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A propos d'un syndrome de stress post-traumatique
grave et collectif en Belgique
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A propos d'un syndrome de stress
post-traumatique grave
et collectif en Belgique

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" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va
et d'employer l'esprit à le justifier."
Jean Guéhenno.
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J. Expansion Scientifique Publications, 1999.
Communication à la Journée de la Société Française de
Psychiatrie de l'Enfant et de l'Adolescent, 29 novembre 1997,
sur le thème: " La maltraitance de l'Enfant ".
Publié dans :
Neuropsychiatr. Enfance Adolesc., 1999,
47 (5-6), 281-292.
A PROPOS D'UN SYNDROME DE STRESS POST-TRAUMATIQUE
GRAVE ET COLLECTIF EN BELGIQUE.
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J.-Y. HAYEZ
(1)
Vers le 15 août 1996, les belges ont été brutalement informés
qu'un petit groupe de pédophiles prédateurs avait enlevé,
violé, et souvent assassiné plusieurs fillettes et
adolescentes. Seules, deux d'entre elles, Sabine et Laetitia,
furent retrouvées vivantes.
A l'acmé de ce choc informatif, c'est surtout la
représentation du martyre et de la mort de Julie et Mélissa,
deux fillettes de huit ans, enlevées depuis plus d'un an, qui a
bouleversé la collectivité.
Parmi celle-ci, chacun en fonction de son âge, s'est
identifié immédiatement aux deux fillettes ou à leur
famille, d'autant que les médias diffusaient abondamment
l'idée que le danger des pédophiles restait tapi partout et
nulle part. On a donc vu s'installer un syndrome de stress
aigu, vite relayé par un syndrome de stress post-traumatique
chronique, généré entre autres par la chronicité du
traumatisme, dans sa double polarité ( il y a toujours des
agresseurs ... et les soi-disant protecteurs sont impuissants
à les enrayer ).
On connaît bien les signes de ce syndrome qui, au début, sont
surtout constitués par : une recrudescence de l'angoisse et
des conduites d'évitement et de protection; un vague et
permanent sentiment de vulnérabilité, de " nudité et de
solitude " face au retour possible de l'agression; du
désenchantement, une perte de confiance dans l'ordre
protecteur et dans la bonté du monde ; de la régression ; de
l'énervement.
(2)
Par la suite, viennent des réactions d'adaptation et de
réparation de soi, centrées sur la colère, dont nous
reparlerons dans le troisième paragraphe.
A ce syndrome de stress s'est tout de suite ajouté un état de
deuil aigu : beaucoup de parents et d'enfants ont ressenti
soudain, à travers les petites filles mortes, qu'on avait
brutalement arraché des êtres chers à leur coeur, comme leurs
propres petites filles ou petites soeurs, et en ont conçu
beaucoup de chagrin.
COMMENT NOUS Y AVONS FAIT FACE.
Les professionnels de la Santé Mentale présents en Belgique
au moment des faits
(3)
, êtres humains comme tout le monde,
n'ont pas échappé à ce double vécu de stress et de chagrin.
Pire encore, pour certains d'entre eux, et notamment ceux qui
étaient officiellement chargés de lutter contre la
maltraitance infantile, l'enlèvement et la mort de ces
enfants ont été vécus comme l'échec du projet de protection
dont ils se sentaient porteurs; ils en ont donc conçu encore
davantage de chagrin, voire de culpabilité, que la moyenne de
la population. Chez certains, c'est donc non seulement en
référence à leur identité professionnelle, mais aussi en
partie pour alléger leur propre souffrance et réparer une
faute imaginaire qu'ils ont très vite
essayé de faire quelque chose pour soulager le stress et le
deuil de la collectivité et particulièrement des enfants.
Interventions des quinze premiers jours.
Julie et Mélissa ont été retrouvées mortes le 16 août 1996 et
enterrées le jeudi 22 août.
1. Dès le lundi 19, quelques membres d'une équipe SOS
Enfants
(4)
se sont réunis et ont décidé d'envoyer une lettre
ouverte aux enfants de toute la communauté francophone, en
mettant beaucoup d'énergie pour qu'elle paraisse rapidement
dans les principaux quotidiens du pays. Elle a été également
envoyée dans beaucoup de centres de consultation ( pédiatrie,
Santé Mentale ) dont certains l'ont agrandie en photocopie
pour leur salle d'attente.
Cette lettre n'est pas de type informatif, mais plutôt de
type empathique et encourageant : elle reconnaît la tristesse
et l'angoisse de tous puis, en évoquant quelques questions
éventuelles et difficiles d'enfants, elle invite ceux-ci à ne
pas rester dans le silence, et à se trouver des partenaires
pour parler, quitte à insister quelque peu. La lettre se
refuse à donner elle-même des " réponses " : la seule "
explication " qui y figure, c'est une description du
bouleversement émotionnel des parents, et une invitation
faite aux enfants à accepter cette déstabilisation momentanée
des adultes. En voici l'un ou l'autre extrait
( encadré n° 1 ).
Encadré n° 1.
"... Comme nous, comme tes parents, comme tes amis,
aujourd'hui tu es triste, en colère et tu as peur que peut-
être cela t'arrive aussi.
C'est bien normal d'être triste, en colère, d'avoir peur. Et
cela peut durer un moment ...
Si tu ne comprends pas, parles-en à tes parents ou à des
adultes à qui tu peux parler facilement.
N'hésite pas à leur poser toutes tes questions, à leur dire
toutes tes idées.
Par exemple :
Tous les adultes peuvent-ils devenir méchants? À qui puis-je
faire confiance?
La police protège-t-elle les enfants? Faut-il tuer les
méchants?
Les réponses ne seront sûrement pas faciles à donner par les
adultes.
Ils penseront parfois que tu es trop petit pour comprendre.
Insiste, dis-leur que c'est très important pour toi de
chercher des réponses. "
|
2. La même première semaine, il y eut aussi, à la demande de
journalistes, l'une ou l'autre interview ou article dans la
presse, proposant une première compréhension des événements.
Par ailleurs, quelques responsables de Santé Publique - les
universitaires plus que les administrations - ont également
pensé que, au-delà des interventions directement adressées à
la population, il fallait également organiser et dynamiser
les institutions potentiellement destinées à faire face à la
crise et aux questions qu'elle ne manquerait pas de poser.
Ils ont donc provoqué la mise en place d'une " cellule de
crise " composée de représentants des grands ministères,
parastataux et institutions concernés par la lutte contre la
maltraitance infantile.
La rentrée scolaire étant imminente, ils ont également
provoqué des réunions de réflexion avec les grandes
institutions susceptibles d'être concernées dans le réseau
scolaire, comme, par exemple, les associations de
psychologues scolaires.
3. Dès le lundi 19/8 nous avons eu l'intuition qu'on devrait
procéder à un " debriefing post-traumatique " collectif
(5)
, en utilisant la télévision nationale : en oeuvrant sur les
ondes, avec un petit groupe d'enfants, nous avons pensé qu'on
pouvait obtenir un effet libérateur sur un bien plus grand
nombre d'enfants et même d'adultes, qui s'identifieraient au
groupe de travail et vivraient les choses par sa procuration :
c'est cette entreprise que nous allons décrire maintenant de
façon détaillée.
L'émission " Ici Bla-bla spécial ".
Chronogramme et procédure
* Les responsables de la RTBF ( télévision d'Etat ) ayant donné
leur accord de principe, le jeudi 22 août 1996, une réunion
eut lieu avec le Dr K. Rondia, responsable des émissions
médicales; en son nom et en celui de Mme M.Nihon,
responsable des émissions pour enfants, elle proposa
une excellente idée :
intégrer la séance de debriefing à l'intérieur de l'émission
télévisée enfantine la plus populaire en Belgique : " Ici Bla
bla ". " Bla-bla " est une sympathique marionnette issue de
la cybernétique, le " copain " de bien des enfants, filles et
garçons, qui, dans son émission, introduit jeux et dessins
animés, mais aussi et surtout commente les événements de la
vie, et ceci avec la psychologie d'un enfant " libre ".
Evidemment, en août, " Bla-bla " était en vacances, et il
fallait le faire revenir spécialement pour la cause mais, si
nous travaillions tous d'arrache-pied, on pouvait être prêts
pour le dimanche 25, 72 heures après.
(6)
* Le jeudi 22 en fin d'après-midi, cinq enfants " tout venant "
ont donc été recrutés dans leur quartier,
par une non-professionnelle - une mère de famille -
qui a eu l'intuition
de réunir quatre petites filles de l'âge de Julie et Mélissa,
et un garçon de onze ans; majoritairement, ces enfants ne se
connaissaient pas d'avance.
* Le vendredi 23, de 9 h 30 à 13 heures, sous l'oeil des
caméras et d'une équipe de TV... bien vite oubliées, a eu
lieu la véritable séance de debriefing post-traumatique de
ces cinq enfants.
Le responsable de la séance, auteur de cet article, leur a
demandé préalablement, à chacun individuellement et séparé
des autres, de faire deux dessins. Dans le premier, l'enfant
était invité à " raconter " par son dessin celui des
événements récents qui l'avait le plus frappé. Dans le
second, il était invité à dessiner un enfant imaginaire
agressé, mais qui parvenait à se défendre de son agresseur.
Puis il y a eu une première séance filmée en groupe,
d'environ une heure, où l'on s'est centré sur le premier
dessin et les associations auxquelles il donnait lieu ;
ensuite une récréation ; enfin une seconde séance d'une
heure, centrée surtout sur le second dessin.
* Après quoi, entre adultes, nous avons procédé au choix des
séquences qui allaient être retenues; nous avons également
cherché quelques brefs commentaires qui pouvaient scander les
prises de paroles les plus significatives des enfants.
Une grosse journée de montage s'ensuivit pour l'équipe TV et
ensuite, le dimanche 25, le travail des enfants a été passé à
une heure de grande écoute, juste après un journal TV très
suivi et pendant lequel le Dr Rondia avait pris le soin de
l'introduire et de préparer les parents au " choc " qu'allait
constituer pour certains la libre expression de leurs enfants.
(7).
Quelques extraits du contenu de l'émission.
Impossible de passer en revue, en détails, la grande richesse
de matériel issue des mains, de la bouche ... et du coeur de
ces enfants au travail ; en face d'eux, nous, les adultes
chargés d'accompagner et de commenter, nous nous sommes
souvent sentis humbles et émerveillés.
A titre exemplatif en voici quelques extraits, illustrés par
les dessins qui ont servi de support au dialogue des enfants :
a) Deux d'entre eux représentent Julie et Mélissa
" dans leur cage ", mais néanmoins occupées à se parler, à se
chanter des comptines d'enfant, voire à jouer aux cartes.
Quoique précaire, cette tentative de réhumanisation de leur
situation est très touchante : exprime-t-elle simplement,
pour l'auteur du dessin, une dénégation de l'horreur qu'il
ressent, ou, plus radicalement, une " percée " de la pulsion
de vie, de la résilience, ... comme une première réparation du
traumatisme? Difficile à dire! Quoi qu'il en soit, cette
proposition de vie ne fait pas unanimité : d'autres enfants du
groupe pensent que c'était impossible, qu'elles
étaient ligotées, qu'elles n'ont pas pu
jouer, ni même se parler ...
après les avoir laissés s'exprimer, et avec toute l'empathie
dont je me sentais capable, me souvenant qu'un moment de
debriefing n'est pas un moment d'écoute exclusive mais aussi
de partage d'idées, j'émets discrètement mon opinion
personnelle, à titre d'hypothèse, un peu comme un membre du
groupe parmi les autres : " Moi, pour ma part, je crois
qu'elles ont pu parfois jouer, chanter, se parler, parler de
leurs parents, et que ceci les a aidées : elles ont pu
remarquer qu'elles étaient toujours de vraies petites
filles. "
b) Les enfants n'ont pas manqué d'exprimer une agressivité
très vive à l'égard du ravisseur " de leurs deux petites
copines ". En voici deux exemples :
- Sur le dessin 1 (fig. 1), dans l'angle supérieur droit,
c'est le ravisseur qui est représenté en " tout petit ". Je
fais travailler les enfants sur la signification, pour eux,
de cette petite taille ... grâce à quoi, spontanément, ils se
donnent les moyens de le maîtriser, en imaginant tous les
sorts horribles qu'ils pourraient lui réserver, y compris le
manger : je ne puis m'empêcher alors de leur suggérer
l'hypothèse interprétative selon laquelle le manger serait
une bonne vengeance puisque, de son propre aveu public, le
ravisseur prétendait que lui ou ses complices avaient laissé
mourir les fillettes de faim ...
- Une autre fillette avait apporté, de son domicile, une
bouteille remplie d'eau dans laquelle surnageait un horrible
mille-pattes en plastique, coupé en morceaux. Cette bouteille
ne la quittait plus depuis quelques jours, sauf la nuit, pour
être rangée au frigidaire. Elle montre sa bouteille à la TV et
explique qu'il s'agit du ravisseur et de son épouse,
qu'elle a envie de les torturer, ou de leur faire avoir très
froid. Ici, ma réaction sur le vif, puis nos commentaires
d'adultes dans l'émission, se limitent à l'empathie active,
c'est-à-dire à relever que cette enfant se sent vraiment très
fâchée de ce que l'on a fait à d'autres enfants et que " c'est
comme ça ".
c) Par la suite, les enfants du groupe parlent plus
clairement de ce qu'ils imaginent être la pédophilie : ils
projettent sur l'adulte abuseur leurs représentations de ce
qu'est la sexualité, à partir de leur sexualité
infantile.
Le garçon du groupe ( onze ans ) se risque donc à dire que le
pédophile, c'est celui qui touche le zizi des garçons et le
... des filles : là, il hésite, et ne parvient pas à nommer
le sexe de celles-ci. Je les interroge donc : " Comment
appelle-t-on, chez vous, ce qu'on appelle le zizi chez les
garçons? ". Silence un peu gêné, minauderies, fou-rires
étouffés : elles ne voudront jamais mettre de mot, leur mot,
pour désigner leur sexe. Et j'ai l'intuition que je ne dois
pas insister : même si ce silence est surdéterminé
(8)
, j'accepte leur retenue : il me semble qu'à procéder ainsi,
symboliquement, dans le langage, elles se réapproprient le
droit de disposer de leur corps et de leur sexe, et je trouve
positive cette mise à distance souriante.
En continuant à parler de ce qui s'est passé, les enfants en
viennent ensuite à évoquer ... une éventuelle faute de Julie
et Mélissa : n'oublions pas qu'ils sont à l'âge du réalisme
moral, âge où les faits sont évalués à partir des résultats
plutôt que des intentions ! Un débat s'engage donc dans le
groupe : auraient-elles dû essayer de se défendre, de frapper
leurs agresseurs ... ou devaient-elles se laisser faire, parce
qu'il n'y avait moyen de rien éviter? J'écoute
les enfants ...
et puis, je leur propose mon hypothèse, inspirée
de ce que
Bettelheim avait écrit jadis sur les camps de concentration :
" Au fond, quand Julie et Mélissa étaient agressées, peut-
être n'étaient-elles là que de corps ... peut-être
avaient-elles réussi une évasion tellement
importante ... peut-être
leur âme était-elle déjà ailleurs, comme des petits oiseaux
hors de toute atteinte possible ... ". Les enfants écoutent
gravement cette idée, un peu compliquée, dans
le silence ...
d) Une seconde partie de la séance de psychothérapie est
consacrée à écouter ce que les enfants imaginent être leurs
moyens de défense propres face à des agresseurs
potentiels.
Pour l'heure, il s'agit donc de commenter, ensemble, chacun
des dessins de la seconde série, dont voici un exemple :
Fig. 3. - Dessin 3 On veut m'enlever quand je joue à la
corde. Je crie.
A l'arrière-plan de cette nouvelle centration, il y a mon
état d'esprit à ce propos je considère que, de façon
générale, nos sociétés occidentales sont
trop " maternalistes " ou hyper-protectrices et
n'encouragent pas assez les
enfants à vaincre directement les dangers qui les assaillent.
Seuls, ou du moins avec la part d'énergie qu'ils ont déjà, et
donc, en dosant bien la part de débrouillardise qu'ils
peuvent mettre à se défendre, et la part d'aide externe
qu'ils doivent continuer à évaluer et à solliciter.
A écouter parler les enfants les uns après les autres, et à
les écouter discuter ensemble, je suis émerveillé de toutes
les idées créatives et réalistes qu'ils suggèrent, et je le
leur dis avec force : jouer à plusieurs, rester à plus de
deux mètres d'un inconnu, crier très fort, courir très vite
et très loin, de toutes ses forces, etc.
e) Avec le Dr Rondia, dans l'émission telle qu'elle a été
retransmise, nous avons entrecoupé de larges séquences de
paroles d'enfants par quelques commentaires d'adultes, sur
des thèmes comme : le sentiment qu'ont parfois les enfants
d'être abandonnés par leurs parents quand ils sont " méchants
" ... le droit à être fâché, qui ne va pas
vraiment jusqu'à se faire justice soi-même ... les côtés très
positifs de la sexualité, à part quelques déviances
malheureuses ... l'intérêt à reprendre des risques
raisonnables vis-à-vis de la vie, plutôt qu'à rester cachés
sous la table pour toujours, etc.
Autres interventions précoces
Dirigées vers le syndrome de stress post-traumatique dans ses
dimensions les plus négatives
- l'angoisse, le sentiment de grave menace et d'impuissance,
- voire le désespoir - ces interventions ont
été nombreuses et
variées. Il est impossible de les détailler
toutes ici. Pour nous résumer :
- il y a d'abord eu des consultations, en plus grand nombre
que d'habitude, pour des enfants qui allaient mal, et dans
l'étiopathogénèse de la
décompensation desquels on a
découvert, comme une dimension mise à l'avant-plan ou
dissimulée, leur retentissement
à " l'affaire Dutroux ".
- Il y a eu aussi nombre d'articles de presse consacrés à la
gestion de l'angoisse : en règle générale, nous avons essayé
de nous y montrer empathiques pour les conduites d'évitement
et d'hyperprotection générées par les parents ou/et les
écoles, mais aussi de faire réfléchir ces adultes sur " le
moindre risque " ( élever les enfants en vase clos, ou les
autoriser à repartir de l'avant, à reconquérir la vie, mais
non sans une certaine surveillance ). Nous avons aussi essayé
de les aider à faire la part des choses entre leurs fantasmes
archaïques ( l'ogre présent un peu partout ) et la très faible
probabilité de récurrence de dangers gravissimes, liés à
quelque nouveau prédateur. L'une ou l'autre intervention
radiotélévisée est allée dans le même sens, jusqu'à une
intervention du JT, invitant à épargner aux tout-petits trop
de langage cru et source de malentendus effrayants, surtout à
leurs âges tout spécialement sensibles, et suggérant aux
parents qu'ils redisent explicitement à ces tout-petits
enfants leur propre fonction protectrice (" Papa et maman
veillent sur toi ").
- il y a eu enfin de nombreuses conférences à la demande
d'associations de parents, d'écoles ... ici encore, nous avons
essayé de ne pas les transformer en cours de " recettes ",
mais d'aider les parents à s'exprimer et à retrouver les
chemins que leur indiquait leur créativité pour faire face
aux dangers qu'ils redoutaient, en parlant avec leurs enfants
et en négociant ensemble des aménagements-compromis autour du
risque et de la protection.
COMPLICATIONS DANS CERTAINES CATEGORIES DE LA POPULATION.
A égalité de nature et d'intensité, un agent traumatique
produit sur chacune de ses cibles une désorganisation
variable, en fonction de plusieurs facteurs, dont notamment
la structuration préalable de la personnalité, et la qualité
des supports sociaux ultérieurs : les plus fragiles et les
plus isolés risquent le plus une désorganisation majeure et
durable.
Corollairement, si une personne a déjà été agressée par un
traumatisme identique ou analogue à celui d'aujourd'hui, elle
en garde des traces, qui sortent alors du vague refoulement
où elles étaient confinées vaille que vaille : le traumatisme
d'aujourd'hui agit à la fois pour son propre compte et a
valeur d'un " reminder " qui réveille les souvenirs, les
affects et les désorganisations liées à des traumatismes plus
anciens.
A propos de ce qui nous occupe, nous nous limiterons à citer
deux
(9)
applications qui résultent de ces constatations
générales.
Après environ un mois et pendant quelques semaines, on a
assisté à un début de contagion
d'enlèvements " bidon ".
Quelques adolescents et grands enfants ont voulu répéter, de
façon confuse, ce qui était arrivé à Julie et Mélissa et ont
donc disparu ... pour quelques heures, le temps de mettre en
branle la police et de faire peur à toute l'opinion publique.
Ennui, oisiveté, manière d'occuper le temps de façon
excitante ? Jalousie inconsciente avec les enfants martyrs, mais
aussi vedettes, et besoin d'être remarqués et aimés ?
Dimension plus manipulatrice aussi, pour l'un ou l'autre, et
utilisation d'un mensonge, apparemment de rêve, destiné à
faire taire les parents face à leur absence
irrégulière ...
tout cela a joué un peu, et nous paru suffisamment important
pour publier l'un ou l'autre article de presse, où nous avons
suggéré quelques explications sur les mécanismes de ces
pseudo-enlèvements
(10).
Plus préoccupant, un certain nombre de personnes victimes
d'abus sexuels anciens ou toujours en cours, ainsi que leurs
familles, se sont mises à aller plus mal.
* Les paroles collectives d'indignation sur l'abus, mais aussi
sur les dégâts graves existant " nécessairement " chez les
victimes, ont semé inquiétude et confusion chez ces personnes
et ont aggravé leurs plaies non soignées, voire ré-ouvert des
blessures fraîchement cicatrisées chez celles qui venaient de
passer par un traitement. Il s'en est suivi une recrudescence
de consultations psychologiques et sociales centrées sur ces
questions.
Nous nous sommes évidemment efforcés de les accueillir dans
la mesure de nos moyens, et de les écouter ...
* En raison de " colères intérieures " éprouvées tout à coup
plus intensément, un certain nombre d'enfants ou/et de
familles se sont soudain décidés à révéler des faits d'abus
qu'ils avaient tus jusqu'alors. Ils l'ont fait, portés par
l'indignation générale diffuse qui
régnait, mais aussi en
réponse à des invitations plus
précises à la délation;
notamment, le juge d'instruction en charge du dossier des enfants
assassinés venait de faire ouvrir un " numéro vert " à
l'intention de tous ceux qui avaient à rapporter des faits de
pédophilie. En
référence aux pratiques en usage en Belgique francophone, une
partie de ces signalements supplémentaires s'est dirigée
d'emblée vers les autorités de police et de justice, et une
autre, vers les équipes psycho-sociales
spécialisées ( Equipes SOS Enfants ).
* Dans le même ordre d'idées, un certain nombre de personnes se
sont mises à se plaindre, dans des institutions d'appel mais
aussi parfois publiquement, dans les médias, de la manière
dont les institutions avaient malmené leur dossier
jusqu'alors : ce fut le cas, notamment, lorsque ces
adultes - et leurs enfants - avaient souffert de la trop grande
passivité des autorités judiciaires, ou de ce qu'ils
ressentaient comme une volonté d'occultation des faits, face
à des pédophiles puissants et bien protégés.
Ce fut le cas
par exemple dans un certain nombre de dossiers ouverts dans
le cadre de la séparation des parents,
où des faits de moeurs
- surtout des attouchements - étaient
reprochés à l'un
des ex-conjoints : tous ces cas ne sont pas de pures inventions de
quelque parent paranoïaque ou manipulateur, loin de là
(11)
pour avoir été associé personnellement à l'une ou l'autre de ces
procédures d'appel, nous en avons retiré la conviction que,
parfois, un très probable abuseur sexuel se défend
remarquablement bien contre son ex-conjoint, jusqu'à le
persécuter; il réussit alors à obtenir le maintien du contact
avec ses enfants, voire le droit de garde de ceux-ci, sans
garantie judiciaire, ce qui est donc infiniment dangereux.
Que s'ensuivit-il ? Dans cette ambiance où les institutions
avaient été très provisoirement déstabilisées dans leurs
certitudes, l'un ou l'autre de ces dossiers réouverts a
abouti à des conclusions constructives; mais pour la majorité
d'entre eux, rien ne s'est passé; l'enlisement et l'injustice
ont continué, et le désespoir des
plaignants ne s'en est qu'accru.
Sans pouvoir bien nous en expliquer la raison, et sans
non plus avoir pu recueillir des données chiffrées très
précises à ce sujet, nous avons eu
l'impression que la grande
majorité de ces signalements nouveaux et
renouvelés étaient
objectifs, c'est-à-dire portaient sur des
faits réels et inacceptables. Une " chasse
aux sorcières " qui aurait pointé du
doigt un grand nombre d'innocents persécutés à tort n'a donc
pas eu lieu, du moins pas avec ce point de départ-là.
* Par ailleurs, les adultes se sont beaucoup plus braqués sur
la sexualité des enfants et des adolescents eux-mêmes.
Lorsqu'ils ont été confrontés à des activités sexuelles avec
partenaires, émanant de ceux-ci, ils ont été beaucoup plus
inquiets qu'ils ne l'étaient auparavant ; ils ont eu peur
d'assister, à travers
eux, à la naissance de " nouveaux Dutroux " et ont donc très
facilement désigné comme " abuseurs sexuels " ou " pédophiles
" ( en puissance ), les enfants et adolescents impliqués dans
des activités, surtout ceux qui en apparaissaient comme les
initiateurs ou/et les dominants.
Je reçois, en avril 1997, le coup de téléphone angoissé d'une
directrice d'école maternelle : trois fillettes de
3e maternelle se sont " regardées " et peut-être " chipotées "
dans les toilettes de l'école.
Deux des trois groupes parentaux concernés partent en guerre
contre la troisième petite fille,
accusée d'être " initiatrice "
et " vicieuse ". Le fait qu'il y ait eu
consentement et participation des deux autres est nié et
donc, face à cette négation de leurs parents, les deux premières
fillettes disent aussi qu'elles ont été " obligées " par une
" méchante ". Comme l'école se veut prudente, les parents des
deux premières les en retirent, et écrivent une lettre aux
autres parents de la classe pour les mettre en garde contre
une " spécialiste des attouchements ", ils menacent de
saboter la rentrée de septembre 97 et accusent les
institutrices de " manquer gravement de surveillance ".
Dans un petit village, où existent de rudes compétitions
entre réseaux scolaires confessionnels et officiels, et où
les protagonistes se côtoient tous les jours, le choc est
dur.
Pourtant, les deux premiers groupes de parents, les plus
blessés et les plus agressifs, se barricadent et ne se
laissent pas approcher, ni par l'équipe de l'école, ni même par
le médecin scolaire, ni par le psychologue du PMS. En
désespoir de cause, on me demande de faire une soirée
" questions-réponses " centrée sur la sexualité des petits
enfants. Une centaine de parents y assistent, avec toute
l'équipe des enseignants, le psychologue et le médecin
scolaire, l'épouse du bourgmestre, le curé du village ... Les
parents accusateurs y sont présents également, silencieux,
farouches mais attentifs.
Beaucoup de thèmes sont abordés, comme par exemple,
l'importance d'une sexualité bien vécue dans le développement
de l'enfant, les différences entre une sexualité abusive et
non abusive, l'impossibilité qu'il y a à tout surveiller et à
tout protéger, etc.
Intervention ponctuelle, unique. Quel sera le sort des idées
échangées, de l'écoute des parents qui y a eu lieu? Je ne
sais pas ... il y a gros à parier néanmoins que la même
intervention n'aurait pas eu lieu un an plus tôt.
Les plus stigmatisés, ici, ont été les adolescents - en
grande majorité les garçons - chez qui il se révélait qu'ils
avaient eu des activités sexuelles, isolées ou répétées, avec
un ou des partenaires soit plus jeunes, soit apparaissant
plus passifs dans la relation; la parité approximative des
âges fut même niée à
l'occasion : pour tel père jaloux de
l'émancipation de sa progéniture,
le garçon de seize ans qui
avait eu des relations avec sa fille de quatorze ans, ne pouvait
être qu'un abuseur sexuel.
Sans pour autant minimiser les choses du seul fait que
d'autres, eux, les dramatiseraient, il nous a fallu nous
battre contre les effets pernicieux de l'étiquetage, et
discuter avec la communauté adulte de ce qu'elle vivait, et
des significations des activités sexuelles entre mineurs; ces
significations ne peuvent se déduire que de l'écoute et de
l'observation, et non d'attributions a priori dictées par les
circonstances ; la majorité de ces activités restent, dans
l'acceptation large du terme, des jeux sexuels; quelques-unes
s'inscrivent dans des relations amoureuses réciproques
consenties; quelques-unes sont bel et bien des abus : même
alors, si ceux-ci sont clairement inacceptables, il faut se
souvenir qu'ils émanent d'êtres humains dont l'organisation
psychologique est occupée à passer par des transformations
rapides, et qu'il est donc nocif de les étiqueter et de les
réduire tout de suite comme " abuseurs ", et de leur
appliquer exactement les mêmes programmes qu'aux adultes.
Quelles ont été les conséquences de cet afflux de plaintes
sexuelles sur notre offre de prise en charge et sur
l'organisation des institutions?
* Il nous a semblé très important que toutes ces personnes
blessées par l'abus, voire par la simple activité sexuelle,
puissent parler à nouveau, exprimer, et rencontrer autour
d'elles la solidarité d'autres personnes qui écouteraient.
Cette importance de l'écoute et de ne pas rester seuls,
emmurés dans l'angoisse et la honte, nous l'avons appliquée
dans nos consultations, nous l'avons recommandée via nos
conférences; nous avons aussi généré des " offres " de
paroles davantage publiques ( par exemple, émissions radio ou
télévisées ).
Par exemple, lors d'une émission télévisée sur la pédophilie,
nous avons interpellé directement les mineurs d'âges victimes
d'abus sexuels, pour leur proposer de ne pas rester seuls
avec leurs questions. Nous en avons profité également pour
évoquer certaines confusions d'idées qui pouvaient les
habiter, notamment autour des plaisirs qu'ils auraient
éventuellement connus lors de ces expériences
(12).
* Toutefois, il nous est très vite apparu qu'il eût été
toxique de laisser courir sans plus l'idée " Je parle, donc
je serai aidé efficacement et le coupable sera puni ". Nous
avons donc pris la responsabilité de diffuser des messages de
prudence et de réalisme, qui peuvent se résumer comme suit
dans l'encadré n° 2.
Encadré n° 2.
- Parler est important, car cela permet de vivre la
solidarité d'interlocuteurs qui vous croient.
- Si ces interlocuteurs s'engagent avec vous, vous
pouvez probablement constituer une force qui dit
" Non " et qui lutte mieux pour que l'abus soit enrayé.
- Même si ceci semble injuste, il est moins certain, par
contre, que l'abuseur que l'on stopperait de facto reconnaisse
chaque fois ses fautes et reçoive la sanction qu'il
mérite; ses résistances et dissimulations dans ce
champ sont énormes,
et nous ne les maîtrisons pas toujours.
|
Même si la dernière proposition de cet ensemble paraît
choquante, elle nous semble pourtant réaliste : dissocier un
message sur l'importance qu'il y a à ne pas rester seuls, et
un autre sur l'incertitude qui demeure quant à la punition
des abuseurs, nous a semblé de nature à prévenir quelque peu
de cruelles et désespérantes désillusions. Ce n'est pas pour
autant une invitation à la démission ni à la résignation
d'office, mais l'issue du combat demeure incertaine.
Plus fondamentalement encore, nous nous sommes posé des
questions sur l'appareil institutionnel que nous mettons en
place pour faire face à l'abus sexuel, et sur les impulsions
sociétaires que nous lançons à ce propos. Disons tout de
suite que nos questions sont encore très largement sans
réponse satisfaisante.
Actuellement, dans les différents pays occidentaux, on donne
beaucoup d'impulsions pour que les problèmes relatifs à
l'abus sexuel soient pris en charge par des institutions
officielles et très spécialisées avec des nuances selon les
pays, il s'agit, en proportions variables, de l'institution
judiciaire et de services psycho-sociaux spécifiques.
Or, si ces différentes institutions devaient vraiment faire
face à tout ce qui leur est demandé, il faudrait très
probablement en multiplier le nombre par dix, construire des
villes-prison, et aussi des villes-hôpital. Alors, cette
" solution " soi-disant efficace et totale par l'institutionnel
lourd en est-elle vraiment une ? Ne faut-il pas s'appuyer
bien davantage sur les intervenants de première ligue, voire
sur le tissu social informel, non-professionnel ? Mais si
l'on amplifie la tâche de celui-ci, comment le motiver et le
soutenir dans son engagement ? Et, sans que cela tourne tout
de suite à la vengeance directe, type extrême-droite, au
maternage ou à la surveillance paranoïaque des citoyens les
uns sur les autres ? Comment stimuler une solidarité qui ne
soit pas naïve, et où chacun reste reconnu dans sa part
d'humanité?
PREMIERE AUTO-GUERISON DES VECUS DE DEUIL
ET DE STRESS POST-TRAUMATIQUE.
Pour dépasser les vécus de deuil et de stress qui
l'habitaient, la population belge a réagi comme tout un
chacun le fait typiquement en pareilles circonstances :
1) Quant au deuil, elle a parlé abondamment de ce qu'elle
éprouvait; elle a multiplié les photos-souvenirs des enfants
disparus, et a largement participé aux rites funéraires, au
côté des familles de ces enfants. Fin octobre 1996, elle a
organisé, en commémoration, une marche blanche, la couleur du
deuil pour les enfants, à laquelle ont participé des
centaines de milliers de personnes, enfants inclus : tout au
long du parcours, informellement, des petits ballons blancs
n'arrêtaient pas de s'envoler vers le ciel et constituaient
symboliquement comme des traits d'union d'amitié, entre les
enfants présents spirituellement dans quelqu'au-delà
mystérieux et les survivants qui voulaient rester liés à eux.
2) Quant au stress post-traumatique, ici aussi, les
mécanismes de défense et de
réadaptation ont été typiques :
* D'abord et avant tout, les gens ont parlé abondamment,
tout simplement. Il y a même eu des sortes de
" réminiscences post-traumatiques " tardives, avec
retournement des pulsions, où l'on reprenait
la maîtrise sur les événements en racontant
des blagues " dures " sur Dutroux et les petites filles
enlevées, ou en jouant à " Dutroux "
ou au " pédé " dans les
cours de récréation.
* Dans ce contexte d'une reverbalisation abondante, la
population s'est beaucoup posé les deux questions-clés
habituelles du " Pourquoi " et du " Comment " - comment
éviter la récidive à l'avenir?
Quant au " Comment ", il s'est rapidement soulevé un vaste
mouvement d'idées, mais aussi de colère tous azimuts, pour
penser, proposer et, jusqu'à un certain point, faire ce que
l'on croyait nécessaire, pour châtier ceux qui avaient fauté,
et empêcher que ça recommence : la population a donc mis au
point de nombreuses stratégies pour ne plus se sentir noyée
dans l'angoisse ni dans le désespoir, et pour retrouver, à
l'avenir, une confiance de base raisonnable dans son
environnement. Certaines de ces réactions ont été et sont toujours
justes dans leur principe et réalistes dans leur évaluation;
d'autres, par contre, ont été inévitablement outrancières.
Voici deux exemples de ce qui fut probablement le plus
impulsif et le plus émotionnel :
- l'une ou l'autre pétition " nationale ", qui
recueillirent un nombre énorme de voix ( plus de
deux millions ), pour que les peines de prison des
pédophiles soient incompressibles;
- l'appel " national " à l'utilisation d'un
téléphone " vert " de délation,
émanant du juge d'instruction en charge de
l'affaire, très probablement à la veille
du jour où, ému lui-même, épuisé, et écoeuré
par les réactions de sa propre
institution, il allait être dessaisi pour une
broutille-prétexte;
- etc.
Parmi ce qui fut prévisible en de telles circonstances, il y
eut de nombreuses prises de positions et promesses
institutionnelles assez activistes , qui s'engageaient à
faire mieux à l'avenir, mais sans toutefois vraiment analyser
et reconnaître les défaillances passées : la plupart des
institutions officielles, surtout les plus contestées, ont
voulu redémontrer qu'elles fonctionnaient déjà ou qu'elles
allaient fonctionner à nouveau avec force et efficacité :
mise en place de commissions d'experts ou de commissions
parlementaires; mise en place d'un centre européen pour les
enfants disparus et exploités - néanmoins largement
sponsorisé par le mécénat privé; activisme ministériel autour
des promesses de réformes à venir, etc.
Le plus original, néanmoins, ce fut, l'espace d'une année au
moins, et en-dehors de toute récupération politique, un
immense mouvement de citoyenneté : bien au-delà de la marche
blanche, la population, dans une majorité très significative,
a voulu montrer, et aux agresseurs et aux institutions,
qu'elle pouvait se remettre debout toute seule, et essayer de
se défendre et de défendre ses enfants, en poussant
énergiquement les intermédiaires mandatés à donner le
meilleur d'eux-même. Il s'est donc créé de nombreux
" comités blancs " de citoyens, qui se donnent une mission de
vigilance.
Quelles ont été les réactions des institutions de Santé
Mentale à ces tentatives spontanées de réorganisation?
1) Face aux processus de réaffirmation de force sociale, pour
les parties de ceux-ci qu'elles estimaient saines, les
institutions de Santé Mentale se sont impliquées pour :
* participer au mouvement, tout simplement, comme citoyens
tenant à être présents aux
côtés des autres ( par exemple, Marche blanche );
* donner leur avis quant à ce que serait la mise en place
d'un appareil social efficace de protection et de prise en
charge. Avis donné informellement, via les canaux déjà
évoqués, et avis donné dans des lieux plus institués à cet
effet comme, par exemple, des commissions d'experts.
Par contre, lorsque la réaffirmation de la force sociale
impliquait simplisme et excès, les responsables de Santé
Mentale se sont efforcés d'avoir un rôle de modération et de
relance de la réflexion vers des représentations plus justes
des phénomènes humains mis en jeu : interventions faites avec
délicatesse dans des Comités blancs; " lettre ouverte aux
abuseurs " diffusée dans la presse écrite pour éviter le
positionnement rigide de ceux-ci comme boucs émissaires,
etc. Dans cette lettre ouverte, diffusée, elle aussi, dans
les principaux organes de presse, nous les invitons à se
mobiliser et nous veillons à les présenter comme des êtres
humains d'une même nature que les autres, mais divisés de
l'intérieur par leurs contradictions. En voici l'un ou
l'autre extrait ( encadré n° 3 ).
encadré n° 3
... Je sais que ce n'est pas facile parce que beaucoup d'entre
vous ont aussi souffert, moralement et parfois dans leur
corps, lors de leur enfance et de leur adolescence, ce qui
les a poussés à se tourner vers les enfants comme bien triste
compensation.
Je sais aussi que les plaisirs que vous trouvez dans
l'abus, c'est comme de la drogue, et c'est difficile de
s'affranchir de la dépendance de ces drogues.
Ce n'est néanmoins pas impossible, et je me refuse à croire
que vous êtes des êtres sans liberté et sans le moindre sens
moral.
Donc, n'est-ce pas le moment de réveiller enfin le meilleur
de vous-mêmes ? N'est-ce pas le moment de retrouver votre
dignité, votre estime pour vous?
|
EN GUISE DE CONCLUSION.
A l'heure où s'écrivent ces lignes, environ trois ans après
les événements, la Belgique n'est pas guérie : sa plaie
cicatrise peu et mal, sur un fond de blessure non nettoyée.
Ce qui s'est passé - les agressions et les réactions sociales
qui ont suivi - nous a ouvert les yeux sur les failles de
notre société de consommation, peu capable d'enrayer le Mal
et la maladie dans la communauté, peu capable de nous
garantir à chacun un territoire de vie paisible, et
d'insuffler à ses propres institutions des valeurs
d'authenticité et de générosité.
La population continue donc de se sentir menacée, et plutôt
impuissante à se faire entendre et respecter.
En effet, malgré les mouvements de citoyenneté que nous
venons d'évoquer, aucune institution officielle n'a vraiment
eu le courage et l'humilité de se remettre profondément en
question. Au contraire! Plutôt que d'entendre la souffrance
des citoyens de base, elles s'ingénient, non seulement à nier
leurs failles - pourtant humaines - mais aussi et surtout à
régler des comptes entre elles, comme un énorme bombardement
qui passerait - menaçant - au-dessus de la tête de
citoyens déjà bien
meurtris. Face à quoi, le découragement et le désespoir
reviennent en masse, dans ce qui est pourtant censé être une
démocratie ... Fasse donc le ciel qu'un peu de raison, et un
peu d'humilité, habitent un jour les responsables
institutionnels de la Belgique, qui se souviendraient alors
enfin qu'ils ne sont jamais que les délégués de la
population, avec qui est nécessaire un dialogue de vérité.
MOTS CLES :
Syndrome de stress post-traumatique, Debriefing
collectif, Abus sexuel.
INDEX TERMS :
Post-traumatic stress syndrome, Collective
debriefing, Sexual abuse.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
(1). Pédopsychiatre, docteur en psychologie, responsable de
l'Unité de pédopsychiatrie, Cliniques Universitaires St-Luc,
10, avenue Hippocrate, B-12OO Bruxelles.
Tirés à part : J.-Y. Hayez, adresse ci-dessus.
(2). C'était la rentrée scolaire et bien des instituteurs
racontaient que les enfants étaient plus nerveux, " excités
", sur le qui-vive, plus batailleurs que jamais.
(3). Il ne faut pas oublier que tout ceci débuta intensément
entre le 15 et le 31 août, moment des grandes vacances, ce
qui ne facilita pas la mise an place rapide d'une réaction
puissante et concertée. Ce qui se réalisa n'en eut que plus
de mérite!
(4). Cette équipe a désiré garder l'anonymat, pour que ne soit
pas confondue son action et une quelconque publicité
personnelle. Nous respectons évidemment cet anonymat.
(5). Cette idée nous est venue essentiellement suite à la lecture
de diverses expériences faites aux USA, sur des groupes
d'enfants, après de grandes catastrophes naturelles ou des
événements dramatiques comme l'explosion de la navette
Challenger.
(6). Merci à M. Padot, réalisateur de l'émission, d'avoir réalisé
ce projet quasiment impossible. Merci aussi tout spécialement
à Mme Levesque, " script " du programme dont la mémoire
sensible s'avéra irremplaçable!
(7). La première fois que l'émission est passée, un sondage a
estimé qu'elle a été suivie par 400.000 personnes. Des
témoignages de parents nous ont assuré qu'elle avait eu une
dimension libératrice pour beaucoup d'enfants ( et, peut-être
secrètement, pour un certain nombre d'adultes ). La TV
nationale a d'ailleurs pris l'initiative de la rediffuser
trois autres fois en huit jours, et le Ministère de
l'éducation l'a fait dupliquer pour toutes les écoles
primaires et maternelles de la Belgique francophone, comme un
instrument destiné à lancer et à favoriser le dialogue
enseignants-élèves.
(8). Plus tard, lors du repas, et sans toujours employer le mot,
elles me diront qu'elles le connaissaient très bien, mais
qu'elles avaient eu peur d'être grondées par leurs parents,
qui les verraient à la TV ...
(9). Il y en eut bien d'autres. Par exemple, nos collègues
psychiatres adultes nous ont signalé une recrudescence
anormale de détérioration de l'état de psychotiques, ou de
patients borderline, bien stabilisés jusqu'alors.
(10). Dans ces articles, nous avons également émis l'hypothèse
que pourraient exister aussi de jeunes adultes occupés à
s'ennuyer, sans beaucoup de morale, aimant, eux aussi, se
faire remarquer ou faire peur, et qui auraient pu " jouer " à
enlever de jeunes adolescents ou de jeunes filles, l'espace
de quelques heures, pour le sport ou/et pour le spectacle
qu'ils provoqueraient. Heureusement, tout cela s'est tassé en
quelques semaines.
(11). Voir par exemple p. 132 in
L'enfant victime d'abus sexuel
et sa famille: évaluation et traitement> de J.-Y. Hayez
et E. de Becker, coll.
Monographies de la psychiatrie de l'enfant. Paris, PUF, 1997.
(12). Une discussion plus détaillée à ce propos
est faite pp. 747-748 in le traitement des mineurs
abusés sexuellement et de
leur famille, pp. 740-749, in : Criminologie et psychiatrie,
sous la dir. de T. Albernhe, Ellipses, 1997.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
Résumé en français.
Suite aux événements d'août 1996 ( viol
et assassinat d'enfants ), les belges ont vécu
brutalement un syndrome de
stress post-traumatique et de chagrin aigu graves, provoqués
à la fois par la perte de petits enfants identifiés comme des
êtres chers, par l'angoisse diffuse de nouvelles agressions,
et par la constatation répétée de l'incurie et des rivalités
des institutions officielles soi-disant protectrices. Les
responsables de la Santé Mentale présents en Belgique à
l'époque ont souffert comme tout le monde et ont mis en place
d'énergiques et nombreuses mesures visant à soigner tant la
névrose traumatique des autres que la leur propre.
L'originalité d'une partie de ces mesures est qu'elles ont
visé à être collectives, pour avoir un effet multiplicateur
puissant. Par la suite, les responsables de la Santé Mentale
durent également faire face à d'autres conséquences
prévisibles de ce stress communautaire comme, par exemple,
une recrudescence de souffrance chez des parties de
population déjà fragilisées par l'abus sexuel, ou des débuts
de phénomènes de contagion chez des jeunes adolescents en mal
d'amour ou encore, paradoxalement, comme la désignation de
boucs émissaires chez les enfants et les adolescents eux-
mêmes. Dans un temps ultérieur, informellement, la population
beige se remit debout et il se déclencha des mouvements de
citoyenneté informels autour du désir de lutter contre l'abus
sexuel, directement et indirectement, et là encore, le rôle
des institutions de santé mentale consista à accompagner ces
mouvements avec solidarité et délicatesse.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
Résumé en anglais : Summary.
About a severe and collective post-traumatic stress syndrome
in Belgium.
- Following the events of August 1996 ( rape and
murder ofchildren ), the Belgians have brutally experienced a
syndrome of severe post-traumatic stress and acute grief,
provoked by the loss of young children identified as loved
ones, by the diffuse anxiety of new aggressions, as well as
by the repeated evidence of the negligence and rivalries of
supposedly protecting officiai institutions. The Mental
Health officials present in Belgium at this time have
suftered as everybody else and have set up manifold forceful
measures aiming at treating the others'traumatic neurosis
as well as their own. The originality of part of these
measures is that they had a collective purpose so as to
produce a powerful multiplier effect. Affenvards, the Mental
Health authorities have also had to face other foreseeable
consequences of this community stress as, for example, an
upsurge of the suffering in parts of a population already
fragilized by sexual abuse, or the appearing of contagion
phenomena in lovesick teenagers or else, paradoxically, the
designation of scapegoats among the children and adolescents
themselves. Later on, the Belgian population has stood up
again and informal movements of citizenship have arisen
around the desire to fight directly or indirectly against
sexual abuse and there again the role of the Mental Health
institutions has consisted in backing up these movements with
solidarity and consideration.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
Résumé en allemand.
EIN SCHWERES, KOLLEKTIVES POSTTRAUMATISCICHES
STRESSYNDROM IN BELGIEN.
Durch die Ereignisse im August 1996 ( Wergewaltigung und
Ermordung von Kindern) erlebten die Belgier urplötzlich ein
schweres, mit akuter Trostloigkeit einhergehendes
posttraumatisches Stressyndrom. Die
Ursache war das gleichzeitige Erleben von Trauer über den
Verlust der
als vergötterte Wesen identitizierten Kinder, diffuser Angst
vor erneuten Uberfâllen und Wut über Schlamperei und
Rivalitàtskàmpfen in
den ôffentlichen Stellen, die den Schutz der Kinder zur
Aufgabe haben.
Die damals für die geistige Gesundheit in Belgien
verantwortlichen
Personen haben sich mit groter Energie dalür eingesetzt, dat
die traumatische Neurose aller Betroffenen behandelt werden konnte.
Ein Teil der Matnahmen war insofern neu, als sie auf die ganze
Gemeinschaft abzielten. Man versprach sich damit emen
Multiplikationseffekt. Aber auch andere voraussehbare Folgen des
kollektiven Stresses mutten gemanagt werden, so das
Wiederausbrechen des Leids bei
Kollektiven,
die auf sexuellen Misbrauch empfindlich reagieren, die
aufkeimenden " Ansteckungs - Erscheinungen bei sexhungrigen
Jugendlichen
und
paradoxerweise aucb die Produktion von Sündenbôcken unter
Kindern
und Jugendlichen selbst. In einer späteren Phase richtete sich
das belgische Volk dann wieder auf. Bürgerinitiativen zur
Bekàmpfung
des
sexuellen Mitbrauchs wurden gegründet. Auch hier bestand die
Aufgabe
der für die geistige Gesundheit zuständigen Institutionen
darin, die
Initiativen solidarisch und taktvoll zu begleiten.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
Résumé en espagnol : Resumen.
A PROPOSITO DE UN SINDROME GRAVE
DE STRESS POSTRAUMATICO COLECTIVO EN BELGICA
Como consecuencia de los acontecimientos de agosto de
1996 ( violacion y asesinato de niños ), los belgas han
experimentado brutalmente
un síndrome grave de stress postraumático y de
abatimiento agudo
provocados simultáneamente por la pérdida de
niños identificados
como seres queridos, por la angustia difusa de
nuevas agresiones y por
la repetida constatación de la incuria y las rivalidades
de las instituciones oficiales que teóricamente deberían
proteger a la población. Los
responsables de las instituciones
encargadas de profilaxis mental presentes en Bélgica en aquella
época acusaron el golpe
como todo el
mundo y aplicaron una gran cantidad de enérgicas
medidas destinadas a tratar tanto la neurosis traumática de
la gente como la suya propia. La originalidad de algunas
de estas medidas radicaba en su carácter colectivo, destinado a
engendrar un efecto
multiplicador poderoso.
Más adelante, los responsables de profilaxis
mental también debieron
enfrentar otras consecuencias previsibles de
este stress comunitario,
como por ejemplo un recrudecimiento del sufrimiento en
sectores de
población ya frágiles por haber sufrido abusos
sexuales en carne propia, fenómenos de contaglo incipiente
en jóvenes
adolescentes con mal
de amores, o incluso, paradójicamente, la aparición de
chivos expiatorios encarnados en niños y en adolescentes.
Posteriormente, la población belga volvió a
reunir fuerzas para ponerse de
pie, y se desencadenaron
movimientos informales de cludadanía de torno al deseo de
luchar contra los abusos sexuales de forma directa o
indirecta; también en este caso, el papel de las instituciones de
profilaxis mental
consistió en acompañar los movimientos con solidaridad y
delicadeza.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
Création le 27 avril 2003.
Dernière mise à jour
le dimanche 02 mai 2010.
Issu d'un tiré-à-part remis par le
professeur Jean-Yves Hayez.
DS.ds
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Bravo de m'avoir trouvé
Félicitations
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480
mais est encore correcte avec les écrans
plus grands 1600x1200 ou autres.
Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur
Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son
infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
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le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
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Netscape ( quelques instructions ignorées )
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Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur
Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son
infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
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Plan.
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Résumé - Abstract - Resumen.
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Mots clés.
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Notes.
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intégral de ce site en format traitement de texte.
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A propos d'un syndrome de stress post-traumatique
grave et collectif en Belgique.
COMMENT NOUS Y AVONS FAIT FACE.
COMPLICATIONS DANS CERTAINES CATEGORIES DE LA POPULATION.
PREMIERE AUTO-GUERISON DES VECUS DE DEUIL
ET DE STRESS POST-TRAUMATIQUE.
EN GUISE DE CONCLUSION.
Mots clés - Keywords.
Notes.
Résumés.
Encadrés.
Dessins.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 1.
(1). Pédopsychiatre, docteur en psychologie, responsable de
l'Unité de pédopsychiatrie, Cliniques Universitaires St-Luc,
10, avenue Hippocrate, B-12OO Bruxelles.
Tirés à part: J.-Y. Hayez, adresse ci-dessus.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 2.
(2). C'était la rentrée scolaire et bien des instituteurs
racontaient que les enfants étaient plus nerveux, " excités
", sur le qui-vive, plus batailleurs que jamais.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 3.
(3). Il ne faut pas oublier que tout ceci débuta intensément
entre le 15 et le 31 août, moment des grandes vacances, ce
qui ne facilita pas la mise an place rapide d'une réaction
puissante et concertée. Ce qui se réalisa n'en eut que plus
de mérite!
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 4.
(4). Cette équipe a désiré garder l'anonymat, pour que ne soit
pas confondue son action et une quelconque publicité
personnelle. Nous respectons évidemment cet anonymat.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 5.
(5). Cette idée nous est venue essentiellement suite à la lecture
de diverses expériences faites aux USA, sur des groupes
d'enfants, après de grandes catastrophes naturelles ou des
événements dramatiques comme l'explosion de la navette
Challenger.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 6.
(6). Merci à M. Padot, réalisateur de l'émission, d'avoir réalisé
ce projet quasiment impossible. Merci aussi tout spécialement
à Mme Levesque, " script " du programme dont la mémoire
sensible s'avéra irremplaçable!
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 7.
(7). La première fois que l'émission est passée, un sondage a
estimé qu'elle a été suivie par 400.000 personnes. Des
témoignages de parents nous ont assuré qu'elle avait eu une
dimension libératrice pour beaucoup d'enfants ( et, peut-être
secrètement, pour un certain nombre d'adultes ). La TV
nationale a d'ailleurs pris l'initiative de la rediffuser
trois autres fois en huit jours, et le Ministère de
l'éducation l'a fait dupliquer pour toutes les écoles
primaires et maternelles de la Belgique francophone, comme un
instrument destiné à lancer et à favoriser le dialogue
enseignants-élèves.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 8.
(8). Plus tard, lors du repas, et sans toujours employer le mot,
elles me diront qu'elles le connaissaient très bien, mais
qu'elles avaient eu peur d'être grondées par leurs parents,
qui les verraient à la TV ...
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 9.
(9). Il y en eut bien d'autres. Par exemple, nos collègues
psychiatres adultes nous ont signalé une recrudescence
anormale de détérioration de l'état de psychotiques, ou de
patients borderline, bien stabilisés jusqu'alors.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 10.
(10). Dans ces articles, nous avons également émis l'hypothèse
que pourraient exister aussi de jeunes adultes occupés à
s'ennuyer, sans beaucoup de morale, aimant, eux aussi, se
faire remarquer ou faire peur, et qui auraient pu " jouer " à
enlever de jeunes adolescents ou de jeunes filles, l'espace
de quelques heures, pour le sport ou/et pour le spectacle
qu'ils provoqueraient. Heureusement, tout cela s'est tassé en
quelques semaines.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 11.
(11). Voir par exemple p. 132 in L'enfant victime d'abus sexuel
et sa famille: évaluation et traitement> de J.Y. Hayez
et E. de Becker, coll.
Monographies de la psychiatrie de l'enfant. Paris, PUF, 1997.
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.
.
Note 12.
(12). Une discussion plus détaillée à ce propos
est faite pp. 747-748 in le traitement des mineurs
abusés sexuellement et de
leur famille, pp. 740-749, in : Criminologie et psychiatrie,
sous la dir. de T. Albernhe, Ellipses, 1997.
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A PROPOS D'UN SYNDROME DE STRESS POST-TRAUMATIQUE GRAVE
ET COLLECTIF EN BELGIQUE.
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