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Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez
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A propos des refus
de visite exprimés
par les jeunes enfants.
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" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va
et d'employer l'esprit à le justifier."
Jean Guéhenno.
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Paru dans La revue trimestrielle du Droit de la
Famille, 1984, 2, p. 183-193.
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A propos des refus de visite exprimés par les jeunes enfants.
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Ce chapitre constitue une application de la
méthodologie générale de l'expertise civile telle qu'elle
a été développée dans le chapitre 3. L'application est
particulièrement délicate : elle porte sur les enfants
jeunes, avant l'âge de l'école primaire, dont on dit qu'ils
font des scènes terribles, d'angoisse et de colère, au
moment où le parent qui n'en a pas la garde se
présente pour la visite : le plus souvent, il s'agit du père
et c'est à propos de lui que l'article se situera. Le
contexte de ces cas est typique : la mère est une
femme jeune; son couple n'a pas tenu très longtemps,
ils se sont séparés avec violence. Elle reste seule avec
l'enfant en bas âge et, assez souvent, elle retourne
vivre chez ses propres parents. Le tribunal juge bien
que des visites du père doivent exister, mais celui-ci se
heurte, du côté de son ex-épouse, à un bloc d'adultes
anxieux ou/et hostiles.
Ce chapitre a été rédigé dans un contexte un peu
particulier : en 1984, le rédacteur en chef de la La revue
trimestrielle du Droit de la Famille nous a demandé de
faire quelques commentaires à propos de deux
ordonnances de jugement successives, dans une
même affaire où, de toute évidence, la mère avait très
fortement irrité le magistrat parce qu'il interprétait
comme son refus de présenter l'enfant au père. Les
deux ordonnances réimposaient avec vigueur l'exercice
du droit de visite, vitupéraient, et contre les certificats
médicaux couvrant vaille que vaille l'immobilisme de la
mère, et même contre l'idée d'une expertise, demandée
par un des avocats. En Belgique, de telles situations
peuvent très mal finir, par exemple devant un tribunal
correctionnel qui peut envoyer la mère en prison. Dans
ce chapitre des références sont donc faites au texte des
deux ordonnances, mais elles sont tellement claires
que nous n'avons pas cru devoir en reproduire le
contenu intégral en annexe.
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I. Je voudrais dire d'abord que je partage le scepticisme du magistrat
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qui a rédigé ces ordonnances et même
l'irritation qu'on lui devine, lorsqu'il s'érige contre les
certificats médicaux « suspects » et « contradictoires »
qui tentent de démontrer l'intérêt que cet enfant ne voie
plus son père ou, au minimum, la nécessité de ne pas
déplacer l'enfant, les vendredis soir où il est un peu
fiévreux. Habituellement, semblables certificats sont
bâtis à partir de critères superficiels - les paroles de la
mère, écoutées une dizaine de minutes, l'observation
d'un enfant un peu malade - qui ne démontrent pas qu'il
a un mauvais père, ni que les visites à celui-ci sont
inadéquates, mais bien qu'il existe une tension grave
entre père et mère! La déontologie des médecins est
bien trop laxiste lorsqu'ils acceptent de rédiger de tels
certificats ... et autant celle des avocats, lorsqu'ils
recommandent à leurs clients d'y recourir!
Je me permettrai de parler davantage pour les
premiers, parce qu'ils sont de ma confrérie : ils
devraient très strictement se limiter à décrire ce qu'ils
ont vu objectivement : un enfant fiévreux, agité,
diarrhéique, sans y adjoindre des interprétations
rapides et hasardeuses, dont ils soupçonnent mal les
drames injustes qu'elles entraînent parfois. A mon
sens, ils devraient même s'abstenir de décréter qu'un
enfant pas trop malade est intransportable, ce qui
entraîne la suppression légalisée de la visite. Ils
mesurent mal combien, ce faisant, ils contribuent à faire
de l'enfant un futur malade psychosomatique, c'est-à-
dire quelqu'un qui se sert de la souffrance organique
pour obtenir un résultat relationnel ... Je préfère pour
ma part que l'on transporte dans une couverture l'enfant
qui fait de la fièvre pour une infection banale ( le bon
sens vous fait comprendre, j'imagine, que je n'en dirais
pas autant pour des maladies graves et avérées! ).
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II. Je voudrais dire ensuite combien je comprends
l'irritation diffuse que l'on sent courir dans ces deux ordonnances.
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Il est vrai qu'un certain nombre de mères,
parce qu'elles sont très fâchées contre leur ex-conjoint,
ou/et parce qu'elles ont très peur de lui - elles sont
encore pleines des mauvais souvenirs qu'il leur a
laissés et des menaces qu'il a proférées pour l'avenir -
se dressent comme un rempart entre l'enfant et son
père, pour protéger celui-là d'un ennemi, imaginaire ou
non et pour se venger de celui-ci. Il est vrai que ces
mères-là sont parfois intransigeantes. Et quand un
magistrat - ou un médecin, un psychologue - réellement
soucieux de l'intérêt de l'enfant, essaie de leur dire,
comme c'est justement dit dans l'ordonnance :
« L'enfant est le fruit de l'union de son époux et d'elle-
même, il est important pour l'équilibre de l'enfant qu'il
garde des contacts affectifs avec son père ... » - il se
heurte à un refus d'autant plus farouche qu'il se montre
insistant et persuasif. Alors la déception, le souci
d'assurer envers et contre tout des solutions
théoriquement idéales pour l'enfant, l'impression d'être
« roulé » peuvent parfois aveugler et faire entamer une
terrible épreuve de force. Il n'est d'ailleurs pas
indifférent de constater que ce sont là plutôt des
réflexes d'homme face à des femmes qui leur résistent;
en ces hommes sommeillent certainement des pères,
susceptibles d'être dépossédés eux aussi un jour ... et
qui réagissent donc vigoureusement pour défendre les
droits universels des hommes.
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III. Personne n'est de bois
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et il est déjà arrivé à tous
d'être emportés dans des escalades analogues.
Cependant, si nous voulons conserver la tête froide et
penser plus sereinement à l'intérêt de l'enfant, j'attire
votre attention sur les quelques réflexions que voici :
A. La forêt ne doit pas cacher les arbres.
Si souvent nous avons affaire à des mamans qui confondent leurs
sentiments personnels et la réalité objective de la
situation - c'est-à-dire, ici, qui pensent vraiment que le
père est détestable parce qu'elles le sentent ainsi -
dans une minorité de cas, elles ont vraiment vu juste :
le père peut avoir été violent, négligent, odieux avec un
enfant qu'il ne savait pas bien supporter, ... ou plus
soucieux de se venger en exigeant l'enfant que d'aimer
vraiment celui-ci. Or, à première vue, les unes et les
autres emploient le même vocabulaire et évoquent le
même genre de souvenirs : comment savoir, autrement
que par des entretiens sereins et approfondis que les
premières amplifient les faits et que les autres relatent
ce qui est?
Par ailleurs, si les premières amplifient, il n'est pas
question de les appeler pour autant de « mauvaises
mères » : la plupart du temps, dans leur relation
conjugale, elles ont vraiment vécu des moments
pénibles, subjectifs et objectifs, qui leur restent sur le
coeur. Même si le père n'est pas le croque-mitaine
qu'elles pensent, leur bonne foi ne doit pas
nécessairement être mise en question et il leur est
impossible, à elles, de parler positivement de cet
homme, comme c'est exigé dans la première des deux
ordonnances.
B. Un enfant de cinq ans n'est pas le pur produit de la
volonté, des désirs et des injonctions de ses parents :
il a déjà sa propre personnalité, ses idées et ses
sentiments, en partie originaux et indépendants. Donc,
ce n'est pas parce que, malgré elle ou sciemment, sa
maman essaie de lui donner une mauvaise image de
son papa, que ça marchera à tous les coups : cela
marchera s'il décide, lui aussi, d'y être réceptif ... Et
quand ça marche, quand l'enfant a laissé grandir en lui
une mauvaise image de son père, il est toujours difficile
- même pour un psychologue très expérimenté - de
déterminer dans quelle proportion cela provient d'une
influence de son entourage ou du libre arbitre de
l'enfant, qui a sélectionné précisément ce type d'image-
là. Cette existence d'un certain libre arbitre, d'une
« auto-construction » perpétuelle de l'être humain, n'est
pas qu'une spéculation philosophique. Elle se fonde sur
des expériences multiples où l'on voit que l'enfant,
même très jeune, se conduit très différemment de ses
parents. Elle se fonde aussi sur le discours rétrospectif
de l'être humain sur lui-même où l'on entend que,
« depuis toujours », il est un mélange de réceptivité,
mais aussi de refus et d'originalité par rapport à ce que
sont ses parents.
C. Quand on considère ce mélange d'influences et
d'originalité qui fonde l'enfant,
on peut admettre, que
dès cinq ans, celui-ci peut déjà avoir une peur très
profonde et chronique de son père. Même si nous
voudrions qu'il en soit autrement, même si nous
aimerions tant écrire que : .... Un si jeune enfant ( est )
incapable ... » ( texte de l'ordonnance ). Bien des
raisons peuvent composer cette peur : la nature du
père lui-même, qui peut être violent, maladroit ...;
l'influence de la mère, qui dresse l'enfant contre son ex-
mari; l'organisation affective de l'enfant, aussi : quatre-
cinq ans, c'est l'âge dit « de l'Oedipe »; déjà, dans des
conditions d'éducation normales, un petit garçon vit
souvent une certaine ambivalence à l'égard de son
père : il l'aime, certes, mais le père est aussi le rival
qu'il a envie de défier, celui à qui il a envie de disputer
la « possession » de la maman. Les sentiments de défi
de l'enfant produisent, en retour, une certaine angoisse.
Mais quand le malheur veut que le couple se sépare et
que l'enfant reste seul à « posséder » sa mère, il a
parfois l'impression que c'est lui qui a gagné, qui a
chassé son père, et cette idée - fausse 999 fois sur
mille - peut provoquer de formidables angoisses.
Lorsque le père veut prendre l'enfant en visite, que cela
ne se passe pas bien et que, dépité, il s'emporte, ou fait
appel à la police ou à un huissier et que la tension
monte dramatiquement, on pourrait presque dire qu'il
creuse sa propre tombe : l'enfant renforce de plus en
plus l'image de son père comme d'un être terrible et
menaçant!
D. Malheureusement, contrairement à l'opinion émise
dans l'ordonnance,
il ne suffit pas que la mère «
explique la situation à son fils pour que celui-ci perde
toute crainte à l'égard de son père ». D'abord, nous
l'avons vu, cette explication n'est pas émotionnellement
à la portée de beaucoup de mères : c'est leur
demander quelque choee d'impossible! Mais il y a plus :
même des tiers bienveillants, par exemple une
assistante sociale du tribunal, ou le médecin de famille,
en expliquant sereinement ce qu'il en est ( des causes
de la séparation, de la personne du père ... ), ne
parviennent pas toujours, loin de là, à changer la
mentalité de l'enfant! Au contraire, à vouloir le
persuader, ils font souvent pire que bien : ils constituent
une force externe supplémentaire, qui écartèle les
pensées de l'enfant dans une troisième direction.
Dans ce domaine, seul le temps arrange parfois les
choses. Et le temps nécessaire court souvent sur un ou
deux ans. Dans les meilleurs des cas - et nous
reviendrons plus loin sur leurs modalités - on a pu
mettre ce temps à profit pour une reprise de contact
prudente et progressive père-enfant et l'enfant a eu
l'occasion de vérifier, par des rencontres concrètes, que
son père n'était pas le monstre qu'il s'imaginait ou/et
qu'on lui avait décrit. Dans les cas moins favorables,
aucune rencontre ne s'est passée, parce que l'on a
estimé que le moindre traumatisme pour l'enfant était
qu'il en soit ainsi. Même alors, surtout si des tiers ont dit
et redit à l'enfant qu'il pouvait exprimer ses propres
souhaits à l'occasion, et si son père a su lui faire
comprendre qu'il ne l'abandonnait pas, il peut arriver
que les dispositions d'esprit de l'enfant changent et qu'il
exprime le souhait de revoir son père.
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IV. Quelques mots encore à propos de l'expertise.
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Dans le texte de l'ordonnance, il est écrit que « faire
expertiser un enfant de cinq ans, nous paraît comme
une mesure de nature à perturber davantage l'enfant, et
une véritable atteinte à l'intégrité physique et morale
d'un mineur ...». Inutile de dire, et que je suis peiné de
cette opinion et que, d'une certaine façon, je me sens
mal placé pour défendre l'expertise : on pourrait me
rétorquer que je suis juge et partie et je n'ai à opposer à
cette remarque que la certitude intérieure de ma
conscience professionnelle ... Peut-être le magistrat qui
a écrit ces lignes a-t-il été confronté à des caricatures
d'expertise, où l'on avait demandé sauvagement à
l'enfant, parfois à la sauvette, en cour de récréation : «
Qui préfères-tu, ton papa ou ta maman? » Peut-être a-t-
il été irrité parce que, tout comme les médecins
somaticiens, certains psychologues ou psychiatres,
acceptent trop facilement de faire des rapports
unilatéraux, systématiquement contestés, culpabilisés
par l'enfant qui « se livre » en cachette, et légitimement
suspects d'être d'une objectivité douteuse? Il y aurait
bien des choses à écrire sur la déontologie et la
compétence de certains intervenants psychosociaux!
Mais peut-être la position de ce magistrat est-elle plus
radicale et traduit-elle sa conviction profonde, de
principe, face à tout examen médico-psychologique?
Alors, je voudrais lui répondre ceci : une vraie
expertise procède avec délicatesse. Elle emploie des
moyens d'investigation qui sont adaptés à l'âge et aux
possibilités mentales et émotionnelles de l'enfant :
dialogue, dessins, jeux, modelage ... Elle ne force pas
l'enfant à répondre à des questions angoissantes et
culpabilisantes, mais elle lui donne l'occasion de parler
de son présent et de son avenir, s'il le souhaite : « Y a-
t-il des différences a vivre chez papa ou chez maman?
Existe-t-iI un milieu où il se sent le mieux pour vivre sa
vie de tous les jours? pour grandir? » Voilà bien les
questions centrales, qui sont abordées directement ou
indirectement, et vis-à-vis desquelles il a l'opportunité
de se libérer, de s'exprimer nettement, d'hésiter ou de
se taire : une vraie expertise accepte le silence de
l'enfant : l'expert peut comprendre que certains soient
tout à fait indécis, ou veuillent protéger leurs sentiments
et préfèrent se taire : il accueille cette pudeur, sans se
sentir un mauvais expert et recourt alors à d'autres
paramètres, par exemple une analyse de la
personnalité des parents, pour faire des
recommandations au tribunal.
Lors d'une expertise, l'enfant est donc écouté : ses
sentiments difficiles - chagrin, colère, angoisse de
l'avenir, culpabilité - sont l'occasion de s'exprimer, peut-
être pas la première fois, parfois moyennant un « petit
coup de pouce », et ils sont entendus et développés par
une personne sereine et bienveillante, qui peut les
dédramatiser et soutenir l'enfant. Celui-ci n'est pas
laissé seul avec ses questions les plus angoissantes :
des informations lui sont données éventuellement, dans
la mesure où l'expert possède des éléments de
réponse, et sans pour autant dorer la pilule à l'enfant : «
Pourquoi mes parents à moi se sont-ils séparés?
Qu'est-ce que je vais devenir? Qu'est-ce que je risque?
Est-il possible que je sois " lâché ", moi aussi? Mes
réactions sont-elles normales? Est-il normal d'en vouloir
à son papa comme moi je le montre, etc? » Ces
questions, l'enfanti ne les conceptualise et ne les
pose pas dans les termes clairs qui viennent d'être
évoqués, mais il les a sur le coeur et il faut pouvoir les
deviner et lui donner une certaine réponse. Et cela,
même et surtout lorsqu'il est très jeune, donc qu'il
n'appréhende pas très correctement la réalité
extérieure, donc que ses fantasmes peuvent être
torturants. Ainsi conçue, l'expertise ne constitue donc
pas « une atteinte à son intégrité morale », mais un
acte de respect, de meilleure compréhension de celle-ci.
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V. Quelle procédure recommander, qui tienne compte
de toutes ces difficultés?
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A. Dans ces contextes, il est très délicat d'apprécier où
est le moindre traumatisme pour l'enfant :
- D'une part, manquer de son père en est très souvent
un, même si un autre monsieur finit par être présent
dans la vie de sa mère, ou si le grand-père maternel
participe à l'éducation de l'enfant. En effet, outre que
l'enfant est directement privé de la part de relation père
est susceptible de nouer avec lui, à travers la
disparition de celui-ci et les critiques à son sujet, il peut
vivre qu'une partie de lui-même aussi n'est pas de très
bonne qualité, puisqu'il est l'enfant de ce père, dont il
continue le plus souvent à porter le nom. Il peut penser
également que le pouvoir des femmes est excessif et
menaçant pour lui, qui est aussi un petit homme, et se
défendre d'une façon ou d'une autre contre cette
angoisse.
- D'autre part, si le père s'obstine à réclamer ce qu'il
appelle son droit, et cela de plus en plus violemment,
l'image qu'il transmet de lui - et que l'entourage de
l'enfant fait encore flamber - est de plus en plus
négative, menaçante et violente. Tous les moyens
deviennent bons pour lui résister, moyens auxquels
l'enfant est prié de s'associer, en se taisant, en
dénigrant son père, en tombant malade ... Tout ce
processus aussi peut être la source de graves
traumatismes psychiques.
B. Il ne faut en tout cas pas que l'enfant fasse les frais
de nos colères d'adultes,
quelles que soient leurs
justifications. Même si un magistrat est certain qu'il est
« possédé » par une mère de mauvaise volonté, s'il se
mettait à exiger d'elle de plus en plus d'obéissance à la
loi, jusqu'à la mettre en prison pour non-présentation de
l'enfant, c'est quand même chez celui-ci d'abord qu'il
augmenterait la souffrance et l'écartèlement!
Involontairement, il se conduirait exactement comme
les parents en dispute dont il stigmatise la conduite :
pour lui non plus, la souffrance de l'enfant ne ferait plus
le poids face à sa colère et à ses revendications
légitimes!
C. Toutefois, le seul appel à la raison et au bon sens ne
parviendra pas à convaincre un certain nombre de
mères d'être plus accommodantes;
donc, pour éviter à
l'enfant ce traumatisme d'être privé de son père, il faut
engager avec elles et leur entourage une certaine
épreuve de force, à condition d'être moralement sûr
que, après un laps de temps raisonnable ( par exemple
deux à trois mois ), le bilan traumatique sera moins
grand chez l'enfant que si l'on n'avait rien fait du tout.
Or, pour surveiller ce dernier point, il faut des experts,
psychiatres d'enfants ou psychologues cliniciens
expérimentés, susceptibles d'étudier les répercussions
sur la personnalité de l'enfant de ce qui est en train de
se passer.
D. Si l'on adhère à cette idée, comment la mettre en
route concrètement?
Le plus simple semble être que,
lorsque le tribunal ordonne une mission d'expertise
dans ces circonstances, dans la description de la
nature de la mission, il donne explicitement aux experts
le pouvoir d'expérimenter les formes de visite - ou
l'absence de visite - qu'ils jugent utiles pour se faire une
idée de l'intérêt de l'enfant et qu'ils leur donnent un
délai suffisamment long avant de remettre leur rapport,
par exemple six mois. Avec cette délégation d'un
pouvoir d'expérimentation, l'expert pourra organiser un
programme de visites selon les modalités qu'il juge les
plus utiles à l'enfant et l'imposer aux parents. Ensuite,
sa mission d'observation et ses aptitudes
professionnelles le prédisposent à rester émotionnel-
lement serein, même si ce programme ne s'exécute
pas comme il l'avait prévu sur papier. Même s'il est
amené à insister quelque peu, il ne fera pas
nécessairement de la désobéissance de la mère, le
drame de sa vie.
E. Mais en fonction de ce qui se sera passé,
il aura la
responsabilité de faire au tribunal une recommandation
précise, dans une des trois directions que voici :
- Dans une minorité de cas, son expérimentation aura
été suivie d'effets positifs et les visites du père se
seront progressivement réinstallées : il suffira alors de
confirmer que l'on doit poursuivre ce qui vient d'être
commencé.
- Dans la majorité des cas, il sera impossible de diluer
suffisamment l'angoisse et la révolte de la mère, et le
moindre traumatisme pour l'enfant sera alors de
suspendre les visites du père. Ici, nous ne
recommandons pas de « supprimer le droit de visite »,
mais plutôt, et de le reconnaître comme droit, et, dans
le même temps, d'en suspendre l'exercice dans l'intérêt
de l'enfant. Idéalement, à notre sens, il faudrait alors
revoir la situation de loin en loin, par exemple tous les
ans et étudier si le vécu émotionnel de l'enfant - et de
ses parents - ne se modifie pas dans un sens plus
favorable. Ne serait-il pas possible alors, dans le champ
judiciaire, que le juge ordonne la réouverture des
débats ou refixe la cause à une date ultérieure, par
exemple après un an, en ayant préalablement chargé
l'expert d'une mission complémentaire de mise au
point? Au fur et à mesure que l'enfant grandit et peut
mieux comprendre la situation, l'expert – ou un autre
tiers bienveillant - pourrait patiemment lui expliquer ce
qui se passe : son père ne l'a pas abandonné et
s'intéresse toujours à lui mais, jusqu'à présent, on a
estimé plus sage de suspendre ses visites, vu l'excès
de tensions qu'elles créent dans tout son système de
vie.
- Dans une minorité de cas, on estimera que le plus
grand traumatisme pour l'enfant est d'être privé de
contacts avec son père : ce sera par exemple si l'enfant
souffre très fort de la destruction de la référence
paternelle ( dépression + doutes sur sa propre valeur
de petit homme ) et que, par ailleurs, sa personnalité
est plutôt forte, capable de nouvelles adaptations.
Alors, on peut recommander que la garde soit confiée
au père, pour peu que les conditions suivantes soient
remplies :
. intransigeance de la mère et de son entourage dans
leur refus du père;
. désir du père de reprendre l'enfant chez lui;
constitution normale de sa personnalité; présence de
qualités pédagogiques;
. possibilité d'une « garde à l'essai » et, après sa mise
en oeuvre, expérimentation sur le droit de visite à la
mère : le père doit l'autoriser moralement et la mère ne
doit pas le saboter et mettre l'enfant sous tension.
Sinon, proposition d'autres aménagements.
Mais tout en affirmant clairement que cette troisième
possibilité existe, j'ajoute aussi que je suis inquiet à
l'idée de la déclarer tout haut : il serait monstrueux que
ce texte donne à d'aucuns l'idée de l'employer comme
une arme suprême dans une escalade agressive contre
la mère. On ne peut y recourir qu'après une étude
soignée de la personnalité et des besoins de l'enfant et
de la personnalité de son père!
Création le 01 mai 2006.
Dernière mise à jour
le dimanche 19 octobre 2008.
Issu d'un texte prêté par le professeur Jean-Yves Hayez.
DS.ds
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Bravo de m'avoir trouvé
Félicitations
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480
mais est encore correcte avec les écrans
plus grands 1600x1200 ou autres.
Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur
Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son
infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
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... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
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Ce site a été composé par un bénévole sans
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C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
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beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
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non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
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Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur
Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son
infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez
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je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
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Note 1.
(1).
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
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