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Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez
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Introduction
Le Jeune, le juge et les psy.
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* biographie et receuil de publications scientifiques du
professeur Jean-Yves Hayez.
cochez nouveautés pour voir les textes les plus récents
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" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va
et d'employer l'esprit à le justifier."
Jean Guéhenno.
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Le Jeune, le juge et les psy.
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I. A QUI S'ADRESSE L'OUVRAGE?
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Dans sa première partie, cet ouvrage décrit
comment notre équipe de psychiatres,
psychologues et travailleurs sociaux répond à la
demandé des tribunaux, surtout de la Jeunesse *
(1)
qui lui « ordonnent » de procéder à des
examens médico-psychologiques à propos
d'adolescents, d'enfants ou de familles en crise ou
en rupture sociale. Dans sa seconde partie, il
décrit les grands repères psychopédagogiques qui
guident nos recommandations.
A) Notre témoignage clinique intéressera donc en
premier lieu
tous ceux qui se trouvent en situation
analogue : psychiatres ou équipes de santé
mentale désignés comme experts pour élucider
des cas difficiles; travailleurs sociaux attachés de
près ou de loin aux tribunaux et chargés à la fois,
et d'exercer une mission de guidance, et de faire
rapport de la situation à un magistrat qui, pour être
souvent de bonne volonté, n'en a pas moins le
pouvoir réel de modifier des paramètres de la vie
des familles; éducateurs spécialisés chargés
d'accompagner des jeunes placés par des
tribunaux et qui doivent définir leur place et leurs
fonctions par rapport à ces tribunaux et à leurs
consignes, etc. Corollairement, nous espérons
que nos réflexions intéressent les magistrats eux-
mêmes qui, pour cette fois, auront enfin l'occasion
de saisir de plus près ce que pensent ces
mystérieux « psy », si souvent irritants par leur
façon de renvoyer chacun à lui-même, sans
jamais rien dire d'eux ...
B) Mais nous pensons que notre témoignage
clinique a valeur de paradigme,
et donc, qu'il revêt
une portée plus large. Nous avons choisi de parler
d'une situation où des personnes - un jeune et sa
famille - étaient obligées de consulter, où le
consultant * avait des comptes à rendre à leur
sujet et donc, où une ambiance de méfiance et
d'agressivité devait régner, au moins initialement.
Pourtant, nous avons la prétention d'affirmer que
parfois ces consultations sont utiles, non
seulement pour le magistrat qui est mieux informé
et donc prendra peut-être des décisions plus
adaptées mais aussi, directement, pour les «
clients » eux-mêmes, qui y ont une expérience
humaine positive et goûtent certains bénéfices
psychothérapeutiques à nous fréquenter.
Or, des situations de ce type sont très
nombreuses, au moins à bas bruit : dans certains
services sociaux, les « clients » sont obligés de
rendre des comptes sur l'état de leur famille, et de
participer à des guidances où la pédagogie de
leurs enfants est revue, s'ils veulent bénéficier
d'autres aides de ces services, par exemple
d'aides matérielles ou, plus radicalement encore,
s'ils veulent que des actions ne soient pas
entreprises pour que leur soit retirée la garde de
leurs enfants ... certaines écoles pressent les
parents de consulter le psychologue scolaire ou
un centre externe, et c'est une condition quasi
obligatoire pour que l'enfant ne soit pas
renvoyé ... bien des clients sont amenés dans les
centres de santé mentale avec une pression plus
ou moins forte, séductrice ou menaçante, de la
part d'intervenants de première ligne ... Dans tous
ces cas, l'on peut monter sur ses grands chevaux
et s'écrier : « C'est inadmissible; on ne saurait rien
changer dans de telles conditions! »; l'on peut
aussi se montrer plus réaliste et se dire que :
- Ce n'est pas en culpabilisant frontalement les
institutions qui font pression que l'on changera
radicalement leur fonctionnement! Au contraire : on
les pousse à des passages à l'acte encore plus
nets dont les familles font les frais.
- Plus radicalement, il n'y a pas lieu de leur faire
des reproches à chaque fois. Faire pression
quand on a le pouvoir, c'est parfois le seul moyen
accessible pour que des familles s'ébranlent et
essayent de dépasser leurs insatisfactions :
simplement faut-il ne pas s'obstiner, ni se bercer
d'illusions et regarder avec réalisme les premiers
(non)-résultats que l'on obtient. ( Que l'on pense
par exemple aux douloureux problèmes des
enfants battus.)
Mais, dans tous les cas où des intervenants
psychosociaux acceptent de travailler pour et avec
des clients, dans un contexte où la contrainte n'est
pas absente, ils doivent presque réinventer leurs
méthodes de prise en charge. Or, bon nombre
d'éléments dont nous développons l'étude dans
notre contexte précis et paradigmatique peuvent
être réutilisés par eux dans leur champ spécifique :
la clarification; l'étude des offres et des demandes,
là où elles sont; le maniement du (non)-secret
professionnel; l'utilisation de « tables rondes » et
d'autres applications des techniques systémiques,
etc.
C) Si l'on considère notre témoignage clinique en
fonction non plus de sa dimension de contrainte,
mais du type de population qui consulte, l'on
constatera que nous avons souvent affaire à des
familles marginales ou, en tout cas,
économiquement faibles ( 70 % des cas environ )
et à des adolescents ( 70 % des mineurs ):
d'ailleurs, à propos de ces mineurs, nous parlons
souvent des « jeunes » : le terme a été
spontanément choisi et dit bien ce qu'il veut dire :
étymologiquement, c'est un synonyme du terme «
mineur », mais moins administratif; pratiquement,
même s'il recouvre aussi ceux-là, il fait penser
davantage aux adolescents qu'aux enfants et c'est
bien le reflet de notre réalité clinique.
Et, à propos de ces familles marginales et de ces
jeunes, non seulement nous exposons notre
méthode d'exploration, mais aussi de larges
éléments de ce que l'on pourrait appeler une
guidance ou une thérapie de soutien adaptée à
leur structure et à leurs problèmes : par exemple,
nous développons le thème de la restauration
narcissique, nous prenons position en face de la
transgression, indépendamment du strict recours
au magistrat, nous montrons combien il est
important de tenir compte de tout le réseau dans
lequel est engagée une population marginale,
nous expliquons notre façon de prendre « des
photos de famille » et de reformuler nos
impressions, etc.
Et aussi, ces propositions méthodologiques, qui
sont le fruit de notre expérience et peuvent donc
être rediscutées, sont susceptibles d'intéresser
tous ceux qui essaient d'accompagner des
familles marginales ou/et des adolescents.
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II. LE FONCTIONNEMENT DE NOTRE EQUIPE
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Le « Grès » est un centre de santé mentale
sectorisé * dont un des objectifs est d'entrer en
contact avec des populations qui, habituellement,
ne consultent pas spontanément les centres
psychosociaux. Pour les rencontrer, nous avons
développé diverses actions de prévention, que
nous ne décrirons pas dans ce livre. Nous avons
également formé une de nos équipes à travailler à
la demande des Tribunaux de la Jeunesse, des
Tribunaux civils et des avocats de notre région. A
l'origine de cet investissement, il y a bientôt quinze
ans, plusieurs rencontres ont eu lieu avec des
magistrats du Tribunal de la Jeunesse * de
Bruxelles et les ont amenés à poser deux
demandes qui s'harmonisaient avec nos propres
objectifs :
- D'une part, il s'agissait, par un examen
approfondi, médical, psychologique et social,
d'éclairer le mieux possible ces magistrats
lorsqu'ils devaient prendre des décisions
concernant des jeunes et/ou des familles en crise,
en difficulté psychosociale, se manifestant par des
transgressions sociales.
- D'autre part, il leur semblait tout aussi important
d'essayer d'accompagner dans le champ
psychosocial, le temps de l'examen pour certains,
beaucoup plus longtemps pour d'autres, ces
jeunes et ces familles qui avaient affaire avec eux.
Au fil du temps, voici esquissée la procédure que
nous avons développée pour satisfaire ces
demandes : lorsqu'il est confronté à un problème
difficile à résoudre à cause de ses implications
psycho-sociales, le juge de la jeunesse rédige une
« ordonnance d'examen médico-psychologique »
*, c'est-à-dire qu'il confie à une équipe
psychosociale, la mission d'éclaircir la situation,
de pronostiquer les risques de récidive ou les
chances de réussite - en un mot, de faire une
expertise ... tout cela afin qu'il prenne une décision
en meilleure connaissance de cause.
Dans d'autres cas, même s'il n'a pas de nouvelles
décisions à prendre, il peut estimer que le jeune -
ou sa famille - présente une souffrance psychique
importante, et il rédige son ordonnance dans
l'espoir que « quelque chose » s'amorce entre le
jeune, sa famille et nous. Il l'envoie « pour être
aidé ». Cette ordonnance est rédigée au nom du
jeune qui a fait l'objet de l'ouverture du dossier au
tribunal, mais il est extrêmement rare que nous
nous limitions à le rencontrer, lui.
En effet, afin de bien saisir les données du
problème, il est des plus utiles de rencontrer aussi
son environnement psychosocial.
Dès la réception de l'ordonnance, le « cas » est
pris en charge par une petite équipe : psychiatre,
psychologue et assistant social. Cette richesse
d'un travail en équipe pluridisciplinaire est
soutenue par différents auteurs : nous citerons
Jean Dujardin « Structuration nouvelle de
l'expertise mentale » 1970-1971, Revue du droit
pénal, pp. 667-687) : « ... Il apparaît aussi plus
efficient dans les cas graves où l'on tend à
recourir à une pluralité d'experts ... de demander à
une " équipe " constituée de représentants des
sciences sociales de la psychologie et de la
psychiatrie de faire une approche différentielle du
délinquant, suivie d'une synthèse ... » Ou encore,
le professeur Lievens : « L'expertise psychiatrique
et psychosociale en justice » in Actes des Ve
Journées belges de criminologie ( septembre
1980 ), « La criminologie et la formation du
personnel de l'administration de la justice pénale »
: « ... Nous avons proposé pour une expertise une
équipe de trois fonctions ( psychiatrique,
psychologique et sociale ) ... L'équipe ne peut
plus être la juxtaposition de trois
spécialistes mais une collaboration de trois
spécialistes ...
Nous veillons à ce que l'équipe soit fonctionnelle,
c'est-à-dire à ce que ses membres se
connaissent, travaillent ensemble avec plaisir,
soient complémentaires et, dans la mesure du
possible, aient manifesté un intérêt positif pour le
« cas », lorsqu'il est brièvement résumé en
réunion commune avant d'être attribué.
Commence alors une première quête
d'informations, dans les pièces du dossier que le
magistrat nous a transmis, ou par téléphone à son
cabinet, ou aussi, s'il est en place, auprès du
délégué permanent * qui effectue déjà un travail
social avec le jeune et/ou avec sa famille ... Lors
d'une pré-synthèse, nous élaborons ensuite une
planification du travail : qui rencontrer en premier
lieu? Devons-nous travailler avec le groupe
familial en entier, ou plutôt en séparant le jeune de
son entourage? A quels autres membres du
réseau de vie du jeune est-il bon de s'adresser?
Comment se répartir les tâches dans la petite
équipe que nous avons mise en place? etc. Se
succèdent alors des entretiens avec le jeune, sa
famille nucléaire et aussi d'autres partenaires de
sa vie : grands-parents, fiancé(e), enseignants,
intervenants psychosociaux, le délégué
permanent ou l'équipe du home où il réside.
Comme nous le décrirons de façon détaillée dans
le chapitre 3, ces entretiens ont systématiquement
une fonction exploratoire et souvent une « fonction
thérapeutique spontanée » dont l'exercice peut
cependant inclure un certain nombre de pièges
qui appellent notre vigilance.
Le programme initialement prévu est susceptible
de remaniements au gré des circonstances : les
personnes n'ont pas répondu aux convocations et
de nombreux rendez-vous ont été manqués : il est
nécessaire d'aller à domicile plutôt que de tenter
vainement de les mobiliser vers le centre; il faut
recontacter le juge ou son délégué parce que des
éléments nouveaux et importants ont surgi (
fugues, actes délictueux *, etc.)
Quand nous estimons que l'exploration a été
suffisante, nous partageons d'abord oralement
nos impressions avec l'ensemble de l'équipe et
puis, nous mettons fin à l'examen médico-
psychologique proprement dit, selon des
modalités diverses : elles seront décrites dans le
chapitre 2, où nous situons l'ensemble de nos
relations avec le magistrat.
Une modalité systématiquement présente, en tout
cas, est la rédaction et l'envoi d'un rapport écrit,
composé de plusieurs parties : un résumé du
contexte et du motif de la demande, la situation et
la dynamique familiale, l'examen psychologique et
psychiatrique du jeune, enfin, une discussion et
éventuellement des propositions au magistrat.
Cette dernière partie est évidemment la plus
délicate : il s'agit de formuler notre opinion, sans
nous substituer de près ou de loin aux décisions
que le juge doit prendre!
Dans un certain nombre de cas, notre travail
s'arrête là : il a d'abord consisté à éclairer le
magistrat et, de surcroît, il a souvent - du moins
l'espérons-nous - des effets psychosociaux
bénéfiques sur la famille venue nous consulter.
Dans d'autres cas, notre travail se prolonge par
une action sociale ou/et psychothérapeutique, que
nous organisons en la confiant à d'autres, ou que
nous assumons nous-mêmes : nous en
reparlerons dans le chapitre 3.
Il est bien évident que ce schéma-type d'une
expertise médico-psychologique est susceptible
de modifications suivant les données du
problème, le degré d'urgence des décisions à
prendre, les événements qui surviennent en cours
de route et les multiples paramètres qui font que
chaque situation est à considérer individuellement,
sous peine d'effectuer un travail routinier et
inadapté.
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III. LE FONCTIONNEMENT DES TRIBUNAUX POUR MINEURS EN BELGIQUE
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Dans chaque arrondissement judiciaire, à
l'intérieur du Tribunal de Première Instance, il
existe un Tribunal de la Jeunesse composé d'un
ou plusieurs juges et d'un Parquet de la jeunesse
et de la famille. Par analogie avec les autres
chambres, on pourrait dire que le juge cumule les
fonctions d'investigations, de décision et
d'application des mesures ... C'est lui en effet qui,
dès qu'il est saisi d'un dossier par le Parquet, est
susceptible de suivre le même mineur, pendant
des années, jusqu'à sa majorité ou jusqu'à la
fermeture du dossier. Rappelons qu'en Belgique,
l'indépendance statutaire de la magistrature
assise par rapport au Parquet est très réelle. Dans
chaque Cour d'appel, il existe également une
chambre d'appel de la jeunesse, à laquelle on
recourt cependant relativement rarement : c'est le
fait des avocats combatifs ou/et des familles bien
informées et, à l'occasion, du Parquet lorsqu'il est
mécontent, c'est-à-dire souvent lorsque la
décision prise par le juge lui a semblé trop laxiste
...
1. La loi de 1965 précise les compétences du
Tribunal de la Jeunesse qui porte sur des
matières de droit civil : par exemple adoption,
légitimation par adoption, autorisation au mariage,
règlement des droits de garde et de visite à des
enfants avant toute procédure en divorce ou après
prononcé du divorce.
2. Elle porte aussi, et sur la protection des
mineurs lorsqu'ils sont en danger ... et sur les
dangers qu'ils font courir à leur famille et la
société : ce type de compétence est régi par une
loi, célèbre en Belgique, appelée « loi sur la
protection de la jeunesse » ( 1965 ). Cette loi a été
une révolution en ceci qu'elle a constitué une
synthèse de tout ce qu'il était possible de
rencontrer et de faire en la matière, et qu'elle a
souhaité remplacer un système d'interventions
trop répressif par un système de compréhension
et d'action sociale. Par exemple, elle ne permet
pas de dire qu'un mineur commet un délit, mais un
acte qui, s'il était commis par un majeur, serait
délit.
Voici, résumés, quelques articles importants de
cette loi :
- Il est possible d'ouvrir un dossier au nom des
parents, lorsque ceux-ci remplissent leur mission
pédagogique de façon insatisfaisante, ou au nom
d'un mineur, lorsqu'il est en danger, ou commet
des actes antisociaux.
- Les moyens d'action du magistrat sont larges et
à première vue peu répressifs ( la loi ne prévoit
aucune mesure « répressive ») : fermeture d'un
dossier, classement sans suite, réprimande, mise
en place d'une tutelle sociale ou psychologique,
placement du jeune, demande qu'il contribue à un
travail philanthropique. Ces mesures peuvent à la
fois être provisoires ( prises avant l'audience
publique ) et de longue durée ( la citation à
l'audience publique est faite par le Procureur du
Roi ).
- La loi belge ne permet pratiquement pas
l'emprisonnement des mineurs ( quinze jours au
maximum ); en principe, pas à titre de mesure de
dissuasion, mais lorsqu'on ne trouve pas d'autre
solution d'hébergement institutionnel et qu'il y a
urgence. Existe-t-il d'autres formules résidentielles
qui permettent l'enfermement, sans pour autant
être carcérales? ... De loin en loin, il entre bien l'un
ou l'autre adolescent psychopathe ou psychotique
en asile psychiatrique ... A part cela, nous ne
disposons que d'une seule institution fermée
d'environ vingt places, gérée par l'Etat, et qui s'est
intitulée « centre orthopédagogique » : c'est une
traduction, parmi d'autres, du malaise de la
société belge face à l'enfermement des mineurs.
- Lorsque le juge estime qu'il est au bout du
rouleau de ses actions possibles, que le jeune
semble responsable de ses actes, dangereux et
récidiviste, comment marquer le coup? A première
vue, c'est l'impasse, puisque la loi, non seulement
ne lui permet pas de parler de délits, mais lui
interdit pratiquement autre chose que la
réprimande, la surveillance ou le placement en
maisons d'adolescents plutôt sympathiques :
hormis les quelques places en haute sécurité qui
viennent d'être évoquées, on envoie les jeunes
dans des institutions ouvertes, où les autres
pensionnaires résident pour des raisons sociales :
on voit donc quelle confusion peut naître à parler
d'un placement-sanction, dans des endroits qui ne
sont pas prévus pour cela! Deux portes de sortie,
plutôt extrêmes, ont été prévues par la loi :
1) Le dessaisissement : après seize ans, un jeune
peut être déféré devant une juridiction adulte,
qui réagit alors comme tout tribunal correctionnel
face à un jeune adulte. Avant cela, l'expertise
médico-psychologique est obligatoire et doit aider
le juge de la jeunesse à prendre sa décision.
Cependant, le jeune continue à relever du
Tribunal de la Jeunesse : le dessaisissement est
une mesure ponctuelle qui concerne un acte ou
une série d'actes bien définis et pas ceux qui les
suivent éventuellement.
2) La mise à la disposition du gouvernement,
mesure dont la référence éthique est discutable :
le jeune perd tous ses droits civiques et relève
d'un fonctionnaire du ministère de la Justice au
moins jusqu'à vingt et un ans, parfois jusqu'à vingt
cinq ans. Pratiquement, la mesure n'est pas
souvent appliquée ( cinquante cas en tout pour
l'arrondissement de Bruxelles ). Souvent la prise
en charge commence par quelques mois de
prison et se continue par une tutelle sociale.
- La défense des jeunes par avocat n'est pas
encore bien assurée : les familles bourgeoises se
paient les services d'un voire de deux avocats ... (
un pour les parents, un pour le mineur ). Mais les
jeunes ou les familles plus marginales sont
défendus par des « Pro Deo », qui ne sont pas
toujours très motivés. A rappeler que pour la loi
belge, les parents sont civilement responsables
des dégâts causés par leurs enfants mineurs; la
majorité civile se situe à vingt et un ans.
- Pour mener à bien son action, le Tribunal de la
Jeunesse recourt à un service social, mis à sa
disposition par l'Office de Protection de la
Jeunesse et dont les membres sont appelés les «
délégués permanents ». Ce sont pour la plupart
des travailleurs sociaux, avec quelques
sociologues, psychologues et criminologues. Leur
tâche est d'effectuer des études sociales, elles
aussi, à visée exploratoire, des surveillances et
des assistances éducatives qui sont pratiquement
des guidances ou des thérapies de soutien, dans
un contexte partiellement contraignant.
notes.
(1). Différents termes, propres au vocabulaire des
institutions et du droit belges, sont définis dans le
glossaire qui se trouve à la fin du présent ouvrage.
Ils ont été signalés par un astérisque la première
fois qu'ils figurent dans le texte.
Création le 25 septembre 2005.
Dernière mise à jour
le dimanche 02 mars 2008.
Issu d'un texte prêté par le professeur Jean-Yves Hayez.
DS.ds
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Bravo de m'avoir trouvé
Félicitations
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480
mais est encore correcte avec les écrans
plus grands 1600x1200 ou autres.
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
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Note 1.
(1). Différents termes, propres au vocabulaire des
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glossaire qui se trouve à la fin du présent ouvrage.
Ils ont été signalés par un astérisque la première
fois qu'ils figurent dans le texte.
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