PERSPECTIVES PSY
Volume 41, N°1, janvier-février 2002 - p. 75
PARUTIONS RÉCENTES
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Parmi les nombreux ouvrages paraissant régulièrement dans le champ de la psychiatrie, de la psychologie et des sciences sociales, il nous a semblé important de signaler à nos lecteurs les titres suivants, accompagnés de la présentation qu'en donne pour chacun l'éditeur. Nous espérons contribuer ainsi à susciter des réflexions et commentaires auxquels nos colonnes restent ouvertes.

Le Comité de Rédaction

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L'impasse dans la psychose et l'allergie

Sami-Ali

Collection Psychismes
Paris : Dunod, 2001 : 160 pages

On ne présente plus Sami-Ali, professeur émérite à l'université Paris VII, fondateur et actuel directeur du Centre international de psychosomatique (CIPS). Poursuivant sa réflexion engagée, il y a 15 ans, dans Le Visuel et le tactile, son dernier ouvrage met en lumière une nouvelle problématique centrée autour de l'impasse et de la théorie relationnelle.

Toute pathologie doit se concevoir simultanément en fonction de l'opposition du corps réel et du corps imaginaire (psychique et somatique). Sur la base de ce postulat, l'auteur effectue un rapprochement entre psychose et allergie. Dans les deux cas, se pose la question de l'identité et de la différence de soi et de l'autre, au niveau relationnel et immunitaire.

Les nouveaux développements proposés par Sami-Ali viennent éclairer, sous un nouvel angle, la psychose de Schreber ainsi que l'asthme et l'urticaire chez deux patients allergiques. Selon lui, il petit y avoir, chez la même personne, passage de l'allergie à la psychose et inversement.

Ce qu'il démontre, en fait, c'est que la théorie freudienne de la paranoïa, centrée sur le cas Schreber, s'enferme dans un cercle vicieux qui incite à reprendre complètement la théorie de la psychose.

C'est en articulant le relationnel et l'immunitaire que le concept de l'impasse, échappant aux limitations des deux autres concepts, révèle une valeur heuristique générale. Dans les deux cas, il s'agit d'une impasse partielle qui ne tient pas compte de la complexité d'une réalité à laquelle donne accès, par contre, l'opposition conceptuelle du corps réel et du corps imaginaire.


La destructivité chez l'enfant et l'adolescent

Jean-Yves Hayez

Paris : Dunod, 2001 : 296 pages

Enfants et adolescents peuvent transgresser les lois humaines garantissant la cohésion d'une communauté. Leurs actes intentionnels peuvent, alors, conduire jusqu'à la mort physique ou mentale d'autrui.

Ce livre décrit la nature de ces transgressions et destructions, ainsi que leur rapport avec les pulsions agressives et sexuelles. Il analyse les réactions qu'elles provoquent chez les adultes, entre la crainte d'un jugement incertain conduisant à ne rien faire et la certitude arbitraire menant à de graves sanctions inappropriées.

Comme solution opérante, l'auteur propose une approche caractérisée par l'humilité, l'engagement personnel et des décisions collégiales ponctuées par des réévaluations régulières. Il explique également pourquoi et comment l'accompagnement du jeune auteur d'une transgression doit harmoniser, simultanément, la sanction de l'acte avec la prise en compte de la personnalité du jeune et de son système de vie.

Dans une dernière partie, l'ouvrage montre comment les transgressions s'ordonnent autour des pôles de la personnalité de leur auteur. Chacun de ces pôles est analysé sous l'angle de ses mécanismes d'apparition, de sa description clinique et de son accompagnement spécifique.

Membre correspondant de notre Revue, Jean-Yves Hayez est psychiatre d'enfants et d'adolescents, professeur à la faculté de médecine de l'Université Catholique de Louvain. Il dirige l'Unité de Pédopsychiatrie des Cliniques Universitaires Saint-Luc et y coordonne l'équipe SOS Enfants-Famille.


De la parenté à la parentalité

Alain Bruel, Jacques Faget, Lucille Jacques, Monique Joeker, Claire Neirinck, Gérard Poussin

Collection La Maison des droits de l'enfant
Ramonville : Érès, 2001 : 96 pages

Il n'est pas très difficile de parler de parents, et donc de parenté, quand on est juriste : la notion relève incontestablement du droit. Il en va différemment de la parentalité. En effet, ce terme, bien que couramment employé par les sociologues, n'existe pas. Il s'agit d'un néologisme qui n'a reçu à ce jour aucune définition, ni dans un dictionnaire de langage usuel, ni comme terme juridique.

Toutefois le recours à cette notion nouvelle révèle une demande, un besoin, bref une évolution qui traduit les préoccupations sociétales face à une fonction parentale aujourd'hui souvent malmenée, alors qu'apparaissent de nouvelles configurations familiales (monoparentalité, homoparentalité, familles recomposées...).

Alors parenté ou parentalité ? Devons-nous opposer ces deux termes ou privilégier l'un d'eux ? Juristes, psychologues et sociologues s'attachent dans ce livre à définir ces notions et leurs avatars, tels que les éclairent leurs pratiques professionnelles. Leurs regards croisés devraient permettre de redonner un sens à la fonction parentale et de restaurer le fondement de la protection des droits de l'enfant.


La sexualité infantile et ses mythes

Jean Bergeret et Michel Hauser

Collection Psychismes
Paris : Dunod, 2001 : 256 pages

« La sexualité infantile existe. Mais il y a un "avant" qui la fonde. Ses racines sont narcissiques et violentes ».

La sexualité infantile et ses conséquences pour la vie affective de l'adulte représentent une valeur essentielle pour la psychanalyse.

L'examen de cette forme particulière de sexualité nécessite, cependant, une élaboration préalable du registre œdipien.

Cette manière de voir les choses permet de séparer les aspects authentiques de la sexualité infantile de ce qui relève des mythes développés à son sujet.

L'ouvrage propose, comme thèse centrale, que la sexualité infantile, présente certes à l'état potentiel chez tout nouveau-né, ne semble pas se trouver directement efficiente dans les premiers moments qui suivent la naissance. Elle n'assumerait son rôle organisateur essentiel de la personnalité qu'après avoir suffisamment intégré le fondamental initial, dont la nature est narcissique.

Dans cette perspective, les auteurs, après avoir défini avec rigueur, le sens des mots "érotisme" et "sexualité", passent en revue les diverses réserves exprimées, après S. Freud, quant au moment effectif où la sexualité infantile entre en efficience organisatrice.

Dans une seconde partie, à l'aide de documents nouveaux, le cas célèbre « du Petit Hans », avec ses aspects simplificateurs et fallacieux -selon les auteurs- est réexaminé pour montrer comment il put s'avérer inducteur d'erreurs théoriques d'importance.

Puis l'ouvrage procède à une tentative de réévaluation des principales hypothèses métapsychologiques et psychogénétiques concernant la période de la vie qui précède et prépare le moment œdipien. Il en analyse leurs répercussions possibles sur la façon de concevoir le déroulement d'une cure.

Dans ce livre Jean Bergeret (psychiatre et psychanalyste SPP, professeur émérite à l'Université Louis Lumière Lyon 2) et Michel Houser (psychiatre et psychanalyste SPP) nous proposent, avec le concours de Josiane Praz (de l'Université de Genève) pour la partie historique, un stimulant réexamen d'un concept freudien de base, montrant ainsi que la psychanalyse ne peut que gagner à s'interroger sans cesse elle-même sur ses hypothèses avec toute la rigueur souhaitable.



Le triangle primaire, le père, la mère et le bébé

Elisabeth Fivaz et Antoinette Corboz

(préface de Daniel Stern)
Paris : Éditions Odile Jacob, 2001 : 280 pages

Elisabeth Fivaz et Antoinette Corboz ont fondé le Centre d'Études de la Famille à Lausanne.

Comment un père, une mère et un bébé communiquent-ils lorsqu'ils sont tous ensemble ? Comment les deux parents se situent-ils face à l'enfant ? Comment l'enfant réagit-il face à ses deux parents ? Bref, comment fonctionne cette triade élémentaire à l'heure des premières relations intimes ?

Explorant ce champ de recherche encore peu abordé, Élisabeth Fivaz (Professeur d'éthologie clinique à l'École de médecine de l'université de Lausanne) et Antoinette Corboz (Psychiatre, psychanalyste, spécialiste des thérapies familiales) ont mis au point un paradigme, désormais connu sous le nom de « Jeu trilogique de Lausanne ».

Elles ont demandé à plusieurs familles (père, mère, bébé) de s'amuser ensemble, selon un scénario prédéfini : les trois jouent, ou bien deux jouent et le troisième regarde. Grâce à des moyens techniques sophistiqués, elles ont pu, pour la première fois, filmer ces jeux à trois, de près et en détail. Les résultats de cette étude révèlent un nouveau bébé, le « bébé triangulaire » capable de communiquer avec ses deux parents à la fois, dès le premier trimestre de vie. La relation à deux, entre mère et bébé, n'est donc pas l'unique relation originelle. Il suffit de mettre le tout jeune bébé au défi de conduire un « trilogue » avec son père et sa mère pour découvrir cette compétence insoupçonnée.

Cette version française de leur ouvrage paru en 1999 - et déjà renommé - devrait utilement contribuer à la diffusion de cette découverte qui impose une révision fondamentale de nos conceptions sur le développement du nourrisson et qui ouvre des perspectives inédites pour l'amélioration des premières relations familiales.


Déficiences mentales : le devenir adulte
La personne en quête de sens

Jean-François Gomez

Collection Connaissances de l'éducation
Ramonville : Érès, 2001 : 232 pages

Jean-François Gomez a été successivement éducateur de prévention, éducateur en institution, directeur d'IME dans la région parisienne, psychomotricien, directeur de foyer d'hébergement pour adultes handicapés à Montpellier. Chercheur et praticien, impliqué dans la formation des personnels, il a participé à de nombreux courants et expériences centrés sur la place des acteurs de l'éducation spécialisée et des théories institutionnelles.

À partir de situations et d'exemples tirés de sa pratique, l'auteur aborde les questions cruciales qui accompagnent le devenir adulte des personnes handicapées, qu'elles soient en institutions, en milieu ouvert ou en famille : les trajets de vie, les effets de filières, la condition d'usager, le sujet de droit, l'autonomie, la responsabilité, la sexualité, le vieillissement, l'intimité, les rituels, le rapport à la culture...

Son propos, plus anthropologique que psychologique, est sous-tendu par une réflexion et une mise au travail des « représentations » que l'on se fait de ces personnes différentes, et suggère aux professionnels d'approfondir, de réviser ou d'étayer bien des jugements. Il développe une conception éminemment créative des métiers sociaux et éducatifs dont la vocation est de « fabriquer du sens » même et surtout dans les situations où il semble faire défaut.

En effet, inlassablement, les éducateurs, les animateurs, les aides médico-psychologiques... fabriquent de la qualité de vie, imaginent une cité habitable, travaillent sur 1'histoire, mettant le quotidien dans tous ses états. Cette démarche suppose une éthique exigeante qui conduit chaque membre de l'équipe à se sentir responsable du service et de l'institution dans lesquels il travaille, à considérer les personnes handicapées qu'il accompagne comme des adultes à part entière.

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RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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© EDK 2002 : www.perspectives-psy.com
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