|
Nos enfants, les twin towers et la guerre.
|
Nos enfants,
les twin towers
et la guerre
cochez nouveautés pour voir les textes les plus récents
|
" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va
et d'employer l'esprit à le justifier."
Jean Guéhenno.
|
Paru dans Arch Pédiatr 2001; 8:1297-301
© 2001 Éditions scientifiques et médicales Elsevier SAS. Tous droits réservés
S0929693X01006728/EDI
Nos enfants, les twin towers et la guerre
|
J.-Y. HAYEZ.
(1)
Editorial
Les gravissimes agressions terroristes du 11 septembre 2001
contre les Etats-Unis, l'agitation de l'opinion publique
et les représailles qui en ont suivi n'ont
évidemment pas laissé indifférente la
majorité des enfants
(2)
Beaucoup, surtout avant la puberté, ont développé un état de
stress aigu, en train de
se résorber, mais que certains épisodes les plus violents
des représailles
pourraient réveiller et aggraver d'autres, moins nombreux et
peut-être déjà
prédisposés, souffrent d'un syndrome de stress
post-traumatique plus tenace,
parce qu'ils ne trouvent pas de solutions, ni mentales,
ni comportementales
qu'ils estiment significativement efficaces par rapport
à leur insécurité persistante.
Pour certains de ces enfants, les plus socialisés,
les plus sensibles, une véritable
tristesse a pu s'adjoindre à leur état d'insécurité,
au moins momentanément: ils
se sont sentis solidaires de la souffrance et du deuil de tant de familles,
injustement victimes de la haine des hommes. Les adultes ont d'ailleurs bien
remarqué les signes de ces souffrances d'enfants:
angoisses nouvelles, pleurs inexpliqués, commentaires dramatiques sur ce qui pourrait
arriver; sursaut et peur au passage d'avions bruyants ;
régression et " collage " aux parents ; énervement plus diffus dans les cours de récréation ; bagarres
plus faciles ; petits enfants qui crient " je vais te tuer ", ou «on va me tuer »,
etc. A l'inverse, il y a la minorité des indifférents, surtout certains adolescents
qui " n'en avaient rien à cirer " et aussi quelques joyeusement excités,
assimilant ce qui s'est passé à un " méga " jeu vidéo, et même quelques
racistes, faisant vraiment leur le slogan politique du combat entre les soi-disant
forces du Bien et celles du Mal.
Notre responsabilité éducative et soignante est grande
à l'égard de ces deux catégories
schématiques de jeunes, celle qui a souffert et souffre
toujours moralement, et
celle, moins nombreuse, qui vit l'indifférence ou
l'excitation agressive. Il nous a
semblé utile de réfléchir à ce que nous pouvions faire pour bien les
accompagner, comme parents ou/et comme soignants, d'autant que semblables
catastrophes collectives, intentionnelles ou non, sont susceptibles de se
reproduire.
Cette réflexion commence par une brève évocation de
deux préliminaires:
- l'ensemble de la communauté humaine, adultes inclus,
a vécu et vit toujours jusqu'à
un certain point les mêmes bouleversements que vivent
les enfants; prétendre
aider ceux-ci, c'est aussi nous aider nous-mêmes et c'est très bien ainsi,
simplement ne faut-il pas le nier;
- les enfants disposent de forces de vie qui stimulent
leur autoguérison, sans qu'ils
demandent notre avis. Beaucoup ont donc essayé de s'en
sortir tout seuls, en
utilisant intuitivement bien des techniques que nous
détaillerons par la suite. Le résultat en est variable
et parfois très bon. Il faut
donc nous réjouir de toutes les conversations de cours
de récréation, des jeux
guerriers qui ont été opportunément intensifiés pour
maîtriser les " mauvais ",
et de tous les nouveaux salons de chat et groupes
de discussions qui sont
apparus sur Internet, tout cela dans la perspective
de se libérer par la parole
ou par l'action ludique. Néanmoins, cette spontanéité
sympathique ne suffit
pas toujours et elle ne nous rend pas quittes de notre
travail d'éducateurs ou/et de soignants.
A PROPOS DES ENFANTS STRESSES ET CHAGRINES
De la place de la parole.
Aujourd'hui, il est de bon ton d'affirmer qu'il faut " aider
à parler ", et non pas " faire parler ", les personnes
psychiquement traumatisées, et que l'opération va les
libérer.
Or, si c'est souvent vrai, c'est à certaines conditions
- en tout cas dans une ambiance
de délicatesse - et pour peu que l'on ne s'en tienne pas
à la seule démarche :
" On vient faire un petit tour de parole près du traumatisé... et puis l'on s'en
va ". Nous allons donc proposer la procédure, la dynamique dans laquelle
peut s'inscrire l'échange de paroles entre celui qui est traumatisé et celui qui
l'écoute, puis en indiquer les contenus possibles. Ensuite, nous décrirons
d'autres démarches, nécessaires elles aussi.
Comment procéder?
Pour beaucoup d'enfants, cela a l'air facile: ils ne
demandent qu'à raconter ce qui les a
impressionnés parmi les faits, et l'on peut commencer
par leur reconnaître ce
temps de parole et par se montrer attentifs à ce
qu'ils y disent. Pour
commencer, on devrait d'ailleurs les écouter sans
les critiquer, en les aidant à
déployer leur point de vue subjectif, sans en sourire ni vouloir trop vite le
rectifier. La " réponse adulte " peut venir un peu après. Pour d'autres enfants,
il suffit de poser une " petite question " et la machine de leur mémoire se met
en route, tout heureux qu'ils sont que leur discours apparaisse important à
l'adulte. Néanmoins, plus les enfants sont introvertis, timides ou opposants,
moins ils racontent spontanément leur imagerie mentale ou leurs sentiments.
On peut certes insister avec délicatesse ( par exemple
leur demander de faire un dessin qui montrerait ce
qu'ils retiennent des événements, mais cela ne
" marche " pas avec tous les enfants : il faut finalement
s'incliner devant leur liberté de dire non ), leur signaler
qu'on attache une réelle importance à
connaître leur point de vue, et que celui-ci nous aiderait
à nous faire une
opinion plus complète ( nous préférons faire appel
à l'idée du service qu'ils
pourraient rendre, plutôt que de leur dire " ça te fera du bien ", ce qu'ils
ressentent parfois comme une emprise infantilisante ). Mais il y a une limite,
et notre insistance amicale ne doit jamais devenir pression désagréable ni
violence. Peut-être pouvons-nous nous en tenir, avec tel enfant qui ne veut
pas parler, à créer une occasion naturelle où nous, adultes, nous nous
exprimerons devant lui, entre nous, sans l'obliger à s'y joindre, par exemple
lors d'une réunion familiale.
Dialogue, évoquions-nous plus haut? Il ne s'agit pas
de pousser l'enfant à se " mettre à table " face à un adulte qui demeurerait silencieux. Nous aussi, nous avons été
davantage impressionnés par ceci ou cela, nous vivons des sentiments
spécifiques, nous avons des points d'interrogation en tête: nous pouvons les
partager avec lui, sans l'étouffer, en lui laissant de la place mais sans faire
non plus semblant d'être d'accord avec toutes ses opinions : il est par-
faitement possible de faire part d'un vécu ou d'une opinion différente, sans
pour autant mépriser l'enfant.
De tels bouts de dialogues peuvent prendre place dans bien des lieux et souvent de
manière informelle:
par exemple à la maison, parce qu'un parent a saisi au vol les signes de souffrance de
son enfant, ou parce qu il a besoin de parler rapidement, lui aussi, de ce qu'il
vit, lors d'un repas familial, ou le soir, lors de la mise au lit, lorsque des
choses plus intimes se disent. Mais ce peut être aussi le médecin consulté
face à un changement de comportement de l'enfant, qui aborde sereinement
la question des éventuelles peurs ou soucis de celui-ci. Ce peut être encore
en classe qu'on en parle parce que l'instituteur a remarqué le surcroît
d'énervement des enfants, ou parce qu'un enfant plus extraverti a fait un
commentaire précis.
Le contenu des paroles échangées.
En ne perdant pas de vue qu'aussi bien l'adulte que
l'enfant peuvent s'y mettre pour
partager leurs impressions mais en pensant davantage
à la part de l'enfant,
l'écoute de ses dires devrait se centrer sur:
- les faits : ce qui a impressionné la " rétine psychique
de l'enfant "; comment il en
comprend la mise en place et l'enchevêtrement; éventuellement, leur
amplification ou/et leur déformation dans des images encore plus effrayantes
ou/et dans des rêves cauchemardesques; éventuellement aussi l'évocation
d'autres situations d'agression, qu'il a vécues et auxquelles les faits lui font
penser;
- " Pourquoi? ", question centrale de la curiosité humaine
que la majorité des enfants se
pose spontanément mais dont ils ne se hasardent pas
toujours à exposer " leur réponse ", par peur de ne pas
être accueillis. Pourquoi est-ce arrivé ? Il y a
des réponses partielles, techniques, immédiates autour de l'efficacité des
contrôles, explications que ces petits ingénieurs-informaticiens
que sont tant
d'enfants, sont intéressés à bien saisir. Mais il y a des pourquoi infiniment plus
profonds et plus radicaux, auxquels ils pensent déjà un peu tout seuls et
auxquels nous pouvons d'autant plus les sensibiliser qu'ils grandissent : un
interdit majeur a de toutes façons été transgressé et appelle sanction, c'est
celui de la vengeance directe; mais toute cette haine sous-jacente, qui est à la
source de l'attentat, n'est-elle le fait que de fous ou de pervers? Ne
s'explique-t-elle pas aussi dans l'injustice du monde et dans la souffrance des
exclus ? Et dans un autre ordre d'idées, n'est-ce pas l'occasion de reparler
avec les aînés du fait que l'omnipotence humaine est une illusion? Le risque
zéro n' existera jamais : nous avons à assumer en permanence une part
d'incertitude sur notre destin et à veiller vaille que vaille sur nous-mêmes,
avec l'aide de nos proches;
- et le " comment? " Comment faire pour réduire le risque de récurrence d'une telle
agression? En veillant et en surveillant encore mieux? Oui, peut-être un peu,
et il faut sans doute dire, notamment aux plus jeunes, que leurs parents et
leur entourage prendront garde à bien les protéger. Mais, ne faut-il pas parler
aussi aux enfants de l'importance de construire un monde plus juste, où les
biens sont plus équitablement répartis, où l'exclusion vise à disparaître et où
l'on communique les uns avec les autres, d'égal à égal, sans se mépriser? Et ce
projet là, ce n'est pas pour après-demain, c'est aujourd'hui, dans le cercle de
la famille et dans la cour de l'école qu'ils peuvent commencer à le concrétiser:
voilà qui diminuera radicalement la haine et augmentera la
solidarité dans le monde, goutte à goutte, à partir de petits gestes
qui sont déjà à leur portée.
Encourager l'enfant à se remettre debout, sans
précipitation.
Dans les premiers temps où l'enfant est la victime passive
d'une agression, même si,
comme c'est le cas ici, c'est par procuration, il se
sent terriblement
impuissant, abattu, vulnérable pour l'avenir. Réagissant à
ce vécu, une
minorité d'enfants, probablement les plus toniques, sortent
rapidement leurs
griffes et se montrent plus nerveux, plus agités, plus
diffusément agressifs,
mais de façon stérile ; la majorité des autres ont plutôt tendance à perdre
confiance dans le pouvoir protecteur des adultes, à se déprimer un peu, voire
à régresser pour tenter quand même de retrouver une protection, comme
quand ils étaient bébés. Le travail de parole que nous
venons d'évoquer permet déjà souvent d'alléger une
partie de cette angoisse et de remplacer une
partie des idées désespérantes par d'autres, plus toniques.
Mais on peut faire plus pour amplifier le sentiment de
ces enfants d'avoir des forces
positives en eux. On peut leur demander de s'associer
d'une manière ou d'une
autre à la reconstruction de ce qui est détruit, à la mesure de leurs forces et
sans leur faire violence s'ils rechignent d'abord. Ils peuvent le faire par des
actes symboliques ( participation à des cérémonies, dessins
ou pétitions pour
la paix, dessins ou jouets envoyés à des petits
Américains victimes, etc...). Ils
peuvent le faire encore plus radicalement, en prenant en charge, avec notre
soutien, les démarches de changement liées
au " comment " que nous venons
d'évoquer: comment rendre mon environnement plus juste, plus amical?
Comment lutter contre l'exclusion de certains, à l'école ? A eux d'ouvrir de la
sorte la voie pour faire perdre de la façon la plus radicale la haine des autres.
Cependant, à plus court terme, et en raison de ce que nous avons signalé de
l'impossibilité du risque zéro, il restera probablement toujours quelques
agresseurs aveugles, et l'on peut donc explorer avec l'enfant son désir
d'améliorer dans l'immédiat ses moyens de self-défense et lui en donner
l'opportunité.
Tous ces encouragements doivent cependant respecter son rythme: dans les premiers
temps, un enfant agressé a souvent besoin de se mettre à l'ombre de papa et
maman, et de régresser quelque peu, et il faut le laisser faire patiemment.! Tôt ou tard, parfois avec un petit coup de pouce, les
forces de vie reprennent le dessus.
Les réassurances directes émanant des adultes.
Les démarches décrites jusqu'à présent contribuent le plus radicalement à rassurer
l'enfant autant que faire se peut, sans restituer pourtant l'ingénuité illusoire
qu'il a vécue au début de sa vie. A travers l'écoute respectueuse des adultes,
elles contribuent à réinstaller en lui l'idée que ceux-ci peuvent aussi le
protéger, que lui-même possède de la force, qu'il peut faire quelque chose de
positif dans le monde, et qu'il existe une place pour l'espérance.
En matière de réassurance, les parents, surtout eux, peuvent encore en faire davantage
pour les plus jeunes des enfants, en veillant à filtrer les informations qui leur
parviennent: on peut mettre un enfant de trois ans au bain à l'heure du journal
télévisé, et apprendre à modérer son langage devant lui.
À cet âge-là, on peut se souvenir que nos mots le pénètrent parfois cruellement, au premier degré,
et qu'il a du mal à les relativiser: il va penser
par exemple, que la guerre, c'est
" la totale ", et que c'est pour cette nuit. On doit
donc être particulièrement
attentifs à ses signes d'angoisse, qu'il " montre " particulièrement dans ses
jeux, et le rassurer avec des mots simples, sans entrer dans trop de nuances.
Comme toujours, avant de lui débiter des informations rassurantes, mieux
vaut écouter ses questions et ses craintes à lui. Souvent l'essentiel sera qu'il
sache que papa et maman veillent bien sur lui, que des méchants ne vont pas
l'attaquer et que la guerre, c'est petit et très loin.
Les adultes peuvent encore essayer de changer les idées
des enfants qui ne feraient
que penser à ça - ainsi que les leurs, si c'était le cas - en amenant toute la
famille à s'intéresser à d'autres événements et à s'engager dans des activités
constructives ou divertissantes. Pour les plus sensibles des enfants, un léger
somnifère ou un léger tranquillisant peut les aider à dépasser l'étape pénible
de leurs angoisses les plus aiguës. Pour la petite minorité chez qui l'état de
stress persisterait, malgré la mise en oeuvre de toutes ces attitudes, une
consultation chez un psychothérapeute peut s'avérer utile : il est rare que ce
soient des enfants " simplement " hypersensibles, par tempérament. Plus
souvent, ils ont déjà été fragilisés par d'autres traumatismes, ponctuels ou
non, dont la trace est peut-être devenue inconsciente, mais qui continuent à
les insécuriser basiquement.
Se mettre en question en tant qu'adultes.
Ces questions de retour sur nous-même, elles sont
nombreuses. Nous n'imaginons pas,
ni que nous puissions nous les poser toutes, ni,
à fortiori, leur apporter
chaque fois les éventuels changements de mentalité ou/et de comportement
qu'elles requerront. Sans nous culpabiliser de nos imperfections, elles
peuvent cependant nous aider à mobiliser, de-ci de-là, des paroles ou des
attitudes par lesquelles l'enfant sera mieux soulagé. Evoquons-en quelques-
unes, en allant du plus aspécifique des traumatismes psychiques aux tragiques
événements survenus aux Etats-Unis.
Pouvons-nous simplement imaginer la possibilité d'un malaise, d'une résonance
intérieure pénible chez l'enfant ( notre enfant, l'enfant qu'on nous amène,
l'enfant que nous soignons )? qu'il a besoin de notre sollicitude particulière ?
qu'il a peut-être quelque chose sur le coeur dont il n'ose pas parler?
Et nous, sommes-nous dans notre état normal ? Le traumatisme
nous a-t-il aussi
affecté? En résulte-t-il quelque chose de différent, dans notre manière d'être,
d'éduquen de parler en général et de parler à l'enfant ? Quel effet pouvons-
nous produire sur lui? Que ressent-il de nous pour le moment? Comment
peut-il être impressionné par notre énervement, notre angoisse, notre colère,
nos commentaires philosophiques? Est-ce que nous ne l'interpellons pas
différemment, peut-être plus négativement, parce qu'il n'est pas comme
d'habitude?
Et, plus spécifiquement dans l'application que nous
vivons, qu'est-ce que nous en
disons? Comment est-ce que nous partageons avec l'enfant
nos " pourquoi " et nos " comment "? Sommes-nous prêts
à faire quelque chose, autour de
nous, pour nous remettre debout ? Et ce quelque chose
peut-il contribuer
à atténuer la haine autour de nous, dans notre communauté, et à moyen terme
dans le monde, ou au contraire, à amplifier les rapports de forces?
Nous en distinguons deux sous-groupes: les réactions
d'indifférence et/ou de racisme
manichéen, et celles d'excitation joyeuse. Aucun de
ces deux sous-groupes ne sera vraiment transformé par
une réponse éducative immédiate ; aucun ne
mérite non plus notre colère ni notre rejet, mais
plutôt que nous nous interrogions sans détours sur
la raison d'être de leur fonctionnement.
Une minorité de fois, nous serons en droit de penser
que ce sont des adolescents qui " friment " en
affichant des positions opposées à celles de leur entourage :
plutôt que de les combattre, ils gagnent à s'entendre
dire très sobrement : " Penses comme tu veux " et
à constater que les adultes maintiennent leurs
opinions, mais en en discutant avec d'autres qu'eux. Mais bien plus souvent,
le fonctionnement interpellant de ces jeunes est plus basal et ne relève pas
principalement du défi.
Face aux jeunes indifférents et/ou aux
racistes manichéens.
Ce ne sont pas des désapprobations et des moralisations faites sur le champ qui vont
les faire changer de conviction, encore que nous gagnons à leur faire savoir
sobrement la façon différente dont nous analysons et vivons les événements.
Fondamentalement, c'est une remise en question de nous, adultes, portant sur
le passé et sur l'avenir, qui pourrait peut-être mobiliser lentement et jusqu'à
un certain point leurs vécus profonds et leurs valeurs.
Interrogation du passé? Il n'est pas rare qu'un
jeune indifférent ait lui-même été perçu
comme pas très important et/ou élevé sans trop de sensibilité. Il en est de
même pour le raciste du moment, qui a souvent connu des attitudes
significatives d'exclusion, où de soi-disant " bons " le positionnaient comme
le " mauvais " ; ou alors, c'est toute la culture
d'éducation ( familiale,
scolaire ) qui a été marquée par l'indifférence, le matérialisme, le mépris des
faibles. Est-il inéluctable que tout cela reste immuable ? Ne peut-on vraiment
pas, à l'occasion, reconnaître que des erreurs ont été faites ou que des valeurs
sont à revoir? Ne peut-on donc jamais évoquer des moments de tensions
injustes et demander pardon?
Et pour l'avenir? Ne peut-on pas, dans des lieux divers, à la maison, à l'école, à
l'hôpital, là où l'on est et sans toujours trop s'occuper de ce que font les
autres, ne peut-on pas veiller à une grande qualité humaine des relations,
entre autres avec ces jeunes-là? Ne peut-on pas leur donner le meilleur de
soi-même, ce qui finira par les ouvrir à la réciprocité? Alors, quand un
dialogue plus sensible s'engagera, à nous de témoigner de nos valeurs les plus
profondes, autour du droit de chaque être humain d'exister dans la dignité.
Face aux enfants excités par le jeu de la guerre.
Ce sont souvent des enfants plus jeunes qui ne comprennent pas bien les enjeux réels
de la situation. Beaucoup d'entre eux ont déjà l'imagination saturée et
intoxiquée par trop d'images violentes, celles des jeux vidéo et de la télé,
devant lesquelles on les avait laissés trop seuls et trop longtemps. On les y a
laissés aussi dans le silence, imprégnés à foison par les dimensions
sensationnelles excitantes des images, sans que des dialogues soient menés,
par exemple, sur les souffrances qu'elles connotaienr pour leurs victimes.
Certes, on peut toujours désapprouver la confusion ludique
de ces enfants, s'exprimer
soi-même, et tenter de les sensibiliser sur le champ aux
enjeux réels des
événements : certains de ces enfants, plus jeunes,
se laisseront guider
mentalement pour cette fois, mais sans changement réel de
leur structure. Ici
aussi, l'heure est à la remise en question de nous,
adultes, autour de la qualité
de vie relationnelle offerte à ces enfants : l'image
subie passivement ne
constitue-telle pas trop un exutoire commode pour eux et pour nous ?
Bénéficient-ils assez de notre présence
à leurs côtés, de dialogues autour des
images difficiles ? Et, plus radicalement, osons-nous
réglementer les temps
d'images et proposer à l'enfant d'autres distractions
créatives, et à la famille
des projets et autres moments de relation à deux,
à trois, ou ensemble?
MOTS CLES:
guerre, traumatisme psychique.
KEYWORDS :
war, post traumatic stress disorder, child
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
(1). Jean-Yves HAYEZ, psychiatre infanto-juvénile,
docteur en psychologie,
coordonnateur de l'équipe SOS Enfants-Famille et responsable de
l'Unité de pédopsychiatrie, Cliniques
universitaires Saint-Luc,
10, avenue Hippocrate, B-1200 Bruxelles.
* Correspondance et tirés à part.
Adresse Courriel :
jyhayez@uclouvain.be ( Jean-Yves Hayez ).
Reçu le 3 octobre 2001; accepté le 5 octobre 2001.
(2). Dans ce texte, les termes " enfants", " mineurs d'âge "
ou "jeunes "
utilisés sans autre spécification désignent
tous les mineurs.
Lorsque des spécifications sont nécessaires,
nous emploierons
les termes " enfants d'âge préscolaire "
( avant l'école
primaire ), enfants jeunes ( avant sept-huit ans ), enfants
prépubères et adolescents ( à partir de
treize-quatorze ans ).
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
Création le 27 avril 2003.
Dernière mise à jour
le dimanche 02 mai 2010.
Issu d'un tiré-à-part remis par le
professeur Jean-Yves Hayez.
DS.ds
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Bravo de m'avoir trouvé
Félicitations
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480
mais est encore correcte avec les écrans
plus grands 1600x1200 ou autres.
Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur
Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son
infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480 mais est
encore correcte avec les écrans plus grands 1600x1200 ou autres.
Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur
Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son
infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Cochez ici pour télécharger
le texte original et
intégral de ce site en format traitement de texte.
Cochez ici pour voir le texte original et intégral
immédiatement sur votre écran.
Nos enfants, les twin towers et la guerre.
A PROPOS DES ENFANTS STRESSES ET CHAGRINES
ET LA MINORITÉ D'ENFANTS QUI RÉAGIT À L'INVERSE?
Mots clés - Keywords.
Notes.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 1.
(1). Jean-Yves HAYEZ, pédopsychiatre, docteur en psychologie,
coordonnateur de l'équipe SOS Enfants-Famille et responsable de
l'Unité de pédopsychiatrie, Cliniques universitaires Saint-Luc,
10 avenue Hippocrate, B-1200 Bruxelles.
* Correspondance et tirés à part.
Adresse courriel :
jyhayez@uclouvain.be ( Jean-Yves Hayez ).
Reçu le 3 octobre 2001; accepté le 5 octobre 2001).
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 2.
(2). Dans ce texte, les termes " enfants", " mineurs d'âge "
ou "jeunes "
utilisés sans autre spécification désignent
tous les mineurs.
Lorsque des spécifications sont nécessaires,
nous emploierons
les termes " enfants d'âge préscolaire "
( avant l'école
primaire ), enfants jeunes ( avant sept-huit ans ), enfants
prépubères et adolescents ( à partir de
13-14 ans ).
Pour retourner à l'endroit dont je viens
de partir
Pour télécharger ce site ...
|
Nos enfants, les twin towers et la guerre
|