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Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez
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Qu'est-ce que
la guidance
des parents ?
* biographie et receuil de publications scientifiques du
professeur Jean-Yves Hayez.
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" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va
et d'employer l'esprit à le justifier."
Jean Guéhenno.
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La guidance parentale -
L'accompagnement des parents dans
l'aide éducative et thérapique.
CHAPITRE PREMIER
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Qu'est-ce que la guidance des parents ?
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We must always remember that the child needs
his home and his parents more than he needs his
psychiatry.
H. Caplan
Je me propose de nommer et de décrire les
personnes ou les interactions sur lesquelles se
centrent les thérapeutes de notre groupe lors de
leurs guidances, et quelques fonctions qu'ils y
exercent. Je ferai aussi des hypothèses sur les
mécanismes par lesquels ce qu'ils disent, font ou
vivent en séance, peut agir sur la relation des
parents et de leurs enfants. J'essaierai enfin de
dégager les buts sous-jacents aux fonctions
décrites, c'est-à-dire de situer leur arrière-plan
idéologique.
Mais d'abord, il faut savoir ce que notre groupe
appelle guidance des parents :
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A. PREMIÈRE DÉFINITION (1)
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La guidance des parents a une spécificité qui la
distingue des autres psychothérapies
individuelles, conjugales ou familiales.
1. SUR LE PLAN FORMEL
C'est la rencontre d'un, (deux) thérapeute(s) et
d'un (des) parent(s) qui signale(nt) un problème
psychologique - intellectuel ou affectif - chez leur
enfant, et demande(nt) qu'on l'(les) aide à le
résoudre. J'y assimile les rencontres de même
type avec l'éducateur d'un enfant placé et j'y
rapporte les rencontres avec les autres
responsables adultes de l'enfant grands-parents,
instituteurs, etc ...
Habituellement, les rencontres se reproduisent
dans le temps régulièrement ou non, à un
rythme plus ou moins espacé, encore que le
thérapeute essaie, au moins au début, que la
fréquence des entretiens soit grande, tous les huit
ou quinze jours par exemple. La durée de la guidance
est plus courte que celle d'une psychothérapie; il
est rare qu'une guidance à rythme dense dure
plus d'un an, ce qui n'est pas le cas de «
tranches » de guidance séparées par des
intervalles libres.
2. ESSENTIELLEMENT, UNE GUIDANCE EST UN
TRAVAIL EFFECTUÉ PAR LE THÉRAPEUTE ET
LES PARENTS, QUI A POUR CHAMP LA
RELATION PARENT&ENFANT ET VISE A
L'ÉPANOUISSEMENT DE CEUX-CI
a) Travail du thérapeute et des parents
Une guidance ne progresse pas sans leur étroite
collaboration, même si elle est d'acquisition
tardive. Côté parents, cela signifie qu'ils se sont
progressivement motivés à oeuvrer à leur
problème selon les formes qu'a indiquées le
thérapeute. Quant à celui-ci, il s'attelle à résoudre
le problème qui lui a été posé. Il répond en partie
à la demande des parents; même s'il la reformule
parfois, en révélant son sens caché, il ne s'en
écarte pas.
b) Le champ : la relation parents-enfants
C'est-à-dire l'ensemble de leurs interactions et
des représentations subjectives, avec leur
charge d'affects, que les uns provoquent chez
les autres.
* Beaucoup de problèmes qui nous sont posés,
surtout dans le domaine affectif, relèvent en effet
d'une causalité circulaire où sont intriquées des
réactions en chaîne entre parents et enfants et où
il est difficile de déterminer le primum movens.
Dans une minorité de cas affectifs, il est
apparemment plus facile de dire qu'un des
partenaires est la cause du problème par
exemple, un enfant est déprimé parce qu'il a un
handicap. Même alors, c'est un changement dans
la relation de l'enfant et des parents qui sera un
important facteur d'amélioration et que visera la
guidance.
Quant aux situations où leur relation n'est pas
du tout impliquée - orientation scolaire,
difficultés instrumentales pures - on les
débrouille en consultation, mais pas en gui-
dance.
* Pour le thérapeute, il s'agit d'abord de
comprendre ce qui se passe dans cette relation,
de rétablir la continuité de ce qui s'y vit, de
chercher quelles sont les causalités circulaires. Il
ne s'agit pas de tout élucider d'un coup, mais
d'être ouvert à tout sens possible qui surgira
dans le discours, sans a priori; ce qui opère,
c'est la capacité du thérapeute à intuitionner ce
qui se passe, au moment où c'est vécu.
Eventuellement, il cherche à y changer quelque
chose, en restaurant la confiance en soi, en
fournissant des informations et un témoignage
sur lui-même, ou en exerçant une fonction
directive.
* De son côté, après un temps d'ajustement, le
client participe aux séances en sa qualité de
parent :
- il se centre sur la facette de sa personnalité qui
interagit avec ses enfants et qu'on peut appeler
son « être-parent » ;
- il cherche le sens de ses attitudes parentales et
il essaie surtout de les accepter dans la paix,
quelles qu'elles soient. La centration sur son «
être-parent » n'empêche pas que, pour mieux le
comprendre et l'accepter, il se penche
secondairement sur d'autres champs de sa vie :
vie conjugale, éléments de son passé ...;
- dans cette visée de vérité et d'acceptation, il
effectue la même recherche de sens pour son
enfant absent, non sans quelque spéculation. Ici,
sa recherche est presque automatiquement
globale; elle touche aux différents moments de la
vie de l'enfant, et pas seulement à ses rencontres
avec ses parents;
- enfin, le client accepte de modifier les zones de
son « être-parent » qui gênent sa croissance ou
celle de son enfant; réciproquement, quand
l'enfant est gênant, il accepte de l'inviter à de
semblables changements.
c) Epanouissement des personnes
Au début du livre, je ne puis donner qu'une idée
théorique de ce qu'est une personne épanouie.
Au fur et à mesure que seront passées en revue
les diverses fonctions thérapeutiques, il sera
possible d'étudier chaque fois quel genre d'im-
pact elles ont sur le client et son enfant, et la
synthèse de ces modifications supputées
renseignera plus réellement sur le sens vécu du
terme « épanouissement ». On trouvera cette
synthèse au chapitre VII « Réflexions sur
l'idéologie », chapitre qu'il faut donc intégrer à la
définition même de la guidance.
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B. PLACE DE LA GUIDANCE PARMI D'AUTRES
RELATIONS THÉRAPEUTIQUES
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1. GUIDANCE ET PSYCHOTHÉRAPIES INDIVIDUELLES
Lors d'une psychothérapie individuelle, en
principe, le thérapeute ne se soucie pas
explicitement de comprendre l'entourage du
client ni, a fortiori, de contribuer à son
épanouissement; et, quand il a dépassé une
première couche névrotique d'insécurité et de
culpabilité, le client lui-même ne se soucie plus
guère, à l'intérieur de sa thérapie, d'améliorer le
fonctionnement de son entourage. Il ne
recherche plus que son propre épanouissement!
En guidance, la croissance personnelle de
l'enfant est également visée, entre autre dans
son lien à ces personnes fondamentales que
sont les parents; c'est dire que si son client ne le
fait pas spontanémentr le thérapeute introduit le
principe d'un renoncement partiel à la réalisation
de désirs personnels au nom de la croissance de
l'autre. Il ne faut pas l'assimiler trop rapidement à
un renoncement des parents pour l'enfant.
L'inverse se discute également en séance.
Sur le plan technique, le type de guidance que je
décris est une voie d'approche « bâtarde » d'un
problème. L'on y fonctionne en s'appuyant sur
des écoles de pensée différentes, voire opposées
: car le seul critère retenu est l'efficacité clinique.
Il arrive donc que des attitudes soient
superficiellement contradictoires.
ILL. :
Par exemple, je suis à l'écoute de ce que dit mon
client, et j'essaie de l'accepter. Puis, je lui
demande avec autorité de renforcer ou de
modifier un aspect de son comportement.
L'acceptation de lui demeure pourtant, car son
refus éventuel de ma demande ne signifie pas
mon rejet futur : à moi de comprendre qu'il ne
peut pas me suivre dans l'état actuel de son
expérience subjective! Et s'il suit la consigne, à
moi de réécouter, avec toute mon empathie,
l'écho qu'elle a eu chez lui. En tout cas, je ne
pense pas que la succession d'un moment
directif à un moment d'écoute non-directive
condamne l'existence de la guidance.
En pratique encore, une guidance a une
connotation plus immédiate qu'une
psychothérapie; souvent, l'on s'intéresse surtout
à ce qui s'est passé récemment et l'on cherche à
préparer un avenir proche. Y est liée une idée de
pragmatisme : le thérapeute invite les parents à
parler de situations concrètes et cherche des
points de détente modestes et réalistes.
a) Thérapies centrées sur le client
* Pour Rogers, dans une relation d'aide, l'un des
deux participants cherche à favoriser chez l'autre
la croissance, une appréciation plus grande de
ses ressources latentes, une meilleure possibilité
de les exprimer et d'en faire usage.
Au-delà des façades, des devoirs, de l'attente des
autres ou de l'obligation de leur faire plaisir, le
sujet en vient à s'auto-diriger : il se choisit des
buts qu'il désire personnellement; il est ouvert à
ses propres sentiments quels qu'ils soient, dans
leur fluidité et leurs variations, sans que leur
nature n'altère sa confiance en soi!
Tout en différant, comme je l'ai indiqué,
l'explicitation du concept d'épanouissement, je
me sens proche de cette formulation rogérienne
pour cerner le but de la guidance. J'y donne
toutefois une place plus nette à la croissance de
l'autre, que Rogers (2)
ne signale qu'en passant :
« Si le client accepte son expérience personnelle
via l'acceptation inconditionnelle du thérapeute,
il acceptera également l'expérience d'autrui ».
* Mais Rogers se limite à citer quelques
caractéristiques du thérapeute aptes à mener à
bien le processus de croissance : sa congruence,
son empathie, l'absence de tout jugement de
valeur et la considération positive
inconditionnelle de l'expérience d'autrui.
En guidance, les fonctions du thérapeute sont
plus diverses, même si elles gardent comme toile
de fond, par exemple avant et après des
interventions plus directives ou plus gratifiantes,
l'exercice d'une écoute empathique basale du
client.
b) Thérapies analytiques
* Le but d'une analyse n'est pas codifié de façon
univoque, comme en témoignent les dissensions
d'école! Sans m'être livré à une exégèse fouillée,
je le comprends ainsi : que « ça » parle, que « ça
» vive chez l'analysant, et que « ça » se mette à
sa place, parce qu'existe une fonction de
synthèse qui l'intègre aux exigences d'autres
Instances de la personnalité comme l'Idéal du
Moi, garant des valeurs souvent transmises par
le jeu des identifications, et le Moi qui réprime
volontairement ou sublime les impulsions au
nom d'autres intérêts, comme ceux de la réalité
externe. Je considère également cette
formulation comme une approximation
acceptable du but de la guidance. Peut-être
l'approche rogérienne est-elle plus totale, au
moins dans le discours quotidien de la thérapie,
qui envisage tous les secteurs de la personnalité,
alors que, dans les faits, le discours de l'ana-
lysant se centre beaucoup sur le « Ça » et ses
conflits. Il est sous-entendu seulement que,
ceux-ci dénoués, le reste sera donné par surcroît,
pas seulement la guérison, mais aussi la
construction de l'ensemble de la personne!
Pratiquement, la guidance est donc plus proche
de la thérapie rogérienne puisqu'on y parle
couramment des valeurs, de la réalité externe et
du Moi.
* Le fondement du processus analytique est la
névrose de transfert qui reproduit sur l'analyste
les conflits originaires de la personne. Elle est
éventuellement interprétée. Joue surtout son
acceptation inconditionnelle par l'analyste, qui
prend ici le nom de neutralité bienveillante : par
elle, la névrose se vit dans une paix relative, dans
une ambiance fraternelle d'alliance thérapeutique
réciproque.
En guidance, le traitement du transfert par le
thérapeute est différent par des techniques
spécifiques d'alliance, il essaie souvent de le
maintenir dans un mode positif, ni trop intense,
ni trop régressif, qui installe une confiance de
base permettant le travail. L'interprétation y
occupe une place modeste.
Comme les rogériens, les analystes demandent à
leurs clients d'associer librement, là, ce dont ils
ont envie, ici, tout ce qui leur vient à l'esprit. En
guidance par contre, les moments d'association
ne sont ni systématiques ni même libres à
chaque coup; il s'agit assez souvent
d'associations sur demande, en réponse à une
question du thérapeute, par exemple à propos du
passé du client.
c) Thérapie behavioriste
Elle a pour objectif la modification de
comportements qui gênent le client et auxquels il
décide de s'attaquer directement. On n'y cherche
pas principalement à en comprendre les causes,
ni donc à diminuer les conflits internes. Bien sûr,
la suppression des comportements gênants
atténue les conflits externes, et accroît l'estime
de soi et le sentiment de bonheur.
Les actes techniques utilisent le
conditionnement et s'appuient largement sur le
transfert positif du client, qui ouvre la porte à la
suggestion et à l'identification.
On peut envisager, comme étape d'une guidance,
d'exécuter un programme behavioriste, pour le
client ou son enfant par exemple, améliorer des
symptômes phobiques oedipiens sans supprimer
les conflits qui les engendrent.
Mais l'objectif global de la guidance est plus
large et se retrouve grosso modo dans les
formulations rogérienne et analytique.
2. GUIDANCE ET THÉRAPIES FAMILIALES
a) Thérapie familiale stricte
* Selon les thérapeutes familiaux, chaque
membre de la famille envoie des « messages »
verbaux et non-verbaux à ses partenaires; ceux-
ci les intègrent pour adopter une manière d'être
conséquente, qui est plus ou moins une réponse
et qui se diffuse à son tour comme message. Les
auteurs ont des avis différents quant au degré
d'introjection des messages reçus par exemple la
phrase : « Tu ne seras jamais qu'un voyou »
prend-elle de l'autonomie à l'intérieur de son
récepteur et reste-t-elle opérante même quand
l'émetteur change de registre? Ou y a-t-il stricte
réversibilité? En d'autres termes, la pathologie
est-elle seulement liée aux distorsions actuelles
de la communication ou résulte-t-elle aussi
d'anciennes introjections?
Il me paraît vraisemblable qu'il y ait un certain
degré d'intériorisation : ainsi, les expériences
faites dans le passé ont préparé le type de
messages que chacun est prêt à émettre et
l'analyse de ce passé a de l'importance dans la
mesure où elle montre au client ses patterns
préformés, peu adaptés à la réalité d'aujourd'hui
et où elle l'aide à changer ses émissions
actuelles.
Cette conception des interactions et de la
pathologie familiale, sur base microsociologique,
peut aussi bien servir de toile de fond à des
guidances qu'à des thérapies familiales.
* La thérapie familiale vise à changer des
interactions dans le système familial, analysé
globalement; on ne se centre pas sur celui que
les clients ont identifié comme le patient à
problèmes, mais on le considère comme un point
sensible, un repère de souffrance dans un réseau
déficient de circulation des communications. En
guidance par contre, on accepte plus facilement
de se centrer sur l'enfant-symptôme, en se
bornant souvent à l'étude des signaux entre ses
parents et lui.
* Pour atteindre son objectif, le thérapeute
familial réunit souvent deux générations du
groupe familial, habituellement les parents et
plusieurs enfants. Il participe très activement aux
interactions du moment présent, prend la place
d'un nouveau membre de la famille et s'y installe
avec force : de son intégration dépend sa
capacité à changer la circulation des affects, des
idées et des messages.
En guidance par contre, le thérapeute ne réunit
pas deux générations, ne prend pas si
ouvertement la place d'un membre invité et ne se
centre pas si souvent sur les communications du
moment.
b) Entretien familial
C'est une catégorie intermédiaire entre la
thérapie familiale stricte et la guidance dont elle
conserve la centration sur la relation parents-
enfant mais où l'enfant - patient identifié - assiste
également aux entretiens : il parle en son nom
propre, dit ce qu'il perçoit ou ressent au moment
de la consultation; il écoute, sans déformation
intermédiaire, l'avis de ses parents et du
thérapeute quant au sens de ce qu'il fait et le
critique éventuellement; il entend les projets de
ses parents à son sujet : en soi, cet
investissement de temps et de soucis accroît son
sentiment d'être aimé et d'avoir de la valeur. Il
donne peut-être ses premières réactions à un
programme pédagogique que l'on pourra donc
mieux adapter : « C'est dur, ce que tes parents te
proposent là, laver ton pantalon de pyjama le
matin, mais ton pipi est un produit de ton corps,
et c'est ton affaire. Qu'en penses-tu? Tu trouves
cela possible? Tu as une autre idée? ». Voilà qu'il
est prié de sortir de son rôle passif : il a son mot
à dire et ses actes à poser pour que se réparent
les liens, et cela lui est signifié dès la séance.
Souvent, il prend les choses en mains avec
beaucoup de zèle, parfois un peu suspect : « Je
pourrais dormir tout seul », « Je vais faire mes
devoirs sans être aidé ».
Pour les parents aussi, c'est l'occasion d'une
nouvelle rencontre, sous le contrôle du
thérapeute qui leur renvoie ce qu'il remarque des
mécanismes d'interaction en séance et qui
clarifie immédiatement leur communication.
Malheureusement, et notamment pour des
raisons culturelles, l'on accepte souvent mal
d'abandonner des rôles de force entre membres
de la famille de générations différentes. Quand
les situations discutées sont dramatiques, les
parents hésitent à les partager avec leurs
enfants. Les uns et les autres ont parfois peur de
parler de leur agressivité parce qu'ils redoutent
son pouvoir, une fois jouées cartes sur table.
Enfin, il faut du courage pour entendre ce qu'un
autre pense et désire de vous, dans la mesure où
ce n'est pas nécessairement ce qui est attendu!
3. GUIDANCE, CONSULTATION ET FOLLOW-UP
a) La consultation
Lors des premières rencontres avec les parents,
leur problème nous est inconnu et nos
interventions oscillent entre deux pôles :
D'autre PART, NOUS ADOPTONS UNE
DÉMARCHE EXPLORATOIRE : anamnèse
approfondie, passation de tests projectifs,
observation de l'enfant en salle de jeu,
contribuent à l'établissement d'un diagnostic
précis, communiqué en tout ou en partie aux
parents lors d'une réunion de discussion.
Les renseignements recueillis sont-ils une base
précieuse qui permette d'imaginer une stratégie
d'aide adaptée au cas? Peut-être, encore qu'une
stratégie préalable trop rigide risque d'empêcher
de vivre pas à pas l'accompagnement du client,
là où le mène son expérience actuelle. D'autant
que les clients ont tendance à s'en tenir d'abord
à des anecdotes ou des souvenirs-écran.
Conduite avec délicatesse, la recherche de
renseignements montre aux parents que nous les
prenons au sérieux et les rassure s'ils sont
anxieux.
A L'AUTRE POLE, nous considérons que la
relation thérapeutique commence tout de suite et
nous agissons comme dans une guidance
instituée. Certains parents se sentent aidés
rapidement, mais beaucoup supportent mal une
entrée en matière trop rapide et fuient sous
quelque prétexte un lieu où s'est immédiatement
débattu le sens latent de ce qui les amène.
PRATIQUEMENT, NOUS OSCILLONS ENTRE LES DEUX EXTRÊMES,
en veillant à ne pas trop menacer les parents, ni
par trop de questions, ni par trop
d'investissement émotionnel.
J'appelle « consultations », ces premières
rencontres où se poursuivent et l'objectif de la
guidance et un objectif exploratoire. Je ne parle
d'une guidance que quand elle a été instituée
comme telle par le thérapeute et son client, par
un contrat moral posé le plus souvent après
quelques séances de consultation ( voir page 273
).
La consultation, ce sont aussi les séances où
nous écoutons et répondons à des demandes qui
n'impliquent pratiquement pas de dimension
affective : questions d'orientation scolaire et
d'évaluation intellectuelle pure; questions à
propos des fonctions instrumentales pures;
questions à propos de loisirs, etc ...
b) Les entretiens de follow-up
Leur but est de permettre l'exercice d'un
contrôle. En revenant après un temps
d'interruption et en racontant comment se
déroule aujourd'hui la vie en famille, les parents
vérifient avec nous si l'épanouissement de
chacun continue à y être assuré. Il s'y fait
éventuellement un travail thérapeutique léger :
conseil, dédramatisation d'un petit conflit, nou-
velle information structurante ... En soi,
l'existence du follow-up est rassurante pour les
parents et gratifiante pour nous; elle contribue au
maintien d'un léger transfert positif de base, par
lequel persistent les identifications et les
remaniements amorcés.
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C. QUELQUES LIMITES DE LA GUIDANCE
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1. LA MOTIVATION DES CLIENTS
Les raisons pour lesquelles les parents
acceptent une définition « relationnelle » de la
guidance ne sont pas nécessairement celles que
nous souhaitons.
Extérieurement, certains acceptent une
formulation initiale où nous leur proposons de
réfléchir à leur relation à l'enfant, d'y encourager
les points forts et d'y modifier les points
défaillants. Mais, dans leur for intérieur, ils n'ont
pas donné leur accord. R. Diatkine et J.A.
Favreau (3)
vont jusqu'à dire qu'ils attendent
profondément et inconsciemment que nous les
aidions à maintenir un statu quo qui corresponde
au seul équilibre qu'ils puissent envisager.
Parfois, ils contredisent ouvertement nos
propositions et recourent à une explication
projective : « C'est son caractère qui est
mauvais; c'est l'hérédité du côté de mon mari ».
La plupart du temps, ils ne sont qu'à moitié
convaincus et leur acceptation de se remettre en
question est contrecarrée par d'autres craintes,
désirs ou intérêts; ils sont prêts à un certain
investissement de temps, d'argent, de réflexion
et de souffrance, mais pas au-delà d'une limite
raisonnable, sinon ils rompent le contact ...
Dans une thérapie individuelle, nous pouvons
signifier aux indécis : « Revenez quand votre
motivation sera plus sûre »; mais ici, il y a grande
chance qu'elle ne le soit jamais et que tout le
monde fasse les frais de la rupture, notamment
l'enfant dont la croissance passe par des
périodes de malléabilité, puis de fixation, moins
facilement réversible, des zones de conflits.
Alors, nous travaillons la plupart du temps avec
des demi-désirs d'être là : ainsi, dans les cas
extrêmes, nous pouvons améliorer le
fonctionnement d'un enfant en donnant des
conseils qui répondent à une description
projective de son problème et qui détendent
secondairement l'atmosphère à la maison. Ou
alors, écouter simplement les doléances des
parents sans les remettre en question permet
qu'un travail psychothérapeutique s'effectue
ailleurs avec l'enfant. Une écoute émanant d'un
thérapeute qui reste d'une égale bienveillance
malgré les agressions dont il est l'objet détend
déjà en soi la relation parents-enfants, en
dédramatisant la portée réellement destructrice
de l'agressivité. Parfois, c'est le prélude d'un
engagement plus profond qui suit la mise à
l'épreuve de sa capacité d'acceptation.
Ces cas extrêmes, qui ont toute leur valeur
clinique, entrent-ils encore théoriquement dans
le cadre des guidances? Le champ de travail
n'est pas accepté tout de suite - et peut-être
jamais - par les parents, tout en restant un
objectif implicite du thérapeute ...
2. ALÉAS DUS AU RYTHME
Comme le rythme des rencontres est souvent
peu soutenu, l'accroissement d'insight et
d'acceptation de soi obtenu lors d'une séance se
perd parfois avant la suivante; les idées et les
affects brassés sont refoulés à nouveau; le
conflit, l'angoisse et la culpabilité se réinstallent;
la famille s'efforce d'expulser le thérapeute ou de
l'inclure dans les conflits préexistants il n'est
pas rare, par exemple, de voir après quelques
séances s'accroître le système projectif et
augmenter le nombre d'accusations portées
contre l'enfant ( scape-goating iatrogène ).
3. LE CONTENU DU DISCOURS
a) Pour une part,
le client parle de lui, de son
monde intérieur : ses désirs, ses fantasmes, ses
affects, ses conflits, ses projets... et ce qu'il dit
est la traduction travestie d'un inconscient qui
est loin de lui être congruent. Cette constitution
du discours est la même que lors d'une thérapie
individuelle. Seulement, et je viens de le discuter
à propos des motivations, le client ne demande
pas nécessairement à être « renseigné » sur le
sens de ce qu'il dit, pas plus qu'il ne souhaite
que nous l'aidions à s'accepter davantage. Alors,
jusqu'où se faire, pour lui, l'écho de son
discours? Jusqu'où mener un travail de
restauration du sens? En tout cas, il faut
accepter parfois que subsiste un refoulement
important au nom de sa demande claire ou parce
que, pour des raisons diverses ( circonstances
extérieures, faiblesse de la personnalité ...), un
écho trop grand fait à ses conflits personnels
n'aboutirait qu'à détériorer les choses, au moins
provisoirement. Mais il est du provisoire qui dure
un an ou deux et qui, du côté de l'enfant en
croissance, amène des fixations importantes.
b) Pour une autre part,
le client parle de la
réalité extérieure. Il s'est aperçu qu'il n'en connaît
pas tout le sens ni même le contenu et il
demande que nous l'aidions à s'y adapter Par
exemple, il veut savoir ce que signifie le
comportement de son enfant, ou quelles sont les
écoles qui peuvent l'accueillir.
Malheureusement, la dissociation entre les
mondes interne et externe n'est pas aussi nette
qu'il y parait. Par exemple, le client demande un
renseignement extérieur, mais cela a AUSSI,
voire PRINCIPALEMENT, un sens intérieur :
plaire ... montrer son impuissance ... tendre un
piège! Cette intrication de l'interne et de l'externe
ne signifie évidemment pas qu'il faille refuser
l'information. A nous d'être lucides sur le double
sens de la demande, de la réponse, et sur
l'analyse ultérieure qu'il peut se faire du sens
interne. A nous aussi de choisir ce qui est le plus
important dans le moment présent répondre au
problème de réalité posé, ou subvertir la
question et travailler son arrière-plan personnel.
Il ne faut pas oublier que, si le client est comblé
par une réponse immédiate, il n'est plus guère
motivé à accroître sa tension en cherchant
pourquoi il avait fait sa demande.
4. LES FILTRES SUBJECTIFS
Pour Hawkins (4)
, l'une des déficiences liées à la
guidance est que l'on n'observe pas directement
le comportement de l'enfant ou des parents. Il
faut ajouter foi à la description faite par ceux-ci
ou à l'imagination du thérapeute, si bien que les
suggestions proposées sont parfois inadaptées à
la situation réelle. Mais il ne faut pas confondre le
réel externe et le vrai. Même si le discours du
parent n'est pas objectif, il n'est pas
automatiquement fallacieux! Et il est intéressant
de prendre comme point de départ le subjectif
commun du client et le nôtre pour arriver
progressivement à une vérité de I'inconscient,
qui paradoxalement dégage une perception plus
réelle de l'enfant.
Il n'en demeure pas moins que les projets et
remarques émis en séance au sujet de celui-ci lui
arrivent parfois avec une certaine déformation
qui est souvent involontaire dans le chef des
parents : son absence coûte cher dans le jeu des
résistances au changement. De toutes façons,
nous gagnerions du temps à interagir
directement par le triangle parents-enfant-
thérapeute ( cf. Les techniques familiales, p. 21 et
sq. ).
5. PLUSIEURS PERSONNES ENTRENT EN LIGNE DE COMPTE
Dire que la visée de la guidance est la relation
parents-enfants est une vue de l'esprit. En réalité,
nous nous soucions, parents et thérapeute, de
l'épanouissement et des parents et de l'enfant.
Or, les intérêts de chacun peuvent être opposés.
ILL. :
Par exemple, j'aide une mère à assumer plus
librement une tendance à rejeter son enfant. Du
coup, j'aide l'enfant en remplaçant un système où
il était soumis à des doubles messages par un
système où l'interaction est plus claire, ce qui lui
permet d'organiser nettement son adaptation, par
exemple en remaniant ses investissements
externes. J'ai l'impression cependant que je dois
faire plus que laisser coexister, côte à côte, les
désirs incompatibles de la mère et de l'enfant : je
puis aider la mère à réprimer quelque peu,
librement, une part de ses comportements
rejetants et à mettre en jeu d'autres mécanismes
: « Vous ne devez pas l'aimer, mais vous en
occuper par quelque intérêt matériel ». Mais,
j'énonce le principe d'une limite à la réalisation
des désirs de chacun, c'est-à-dire d'un
renoncement pour autrui. Mais la zone où
pourrait être placée la limite est large et est fixée
de façon variable par le client. Où et quand
commence l'inacceptable?
Or, en amenant les clients à accepter leur monde
personnel, il y a risque de déséquilibrer
l'économie de leurs investissements et de les
faire passer à l'acte, au moins provisoirement.
C'est heureux dans la plupart des cas : les
personnes reconnaissent ce dont elles ont envie,
puis en prennent une distance librement
consentie. Chez l'un ou l'autre, particulièrement
fragile, il vaut mieux pourtant que se maintienne
un grand refoulement dans le cadre d'une telle
relation d'aide à rythme de travail espacé.
Notes.
(1). Outre l'avis du groupe, je me réfère ici à
quelques textes de P.J. Fontaine, « Différences
fondamentales entre psychothérapie et guidance
» ( inédit ); « Quelques notes à propos de la
guidance des parents » ( inédit ); J. Lerminiaux, «
De la consultation » ( inédit ); J. Slavson, «
Psychotherapy and therapeutic guidance of
parents » in Children's psychotherapy, 1952.
(2). On trouvera une bonne description de son
objectif dans On becoming a person, trad. Le
développement de la personne, p. 29 et sq., pp.
122, 124, 131.
(3). R. DIATKINE et J.A. FAVREAU, Le psychiatre
et les parents, p. 243.
(4). R.P. HAWKINS et coll., Behavior therapy in
the home; « amelioration of problem parent-child
relations with the parent in the therapeutic role
»,p. 99 et sq.
Création le 18 octobre 2004.
Dernière mise à jour
le dimanche 02 mars 2008.
DS.ds
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Bravo de m'avoir trouvé
Félicitations
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.

... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480
mais est encore correcte avec les écrans
plus grands 1600x1200 ou autres.
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.

... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480 mais est
encore correcte avec les écrans plus grands 1600x1200 ou autres.
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
* Cocher le paragraphe pour y accéder immédiatement.
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Note 1.
(1). Outre l'avis du groupe, je me réfère ici à
quelques textes de P.J. Fontaine, « Différences
fondamentales entre psychothérapie et guidance
» ( inédit ); « Quelques notes à propos de la
guidance des parents » ( inédit ); J. Lerminiaux, «
De la consultation » ( inédit ); J. Slavson, «
Psychotherapy and therapeutic guidance of
parents » in Children's psychotherapy, 1952.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
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Note 2.
(2). On trouvera une bonne description de son
objectif dans On becoming a person, trad. Le
développement de la personne, p. 29 et sq., pp.
122, 124, 131.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
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Note 3.
(3). R. DIATKINE et J.A. FAVREAU, Le psychiatre
et les parents, p. 243.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
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Note 4.
(4). R.P. HAWKINS et coll., Behavior therapy in
the home; « amelioration of problem parent-child
relations with the parent in the therapeutic role
»,p. 99 et sq.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
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Qu'est-ce que la guidance des parents ?.
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