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Le traitement des mineurs abusés sexuellement et
de leur famille.
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Le traitement des mineurs
abusés sexuellement
et de leur famille.
* biographie et receuil de publications scientifiques du
professeur Jean-Yves Hayez.

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" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va
et d'employer l'esprit à le justifier."
Jean Guéhenno.
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Paru dans Criminologie et psychiatrie
Le traitement des mineurs abusés sexuellement
et de leur famille.
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J.-Y. Hayez
Traitement doit être pris dans l'acception
large du terme anglais management : elle couvre
tout ce qui est fait pour détecter,
diagnostiquer, favoriser une mobilisation
positive des attitudes des personnes impliquées
et empêcher la récidive de l'abus.
Par manque de place, nous raisonnerons en
référence à une seule situation paradigmatique
: un inceste commis sur un mineur par quelqu'un
qui exerce la fonction parentale. Cet abus
fréquent est aussi le plus difficile à traiter;
tout le reste est plus facile (1)
, et au
lecteur à faire les adaptations créatives qui
lui permettront d'y faire face!
Dans les pays européens de tradition latine,
deux grands modèles de traitement ont été mis
en place pour faire face à ces abus sexuels :
un modèle judiciaire ou à prédominance
judiciaire, et un autre, psycho-social avec une
inclusion inconstante des autorités
judiciaires. Nous décrirons davantage le
second, qui correspond à notre pratique
clinique. Nous dirons alors quelques mots d'un
modèle mixte, davantage d'usage au Québec qu'en
Europe. Enfin, nous terminerons par l'exposé
d'une question préoccupante : ces trois
modèles, qui font chacun appel à l'efficacité
de grandes institutions, sont-ils vraiment
efficaces?
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I. Le modèle judiciaire ou à prédominance
judiciaire.
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1) Il s'articule autour de l'idée que l'aveu
fait aux autorités judiciaires est
indispensable, ainsi que la sanction pénale
qu'il entraîne. Selon les tenants du modèle,
celle-ci - et principalement celle-ci - a un
poids dissuasif à la fois réel et symbolique;
après expiation, l'abuseur voit sa culpabilité
soulagée et peut repartir de l'avant;
corollairement, la punition de l'abuseur répare
chez la victime le sentiment d'une injustice
commise et lui redonne confiance dans la valeur
protectrice de son environnement.
2) Lorsqu'un tel modèle s'impose, on constate
que :

- Il existe souvent des programmes qui
sensibilisent la population au repérage de
l'abus et des incitations à ce que ceux qui
sont abusés parlent, avec la perspective d'un
signalement rapide aux autorités judiciaires
des situations avérées ou suspectes.
Inversement, ceux qui ne les leur signalent pas
sont objet d'intimidations, si pas de
poursuites.

- L'acte central du traitement, c'est la
confrontation du supposé abuseur aux autorités
répressives, l'obtention d'aveux et la
sanction. Si l'abuseur nie les faits, il
s'exerce une compétence variable de ces
autorités à valider d'autres éléments de
preuve, tels la parole de l'enfant, mais, quoi
qu'il advienne, le plus important a été
accompli.

- S'il y a emprisonnement de l'abuseur, des
mesures psycho-sociales à son égard sont
envisagées, mais inconstamment.

- L'aide aux victimes, via thérapies
individuelles et familiales ou/et mesures
sociales est inconstante elle aussi, et
organisée sans lien organique fort avec le
travail des autorités répressives. Selon les
cas, elle émane des Tribunaux pour mineurs
ou/et d'agences psycho-sociales variées. Quand
elle existe, elle est analogue ou identique à
celle que nous décrirons dans le second
paragraphe.
3) S'il est vrai que la sanction pénale a
parfois les effets positifs qui lui sont
attribués par les tenants du modèle, tant sur
l'abuseur que sur la victime, trois
constatations de terrain nous font cependant
redouter la généralisation du modèle :

- Les autorités répressives s'abritent parfois
excessivement derrière le concept de "
présomption d'innocence ", sans s'être donné
une compétence optimale quant à une validation
scientifique du discours de l'enfant et
d'autres éléments du diagnostic. Alors, elles
proclament le non-établissement des faits de
façon arbitraire et imprévisible. Quand c'est
le cas, les victimes, qui avaient mis leur
espoir en elles, sont renvoyées à l'horreur de
l'abus. Le remède apparent le plus radical à la
difficulté est du côté de la formation des
magistrats. Néanmoins, nous y reviendrons dans
le quatrième paragraphe et nous y verrons que
la résistance est peut-être plus compliquée à
interpréter et à gérer qu'il n'en a l'air.
Provisoirement, on peut espérer que les
Tribunaux pour mineurs prennent leurs
responsabilités de façon dissociée des
autorités répressives, et imposent un cadre
protectionnel là où celles-ci abandonnent la
partie ... mais c'est quand même là un
aménagement institutionnel assez boiteux!

- A l'inverse, quand ils considèrent les faits
établis, les Tribunaux pénaux recourent assez
souvent à des sanctions lourdes; elles ont pour
corollaire une misère plus grande de la famille
et la culpabilisation supplémentaire de
l'enfant, drames humains qui battent en brèche
l'idée que la sanction pénale pourrait être
toujours reconstructrice pour tous!

- Une troisième difficulté réside dans le fait
que les rencontres entre l'enfant abusé ( et sa
famille ) et les autorités judiciaires ou de
police, sont parfois trop traumatisantes. Par
exemple, les interrogatoires et les
interrogateurs de l'enfant se multiplient,
parfois dans une ambiance de suspicion si pas
d'extorsion de contre-aveux; on organise des "
confrontations " de l'enfant avec le supposé
abuseur occupé à nier, démarche largement
inutile dans la perspective d'une avancée de la
vérité, mais souvent très anxiogène pour
l'enfant, etc. Ici aussi, une meilleure
formation pourrait atténuer ce que l'on appelle
parfois une victimisation secondaire.
Aucune des difficultés que nous venons de
signaler n'est vraiment irréductible; nous
verrons dans le troisième paragraphe que
certains pays les ont largement dépassées, et
ont développé une ambiance de " coexistence
positive efficace " entre intervenants psycho
sociaux et autorités judiciaires.
Là où cette ambiance n'existe pas encore, et
tout en oeuvrant à ce qu'elle s'installe
progressivement, d'autres pays, dont la
Belgique francophone, ont mis au point un autre
modèle, que nous allons décrire maintenant.
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II. Le modèle psycho-social avec inclusion
inconstante des autorités judiciaires.
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Ici également, il existe des programmes de
sensibilisation de la population, et
d'invitations faites à l'enfant abusé pour
qu'il parle; mais on a veillé à ce que les
révélations qui s'en suivent, ou les suspicions
des témoins,
circulent d'abord dans le réseau
psycho-social (2).
Dans ce cadre, nous commencerons par parler des
enfants qui font une révélation à un confident
extra-familial; puis nous dirons quelques mots
des parents qui font part de leurs suspicions
ou certitudes quant à un abus; enfin nous
parlerons des suspicions vécues par des témoins
extra-familiaux de la vie de l'enfant.
A. Lorsque l'enfant parle à un confident extra-
familial.
De premier confident en éventuels relais, on
essaie que l'enfant et ce premier confident
arrivent rapidement
(3)
et discrètement à une
Instance psycho-sociale spécialisée, qui
s'assume comme pleinement responsable et d'une
étape d'évaluation et de la mise en route
ultérieure d'une prise en charge incluant ou
n'incluant pas les autorités judiciaires. En
Belgique francophone c'est par exemple une
équipe " SOS-Enfants " que l'Etat a
spécialement créée à cet effet
(4).
Dorénavant,
nous appellerons cette Instance " l'équipe ".
1. Une première phase d'évaluation
a) Pour commencer, l'équipe doit remplir les
tâches que voici, intensément mais sans
précipitation :

- Accueillir le premier confident qui réfère
l'enfant; entendre et comprendre sa demande;
continuer à le responsabiliser et lui proposer
de se mettre en " réserve active ", susceptible
d'aider par la suite.

- Recevoir l'enfant pour un ou plusieurs
entretiens dits de révélation. L'enfant y
expose les faits en détails
(5)
; il y parle
aussi de lui, de ses besoins, de sa famille et
de son environnement. L'équipe conduit les
entretiens et analyse ce qu'il dit en référence
à des techniques spécifiques et à des grilles
de validation du discours et de la manière
d'être de l'enfant; elle enregistre souvent en
vidéo
(6)
les dires de l'enfant, en lui en
expliquant le sens.
De rares fois - essentiellement lorsqu'elle est
informée d'une relation sexuelle avec
éjaculation sur le corps de l'enfant datant de
moins de 72 heures - elle peut faire procéder à
un examen somatique en urgence, ce que lui
autorise son devoir d'assistance à personne en
danger; beaucoup plus souvent, l'examen
somatique a lieu par la suite, après que les
parents aient été associés au processus.
On aura compris en effet que, jusqu'à présent,
ils ne le sont pas encore même si ce peut
paraître étrange, l'expérience montre que,
lorsqu'on informe le parent supposé non-abuseur
- au moins lui - dans l'urgence et sans bonne
documentation, l'effet est plus souvent négatif
que positif.

- Souvent, obtenir des compléments
d'information en contactant l'un ou l'autre
professionnel psycho-médico-social qui gravite
déjà autour de la famille; l'équipe en profite
pour lui expliquer sa démarche et parfois pour
l'inviter à s'associer à la planification et à
la réalisation du travail à venir.
b) Lorsque la récolte des informations se passe
bien, l'équipe voit sa suspicion disparaître
environ une fois sur vingt. Toutes les autres
fois, sa conviction quant aux faits devient
très forte. En outre, elle se fait souvent une
idée sur :

- la capacité de la famille de l'enfant à
collaborer (C) à un programme de remédiation
psycho-sociale qui lui serait proposé : C+, C?
ou C-
(7)
;

- la " capacité protectrice " (P), capacité de
protéger l'enfant contre la récidive des faits
et émanant en proportions variables de la seule
famille, des institutions qui l'entourent ou/et
de l'interaction famille-institutions: P+, P?,
P-
(8).
C'est en fonction de ces impressions qu'elle
organise un des trois grands types de prise en
charge que nous allons décrire. Nous sommes
cependant conscients que ces impressions ont
une dimension spéculative; en outre, les
paramètres C et P ne sont jamais que des
références théoriques, des " pôles " entre
lesquels " navigue " et se mobilise au fil du
temps le Réel des familles et des individus qui
les constituent; en vertu de quoi il faudra
souvent adapter la programmation, voire passer
d'un type de prise en charge à l'autre. Les
descriptions qui suivent sont donc des plus
schématiques.
2. Prise en charge des familles que l'équipe
suppose relever de la catégorie C+ P+.
L'équipe interpelle elle-même directement,
séparément et quasi-simultanément le supposé
abuseur et son conjoint, les confronte à sa
conviction quant aux faits et leur fait part de
son désir d'aide. Elle s'efforce d'obtenir une
large reconnaissance des faits et leur
collaboration au programme de prise en charge.
Au moment où elle réalise cette première
interpellation, elle veille à ce que l'enfant
soit matériellement non-joignable.
Parfois, cette interpellation échoue
définitivement, et l'on passe alors de la
catégorie C+ P+ à C- P+, voire C- P- : nous y
reviendrons par la suite.
Parfois, elle amène rapidement - tout au plus
en l'espace de 2,3 jours de résistance et de
négociations
(9)
- une large reconnaissance des
faits et une adhésion de principe à la prise en
charge.
Alors, l'équipe est en droit de considérer que
la famille se positionne toujours bien dans la
catégorie C+ P+; elle met donc en place un
programme de remédiation psycho-social, qu'elle
prend en charge en tout ou en partie, ou pour
lequel elle passe la main à d'autres
intervenants spécialisés.
Ce programme comprend souvent :

- des mesures sociales : éloignement temporaire
du domicile pour l'enfant ou/et pour l'abuseur;
actes effectifs de dédommagements demandés à
l'abuseur; aide socio-matérielle éventuelle à
la famille; constitution d'un petit comité de
vigilance qui surveille la non-récidive dans la
durée
(10)
;

- des " rencontres de paroles instituées ",
réalisées à la demande des intervenants ou
constituant de véritables psychothérapies, et
adressées à chaque membre de la famille, à des
parties ou à l'ensemble de celle-ci. Sur le
terrain, beaucoup d'applications sont possibles
et nous nous limiterons à présenter un tableau
qui résume les intentions thérapeutiques
principales qui s'y véhiculent :
Intentions des thérapeutes lors des rencontres
de paroles instituées (Tableau 1).
3. Prise en charge des familles que l'équipe
suppose relever de la catégorie C- P+.
Ces familles - où les interactions existant
entre ces familles et les institutions - sont
supposées pouvoir protéger l'enfant contre la
récidive, malgré qu'il n'y a pas collaboration
à un programme centré sur une mobilisation
positive des attitudes!
Comment est-ce possible ? Toutes les fois où
l'équipe fait l'hypothèse qu'il en sera ainsi,
et toutes celles où elle le constate sur le
terrain - parce qu'une famille imaginée être en
catégorie C+ P+ passe en fait en catégorie C-
P+ -, il est pratiquement indispensable de
demander l'aide des autorités judiciaires.
a) S'il s'en suit une coopération entre le
Tribunal pour mineurs et l'équipe, la
protection pourrait être obtenue :

- dans les cas les moins favorables, par le
seul placement du mineur en institution;

- dans des cas plus favorables, les parents -
surtout le non-abuseur - prennent de facto des
mesures pour empêcher la récidive, mais ceci,
sans avouer quoi que ce soit! Si l'on pense
qu'il en est ainsi, le Tribunal pour mineurs
peut considérer que c'est la moins mauvaise
solution et imposer des entretiens sous
contrainte avec l'équipe. Ils sont consacrés à
travailler sur les résistances de la famille à
reconnaître l'abus, ainsi que sur l'examen du
fait que l'enfant reste bien protégé à domicile
( Denial work selon Fumiss, 1993 ).
b) La mise en route des autorités judiciaires
inclut que parfois, les autorités répressives,
elles aussi, oeuvrent au côté du Tribunal pour
mineurs. Nous avons déjà plaidé par ailleurs
pour qu'elles n'en fassent ni trop peu, ni
trop; ajoutons que, tout en gardant leur
indépendance, il est souhaitable qu'elles se
concertent avec les autres intervenants et
encouragent ou à tout le moins permettent leur
part de travail. Dans les cas les plus
défavorables de cette catégorie, c'est
seulement à partir de l'éloignement de
l'abuseur via sanction pénale que la protection
de l'enfant est assurée!
4. Prise en charge des familles que l'équipe
suppose relever de la catégorie C- P-.
a) Dans certains cas, l'équipe fait cette
hypothèse avant tout contact avec la famille :
elle est convaincue que celle-ci habite dans
une sorte de forteresse imprenable, et que
c'est l'enfant qui paierait à lui tout seul la
note de toute manoeuvre d'approche, par
davantage de rétorsion.
Alors, l'équipe peut malgré tout se conduire
comme dans la catégorie précédente, en pariant
sur la compétence des autorités répressives à
obtenir des aveux : néanmoins, si son hypothèse
était exacte, ce pari n'est gagné que dans une
petite minorité de cas!
Aussi peut-on accepter comme éthique le
raisonnement alternatif que voici : la moins
mauvaise façon d'assister une personne en
danger, ici, c'est de s'abstenir pour une durée
indéterminable de toute confrontation de
l'abuseur aux faits. L'équipe met donc en place
un
non-interventionnisme actif où :

- elle garde discrètement contact avec le
mineur, dans la double perspective d'une
présence thérapeutique à sa misère, et d'une
recherche, avec lui, d'éventuelles manières de
mieux se protéger;

- à sa recherche d'une porte d'entrée dans la
forteresse ou/et d'une meilleure protection du
mineur, l'équipe associe souvent d'autres
intervenants ou familiers qui gravitent déjà
autour de la famille. Le parent non-abuseur en
fait éventuellement partie.
Si, par la suite, l'équipe a l'impression de
repasser en catégorie C- P+, elle agit comme il
a été décrit pour cette catégorie; sinon, elle
maintient le cap d'un non-interventionnisme
actif.
b) Parfois, c'est l'expérience faite sur le
terrain avec une famille qui amène à la
positionner dans la catégorie C- P- : on peut
s'inspirer de l'état d'esprit qui précède pour
déterminer la conduite à tenir. Comme c'est
tout sauf facile, redisons encore que l'excès
d'insistance fait régulièrement pis que bien
... mais que ceci ne doit pas être entendu
comme un blanc-seing pour la phobie ou la
lâcheté!
B. Lorsque c'est un parent qui a des suspicions
ou une conviction quant à un abus.
1. Imaginons d'abord qu'il en fasse part à un
premier confident, sur base de révélations
faites par l'enfant, spontanément ou non. Comme
dans l'éventualité A, on cherche rapidement à
ce qu'une équipe psycho-sociale spécialisée
soit informée et s'assume responsable de
l'évaluation et de la mise en route de la prise
en charge.
La phase d'évaluation qui s'en suit est très
analogue à ce que nous avons déjà décrit. Le
paramètre différent, ici, c'est qu'au moins un
des parents est alarmé d'emblée, et que sa
fiabilité est très variable : dans certains
cas, l'impression d'authenticité est très forte
( par exemple, lors d'abus sexuels externes à
la famille - dans ces cas, d'ailleurs, ce sont
souvent les deux parents qui réfèrent ); dans
d'autres, c'est l'inverse ( par exemple,
discours délirant paranoïaque - folie à deux );
mais dans la majorité, c'est incertain ( par
exemple, des allégations d'abus après
séparation du couple, il semble que la
fiabilité de l'allégation soit de 50 % ).
Il faut donc des adaptations techniques à la
démarche d'évaluation, comme par exemple :

- S'interdire de recevoir ensemble parent
référent et enfant lors d'un premier entretien
: l'occasion y est trop belle pour le premier
d'y imprégner le second de ses convictions, en
présence d'un examinateur dont la discrétion
quasi inévitable passe pour une approbation.

- Mener des entretiens individuels séparés;
ceux qui ont lieu avec le parent référent
donnent de précieuses indications sur sa
fiabilité.

- Terminer la série par une mise en commun
parent référent-enfant-équipe : ce qui se vit
dans la relation parent-enfant est très
indicatif, lui aussi.

- Inclure le parent suspect à la démarche, soit
dès qu'il le demande - parce que l'accusation
aurait été éventée -, soit quand l'équipe s'est
fait une opinion; s'interdire les
confrontations entre lui et l'enfant autour de
la reconnaissance des faits.

- En cas de grand doute quant aux faits, une
aide psycho-sociale à la famille s'indique
souvent, puisque l'enfant y est bel et bien
abusé ... mais par l'emprise émanant du parent
référent
(11).
2. Lorsque le parent référent ne fait part que
de suspicions, soit sa hâte oblige à accélérer
les choses et à fonctionner comme ci-dessus,
soit il accepte de ne pas confronter trop vite
l'enfant à sa suspicion, et l'on peut
fonctionner comme ci-dessous.
C. Lorsque le comportement de l'enfant est
suspect aux yeux de professionnels - témoins de
sa vie -.
Imaginons un enfant d'âge scolaire qui donne à
voir à son instituteur des signes d'un syndrome
de stress post-traumatique, et, à l'occasion,
une certaine dysrégulation sexuelle ( par
exemple, invitations sexuelles sauvages à des
tiers ). Dans les toutes grandes lignes, nous
recommandons que :

- Les adultes-témoins fassent preuve
d'énormément de discrétion ( ne pas effaroucher
l'enfant; ne pas convoquer intempestivement le
parent témoin; se taire dans leur propre réseau
); qu'ils s'adressent, eux aussi, à un
intervenant psycho-social spécialisé
- " l'équipe " - pour faire part de leurs
suspicions et qu'il se constitue alors un petit
groupe d'évaluation.

- Celui-ci peut prendre des dispositions pour
approcher l'enfant dans une perspective
d'apprivoisement, comme Saint-Exupéry
approchait le renard dans le désert:
observation plus fine et entretiens qui, à
travers des histoires racontées ou plus
directement, évoquent progressivement la
possibilité de l'abus et les craintes et
résistances éprouvées à l'idée de le révéler.

- Le groupe d'évaluation peut également
interpeller, toujours très discrètement,
d'autres témoins de la vie de l'enfant et de sa
famille et partager ses préoccupations avec
eux. Dans certains cas, il peut décider d'y
inclure le parent estimé non-abuseur.

- Selon que cette collecte d'informations
progresse vers une révélation claire et fiable,
le maintien de la suspicion, ou la diminution
ou disparition de celle-ci, le groupe peut se
constituer un chronogramme qui planifie son
action : appel ou non aux autorités
judiciaires, confrontation ou non à la famille,
maintien ou non d'un contact avec le mineur,
tels sont les trois grands axes, non
organiquement liés les uns aux autres, au long
desquels il lui faudra s'organiser.
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III. Le modèle mixte, judiciaire et psycho-
social.
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Ce modèle n'est pas vraiment appliqué en Europe
de tradition latine; c'est très probablement le
Québec qui le concrétise le plus. Si nous
sommes bien informés, il n'y existe pas
vraiment de lois qui régleraient les procédures
de coopération inter-institutionnelle. La
réalité de terrain est bien plus simple :
chaque institution croit en ce qu'elle peut
apporter, mais a également de la considération
pour l'autre et, de facto, prend des
dispositions pour que les modalités de son
propre fonctionnement ne mettent pas l'autre en
condition d'impossibilité. En outre, chacune
fait des efforts de concertation et de
synergie, de telle manière que la coexistence
des deux n'amène pas trop d'inconvénients pour
l'enfant et sa famille.
Concrètement, voici quelques exemples de ce que
cela donne :

- Les autorités judiciaires se sont donné les
moyens d'être compétentes pour valider les
éléments de preuve existant, et notamment le
discours de l'enfant.

- Le signalement aux autorités judiciaires est
systématique et rapide.

- S'il y a révélation claire par l'enfant, les
agences sociales d'Etat ont un droit officiel
de le mettre à l'abri pour 24 heures.

- Le premier entretien de révélation est fait
simultanément par un policier expérimenté et un
intervenant psycho-social; il est pris sur
vidéo.

- Les Tribunaux répressifs prennent en charge
d'exiger rapidement la sortie de l'abuseur de
son milieu familial, pour peu qu'ils le
laissent en liberté conditionnelle; cette
mesure est effectivement surveillée.

- L'application des sanctions pénales est bien
dissociée de la présence des thérapies, etc.
Lorsqu'on s'aproche de telles conditions, le
modèle apparaît comme bien intéressant, car la
mise en oeuvre simultanée de deux institutions
apporte bien plus de richesses qu'elle ne cause
de problèmes
(12)
. Nous devrions gagner du
terrain dans cette direction en Europe de
tradition latine.
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IV. Les modèles de prise en charge centrés sur
l'engagement prépondérant des grandes
institutions sont-ils efficaces ?
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A. Quels que soient leur compétence et leur
dévouement, les grandes institutions
judiciaires et psycho-sociales apparaissent de
plus en plus entravées par deux " limites "
considérables, l'une quantitative et l'autre
qualitative.

- Sur le plan quantitatif, énormes sont les
moyens en argent et en temps dont elle
devraient pouvoir disposer pour gérer toutes
les demandes que la société leur adresse. De
facto, on est à des années-lumière du compte!
Un exemple : si l'institution judiciaire
fonctionnait jusqu'au bout de sa logique, et
allait jusqu'à une sanction pénale
exécutée de
2 à 3 ans de prison pour tous les abuseurs (
quelques pour-cents de la population ), il
faudrait probablement construire l'une ou
l'autre
ville-prison.
Il n'est pas inutile de rappeler que ces
nécessités théoriques prennent place dans des
sociétés occidentales de consommation, qui
investissent la grande majorité de leurs
capitaux dans le TGV, Internet, et le confort
matériel quotidien ... et pas vraiment dans des
programmes de " sollicitude à l'humain en
souffrance " ...

- Sur le plan qualitatif, les invitations de
prise en charge via les grandes institutions
entraînent que les faits dénoncés deviennent
publics. Or ceci va à l'encontre d'un prescrit
culturel puissant, en vertu duquel ce qui a
trait à la sexualité - même à ses déviances -
ou/et ce qui a trait aux relations parents-
enfants, reste privé, conservé au sein de la
famille
(13)
, sans vagues à l'extérieur. Il n'y
est fait exception que lorsque la déviance
entraîne blessures ou mort : alors, la culture
admet que
cette dimension de la déviance fasse
l'objet d'un jugement public : le tabou
du meurtre est davantage géré
publiquement que celui de l'inceste!
Ce prescrit culturel est clairement battu en
brèche depuis 1970 par une minorité de citoyens
- intervenants psycho-sociaux et autres
représentants de la conscience collective - qui
clament que la maltraitance contre enfants doit
cesser, mais sans avoir vraiment imaginé
d'autres moyens de prise en charge que le
recours à de grandes institutions, en place
ou/et à créer.
Comme il s'agit d'une proposition de minorité,
elle n'entraîne dans la majorité de la
population qu'une adhésion superficielle " de
foule ", liée à quelques cas spectaculaires,
scandaleux et lointains. Au fur et à mesure que
les personnes sont plus directement concernés,
l'idée d'un " traitement en public " amène
surtout angoisse et résistance : elles ne
comprennent pas bien quels réels bienfaits on
peut attendre de la publicité, alors qu'elles
n'en voient que trop bien ce qu'on peut en
redouter ( ... si jamais " ça " leur arrivait à
elles ).
Reflet de l'attitude ambivalente et angoissée
de la population, le fonctionnement de
l'institution judiciaire est probablement
marqué par cette résistance. A l'inverse d'une
minorité de cas dont elle montre qu'elle peut
les sanctionner durement - parce que c'est
inévitable -, pour la majorité des situations,
l'attitude judiciaire est plus souvent
ambivalente. Ceci pourrait expliquer pourquoi,
malgré leur honnêteté et leur dévouement, une
majorité de magistrats ne suivent pas les
activités de formation nécessaire pour mieux
valider scientifiquement les éléments de preuve
afférents aux situations d'abus - et notamment
le discours d'enfant -; à ne pas le faire, ils
peuvent continuer à s'abriter derrière la "
présomption d'innocence " en déclarant que les
faits ne sont pas établis et qu'il y a non-lieu
... et donc, il se pourrait qu'ils participent
de la sorte au prescrit culturel : " Pas de
vagues ".
B. Ces deux énormes limites sont-elles
dépassables, ou, plus radicalement, doivent-
elles être dépassées? A l'heure actuelle, je ne
puis esquisser que quelques pistes de réflexion
à ce sujet :
1. D'abord et avant tout, à chacun de décider
jusqu'à quel point il désire influencer les
choix de sa société et les orientations de sa
culture, pour renforcer ou changer ce qui
existe déjà! Sans être ni fataliste-impuissant,
ni utopiste, il faut constater que
s'attellerait à une tâche considérable celui
qui désirerait que soit
vraiment effectif le
message pro-institutionnel actuel!
2. Avant que cette tâche ne soit menée à bien,
ne pourrions-nous pas encourager que l'on gère
d'abord beaucoup de situations d'abus
sur
place, dans le tissu social même d'où elles ont
jailli?
a) Les agents de cette gestion seraient la
population elle-même, mieux sensibilisée à
cette nouvelle mission, et des structures
légères d'appui et de stimulation, mais qui ne
seraient pas chargées pour autant à elles
toutes seules de la majeure partie de la prise
en charge directe. Ces " structures "
pourraient être des petites institutions psycho-
sociales proche du terrain ... ou même, des
professionnels de première ligne mieux formés,
seuls ou en association pour les circonstances
( médecins traitants, pédiatres, psychologues
scolaires, travailleurs sociaux, etc. ).
b) La " gestion locale " de l'abus aurait pour
objectifs : se solidariser avec l'enfant abusé
et constituer avec lui une force qui dit " Non
"; dissuader l'abuseur de récidiver; se
solidariser avec la famille où l'abus a eu lieu
et l'aider à mieux fonctionner, en ce compris
une invitation faite à l'abuseur à donner
davantage du meilleur de lui-même. La
réalisation de ces objectifs entraîne que la
gestion de l'abus sexuel sorte " un peu " du
strict cercle familial, mais il s'agit d'une
sortie discrète, donc plus acceptable, sans la
publicité très officielle qu'exigent de facto
les grandes institutions.
c) Concrètement :

- Nous pourrions continuer les campagnes de
sensibilisation qui invitent les victimes
d'abus à parler de ce qui leur arrive, mais
sans leur faire croire que, après avoir parlé,
l'aide viendra d'abord et principalement des
grandes institutions judiciaires ou psycho-
sociales auxquelles elles pourraient
s'adresser.

- Nous pourrions plutôt les encourager à
constituer,
sur place, un petit
groupe de
solidarité : confidents de leurs malheurs, qui
les croient et sont déterminés à agir avec eux
pour mieux les protéger.
Il me semble que la taille optimum de ce groupe
serait de 4 à 5 personnes.

- Ce groupe doit s'expliquer sans tarder avec
l'abuseur: c'est-à-dire lui clamer sa
conviction et le fondement de celle-ci avec une
persistance tranquille; obtenir de lui une
reconnaissance des faits; demander qu'ils
cessent; examiner avec l'abuseur et ses proches
comment la protection de l'enfant sera mieux
assurée à l'avenir.
Au fil de ce dialogue, le " groupe de
solidarité " doit arriver à montrer à l'abuseur
qu'il le considère comme un être humain, c'est-
à-dire comme un être porteur d'une part de
souffrance morale, d'une part de rapport libre
au Mal ( destruction d'autrui ), mais aussi
d'une part de richesses qui pourraient être
mieux exploitées : il n'est pas tout-à-fait
juste de cibler 5 à 10 % de nos concitoyens
comme les parfaits monstres-épaves de cette fin
de XXe siècle, là où tous les autres seraient
les " bons "!

- S'il y a accord sur la non récidive et la
protection de l'enfant, le " groupe de
solidarité " doit rester longuement présent et
opérant, dans une fonction de vigilance
continue et de manifestation de solidarité à la
famille concernée.
3. Comme on le voit, je propose que ce soit des
" stratégies de proximité et de concitoyenneté
" qui prennent d'abord et souvent en charge des
fonctions de confrontation et de protection
qui, jusqu'à présent, étaient officiellement
dévolues à d'autres institutions.
Celles-ci doivent rester en place, mais avec
des missions spécialisées ou subsidiaires.
Missions spécialisées? Le dialogue entre
l'abuseur et sa famille, d'une part, et le "
groupe de solidarité ", de l'autre, pourraient
provoquer que les premiers, en tout ou en
partie, demandent des soins psychologiques
ou/et une aide sociale qu'ils ressentent comme
nécessaire : celle-ci devrait demeurer
accessible.
Missions subsidiaires ? Même si l'on gagne un
certain terrain par rapport aux pratiques
existantes, il restera des cas assez nombreux
où le groupe de solidarité ne pourra pas se
constituer, estimera que les risques d'une
intervention non spécialisée sont trop élevés,
ou échouera dans sa mission. Alors, l'enfant
abusé ou/et le groupe devront toujours pouvoir
faire appel à des institutions plus
spécialisées, soit purement psycho-sociales,
soit judiciaires du type Tribunal pour mineurs
( à cause du cadre contraignant qu'il est à
même d'imposer si l'enfant est en danger ).
Quant aux autorités répressives, je limiterais
leur intervention aux cas les plus
inacceptables, jugés tels d'emblée ou après
échec du groupe de solidarité. Reste à dresser
une liste approximative de ces inacceptabilités
: j'y mettrais d'ores et déjà les récidives
avérées, l'entretien de réseaux de prostitution
ou de pornographie, les abuseurs-
collectionneurs d'enfants, ceux qui blessent
les corps, etc. - la discussion est ouverte!
Si on restreint de la sorte leur champ
d'intervention, reste à espérer que ces
autorités répressives interviennent
énergiquement : qu'elles fassent ce qu'il faut
pour améliorer leur compétence, et qu'elles
n'acceptent plus non plus que les églises,
loges et autres copinages politiques cherchent
à étouffer des poursuites qui seraient alors
mille fois méritées, tant par les puissants de
ce monde que par les humbles.
Les idées et méthodes esquissées dans ce texte
sont développées de façon détaillée dans
l'ouvrage :
J.-Y. HAYEZ, E. DE BECKER (1997).
L'enfant victime d'abus sexuel et sa famille :
évaluation et traitement, PUF, coll., "
Monographies de la psychiatrie de l'entant ",
Paris.
Nous recommandons également :
- L'ensemble des articles et livres de H. VAN
GIJSEGHEM.
- T. FURNISS (1993):
The multiprotessionnel handbook of child sexual
abuse. Routlegde. London.
- J. FRENKEN (1994):
"
Treatment of incest perpetrators : a five-
phase model ". Child abuse and neglect, 1994,
18-4, 357-366.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
- Notes. -
(1). Dans ce texte, nous appellerons "
pédophiles " les auteurs d'abus sexuels
externes. Leur traitement individuel peut
s'avérer très ardu, surtout lorsqu'ils
présentent une structure de personnalité
perverse. Mais la description de leur prise en
charge dépasse le propos de ce chapitre, centré
davantage sur le mineur d'âge et sa famille.
(2). Il n'existe évidemment pas de contrôle
absolu à ce sujet; dans une minorité non
négligeable de cas, la parole de l'enfant,
voire les simples suspicions, sont d'abord
référées au Parquet, qui réagit selon sa
logique propre comme exposé dans le premier
modèle.
(3). En huit à dix jours.
(4). Mais bien d'autres formules sont possibles
... et là où il n'existe pas déjà vraiment de
spécialistes, les intervenants de première
ligne mobilisés d'abord peuvent constituer une
petite association de fait, humble mais
déterminée.
(5). L'enfant est invité à être très détaillé,
souvent bien plus qu'il ne l'a été avec le
premier confident. Il est essentiel que
l'équipe s'imprègne de cette version détaillée
et des émotions qu'elle véhicule pour se forger
une intime conviction. Le premier confident est
souvent présent à un premier entretien de
passage, comme une présence amicale et
soutenante, mais plutôt silencieuse: c'est à
l'enfant de parler et de se faire comprendre.
(6). Chaque fois que c'est possible; sinon en
audio; au pire, au mot-à-mot, avec un animateur
principal de l'entretien et un autre qui prend
note : on estime que c'est dans ces premiers
entretiens que l'enfant est le plus près de la
vérité; en outre, ces enregistrements réduiront
peut-être la multiplication ultérieure des
interrogatoires.
(7). Quand l'équipe ne peut pas évaluer ces
paramètres C et P, elle peut faire comme si
l'on se trouvait très provisoirement dans un
contexte C+ ou/et P+ : elle organise son action
en conséquence, et observe de très près ce qui
se passe.
(8). Par exemple, il est tout simplement à
l'école, mais il est convenu avec celle-ci
qu'il n'en sera pas retiré sans l'accord de
l'équipe : si une tentative en a lieu, et pour
autant qu'on ne pourrait pas ramener les
parents à la raison, cela signifierait
probablement que l'on passe de la catégorie C+
P+ à C- P+ ou C- P- : pas question, alors, de
laisser partir l'enfant; il s'agit plutôt de
demander une protection judiciaire en urgence.
(9). Alors, il faut qu'un des parents au moins
donne l'autorisation écrite que l'enfant reste
à l'abri. Sinon. on change de catégorie et l'on
doit demander la protection judiciaire.
(10). Comme nous l'avons déjà évoqué, le
premier confident est souvent réinterpellé pour
en faire partie.
(11). Hormis quelques cas où celui-ci s'est
trompé de bonne foi et le reconnaît facilement.
(12). Tout n'est cependant pas rose au Québec :
bien des professionnels s'y plaignent, par
exemple, d'un excès de bureaucratisation -
institutionnalisation des problèmes; ceci
touche même les interventions soi-disant
thérapeutiques, qui apparaissent trop souvent
comme des obligations institutionnelles; enfin,
dans la mesure où les abuseurs nient, le
témoignage des enfants au Tribunal, avec
examination croisée typique des lois anglo-
saxonnes, est une grande source de traumatisme
secondaire!
(13). De façon analogue, si l'abus est externe
à la famille, les faits doivent rester abrités
dans des communautés de vie : couvents,
casernes ... (" en famille " au sens large :
c'est là qu'on lave le linge sale ).
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
Création le 28 août 2003.
Dernière mise à jour
le dimanche 02 mars 2008.
Issu d'un document prêté par le professeur
Jean-Yves Hayez.
ds.ds
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Bravo de m'avoir trouvé
Félicitations
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480
mais est encore correcte avec les écrans
plus grands 1600x1200 ou autres.
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
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|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Ce site a été composé par un bénévole sans
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du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
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Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480 mais est
encore correcte avec les écrans plus grands 1600x1200 ou autres.
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
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Le traitement des mineurs abusés sexuellement
et de leur famille.
I. Le modèle judiciaire ou à prédominance
judiciaire.
II. Le modèle psycho-social avec inclusion
inconstante des autorités judiciaires.
III. Le modèle mixte, judiciaire et psycho-
social.
IV. Les modèles de prise en charge centrés sur
l'engagement prépondérant des grandes
institutions sont-ils efficaces ?
Bibliographie.
Notes.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
- Notes automatiques. -
.
.
Note 1.
(1). Dans ce texte, nous appellerons "
pédophiles " les auteurs d'abus sexuels
externes. Leur traitement individuel peut
s'avérer très ardu, surtout lorsqu'ils
présentent une structure de personnalité
perverse. Mais la description de leur prise en
charge dépasse le propos de ce chapitre, centré
davantage sur le mineur d'âge et sa famille.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
.
.
Note 2.
(2). Il n'existe évidemment pas de contrôle
absolu à ce sujet; dans une minorité non
négligeable de cas, la parole de l'enfant,
voire les simples suspicions, sont d'abord
référées au Parquet, qui réagit selon sa
logique propre comme exposé dans le premier
modèle.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
.
.
Note 3.
(3). En huit à dix jours.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
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.
Note 4.
(4). Mais bien d'autres formules sont possibles
... et là où il n'existe pas déjà vraiment de
spécialistes, les intervenants de première
ligne mobilisés d'abord peuvent constituer une
petite association de fait, humble mais
déterminée.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
.
.
Note 5.
(5). L'enfant est invité à être très détaillé,
souvent bien plus qu'il ne l'a été avec le
premier confident. Il est essentiel que
l'équipe s'imprègne de cette version détaillée
et des émotions qu'elle véhicule pour se forger
une intime conviction. Le premier confident est
souvent présent à un premier entretien de
passage, comme une présence amicale et
soutenante, mais plutôt silencieuse: c'est à
l'enfant de parler et de se faire comprendre.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
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Note 6.
(6). Chaque fois que c'est possible; sinon en
audio; au pire, au mot-à-mot, avec un animateur
principal de l'entretien et un autre qui prend
note : on estime que c'est dans ces premiers
entretiens que l'enfant est le plus près de la
vérité; en outre, ces enregistrements réduiront
peut-être la multiplication ultérieure des
interrogatoires.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
.
.
Note 7.
(7). Quand l'équipe ne peut pas évaluer ces
paramètres C et P, elle peut faire comme si
l'on se trouvait très provisoirement dans un
contexte C+ ou/et P+ : elle organise son action
en conséquence, et observe de très près ce qui
se passe.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
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Note 8.
(8). Par exemple, il est tout simplement à
l'école, mais il est convenu avec celle-ci
qu'il n'en sera pas retiré sans l'accord de
l'équipe : si une tentative en a lieu, et pour
autant qu'on ne pourrait pas ramener les
parents à la raison, cela signifierait
probablement que l'on passe de la catégorie C+
P+ à C- P+ ou C- P- : pas question, alors, de
laisser partir l'enfant; il s'agit plutôt de
demander une protection judiciaire en urgence.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
.
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Note 9.
(9). Alors, il faut qu'un des parents au moins
donne l'autorisation écrite que l'enfant reste
à l'abri. Sinon. on change de catégorie et l'on
doit demander la protection judiciaire.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
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Note 10.
(10). Comme nous l'avons déjà évoqué, le
premier confident est souvent réinterpellé pour
en faire partie.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
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Note 11.
(11). Hormis quelques cas où celui-ci s'est
trompé de bonne foi et le reconnaît facilement.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
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Note 12.
(12). Tout n'est cependant pas rose au Québec :
bien des professionnels s'y plaignent, par
exemple, d'un excès de bureaucratisation -
institutionnalisation des problèmes; ceci
touche même les interventions soi-disant
thérapeutiques, qui apparaissent trop souvent
comme des obligations institutionnelles; enfin,
dans la mesure où les abuseurs nient, le
témoignage des enfants au Tribunal, avec
examination croisée typique des lois anglo-
saxonnes, est une grande source de traumatisme
secondaire!
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
.
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Note 13.
(13). De façon analogue, si l'abus est externe
à la famille, les faits doivent rester abrités
dans des communautés de vie : couvents,
casernes ... (" en famille " au sens large :
c'est là qu'on lave le linge sale ).
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dont je viens de partir.
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et de leur famille.
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