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Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez
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Attitudes pédagogiques
face
aux transgressions.
* biographie et receuil de publications scientifiques du
professeur Jean-Yves Hayez.
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" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va
et d'employer l'esprit à le justifier."
Jean Guéhenno.
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Attitudes pédagogiques face aux transgressions.
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Nous sommes conscients que les attitudes
pédagogiques que nous allons décrire
constituent par leur ensemble un modèle idéal
... à nos yeux. Il ne nous semble pas
imaginable qu'il soit appliqué dans toute sa
rigueur, mais au moins pourrions-nous réduire
la distance qui nous en sépare, comme nous le
faisons pour d'autres références idéales. Et
puis, ce modèle serait-il parfaitement mis en
oeuvre, qu'il ne garantirait pas pour autant une
efficacité maximale dans la prise en charge des
actes antisociaux: on pourrait imaginer, au
mieux, d'être plus efficace dans 20 à 25 % des
cas, mais il continuerait à exister un certain
nombre de jeunes, rebelles à toute approche
pédagogique.
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I. QU'APPELONS-NOUS UNE TRANSGRESSION? QUELLES SONT LES
TRANSGRESSIONS QUI « MERITENT » UNE REACTION DES ADULTES?
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A. Un enfant ou un adolescent transgresse
une règle lorsqu'il fait sciemment ce que les
personnes qui ont du pouvoir sur lui, lui ont dit
être interdit. Ces personnes sont ses parents,
les responsables des communautés sociales
qu'il fréquente et les pouvoirs publics qui fixent
les règles sociales générales.
Dans le cadre de cet article, nous nous
centrerons implicitement sur les transgressions
antisociales importantes : vols, actes de
vandalisme, atteintes au corps d'autrui.
Les transgressions peuvent revêtir bien des
significations, qui se mélangent dans le même
acte ou se répartissent selon les différents
jeunes et leurs différentes transgressions. En
soi, elles n'ont pas ipso facto de signification
psycho - ni sociopathologique : il nous semble
normal - voire souhaitable - qu'un jeune qui se
sent fort, confiant en soi, conteste certaines
règles dont on l'entoure, et les transgresse :
c'est à partir de tels refus, de tels défis que les
sociétés changent et que les personnalités
s'affirment. Il ne nous semble guère compatible
de croître avec un sentiment d'identité bien
affirmé et d'accepter l'obéissance à tout : toutes
les lois ne sont pas fondamentalement bonnes.
Elles risquent toujours d'avoir une dimension
arbitraire, liée à une époque, un temps, la
pression d'une majorité et, à notre sens, les
injustices familiales ou sociales peuvent être
combattues par les actes si la parole et la
souplesse de chacun ne suffisent pas à les
ébranler. Mais nous allons même plus loin, en
considérant comme signes de bonne santé
psychique certaines transgressions gratuites,
qui auront cependant comme caractéristique de
ne pas détruire gravement le bonheur ni les
biens d'autrui. Cette affirmation de notre part ne
connote pas pour autant que l'adulte éducateur
doive rester chaque fois sans réactions à leur
égard, mais nous refusons de leur prêter une
signification psychopathologique.
Par contre d'autres transgressions signent
l'existence de composantes
psychopathologiques ou immatures chez celui
qui les pose. Elles se répartissent selon trois
axes principaux :
- elles compensent des sentiments d'infériorité,
de dépression, d'angoisse; ce sont les
symptômes de conflits névrotiques;
- elles sont le fait de personnalités faibles,
suggestibles, impulsives, incapables de résister
au chaos et à l'intensité de leurs pulsions, et
aux sollicitations de leur entourage ou/et de la
société de consommation;
- elles sont le fait de personnalités gauchies,
hédonistes, qui ont placé leur intelligence et la
force de leur être au service de leur envie
d'avoir et de jouir ( personnalités délinquantes,
dont la volonté de toute-puissance se distille
subtilement plutôt qu'elle n'explose ).
B. Lorsque l'adulte est confronté à la
transgression, bien malin est-il si, à partir de sa
forme extérieure, il peut deviner ce qu'elle
signifie principalement, du moins si cet adulte
est le compagnon de la vie quotidienne du
jeune ( parent, éducateur ou enseignant ) :
certaines compensations sont secrètes et celui
qui les réalise peut donner toutes les
apparences de l'équilibre émotionnel. ... Un
enfant immature, qui résiste souvent mal aux
chocs de ses impulsions, peut aussi avoir des
zones de bonne santé psychique, l'amenant à
expérimenter sa puissance en ne disant pas «
amen » à tout. Aussi, pour savoir s'il faut réagir
ou non à la transgression, voudrions-nous
proposer deux règles toutes simples : c'est de
ne pas se paralyser en arguant de la recherche
préalable des significations, même si celle-ci
demeure un acte important ... et de ne pas se
montrer non plus systématiquement rigide : un
jeune a besoin de gagner, de temps en temps,
et il faut pouvoir, soit fermer les yeux, soit lui
signifier que l'on a vu, mais que l'on accepte de
perdre sans intervenir. Pour peu du moins que
ses transgressions mineures ne se multiplient
pas trop, ou qu'il ne commette pas de
transgressions franchement destructrices. A
être massivement interventionniste, on
déclenche surtout des réactions persécutoires
et l'on provoque le retour de ce que l'on ne
voulait pas.
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II. PRINCIPES-GUIDES D'UNE REACTION PEDAGOGIQUE
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Notre, réflexion rejoint les idées d'A. Fettweis et
J. Van den Bossche ( Evolution récente de la
législation belge de défense sociale, in Revue
du droit pénal, 1967-1968 ) : « ... Une seconde
disposition tout à fait heureuse est celle qui
consiste à ne plus assimiler aux «
irresponsable » des anormaux parfaitement
conscients de leur faute et chez lesquels le
sentiment de la responsabilité personnelle doit
être fortifié. Il n'y a pas lieu d'enlever le
caractère de peine à la sanction dont ils sont
l'objet. Mais il faut que ce soit une sanction
thérapeutique ...».
A. Cette réaction s'adresse à tous les jeunes :
les grands axes que nous allons décrire,
peuvent s'appliquer aussi bien à un jeune «
normal » à partir du moment où son entourage
familial et social a décidé qu'il dépassait les
limites du supportable et qu'il fallait donc se
confronter à lui, qu'à un jeune immature,
névrosé, délinquant ou psychotique.
B. Cette réaction est globale : elle essaie de
repérer les significations de l'acte posé et, à
partir de là, de contribuer à la maturation de la
personnalité et à l'amélioration de son
environnement. Simultanément, elle s'adresse
directement à l'acte, avec un objectif de
dédommagement et de réparation qui, à
l'avenir, pourrait modifier le système adaptatif
du jeune et lui donner l'envie de poser des
actes meilleurs. Mais si cette réaction se veut
globale, nous trouvons cependant important
que ces deux objectifs, qui visent
respectivement les significations et l'acte, ne se
mélangent et ne se confondent pas, ni dans
l'esprit du jeune et de son entourage, ni dans
celui des intervenants. Donc, autant lorsque
ceux-ci exposent leurs intentions que lorsqu'ils
les concrétisent, ils doivent très soigneusement
les différencier et les détailler :
1. Dans la mesure où ils veulent mûrir ou guérir
certains éléments de la personnalité du jeune et
améliorer son environnement, ils proposent, à
lui et à son entourage, des psychothérapies,
des interventions sociales ou scolaires et des
actions pédagogiques nouvelles ( par exemple
une façon plus fine de le valoriser ).
2. Corollairement, s'ils ont décidé que les actes
posés par le jeune dépassaient le supportable,
ils confronteront aussi sa transgression à
l'existence de la réalité extérieure : pour cela,
sans le moindre jugement moral, sans vouloir
comprendre maintenant le pourquoi et risquer
d'excuser l'acte posé, ils demanderont un
dédommagement des dégâts provoqués,
matériels et/ou humains, qui soit proportionnel
à l'état des forces du jeune. Parfois, ce sera
quantitativement moins, mais ce ne sera jamais
ni insignifiant ni désespérant.
3. Chaque fois que c'est possible, ils invitent en
outre le jeune à « réparer » le tort commis. «
Réparer », c'est une action d'une tout autre
nature que le dédommagement qui vient d'être
invoqué. « Réparer », c'est croire que l'on a en
soi des forces positives - et pas seulement des
forces destructrices - et accepter de les mettre
en oeuvre, d'une façon ou d'une autre, au
service d'autrui; en faisant en outre, de
préférence, le lien mental entre l'acte constructif
posé et l'acte de destruction, qu'il cicatrise.
Parfois, la réparation se limitera à accepter
intérieurement que le dédommagement auquel
on a été initialement contraint à un sens positif
et que le mener à bien est un acte juste et utile.
Parfois, elle ira plus loin : le jeune mettra en
oeuvre ce qu'il y a de bon en lui, parce qu'il y a
été invité par un adulte important à ses yeux et
dont il a remarqué qu'il en avait besoin. Parfois
même, ce sera encore plus gratuit.
4. Dans l'un ou dans l'autre cas où l'on est
raisonnablement certain que le jeune était libre
intérieurement de poser l'acte destructeur
auquel il s'est livré, il peut également entendre
une désapprobation morale, surtout si elle est
prononcée par un adulte qu'il investit
positivement.
C. Redisons encore qu'une des modalités les
plus importantes d'un tel programme, qui vise à
la fois les causes et l'effet, consiste à ne pas
installer de confusions quant aux objectifs
poursuivis. Le jeune peut à la fois et avoir
besoin d'aide et la recevoir, et d'autre part être
quand même sanctionné et désapprouvé pour
l'issue-transgression qu'il s'est donnée. Si cette
sanction négative n'existe pas, l'entourage du
jeune risque paradoxalement de le conforter
dans l'idée de la transgression, puisque c'est
alors que son environnement se montre
compréhensif et soutenant! Corollairement, il
faut aider le jeune à faire la différenciation de
ces intentions : « On a remarqué que tu ne te
sentais pas bien et on va essayer de ...», et,
par ailleurs : « On n'est pas d'accord avec la
façon que tu as trouvée pour te sentir mieux ...
ou pour te signaler à nous. »
Autre confusion à éviter : ce ne sont pas de
nouveaux comportements sociaux, plus
adaptés, qui dédommagent vraiment une trans-
gression. On entend parfois dire : « Nous
tournons la page sur ce que tu as fait, mais tu
dois trouver du travail ... ou bien tu dois
retourner régulièrement à l'école. » N'est-ce
pas là semer l'idée que le travail ou l'école,
c'est une sorte de punition, de sanction
négative de la transgression? Pour notre part,
nous préférons dissocier les éléments du
programme et, face à l'adolescent immature,
désoeuvré, qui n'aurait pas résisté à la tentation
de la délinquance, réagir de la façon suivante :
- Quant à la transgression elle-même : « Tu
dois dédommager le tort que tu as causé ... (
dans telle proportion ) ... avec de l'argent dont
tu me démontreras que tu l'as gagné de façon
honnête. »
- Parallèlement, s'il se montre raisonnablement
intéressé et collaborant, on peut mettre en
place un programme de soutien plus large, dont
un des constituants soit son autonomie, son
insertion dans le monde scolaire ou du travail,
mais pas pour dédommager! Peut-être
comprendra-t-il spontanément qu'il doit
travailler s'il lui faut procéder à un certain
remboursement honnête de ses dégâts, mais
nous ne pensons pas que la pression vers le
travail doit être faite explicitement par celui qui
s'occupe de sanctionner l'acte-transgression. (
Celui-ci peut se limiter à contrôler les moyens
mis en oeuvre.)
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III. APPLICATION DE CES PRINCIPES SUR LE TERRAIN
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Nous nous limiterons à décrire la partie du
programme d'accompagnement par laquelle on
se confronte directement à l'acte-transgression.
Les autres parties, par lesquelles on s'efforce
de soulager les tensions et de soutenir la
maturation du jeune, ont déjà été développées
dans beaucoup d'autres articles et ouvrages.
Si l'on se trouve dans des conditions
d'équipement favorable, mieux vaut que des
personnes différentes garantissent les
différentes parties du programme, par exemple
le travailleur social et le magistrat. Sinon, la
même personne, par exemple un parent, doit
se montrer extrêmement vigilante pour ne pas
vivre et transmettre des confusions au moment
où elle poursuit et explique des objectifs
différents. L'identité des personnes engagées
est de première importance, quelle que soit la
partie du programme concernée.
Un ordinateur ne réussira jamais à être
efficace, même s'il appliquait très
scrupuleusement un programme riche de
possibilités : celui-ci doit être garanti par des
gens « qui comptent » aux yeux du jeune : nous
y reviendrons.
A) Comment réaliser le dédommagement
1. Le contexte
- Lorsqu'elle est décidée, la réaction de «
l'institution des adultes » doit être effective : une
réaction, ce ne sont pas seulement des paroles
de menaces : « Ça doit cesser ... c'est la
dernière fois que ... si tu continues, ça va
barder ...». Peut-être que des paroles de
désapprobation et un avertissement verbal
préalable ont du sens, mais certainement pas
dix avertissements préalables ... de rien du tout,
qui contribuent surtout à ridiculiser l'adulte. Une
fois programmé, l'acte qui est la sanction
logique de la transgression doit être installé et
mené à son terme. Nous y reviendrons par la
suite.
- La réaction des adultes doit se placer à un
moment bien choisi : si elle arrive trop tôt, dès
que le jeune fait un pas de travers ... Si on lui
saute tout de suite dessus, on risque de
déclencher une réaction persécutoire, et
d'exacerber le besoin de contestation. Si elle
arrive trop tard, le jeune croit à sa toute-
puissance et à son impunité.
Il n'est cependant pas possible de préciser avec
rigueur quel est ce « bon moment ». Un critère
est la destruction objective causée à la société;
un autre critère est le degré de tolérance des
adultes concernés, qui varie d'un
environnement à l'autre : ils ne doivent pas faire
semblant d'accepter des actes que
foncièrement ils ne tolèrent pas, par lesquels ils
se sentent révoltés, bouleversés; par contre, ils
peuvent se gêner un peu pour le jeune, en le lui
signifiant à l'occasion : « Ça ne m'amuse pas
vraiment, ce que tu as fait, mais je l'accepte
cette fois-ci, parce que c'était peut-être
important pour toi de le faire. »
- La réaction doit être coordonnée entre les
différents membres de l'« institution des adultes
». Dans certains cas, seuls les parents sont
confrontés à la transgression. Dans d'autres,
des tiers y sont mêlés ( par exemple le jeune a
volé dans un vestiaire à l'école ). Ailleurs, un
magistrat s'occupe déjà du jeune, parce qu'il a
commis des transgressions antérieures, ou
pour d'autres raisons. Par « coordination des
adultes » nous voulons dire que :
Les adultes ne doivent pas contredire les
positions les uns des autres. Si, au moment où
le juge dit : « Tu dois être puni pour ce que tu
as fait », les parents engagent un combat pour
qu'il n'en soit rien, avec l'aide d'avocats, on
démontre au jeune que la loi est quelque chose
d'aléatoire et d'inconsistant, et qu'il peut
continuer à transgresser : il aura toujours des
protecteurs. On peut comprendre cependant
que des parents cherchent à atténuer jusqu'à
un certain point les rigueurs de la loi, si celle-ci
est excessive. Mais ils doivent pouvoir
suspendre leur mouvement de protection
lorsque celle-ci devient annulation.
Paradoxalement, l'inverse existe aussi : le
jeune peut parfois constater avec amusement
que le juge renvoie ses parents lorsque ceux-ci,
désemparés, viennent requérir son supplément
d'autorité.
Les adultes doivent donc essayer de se
concerter, de négocier, et de tomber d'accord
sur la gravité des actes qui méritent leurs
réactions et sur la nature de celle-ci. S'il n'est
pas possible qu'ils harmonisent leurs points de
vues, ils doivent y regarder à deux fois avant de
réagir de façon intempestive; à le faire, ils
pourraient bien contribuer à émousser le sens
de la loi chez le jeune.
Les adultes ne doivent pas réagir en se cachant
les uns des autres. Par exemple, après un vol
au vestiaire, certains parents « arrangent ça »,
en exigeant éventuellement un
dédommagement de la part du jeune, mais en
se cachant du directeur de l'école et en
remettant anonymement une enveloppe dans
sa boîte aux lettres : l'effet positif de leur geste
est à moitié raté! Ils ont montré au jeune que
des protections existent pour éviter les
conséquences les plus désagréables de l'acte
posé. Ils lui ont montré qu'il n'existait pas
vraiment de risques, à part la colère paternelle
bien connue et finalement inoffensive. Mieux
vaudrait qu'ils aient pu sacrifier leur
respectabilité sociale!
Tous les adultes ne sont cependant pas tenus
de faire la même démarche simultanément.
C'est déjà très bien si l'un d'entre eux prend
l'initiative de lancer et de contrôler le
dédommagement et que les autres le
soutiennent, discrètement ou en silence, même
si leurs sentiments spontanés sont plus
inquiets, ou plus protecteurs.
- La réaction des adultes doit suivre de près
l'acte-transgression : quand on a décidé de
réagir, il faut le faire rapidement après l'acte
posé, de sorte que, dans le temps, le jeune
puisse faire un lien entre la cause et l'effet :
cette proposition peut paraître évidente mais
n'est cependant pas simple à réaliser, par
exemple lorsque l'institution judiciaire doit être
informée et s'ébranler! Il faut aussi parler en
termes clairs et fermes, de sorte que le jeune
mesure que l'adulte sait ce qu'il veut et tiendra
bon. La ténacité, ce n'est cependant pas
l'escalade de colère et d'agressivité, où l'on
s'emporte de plus en plus. La note à payer peut
être annoncée clairement mais contrôlée de
façon plutôt neutre. L'adulte ne doit pas
nécessairement s'engager émotionnellement
dans le processus, mais plutôt rester en
position tierce où il garantit que la réalité existe
bien, sans que sa propre peau à lui soit
meurtrie dans l'aventure : « Je regrette mon
vieux, mais tu dois maintenant assumer les
conséquences de ce que tu as fait ... Et voici
comment ... »
2. La nature du dédommagement
Le contenu du dédommagement devrait avoir
un lien puissant avec ce que la transgression a
détruit. Dans les cas les plus simples, on peut
demander de rendre à la victime ce qui lui a été
volé, ou de reconstruire ce qui a été abîmé
matériellement. Mais ce n'est pas toujours
possible.
Ainsi, l'expérience montre que beaucoup de
victimes ne veulent absolument pas faire la
connaissance de leurs agresseurs. Or, dans
certains cas de vandalisme par exemple, si un
tiers s'interpose entre la victime et le jeune,
pour rendre une somme d'argent à titre de
dédommagement, l'effet positif est moins
puissant que si le jeune en avait pu restaurer
ses dégâts de ses mains. S'il est regrettable
qu'il ne puisse pas le faire directement, nous
comprenons cependant les réticences
émotionnelles des victimes! Donc, le
dédommagement devrait parfois se déplacer
vers des tiers, c'est-à-dire d'autres membres de
la société qui ont besoin d'aide et dont on
veillera à ce que le statut soit proche de celui
de la victime. Avec une probabilité d'efficacité
encore moindre, on peut recourir également à
des actions sociales, générales ou
philanthropiques (« nettoyer » un parc public,
etc.).
Ailleurs, les dégâts causés ont été énormes (
par exemple incendie volontaire qui a coûté
plusieurs millions ), et il ne s'agit pas de
désespérer le jeune en lui demandant de
rembourser exactement ce qui a été détruit. Le
dédommagement doit être proportionné aux
forces du jeune : ni « symbolique », ni
inhumain. Le but n'est pas d'accroître les
sentiments de révolte et l'envie de se venger de
la société, mais de modifier à l'avenir les
objectifs d'adaptation du Moi.
Notons au passage que la loi belge devrait
revoir les applications du concept de
responsabilité civile : actuellement, ce sont les
parents qui doivent payer pour les mineurs.
Dans la mesure où il s'agit des sommes
énormes, ce sont eux qui sont acculés, donc
deviennent désespérés, donc rejettent le jeune,
ou alors ils trouvent des solutions
« délinquantes »
( par exemple prouver que le
mineur est irresponsable ), auxquelles le jeune
est associé, ce qui lui démontre une fois de
plus que la loi est inconsistante et
contournable. De toute façon, même dans des
cas plus bénins, le sentiment d'impunité du
jeune sort renforcé de l'aventure : ses parents
paient pour lui, et ce peut même devenir
l'objectif de certains d'entre eux : faire « cracher
» les vieux, pour se venger!
Idéalement, si l'on n'émet que des
considérations psychopédagogiques, la
responsabilité civile devrait incomber au
mineur, avec dédommagement proportionné à
ses forces et le reste du remboursement devrait
être pris en charge par des compagnies
d'assurance, qui pourraient considérer cette
amputation modeste de leurs marges
bénéficiaires comme une de leurs actions
socioculturelles préventives et philanthropiques.
Peut-être pourrait-on d'abord demander au
jeune concerné comment il compte
dédommager ses propres dégâts et, s'il se
montre réaliste dans son évaluation, s'aligner
sur la proposition qu'il fait. Encore faut-il
mesurer, et l'honnêteté, et la part d'efforts que
lui coûte la solution qu'il propose ( prendre de
l'argent sur le carnet d'épargne garni par les
parents, c'est souvent inopérant! ).
3. Le contrôle de la réalisation du
dédommagement
Ce contrôle fait partie intégrante du
programme, et doit être régulièrement effectué :
il ne suffit pas qu'un jeune s'engage à dédom-
mager, encore faut-iI vérifier la manière dont il
le fait. Voici quelques réflexions à son sujet :
- Un contrôle n'est pas une escalade sadique,
une montée progressive d'énervement, voire de
haine; c'est un rappel ferme et imperturbable de
ce à quoi le jeune s'est engagé, suivi d' une
réaction logique, positive ou négative, selon
que ses efforts sont conséquents ou
inconsistants.
- Un contrôle est donc suivi d'effets. Si le jeune
remplit ses engagements, ces effets seront
constitués par les encouragements et
félicitations de l'adulte. Si c'est l'inverse, il faut
qu'existe une porte de sortie-sanction, à
laquelle on recourt à un moment prévisible de
part et d'autre. Dans les cas graves, ce sera par
exemple le placement en institution fermée, qui
reprendra le programme de dédommagement
où il a été laissé, voire le dessaisissement
prévu par la loi belge.
- Si plusieurs personnes accompagnent le
jeune et parviennent à se coordonner, par
exemple le juge, le travailleur social et les
parents, on peut imaginer que l'une d'entre
elles se charge principalement du contrôle et
l'exerce de façon ferme, mais encourageante,
tandis que les autres se centrent sur d'autres
paramètres pédagogiques et sociaux, et
soutiennent également le jeune pour qu'il tienne
bon dans l'exécution de son dédommagement.
- Le contrôle doit faire en sorte qu'un résultat
soit obtenu, et doit donc s'exercer aussi
longtemps qu'il le faut. Cette idée d'une durée
parfois longue et d'une constance dans la
demande des adultes est très importante et
pourtant bien difficile à réaliser. Par exemple,
lorsque le jeune est placé en institution, on ne
pense pas toujours à associer celle-ci à la
démarche; ou alors, elle n'a pas les moyens de
superviser directement le programme de
dédommagement; parfois même, on se heurte
à son indifférence ou à son hostilité à ce sujet.
Et autant lorsque le jeune change de milieu de
vie : le nouveau milieu résidentiel a souvent
tendance à dire : « On tourne la page ... on te
refait confiance »; or, même si ces raisons sont
compréhensibles, à procéder ainsi on a déjà
convaincu plus d'un jeune de forcer
franchement la note quand ses affaires vont
mal quelque part, pour se retrouver blanchi
ailleurs!
B) Comment stimuler la réparation?
Rappelons que la nature de la réparation est
fondamentalement différente de celle de
dédommagement : la personne qui veut réparer
se reconstruit narcissiquement; elle reprend
confiance dans les forces « bonnes » qu'elle
détient, et les met en jeu. Celle qui dédommage
se résigne ou accepte de payer les
conséquences réelles de ses actes, ni plus, ni
moins.
1. Parfois, l'idée de réparation vient toute
seule aux jeunes; malheureusement, lorsqu'ils
se proposent de la concrétiser, certains adultes
préalablement blessés par eux, ou
particulièrement orgueilleux, les renvoient; or,
lorsqu'ils tirent la tête de la sorte aux jeunes, en
les désespérant, ces adultes les rejettent dans
le monde de la transgression. Nous
recommandons au contraire que ces
réparations spontanées soient accueillies et
mises en valeur autant que faire se peut : « Je
suis content de ce que tu me proposes; tu sais
faire des bêtises, mais tu sais aussi les faire
oublier en te conduisant correctement ... »
Cependant, dans la mesure où ces propositions
spontanées des jeunes sont d'intensité
modeste - des gestes en quelque sorte - elles
ne peuvent pas remplacer les
dédommagements exigés par ailleurs, qui sont
plus conséquents; ce n'est possible que quand
elles présentent une ampleur suffisante,
susceptible d'en faire des dédommagements.
2. Chez d'autres jeunes, l'idée de la
réparation n'est pas spontanée, mais l'on a
parfois trop de pudeur à la proposer. Certes, ce
n'est pas à la portée de n'importe qui : quand
on s'y risque, pour ne pas passer pour une
dame patronnesse en mal de naïveté, il faut
que l'on soit raisonnablement certain d'être
important aux yeux du jeune, mais si l'on a ce
statut, alors il est bien regrettable que l'on ne
stimule jamais son pouvoir de réparation.
Cette stimulation consiste d'abord à faire appel
à lui, quand on en a besoin personnellement : «
Ça me ferait plaisir si tu me rendais tel service
... ». Dans cette perspective, les adultes les
plus intéressants à fréquenter sont ceux qui ne
sont ni autosuffisants, ni exploiteurs. L'adulte
autosuffisant n'imagine jamais qu'il pourrait
vraiment avoir besoin d'aide, surtout si ce sont
les jeunes qui le proposent. L'exploiteur, par
contre, passe sa vie à demander des services,
en appelant souvent responsabilités les
inévitables corvées qu'il vaut mieux partager
dans une communauté et en faisant la part
belle à sa propre paresse à lui.
Lorsque le terrain est préparé, lorsque le jeune
s'est habitué à rendre service, positivement, à
cet (ces) adulte(s) qu'il investit, lorsqu'il s'est
entendu commenter à l'occasion : « Tu vois ...
tu es capable de détruire ... mais tu es
également capable de construire ... et donc tu
peux réparer ... tu peux regagner l'estime que
l'on avait pour toi ...», alors, on pourrait encore
proposer à ses forces constructives des
objectifs plus précis, plus directement
réparateurs : par exemple l'on s'efforce de faire
adhérer le jeune, de l'intérieur, au bien fondé du
programme de dédommagement exigé de lui.
Ailleurs, il s'agira d'encourager un geste
symbolique : écrire une lettre d'excuses à la
victime, lui envoyer des fleurs, etc. Mais un
geste symbolique, non seulement n'est pas
suffisant mais, pour utile qu'il soit, pourrait
semer la confusion s'il restait isolé (« Un rien
suffit à réparer »). On invitera donc aussi le
jeune, quand l'occasion s'y prête, sans insister
lourdement sur le fait que c'est son devoir, à
poser un geste altruiste, un geste social, un
service à l'égard de plus démunis ... Tant mieux
si l'adulte qui l'y invite participe lui aussi à
l'accomplissement de ce geste et si le jeune
n'en est que le compagnon : l'impression
d'authenticité, d'utilité sociale n'en sera que
plus grande.
C) Le jugement négatif
Nous sommes bien conscients que l'idée
d'émettre un jugement de valeur négatif n'est
plus à la mode, et pourtant nous pensons que
les pédagogues ont parfois tort de l'éviter : il
peut être juste et efficace qu'un être humain
éprouve une culpabilité partielle pour un acte
destructeur qu'il a sciemment et volontairement
posé; parmi d'autres forces opérantes, ce
sentiment de culpabilité constitue une étape
vers le changement. Encore faut-il que le
jugement négatif qu'on lui exprime se pose
sous certaines conditions :
- Qu'il soit émis par un adulte
« signifiant » pour
le jeune : de préférence un adulte investi
affectivement et éventuellement un adulte dont
le rôle social est reconnu; pas par quelqu'un
que le jeune ignore et méprise, et qui se
couvrirait de ridicule par son jugement moral.
- Qu'il ait comme corollaire, à d'autres
moments, que l'on réinsuffle de l'espérance au
jeune : aujourd'hui il mérite d'être blâmé, mais
dans d'autres circonstances, il mérite
également d'être félicité.
- Qu'il ne soit pas rapide et superficiel. Des
comportements peu soutenables, voire
horribles, peuvent avoir pour origine un conflit
psychopathologique incoercible, tel que leur
auteur est invinciblement poussé à les
reproduire; mais ils peuvent être aussi le fruit
de la libre volonté d'une personne, qui désire
faire souffrir, jouir, conquérir un maximum de
territoire vital : la souffrance mentale existe,
même derrière des actes apparemment
délibérés, et le Bien et le Mal existent aussi :
celui-ci se définira différemment selon la culture
d'appartenance de celui qui tente de le situer,
philosophe, sociologue, psychanalyste ... Peut-
être les psychologues pourraient-ils le désigner
comme un libre parcours accordé, en toute
connaissance de cause, alors que le sujet était
libre de ses décisions, à celles de ses pulsions,
érotiques ou agressives, qui provoqueront
directement ou indirectement la destruction
d'autrui. Ce qui est compliqué, c'est que, la
plupart du temps, nous ne sommes des sujets,
ni gravement malades mentalement, ni
étonnamment libres : nous avons bien quelques
conflits psychiques, peu ou moyennement, qui
nous donnent d'autrui des images vaguement
déformées, ou nous poussent un peu vers
certaines issues pulsionnelles ... mais la liberté
d'appréciation et d'adaptation de notre « Moi »
n'est pas nulle : parce que nous avons trouvé
une manière d'être et de faire efficace ou
agréable, nous voulons la recommencer et
l'amplifier.
Notre destin et nos conflits nous poussaient
vers certaines routes, en excluant d'autres,
auxquelles nous n'aurions jamais songé ... et
notre liberté, notre jouissance, nos sentiments
de puissance nous font aller de plus en plus
loin sur la route ébauchée : c'est bien pourquoi
il est infiniment compliqué, mais peut-être pas
inutile, de faire la part des choses, et
d'apprécier la proportion respective de
déterminisme et la part de liberté intérieure qui
provoque nos actes.
- Que le jugement ne procède pas d'un
unilatéralisme naïf. Même si la responsabilité
de quelqu'un est engagée dans un acte, même
s'il a accepté de faire mal délibérément,
souvent, il est stimulé par des provocations, par
la participation volontaire ou involontaire de ses
proches dans le processus : oui à une
évaluation systémique des déterminismes et
des responsabilités, non à la vengeance
indéfinie sur un bouc émissaire apparemment
plus odieux.
- Que le jugement porté éventuellement sur un
acte, ou sur un moment de la vie d'une
personne, ne conduise pas à la culpabilisation
massive et au rejet global de celle-ci : c'est cela
qui tue. Au-delà de la parole de
désapprobation, qui est parfois justifiée, c'est le
désespoir entraîné par tout ce qu'elle connote (
mépris, rejet ...), qui est diablement toxique
pour l'avenir : certains s'y noieront, d'autres
feront pis qu'avant, pour ne pas le ressentir, et
défier ceux qui les provoquent.
Après la désapprobation, après ses
conséquences partielles éventuelles ( par
exemple, une frustration inévitable une
séparation temporaire ou définitive avec l'enfant
...), il y a place pour l'espérance à insuffler, pour
la réparation à proposer, pour la présence
amicale qu'il faut continuer à assurer, si l'autre
en veut encore bien ...
- Enfin, il ne suffit pas de désapprouver
quelqu'un, et de lui faire la morale pour qu'il
modifie son comportement. Encore faut-iI
accompagner ce qui se passera par la suite, en
assurant à ses côtés une présence plus
bienveillante que persécutante et en travaillant
à ce que naissent des conditions de vie plus
confortables, qui le pousseront moins à
récidiver.
|
IV. SUR QUI S'APPUYER - POUR REALISER CES DIFFERENTES PARTIES
DU PROGRAMME
|
Idéalement, les parents devraient garantir
l'ensemble de ce programme en première ligne
et être éventuellement soutenus par des
psychologues et des travailleurs sociaux
lorsqu'ils traversent des passages délicats et
par le magistrat lorsque le jeune en arrive à
poser des actes antisociaux importants.
Ces différentes personnes devraient se
concerter et prendre des rôles complémentaires
tels que, par leur ensemble, ils garantissent que
la loi sera davantage respectée, les dégâts
commis remboursés dans la mesure du
possible et aussi, que le jeune soit soutenu
dans des efforts difficiles et continue à'avoir
confiance en sa valeur.
Pratiquement, des pièges nombreux vont surgir
sur la route de cet ensemble de personnes :
nous en avons déjà évoqué l'un ou l'autre,
notamment l'inconstance de l'exigence de
dédommagement : quand le jeune est transféré
d'un lieu de vie à un autre, son nouveau milieu
a tendance à « tourner la page », ce qui peut
être une incitation à l'instabilité, puisque celle-ci
conduit à annuler l'exigence d'efforts
désagréables.
Par ailleurs, les transgressions sont souvent
partiellement liées à des attitudes parentales
inadéquates et, s'ils ne sont pas soutenus au
point de mieux comprendre le sens de leurs
attitudes préalables et de les remettre en
question, les parents risquent de reproduire
bien vite ce qui s'était pourtant avéré précipiter
le passage à l'acte : démission, absence de
témoignage de valeurs, complicité secrète ou
non, sabotage par l'une des attitudes de l'autre,
excès d'exigences, surprotection et gavage,
etc. Il faut d'abord tenter de modifier auprès
d'eux ce qui peut l'être. Par ailleurs, nous
savons très bien que les efforts de
psychologues et de travailleurs sociaux à les
mobiliser ne sont pas toujours couronnés de
succès!!
Dans les cas assez nombreux où l'on est
raisonnablement certain que les parents ne
s'ébranleront pas, la concertation évoquée
précédemment n'est pas possible. Le pronostic
en devient plus défavorable, mais pas
désespéré : plutôt que de jouer les naïfs et de
se montrer faussement confiants dans l'aide
que donneront les parents, mieux vaut alors
mettre cartes sur table et expliciter à tout le
monde - eux compris - que, dans ce champ-là,
on ne compte pas sur leur appui : ils ont de
bonnes raisons émotionnelles pour ne pas
s'ébranler pour le moment. C'est à d'autres
membres du réseau à prendre, en tout ou en
partie, la responsabilité d'organiser le
dédommagement et même de stimuler les
forces de réparation du jeune, en lui rappelant
régulièrement qu'il a encore moins de facilités
qu'un autre, vu l'inertie ou l'hostilité de ses
parents à l'égard de ses idées, et en analysant
si c'est possible comment la famille s'y prend
pour les contrecarrer.
Création le 12 avril 2006.
Dernière mise à jour
le dimanche 02 mars 2008.
Issu d'un texte prêté par le professeur Jean-Yves Hayez.
DS.ds
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Bravo de m'avoir trouvé
Félicitations
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480
mais est encore correcte avec les écrans
plus grands 1600x1200 ou autres.
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
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... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
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|
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Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
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Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
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Attitudes pédagogiques face aux transgressions.
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