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Une sexualité saine chez l'enfant d'école
primaire.
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Une sexualité saine
chez l'enfant
d'école primaire

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" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va
et d'employer l'esprit à le justifier."
Jean Guéhenno.
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Une sexualité saine chez l'enfant d'école primaire.
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J.-Y. HAYEZ (1)
§ I. PRESENCE DE LA SEXUALITE CHEZ L'ENFANT.
I - L'enfant en âge d'école primaire (2)
est habité et mû, entre autres, par sa sexualité :
" Force ... dynamisme ... Instance psycho-
physiologique ( elle a une " nature " et
somatique et intra-psycbique! ) ... pulsion (
pour les psychanalystes )" qui vise à :
A. une union positive avec l'autre
. Union à finalité biologique, celle de la
transmission de la vie, du patrimoine génétique
( au moins celui de l'espèce humaine ) ... puis
finalité d'élevage de la progéniture jusqu'à
parfois, s'il le faut, le sacrifice de sa
propre vie.
. Union à finalité affective : amitié, amour,
affection parents-enfants, jusqu'au dévouement
et au don de soi.
. Union qui, dans des circonstances normales,
connote une certaine qualité et quantité de
plaisir : plaisir physique, dit sexuel, joie
d'aimer, etc.
B. une union positive avec soi-même : à cause
de cette partie de sa sexualité qu'il dirige
vers lui, l'enfant peut s'aimer, se
chouchouter, veiller à ses intérêts et se
protéger (3)
, et se donner du plaisir.
A la différence des espèces animales, chez qui
la sexualité constitue un instinct global,
l'être humain est capable de dissocier les
trois finalités de la sexualité. L'enfant qui
nous occupe ici, par exemple, n'en poursuit
évidemment pas la finalité biologique. Il
recherche soit l'affection ( avec
éventuellement la joie d'aimer ...), soit le
plaisir physique, soit les deux.
Ainsi définie, la sexualité a des finalités
complètement différentes, si pas opposées, à
celle de l'agressivité qui vise, elle, la
conservation et l'expansion de soi, sans faire
de quartier à l'autre.
Néanmoins, sexualité et agressivité sont
souvent couplées :
- soit pour s'intriguer en une résultante
unique, qui est en jeu dans les amours
dominateurs;
- soit pour coexister de très près, ce que l'on
voit dans l'ambivalence : ici, on aime
certaines choses chez l'autre et on en déteste
d'autres.
II - La sexualité de l'enfant se concrétise en
passant par différentes états :
A. Simple pulsion, c'est-à-dire automatisme
psychophysiologique mis en route
involontairement par des stimulus externes, une
rêverie qui le déclenche sans l'avoir cherché,
l'excitabilité du corps ...
B. ... devenant " désir sexuel " au moment où
l'enfant, intuitivement, prend conscience que
sa pulsion s'est éveillée, la reconnaît comme
sienne, la trouve intéressante, et pense avec
joie et excitation au chemin que cette pulsion
indique et au résultat qui pourrait être
obtenu.
Brassens n'avait donc que très partiellement
raison d'affirmer que " la bandaison, papa, ça
n'se commande pas " : d'abord ça se commande
parfois ... et puis, provoquée ou non, quand
elle est là, l'être humain la transforme
parfois en désir (" O.K c'est bien moi qui
bande, et je trouve ça gai ") ... et parfois,
il la rejette, comme un parasite encombrant.
C. Pulsion ou désir peuvent engendrer des
fantasmes, des rêveries dites érotiques,
conscientes et sans doute aussi inconscientes.
Ils donnent lieu aussi à des idées, des
questions scientifiques, existentielles, autour
des valeurs ...
D. Le désir peut être prolongé par le projet,
élaboration mentale plus ou moins durable et
complexe, planification pour faire quelque
chose de concret avec ce que l'on ressent et
dont on a envie. Et l'activité sexuelle suit (
ou ne suit pas ) le projet.
Etant bien entendu que tout ce qui précède se
répartit sur une échelle qui va du plus
physique au plus sublimé ( l'amitié noble; le
don de soi ).
E. Enfin, pour clôturer l'énumération de tous
ces possibles, on assiste parfois à la séquence
" Pulsion violente, créatrice d'une impulsion
irrésistible -> suivie d'un acte brutal,
automatique, non voulu ".
Mais justement, plus l'enfant est normal, moins
cette séquence est susceptible d'exister.
Le tableau I schématise ces différentes
étapes.
Tableau 1.
§ II. CARACTERISTIQUES DE LA SEXUALITE
PROPRES A L'AGE DE L'ECOLE PRIMAIRE.
A tous les âges de la vie, avoir et gérer une
sexualité saine (4)
, c'est d'abord et avant
tout assumer, au moins intuitivement, qu'elle
existe et la reconnaître comme sienne avec ses
nuances propres
(5)
C'est aussi la réaliser en
actes : ceux-ci sont en proportions variables,
physiques ou sublimés, mais sont conduits de
telle manière qu'ils n'entraînent pas la
destruction physique ou/et morale de leur objet
( soi-même ou autrui ).
I - Quatre constats autour du développement
individuel.
A l'âge de l'école primaire, cette sexualité
bien vivante s'inscrit dans un cadre spécifique
:
A. Les manifestations les plus directes et les
plus intenses liées au " complexe d'Oedipe "
s'atténuent :
- les rivalités physiques avec le parent du
même sexe et avec les aînés se transforment en
compétitions intellectuelles ou sociales ou en
identifications; l'agressivité sous sa forme la
plus crue se déplace surtout dans le groupe des
pairs;
- les flammes amoureuses corporelles pour le
parent oedipien sont assez largement freinées
par la pudeur et se transforment, elles aussi,
en actes socialement acceptables et en
sublimations ( le beau bulletin ou l'exploit au
tennis remplacent souvent le câlin langoureux
); plus radicalement, une bonne partie de la
pulsion sexuelle, directe ou sublimée, se
dirige vers le monde social : c'est de plus en
plus l'âge des copains et copines de classe.
B. Les pulsions et désirs sexuels les plus
opérants sont de type génital, à la recherche
de satisfactions auto-érotiques et d'objets
externes : nous y reviendront en détail au
paragraphe IV.
C. L'enfant est moins impulsif que pendant
l'âge préscolaire. Il faut prendre " impulsif "
dans l'acceptation la plus fondamentale du
terme : envahi par des pulsions et des désirs -
sexuels, oedipiens, agressifs - qui demandent
une satisfaction très rapide et physique,
jusqu'à l'extrême de l'impulsion irrésistible.
Maintenant, cette effervescence est moins
intense et moins anarchique. Beaucoup d'énergie
psychique est investie pour mieux tenir compte
des exigences externes ( principe de réalité )
et pour installer des sublimations ( activités
sociales, cognitives, sportives, culturellement
valorisées, qui permettent de remplir certains
buts pulsionnels - aimer, être préféré,
s'affirmer - de manière moins " charnelle -
immédiate "). Les exigences pulsionnelles
s'intègrent dans un ensemble, dans un programme
de vie : l'enfant met son être en évidence bien
plus qu'il n'exhibe impulsivement son bas-
ventre ... sa curiosité strictement sexuelle
s'élargit : plutôt que de toucher le pénis de
son père ou les seins de sa mère, il trouve des
moyens plus neutres, plus intellectuels, plus
élaborés pour entrer dans le monde de ceux-ci.
D. L'intelligence réaliste, scientifique, prend
le pas sur l'imagination; les connaissances
s'affirment et s'intègrent ( multiplication des
observations et des comparaisons; référence au
savoir des autres ). S'installent donc des
quasi-certitudes (6)
sur les grandes questions
que sont la différence des sexes et l'identité
sexuelle (7)
; le pourquoi et le comment de la
sexualité; la permanence de l'objet ( et donc,
celle des organes sexuels ) ( avec, en miroir
la permanence des manques : une fille n'aura
jamais un pénis; un garçon n'aura jamais un
sexe féminin ).
II - Constats autour de la vie relationnelle.
L'évolution lente et mouvante des cultures et
des organisations sociales, avec les idées, les
rites, prescrits et règles qui s'en suivent,
ont changé le regard et les représentations des
êtres humains sur leur sexualité, ainsi que les
modalités des pratiques de celle-ci.
A. En simplifiant quelque peu, constatons
d'abord que, dans le monde occidental au moins,
il s'est installé en quelques décennies comme
une désacralisation, une banalisation autour de
la présence et de l'exercice de la sexualité.
Elle apparaît comme nettement moins réservée à
la seule finalité procréatrice, moins canalisée
dans des formes standards, moins chargée de
mystère, d'angoisse et de réprobation. Elle est
devenue comme un bien très accessible et chacun
se l'approprie, depuis des âges bien tendres de
la vie.
Il existe alors davantage de créativité et de
revendication d'un droit à la différence :
l'homosexualité entre majeurs (8)
et le transsexualisme passent dans les moeurs; l'âge
admis pour les relations sexuelles s'abaisse;
la pornographie est à tous les coins de rue ...
Complément quantitatif de cette reconnaissance
de fait, il existe aussi une importante
pression pour consommer. Pression indirecte,
par exemple à partir des images de la
publicité, mais aussi terriblement directe : le
sexe est une industrie et un commerce des plus
rentables, donc les invitations à l'acheter
sous mille formes se multiplient, tout comme la
désinformation à son propos; on fait passer
pour un " con " d'un autre âge celui qui
oserait encore choisir la voie de la chasteté
... on prétend que n'importe quelle " éclate ",
c'est bon pour la santé et le bonheur ...
Cette liberté revendiquée, et cette promotion
surabondante du sexe commercial, rend plus
difficile pour tout le monde, et notamment pour
les parents et les éducateurs, le repérage des
valeurs qui peuvent se vivre dans l'exercice de
la sexualité. Il en va de même pour la
définition des règles et des rites qui en
modulent l'exercice.
Dans ce domaine du moins, voici donc le
témoignage de vie des parents chargé de
davantage d'incertitudes!; on doit se souvenir
en outre que ces adultes sont souvent plus
consommateurs, plus matérialistes que leurs
propres parents et en même temps plus absents
de la vie de leurs enfants.
On pourrait donc déduire de tout ce qui précède
que, davantage que leurs aînés, ces enfants se
donnent le droit de jouir de leur sexualité -
de la consommer en quelque sorte - via des
activités diversifiées, où ils se sentent
libres et seuls pour explorer à leur guise,
sans employer autant d'énergie que les
générations précédentes l'ont fait à refouler
ou/et à sublimer leurs pulsions et désirs.
B. Ce " laisser-aller " ( au sens le plus
étymologique du terme! ) des enfants et des
jeunes ne se vérifie néanmoins qu'en partie sur
le terrain. Y croire avec trop de conviction
pourrait bien ne constituer qu'une projection
d'adultes, regrettant leur enfance qu'ils
jugent a posteriori comme trop névrosées!
- D'abord, il existe toujours des valeurs qui
se transmettent à travers la sexualité soit
parce que les parents continuent à les
véhiculer, soit parce que la jeune génération,
faite de petits humains, les (re)trouve toute
seule : on ne s'engage peut-être plus à une
fidélité éternelle via l'institution du
mariage, mais on s'engage toujours à aimer et
respecter l'autre le temps qu'on est avec lui,
et à parler authentiquement, entre autres si on
a l'impression que ça ne va plus.
- L'incertitude porte davantage sur le relatif
culturel que sur les interdits les plus
fondamentaux ( inceste et violence sexuelle ).
Ou, pour parler positivement, de grandes "
intentions " demeurent fréquemment bien
vivantes au coeur de l'exercice de la sexualité
quand elle est saine : s'il y a partenaires,
ceux-ci sont consentants; la sexualité physique
reste souvent liée à l'affection éprouvée par
le partenaire; qu'il en soit ainsi ou qu'elle
ne soit qu'une pure partie de plaisir, l'être
humain sain en modère souvent l'usage : la
sexualité reste une " récréation " et pas un
envahissement de tout son projet de vie ...
- Une autre raison, sans doute moins noble,
entraîne toujours que beaucoup d'enfants
lucides ne se hasardent que précautionneusement
ou discrètement du côté des pratiques
sexuelles. Ils ont compris que la majorité des
adultes ne leur donnerait jamais que des
doubles messages : d'une part, ils ont le droit
si pas l'obligation de tout savoir. De l'autre,
on ne leur permet vraiment que très peu de
pratique. Ils sont toujours " trop petits pour
..." et la masturbation, ça reste largement "
une vilaine manière ". Rationnellement, les
parents diront qu'ils veulent éduquer,
socialiser, permettre que l'énergie de leurs
enfants passe à autre chose qu'au sexe (
l'usage en liquéfierait-il toujours la moelle
épinière? ). Plus subtilement, on peut se
demander s'ils ne sont pas tout simplement ...
jaloux de l'incursion de leurs jeunes dans ce
qu'ils considèrent comme leur territoire propre
( le mythe de Prométhée pas mort, en quelque
sorte ).
§ III. FACTEURS D'ACTIVATION DE LA VIE SEXUELLE.
Par " vie sexuelle " nous entendons un ou
plusieurs des états que nous avons décrits au §
I. Il : pulsion, désir, acte, etc..
On pourrait dire que la vie sexuelle est un
fonctionnement humain en soi, simplement
activée par l'état momentané d'excitabilité
d'un corps en croissance, lui-même
éventuellement sensible à des stimuli externes
érogènes. C'est parfois aussi simple que cela,
principalement après la puberté où les "
besoins du corps " - et peut-être l'instinct de
reproduction - mettent occasionnellement à eux
seuls la sexualité en marche.
Néanmoins, il existe au moins aussi souvent
d'autres " Instances dynamiques intrapsychiques
" qui jouent un rôle d'appoint ou plus
fondamental pour activer la sexualité. Ils
s'exercent chaque fois en nombre et en
proportions variables. En voici une liste non-
exhaustive :
I - La curiosité.
Désir de connaître la nature et le
fonctionnement du corps, jusqu'à ses domaines
les plus intimes; expériences faites sur lui;
comparaisons effectuées sur l'autre, identique
ou complémentaire ; désir de savoir ce que
c'est que cette fameuse sexualité dont parlent
tant les grands : appropriation progressive du
concept, en partant des gros mots et des
blagues obscènes, d'abord pas très bien
compris, jusqu'aux exercices pratiques.
Les réponses que le terrain apporte à cette
curiosité contribuent à un savoir de plus en
plus stable : connaissance de la réalité,
externe et de soi, et capacité de la manier;
certitude de plus en plus définitive quant à la
permanence de l'objet; installation ("
sentiment ") d'une identité de plus en plus
précise, qui va bien plus loin que
l'identification et l'appropriation du corps
identité de l'être, identité sexuée ... (
Gavschon, 1990 ).
II - Le désir et le processus d'identification
aux grands et aux adultes.
Aujourd'hui, les enfants sont des témoins
usuels de la vie sexuelle de ceux-ci : pas
essentiellement des ébats de papa et maman (
ou, pour faire moderne, d'un de ceux-ci avec
son partenaire homo ou hétéro du moment ),
qu'il faut toujours surprendre par le trou de
la serrure, mais, de façon plus ouverte, de
l'espèce adulte, qu'on voit forniquer à heures
fixes à la télévision, ou dont les médias
apprennent qu'ils ont un usage présidentiel
bizarre du cigare : si le Père fait l'amour sur
la place publique, ses fils, pour grandir, vont
jouer à l'avance les rôles qu'ils devront tenir
un jour, puis comme dans toute identification,
vont avoir envie de le faire pour de vrai.
III - Le défi face aux règles.
Même si les interdits ont des conséquences
moins cruelles, le langage des adultes continue
largement à situer la pratique de la sexualité
comme leur domaine réservé : " Tu peux - si pas
: tu dois! - savoir ... la sexualité, c'est
chouette ... mais tu es trop petit pour la
pratiquer ". Eh bien, face à ce qui reste un
interdit, beaucoup d'enfants ont envie de
transgresser à l'occasion, précisément parce
que c'est interdit (9).
IV - L'affirmation d'une puissance ressentie en
soi.
S'intéresser au sexe, c'est être grand, se le
prouver à soi, et le montrer aux autres. Dans
le cadre de cette affirmation de puissance, se
situent entre autres les enfants dominants qui
prennent l'initiative d'entraîner les autres à
l'aventure, ici, sexuelle, tout en finissant
par respecter leur éventuel refus. Ce ne sont
donc pas des enfants abuseurs, même si, au
moment de la découverte des faits, les autres
ont tendance à les lâcher et à prétendre qu'ils
ont été entraînés contre leur gré.
C'est aussi dans le contexte de
l'identification aux adultes, de l'affirmation
d'une puissance-compétence, ainsi que d'une
camaraderie d'aînés vers des cadets ( dont nous
parlerons plus loin ) qu'on trouve les enfants
initiateurs, qui " mettent au parfum " du sexe
des ignorants ou des naïfs, de leur âge ou un
peu plus jeunes ( un ou deux ans de différence
d'âge ) (10).
V - Un enfant sain n'est pas exempt
d'angoisses, ni même de légers sentiments de
culpabilité irrationnelle.
Ces sentiments pénibles font partie de toute
vie. Mais, paradoxalement, leur existence
n'inhibe pas systématiquement la réalisation
des désirs et des comportements dont, pourtant,
la mise en oeuvre les accroîtra encore. On est
dans un véritable cercle vicieux : pour être
quitte de son angoisse, l'enfant va poser un
acte, pour savoir, pour vérifier, pour vaincre
l'ennemi ... mais cet acte ne soulage rien à
long terme : au contraire, il amplifie la
crainte de l'agression en retour.
Autant pour la culpabilité : pour en savoir
plus sur les intentions punitives prêtées à
l'adulte et sur le pouvoir de discernement de
celui-ci, l'enfant va poser le comportement
interdit, en en laissant des traces qui mènent
à lui. La punition précise qui suivra est
censée être préférable à un vécu difficile de
culpabilité ... mais l'acte réveille de
nouvelles culpabilités.
Parmi les angoisses " normales " à l'âge de
l'école primaire, citons :
- Surtout chez les plus jeunes, des angoisses
liées au simple jeu de l'imagination qui pallie
encore quelque peu les lacunes momentanées de
l'intelligence et d'un bagage informatif
correct ( Hayez, 1999 ) : pas encore de
certitude tranquille quant à la permanence de
l'objet, et partant, quant à l'inéluctabilité
et à la stabilité des différences sexuelles,
etc. ... il existe donc des vérifications
anxieuses - scientifiques de ce qu'il en est.
- Surtout chez les plus âgés, existence
structurante d'une phase de névrose infantile,
ni trop longue, ni trop rigide : ici, avant que
l'enfant ne trouve ses solutions mentales et
programmations plus mûres - via les
identifications, les sublimations et la simple
mise en veilleuse spontanée de son Sur-Moi le
plus archaïque -, certains de ses désirs lui
apparaissent momentanément conflictuels :
désirs oedipiens, désirs masturbatoires ( c'est-
à- dire, désirs de pratiquer déjà une
sexualité, comme les grands ); leur simple
existence et leurs velléités de réalisation
déclenchent un rien d'angoisse et de
culpabilité. Mais ces vécus pénibles n'arrêtent
pas l'enfant. La poussée du désir est toujours
là, d'une part. De l'autre, pour en avoir le
coeur net, pour savoir si le sexe peut être
puni pour avoir fonctionné, l'enfant est poussé
à aller voir s'il fonctionne toujours bien,
voire si, chez son petit ami ou sa petite amie,
il existe des différences d'intégrité par
rapport à lui.
Et même quand il n'existait pas d'angoisses
préalables, les enfants, après avoir ouvert une
porte à la sexualité en eux, devinent bien
qu'ils ouvrent une porte au " non-logique ",
non rationnel, souvent non parlé; ils ouvrent
une porte à la violence de l'instinct, et ça
fait plus ou moins peur selon les uns ou les
autres : " Cet intérêt nouveau, où va-t-il me
conduire? Maléfique ou bénéfique, ce nouveau
personnage en moi? Maîtrisable ou non? " On
peut faire une analogie avec ce qu'ils
imaginent toujours quelque peu à propos de la
scène primitive des parents, comme acte de
déchaînement et de sadisme.
VI - La camaraderie ou l'amitié.
et les partages qu'elle inclut, " pour faire
plaisir " au copain ou à la copine qu'on aime
bien : on cherche donc avec lui, le coeur un
peu battant, tel site porno du web, où va déjà
traîner le grand frère; on se montre une partie
intime du corps propre (11)
, comme un secret
précieux, qu'on portera ensuite ensemble ... on
procède avec l'ami aux premières explorations
et activités vraiment sexuelles, à la
découverte des mystères et plaisirs qui y sont
liés, etc.
VII - Et, en effet, le plaisir
de la
manipulation sexuelle, le plaisir de (se)
toucher ou d'être touché, constitue également
un incitant partiel pour l'activité sexuelle
infantile. Et ceci, même s'il n'a encore que
peu à voir avec l'intensité des plaisirs et
orgasmes éprouvés autour de et après la
puberté. S'ajoutent à ce plaisir strictement
physique et local, d'autres plaisirs plus
spirituels liés aux déterminants déjà évoqués :
plaisir de savoir, d'expérimenter, de grandir,
de défier, etc.
La recherche du plaisir n'est cependant ici
qu'un but parmi d'autres; il n'existe pas,
comme dans la perversion, un culte raffiné et
quasi-exclusif de l'érotisme (12).
VIII - A côté de ces dynamismes psychiques
principaux, il faut encore évoquer des facteurs
d'un autre ordre, comme :
- Le corps: son équipement n'est pas le même
d'une enfant à l'autre : certains ont des
besoins, une excitabilité et une sensibilité
sexuelles plus forte que d'autres.
- La vitesse du développement général et
pulsionnel, variable elle aussi. Elle est
déterminée en partie, et en partie seulement,
par les attitudes de l'environnement. Certains
enfants quittent plus vite et plus radicalement
que d'autres leurs investissements oraux,
sphinctériens, génitaux solitaires, ...
d'autres s'y attardent ou ne les abandonnent
que partiellement.
§ IV. LES FORMES D'UNE ACTIVITE SEXUELLE SAINE.
Nous nous limitons à parler ici de l'activité,
c'est-à-dire du comportement concret résultant
de la vie sexuelle mentale.
I - La forme stricto sensu.
A. A l'âge de l'école primaire, il s'installe
de plus en plus une primauté des désirs et
activités génitales, en même temps que prennent
corps les fantasmes organisateurs de la
sexualité, pour la suite de la vie.
B. Corollairement, on assiste au déclin de la
primauté de la vie sexuelle prégénitale qui
était souvent en quête d'objet partiel. Déclin
veut dire que l'intérêt pour elle et le plaisir
qu'elle procure, s'amenuise spontanément.
Déclin n'est pas disparition : elle persiste
comme centre d'intérêt occasionnel : par
exemple, lorsque le hasard ramène des stimuli
provocants, que l'enfant s'ennuie et/ou qu'il
a peur, il se livre à nouveau à des jeux
urinaires par exemple ... Quand il a été
malmené, il peut passer par une brève phase de
sadisme sur des petits animaux, etc ...
En outre, la vitesse du développement n'est pas
la même selon les enfants, pas plus que ne
l'est la radicalité avec laquelle on passe
d'une étape à l'autre. Certains enfants,
davantage fixés à l'âge nourrisson de leur vie,
verront leur génitalité infiltrée d'un très
grand désir de caresses, voire d'activités
buccales. D'autres, plus fixés à l'âge tout-
puissant ou sphinctérien, auront une sexualité
plus brutale, parfois pas loin d'être sadique,
ou/et garderont de grands intérêts
scatologiques.
Néanmoins, si persistent à l'occasion ces
satisfactions non-génitales, on peut parier
qu'elles sont accessoires et que l'enfant ne
s'y cramponnera pas : dans le film Padre
Padrone ( Taviani, 1923 ), le pré-adoleseent
qui connaît bibliquement son âne ne restera
très probablement pas fixé à ce mode de
satisfaction, et ne s'y est adonné que faute de
mieux.
C. Quant à la primauté du génital, si elle
progresse indubitablement, elle connaît elle-
même un certain nombre de tâtonnements d'objet
et de mode :
1 - Quant à l'objet, il y a des allers et
retours entre :
- des phases d'investissement auto-érotique :
masturbations sans fantasmes ou avec fantasmes
centrés sur soi, ou mettant vaguement en scène
l'autre, comme faire-valoir de la jouissance ou
de la puissance de soi;
- d'autres, où la masturbation est la seule
conduite sexuelle réalistement accessible, mais
où, fantasmatiquement, est intensément désirée
une relation physique avec le parent
oedipien ou/et avec ses déplacements les plus
lisibles; il est plus rare que ce soit avec un
partenaire de la même génération d'âge;
- des jeux sexuels, homo ou hétérosexuels, avec
un (des) partenaire(s) du même groupe d'âge.
Dans notre culture occidentale, assez
introvertie, des réflexes de pudeur
s'installent progressivement et conduisent à
disqualifier le jeu sexuel, outre qu'il
apparaît " pour bébés "; donc, au fur et à
mesure du grandissement, on s'achemine
davantage vers la sexualité solitaire.
Lors de la pré-adolescence, des activités
sexuelles en groupe ( souvent homosexuel )
peuvent réapparaître. Leur finalité est
davantage transgressive et érotique : à tout le
moins s'agit-il de s'approprier le plaisir et
de le maîtriser; ici, le groupe donne aussi à
chacun le courage " d'y aller ".
Bien plus rares sont les activités sexuelles
qui s'accompagneraient d'un réel vécu amoureux
(13).
2. a) Quant au mode, l'inspection, la
manipulation et les caresses des zones et
organes génitaux deviennent de plus en plus
centrales ; surtout s'il y a partenaire, elles
s'accompagnent éventuellement d'un rien de
scénario, d'histoire racontée (" On disait que
tu étais le papa ..."), mais vite, l'enfant
sain va au but, et ne s'invente pas de
scénarios très compliqués qui retarderaient
longuement l'ultime plaisir.
b) Coexistent avec ces manipulations,
inconstamment et à temps partiel :
. Des moments d'exhibitionnisme, où le plaisir
de s'affirmer et de vérifier son pouvoir ( de
séduire, d'effrayer, d'oser ) est au moins
aussi grand que le plaisir érotique ; la toute
première étape sur la voie de cet
exhibitionnisme, c'est le maniement de gros
mots, de blagues salaces ou du folklore obscène
des comptines.
. D'autres, de voyeurisme, où le plaisir de
satisfaire sa curiosité, de faire comme les
grands, est au moins aussi grand que la
satisfaction érotique ( Satterfield, 1975 ). A
l'heure actuelle, il faut penser aux
satisfactions voyeuristes " banalisées " que
permettent les médias ( T.V ...) et les
télécommunications ( téléphones roses, Internet
). Voyeurisme éventuellement réalisé dans
l'ambiance excitante d'un petit groupe (
rivalité ... abaissements des normes ).
c) Enfin, l'abaissement diffus des normes et la
relation par les médias de tout ce que font les
adultes incitent certains enfants, vigoureux
dans tous les sens du terme et pas trop
scrupuleux, à pousser l'expérience dans des
modalités inattendues ou/et estimées trop
précoces pour leur âge. A la différence
d'enfants plus préoccupants, il s'agit bien
d'expériences qu'ils ne feront que l'une ou
l'autre fois, et dont ils auront tout seuls
l'intuition qu'elles ne leur sont pas ( déjà )
stablement destinées.
" Enculer " et " sucer " passant de plus en
plus dans le vocabulaire quotidien, certains
enfants voudront voire de plus près de quoi il
s'agit, surtout s'ils ont quelques fixations
anales ou orales; on n'est plus à l'époque où
la vie rurale était vide de stimulations, à
part l'arrière-train accueillant des ânes et
des brebis ... mais par contre, on a multiplié
les enfants laissés à eux-mêmes, curieux, sans
beaucoup de retenue Sur-Moïque, et qui, entre
autres explorations, dans l'appartement où ils
s'ennuient, peuvent se souvenir que le berger
allemand femelle de la maison, après tout,
pourrait être à usages multiples, etc ...
II - L'ambiance affective
où baigne l'activité
sexuelle est souvent largement détendue,
paisible, plaisante, sans qu'il s'agisse d'une
centration exclusive et intense sur la seule
jouissance physique. Il peut s'y mêler
l'excitation de la curiosité qui va être
satisfaite. Il peut s'y mêler aussi
éventuellement un peu d'angoisse et de
culpabilité : c'est parfois " le coeur battant "
que les enfants explorent cet univers encore
largement inconnu et réservé aux
adultes (14).
III - L'activité sexuelle
est bien moins souvent l'aboutissement d'une
planification contraignante et longuement
concoctée à l'avance qu'elle n'est déclenchée
par le hasard (15)
: ennui, insomnie, besoin de
faire pipi à deux au même moment, stimulus
externe imprévu et excitant, tension
corporelle, etc. ... Elle peut donc apparaître
comme impulsive ou exécutée avec maîtrise et
intelligence, mais dans les deux éventualités,
l'enfant la reconnaît comme sienne; du moins le
reconnaît-il dans son for intérieur, pour lui-
même (" C'était gai " entendez : " C'est moi
qui ai planifié quelque chose de gai ");
néanmoins, si les adultes l'interpellent et lui
font des reproches, il se défendra souvent de
l'avoir voulu vraiment, pour ne pas s'attirer
des ennuis.
L'activité a également lieu discrètement, loin
de la génération des parents : elle n'est
jamais surprise par eux que rarement et par un
malheureux hasard.
Cette activité ne se répète pas à haute
fréquence : l'enfant ne passe pas sa vie à se
masturber ... dans un petit groupe de copains,
les jeux sexuels constituent un hasard
occasionnel : ils se réunissent surtout pour
jouer, faire du sport ... et, à l'occasion, un
peu de sexe.
Il existe une progression dans la " technique
et la compétence " en matière sexuelle, et
aussi, une certaine diversification : l'enfant
ne reproduit pas indéfiniment le même scénario.
IV - Si des pairs sont engagés
dans l'activité, ils sont respectés; les
enfants se parlent : il s'agit bien d'un " jeu
" qui engage le sexe et le dépasse à la fois :
on y discute donc des sciences du corps et du
sexe, on y joue des rôles sexués et sexuels.
Les pairs engagés sont plus ou moins du même
âge; les plus grands ( 10 - 12 ans ) ignorent
les petits ( par exemple, en-dessous de 7 ans),
objets de dédain et non objets sexuels à
initier.
V - Quant au conflit avec l'ordre adulte,
il est fréquent. Pour l'adulte du XXe siècle,
l'enfant est souvent grand assez pour savoir,
et trop petit pour faire. Mais ce paradoxe
n'arrête pas l'enfant, qui conquiert sa
sexualité : dans Padre Padrone toujours, on
voit que l'accès à la sexualité n'est pas rien.
Elle dérange l'ordre adulte, qui a une certaine
image de l'enfance - bons bergers bien
utilisés, mais bien conformes aussi, sans
distractions déviantes -; il y a donc un
châtiment ... mais celui-ci n'arrête pas un
processus en marche : les images suivantes du
film restent sexuelles et, cette fois, la
sexualité surprise chez les enfants n'est pas
l'objet d'un affrontement, mais plutôt d'une
stimulation des adultes ... entre eux.
§ V. ACCOMPAGNEMENT ET EDUCATION DE LA SEXUALITE
EN CROISSANCE SAINE CHEZ L'ENFANT.
I - Un préalable : nous mettre en questions,
nous, adultes
A. Les émotions irrationnelles
A. 1) Confronté à n'importe quelle question ou
activité sexuelle de l'enfant, il demeure rare
que l'adulte fasse preuve tout-de-suite de
sérénité et de lucidité satisfaisantes. Pour
beaucoup, il demeure une gêne à dialoguer
clairement autour de la sexualité; c'est un
héritage de l'ambiance répressive dans laquelle
a baigné l'éducation sexuelle et l'accès à la
sexualité de beaucoup d'adultes; c'est lié
aussi au flou contemporain des valeurs et des
normes; enfin la culture prescrit que la
sexualité doit être privée, intime et
monogénérationnelle : cette valeur d'intimité
pèse elle aussi sur la fluidité du dialogue
parents-enfants.
Au-delà tout-de-suite de la gêne, des émotions
excessives peuvent surgir, tant du côté de la
dramatisation et de la poussée à culpabiliser
l'enfant, que du côté inverse : banalisation de
principe ou pire, excitation érotique à ses
côté et clin-d'oeil pour qu'il en remette. Sous
l'emprise de ces émotions, l'adulte peut se
taire trop ... ou parler inconsidérément.
2) Et donc, si tant est qu'un adulte ressent
gêne ou/et émotions, la première étape de sa
tâche éducative consiste à regarder en soi-
même, et chercher pourquoi " ça " retentit de
telle ou telle manière : des données de notre
histoire, nos connaissances, notre rapport de
dépendance ou de contre-dépendance à la culture
et au règles ... risquent de venir interférer
de façon dommageable avec la signification que
l'acte a revêtu pour l'enfant, et avec le
besoin qu'il a d'entendre un message éducatif
adéquat.
3) Souvenons-nous aussi qu'une première
réaction, souvent impulsive, peut être "
rattrapée ". L'adulte peut, s'il le veut,
réfléchir à l'opportunité de ce qu'il a
commencé par dire ou faire; il peut se faire
conseiller quelque peu; il peut " revenir ",
avec l'enfant, sur ce qu'aurait été une
première réaction maladroite et s'expliquer à
ce propos, tranquillement : un nouveau
commentaire et, aussi, quelques mots échangés
sur la raison d'être du premier, peuvent
s'avérer bien apaisants.
B. La place éducative majeure du témoignage
spontané de vie
Notre façon de vivre spontanément notre
sexualité et, à l'occasion, de faire des
commentaires sur elle, constitue un outil
éducatif des plus précieux même si, par
définition, il n'est pas conçu comme tel!
C'est lui surtout qui sera à l'origine des
identifications les plus stables de l'enfant,
et de ce qui s'en suivra : acquisition de
valeurs, maturation des pulsions avec une place
pour la réalisation directe et une autre pour
les sublimations!
Donc, à nous de nous arrêter parfois, et de
chercher à comprendre en quoi consiste ce
témoignage, éventuellement avec l'aide d'un
conjoint, d'un proche, voire d'un professionnel
(... et en prenant en compte aussi certaines
critiques surtout émises par les grands enfants
et les adolescents! ) : dans notre manière de
vivre, que " montrons-nous " spontanément de ce
qu'est pour nous la sexualité et ses
corollaires : place du plaisir, de l'autre, des
lois humaines, des règles sociales et des
prescrits culturels?
S'il n'existe pas trop de hiatus entre ce que
nous sommes et nos messages et attitudes
éducatifs intentionnels, tant mieux! Sinon ...
il faut revoir un des deux pôles de ce qui
serait trop contradictoire!
C. Quand c 'est la cas, assumer une incertitude
sur la signification
La signification saine ou pathologique de
certains comportements sexuels n'apparaît pas
toujours en une fois : Tel acte sadique, est-ce
un tâtonnement accidentel, ou un plaisir plus
structural? Il faut se méfier, ici, de la
tendance à faire de l'enfant un ange, de la
difficulté que l'on peut ressentir à admettre
que quelque chose ne va pas chez lui, surtout
dans le domaine sexuel ... une volonté de le "
normaliser " (16)
envers et contre tout a déjà
conduit à des désastres, c'est-à-dire à le
priver de l'aide dont il avait besoin! Si un
enfant a fait quelque chose qui apparaît comme
préoccupant dans le champ sexuel, il faut le
rencontrer, essayer d'en parler avec lui et de
savoir si ce n'est pas déjà une habitude qui
s'installe. Il faut également être plus
attentifs autour de lui, surveiller
discrètement, sans prédiction négative
grossière, mais sans naïveté non plus : une
maman qui inspecte une fois ou l'autre une
chambre en l'absence de son enfant n'est pas
ipso facto une maman intrusive, possessive et "
voyeuse " : elle va peut-être le sauver de
l'emprise d'un principe du plaisir occupé à "
déraper ", en lui montrant qu'elle veille ...
II. L'accompagnement et l'éducation, lorsque
l'on est persuadé que le développement de la
sexualité est sain.
A. Si nous sommes convaincus de cette santé
sexuelle basale et qu'il nous arrive de "
tomber par hasard " sur une activité sexuelle
ou d'en être informés, une des attitudes les
plus structurantes, c'est notre discrétion, qui
renvoie l'enfant à sa génération d'âge : nous
avons surpris quelque chose qui ne nous
regardait pas, et nous sommes invités à tourner
les talons, plutôt sans commentaires, en miroir
de ce qui est demandé à l'enfant lorsqu'il
surprend la scène primitive de ses parents.
Dans une large mesure, le meilleur
accompagnement de la sexualité d'un enfant
d'âge scolaire estimé sain consiste à lui
laisser largement la paix, sans beaucoup nous
mêler de ses tâtonnements, le plus souvent
discrets.
B. Pour peu que nous soyons investis d'une
mission d'éducation, cette sobriété peut nous
paraître frustrante ou angoissante pour
l'enfant. Faut-il y ajouter en commentaires?
Oui, peut-être, mais de préférence pas sous le
coup du réflexe émotionnel immédiatement généré
par la scène surprise ou apprise. Par après, à
tête reposée, ce qu'on a vu ou appris peut être
l'occasion de :
- signaler à l'enfant notre disponibilité et
notre capacité d'accueil si d'aventure il
désire parler qu'une question sexuelle avec
nous;
- ou même, prendre l'initiative d'un dialogue
autour de la sexualité. Dialogue inclut
certainement une écoute de l'enfant ( s'il veut
bien parler ), un accueil de ses idées et
questions, et une invitation à ce qu'il les
déploie. En retour, l'adulte expose ses propres
idées, questions et commentaires, de la façon
la plus vécue possible : en veillant à ne pas
être écrasant ni moralisateur, type discours
d'ancien combattant.
Cet échange verbal comporte éventuellement des
éléments informatifs ( fonctionnement;
finalités biologiques; comportements sexuels
habituels ...); il comporte surtout un partage
d'idées sur les valeurs ( place de l'autre, du
plaisir, de l'affection, etc. ); il évoque
enfin l'inscription de la sexualité dans les
Lois humaines et les normes culturelles,
familiales et sociales.
Parmi les thèmes à passer en revue avec
l'enfant, on abordera plus particulièrement :
* Le respect d'un rite de discrétion : Veille-t-
il à exercer sa sexualité dans l'intimité, hors
du regard de ceux qui n'y sont pas invités?
* Le respect d'une Loi de non-violence sur
autrui : S'il y a un ou des partenaires, ceux-
ci sont-ils vraiment d'accord? Vraiment, et pas
au terme d'une séduction ni d'une argumentation
intellectuelle épuisante! En particulier, lors
d'activités d'initiation occasionnelles, on
constate parfois que la différence d'âge est
importante ... ce n'est pas tout-de-suite
pathologique, mais il faut rappeler à l'enfant
plus âgé combien les tout petits sont
suggestibles : leur consentement est donc
souvent des plus fragiles et on fait mieux de
les laisser en dehors de la sexualité avec les
plus grands.
* En outre, chaque famille, chaque groupe,
chaque culture a un point de vue spécifique sur
l'équilibre qui doit exister, chez chacun de
ses membres, entre ce que l'on pourrait appeler
un droit à des réalisations pulsionnelles
directes, et une attente que cette " énergie
pulsionnelle " reste en réserve, au nom
d'autres tâches à accomplir, ou soit
transformée en sublimations. Pour beaucoup, par
exemple, le droit au plaisir - y inclus sexuel
- est reconnu, mais à condition qu'il ne soit
pas cultivé de façon trop envahissante.
L'adulte éducateur se donne donc naturellement
le droit d'inviter l'enfant à se conformer à
cette attente familiale et culturelle ( par
exemple, " Avec ton copain X [ avec qui il y a
eu le jeu sexuel ], j'espère que vous passez
beaucoup de temps à vous amuser autrement, et à
faire d'autres choses. Qu'est-ce qui vous
intéresse? ").
* Enfin, dans ce dialogue autour de la
sexualité, de ses tenants et ses aboutissants,
l'adulte peut aider l'enfant à réfléchir :
persister dans telle activité sexuelle, c'est
éventuellement transgresser une règle
familiale, et non pas faire le Mal en soi! Mais
à transgresser des règles, on court néanmoins
déjà le risque d'être " rappelé à l'ordre ...".
C. Et au-delà du dialogue et des commentaires,
si des parents redoutent que tel enfant, encore
passablement sain, consacre néanmoins trop de
temps et d'énergie à des activités sexuelles
directes, plutôt que de l'affronter à ce
propos, ils peuvent plutôt veiller à :
1) Proposer à cet enfant une ambiance et un
programme de vie gais, attractifs, bien
remplis. On définira avec lui des activités qui
lui plaisent, où il se sente utile, où il a
l'impression de se réaliser, et on
l'encouragera à s'y investir. On essaiera
particulièrement de mettre en place celles de
ces activités qui connotent de vraies relations
à autrui.
Cette invitation à vivre autrement ne sera pas
faite grossièrement. Il ne s'agit donc pas de
lui dire : " Fais du football pour ne plus
penser à telle manière de pratiquer ta
sexualité ". Le message à ce propos doit être
dissocié :
* D'une part, le rappel de la norme culturelle
ou de la loi : " Ta sexualité peut s'exercer
dans tel créneau et pas dans tel autre ".
* D'autre part, et à d'autres moments, des
invitations à " bien remplir sa vie ".
2) Offrir davantage de présence matérielle et
spirituelle dans la vie de l'enfant.
La pratique sexuelle, normale et encore plus
déviante, naît assez souvent en partie du vide
: vide de présence matérielle, et vide d'un
investissement relationnel de qualité. A nous
d'en tirer les leçons!
III. De la conquête de la sexualité.
Pour terminer, rappelons une idée difficile :
nous ne sommes pas choqués par l'existence
d'une dynamique de conquête de la sexualité par
l'enfant, face à des aînés et des adultes un
peu jaloux et qui ne lui lâchent pas tout d'un
coup. Nous n'avons jamais été partisans de
l'hyperinformation sexuelle, ni des parents qui
font des clins-d'oeil réjouis à leurs enfants
qui se masturbent ou collectionnent de la
pornographie jusque sous leurs yeux. La
pratique sexuelle ça doit vraiment rester du
privé-monogénérationnel. Et même, plus
radicalement, l'idée " Tu feras ça plus tard
... Tu es trop petit pour t'occuper de ça... ",
en situant le " plus tard " dans un flou
mystérieux ou précis (" Je ne veux pas que vous
ayez des relations sexuelles avant X âge "),
peut être structurante pour l'enfant à la
condition que :
- l'adulte ne joue pas avec lui et pense
vraiment ce qu'il dit;
- l'adulte ne sème pas de confusion sadique à
propos de son injonction, en amenant l'enfant à
assimiler son éventuelle désobéissance au Mal
le plus absolu;
- l'adulte ne cherche pas vraiment à débusquer
si l'enfant a transgressé; s'il tombe par
hasard sur une transgression, qu'il cherche à
en comprendre la signification; si celle-ci est
" saine " ( simple défi, l'enfant qui conquiert
son grandissement ) l'adulte devrait pouvoir
accepter que l'enfant est occupé à gagner sa
place tout seul, dans le monde des grands ...
et donc, assumer la dimension irrationnelle de
l'interdiction qu'il a lui-même posée.
C. CHILAND,
Changer de sexe, Paris, Odile Jacob, 1997.
A. GAVSCHON,
The analysis of a latency boy. The
developmental impact of separation, divorce and
remariage,
Psychanal. study child, 1990, 45,
217-223.
J.-Y. HAYEZ,
Peurs, anxiétés et angoisses de l'enfant,
Annales médico-psychologiques, 1999, 157-5, 308-
319.
J.-Y. HAYEZ,
La destructivité chez l'enfant et chez
l'adolescent : clinique et accompagnement,
Paris, Dunod, 2001.
J.-Y. HAYEZ,
Sexualité des enfants en âge d'école primaire,
Perspectives psychiatriques, 1999 bis, 38-4,
282-299.
S. LAMB, M. COAKLEY,
" Normal " childhood sexual play and games,
differentiating play from abuse,
Child abuse
neglect, 1993, 17-4, 515-526.
S. SATTERFIELD,
common sexuel problems of children and
adolescents,
Pediatrics clinics of North
America, 1975, 33-3, 643-652.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
- Notes. -
(1). J.-Y. Hayez, psychiatre infanto-juvénile, docteur en
psychologie, responsable de l'Unité de
pédopsychiatrie, Cliniques Universitaires St-
Luc, 10, avenue Hippocrate à 1200 Bruxelles,
Belgique.
Courriel :
jyhayez@uclouvain.be
(2). Approximativement entre six et douze ans, avec
le fonctionnement psychologique que les
psychanalystes décrivent comme celui de " l'âge
de la latence ".
(3). Il complétera alors l'exercice de sa
sexualité par celui de son agressivité, dirigée
ici contre les menaces externes.
(4). Nous dressons un panorama plus complet de
la sexualité saine et pathologique de l'enfant
en âge d'école primaire dans l'article
Sexualité des enfants en âge d'école primaire,
Perspectives psychiatriques, 1999, 38-4, 282-
299.
(5). Celles-ci sont liées à la diversité de
l'équipement de chacun, à la culture dans
laquelle il baigne et qui l'imprégne plus ou
moins, et à l'histoire de sa vie.
(6). N.B. " Quasi-certitudes? " dans certaines
circonstances ( excitation, angoisse,
culpabilité ...) l'imagination
reprend le dessus et peut ramener les croyances
magiques propres à l'âge préscolaire! (par
exemple castration ... ou " poussée du pénis
"); ces flashes de convictions magiques peuvent
être conscientes ou inconscientes.
(7). Nous adhérons au distinguo de vocabulaire
que propose C. Chiland : identité sexuelle
renvoie à la connaissance du corps et des
organes sexuels ... ce qui est " sexuel "
renvoie à l'utilisation de ceux-ci. Identité
sexuée renvoie à la manière d'être que l'on
manifeste parce que l'on est ( petit ) homme ou
( petite ) femme : comportements, rôles liés à
la sexuation, en vertu, en partie d'une
adhésion profonde personnelle et en partie d'un
prescrit culturel (Chiland, 1997).
(8). et même, petit-à-petit, à partir de 15-16
ans.
(9). Ce désir de transgresser présent chez le
petit humain, pour se sentir vivre et être
fort, connaît néanmoins des limites spontanées
lorsque cet être humain est sain; même des
petits enfants sont " retenus de l'intérieur "
quand la transgression est repérée par eux
comme ayant un effet trop destructeur ( Hayez,
2001 ). Par contre, ils s'en prennent
régulièrement aux symboles, rites et insignes
des adultes. Une belle illustration, qui porte
cette fois sur la connaissance de la mort, en
est donnée dans le dessin animé Le roi Lion (
R. Allers, 1994 ) : Simba et Nala s'en vont
joyeusement explorer le territoire interdit par
le Père, le territoire noir, à l'ombre ...
(10). Une trop grande différence d'âge ( 4-5 ans
et au delà ) est plus préoccupante et renvoie
assez souvent à davantage de perversité ou de
perversion sexuelle, à un comportement post-
traumatique, ou à une carence affective.
(11). Il arrive que, une fois découverte la
nudité de celui (celle) qu'on aime bien, on ne
sache pas très bien qu'en faire ... et qu'il
s'installe une gène un peu triste, puis que
l'on n'y revienne plus. C'est très joliment
décrit dans le roman " Ben est amoureux d'Anna
". Et si, par ailleurs, le petit Spirou désire
ardemment connaître les dessous de Suzette, ce
n'est pas par hasard qu'il n'y arrive jamais :
la fête serait peut-être finie du même coup.
(12). Lamb ( 1993 ), dans une vaste recherche
rétrospective, note que la recherche
d'excitation érotique n'est citée que 14 fois
sur 100, parmi les grandes catégories de buts
recherchés. Les autres grands buts fréquemment
invoqués sont : l'imitation de la manière
d'être des adultes (30%), puis la satisfaction
de la curiosité et la maîtrise de l'angoisse,
via les " jeux de docteur " (16%).
(13). Un peu moins rare est le vécu amoureux
réciproque mais sans activité sexuelle; s'il se
développe intensément et durablement entre
frères et soeurs, avec ou sans activité
sexuelle, ce pourrait être bien préoccupant.
(14). Ainsi marchent Simba et Nala, dans Le roi
Lion ( Allers, 1994 ), vers la zone d'ombres
interdite. Apparemment détachés et excités ...
déniant leur angoisse ... après avoir fait
taire leur Sur-Moi représenté par le perroquet,
oeil du Père ...
(15). Lamb, 1993, p. 516 " Incidental outcomes
of other play activities ...".
(16) C'est la même volonté de " normaliser "
envers et contre tout, qui prive pour le moment
la société belge tout entière de l'occasion de
se libérer de sombres chancres mafieux, et de
protéger plus efficacement les enfants contre
les réseaux pédophiliques.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
Création le 7 septembre 2003.
Dernière mise à jour
le dimanche 02 mai 2010.
Issu d'un document en traitement de texte prêté par le
professeur Jean-Yves Hayez.
DS.ds
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Bravo de m'avoir trouvé
Félicitations
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480
mais est encore correcte avec les écrans
plus grands 1600x1200 ou autres.
Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur
Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son
infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
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pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
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jyhayez@uclouvain.be
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
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Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son
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Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez
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Une sexualité saine chez l'enfant d'école
primaire.
§ I. Présence de la sexualité
chez l'enfant.
§ II. Caractéristiques de la sexualité propres à
l'âge de l'école primaire.
§ III. Facteurs d'activation de la vie sexuelle.
§ IV. Les formes d'une activité sexuelle saine.
§ V. Accompagnement et éducation de la sexualité
en croissance saine chez l'enfant
Bibliographie.
Notes.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
- Notes automatiques. -
.
.
Note 1.
(1). J.-Y. Hayez, pédopsychiatre, docteur en
psychologie, responsable de l'Unité de
pédopsychiatrie, Cliniques Universitaires St-
Luc, 10, avenue Hippocrate à 1200 Bruxelles,
Belgique.
Courriel :
jyhayez@uclouvain.be
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 2.
(2). Approximativement entre 6 et 12 ans, avec
le fonctionnement psychologique que les
psychanalystes décrivent comme celui de " l'âge
de la latence ".
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 3.
(3). Il complétera alors l'exercice de sa
sexualité par celui de son agressivité, dirigée
ici contre les menaces externes.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 4.
(4). Nous dressons un panorama plus complet de
la sexualité saine et pathologique de l'enfant
en âge d'école primaire dans l'article
Sexualité des enfants en âge d'école primaire,
Perspectives psychiatriques, 1999, 38-4, 282-299.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 5.
(5). Celles-ci sont liées à la diversité de
l'équipement de chacun, à la culture dans
laquelle il baigne et qui l'imprégne plus ou
moins, et à l'histoire de sa vie.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 6.
(6). N.B. " Quasi-certitudes? " dans certaines
circonstances ( excitation, angoisse,
culpabilité ...) l'imagination
reprend le dessus et peut ramener les croyances
magiques propres à l'âge préscolaire! (par
exemple castration ... ou " poussée du pénis
"); ces flashes de convictions magiques peuvent
être conscientes ou inconscientes.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 7.
(7). Nous adhérons au distinguo de vocabulaire
que propose C. Chiland : identité sexuelle
renvoie à la connaissance du corps et des
organes sexuels ... ce qui est " sexuel "
renvoie à l'utilisation de ceux-ci. Identité
sexuée renvoie à la manière d'être que l'on
manifeste parce que l'on est ( petit ) homme ou
( petite ) femme : comportements, rôles liés à
la sexuation, en vertu, en partie d'une
adhésion profonde personnelle et en partie d'un
prescrit culturel (Chiland, 1997).
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 8.
(8). et même, petit-à-petit, à partir de 15-16
ans.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 9.
(9). Ce désir de transgresser présent chez le
petit humain, pour se sentir vivre et être
fort, connaît néanmoins des limites spontanées
lorsque cet être humain est sain; même des
petits enfants sont " retenus de l'intérieur "
quand la transgression est repérée par eux
comme ayant un effet trop destructeur ( Hayez,
2001 ). Par contre, ils s'en prennent
régulièrement aux symboles, rites et insignes
des adultes. Une belle illustration, qui porte
cette fois sur la connaissance de la mort, en
est donnée dans le dessin animé Le roi Lion (
R. Allers, 1994 ) : Simba et Nala s'en vont
joyeusement explorer le territoire interdit par
le Père, le territoire noir, à l'ombre ...
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 10.
(10). Une trop grande différence d'âge ( 4-5 ans
et au delà ) est plus préoccupante et renvoie
assez souvent à davantage de perversité ou de
perversion sexuelle, à un comportement
post-traumatique, ou à une carence affective.
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Note 11.
(11). Il arrive que, une fois découverte la
nudité de celui ( celle ) qu'on aime bien, on ne
sache pas très bien qu'en faire ... et qu'il
s'installe une gène un peu triste, puis que
l'on n'y revienne plus. C'est très joliment
décrit dans le roman " Ben est amoureux d'Anna
". Et si, par ailleurs, le petit Spirou désire
ardemment connaître les dessous de Suzette, ce
n'est pas par hasard qu'il n'y arrive jamais :
la fête serait peut-être finie du même coup.
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Note 12.
(12). Lamb ( 1993 ), dans une vaste recherche
rétrospective, note que la recherche
d'excitation érotique n'est citée que 14 fois
sur 100, parmi les grandes catégories de buts
recherchés. Les autres grands buts fréquemment
invoqués sont : l'imitation de la manière
d'être des adultes (30%), puis la satisfaction
de la curiosité et la maîtrise de l'angoisse,
via les " jeux de docteur " (16%).
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Note 13.
(13). Un peu moins rare est le vécu amoureux
réciproque mais sans activité sexuelle; s'il se
développe intensément et durablement entre
frères et soeurs, avec ou sans activité
sexuelle, ce pourrait être bien préoccupant.
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Note 14.
(14). Ainsi marchent Simba et Nala, dans Le roi
Lion ( Allers, 1994 ), vers la zone d'ombres
interdite. Apparemment détachés et excités ...
déniant leur angoisse ... après avoir fait
taire leur Sur-Moi représenté par le perroquet,
oeil du Père ...
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Note 15.
(15). Lamb, 1993, p. 516 " Incidental outcomes
of other play activities ...".
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Note 16.
(16) C'est la même volonté de " normaliser "
envers et contre tout, qui prive pour le moment
la société belge tout entière de l'occasion de
se libérer de sombres chancres mafieux, et de
protéger plus efficacement les enfants contre
les réseaux pédophiliques.
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Une sexualité saine chez l'enfant d'école
primaire.
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