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Traitement des dépressions sévères en
décompensation àl'âge de la latence
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Traitement des dépressions sévères
en décompensation
à l'âge de la latence
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" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va
et d'employer l'esprit à le justifier."
Jean Guéhenno.
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Un garçon de 12 ans exprime un grave vécu
dépressif et un grand appel à l'aide :
nudité du corps, griffes, idées suicidaires.
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Le traitement des dépressions sévères en
décompensation à l'âge de la latence
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Texte d'un exposé présenté au Congrès
national de la SPFEA ( Société française de
psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent ), Poitiers, mai 1997,
paru dans Psychothérapies, 1997, XVII-4, 198-200.
Parmi les décompensations dépressives
sévères et durables
repérées à l'âge de la
latence ( grosso modo, l'âge de l'école primaire ),
beaucoup surviennent chez
des enfants qui n'ont pas vraiment acquis la
« confiance de base »
[ Erikson, 1966 ]
Un mélange
d'événements de vie précoces, qu'ils interprètent comme
négatifs, et d'un investissement parental peu chaleureux
et peu sécurisant, s'est trouvé à l'origine de cette
précarité. Parmi les causes qui ont rendu et rendent
parfois toujours problématique l'investissement positif et
stable de l'enfant, citons : le manque de désir pour cet
enfant-là ; la non-acceptation de certaines de ses
caractéristiques, et notamment de son sexe; la
dépression d'un des parents, surtout de la mère, voire du
couple parental; les sources chroniques d'insécurité, de
disqualification ou/et de stigmatisation qui
pèsent sur la famille, etc ...
Chez certains de ces enfants,
on peut faire en outre l'hypothèse d'une prédisposition
cérébrale - autonome ou/et renforcée par
le jeu des représentations mentales -,
« endogénéité » aux
limites mal définissables.
Dans la suite de leur vie, et
par exemple, pour ce qui nous occupe ici, à l'âge
de l'école primaire, l'une ou l'autre expérience
apparemment mineure,
vécue comme retrait d'amour ou disqualification
supplémentaire,
provoque la rupture d'un refoulement déjà
bien précaire
et la résurgence incontrôlée et durable
de représentations
mentales, d'affects et de comportements dépressifs ou
anxio-dépressifs. Il peut en aller de même lorsque
s'exacerbe momentanément un conflit névrotique
quelconque, typique de cet âge, mais que les enfants ici
concernés vivent comme la preuve irrémédiable
de leur « être-mauvais »
Nous nous limiterons à esquisser la prise en charge
thérapeutique de ce type de dépressions.
§ I - LE CONTRE-TRANSFERT.
Au coeur du programme thérapeutique qui sera mis en place,
le jeu de résonances entre
contre-transfert (
2)
et transfert
constitue le ferment indispensable pour que rejaillisse,
chez l'enfant dépressif et parfois même dans toute sa
famille, le désir de vivre et de bien vivre.
Esquissons donc d'abord en termes simples, et d'un trait
nécessairement inachevé, ce en quoi pourrait consister un
contre-transfert potentiellement régénérateur.
Son constituant le plus fondamental, n'est-ce pas le
« désir de vie » à l'oeuvre
chez le thérapeute ? Désir
que la vie s'exprime à nouveau un jour chez l'enfant ...
désir profond mais serein, sans activisme ni
précipitation ... désir, mais aussi capacité de
renoncer à sa réalisation immédiate : pendant
un temps indéterminé, il faudra pouvoir accepter
que ce soit la mort qui se dit, et porter ce vécu avec
l'enfant, voire avec toute sa famille.
Dans la mise en mots et en actes de ce désir de vie, on peut
distinguer comme deux temps, deux pulsations
complémentaires qui vont et viennent, comme la systole
et la diastole indispensables à ce que le coeur distribue
le sang de la vie :
Pulsation de « patience » d'une part.

- Patience ... ou sympathie ... capacité de porter
avec, de souffrir avec ... capacité d'entendre le silence
de la mort, de recevoir le flux
du découragement, de l'agressivité voire de la haine, du
doute sur l'avenir et sur la valeur de la thérapie et
du thérapeute ... capacité à accepter
qu'on ne soit pas
investi tout de suite comme le sauveur et qu'on ne le sera
peut-être jamais sans pour autant s'endormir, démissionner,
s'irriter ni se culpabiliser ... capacité à
accueillir
cette expression particulière de la souffrance qui voudrait
tout emporter vers le néant, en restant pourtant debout,
consistant, aimant, et confiant dans la possible résurgence
de la pulsion de vie.
Pulsation « d'invitation à la vie »
d'autre part

- A travers notre sourire, notre chaleur discrète et bien
d'autres signes de notre intérêt pour ce que l'enfant
est et produit, elle nous fait lui montrer l'importance qu'il a pour
nous, notre investissement de sa personne. Plus
précisément
encore, plus activement, elle nous fait nous accroupir
auprès de cet enfant couché au bord de la route, lui
tendre la main ... et insister un peu pour qu'il se relève.
Sans lui faire violence, mais sans non plus nous
décourager s'il répond « Non » une
première fois, et
parfois dix fois, vingt fois ... Nous montrerons dans la
suite de cet exposé des applications concrètes de ce que
peut être cette main tendue ; pensons déjà,
par exemple, aux idées que nous échangeons avec lui,
à notre espérance sur l'avenir dont nous lui faisons
part, ou/et à des
propositions d'activités qui soient sources
de plaisir et de réussite, qu'il gérera seul ou avec
le soutien de son entourage.
Terminons cette esquisse sur le contre-transfert en disant
combien il importe que celui-ci n'introduise pas de
clivage : il est important qu'il embrasse dans une même
empathie l'enfant et sa famille
(3)
Nous y reviendrons en
évoquant les objectifs des entretiens avec les parents.
Par delà les techniques, on devine combien ces dispositions
contre-transférentielles peuvent inviter l'enfant à se
libérer de ses idées de mort et à faire
renaître en lui la
conviction qu'il vaut quelque chose et est digne d'être
aimé.
Il est logique qu'il transfère d'abord sur son
thérapeute
patient, accueillant et encourageant, ses attentes positives
recréées sur lui-même et sur les autres. Au
thérapeute, alors, de donner aux bons moments les coups de
pouce qui aideront à la relance, sans pour autant se
transformer, lui, en objet nécessaire, ni, à l'inverse,
couper trop vite un lien que l'enfant ressent comme
revitalisant : faire confiance à l'enfant, c'est aussi
faire confiance à sa capacité de trouver, là
où il est, ses
ressourcements du moment là et comment il le souhaite et de demander,
son émancipation de la thérapie quand il pressent
qu'elle devient superflue.
§ II - LE PROGRAMME THERAPEUTIQUE
Ce programme est constitué
systématiquement d'entretiens à visée
psychothérapeutique
ou/et d'une guidance de la vie quotidienne, dont les
destinataires sont multiples : l'enfant, ses parents, la triade
parents-enfant déprimé, la famille nucléaire
et parfois, tel ou tel autre membre du réseau de vie
de l'enfant.
La succession des destinataires est souple et dictée par
les circonstances.
En voici un exemple : Chaque semaine, un premier
thérapeute rencontre l'enfant, et un autre, les parents.
Après une quarantaine de minutes, ces deux sous-groupes se
rejoignent pour un temps de réflexion commune. Cette toile de
fond ritualisée peut être complétée par
des séances supplémentaires consacrées
exclusivement à l'enfant
(4)
, à ses deux parents ou
à l'un de ceux-ci qui serait désireux d'une rencontre
plus profonde de soi, ou encore à la triade parents-enfants,
voire à la famille.
Il faut aussi expliciter la place du secret professionnel. Celui-ci
est souvent indiqué pour les séances individuelles des
préadolescents et des adolescents, au moins pour eux.
Néanmoins, on gagne toujours à ce que l'ambiance
globale du travail soit systémique, avec implication de
tous et recherche d'une amélioration de la communication et
des investissements mutuels.
A côté des entretiens, avec une importance qualitative
égale mais une application plus inconstante, le programme
thérapeutique comporte un recours à la
médicamentation,
à l'hospitalisation ou/et à des réorientations
de la vie sociale et scolaire. On peut également mettre
en place, surtout lorsque l'enfant le demande, des interventions
destinées à pallier à certaines de ses
lacunes ( par exemple : psychomotricité,
orthophonie, remedial teaching, etc. ...)
I. Les entretiens psychothérapeutiques
A - Avec un ou de préférence, les deux parent(s)
Il est juste d'avoir autant de sollicitude pour la souffrance morale
des parents que pour celle de l'enfant. D'ailleurs, un parent qui
se sent réinvesti et compris a de meilleures chances de
s'adoucir dans la relation qu'il a avec son enfant, et de moins
vivre celui-ci comme le mauvais objet persécuteur par lequel
tous ses maux lui arrivent, en ce compris le jugement négatif
porté par les autres. Et puis des dimensions projectives
constitutives de l'image de l'enfant s'atténuent voire
disparaissent si le parent peut mieux percevoir la façon dont
s'est construite cette image dans son histoire à lui. Enfin,
le partage d'idées que comporte la guidance peut aider
ce parent à adopter des attitudes plus adéquates
aux besoins de l'enfant.
Nous vous présentons schématiquement trois types de
situation, fonction de leur souffrance morale personnelle du parent
et de sa leur réceptivité.
1)
Première situation-type : un parent est
intéressé par
une démarche psychothérapeutique personnelle.
Cette disposition d'esprit, spontanée ou induite à
l'invitation d'un thérapeute, s'avère souvent fructueuse
non seulement pour ce parent mais aussi pour l'enfant,
lorsqu'on a l'impression que la souffrance dépressive de
celui-ci résulte, au moins en partie, d'une sorte de bain
glacé qu'il prend dans le mal-être de ce parent.
Pensons, par exemple, aux parents longuement déprimés,
peu capables d'investir et de stimuler l'enfant et auxquels
celui-ci
s'identifie
[ Epelbaum et Ferrari, 1992 ]
...
ou à ces parents toujours disqualifiés par les
grands-parents et donc tellement peu confiants en eux-mêmes ...
ou encore à ces parents - individus ou
couples - prisonniers d'interminables
non-dits, par exemple, la dérive non avouée de leur
couple d'adultes
[ de Becker, 1997 ]
: l'enfant y résonne,
veut protéger ses parents et s'enferme ainsi lui aussi
dans un silence dépressif et insécurisé ...
Ici, il est possible de « travailler » ces
souffrances d'adultes,
soit en en déclarant clairement le projet et en le ritualisant,
soit en prenant l'enfant comme point de départ, comme
pré-texte au sens le plus littéral du terme : en quoi sa
souffrance pourrait-elle ressembler à celle des adultes ?
En quoi ceux-ci peuvent-ils se reconnaître en lui ? Ont-ils
été des enfants semblables ou différents
de lui ? S'ils étaient semblables, s'en sont-ils
sortis ? Leur enfant
pourrait-il résonner à quelque souci secret, qui
empoisonne la famille ? Ces questions n'ont pas toujours
d'écho, loin de là, mais nous avons parfois trop
de pudeur ou de prudence que pour les
poser ...
(5)
2)
Deuxième situation-type : Quoi qu'il en soit de sa
souffrance morale propre, un parent n'est ouvert qu'à des
entretiens centrés sur l'enfant, que l'on peut qualifier
« guidance parentale »
(6)
Selon les circonstances et la réceptivité plus limitée de
ce parent, cette guidance peut viser à :
. Ecouter avec empathie le
retentissement, en lui, du
dysfonctionnement dépressif de l'enfant ... aussi loin qu'il
accepte d'aller, sans lui faire violence; l'aider
à évaluer les réactions spontanées
qui s'en suivent : par
exemple, ce parent ne se sent plus aimé ... il est
déçu par
les dysfonctionnements de l'enfant et a honte à
cause de celui-ci ... il ne peut vivre l'enfant que comme
« méchant », etc ...
. Lever quelques malentendus autour
de la signification
possible des comportements de l'enfant; faire remarquer
les cercles vicieux de disqualification
réciproque dans lesquels chacun peut être pris.
. Informer et, dans la mesure du
possible, dédramatiser
les analyses pessimistes et rassurer sur l'avenir et sur
la valeur de chacun : par exemple, on peut appeler la
dépression par son nom et reconnaître sa
fréquence et ses
raisons d'être dans la vie des enfants. On peut encore
relativiser la responsabilité des parents dans la
genèse et l'entretien de cette dépression,
évoquer
l'hypersensibilité de l'enfant, les provocations auxquelles
il se livre, la difficulté pour quiconque à rester
serein.
. Mieux sensibiliser aux besoins
de l'enfant, les besoins
profonds liés à son développement et ceux,
conjoncturels,
liés à son état dépressif ; faire
appel à la
créativité des parents pour qu'ils trouvent des
réponses susceptibles d'être bien reçues par
l'enfant ; éventuellement y aller soi-même de
l'une ou l'autre suggestion concrète : par exemple,
réduction des sources de disqualification ;
réflexion sur les sources d'investissement
enregistrables par l'enfant ( e.a. l'attention apportée
à sa fratrie ne peut-elle pas être source de confusion
et de désespoir pour lui ? ) Invitations
à des tâches et
activités qu'il puisse réussir et par lesquelles il
se sente valorisé ; réflexion sur la marge de
manoeuvre à trouver
entre un surcroît momentané de maternage et un refus de
céder à sa tyrannie, etc ...
. ( Le cas échéant )
discuter la question des
médicaments ou de l'hospitalisation ; préparer
le travail en triade dont nous parlerons plus loin ...
3)
Troisième situation-type : Les parents restent
fermés à la perception d'un état
dépressif chez l'enfant et hostiles à celui-ci.
Inutile alors de s'obstiner et de provoquer de dangereuses
escalades verbales ou/et agies. Mieux vaut se donner des
objectifs limités comme :
. Garder le contact avec les
parents ; les écouter - et les
croire ! - lorsqu'ils disent que l'enfant est
difficile : c'est vrai, subjectivement pour eux ... et souvent
aussi objectivement
(7)
; arrêter de vouloir les convaincre que si
l'enfant est difficile c'est parce qu'il est triste.
. Proposer modestement l'un ou
l'autre réaménagement de
la vie quotidienne, voire des réorientations de l'enfant,
que l'on pense indiquées pour des enfants difficiles.
. Soutenir dans la mesure du possible
l'investissement
de l'enfant ailleurs dans son réseau de vie ( par exemple
à l'école, en orthophonie, dans les mouvements de
jeunesse ...)
. Miser sur l'effet autonomisant et
restaurateur de la
psychothérapie individuelle de l'enfant.
B - Avec l'enfant seul
L'enfant peut être reçu seul
(8),
une ou plusieurs fois par
semaine, pour des entretiens qui s'avèrent
souvent « panachés » dans leur
référence d'école :
lecture psychanalytique du discours verbal et non-verbal
de l'enfant et interprétations qui s'en suivent ;
échanges d'idées chers aux cognitivistes ;
encouragements, suggestions
et entraînements à agir, typiques des thérapies de
soutien ; gestion de la médicamentation, etc. ... Sans
vouloir être exhaustifs, ni prétendre que toutes les
fonctions suivantes s'exercent toujours et
chaque fois, en voici une liste.
- 1. La présence engagée du thérapeute
constirue un facteur essentiel ; sa capacité à
investir l'enfant,
à créer un contact avec lui, mais sans le séduire
grossièrement
[ Denis, 1979 ]
; son accueil de tout ce que
l'enfant met en scène; sa capacité à rester
debout,
référence vivante et protectrice, malgré
les coups de boutoir de l'enfant qui expriment
l'opération de la mort en lui.
A l'occasion, cette présence se fait insistance amicale :
elle signifie alors à l'enfant «
Je
désire que tu viennes,
pour que je puisse t'aider à vivre » Elle
assume sans vaciller que l'enfant réponde
«
Bof, ça ne sert à rien »
Pour évaluer jusqu'à quel point il est constructif
d'insister, on doit être plus attentif ( notamment une
présence fidèle
aux séances ) qu'au discours négativiste.
- 2.
Son écoute patiente en est un corollaire
naturel : face au vide, au silence, aux
banalisations ... ou, à l'inverse, à l'angoisse
si irrationnelle,
au désespoir ou/et au sentiment de persécution
et à l'agressivité qui s'en suit.
Ecoute qui s'efforce d'aller au fond des vécus les plus
difficiles :
Philippe, douze
ans, dysthymique depuis l'âge de deux ans, époque de la
naissance de sa première soeur, finit par évoquer,
après des semaines d'inhibition, de passivité et d'angoisse
aiguë de séparation, l'histoire de la maman-bateau qui n'a
jamais voulu de son petit bateau, et l'envoie
couler au fond de la mer ... avant de dire, encore plus
clairement, qu'il sait bien qu'on ne l'aime pas, puis de dire
son désir de mourir pour ne plus souffrir.
A nous d'écouter d'abord, sans plus, comme un contenant
solide qui peut « encaisser » sans se
briser ... avant de proposer plus tard NOS éventuelles
différences
de perception et de pensée, si tant est
qu'elles soient authentiques ...
. « Fond » présent dans les
vécus épérientiels présents et dans
les racines, dans l'histoire de vie, où l'on relie avec
l'enfant sa résonance aux événements
d'aujourd'hui et ceux de son passé.
Le même Philippe a vu sa dysthymie s'exacerber récemment,
peu après que, suite à un changement d'école,
on le dépose tôt le matin
à la garderie et qu'il voit ses parents et ses
soeurs s'éloigner dans la voiture familiale ... réplique
d'une expérience vécue très douloureusement
autour de ses deux ans, au moment où, bébé, sa
première petite soeur l'a délogé de la garde
chez ses grands-parents et l'a
ainsi forcé à entrer à l'école ... le
même Philippe est
obsédé par la crainte de vomir ... ce qu'il finit
par associer aux vomissements incoercibles de sa mère
lorsqu'elle l'attendait : On lui a parlé ... mais
probablement ont-ils
aussi constitué, depuis toujours, un souvenir
confus et angoissant ... probablement aussi y lit-il un
symbole ( « Elle vomit ! » )
Quoi qu'il en soit, il se dit qu'après
tout il a dû avoir peur de
« partir avec » et il en fait
le premier signe du rejet dont il se sent la victime.
Ecoute qui renvoie l'enfant à lui-même, qui cherche
avec lui
à comprendre pourquoi, qui reconstitue l'histoire de sa vie,
avec ses expériences angoissantes et traumatiques. Ecoute
encore qui ne nie pas que l'enfant peut parfois avoir raison,
c'est-à-dire qu'il a réellement fait
les éprouvantes expériences de non-amour et de
disqualification qu'il dénonce.
- 3.
La capacité du thérapeute à
échanger est tout aussi omportante : sa capacité
de donner « un petit quelque chose de soi »,
sans vouloir combler toutes les grandes étendues de vide
existentiel à
l'oeuvre chez l'enfant ; sa capacité à demander
quelque chose en retour («
Et toi, qui es aussi un
être de valeur, si tu me donnais à ton tour quelque
chose de toi, par exemple, quelque chose du monde de tes
idées ? ... »),
sans déception ni rejet si la réciprocité
ne s'installe pas tout de suite.
-
Et, plus précisément,
dans cette perspective du don,
sa capacité à proposer à l'enfant des
idées nouvelles
destinées, s'il veut bien les recevoir, à
déstabiliser et
à modifier ses représentations mentales
négatives du moment
(9)
Parfois, cette proposition se fait directement, verbalement,
clairement. Parfois, l'enfant est plus passif ou plus sur la
défensive, et l'on recourt à des supports et
à des personnages
imaginaires pour faire passer des messages
importants
(10)
: histoires
que l'on tente de construire avec lui, voire, dans les cas les plus
délabrés, histoires que l'on imagine tout seul, en
vérifiant vaille que vaille s'il les accepte, et qui mettent
en scène des personnages dépressifs et leur destin;
dessins, textes en écriture
alternée
[ Chevrier, 1994 ]
,
squiggles ou/et jeux que l'on suggère dans la même
perspective ...
Pour illustrer ces techniques, voici un texte en écriture
alternée co-produit par Philippe ( douze ans,
déjà évoqué ) c'est produit
à un
moment où le préado commence à aller mieux ) mais
reste néanmoins des plus silencieux, anergique. Le texte
émanant de Philippe est
souligné.
Le camion plein de whisky conduit par Mr Philippe Dupont est
tombé dans le canal. Mr Philippe alla chercher une pompe pour
récupérer le whisky. En chemin, il rencontra un mort
plein de sang. C'était une femme : on l'avait coupée en
morceaux. Mr Philippe s'en fiche et va trouver une pompe
pour récupérer son whisky. Etc ...
COMMENTAIRES :
Ce texte est spontané, pour l'un comme pour
l'autre. Côté thérapeute, il s'inspire de ce
que Bion appelle sa
« capacité de rêverie » du
moment. Après la suggestion initiale
« le camion », faite par Philippe, la
première phrase est une mise en scène
métaphorique, faite par moi, de ce qu'a pu être la
dépression : la vie - représentée
de façon quelque peu breughelienne par le camion de
whisky - s'arrête et tombe à l'eau. Philippe,
néanmoins,
essaie de survivre et va à la recherche de quelque chose.
J'imagine que c'est à la recherche d'un
instrument - une pompe - pour faire repartir la
vie : c'est
narcissique, ça ne met pas en scène l'autre, et pourtant,
ce pourrait être une représentation de la
thérapie. Sur le chemin, il rencontre la mort. Comme
je connais les moments d'agressivité intense de Philippe
envers la mère archaïque ... et que l'actualité
belge du moment est intéressante à ce
propos (11)
, je
suggère que ce soit une femme
coupée en morceaux : Comble de l'agressivité ou
de l'incapacité à imaginer du lien,
Philippe la dédaigne et continue sa route. Etc. ...
Pour tel enfant dépressif, la tonalité
dominante des représentations mentales porte sur
l'inquiétude quant à l'avenir, le désespoir
quant au fait d'être à nouveau aimé.
Alors nous pouvons lui signaler délicatement ce que nous
croyons
excessif dans son pessimisme, lui indiquer que nous voyons l'avenir
autrement que lui, dédramatiser la signification de certaines
réponses sociales à ses actes, qu'il imagine trop
persécutrices, parler de nos raisons d'espérer ... et
ceci, sans vouloir le convaincre,
mais simplement en situant nos différences.
Si la tonalité dominante est à
l'autodévalorisation,
nous pouvons indiquer, tout aussi délicatement, les
qualités que nous remarquons chez l'enfant et que d'autres lui
reconnaissent probablement aussi, en acceptant que pour le moment
il n'y croie pas ; nous pouvons lui parler aussi de son impossible
et inhumain désir de perfection et de la tyrannie de son
Idéal du Moi
[ Ajuriaguerra, 1980 ]
(12)
Si l'enfant dépressif se montre trop soumis
à l'arbitraire d'autrui,
avec un retournement contre soi de l'agressivité, nous pouvons
attirer son attention sur la mise en place bien
cruelle de ce mécanisme, et essayer de provoquer au moins
la représentation mentale, voire l'issue, d'une
agressivité jusqu'alors refoulée contre l'objet
lâcheur
ou/et persécuteur
(«
Je trouve [ aussi ] que ce n'est pas
très juste ce qui t'est arrivé
là ») Agressivité dont la
reconnaissance par l'enfant et l'expression ne sont pas
sans risques : levée d'anxiété, qu'il
faut soutenir, au
moment où surgit l'agressivité
sadique
[ Penot, 1985 ]
;
illusion de toute-puissance ; clivage des gens en bons et
mauvais, en lieu et place provisoire d'une ambivalence
plus mûre, etc. ...
- 4.
On peut évoquer encore la capacité
du thérapeute à donner des
informations plus générales : par exemple
sur ce qu'est
la dépression et son devenir ; sur la manière
dont notre
histoire nous imprègne ; sur les raisons d'être de
certaines réactions des parents, etc. ...
- 5. ET il y a aussi la capacité à
encourager : l'espérance qu'exprime le
thérapeute en
des lendemains plus sereins ; les invitations qu'il lance
à
poser des comportements plus efficaces, à
participer à des activités plaisantes ou/et susceptibles
d'être des réussites ; les invitations à
se créer et
à se répéter mentalement des pensées
positives ;
l'entraînement, en séance, à l'affirmation de
soi et
à un style relationnel plus satisfaisant. Tout ceci sans
jamais culpabiliser l'enfant qui, pour le moment, n'y
croirait pas, ne pourrait pas ou ne voudrait pas, mais
sans jamais cesser de revenir à la charge à
l'occasion.
C - Avec la triade « enfant
déprimé-parents »
Lorsque les deux parents sont réceptifs à
l'idée de la
souffrance dépressive de l'enfant, les réunir
régulièrement en compagnie de celui-ci constitue
souvent une
expérience restructurante pour
tous
(13)
L'enfant y reçoit,
à des moments rituels répétés, le
surcroît d'attention
et d'investissement que nécessite son état de grand
malade, et, à partir de ces signes extérieurs, il peut
s'imprégner et se convaincre mieux de sa valeur.
Il y répète néanmoins
« hic et nunc » ses comportements
dépressifs
habituels ( silences, découragement,
irritabilité ... ) et l'on
peut réfléchir sur-le-champ à leur
retentissement chez les
adultes - thérapeute inclus -, aux malentendus qu'ils
génèrent et aux différentes manières
de les gérer.
On peut échanger des vues sur les idées, affects et
questions de
chacun, voire revenir sur certains thèmes déjà
exprimés en entretien
« monogénérationnel » : Nous
avons déjà dit que, pour nous, l'ambiance
systémique
du travail autorisait cette circulation de la parole, à
la réserve d'autres engagements qui auraient été
pris avec tel adolescent ...
On peut encore évoquer des éléments de
l'histoire de vie des parents, qui ont contribué à
modeler
l'image qu'ils se font de l'enfant et leurs attentes sur
lui, et réfléchir à leur adéquation
à l'équipement, aux
capacités et aux désirs de l'enfant. Dans le
même ordre
d'idées, on peut passer en revue l'histoire de la grossesse,
de la naissance
et des premières années de vie de l'enfant
déprimé :
outre la valeur restauratrice pour lui de la seule
évocation de son histoire dont il
« refait le plein »,
on a souvent l'occasion d'y repérer des
événements
ou/et expériences relationnelles qui ont pu altérer la
mise en place de sa
« confiance de base » : on peut en
parler à l'enfant, lui expliquer - ainsi qu'à ses
parents - que ces événements sont probablement une
des racines de sa sensibilité dépressive, et lui montrer
comment des signes contemporains,
souvent mineurs, en réveillent la résonance
douloureuse en lui.
D - Avec l'ensemble de la famille nucléaire
La présence des frères et soeurs, avec leurs exigences
affectives et leurs besoins propres, a pour effet que
les séances menées avec toute la famille ne constituent
pas vraiment un moment d'attention particulière accordée
à l'enfant en souffrance ; l'ambiance y est davantage
au conflit, à la négociation, au partage ...
Si l'on prévoit qu'il en sera ainsi, mieux vaut
peut-être
ne pas y recourir précocement : l'enfant y verrait
confirmée l'hostilité ambiante dont il n'a
déjà que
trop la conviction qu'elle lui est irrémédiablement
et massivement destinée ... ou alors, il serait quand
même hissé à une place privilégiée, mais au prix du
désinvestissement de ses frères et soeurs, qui le lui
feraient payer par après. Nous préférons donc commencer
par la formule triadique : l'expérience d'attention
particulière qu'elle constitue n'est pas de l'ordre
de l'illusion stérile : on peut y évoquer l'histoire
de l'enfant, ou les aléas de la vie quotidienne, rappeler
la place qu'y prennent de facto les frères et soeurs et
celle à laquelle ils ont droit ... mais en
faisant de l'enfant en souffrance un interlocuteur
momentanément privilégié.
Puis, au fur et à mesure que l'enfant reprend pied dans
la vie, il peut être important d'adjoindre des
séances familiales
aux séances triadiques, voire de substituer
celles-là à celles-ci, en ce qu'elles sont un meilleur
reflet de la réalité quotidienne
de laquelle il faut s'accomoder.
Les objectifs sont analogues à ceux des séances
triadiques,
mais se décentrent progressivement de la seule sollicitude
pour la dépression de l'enfant : les intérêts
de chacun doivent être pris en compte. On peut s'occuper
aussi de thèmes qui concernent la famille en
général :
par exemple, peut-on atténuer certaines sources
de soucis qui l'insécurisent et
l'étouffent ? Peut-on
mieux l'insérer dans un réseau social plus large,
de nouvelles « respirations » ? La
famille génère-t-elle des
activités communes qui soient sources de plaisir ?
Sait-elle se détendre ? Investit-elle dans d'autres
valeurs que la réussite scolaire ou/et professionnelle ?
Etc ...
[ de Becker et coll., 1997 ]
E - Avec d'autres membres, professionnels ou non, du réseau
de vie de l'enfant
Ces entretiens sont dictés par les
circonstances. Si l'enfant est vit en maison d'enfants ou est
hospitalisé,on peut les mener avec les éducateurs
ou/et le personnel soignant. S'il va toujours à l'école,
ou s'il faut y préparer sa réinsertion,
il peut être bien utile d'en rencontrer les responsables,
instituteur en tête. Les objectifs de ces rencontres
sont très analogues à ceux que nous avons énumérés à
propos de la guidance parentale.
II. Autres composantes du programme
A - Le recours à une médication antidépressive,
voire
à une combinaison d'anxiolytiques et d'antidépresseurs
Bien que la plupart des études reconnaissent que l'effet
organique des antidépresseurs chez l'enfant, avant
quatorze-quinze ans est ( très )
moyen, on les ajoute pourtant au traitement lorsque
les symptômes sont très pénibles, longs et
invalidants, par
exemple s'ils compromettent le fonctionnement psychophysiologique
( sommeil, appétit, contrôle psychomoteur ...),
lorsque l'idéation suicidaire est clairement
présente ou/et lorsque l'on fait l'hypothèse d'une
composante endogène
importante
[ Ferrari, 1993 ;
Marcelli, 1995 ]
Aujourd'hui les inhibiteurs sélectifs
du réuptake de la sérotonine, ont un effet
thérapeutique au moins égal aux anciens tricycliques. On
nous propose aussi des réinhibiteurs
mixtes ( sérotonine/adrénaline ) mais dont l'effet
ne semble pas plus puissant. Les moindres
effets anticholinergiques sont intéressants, de même
que la moindre cardiotoxicité et que la moindre
létalité lors des TS volontaires. De loin en loin,
en cas de surdosage, il apparaît de la désinhibition
( impulsivité, comportements maladroits et parfois
dangereux, excitation des idées et de
l'imagination ) ; elle
est heureusement réversible. Un somnifère un peu
anxiolytique comme le Trazolan rend également de bons
services.
La plupart des enfants concernés vivent positivement
l'idée d'une médicamentation ajoutée au
reste et bien
commentée
(14)
Mais on ne peut pas attendre d'eux qu'ils
expriment une adhésion claire et enthousiaste : ils ne
seraient pas des enfants déprimés ! Dans l'état d'apathie
et de non-désir où ils sont, il ne faut pas non plus leur
demander une gestion autonome efficace de leurs
médicaments : aux parents donc à inclure celle-ci dans
le surcroît de maternage restaurateur auquel ils sont
invités.
Chez les parents, l'idée de médicamenter l'enfant reçoit
un accueil spontané variable : leurs questions et réactions
doivent donc être entendues. S'ils finissent
par en accepter l'idée sans trop d'ambivalence, cela peut
signifier dans leur chef une reconnaissance de la nature
bio-psycho-sociale de notre identité d'humains et
donc l'acceptation des richesses mais aussi des limites
induites par ce que l'on pourrait appeler
« la part du corps »
S'ils restent réticents, mieux vaut probablement
s'abstenir.
B - L'hospitalisation de l'enfant
Elle peut se faire dans un service de pédiatrie
générale qui s'avèrerait réceptif,
accueillant aux problématiques psychopathologiques
et si une équipe psycho-sociale compétente
y fonctionne aux côtés des pédiatres; elle
peut se faire
aussi dans un service hospitalier de pédopsychiatrie, mais
l'hospitalisation en pédiatrie évite davantage
l'étiquetage comme malade mental.
L'hospitalisation est parfois inévitable face à la
sévérité des symptômes, pour éviter l'intolérance et
l'escalade agressive ou une montée d'angoisse incoercible en
famille. Paradoxalement, l'hospitalisation garantit souvent
mieux et un surcroît de maternage serein et une réduction
des bénéfices secondaires excessifs et des
démissions rageuses face à la tyrannie de certains enfants
déprimés : par exemple, et surtout si l'on pense à
s'organiser dès les premières heures de l'hospitalisation,
on peut, sans céder à tous ses caprices, négocier et
réglementer les visites de la famille à l'enfant, en
tenant compte des absences que celui-ci peut supporter et en
organisant des relais entre différents membres de la famille.
Enfin, l'hospitalisation permet un entraînement,
progressif et adapté aux forces de l'enfant, vers des
activités scolaires, de loisir ou d'occupation, formelles et
informelles. Elle permet aussi l'intensification et la
coordination des entretiens en un même
lieu
[ Hayez, 1991 ]
C - Les éventuels réaménagements de la vie
Même si l'enfant déprimé manque souvent peu
ou prou de « confiance de base » il passe
également par des
expériences concrètes contemporaines lui
confirmant qu'il est
peu digne d'amour ou/et peu compétent. Ou encore, c'est
toute la famille qui y passe et il s'en imprègne. Que ces
sources négatives opèrent ou non, à
l'inverse, on peut penser à lui faire faire des
expériences
gratifiantes, destinées à lui démontrer qu'il est
aimable ou/et compétent.
Bien des réaménagements pourraient
s'en suivre : de nouveaux
contacts sociaux positifs; des réorientations
scolaires, la mise en route de rééducations destinées
à pallier à certaines insuffisances cognitives;
des propositions d'activités sociales, culturelles,
sportives, récréatives ; des propositions de
tâches
adaptées à ses forces. Tout cela doit être
négocié
avec l'enfant et sa famille et proposé parfois avec
un rien d'insistance enthousiaste, mais sans violence. Tout en
croyant à la puissance thérapeutique de la parole, nous ne
pensons pas qu'elle suffise toujours à elle seule ...
CHEVRIER A., FARCY C.,
Intérêt de l'histoire en lignes alternées en
pédopsychiatrie et en orthophonie,
Neuropsyc. de l'enf. et de l'adolesc., 1994,
11-12, 770-776.
DE AJURIAGUERRA J.,
Manuel de psychiatrie de l'enfant, Paris, Masson, 1980.
de BECKER E., LESCALIER I., CHAMARIQ D.,
La dépression chez l'enfant de moins de 13 ans : repères
cliniques et apports des entretiens familiaux, 1997,
inédit.
DENIS P.,
Du traitement analytique à la période de latence : A) La période de
latence et son abord thérapeutique,
Psychiatrie de l'enfant, 1979, XXII-2, 281-333.
DIATKINE R.,
Réflexions sur les traitements à la période de latence,
Psychiatrie de l'enfant, 1979, XXII-2, 363-380.
EPELBAUM C., FERRARI P.,
La prise en charge des parents dans le cadre des
dépressions de l'enfant,
Neuropsyc. de l'enf. et de l'adolesc., 1992, 40-10, 516-520.
ERIKSON E.,
Enfance et société, Neuchatel, Delachaux et Niestlé, 1966.
FERRARI P.,
Dépression, 357-370
in Psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent,
Ferrari P. et Epelbaum C., Médecine-Sciences, Flammarion, 1993.
HAYEZ J.-Y. et coll.,
Le psychiatre à l'hôpital d'enfants, Paris, P.U.F., 1991.
MARCELLI D.,
La dépression chez l'enfant, 1437-1462
in Nouveau traité de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent,
Lebovici S., Dratkine R. et Soulé M., Paris, P.U.F., 1995.
PENOT B.,
La dépression chez l'enfant, 291-304
in Traité de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent,
Lebovici S., Dratkine R. et Soulé M., Paris, P.U.F., 1985.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
- Notes. -
(1). Psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie,
professeur émérite à la Faculté de
Médecine de l'Université
Catholique de Louvain, premier chef du service de Psychiatrie
Infanto-Juvénile des Cliniques universitaires Saint-Luc.
Courriel :
jyhayez@uclouvain.be
(2.) Contre-transfert ? Grosso modo, les émotions
vécues par le thérapeute, avec les idées qui
les accompagnent, qui sont déclenchées par le mode et
le contenu d'expression du client, mais qui sont bien plus
centralement causées par l'histoire de vie du
thérapeute.
(3.) Mettons cependant un bémol à cette
évaluation positive de la psychothérapie personnelle
à laquelle souscrirait un parent : il est
déjà arrivé que, consciemment ou non, elle
constitue, au moins en partie, une manœuvre dictée par
la jalousie, l'avidité affective et la rivalité
avec l'enfant, destinée à assurer à un parent
fragile l'attention exclusive du thérapeute ... si ce
petit jeu réussit, l'enfant y voit, une fois de plus, la
confirmation de son insignifiance et de son échec à
se faire entendre. Aux thérapeutes donc à bien
répartir leur temps entre tous ceux qui en ont besoin.
(4). Remarquons que, même avec les parents relevant de
la situation-type précédente, il est souvent utile
d'adjoindre à leur psychothérapie l'un ou l'autre
entretien centré sur l'éducation quotidienne de l'enfant.
(5). Objectivement ? Je veux dire que ce serait
perçu comme tel par la majorité des personnes qui
auraient à vivre avec cet enfant.
(6). Remarquons que, même avec les parents relevant de
la situation-type précédente, il est souvent utile
d'adjoindre à leur psychothérapie l'un ou l'autre
entretien centré sur l'éducation quotidienne de l'enfant.
(7). C'est-à-dire que ce serait perçu comme
tel par la majorité des personnes qui auraient à vivre
avec lui.
(8). Les plus régressifs ou/et les plus marqués par
l'angoisse de séparation ne supportent pas toujours l'absence
d'un parent, auquel ils se raccrochent comme à une bouée
de sauvetage. Avec patience, on devrait pouvoir
accepter de faire leur thérapie en présence de ce parent,
du moins au début.
(9). Si l'on se réfère à une
modélisation cognitiviste
de la dépression, celle-ci est largement basée sur
l'hypothèse de dysfonctionnements cognitifs autonomes,
comme par exemple, la scotomisation des événements
positifs
présents ou l'hypermnésie et l'amplification des fautes
et des manquements passés et présents; on combat donc
ces idées fausses comme on peut, par exemple en en proposant
d'autres. Dans une perspective plus analytique,
les représentations mentales douloureuses et erronées,
conscientes et inconscientes, sont davantage le fruit de
l'histoire de vie et des conflits du sujet : il faut donc
retravailler l'inscription intrapsychique de ceux-ci ... de là
à dire que des contre-informations portant sur les affects
et les contenus mentaux conscients n'ont aucune valeur,
il y a un pas à ne pas franchir.
(10). Lorsque nous faisons passer des messages restructurants via
un matériel imaginaire qui se veut très proche du
cheminement intérieur de l'enfant, la limite entre ce que
l'on pourrait appeler une
« fonction d'information »
- adaptée à sa
réceptivité - et une « fonction
d'interprétation » n'est pas toujours très
claire. Après tout, seul compte le résultat ...
(11). A l'époque un serial killer, qui n'a jamais
été identifié, déposait dans des
sacs-poubelle des corps de femmes dépecées.
(12). Nous sommes plus démunis, par contre, les rares fois
où nous faisons l'hypothèse que s'est mise en place une
défense masochiste ( par exemple, provocations
maladroites répétées ) voire les fois
où l'enfant nous en parle ( Philippe, toujours lui, au
sortir de la grave dépression
où il a beaucoup parlé du rejet de lui, ajoute :
«
Moi, j'aime bien quand je me fais souffrir ...
j'aime bien quand je rêve qu'on m'arrache mes
dents ») Suffit-il
d'écouter, d'aller à la recherche des
racines - non des
dents, mais de la souffrance - dans l'histoire du sujet et
d'essayer de provoquer le retour d'une agressivité
dirigée contre l'objet ? Faut-il attirer
son attention sur le
mécanisme masochique lui-même, le mettre en garde
sur ses risques et lui proposer de se discipliner ?
(13). Par contre, lorsqu'un des parents reste fermé ou
hostile à l'enfant, travailler avec la dyade
constituée par
celui-ci et l'autre parent nous semble plus hasardeux : comment
y éviter, en effet, ce que les systémiciens
appellent « l'alliance perverse », l'accusation
de l'absent et finalement la culpabilité ? Nous ne
sommes pas loin
de penser de même lorsqu'un des deux parents - souvent
le père - se dit indisponible : recevoir un
surcroît
de maternage de sa mère seule ne nous semble pas de nature
à redonner à l'enfant un sentiment plus puissant de
sa valeur ( sexuée ) Mieux vaut donc mettre de
l'énergie à convaincre le parent occupé
ailleurs de l'importance qu'il a pour la croissance de son enfant,
et se contenter des moments où ils peuvent venir à
trois.
Si les parents sont séparés, la réunion
« triadique » peut être
remplacée par des
réunions dyadiques où viennent
en alternance le père et la mère.
(14). Et l'on peut probablement s'abstenir d'y recourir
vis-à-vis de ceux qui ne savent la vivre que comme une
persécution.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
Résumé
L'article décrit de
façon détaillée le traitement des
dépressions sévères qui
décompensent chez l'enfant à l'âge de la
latence. Il commence par une réflexion sur le
contre-transfert, qui gagne à osciller entre patience
et invitation à la vie. Il se centre ensuite sur les
entretiens thérapeutiques, en proposant qu'ils se
répartissent souplement entre entretiens individuels,
avec les parents, avec les parents et l'enfant
déprimé, et parfois avec toute la famille
nucléaire et d'autres intervenants dans la vie de
l'enfant. La centration des entretiens avec les parents est
fonction de leur investissement de l'enfant et de leur
capacité d'introspection. Les entretiens avec
l'enfant reposent sur la capacité de présence
forte du thérapeute, son écoute patiente, sa
capacité à échanger et à
introduire des idées nouvelles, et sa capacité
à encourager. Avec la triade " parents-enfant
déprimé " on peut, entre autres, reconstituer
l'histoire de vie de l'enfant, depuis ses moments les plus
précoces. D'autres composantes du traitement, quoique
parfois très importantes, ne sont que citées
dans l'article (médicamentation,
hospitalisation...).
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
Abstract.
The article describes the treatment of
severe depression which develops in children during the
period of latency. To start with, the author proposes a
reflection on countertransference and how it gains by
oscillating between patiently listening and stimulating the
child's will to live. The author then focuses his discussion
on the description of therapeutic sessions which he proposes
that they be flexibly distributed between individual
sessions, thoses with the parents, with the parents and
their depressed child, and sometimes sessions which include
the whole nuclear family as well as those with external
parties who intervene in the child's life. The focus on
sessions with the parents depends on their commitment in the
interest of their child and their capacity for
introspection. Sessions with the child rely on the child
therapist's ability to maintain the strength of his
presence, to listen to the child patient, to introduce and
exchange new ideas, and on his encouraging qualities. The
triad formed through the parents, their depressed child and
therapeutic ameneties enables among other things the
reconstruction of the child's life history from his earliest
moments to the present day. Other components of treatment,
though they be sometimes of utmost importance, are only
mentioned in this article ( medication, hospitalization ).
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
Resumen.
N.B.
(
N.B.)
Tratamiento de las depresiones severas en descompensación
a la edad del estado.(s032)
El artículo describe de manera detallada el tratamiento
de las depresiones severas que
sufren los niños entre 6 y 12 anos estado. Comienza
con una reflexión sobre la
contratransferencia, que gana a oscilar entre paciencia e
invitación a la vida. Se centra
a continuación en las conversaciones terapeúticas,
proponiendo que se distribuyen
flexiblemente entre conversaciones individuales, con los padres,
con los padres y el
niño depresivo, y a veces con toda la familia nuclear
hasta con otros participantes en la
vida del niño. El centration de las entrevistas con
los padres es función de su inversión
del niño y de su capacidad de introspección. Las
entrevistas con el niño se basan en la
fuerte capacidad de presencia del terapeuta, su escucha
paciente, su capacidad para
intercambiar e introducir nuevas ideas, y su capacidad
para fomentar. Con la tríada
" padre - niño depresivo " se puede, entre otras
cosas, reconstituir la historia de vida del
niño, desde sus momentos más precoces. Otros
componentes del tratamiento, aunque
a veces muy importantes, solo se esbozan en el
artículo ( farmacoterapia,
hospitalización ...).
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
MOTS CLES:
DEPRESSION , dépression chez l'enfant, épisode
dépressif majeur, dysthymie, suicide, angoisse de
séparation, idées suicidaires, culpabilité,
phobie scolaire, psychothérapie, psychothérapie
à la puberté, étude de cas ( dépression ),
psychothérapie des adolescents, thérapie,
thérapie à la puberté, thérapie des
adolescents, guidance des parents, guidance parentale, hôpital,
engagement de soi, mort, mort d'un parent, séquelles de l'abus,
entretiens " parents-enfant déprimé ",
entretiens individuels avec l'enfant déprimé.
KEYWORDS :
Depression in children, Individual
sessions with a depressed child, Sessions with parents and
their depressed child.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
Création le dimanche 01 février 2004.
Dernière mise à jour
le dimanche 02 mai 2010.
Issu d'un document en traitement de texte remis par le
professeur Jean-Yves Hayez.
ds.ds
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Bravo de m'avoir trouvé
Félicitations
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.

... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480
mais est encore correcte avec les écrans
plus grands 1600x1200 ou autres.
Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur
Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son
infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
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n'est constitué que
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Ce site a été composé par un bénévole sans
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du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
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non expliquée. Nous le regrettons vivement
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Plan.
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Résumé - Abstract - Resumen
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Mots clés
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Bibliographie
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Notes.
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intégral de ce site en format traitement de texte.
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immédiatement sur votre écran.
Le traitement des dépressions sévères en
décompensation à l'âge de la latence.
§ I - LE CONTRE-TRANSFERT.
§ II - LE PROGRAMME THERAPEUTIQUE.
Bibliographie.
Résumé - Abstract.
Mots clés - Keywords
Notes
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
- Notes automatiques. -
.
.
Note N.B.
(N.B.). Ce résumé approuvé par le
professeur Jean-Yves Hayez a été ajouté
au texte le 14.08.2005
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 1.
(1). Psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie,
professeur émérite à la Faculté de
Médecine de l'Université
Catholique de Louvain, premier chef du service de Psychiatrie
Infanto-Juvénile des Cliniques universitaires Saint-Luc.
Courriel :
jyhayez@uclouvain.be
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 2.
(2.) Contre-transfert ? Grosso modo, les émotions
vécues par le thérapeute, avec les idées qui
les accompagnent, qui sont déclenchées par le mode et
le contenu d'expression du client, mais qui sont bien plus
centralement causées par l'histoire de vie du
thérapeute.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 3.
(3.) Mettons cependant un bémol à cette
évaluation positive de la psychothérapie personnelle
à laquelle souscrirait un parent : il est
déjà arrivé que, consciemment ou non, elle
constitue, au moins en partie, une manœuvre dictée par
la jalousie, l'avidité affective et la rivalité
avec l'enfant, destinée à assurer à un parent
fragile l'attention exclusive du thérapeute ... si ce
petit jeu réussit, l'enfant y voit, une fois de plus, la
confirmation de son insignifiance et de son échec à
se faire entendre. Aux thérapeutes donc à bien
répartir leur temps entre tous ceux qui en ont besoin.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 4.
(4). Remarquons que, même avec les parents relevant de
la situation-type précédente, il est souvent utile
d'adjoindre à leur psychothérapie l'un ou l'autre
entretien centré sur l'éducation quotidienne de l'enfant.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 5.
(5). Objectivement ? Je veux dire que ce serait
perçu comme tel par la majorité des personnes qui
auraient à vivre avec cet enfant.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 6.
(6). Remarquons que, même avec les parents relevant de
la situation-type précédente, il est souvent utile
d'adjoindre à leur psychothérapie l'un ou l'autre
entretien centré sur l'éducation quotidienne de
l'enfant.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 6.
(6). Si l'on se réfère à une modélisation cognitiviste
de la dépression, celle-ci est largement basée sur
l'hypothèse de dysfonctionnements cognitifs autonomes,
comme par exemple, la scotomisation des événements positifs
présents ou l'hypermnésie et l'amplification des fautes
et des manquements passés et présents; on combat donc
ces idées fausses comme on peut, par exemple en en proposant
d'autres. Dans une perspective plus analytique,
les représentations mentales douloureuses et erronées,
conscientes et inconscientes, sont davantage le fruit de
l'histoire de vie et des conflits du sujet : il faut donc
retravailler l'inscription intrapsychique de ceux-ci ... de là
à dire que des contre-informations portant sur les affects
et les contenus mentaux conscients n'ont aucune valeur,
il y a un pas à ne pas franchir.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 7.
(7). C'est-à-dire que ce serait perçu comme
tel par la majorité des personnes qui auraient à vivre
avec lui.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 8.
(8). Les plus régressifs ou/et les plus marqués par
l'angoisse de séparation ne supportent pas toujours l'absence
d'un parent, auquel ils se raccrochent comme à une bouée
de sauvetage. Avec patience, on devrait pouvoir
accepter de faire leur thérapie en présence de ce parent,
du moins au début.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 9.
(9). Si l'on se réfère à une
modélisation cognitiviste
de la dépression, celle-ci est largement basée sur
l'hypothèse de dysfonctionnements cognitifs autonomes,
comme par exemple, la scotomisation des événements
positifs
présents ou l'hypermnésie et l'amplification des fautes
et des manquements passés et présents; on combat donc
ces idées fausses comme on peut, par exemple en en proposant
d'autres. Dans une perspective plus analytique,
les représentations mentales douloureuses et erronées,
conscientes et inconscientes, sont davantage le fruit de
l'histoire de vie et des conflits du sujet : il faut donc
retravailler l'inscription intrapsychique de ceux-ci ... de là
à dire que des contre-informations portant sur les affects
et les contenus mentaux conscients n'ont aucune valeur,
il y a un pas à ne pas franchir.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 10.
(10). Lorsque nous faisons passer des messages restructurants via
un matériel imaginaire qui se veut très proche du
cheminement intérieur de l'enfant, la limite entre ce que
l'on pourrait appeler une
« fonction d'information »
- adaptée à sa
réceptivité - et une « fonction
d'interprétation » n'est pas toujours très
claire. Après tout, seul compte le résultat ...
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 11.
(11). A l'époque un serial killer, qui n'a jamais
été identifié, déposait dans des
sacs-poubelle des corps de femmes dépecées.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 12.
(12). Nous sommes plus démunis, par contre, les rares fois
où nous faisons l'hypothèse que s'est mise en place une
défense masochiste ( par exemple, provocations
maladroites répétées ) voire les fois
où l'enfant nous en parle ( Philippe, toujours lui, au
sortir de la grave dépression
où il a beaucoup parlé du rejet de lui, ajoute :
«
Moi, j'aime bien quand je me fais souffrir ...
j'aime bien quand je rêve qu'on m'arrache mes
dents ») Suffit-il
d'écouter, d'aller à la recherche des
racines - non des
dents, mais de la souffrance - dans l'histoire du sujet et
d'essayer de provoquer le retour d'une agressivité
dirigée contre l'objet ? Faut-il attirer
son attention sur le
mécanisme masochique lui-même, le mettre en garde
sur ses risques et lui proposer de se discipliner ?
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 13.
(13). Par contre, lorsqu'un des parents reste fermé ou
hostile à l'enfant, travailler avec la dyade
constituée par
celui-ci et l'autre parent nous semble plus hasardeux : comment
y éviter, en effet, ce que les systémiciens
appellent « l'alliance perverse », l'accusation
de l'absent et finalement la culpabilité ? Nous ne
sommes pas loin
de penser de même lorsqu'un des deux parents - souvent
le père - se dit indisponible : recevoir un
surcroît
de maternage de sa mère seule ne nous semble pas de nature
à redonner à l'enfant un sentiment plus puissant de
sa valeur ( sexuée ) Mieux vaut donc mettre de
l'énergie à convaincre le parent occupé
ailleurs de l'importance qu'il a pour la croissance de son enfant,
et se contenter des moments où ils peuvent venir à
trois.
Si les parents sont séparés, la réunion
« triadique » peut être
remplacée par des
réunions dyadiques où viennent
en alternance le père et la mère.
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Note 14.
(14). Et l'on peut probablement s'abstenir d'y recourir
vis-à-vis de ceux qui ne savent la vivre que comme une
persécution.
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- Bibliographie automatique. -
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Bibliographie numéro 1.
1. CHEVRIER A., FARCY C.,
Intérêt de l'histoire en lignes alternées en
pédopsychiatrie et en orthophonie,
Neuropsyc. de l'enf. et de l'adolesc., 1994,
11-12, 770-776.
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Bibliographie numéro 2.
2. DE AJURIAGUERRA J.,
Manuel de psychiatrie de l'enfant,
Paris, Masson, 1980.
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Bibliographie numéro 3.
3. de BECKER E., LESCALIER I., CHAMARIQ D.,
La dépression chez l'enfant de moins de 13 ans : repères
cliniques et apports des entretiens familiaux,
1997, inédit.
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Bibliographie numéro 4.
4. DENIS P.,
Du traitement analytique à la période de latence : A) La période de
latence et son abord thérapeutique,
Psychiatrie de l'enfant, 1979, XXII-2, 281-333.
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Bibliographie numéro 5.
5. DIATKINE R.,
Réflexions sur les traitements à la période
de latence,
Psychiatrie de l'enfant, 1979, XXII-2, 363-380.
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Bibliographie numéro 6.
6. EPELBAUM C., FERRARI P.,
La prise en charge des parents dans le cadre des
dépressions de l'enfant,
Neuropsyc. de l'enf. et de l'adolesc., 1992, 40-10, 516-520.
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Bibliographie numéro 7.
7. ERIKSON E.,
Enfance et société,
Neuchatel, Delachaux et Niestlé, 1966.
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Bibliographie numéro 8.
8. FERRARI P.,
Dépression, 357-370
in Psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent,
Ferrari P. et Epelbaum C., Médecine-Sciences, Flammarion, 1993.
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Bibliographie numéro 9
9. HAYEZ J.-Y. et coll.,
Le psychiatre à l'hôpital d'enfants,
Paris, P.U.F., 1991.
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Bibliographie numéro 10
10. MARCELLI D.,
La dépression chez l'enfant, 1437-1462
in Nouveau traité de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent,
Lebovici S., Dratkine R. et Soulé M., Paris, P.U.F., 1995.
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Bibliographie numéro 11
11. PENOT B.,
La dépression chez l'enfant, 291-304
in Traité de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent,
Lebovici S., Dratkine R. et Soulé M., Paris, P.U.F., 1985.
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Le traitement des dépressions sévères en
décompensation à l'âge de la latence.
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