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Jean-Yves Hayez Facteurs de risque ou de protection chez le mineur victime d'abus sexuel.
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Facteurs de risque ou de
protection chez le mineur
victime d'abus sexuel.
* biographie et receuil de publications scientifiques du
professeur Jean-Yves Hayez.

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" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va
et d'employer l'esprit à le justifier."
Jean Guéhenno.
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Facteurs de risque ou de protection chez le mineur victime
d'abus sexuel.
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Conférence de consensus
(1).
Jean-Yves HAYEZ.
§ I - PRESENTATION DES FACTEURS DE RISQUE OU
DE PROTECTION ET DE LEUR IMPACT.
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I - Les facteurs de risque ( ou de gravité ) et ceux de
protection ( ou de bénignité ) portant sur un ou deux
des champs que voici :
A. La probabilité d'occurrence de l'abus, ici significativement plus ou moins
élevée que la moyenne.
B. La vulnérabilité ou la résistance psychique de l'enfant , très variables pour
le même type et le même contexte d'abus.
Il faut se souvenir qu'environ 1/3 des enfants abusés ne présenteront jamais de
symptômes et qu'il n'existe aucun syndrome spécifique et univoque consécutif à
l'abus [1].
Lorsqu'elles existent, les modifications intra psychiques et comportementales
qui trouvent leur origine dans l'abus et la dynamique qu'il induit, prennent
deux directions très différentes :
1. Pour beaucoup d'enfants, il s'agit d'une traumatisation intra psychique ,
dans une acceptation large du terme : mise en place d'un syndrome de stress
post-traumatique, altération négative de l'image de soi, culpabilité ou honte
irrationnelles, etc. ... Le comportement sexuel s'en ressent souvent ( fond de
dégoût, de désintérêt, d'inhibition ... avec quelques compulsions possibles à
exercer une sexualité brutale ou ostensiblement vérificatrice ).
Mais cette traumatisation est d'intensité et de durée très variable, entre
quelques préoccupations occasionnelles et un peu d'angoisse au moment de faire
l'amour "pour du vrai" plus tard dans la vie, et une brisure de soi totale et de
longue durée, avec anorexie, tentatives de suicide, refuge vaille que vaille
dans l'homosexualité, etc ...
2. Pour une minorité d'enfants, l'atteinte consiste
en un allumage ( ou une
amplification ) prématuré(e) de leur vie sexuelle :
- La minorité de cette minorité se limite à vivre pleinement sa relation avec
l'abuseur qui a su se présenter comme une " réponse positive " aux besoins de
l'enfant à ce moment-là de sa vie .
- Pour une majorité, hélas, l'allumage précoce par l'adulte induit un
fonctionnement sexuel sans retenue, trop abondant et aux formes trop rapidement
adultes [2].
Au pire, l'enfant épouse même les déviances ou perversions de
l'abuseur qui l'y a initié.
Si celui-ci est vraiment vicieux, il cherche même à aller au-delà de l'allumage
sexuel : rendre l'enfant ou le jeune ado aussi anarchiste que lui, inhiber sa
volonté ou créer des dépendances ( à la drogue, aux vêtements ou à d'autres biens
de consommation ) : et c'est ainsi qu'à 13 ans on peut
se trouver " poulain de
luxe " d'une " écurie " de petit(e)s prostitué(e)s.
- Dans la description des facteurs qui va suivre, j'emploierai las abréviations
R ou P selon que le facteur amène un Risque négatif ou une Protection
significatifs pour l'enfant.
- RO : risque négatif d'être plus confronté à l'Occurrence de l'abus que la
moyenne des enfants ; PO : Protection particulière par rapport à l'Occurrence.
J'ajouterai parfois ROI ; ROV ; POI ; POV selon que c'est Involontairement ou
via des comportements Volontaires que l'enfant s'approche ou s'éloigne trop de
l'abus.
- RG ou PB : risque d'une Gravité supérieure à la moyenne ; protection qui
garantit une Bénignité de l'atteinte.
Quand ce sera possible, j'indiquerai même RGT ( PBT ) : c'est dans le champ de la
Traumatisation que le risque ( la protection ) existe particulièrement ; RGA (PBA)
: c'est dans celui de l'Allumage précoce.
II - L'abus sexuel, maillon d'un ensemble expérientiel.
Il s'agit d'éviter la croyance linéaire : " Tel abus est
susceptible de produire tel effet négatif, avec quelques
facteurs contextuels d'aggravation ou de
protection qui modulent cette linéarité".
La réalité est infiniment plus complexe : qu'il soit
isolé ou répétitif, l'abus, comme fait, est pris dans
un ensemble d'événements, de relations et de vécus
chez l'enfant, l'auteur et bien d'autres.
S'il est souvent possible de décrire le noyau dur de cet
ensemble, ses frontières distales, elles, sont de l'ordre
de la nébuleuse : ceci justifie que l'on opère des
restrictions de champ pour comprendre, mais sans cependant
attribuer au seul moment-abus tous les maux de la terre.
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§ II - DESCRIPTION DES PRINCIPAUX FACTEURS.
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Je décrirai les principaux facteurs R et P en référence
à la durée :
- Un premier lot existe préalablement à l'abus et fait de l'enfant une proie
facile ( easy target ) ou un adversaire à éviter ou le prédispose à une
vulnérabilité ou à une résistance spéciale.
- La seconde catégorie est constituée par des caractéristiques propres à
l'abuseur et au fait d'abus.
- La troisième catégorie, ce sont les réactions
consécutives à l'abus, à court
ou à long terme, particulières ou générales qui
aggravent un cercle vicieux
d'atteintes psychiques ou facilitent la libération
intérieure de l'enfant.
I - Les facteurs préalables.
A. L'âge de l'enfant
En 1994, on estimait aux Etats-Unis que l'âge moyen de
l'abus était de 9.9 ans
pour les garçons et 9.6 ans pour les filles [3].
1) Les enfants d'âge préscolaire sont suggestibles, peu
informés et imaginatifs ; ils aiment les contacts physiques
et les caresses, voire, à partir de 4 ans, les contacts
génitaux : beaucoup cèdent donc facilement aux avances
d'un abuseur habile, souriant et soft ( ... quand ils ne
le provoquent pas ) ( Entre ROI et ROV). Dans une
atmosphère " gentille ", eux à qui tout paraît naturel,
peuvent ne pas être traumatisés psychiquement par ce qu'on
leur fait, si l'on est doux et qu'on " leur explique bien "
( PBT ) [4].
Avec un abuseur qui est un habile
initiateur, ils se trouvent même plutôt allumés précocement, sur le mode d'une
sexualité sans retenue - toute proportions gardées - : heureusement, leur
comportement désinhibé servira plutôt d'indicateur à l'entourage et se remettra
assez facilement en ordre par la suite, après cessation des faits et
réinstallation dans un système éducatif structurant. C'est seulement s'ils
restent livrés à eux-mêmes que cet allumage pourrait poursuivre ses effets
( alors, RGA ).
Les mêmes enfants peuvent néanmoins être très traumatisés psychiquement après
coup, en constatant le bouleversement émotionnel de leur entourage, en vivant
les contrecoups de la précipitation de celui-ci et en entendant des commentaires
négatifs qu'ils ne comprennent qu'à moitié
( " Quel monstre ... il a détruit notre
enfant ! ") ; alors, suggestibles comme ils sont, ils se mettent à imaginer
qu'ils ont fait quelque chose de très mal, qu'on ne va plus les aimer ou qu'on a
démoli leur corps ( RGT ).
Enfin si l'abuseur a été brutal, effrayant ou qu'il n'a rien expliqué du tout
(même fallacieusement), la traumatisation intra psychique du petit peut être
intense et durable, comme après toute agression génératrice du syndrome de
stresse post-traumatique. Entre autres parce que son imagination est floride et
que son intelligence n'opère encore que très imparfaitement sur les catégories
du réel ( RGT++ ).
2) Plus l'enfant en bonne santé mentale basale grandit, plus il devient lucide
et capable de se protéger et de dire les " Oui " et les " Non " qu'il souhaite
( POV ). Cette constatation a cependant ses limites car il reste des abuseurs
effrayants ou particulièrement convaincants à même de soumettre ou de tromper
les enfants et même les adolescents jeunes.
3) A la pré adolescence et au début de l'adolescence, pulsions et désirs sexuels
s'amplifient; la curiosité sexuelle s'exacerbe à nouveau et se centre sur les
techniques de l'amour physique et de l'obtention du plaisir : elle pousse le
jeune à faire des expériences nouvelles ; le désir de faire comme les grands et
celui de défier les règles sont bien opérants, en proportion inverse des
scrupules moraux et de la contention sociale qui eux s'effritent : tous les
ingrédients sont donc réunis pour que ces 11-14 ans se laissent parfois séduire
par des grands adolescents ou des adultes, voire pour qu'ils les séduisent
activement ( ROV ).
Si l'autre en face est habile, il peut s'en suivre une expérience sexuelle qui,
quoi qu'abusive, est bien vécue par chacun. Néanmoins, une partie de ces jeunes
peut se mettre à avoir peur et honte et à ne pas avoir le courage de se dégager
de ce qui a été commencé, à l'instar d'enfants plus jeunes ( RGT ). D'autres, un
peu plus nombreux, sont à risque d'allumage tous azimuts ( RGA ).
B. Le sexe
1) Selon les études, les filles sont recensées comme 2 à 5 fois plus fréquemment
abusées que les garçons [5],
[6].
2) Les comportements de défi et d'exploration active de
l'interdit sont plus nombreux chez les garçons que chez
les filles. Je parlerai néanmoins de ROI et
non de ROV car ce n'est pas vraiment le coeur de
l'expérience abusive que ces
garçons veulent, mais plutôt la vérification de leur
force, voire de leur invulnérabilité.
3) Les préadolescents et les jeunes adolescents garçons qui ont été trompés ou
se sont laissés faire par leur abuseur, notamment s'il y a eu sodomisation, sont
parfois particulièrement mortifiés, honteux et en colère contre eux-mêmes
d'avoir manqué de lucidité ou de force virile pour dire " Non ". Vu que leur
abuseur est souvent masculin et qu'ils ont connu, souvent aussi, de l'excitation
sexuelle lors de l'expérience, ils peuvent redouter une possible homosexualité,
en germe chez eux ( RGT ) [7].
En soi ces angoisses et ces doutes narcissiques sont déjà
préoccupants ; en outre, ils enferment ces jeunes dans
le cercle vicieux du silence ( RGT ). La probabilité
d'un moment de vengeance pendant leur adolescence même, où ils
reproduisent sur un enfant plus jeune ce qui leur est
arrivé, est plus élevée
que pour la moyenne des autres enfants abusés.
C. Traits de caractère et style de vie
Les expériences de vie et le style de relations familiales et sociales amènent
certains enfants à devenir forts, lucides, débrouillards et confiants en soi :
ils seront donc attentifs et habiles à ne pas se laisser faire contre leur gré
ou à travailler mentalement de façon réaliste sur ce qui leur est arrivé.
D'autres sont devenus au fil du temps des " oiseaux pour le chat ", tristes et
soumis, et incapables de faire face aux idées et aux émotions négatives qui les
habitent.
En intégrant ces données de l'histoire de vie, d'autres
issues du tempérament et de l'organisation intra psychique
actuelle de l'enfant, on peut faire un tableau
non exhaustif qui décrit risques et protections en
référence à des caractéristiques individuelles de
l'enfant [8, p. 160]
( voir tableau I, p. 19 ).
D - L'orientation sexuelle du préadolescent ou du jeune adolescent
Les jeunes qui se vivent précocement homosexuel(le)s ou
bisexuels sont plus facilement trompés par des aînés
ou des adultes que la moyenne, parce qu'ils
sont plus isolés socialement et qu'ils s'offrent
davantage à des explorations
sexuelles homo ( entre ROI et ROV ) [12],
[13].
E - L'existence d'un handicap ou d'une pathologie psychiatrique
1) Chez les enfants handicapés, tous handicaps confondus, la
POI de l'abus est estimée de 1,7 à 2 fois plus grande que
pour la moyenne des enfants ( diminution des capacités
à se protéger, à s'expliquer à des tiers, voire à comprendre les
enjeux de la situation ) [6].
2) Chez les personnes présentant un retard mental, le taux
d'abus sexuel est environ 4 fois plus élevé que dans
la population générale, surtout si elles
n'ont reçu aucune éducation
sexuelle [14, p. 148 et sq. ].
En ce qui concerne les conséquences, les enfants présentant
un retard mental léger, voire moyen, peuvent être assimilés
aux enfants d'intelligence normale et
d'âge préscolaire que nous avons déjà décrits.
3) Paradoxalement, les enfants psychotiques ou pas loin de l'être, ainsi que les
autistes, sont protégés de facto de l'approche de beaucoup d'abuseurs par leur
méfiance de l'étranger, leur dimension farouche et la bruyance potentielle de
leurs réactions agressives d'autoprotection ( POI ).
Si un abuseur - par exemple un familier habile - passe néanmoins ces barrières,
il est probable que leur handicap cognitif ou les aberrations chaotiques de leur
imagination les désorganisera davantage que les autres enfants ( RGT ).
4) Les enfants carencés affectifs peuvent se mettre activement en chasse d'un
maternage sexualisé ou céder rapidement aux avances de celui qui a l'air de le
leur proposer, quel que soit son âge [6],
[15],
[16].
" L'aventure " peut parfois tourner à la satisfaction
réciproque des partenaires concernés, ce qui pose
éventuellement de très délicats problèmes éthiques. Plus
souvent cependant, la relation sera tumultueuse, avec
des ruptures douloureuses non voulues ( autre type de
RGT ). Ailleurs, cet enfant qui mendie un peu de
présence de l'autre via le sexe, est destiné à passer
d'un partenaire à l'autre, avec des itinéraires de
vie chaotiques, dans un contexte de prostitution ou de
demi-prostitution ( RGA ou RGT
particuliers ? ) [17].
5) Certains troubles à forte composante neurologique
amènent parfois des désinhibitions ou de fortes
obsessions-compulsions sexuelles qui attirent
l'attention sur ces enfants d'abuseurs en maraude
( exemple, certains cas de
maladie de Gille de la Tourette ) ( ROI ) [6].
F. Du côté de la famille et de l'entourage
1) En règle générale, l'enfant a davantage de peine de
dire non à un membre de la famille, surtout proche,
qu'à un étranger ( ROI ). C'est encore plus difficile
s'il n'a pas d'allié sur qui compter dans la famille.
Malheureusement aussi, c'est dans ces cas d'abus
intra-familiaux que la durée est la plus longue et le
recours à des menaces le plus fréquent ( RGT ++ ).
2) On peut raisonner comme on l'a fait à propos des caractéristiques
individuelles de l'enfant et se limiter à présenter un tableau schématique qui
expose comment certains types de fonctionnement familial exposent
particulièrement au risque ou favorisent la protection de l'enfant. Ce qui est
signalé à propos de la famille concerne aussi jusqu'à un certain point
l'environnement humain plus large. Le tableau n'a pas une volonté exhaustive
(voir tableau II, p. 20).
3) D'autres facteurs sociologiques et matériels ont déjà été abondamment décrits
avec parfois même une malheureuse tendance à se réduire à eux comme facteurs
explicatifs. Évoquons notamment :
a) Les conditions de vie à la Zola qui facilitent
certains types d'inceste impulsif ( ROI ).
b) Les parents porteurs eux-mêmes d'une histoire de vie
très traumatique, avec
violences physiques et abus ( RGT ) [19].
c) La surabondance de problèmes de vie et de facteurs de stress dans la famille,
qui fragilise l'enfant et diminue la disponibilité des adultes.
e) La vie en foyer monoparental, surtout à partir de la
pré adolescence et de la jeune adolescence ( inceste
hétéro - ou homosexuel, sans tiers régulateur ) ( entre
ROI et ROV ) [20],
[21].
f) La vie en institution résidentielle - qui attire toujours
quelques " professionnels " pédophiles habiles - et même
celle en famille d'accueil ( l'auteur est un adolescent
de la famille ou le " père d'accueil ", dont une
pédophilie latente s'est éveillée ou qui a été troublé
par le charme d'un(e)
( jeune ) adolescent(e) pas de son sang ).
II - Caractéristiques propres à l'abuseur et au fait de l'abus.
A. La personne de l'abuseur
1. Son statut et son âge
a. Les critères liés aux statuts et à l'âge
Le ROI et le RG sont d'autant plus élevés que s'additionnent les critères que
voici :
1°) L'enfant identifie son abuseur comme adulte, tout simplement.
Pourquoi cette simple attribution constitue-t-elle, en soi, un RO et un RG
supérieur à la moyenne ? D'abord parce que, ipso facto, les autres critères qui
vont être énumérés sont statistiquement plus présents lorsque l'enfant a à faire
à un adulte. Ensuite, à partir d'un certain âge ( six, sept ans ) si les parents ont
énoncé et respecté correctement les interdits fondamentaux, l'enfant vit de
l'intérieur la valeur du tabou de l'inceste et même, plus largement, celle de
toute sexualité transgénérationnelle : donc, l'adulte qui procède à l'inverse
est vécu comme incarnant un Mal radical.
Néanmoins, il faut se souvenir que l'enfant attribue le statut d'adulte à une
personne en fonction de critères qui lui sont spécifiques comme la taille, la
force, le sérieux et d'autres éléments de réactivité, etc. ... Le résultat
diffère donc au moins partiellement de celui des découpes administratives et
sociales officielles :
- Pour le petit en âge préscolaire, l'autre est très
vite perçu comme adulte, dès 14-15 ans, mais l'intégration
des barrières sexuelles intergénérationnelles
est encore très lacunaire, donc ça n'a pas d'importance
fondamentale.
- Après et au fur et à mesure que l'enfant grandit, le résultat
de son analyse s'inverse : l'autre n'est adulte - et
donc interdit de sexe - qu'après 22, 23 ans. Entre 15,
16 ans et 22, 23 ans, l'autre, c'est un " grand " ( plus ou
moins un adolescent ), pas vraiment interdit par les
tabous intergénérationnels. En dessous de 15, 16 ans,
l'autre est vécu comme de la même nature psychique que
l'enfant lui-même, juste un peu différent par la taille
ou la force.
2°) Un lien de sang unit l'enfant et l'abuseur et est
investi par l'enfant ( il y a donc aussi un lien affectif ) :
celui-ci ne prend donc guère le risque de
casser ce lien vital ou à tendance à se laisser faire
par celui qu'il aime ( ROI ); il a aussi tendance à se
laisser influencer ( RG : confusion des idées et RGA )
; après coup, il peut ne plus identifier qui sont ses
vrais protecteurs et de qui il peut attendre de l'aide
( RG : aliénation ; insécurité
radicale ) [15, p. 82].
3°) Un lien affectif bien investi entre un adulte étranger
à la famille et un enfant constitue lui aussi un RO ou un
RG assez fort, mais avec des vécus existentiels un peu
moins intenses que ceux véhiculés sous la rubrique
précédente.
4°) L'enfant attribue une autorité morale à l'adulte qui
le sollicite, donc le pouvoir d'exiger de lui l'obéissance.
L'enfant l'attribue habituellement aux
adultes de sa famille nucléaire et élargie, ainsi qu'aux
figures d'autorité de la société ( professeurs, policiers,
médecins, chefs de son mouvement de
jeunesse, etc. ). Plus il est petit, plus il a tendance
à en investir n'importe
quel adulte, voire n'importe quel grand.
5°) L'enfant reconnaît à celui qui le sollicite un savoir sur la vie et la
sexualité et ce sur ce qui est permis et défendu ou Bien et Mal. Volontairement
ou non, l'abuseur exerce donc une emprise intellectuelle anormale sur l'enfant :
mêmes applications que pour la rubrique précédente.
6°) L'enfant attribue à son abuseur le pouvoir de la force c'est-à-dire celui de
lui faire du mal s'il résiste : mêmes applications que pour les deux rubriques
précédentes; on peut même ajouter que l'enfant est susceptible d'avoir peur
quiconque est plus grand et plus costaud que lui ( le " grand " de 9 ans pour le
petit de 5 ans ).
b. En faisant l'intégration de ces différents facteurs, voici approximativement
comment répertorier les abuseurs potentiels, en allant des plus au moins
nuisibles ( RO ou/et RG ).
- Les adultes
- familiers ( lien de sang ou d'adoption ), affectivement proches de l'enfant et
éducateurs habituels.
Remplissent souvent ces conditions : père, mère, grands-parents, oncles, tantes,
(demi)frères ou s¦urs âgé(e)s ( cfr. supra : plus de 22, 23 ans ) ;
- familiers violents, effrayants ;
- familiers matériellement lointains, sans lien affectif ni éducatif fort et pas
spécialement effrayants. Par exemple : mêmes personnes que ci-dessus, mais que
l'enfant ne rencontrerait que très peu ;
- étrangers à la famille avec qui existe un lien affectif fort ou/et une
attribution d'autorité morale ou de savoir. Par exemple : compagnon de la mère
ou beau-père , instituteur, psychothérapeute, parrain ou marraine choisis en
dehors de la famille, etc. ;
- étrangers à la famille, violents, effrayants. Par exemple : violeur inconnu ;
- étrangers à la famille, sans aucune des attributions précédentes. Par exemple
: pédophile inconnu soft.
- Les " grands " ( vécus comme adolescents )
Ici, le critère " familier ou étranger " n'a pas d'impact sur la gravité.
Peut-être influence-t-il davantage le ROI : " l'enfant résiste moins à un
familier avec qui, en outre, il s'entend bien ".
Le ROI ( voire le ROV ) est encore influencé par la qualité du lien affectif
basal, l'autorité morale, le prestige de l'abuseur. Le RG est également lié à
son pouvoir d'emprise intellectuelle et à son pouvoir d'effrayer.
- Les mineurs que l'enfant vit comme ayant le même statut que lui. Le RG est,
ici aussi, lié à leur pouvoir d'emprise intellectuelle ou à celui d'effrayer.
2. Les motivations de l'abuseur
Les voici énumérées par ordre croissant de potentiel nuisible.
a) Les abuseurs les moins nocifs sont ceux qui, de leur point de vue, offrent un
amour sincère à l'enfant ; le sexe qui arrive en surcroît est vécu soit comme un
signe-clé de cet amour, soit comme un " parasite " lié à la nature sexuelle et aux
besoins de plaisir de l'être humain et dont il faut presque s'excuser.
b) Viennent ensuite les abuseurs qui proposent à l'enfant, surtout à partir de
la pré adolescence de celui-ci, une pure partie " d'éclate sexuelle " de façon
soft, c'est-à-dire sans passer outre au consentement de leur petit partenaire.
c) Les vraiment nuisibles relèvent de trois motivations qui peuvent exister
séparément ou en combinaison :
- l'enfant n'est qu'une chose sexuelle : ce qui compte, ici, ce n'est pas sa
personne, mais la jouissance éprouvée lorsque, par ruse ou par force, on réalise
sur lui telle activité sexuelle précise ; il n'est plus qu'un objet partiel,
celui de la perversion de l'autre ;
- l'enfant doit souffrir moralement ou physiquement ;
- toute la vie de l'enfant doit appartenir à l'abuseur : sa sexualité, bien sûr,
mais aussi ses idées, les vêtements qu'il doit mettre pour aller à l'école, les
endroits et les moments du jour où il peut aller uriner, etc ...
3. Le sexe de l'abuseur
On a beaucoup écrit que l'inceste perpétré par la mère
ne pouvait être que " psychotisant ". Je suis persuadé
qu'il ne s'agit que d'une projection émanant
d'auteurs peu habitués aux réalités de l'abus ;
ils ont traduit leur vécu
subjectif " C'est fou de réaliser le fantasme incestueux
par excellence ! " en " C'est psychotisant pour le mineur ".
Ce n'est pas ce qu'indiquent les témoignages de terrain. Il
s'en dégage l'impression que ce n'est pas le sexe de
l'abuseur en soi qui exerce un effet
destructeur, mais d'autres critères qui lui sont souvent corrélés et qui
viennent d'être énumérés à propos de son statut. Par exemple, une mère seule
qui, par manque d'homme et par besoin sexuel, passe par une phase de relations
sexuelles complètes avec son fils de 14 ans est probablement moins nocive qu'une
mère trouble, incestuelle plus qu'incestueuse, qui "s'amuse" à se montrer nue à
l'occasion à son fils ( ou sa fille ) de 9 ans et à vouloir posséder le psychisme
de celui-ci.
4. Le nombre d'abuseurs ; l'existence d'une complicité passive
a) Le risque de gravité s'accroît si l'abus entraîne d'autres personnes que
l'abuseur principal et l'enfant ou si ce dernier est pris dans un réseau dans
lequel il change souvent de partenaires, alors de tous âges : ici, on est dans
un contexte de " partouzes ", de ( semi )prostitution ou de terreur plus ou moins
avouée où l'enfant se résigne à être la chose sexuelle de pervers ; son
désespoir secret à sortir de leurs filets peut être très grand ( RGT++ et plus
rarement RGA : pervertissement ).
b) Cette rage secrète et ce désespoir existent souvent aussi dans tous ces cas,
assez nombreux, où un parent ( ou un autre adulte ) " sait " clairement ou sans le
reconnaître et accepte malgré tout les turpitudes de l'abuseur par peur, pour
être quitte de sa propre vie sexuelle avec lui et parfois même pour le profit
lié au "prêt" de l'enfant . Ici c'est bien le statut adulte du témoin qui est
toxique. Par contre, dans nombre de cas ce sont d'autres enfants qui savent -
par exemple, les frères et soeurs - ça n'a pas d'incidence importante sur la
gravité de la traumatisation.
B. Caractéristiques de l'abus et de la séquence temporelle dans laquelle il
s'inscrit.
Nous présenterons cette question en un seul tableau schématique avec ses
commentaires ( voir tableau III, p. 21 et 22 ).
III - Les réactions consécutives à l'abus.
A. Premières réactions informelles de l'enfant et de son entourage et leurs
rétroactions
Surtout au début, les expériences d'abus toutes fraîches entraînent chez
l'enfant et dans son entourage des bouleversements idéo-émotionnels et des
nouveaux comportements susceptibles de rétroagir négativement ou positivement
sur leur équilibre psychique. Citons notamment :
1) Chez beaucoup d'enfants et notamment tous ceux qui sont traumatisés, il
existe une montée brutale de vécus d'impuissance, de honte, d'angoisse et de
culpabilité ; ils rongent l'enfant, le rendent dysfonctionnel et le poussent à
dissimuler, à ne pas demander d'aide et à continuer à se laisser faire : il
s'installe progressivement un vécu de soumission, mélange de dépression et de
masochisme à bas bruit
( RGT ) [22, p. 139].
2) Lorsqu'ils ne sont pas perçus par l'entourage sain,
les coups de sonde balbutiants de l'enfant ont un effet
désespérant sur celui-ci : il en déduit
qu'il n'y a de protection à attendre de personne ( RGT ).
3) Lorsque les faits sont révélés par l'enfant, il s'ensuit
souvent une première réaction d'incrédulité ou de colère
dirigée contre lui (" Qu'allais-tu faire là ?
C'est toi qui l'as provoqué... Pourquoi ne l'as-tu pas
dit plus vite? "). Il y a même parfois un mouvement de
protection du supposé abuseur. Si l'adulte
d'abord bouleversé ne se reprend pas rapidement et s'il
persiste à accuser ou à stigmatiser l'enfant, le sentiment
d'injustice, la confusion des idées et le
désespoir de celui-ci s'aggravent ( RGT++ ). La rétractation
de ses révélations
est une stratégie d'adaptation parmi
d'autres [24].
B. La traumatisation ( psychique ) secondaire issue des
processus d'intervention officielle
S'il est inévitable qu'une légère traumatisation
intra-psychique constitue un effet indésirable opérant
à certains moments d'un processus d'aide souvent lourd
et complexe, elle ne devrait néanmoins jamais en constituer
une composante importante. Le cost benefit global pour
l'enfant devrait être largement positif.
Or, c'est souvent loin et parfois très loin d'être le cas : de trop nombreuses
situations entraînent une traumatisation lourde liée à la conception et à
l'application de ce que l'on appelle officiellement " justice et aide ".
J'en énumérerai d'abord quelques sources, puis je procéderai à une discussion
plus spécifique en référence à la question de la gravité de l'abus qui nous
occupe ici.
1. Une énumération pêle-mêle
Distinguons schématiquement deux fonctions centrales qui tentent de venir en
aide à l'enfant victime et à sa famille : une psy ( diagnostique et
psychothérapeutique ) et une autre, de protection.
Ajoutons-y une troisième, la fonction judiciaire pénale, souvent présente dans
le processus d'intervention global ; celle-ci n'a néanmoins pas une intention
d'aide directe à la victime, mais bien celle de faire respecter la loi. En
examinant le déploiement de ces fonctions sur le terrain, on peut observer que :
1. De façon générale, le manque de formation spécifique reste criant chez
beaucoup d'intervenants et il en résulte un certain degré d'incompétence : on se
réfère inadéquatement à des connaissances basales générales alors qu'il s'agit
d'un domaine très particulier et délicat ou alors, certains développent des
méthodes farfelues et dangereuses [24],
[25].
2. Beaucoup de services psy et sociaux fonctionnent
paradoxalement dans la précipitation ( pour signaler ) puis,
trop souvent, dans une ambiance bureaucratique ( passage
de la " patate chaude " au suivant ; rendez-vous trop
espacés ; inertie ; lent ballet des rapports écrits ...).
3. La poursuite orgueilleuse et clivée de sa logique
propre par chaque institution spécifique amène de
dramatiques incoordinations et rivalités entre
services psy, sociaux et judiciaires ; c'est la
victime qui en fait les frais.
4. Dans beaucoup de cas, le service judiciaire pénal se
met en route lentement; les interrogatoires et autres
examens physiques s'y multiplient, de façon assez
confuse, dans une ambiance pas toujours
bienveillante [25],
les plus traumatisants d'entre eux ( les confrontations )
sont d'ailleurs souvent
non-contributifs ou anti-contributifs à la vérité.
5. Le système pénal ne prend pas souvent de dispositions
pour activer en parallèle le Tribunal pour mineurs, pourtant
chargé de la protection de l'enfant, ni pour mettre à
distance enfant et suspect pendant la durée de
l'instruction judiciaire.
6. Sur le fond, quand le suspect continue à nier - ce qui est l'occurrence
majoritaire - et que le seul élément de preuve est la parole de l'enfant, même
les fois où celle-ci est validée scientifiquement , trop rares sont les
Tribunaux qui prennent la responsabilité de déclarer les faits établis : c'est
dire que, dans nombre de ces cas, le recours à la présomption d'innocence semble
abusif car il a lieu alors qu'il y a de forts indices de probabilité de l'abus.
Cette pratique traditionnelle frileuse mériterait un vaste débat de société ! Le
résultat en est que l'enfant est remis aux mains de son abuseur, qui s'est
refait une virginité sociale, triomphe et est intouchable pour une très longue
période. Bref, alors, le remède a été bien pire que le mal.
Pour étayer ces constatations, je joins en Annexe I quelques parties du rapport
de M. Juan Miguel Petit, Rapporteur à la commission des Droits de l'homme de
l'ONU, après sa visite en France à l'automne 2002.
2. Discussion
Les composantes contemporaines de la traumatisation
secondaire sont telles qu'elles amènent à des constatations
paradoxales, choquantes ... mais réalistes :
1. Dès 1993, le grand spécialiste T. Furniss signalait que les interventions
incoordonnées pourraient conduire à davantage de traumatisation chez l'enfant
abusé et sa famille que l'abus lui-même et que le premier but des intervenants
devrait toujours être d'éviter le dommage secondaire, avant de procéder à des
soins directs. Primum non nocere disaient les médecins antiques : sage
recommandation, mais ô combien négligée
aujourd'hui [28, p. 17] !
2. Quand on signale le cas d'un enfant abusé au système judiciaire pénal et
qu'on ne dispose que de sa parole comme preuve, on effectue une opération à
risque. Celui-ci est d'autant plus élevé que l'enfant est jeune, timide ou/et
peu assertif ou peu soutenu socialement et que le suspect, de son côté, est
intelligent, puissant et dispose de bons avocats.
3. Le risque est encore pire pour les petits enfants suspectés d'être abusés
dans le contexte de la séparation parentale ; ici, les éléments de preuve sont -
inconstamment - des signes fugaces d'irritation de la zone ano-génitale du corps
et une parole du petit enfant plus volatile et suggestible que jamais. Dans ces
contextes, malgré que la possibilité d'authenticité soit loin d'être nulle, ce
sont souvent les plaignants qui expérimentent lourdement la suspicion des
soi-disant aidants et le non-lieu judiciaire est fréquent ( RGT+++ ). En outre, il
est de plus en plus à la mode d'entamer des poursuites de tous types contre les
professionnels qui ont signalé leurs inquiétudes à la Justice pénale.
4. Le fait d'appartenir à une famille socio-économiquement défavorisée, surtout
lorsque son fonctionnement apparaît immature et chaotique, avec une autre
culture d'éducation que la culture majoritaire bourgeoise, entraîne un premier
risque : celui de la multiplication anarchique d'agences sociales censées
soutenir mais qui sont souvent en rivalité mutuelle ou à tout le moins
incoordonnées et qui ont le soupçon et le passage à l'acte faciles. Alors, on
recourt souvent au placement de l'enfant, voire de sa fratrie, avec des
indications d'entrée et de sortie bien floues ( RGT ). Un éclatement sauvage de la
famille peut également avoir lieu, ce qui culpabilise le plus souvent l'enfant
( RGT ) [15, p. 83].
5. Le fait pour l'enfant d'appartenir à une famille puissante ou porteuse
d'enjeux importants de respectabilité sociale entraîne le risque inverse : les
intervenants psychosociaux et même judiciaires n'y entrent pas facilement ou
s'en font éjecter vite fait ; il est très difficile de toucher à l'image de
respectabilité et donc bien des abus et autres maltraitances peuvent se
perpétrer dans le silence épais des donjons familiaux ( RGT ).
C. Les facteurs de gravité ou de protection à long terme
Outre les facteurs liés à l'activation des professionnels que nous venons de
décrire, signalons que :
1. Il existe de véritables cercles vicieux liés à certains comportements
inadaptés de l'enfant victime : l'enfant " allumé " provoque le retour
d'expériences sexuelles variées, parfois traumatisantes ( RGT ), parfois
amplificatrices de son principe du plaisir ou de dimensions perverses en voie
d'installation ( RGA+ ).
Certains enfants traumatisés provoquent punitions et rejets à partir de leur
culpabilité et de leur masochisme ... ou alors, ils " aspirent " vers eux de
nouveaux abuseurs, par leur passivité ou leur besoin d'autopunition . Parfois ce
sont leurs activités sexuelles de vérification ou d'identification à l'agresseur
qui leur attirent une désapprobation disproportionnée, sans qu'on cherche à les
comprendre.
2. Le fait que l'abuseur persiste efficacement à nier les faits même lorsqu'il
n'a plus de contacts avec l'enfant, est en soi angoissant et désespérant pour
celui-ci ( RGT+ ).
3. En cas de révélation très différée ( par exemple après quelques années, à la
fin de l'adolescence ), la manière dont celle-ci sera gérée est de nature soit à
faire poursuivre la cicatrisation, soit à faire flamber à nouveau la
traumatisation (mauvaise image de soi ; vécu d'injustice ; colère et désespoir).
Constituent des RGT+++: les fins de non-recevoir, les reproches inattendus ou
les ruptures de liens provoquées par le poids de la révélation.
Constituent des RGT : la seule écoute passive et démissionnaire et son inverse
la précipitation et l'activisme.
Constitue une PB : la reconnaissance engagée du vécu de la
victime ; une réflexion réaliste menée avec elle sur
ce qu'il convient d'entreprendre ( de la
lettre à l'auteur à l'action judiciaire ).
4. Mettre fin sans ménagement à un lien incestueux ou pédophilie de longue durée
et bien vécu par l'enfant ( souvent devenu adolescent ) peut amener chez celui-ci
une grande souffrance morale et des passages à l'acte graves ( suicide, anorexie,
etc. ) ( RGT+ ). D'où la nécessité d'un accompagnement de haute qualité si l'on
décide quand même d'y procéder, ce qui n'est inéluctable que pour le lien
incestueux.
5. L'on peut enfin s'interroger radicalement sur le rapport à la vérité du
discours scientifique et social contemporain à propos de l'abus sexuel. On
s'ingénie à diaboliser celui-ci et ses conséquences : " L'enfant est toujours
très traumatisé ... On n'est plus qu'un survivor marqué à vie ... Un ex-abuseur
devient un abuseur ".
Est-ce systématiquement si certain ? Ne prêche-t-on pas parfois de la sorte au
nom de l'idéologie ou des affaires commerciales à faire ? En organisant la
chasse aux sorcières pédophiles, ne s'aveugle-t-on pas sur d'autres maux plus
innommables de nos économies capitalistes ?
Et s'il en est ainsi, un fameux facteur de risque n'est-il pas constitué, pour
les victimes, par ces slogans sociaux déprimants et confusionnants qui leur font
une nouvelle fois violence ? ( RGT+++ ).
I - Prendre en compte qu'il existe DEUX chemins de gravité :
la traumatisation
intra psychique ou l'allumage sexuel prématuré. Mieux repérer et traiter les
formes les plus préoccupantes de ce dernier ( sexualité sans retenue ou sexualité
pervertie, avec identification à l'agresseur ).
II - Prendre en compte qu'il existe des abus sexuels
aux
conséquences graves, et d'autres qui sont bien supportés
( les épines sexuelles ); mieux étudier les
formes et les critères des épines sexuelles ; étant donné
la surcharge des appareils institutionnels spécialisés
( psys et judiciaires ) ainsi que les
risques élevés de traumatisation secondaire, mettre au
point des manières plus légères de gérer les cas simples,
en faisant davantage appel au tissu social
informel et en entraînant préventivement l'enfant
à mieux se définir et se
protéger personnellement.
III - Pour évaluer la nature et l'intensité de l'atteinte
,
ne pas se réduire à l'analyse de la séquence " Abus +
comportements immédiats de gestion de l'abus
( exemple, comment est imposé le silence ) Ð " Impact ".
Il faut tenir compte de préalables qui ont freiné ou
précipité l'occurrence de l'abus et modelé la personnalité
de l'enfant et de son entourage. Il faut tenir
compte aussi de ce qui s'en suit, et notamment le contenu
et l'organisation de l'intervention.
IV - Assumer que les effets de l'intervention se répartissent
sur un gradient " Efficacité/délicatesse/espérance
restituée - Inefficacité/dimensions
traumatiques/ désespérance de l'enfant ".
En effet, il faut se pencher rapidement sur ce problème
de la traumatisation secondaire, notamment en :
- procédant à des études scientifiques qui tracent systématiquement le devenir
des cas après la révélation ;
- adhérant dès maintenant aux recommandations du rapporteur de l'ONU, M. Juan
Miguel Petit, dont les principales figurent en annexe I du présent document ;
- formant tous les psy qui s'occupent d'abus à la grille d'évaluation statement
validation analysis ( SVA ) et en y sensibilisant les autres intervenants
( travailleurs sociaux, policiers et magistrats ) ;
- ouvrant un débat de société sur les critères de la
présomption d'innocence.
V - Enfin, il faut " ré humaniser " le fait d'avoir été victime
d'abus sexuel.
C'est somme toute une expérience que beaucoup font dans ses formes mineures, que
j'appelle épines sexuelles. Et même les victimes d'abus graves ne sont pas si
rares. On devrait les aider à en parler plus informellement et plus simplement,
en commençant par ne plus faire courir d'images sociales effrayantes comme
celles des survivors traumatisés à vie.

Tableau I : Facteurs de risque ou de protection et caractéristiques
individuelles de l'enfant
Commentaires :
(a) Il s'agit d'une non-information sur les réalités sexuelles, mais aussi sur
les droits des enfants, notamment celui de dire " Non " ou de désobéir dans
certaines circonstances [6].
(b) Solitaires : ayant peu d'amis [10]
; vivant avec des parents indisponibles
ou sans parent naturel à la maison [11].
(c) La bruyance des réactions anxieuses lorsqu'un inconnu s'approche d'eux
pourrait protéger de certains types d'abus certains types d'enfants très
perturbés, jusqu'aux psychotiques et aux autistes.

Tableau II : Facteurs de risque ou de protection et type de fonctionnement
familial
Commentaires :
(a) L'enfant n'y est entraîné ni à la lucidité ni à la self-défense
(b) Le parent abuseur y exerce son " droit de cuissage " sans discussion possible,
sous la terreur morale
(c) La " fusion " momentanée adulte-enfant constitue un moment d'affectivité
positive.

Tableau III : Facteurs de risque ou de protection et caractéristiques de l'abus
Commentaires :
(a) L'imprévisibilité est vraiment un facteur toxique, source de fluctuations
d'angoisse et de difficulté à s'adapter.
(b) Par exemple, c'est lui qui va frapper à la porte de son pédophile ; c'est
lui qui " drague " un adulte mal dans sa peau ; l'adulte l'écoute facilement les
fois où il dit " Non ", etc ...
(c) La dimension violente n'est pas liée qu'à la force physique et aux cris.
Elle peut être provoquée par la personnalité imposante de l'abuseur, par la
toute-puissance de son argumentation, par l'ambiance de mystère et d'inconnu
qu'il introduit dans le scénario. Il faut se souvenir aussi qu'elle est vécue
subjectivement en référence au tempérament plus ou moins anxieux de l'enfant.
Certains enfants sont plus traumatisés par la violence que par l'abus lui-même
[22, p. 146 ],
[28].
(d) La présence d'un lien affectif fonctionne donc, selon les cas, comme la
meilleure et la pire des choses :
- En parlant des statuts, j'ai évoqué le fait que l'enfant puisse avoir sa
lucidité et sa capacité de résistance comme " engluées " par quelqu'un qu'il aime.
- Mais l'inverse peut exister aussi : certaines dimensions de son être peuvent
être davantage respectées par quelqu'un qu'il aime, si du moins l'enfant cède
sur la question du sexe ...
(e) L'effet peut aller dans deux directions opposées :
- Certains enfants continuent à assumer leur motivation positive et parfois, ce
peut devenir un RGA.
- D'autres enfants se culpabilisent plus ou moins fortement par la suite d'avoir
voulu ou aimé ça ( RGT ) [21, p. 146].
[1]. Kendall-Tackett K., Meyer Williams L., Finkelhor D.,
Impact of sexual abuse
on children: a review and synthesis of recent empirical studies,
Psychological
bulletin, 1993, 113-1, 164-180.
[2]. Cavanagh Jonhson T.,
Understanding your child's sexual behavior,
Dakland, New
Harbinger publ., 1999, 183 p.
[3]. The National Resource Center on Child Sexual Abuse,
The Incidence and
prevalence of child sexual abuse, Huntsville, NRCCSA, 1994.
[4]. Gomes-Schwartz B., Horowitz J., Sauzier M.,
Severity of emotional distress
among sexually abused preschool, school-age, and adolescent
children,
Hospital
and community psychiatry, 1985, 36-5, 503-508.
[5]. Finkelhor D.,
A sourcebook on child sexual abuse,
Newbury Park, Sage
publications, 1986, 189 p.
[6]. Wigzell K.,
Sexual abuse of children, a survey of current knowledge, 2000,
REMARQUABLE RAPPORT DE SYNTHESE d'un groupe de scientifiques
suédois, réunis dans le Priorities group,
http://www.childcentre.baltinfo.org/uploaded/SexSurv
CC. htm#Causes
[7]. Pearlman A., citée par Megan K.,
The effects of sexual abuse,
Hartford
courant, 1997, 233 p.
[8]. Haesevoets Y-H,
Regard pluriel sur la maltraitance des enfants,
Bruxelles,
éditions Kluwer, 2003, 221 p.
[9]. www.prevention.ch/lesabussexuels.html
[10]. Finkelhor D.,
Sexually victimized children,
NY, free press 1979.
[11]. http://www.fhs.mcmaster.ca/cscr/malt3.htm
[12]. Richardson M., Meredith W. and Abbot D.,
Sex-typed role in male adolescent
sexual abuse survivors,
Journal of Family Violence, 1993, 8-1, 47-53.
[13]. Savin-Williams R.,
Verbal and physical abuse as stressors in the lives of
lesbian, gay male and bisexual youths:
Associations school problems, running
away, substance abuse, prostitution and suicide,
Journal of Consulting and
Clinical Psychology, 1994, 62-2, 129-141.
[14]. Delville J., Mercier M.,
Sexualité, vie affective et déficience mentale,
Bruxelles, De Boeck Université, 1997, 241 p.
[15]. Gabel M., ( sous la dir. de ),
Les enfants victimes d'abus sexuel,
Paris,
Psychiatrie de l'enfant, PUF, 1992, 282 p.
[16]. Hayez J.-Y., ( sous presse )
Les 6-13 ans, leur vie sexuelle et leurs parents,
Paris, Odile Jacob, ( fin 2003-début 2004 ).
[17]. Kipman S.D., Rapoport D.,
La sexualité " oubliée " des enfants,
Paris, Stock,
Laurence Pernoud, 1993, 214 p.
[18]. Conte J.R., Schuerman J.,
Factors associated with a increased impact of
child sexual abuse,
Child abuse § Neglect, 1987, 11, 201-211.
[19]. Coulborn Faller K.,
Why sexual abuse? An exploration of the
intergenerational hypothesis,
Child abuse § Neglect, 1989, 13, 543-548.
[20]. www.websexo.net - page Elysa.
[21]. Bertrand C.,
www.canoe.qc.ca/artdevivresociété/ - page d'avril 03.
[22]. Born M., Delville J., Mercier M., Sand E.A., Beeckmans M.,
Les abus sexuels
d'enfants,
Liège, Mardaga, 1996, 184 p.
[23]. Detaglia L.,
Les abus sexuels envers les enfants. Étude de 90 sujets auteurs
ou victimes ayant fait l'objet d'une expertise psychologique,
Cahiers du Centre
de Recherche interdisciplinaires de Vaucresson, 1990, 8, 153-179.
[24]. Haesevoets Y.-H.,
L'enfant en questions,
Oxalis, Bruxelles, De Boeck, 2000,
435 p.
[25]. Pregno G.,
Rapport de la Fondation luxembourgeoise Kannerschlass, 2000,
www.kannerschlass.lu/pregno1.htm
[26]. Yuille J.C.,
Traduit et révisé par Van Gyseghem H.,
L'analyse de la validité
de la déclaration,
Université de Montréal, inédit, 1993.
[27]. Yuille J.C.,
L'entrevue de l'enfant dans un contexte d'investigation et
l'évaluation systématique de sa déclaration -
traduit et révisé par Van Gyseghem H.,
Revue canadienne de psychologie, 1988, 1-20.
[28]. Furniss T.,
The multiprofessional handbook of child sexual abuse,
London and
New York, Routledge, 355 p.
[29]. Cyr M., Wright J., Theriault C., Oxman-Martinez J.,
Perron A. et Lebeau T.,
Portrait des victimes d'abus sexuel et de leurs mères, 2003,
http:/primase.qc.ca/rechercheasp?text=51
[30]. Rind B., Bauserman R., Tromovitch P.
(... si ce ne sont pas des pseudonymes
! ),
Études des conséquences de l'abus sexuel sur enfants, à
partir de cas non
cliniques, 1998,
www.pedagora.com/article001.html
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
EXTRAITS DU RAPPORT DU COMMISSAIRE DE L'ONU
COMMISSION DES DROITS DE L'HOMME
Cinquante-neuvième session
Point 13 de l'ordre du jour provisoire
DROITS DE L'ENFANT
Note présentée par M. Juan Miguel Petit, Rapporteur spécial sur la vente
d'enfants, la prostitution des enfants et la pornographie impliquant des
enfants, conformément à la résolution 2002/92 de la Commission des droits de
l'homme.
Additif
Note préliminaire sur la mission en France
( 25-29 novembre 2002 )
13. Le Rapporteur spécial ne considère pas que les sévices sexuels contre des
enfants constituent un phénomène plus courant en France que dans d'autres pays
européens. On constate toutefois que de nombreuses personnes ayant une
responsabilité dans la protection des droits de l'enfant, en particulier dans le
système judiciaire, continuent de nier l'existence et l'ampleur de ce phénomène.
14. Les personnes qui soupçonnent et signalent des cas de sévices à enfant
peuvent se voir accuser de mentir ou de manipuler les enfants concernés et
risquent des poursuites ou des sanctions administratives pour diffamation si
leurs allégations n'aboutissent pas à des poursuites suivies de la condamnation
de l'auteur présumé des sévices. En particulier, les professionnels de la santé
encourent des risques dans ce domaine et rien n'indique que les médecins
bénéficient de l'aide et du soutien du Conseil de l'ordre des médecins français.
15. Dans un nombre croissant de cas, un parent séparé, habituellement la mère,
choisit d'amener l'enfant ou les enfants à l'étranger plutôt que de se conformer
aux décisions d'un tribunal accordant des droits de visite ou attribuant la
garde à l'auteur présumé des sévices, ce qui, à son tour, pourrait exposer
l'enfant à de nouveaux sévices sexuels. Il est même arrivé que des juges et des
avocats au courant des faiblesses du système judiciaire conseillent,
officieusement, à certains parents d'agir de la sorte. Ces parents se trouvent
donc sous la menace de poursuites criminelles pour leurs actes aussi bien en
France que dans le pays où ils se rendent.
16. Le manque de ressources, de formation et de spécialisation dont souffrent
les juges et les avocats s'occupant d'affaires de sévices sexuels contre des
enfants fait que les droits de l'enfant impliqué dans des poursuites judiciaires
ne sont parfois pas suffisamment protégés. Il s'ensuit que les enfants concernés
risquent souvent de continuer à subir des sévices.
17. Il est certes possible que de fausses allégations de sévices sexuels contre
des enfants aient été faites dans le cadre de procédures visant à attribuer la
garde de l'enfant. Toutefois, le Rapporteur spécial, après avoir examiné les
preuves concernant les affaires portées à son attention, a pu conclure que ces
allégations étaient sérieuses et fondées et que la suite qui leur avait été
donnée ne correspondait pas à l'intérêt supérieur de l'enfant.
18. Dans les affaires civiles visant à attribuer la garde de l'enfant, celui-ci
ne bénéficie pas d'un droit automatique d'être entendu. Bien que les tribunaux
civils puissent entendre l'enfant à la discrétion du président du tribunal,
l'enfant n'est quasiment jamais entendu.
19. Lorsque des poursuites pénales sont engagées contre les auteurs présumés de
sévices, les tribunaux civils ne sont pas supposés prendre de décisions quant à
la garde ou aux droits de visite jusqu'à ce que la procédure pénale soit menée à
son terme. Dans la pratique, toutefois, cette disposition n'est pas respectée,
ce qui donne lieu à une situation où l'enfant est obligé de rester, souvent sans
surveillance, avec une personne faisant l'objet d'une enquête pénale pour des
sévices infligés à ce même enfant.
Recommandations
21. Il convient de respecter l'article 12 de la Convention relative aux droits
de l'enfant, qui consacre le droit de l'enfant d'exprimer ses souhaits et son
opinion et, notamment, " la possibilité d'être entendu dans toute procédure
judiciaire ou administrative l'intéressant ". Le Rapporteur spécial comprend
certes qu'il importe d'éviter une situation où un enfant est obligé de répéter
plusieurs fois des allégations, mais il est encore plus important de prendre au
sérieux et de croire un enfant qui parle de sévices.
24. Etant donné le nombre de cas laissant apparaître un grave
déni de justice pour les enfants victimes de sévices sexuels
et les personnes qui tentent de les protéger, il serait bon
qu'un organe indépendant, de préférence la Commission
nationale consultative des droits de l'homme, mène de
toute urgence une enquête sur la situation actuelle.
26. Le système judiciaire devrait se voir allouer des ressources suffisantes
pour être en mesure de dispenser une formation en matière de droits de l'enfant
et de suivre convenablement les affaires s'y rapportant.
27. Lorsque des poursuites pénales sont engagées contre les auteurs présumés de
sévices, les tribunaux civils ne doivent pas statuer sur la garde ou les droits
de visite tant que la procédure pénale n'a pas été menée à son terme. Dans
l'intervalle, l'auteur présumé des sévices ne devrait avoir accès à l'enfant que
sous une supervision constante.
28. Le Conseil de l'ordre des médecins français doit de toute urgence revoir ses
procédures, de façon à soutenir, au lieu de les condamner, les médecins qui font
part de leurs soupçons de sévices à enfant.
Retour textes des experts
Dernière mise à jour : vendredi 28 novembre 2003
Renseignements
- Notes. -
(1).Conséquences des maltraitances sexuelles. Les reconnaître, les soigner, les
prévenir.
Conférence de consensus qui s'est tenue à Paris les 6 et 7 novembre 2003
organisée par
Fédération Française de Psychiatrie
selon la méthodologie de l’ANAES
avec le soutien de la Direction Générale de la Santé
Sociétés Partenaires : Sociétés Francophone de Médecine
d'Urgence, INAVEM, Société Française de Pédiatrie,
Collège National des Généralistes Enseignants.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
Création le 21 juin 2004.
Dernière mise à jour
le dimanche 02 mars 2008.
Issu du site psydoc-fr.broca.inserm.fr : texte du
professeur Jean-Yves Hayez.
DS.ds
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
Bravo de m'avoir trouvé
Félicitations
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ...
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480
mais est encore correcte avec les écrans
plus grands 1600x1200 ou autres.
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jean-
yves.hayez@pscl.ucl.ac.be
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Facteurs de risque ou de protection chez le mineur victime
d'abus sexuel.
§ I - Présentation des facteurs de risque ou de protection
et de leur impact.
§ II - Description des principaux facteurs.
§ III - Recommandations.
Tableaux.
Annexes.
Bibliographie.
Notes.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
- Bibliographie automatique. -
.
.
Bibliographie numéro 1.
[1]. Kendall-Tackett K., Meyer Williams L., Finkelhor D.,
Impact of sexual abuse
on children: a review and synthesis of recent empirical studies,
Psychological
bulletin, 1993, 113-1, 164-180.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
.
.
Bibliographie numéro 2.
[2]. Cavanagh Jonhson T.,
Understanding your child's sexual behavior,
Dakland, New
Harbinger publ., 1999, 183 p.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
.
.
Bibliographie numéro 3.
[3]. The National Resource Center on Child Sexual Abuse,
The Incidence and
prevalence of child sexual abuse, Huntsville, NRCCSA, 1994.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
.
.
Bibliographie numéro 4.
[4]. Gomes-Schwartz B., Horowitz J., Sauzier M.,
Severity of emotional distress
among sexually abused preschool, school-age, and adolescent
children,
Hospital
and community psychiatry, 1985, 36-5, 503-508.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
.
.
Bibliographie numéro 5.
[5]. Finkelhor D.,
A sourcebook on child sexual abuse,
Newbury Park, Sage
publications, 1986, 189 p.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
.
.
Bibliographie numéro 6.
[6]. Wigzell K.,
Sexual abuse of children, a survey of current knowledge, 2000,
REMARQUABLE RAPPORT DE SYNTHESE d'un groupe de scientifiques
suédois, réunis dans le Priorities group,
http://www.childcentre.baltinfo.org/uploaded/SexSurv
CC. htm#Causes
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Bibliographie numéro 23.
[23]. Detaglia L.,
Les abus sexuels envers les enfants. Étude de 90 sujets auteurs
ou victimes ayant fait l'objet d'une expertise psychologique,
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[24]. Haesevoets Y.-H.,
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www.kannerschlass.lu/pregno1.htm
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[26]. Yuille J.C.,
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L'analyse de la validité
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Bibliographie numéro 27.
[27]. Yuille J.C.,
L'entrevue de l'enfant dans un contexte d'investigation et
l'évaluation systématique de sa déclaration -
traduit et révisé par Van Gyseghem H.,
Revue canadienne de psychologie, 1988, 1-20.
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Bibliographie numéro 28.
[28]. Furniss T.,
The multiprofessional handbook of child sexual abuse,
London and
New York, Routledge, 355 p.
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Bibliographie numéro 29.
[29]. Cyr M., Wright J., Theriault C., Oxman-Martinez J.,
Perron A. et Lebeau T.,
Portrait des victimes d'abus sexuel et de leurs mères, 2003,
http:/primase.qc.ca/rechercheasp?text=51
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Bibliographie numéro 30.
[30]. Rind B., Bauserman R., Tromovitch P.
(... si ce ne sont pas des pseudonymes
! ),
Études des conséquences de l'abus sexuel sur enfants, à
partir de cas non
cliniques, 1998,
www.pedagora.com/article001.html
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- Notes automatiques. -
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Note 1.
(1).Conséquences des maltraitances sexuelles. Les reconnaître, les soigner, les
prévenir.
Conférence de consensus qui s'est tenue à Paris les 6 et 7 novembre 2003
organisée par
Fédération Française de Psychiatrie
selon la méthodologie de l’ANAES
avec le soutien de la Direction Générale de la Santé
Sociétés Partenaires : Sociétés Francophone de Médecine
d'Urgence, INAVEM, Société Française de Pédiatrie,
Collège National des Généralistes Enseignants.
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Pour télécharger ce site ...
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Facteurs de risque ou de protection chez le mineur victime
d'abus sexuel.
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... en format
traitement de texte reçu du professeur
Jean-Yves Hayez, vous avez les choix suivants :
Format word 9.0 pour imprimante couleur ( 29.07.2005 ).
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Facteurs de risque ou de protection chez le mineur victime
d'abus sexuel. |
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
liste des mots-clés du site au 28 septembre 2005.
abus sexuel,
accompagnement éducatif,
adolescents abuseurs,
adolescents,
allégation d'abus sexuel,
angoisse de séparation,
angoisse,
anxiété,
assuétude,
autorité parentale,
beaux-parents,
besoins psychiques des enfants,
bizarrerie sexuelle infantile,
cadre thérapeutique,
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Jean-Yves Hayez,
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mots-clés,
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perversion sexuelle,
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syndrome de stress post-traumatique,
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trouble du comportement,
trouble psychique,
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