|
Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez
|
La société et
les institutions belges
face à la maltraitance
* biographie et receuil de publications scientifiques du
professeur Jean-Yves Hayez.
cochez nouveautés pour voir les textes les plus récents
|
" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va
et d'employer l'esprit à le justifier."
Jean Guéhenno.
|
La société et les institutions belges face à la maltraitance
|
J.-Y. HAYEZ (1).
I. En Belgique comme dans nombre de pays industrialisés, la
proportion de cas de maltraitance physique révélés a diminué
significativement en vingt ans, à l'inverse de l'accroissement
considérable des plaintes pour abus sexuel. Parmi celles-ci les
allégations d'abus dans le contexte de séparations parentales
problématiques se produisent dans 5 à 7% de toutes les
séparations conflictuelles et une partie significative d'entre elles (
autour de 50% ) s'avère exacte.
On a vu également s'accroître le nombre de plaintes contre des
mineurs qui seraient auteurs d'abus ou mais ici, bon nombre de
ces plaintes sont, soit elles-mêmes abusives, soit dramatisant
indûment des événements destinés à rester isolés ( tâtonnement
dans le cadre du développement adolescentaire ).
Quant à la négligence, c'est un champ qui reste confus, tout à
tour inclus dans celui de la maltraitance ou dans celui de
l'inorganisation et des carences multiples des familles. Pour ma
part, je pense qu'il ne faudrait considérer comme forme de
maltraitance que les négligences franchement intentionnelles.
II. La société civile belge s'occupe officiellement des phénomènes de
maltraitance depuis 1975, avec une réelle générosité d'intention
mais, à mon sens, avec les mêmes erreurs dramatiques sur la
conception de l'équipement et des attitudes remédiatives que
celles commises dans les autres pays.
Côté prévention — primaire et secondaire — la Belgique s'est
efforcée d'améliorer les connaissances du public et des
professionnels sur le phénomène de la maltraitance et sur ses
signes cliniques, dans la perspective d'un meilleur repérage. Elle
a multiplié les campagnes pour sensibiliser les enfants sur leurs
droits à se faire respecter et sur leur intérêt à s'ouvrir de leurs
malheurs à une personne de confiance Elle a néanmoins raté
trois dimensions-clé :
- Encourager les enfants à contribuer eux-mêmes à leur propre
protection ou les y entraîner ou leur signaler que se faire respecter est
non seulement un droit, mais aussi un devoir, et leur en proposer les
moyens.
- Encourager les forces saines du tissu social de proximité ( y inclus les
professionnels de première ligne ) à participer activement à la
protection de l'enfant ( et, le cas échéant, au mieux être de la famille
mal traitante ) ou lui indiquer le rôle primordial de son engagement
et de sa solidarité
- Aider les agents directs de maltraitance, dès les premiers moments
de dérapage, en parlant publiquement de la maltraitance comme
d'un phénomène inhérent à la nature humaine et en leur offrant des
lieux d'écoute et de soins où la confidentialité serait
totalement garantie.
III. Plutôt que de viser à intensifier cette efficacité de la première
ligne, la Belgique a mis en place un nombre insuffisant d'équipes
d'intervention psychosociales très spécialisées, de troisième ligne,
les équipes
" SOS - Enfants " (2)
, qui travaillent ambulatoirement
et moins souvent en milieu hospitalier. Comme les autres pays,
elle a misé sur la séquence sensibilisation au
repérage " révélation en un lieu officiel "
protection et aide efficaces
émanant d'institutions spécialisées ...
A. Or c'est loin d'être aussi fonctionnel que prévu. En effet,
que se passe-t-il sur le terrain belge? Comme la tyrannie
au signalement émanant de l'institution judiciaire est
nettement moindre qu'en France, 25%
environ des cas révélés , toute maltraitances
confondues, commencent à être
traités exclusivement dans des centres psychosociaux
de troisième ligne ( essentiellement
les équipes SOS-Enfants précitées et les centres de
santé mentale ) : ce sont les cas où l'on prévoit une
bonne collaboration des principaux
protagonistes de la
problématique (3).
Au fil du temps, beaucoup
d'intervenants de ces centres ont acquis de la compétence : les
enfants victimes sont invités à des thérapies, le plus souvent
individuelles et d'inspiration psychodynamique, mais sans violence
institutionnelle qui soit exercée sur eux pour les obliger à s'engager.
Des entretiens familiarisés s'y ajoutent régulièrement, avec une
gradation prudente de la convocation des membres de la famille
invités à chaque
séance [2].
Des interventions sociales ou scolaires les
complètent si nécessaire.
Si dans ces 25%, on prend au hasard 100 situations, on constate que
40 à 50 s'améliorent de façon raisonnablement satisfaisante grâce à
ce seul travail à l'amiable ( au minimum, bonne protection de
l'enfant contre les récidives ). 5 à 10 cas supplémentaires y
parviendront encore lorsqu'on y ajoute le cadre ferme d'une agence
sociale d'Etat spécifique, le service d'aide à la jeunesse : celui-ci use
de sa seule autorité morale ou de subtils pouvoirs de pression (
menace de judiciarisation ) pour mettre en route une certaine
mobilisation. Dans 20 environ des cas restant, on fait appel à
l'institution judiciaire dans un troisième temps, si les choses
s'enlisent ( destin ultérieur ? cfr infra ). Enfin, pour les 20-30
derniers cas, c'est l'échec pur et dur, avoué comme tel ou masqué
par de lénifiantes politiques de l'autruche circonstancielles.
B. 75% environ des cas révélés
prennent tout de suite ou rapidement le
chemin de l'institution
judiciaire (4).
Il se passe
alors grosso modo la
même chose en Belgique qu'en France :
- Une prise en charge psychosociale conjointe du problème n'a pas
lieu ou se déroule de façon largement clivée du travail
de la
Justice (5).
C'est le cas notamment pour tout ce
qui concerne la prise en charge de l'agent direct de maltraitance
et la redéfinition de sa place dans la
famille (6)
( notamment,
ce qu'il en est de ses contacts avec l'enfant-victime ).
- Les procédures de l'instruction judiciaire restent souvent trop lentes
et passablement traumatiques. Cette lenteur a des effets
particulièrement catastrophiques lorsque ce sont des tout petits qui
sont concernés(7).
- La majorité des intervenants, tant les experts psychosociaux que les
magistrats sont très loin de se référer à des méthodes de recueil et
d'analyse du discours de l'enfant qui soient validées, comme c'est le
cas pour la méthode québécoise SVA [1].
La formation spécialisée
dans le champ du diagnostic ( et du traitement ) de la maltraitance
est encore très lacunaire!
- Qu'est-ce qui en résulte? : la probabilité d'une
sanction judiciaire n'est élevée que lorsque existent
des informations complémentaires à la seule parole de
l'enfant : preuves matérielles, présence de témoins
fiables, aveux de l'agent maltraitant qui aurait fini
par « craquer « .
- Lorsqu'on n'a comme matériel que la parole de
l'enfant — ce qui se produit dans
la majorité des cas! — beaucoup
trop peu de Tribunaux prennent la responsabilité d'y croire, et ceci même
lorsqu'elle est bien validée. Bien plus souvent, les magistrats
s'abritent derrière la valeur-refuge de présomption d'innocence
utilisée à bon et à mauvais escient, et qui devient alors une manière
de protéger l'ordre adulte contre des velléités de déstabilisation
induites par les dires de l'enfant. Dans le cadre des allégations liées à
la séparation parentale en particulier, le parent qui dénonce est bien
souvent regardé de façon négative, parfois à l'encontre de fortes
probabilités. On oblige, et parfois violemment, l'enfant, à rester en
contact avec le parent suspect. Les Tribunaux pour mineurs ne sont
pas assez souvent appelés à la rescousse pour exercer leur fonction
de protection.
Cette analyse n'est malheureusement par réjouissante, mais elle est
réaliste. Comme l'espace me manque pour bien développer ma pensée
dans le cadre de ce bref article, je vous propose de prendre une
connaissance plus approfondie de celle-ci dans les textes, articles ou
documents vidéos suivants :
[1]. J.Y. Hayez, E. de Becker ,
" L'enfant victime d'abus
sexuel et sa famille : évaluation et traitement", Coll.
Monographies de la psychiatrie de l'enfant, Paris, P.U.F.,1997,
301 p.
[2]. J.-Y. Hayez,
La sexualité des enfants, Paris, Odile Jacob,
2004, 311 p
[3]. J.-Y. Hayez et E. de Becker,
Perspective systémique et travail
familial ou de couple dans la prise en charge des au
auteurs d'agression sexuelle, 237-254 in Psychopathologie et
traitements actuels des auteurs d'agression sexuelle, Actes de
la conférence de consensus de la Fédération française de
psychiatrie., 2001
[4]. J.-Y. Hayez ( sous la dir. de ) ,
Le traitement
pluridisciplinaire de l'enfant maltraité et de sa famille, trois
cassettes ou DVD, Editions Anthéa , 2002.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
(1). Psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie, professeur ordinaire
à la Faculté de médecine de l'Université Catholique de Louvain, directeur
de l'Unité de Pédopsychiatrie et coordonnateur de l'équipe des Cliniques
Universitaires Saint-Luc.
(2). Elle commence aussi à mettre en place quelques structures
psychothérapeutiques pour délinquants sexuels apparemment motivés à
changer, structures hospitalières et ambulatoires, mais dans ce domaine,
elle a un retard assez net sur la France !
(3). Familles maltraitantes " réceptives " et aussi
enfants et familles victimes d'agresseurs
externes [1].
(4). Auxquelles s'ajoutent les 5% d'arrivée tardive mentionnées Justice au-
dessus !
(5). Je ne prétends néanmoins pas qu'une collusion
psy-Justice constitue " la " bonne formule ou certaines pratiques
françaises, où les policiers sont très présents dans
les hôpitaux, n'existent pas en Belgique et c'est très
bien ainsi. Je plaide plutôt pour une reconnaissance
et un respect mutuels, une organisation fonctionnelle du
travail d'ensemble, et une forte centration de tous sur
l'amélioration du sort des victimes.
(6). S'il s'agit de maltraitance intra-familiale.
(7). Pour eux, au moins, on devrait instituer une Justice
aussi rapide que celle des " flagrants délits ".
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
Création le 31 mai 2004.
Dernière mise à jour
le dimanche 06 juillet 2008.
Issu d'un texte en traitement de texte remis par le
professeur Jean-Yves Hayez, le 31 mai 2004.
DS.ds
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Bravo de m'avoir trouvé
Félicitations
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480
mais est encore correcte avec les écrans
plus grands 1600x1200 ou autres.
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480 mais est
encore correcte avec les écrans plus grands 1600x1200 ou autres.
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Bibliographie.
ici
Notes.
ici
Télécharger.
ici
- Bibliographie automatique. -
.
.
Bibliographie numéro 1.
[1] J.Y. Hayez, E. de Becker ,
" L'enfant victime d'abus
sexuel et sa famille : évaluation et traitement", Coll.
Monographies de la psychiatrie de l'enfant, Paris, P.U.F.,1997,
301 p.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
.
.
Bibliographie numéro 2.
[2] J.-Y. Hayez,
La sexualité des enfants, Paris, Odile Jacob,
2004, 311 p
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
.
.
Bibliographie numéro 3.
[3]. J.-Y. Hayez et E. de Becker,
Perspective systémique et travail
familial ou de couple dans la prise en charge des au
auteurs d'agression sexuelle, 237-254 in Psychopathologie et
traitements actuels des auteurs d'agression sexuelle, Actes de
la conférence de consensus de la Fédération française de
psychiatrie., 2001
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
.
.
Bibliographie numéro 4.
[4]. J.-Y. Hayez ( sous la dir. de ) ,
Le traitement
pluridisciplinaire de l'enfant maltraité et de sa famille, trois
cassettes ou DVD, Editions Anthéa , 2002.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
- Notes automatiques. -
.
.
Note 1.
(1). Psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie, professeur ordinaire
à la Faculté de médecine de l'Université Catholique de Louvain, directeur
de l'Unité de Pédopsychiatrie et coordonnateur de l'équipe des Cliniques
Universitaires Saint-Luc.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
.
.
Note 2.
(2). Elle commence aussi à mettre en place quelques structures
psychothérapeutiques pour délinquants sexuels apparemment motivés à
changer, structures hospitalières et ambulatoires, mais dans ce domaine,
elle a un retard assez net sur la France !
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
.
.
Note 3.
(3). Familles maltraitantes " réceptives " et aussi
enfants et familles victimes d'agresseurs
externes [1].
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
.
.
Note 4.
(4). Auxquelles s'ajoutent les 5% d'arrivée tardive mentionnées Justice au-
dessus !
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
.
.
Note 5.
(5). Je ne prétends néanmoins pas qu'une collusion
psy-Justice constitue " la " bonne formule ou certaines pratiques
françaises, où les policiers sont très présents dans
les hôpitaux, n'existent pas en Belgique et c'est très
bien ainsi. Je plaide plutôt pour une reconnaissance
et un respect mutuels, une organisation fonctionnelle du
travail d'ensemble, et une forte centration de tous sur
l'amélioration du sort des victimes.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
.
.
Note 6.
(6). S'il s'agit de maltraitance intra-familiale.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
.
.
Note 7.
(7). Pour eux, au moins, on devrait instituer une Justice
aussi rapide que celle des " flagrants délits ".
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
Pour télécharger ce site ...
|
La société et les institutions belges face à la maltraitance
|