le coup du
réflexe émotionnel généré par la scène surprise ou apprise. Plus tard, à
tête reposée, ce qu'on a vu ou appris peut être l'occasion d'un petit
échange verbal sur la sexualité, son sens, la place que nous lui donnons
dans notre vie et celle que nous proposons à l'enfant.
Éventuellement, c'est l'occasion de lui (ré)énoncer deux lois ( qui
nous semblent transcender le relatif culturel ), de les lui expliquer et de
vérifier s'il a suffisamment veillé à les observer : A-t-il veillé à exercer
son activité sexuelle discrètement, hors du regard de ceux qui n'y étaient
pas invités ? Et, s'il y avait un ou des partenaires,
celui-ci ( ceux-ci ) était-il ( étaient-ils )
consentant(s)? En particulier, si la différence d'âge était
assez importante ( par exemple, implication d'un petit
d'âge préscolaire ), on doit lui rappeler combien les
tout-petits sont suggestibles; leur consentement est
donc souvent des plus fragiles et l'on fait mieux de les
laisser en dehors de ces jeux-là.
L'adulte éducateur se donne en outre naturellement le droit d'inviter
l'enfant à se conformer à une attente familiale et culturelle ( par
exemple : " Avec ton copain X [avec qui il y a eu le jeu sexuel], j'espère
que vous passez beaucoup de temps à vous amuser autrement, et à faire
d'autres choses. Qu'est-ce qui vous intéresse surtout? "). Mais, redisons-
le, c'est d'abord le témoignage de vie des adultes qui est susceptible
d'avoir l'effet éducatif le plus radical.
Si nous sommes interpellés en tant que psychothérapeutes à ce
propos, nous pouvons discuter avec les parents dans les termes décrits ci-
dessus ; il nous revient également de les aider à comprendre le
retentissement en eux de cette sexualité perçue chez leur enfant, et
l'inscription de ce retentissement dans leur histoire. Après quoi, ils
feront mieux la part des choses entre ce qui est vraiment au service de
son épanouissement et ce qui est pur remous de leurs réminiscences
subjectives.
Sexualité pathologique
ACCOMPAGNEMENT EDUCATIF ET THERAPEUTIQUE
DE L'ENFANT.
La place nous manque dans cet article pour exposer en
détail les raisons de la genèse progressive
ainsi que les formes cliniques d'une
sexualité momentanément pathologique chez
certains enfants.
" Momentanément " c'est-à-dire se limitant
parfois à une très brève
période ou se prolongeant dans la durée,
jusqu'à la " chronification ". A
notre sens, les quatre pathologies les plus
fréquentes sont :
- une sexualité anxieuse-compulsive ( névrotique ou
post-traumatique );
- une sexualité excessive et/ou précoce (" hypersexualité ");
- une sexualité liée à l'abus de pouvoir;
- et une sexualité perverse.
Les grandes lignes de la prise en charge de chacune de ces formes
procèdent de grandes catégories d'intention identiques, avec chaque fois
des applications particulières.
" Travailler " nos émotions.
Il est rare que nous demeurions suffisamment sereins face aux
manifestations sexuelles des enfants, surtout quand elles sont porteuses
de caractéristiques pathologiques à même de nous déstabiliser. Les
réactions émotionnelles les plus habituelles conduisent à la dramatisation
(" C'est un futur Dutroux ") ou, à l'inverse, à la banalisation-
minimisation, qui n'est souvent qu'une dénégation de l'angoisse que
nous éprouvons (" Ils jouent tous à touche-pipi " ou, en plus distingué :
" Les enfants sont des pervers polymorphes ").
La sollicitude pour l'ensemble de la personne de l'enfant.
Schématiquement, cette intention se décompose en trois axes :
1. Il s'est produit un (des) fait(s) sexuel(s) problématique(s).
Il faut donc
pouvoir en parler avec l'enfant délicatement et clairement, en insistant
au besoin : il est souhaitable qu'il puisse le(s) décrire, en le(s) plaçant
dans leur contexte; il devrait également pouvoir donner ses propres idées
sur leurs causes : comment s'explique-t-il qu'il a fait cela? Il devrait
également évoquer son vécu à leur sujet, la " place ", le " sens " qu'il
attribue à sa jeune sexualité dans sa vie, actuelle et future.
2. A travers l'écoute de l'enfant,
à travers ce qu'il dit de lui de façon
plus générale, à travers l'observation de son comportement et l'écoute de
son entourage, l'adulte devrait, lui aussi, se faire une idée, souvent plus
large, sur " les causes " : quels sont les facteurs individuels, familiaux,
sociaux, probablement à l'origine de la pathologie sexuelle. Reste alors à
y remédier ( guidance parentale, psychothérapie, changement de
fréquentations, etc.).
3. L'enfant n'est évidemment pas réductible
à sa sexualité.
Il s'agit de
s'intéresser à d'autres dimensions de son être, estimées positives, et
amplifier ses ressources, pour l'amener à désinvestir " naturellement "
une sexualité déviante devenue inutile. Il en va de même si on s'intéresse
à d'autres dimensions de son mal-être et si on les soigne.
Pensons par exemple à la valorisation des projets et à la mise en
confiance en soi des enfants névrosés. Pensons aussi aux issues
" sublimées " que l'on peut proposer aux enfants en recherche de
pouvoir.
Notre témoignage de vie en matière d'identité sexuée, de rapport à
l'autre, de sexualité est, rappelons-le, un axe éducatif de toute première
importance, et il convient d'y réfléchir au moins autant s'il y a sexualité
pathologique que si elle est estimée saine.
Nos commentaires explicites autour de la sexualité.
Pour peu que ces commentaires ne soient pas en contradiction avec
notre témoignage spontané, et pour peu que nous soyons " signifiants "
aux yeux de l'enfant, il peut être important que nous discutions
explicitement avec lui de ce que peut représenter la sexualité dans une
vie, à ses yeux et aux nôtres. A nous alors de veiller à ne pas être
écrasants ( mieux vaut l'écoute et le partage des idées ), ni moralisateurs,
type discours d'ancien combattant. Cet échange verbal comporte
éventuellement des éléments informatifs ( fonctionnement, finalités
biologiques, comportements sexuels habituels, etc.); il comporte surtout
un partage d'idées sur les valeurs ( place de l'autre, du plaisir, de
l'affection, etc.). Il évoque enfin l'inscription de la sexualité dans les
Lois humaines et les normes culturelles et sociales. L'échange sur les
valeurs est particulièrement important avec les enfants hypersexualisés,
abusifs et pervers, qui, précisément, remettent en
question " le sens ".
A propos des lois et des normes culturelles.
1. Certains actes sexuels pathologiques constituent aussi des
transgressions
intentionnelles des lois humaines les plus fondamentales :
essentiellement via la violence faite sur le partenaire et/ou le non-respect
des statuts générationnels ( des activités sexuelles avec des tout-petits
constituent plus une violence - même d'apparence douce - qu'une
activité transgénérationnelle ).
Certaines violences exercées sans le consentement du partenaire sont
très délibérées : c'est toujours le cas, par définition, quand l'enfant
recherche essentiellement la jouissance de son pouvoir via sa sexualité
(" abus de pouvoir sexuel "). Par ailleurs, plus occasionnellement, les
enfants hypersexualisés ou pervers peuvent, eux aussi, ne pas respecter le
consentement de leurs partenaires. Dans la sexualité
anxieuse-compulsive, il peut également exister une violence
faite au partenaire,
mais elle est en partie involontaire ( et souvent, en partie non-
inéluctable : la responsabilité est atténuée, mais pas nulle ).
Dans certains actes sexuels transgénérationnels ( pédophilie ou
inceste ), il peut également exister une demande active émanant de
l'enfant ( le plus souvent hypersexualisé ou pervers). Même si l'adulte qui
dit " oui " reste le principal responsable de ce qui suit ( il n'a pas assuré
sa mission d'éducateur ), l'enfant ici incriminé a
également des comptes
à rendre sur sa part de responsabilité.
Nous avons décrit ailleurs ce qu'il en était de la réponse éducative à
ces actes transgressifs ou pseudo-transgressifs. Rappelons seulement
que :
- pour tous ces enfants, quelle que soit leur intentionnalité, l'interdiction
de transgresser la loi doit être redite et, s'il y a eu abus physique ou/et
moral sur autrui, des dédommagements doivent être demandés;
- plus il y a eu intentionnalité gratuite, plus on peut
signifier à l'enfant que ce qu'il a fait était mal,
et plus on peut envisager des punitions;
- tous peuvent être invités à " se réparer de l'intérieur " et voir leurs
efforts de meilleure socialisation récompensés par la suite.
2. En deçà des lois naturelles, fondamentales,
les normes culturelles et
sociales disent quelles formes peut prendre la sexualité en général, et
celle des enfants en particulier, pour respecter les attentes d'un groupe
social déterminé. Aux éducateurs donc de réfléchir jusqu'à quel point ils
veulent représenter la norme culturelle en cette matière.
En ce qui nous concerne, face à certaines formes perverses de la
sexualité, ou face à une sexualité vraiment excessive, il ne nous
choquerait pas d'entendre les adultes rappeler sobrement à l'enfant la
norme culturelle, sans l'insulter ni le culpabiliser : " Chez nous, on ne
pratique pas ce genre de sexualité-là ... Ce n'est pas comme ça qu'on a
l'habitude de se faire plaisir ... de vivre sa sexualité avec autrui. "
Ensuite, on lui interdit de recommencer.
Autres composantes importantes des attitudes quotidiennes.
- Des plaisirs davantage socialisés peuvent être proposés en
remplacement, surtout face aux enfants hypersexualisés et soupçonnés de
perversion : on peut veiller à leur proposer une ambiance et un
programme de vie gais, attractifs, bien remplis. On définira avec eux des
activités qui leur plaisent, où ils se sentent utiles, où ils ont l'impression
de se réaliser, et on les encouragera à s'y investir. On essaiera
particulièrement de mettre en place celles de ces activités qui connotent
de vraies relations à autrui.
Cette invitation à vivre autrement ne sera pas faite grossièrement. Il
ne s'agit donc pas de leur dire : " Fais du football pour ne plus penser à
telle manière de pratiquer ta sexualité. " Le message à ce propos doit être
dissocié : d'une part, le rappel de la norme culturelle ou de la loi (" ta
sexualité peut s'exercer dans tel créneau et pas dans tel autre "), d'autre
part, et en d'autres moments, des invitations à
" bien remplir sa vie ".
- La présence de l'adulte dans la vie de l'enfant est essentielle : la
sexualité déviante naît assez souvent en partie du vide, vide de présence
matérielle, et vide d'un investissement relationnel de qualité. A nous
d'en tirer les leçons et de redevenir davantage présents dans la vie de nos
enfants, avec vigilance mais sans paranoïa, avec amitié, en les entraînant
vers un monde social.
L'ACCOMPAGNEMENT TEL QU'IL FONCTIONNE CONCRETEMENT.
Il est rare que l'adulte fasse preuve tout de suite de la sérénité et de la
lucidité qui permettraient totalement un accompagnement tel que nous
venons de l'esquisser.
Pour beaucoup, il demeure une gêne à dialoguer clairement autour de
la sexualité ; c'est un héritage de l'ambiance répressive dans laquelle ont
baigné l'éducation sexuelle et l'accès à la sexualité de beaucoup
d'adultes. C'est lié également au flou contemporain qui entoure les
normes. Enfin, la culture prescrit que la sexualité doit être privée, intime
et monogénérationnelle : cette valeur d'intimité pèse déjà sur la fluidité
du dialogue.
Au-delà de cette gêne de base, des émotions excessives peuvent
surgir, tant du côté de la dramatisation et de la tendance à culpabiliser
l'enfant, que du côté inverse de " l'excitation érotique à ses côtes " et du
clin d'œil de principe. Sous l'emprise de ces émotions, l'adulte peut se
taire trop ... ou parler inconsidérément.
Mais une première réaction n'est pas forcément la réaction
définitive ! L'adulte peut, s'il le veut, réfléchir à l'opportunité de ce qu'il
a commencé par dire ou faire; il peut se faire conseiller quelque peu, il
peut " revenir ", avec l'enfant, sur une première réaction maladroite et
s'expliquer à ce propos, tranquillement : un nouveau commentaire et,
aussi, quelques mots échangés sur la raison d'être du premier, peuvent
s'avérer bien apaisants.
La signification saine ou pathologique de certains comportements
sexuels n'apparaît pas toujours en une fois : tel acte sadique, est-ce un
tâtonnement accidentel, ou un plaisir plus structural ? Il faut se méfier,
ici, de la tendance à faire de l'enfant un ange, de la difficulté que l'on
peut ressentir à admettre que quelque chose ne va pas chez lui, surtout
dans le domaine sexuel ... Une volonté de le " normaliser " envers et
contre tout a déjà conduit à des désastres, c'est-à-dire à priver l'enfant de
l'aide dont il avait besoin! Si un enfant a fait quelque chose qui apparaît
comme préoccupant dans le champ sexuel, il faut le rencontrer, essayer
d'en parler avec lui et de savoir si ce n'est pas déjà une habitude qui
s'installe.
Pour terminer, rappelons une idée difficile déjà émise dans cet
article : nous ne sommes pas choqués par l'existence d'une dynamique
de conquête de la sexualité par l'enfant, face à des aînés et des adultes
qui ne lui lâchent pas tout d'un coup. Nous n'avons jamais été partisans
de l'hyper-information sexuelle, ni des parents qui font des clins d'œil
réjouis à leurs enfants qui se masturbent ou collectionnent de la
pornographie jusque sous leurs yeux. La pratique sexuelle doit vraiment
rester du privé monogénérationnel.
Plus radicalement, énoncer " Tu feras ça plus tard... Tu es trop petit
pour t'occuper de ça... ", en situant le " plus tard " dans un flou
mystérieux ou précis (" Je ne veux pas que vous ayez des relations
sexuelles avant tel âge "), peut être structurant pour l'enfant à la double
condition que l'adulte ne joue pas avec lui et pense vraiment ce qu'il dit
et qu'il ne cherche pas à savoir à tout prix si
l'enfant a transgressé. S'il
tombe par hasard sur une transgression, qu'il cherche à en comprendre
la signification. Si celle-ci est " saine " ( simple défi, l'enfant qui
conquiert son grandissement ), l'adulte devrait pouvoir accepter que
l'enfant soit occupé à gagner sa place tout seul, dans le monde des
grands ...
Résumé en français.
Cet article expose ce que sont les manifestations saines ou
pathologiques de la sexualité des enfants en âge d'aller à l'école
primaire, en y intégrant l'influence des changements relationnels et
sociétaux des dernières décennies. L'article expose aussi quelques
considérations sur l'éducation et la psychothérapie de la sexualité des
enfants de cette tranche d'âge.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
Résumé en espagnol : Resumen.
N.B.
(
N.B.)
La vida sexual de los 6-11 años (s109)
Este artículo expone lo que son las manifestaciones
sanas o patológicas de la sexualidad de
los niños en edad ir a la escuela primaria,
integrando la influencia de los cambios sociales de
las últimas décadas. El artículo
expone también algunas consideraciones sobre la
educación y
la psicoterapia de la sexualidad de los niños
de este grupo de edad.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
Sexualité normale, jeux sexuels, perversion sexuelle,
enfant auteur d'abus, éducation sexuelle.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
- Notes. -
(*). Jean-Yves Hayez est professeur de pédopsychiatrie et docteur
en psychologie. Il est responsable de l'Unité de
pédopsychiatrie, coordonnateur de l'équipe SOS Enfants-
Familles aux cliniques universitaires Saint-Luc, à Bruxelles.
(1). Ce désir de transgresser présent chez le petit humain, pour
se sentir vivre et être fort, connaît néanmoins des limites
spontanées ; même des petits enfants sont " retenus de
l'intérieur " quand la transgression est repérée par eux comme
ayant un effet trop destructeur.
Par contre, ils s'en prennent régulièrement aux symboles, rites
et insignes des adultes. Une belle illustration,
qui porte cette fois sur la connaissance de la mort,
en est donnée dans le dessin animé
Le Roi Lion : Simba et
Nala s'en vont joyeusement explorer le territoire interdit par le
Père, le territoire noir, à l'ombre ...
(2). Une trop grande différence d'âge ( 4-5 ans et au-delà ) est
plus préoccupante et renvoie souvent davantage à de la
perversité ou de la perversion sexuelle, à un comportement
post-traumatique, ou à une carence affective.
(3). Il arrive que, une fois découverte la nudité de celui (celle)
qu'on aime bien, on
ne sache pas très bien qu'en faire ... et qu'il s'installe une gène
un peu triste, puis que l'on n'y revienne plus. C'est très
joliment décrit dans le roman
Ben est amoureux d'Anna. Et si,
par ailleurs,
le petit Spirou désire ardemment connaître les dessous de
Suzette, ce n'est pas par hasard qu'il n'y arrive jamais : la fête
serait peut-être finie du même coup.
(4). Lamb ( 1993 ), dans une vaste recherche rétrospective, note
que la recherche d'excitation érotique n'est citée que 14 fois
sur 100, parmi les grandes catégories de buts recherchés. Les
autres grands buts fréquemment évoqués sont : l'imitation de
la manière d'être des adultes ( 30% ), puis la satisfaction de la
curiosité et la maîtrise de l'angoisse, via les " jeux de
docteur " ( 16 % ).
(5). Un peu moins rare est le vécu amoureux réciproque mais
sans activité sexuelle;
s'il se développe intensément et durablement entre frères et
sœurs, avec ou sans activité sexuelle, ce pourrait être bien
préoccupant.
(6). Ainsi marchent Simba et Nala, dans
Le Roi Lion, vers
la zone d'ombre interdite. Apparemment détachés et excités ...
déniant leur angoisse ... après avoir fait taire leur Sur-Moi
représenté par le perroquet, œil du Père ...
(7). Lamb,
Incidental outcomes of other play
activities ..., 1993, p. 516.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
1. BOKANOWSKI, T.
1985. " Les déviations sexuelles et la
question des perversions sexuelles ",
dans S. Lebovici,
R. Diatkine et M. Soulé ( sous la direction de ), Traité de
psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, Paris, PUF, p. 267-
289.
2. CHILAND, C.
1989. " Des difficultés du concept de
perversion ",
dans Perspectives psychiatriques, 1989, 16-1,
p. 7-11.
3. CHILAND, C.
1997. Changer de sexe,
Paris, Odile Jacob.
4. GAVSCHON, A.
1990. " The analysis of a latency boy. The
developmental impact of separation, divorce and remariage ",
Psychanal. Study Child, 45, p. 217-223.
5. HEALY, N. ; FITZPATRICK, C. ; FITZGERALD, E.
1991.
" Childhood neurotic disorders with a sexual content need not
imply child sexual abuse ",
J. Child Psychol. Psychiat., 32-5, p. 857-863.
6. LAMB, S. ; COAKLEY, M.
1993. « "Normal" childhood sexual
play and games, differentiating play from abuse »,
Child Abuse Neglect, 17-4, p. 515-526.
7. PELSSER, R.
1994. " Les figures du père et de la mère dans
les conduites perverses ",
Information psychiatrique, 9,
p. 770-777.
8. SATTERFIELD, S.
1975. " Common sexuel problems of
children and adolescents ",
Pediatrics Clinics of North America, 33-3, p. 643-652.
9. WAGNER, K.D. ; SULLIVAN, M.A.
1991. " Fear of Aids
related to development of obsessive-compulsive disorder in a
child ",
J. Am. Acad. Child Adolesc. Psychiatry, 30-5, p. 740-742.
10. YATES.
1991. " Differentiating hypererotic states in the
evaluation of sexual abuse ",
J. Am. Acad. Child. Adolesc. Psychiatry, 30-5, p. 791-795.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
Création le 7 février 2005.
Dernière mise à jour
le dimanche 02 mai 2010.
Issu d'un document en traitement de texte reçu par mail
de la revue Enfances et psy le 2 février 2005.
ds.ds
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Bravo de m'avoir trouvé
Félicitations
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480
mais est encore correcte avec les écrans
plus grands 1600x1200 ou autres.
Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur
Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son
infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480 mais est
encore correcte avec les écrans plus grands 1600x1200 ou autres.
Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur
Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son
infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Résumé en français : Résumé.
ici
Résumé en espagnol : Resumen.
ici
Cochez ici pour voir le texte original et intégral
immédiatement sur votre écran.
La vie sexuelle des 6-11 ans.
LES DETERMINANTS D'UNE VIE SEXUELLE
EN BONNE SANTE DEVELOPPEMENTALE.
LES FORMES D'UNE ACTIVITE SEXUELLE QUI SE DEVELOPPE BIEN.
L'ACCOMPAGNEMENT EDUCATIF.
Sexualité pathologique
ACCOMPAGNEMENT EDUCATIF ET THERAPEUTIQUE
DE L'ENFANT.
L'ACCOMPAGNEMENT TEL QU'IL FONCTIONNE CONCRETEMENT.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
- Notes automatiques. -
.
.
Note *.
(*). Jean-Yves Hayez est professeur de pédopsychiatrie et docteur
en psychologie. Il est responsable de l'Unité de
pédopsychiatrie, coordonnateur de l'équipe SOS Enfants-
Familles aux cliniques universitaires Saint-Luc, à Bruxelles.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note N.B.
(N.B.). Ce résumé approuvé par le
professeur Jean-Yves Hayez a été ajouté
au texte le 14.08.2005
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 1.
(1). Ce désir de transgresser présent chez le petit humain, pour
se sentir vivre et être fort, connaît néanmoins des limites
spontanées ; même des petits enfants sont " retenus de
l'intérieur " quand la transgression est repérée par eux comme
ayant un effet trop destructeur.
Par contre, ils s'en prennent régulièrement aux symboles, rites
et insignes des adultes. Une belle illustration,
qui porte cette fois sur la connaissance de la mort,
en est donnée dans le dessin animé Le Roi Lion : Simba et
Nala s'en vont joyeusement explorer le territoire interdit par le
Père, le territoire noir, à l'ombre ...
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 2.
(2). Une trop grande différence d'âge ( 4-5 ans et au-delà ) est
plus préoccupante et renvoie souvent davantage à de la
perversité ou de la perversion sexuelle, à un comportement
post-traumatique, ou à une carence affective.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
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Note 3.
(3). (3). Il arrive que, une fois découverte la nudité de celui (celle)
qu'on aime bien, on
ne sache pas très bien qu'en faire ... et qu'il s'installe une gène
un peu triste, puis que l'on n'y revienne plus. C'est très
joliment décrit dans le roman Ben est amoureux d'Anna. Et si,
par ailleurs,
le petit Spirou désire ardemment connaître les dessous de
Suzette, ce n'est pas par hasard qu'il n'y arrive jamais : la fête
serait peut-être finie du même coup.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 4.
(4). Lamb ( 1993 ), dans une vaste recherche rétrospective, note
que la recherche d'excitation érotique n'est citée que 14 fois
sur 100, parmi les grandes catégories de buts recherchés. Les
autres grands buts fréquemment évoqués sont : l'imitation de
la manière d'être des adultes ( 30% ), puis la satisfaction de la
curiosité et la maîtrise de l'angoisse, via les " jeux de
docteur " ( 16 % )
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 5.
(5). Un peu moins rare est le vécu amoureux réciproque mais
sans activité sexuelle;
s'il se développe intensément et durablement entre frères et
sœurs, avec ou sans activité sexuelle, ce pourrait être bien
préoccupant.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 6.
(6). Ainsi marchent Simba et Nala, dans Le Roi Lion, vers
la zone d'ombre interdite. Apparemment détachés et excités ...
déniant leur angoisse ... après avoir fait taire leur Sur-Moi
représenté par le perroquet, oeil du Père ...
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
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Note 7.
(7). Lamb, Incidental outcomes of other play
activities ..., 1993, p. 516.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
|
- Bibliographie automatique. -
|
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.
Bibliographie numéro 1.
1. 1. BOKANOWSKI, T.
1985. " Les déviations sexuelles et la
question des perversions sexuelles ",
dans S. Lebovici,
R. Diatkine et M. Soulé ( sous la direction de ), Traité de
psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, Paris, PUF, p. 267-
289.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Bibliographie numéro 2.
2. CHILAND, C.
1989. " Des difficultés du concept de perversion ",
dans Perspectives psychiatriques, 1989, 16-1, p. 7-11.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Bibliographie numéro 3.
3. CHILAND, C.
1997. Changer de sexe,
Paris, Odile Jacob.
HANUS M.
« Les deuils dans la vie; deuils et séparations
chez l’adulte et chez l’enfant ».
Maloine, Paris 1994.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Bibliographie numéro 4.
4. GAVSCHON, A.
1990. " The analysis of a latency boy. The
developmental impact of separation, divorce and remariage ",
Psychanal. Study Child, 45, p. 217-223.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Bibliographie numéro 5.
5. HEALY, N. ; FITZPATRICK, C. ; FITZGERALD, E.
1991. " Childhood neurotic disorders with a sexual content need not
imply child sexual abuse ",
J. Child Psychol. Psychiat., 32-5, p. 857-863.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Bibliographie numéro 6.
6. LAMB, S. ; COAKLEY, M.
1993. " "Normal" childhood sexual
play and games, differentiating play from abuse ",
Child Abuse Neglect, 17-4, p. 515-526.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Bibliographie numéro 7.
7. PELSSER, R.
1994. " Les figures du père et de la mère dans
les conduites perverses ",
Information psychiatrique, 9,
p. 770-777.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Bibliographie numéro 8.
8. SATTERFIELD, S.
1975. " Common sexuel problems of children and adolescents ",
Pediatrics Clinics of North America, 33-3, p. 643-652.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Bibliographie numéro 9.
9. WAGNER, K.D. ; SULLIVAN, M.A.
1991. " Fear of Aids
related to development of obsessive-compulsive disorder in a
child ",
J. Am. Acad. Child Adolesc. Psychiatry, 30-5, p. 740-742.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Bibliographie numéro 10.
10. YATES.
1991. " Differentiating hypererotic states in the
evaluation of sexual abuse ",
J. Am. Acad. Child. Adolesc. Psychiatry, 30-5, p. 791-795.
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|
La vie sexuelle des 6-11 ans.
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Vous avez la possibilité de voir le texte brut : ici. .
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Pour télécharger ce site ...
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La vie sexuelle des 6-11 ans.
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... en format
traitement de texte reçus de la revue Enfances et psy
le 2 février 2005, vous avez les choix suivants :
Format word 8 ( 02.02.2005 ).
Format pdf ( 02.02.2005 ).
Format word 9.0 pour imprimante couleur ( 14.08.2005 ).
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dont je viens de partir
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
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liste des mots-clés du site au 28 septembre 2005.
abus sexuel,
accompagnement éducatif,
adolescents abuseurs,
adolescents,
allégation d'abus sexuel,
angoisse de séparation,
angoisse,
anxiété,
assuétude,
autorité parentale,
beaux-parents,
besoins psychiques des enfants,
bizarrerie sexuelle infantile,
cadre thérapeutique,
confidences,
confidentialité,
conformisme,
culpabilité,
debriefing collectif,
délinquance,
dépendance,
dépression,
destructivité,
deuil compliqué,
deuil pathologique,
éducation sexuelle,
enfant abuseur,
enfants,
énuresie,
éthique,
équipes SOS-Enfants,
famille,
famille reconstituée,
Familles restructurées,
guerre,
identité,
infanto-juvénile,
intervention de crise,
Jean-Yves Hayez,
jeux sexuels,
livres,
mendiants,
mort,
mort d'un proche,
mots-clés,
pédopsychiatrie,
perversion sexuelle infantile,
perversion sexuelle,
peur,
pornographie,
protection,
psychiatrie de liaison,
psychothérapie,
publications,
relation de soin,
réparations,
réseau de santé,
sanctions,
secrets de famille,
séparation parentale,
sexualité infantile,
sexualité normale,
signalement,
soins pluridisciplinaires,
stress,
SOS-enfants,
suggestibilité,
syndrome de stress post-traumatique,
traumatisme psychique,
trouble de l'endormissement,
trouble du comportement,
trouble psychique,
urgences,
violence,
vulnerabilité.