Emouvant hommage à Julie et Mélissa
Deux à trois mille personnes ont assisté le 17 août à Grâce-Hollogne à la
commémoration organisée à la mémoire de Julie et Melissa. Trois ans après la
découverte de leurs corps, l'émotion est toujours aussi grande. Tant de
questions restent sans réponse...
Alice Bernard
Qui a enlevé Julie et Melissa? Comment? Pourquoi? Anne Thily, procureur
général de Liège, avait promis une réponse officielle. On attend toujours. Et
pourquoi tant de précipitation à prolonger le mandat du juge Langlois? Que va
faire le nouveau ministre de la Justice? Tiendra-t-il ses
promesses?
Plusieurs membres du comité de soutien aux parents de Julie et
Melissa ont pris la parole.
Jean-Yves Hayez, professeur à l'UCL: «Au nom de
l'argent et du pouvoir, des industriels fabriquent des farines animales avec des
excréments. L'être humain peut donc se montrer capable du plus grand mépris
envers la vie des autres. (...) Nous voulons que justice soit rendue aux enfants
disparus et assassinés. Mais nous voulons aussi la protection de tous les
enfants. Nous voulons de la sollicitude pour tous les enfants. Un petit Roumain
a été retrouvé mutilé et assassiné à Anvers. Des enfants sont enfermés dans les
centres fermés, dans des conditions concentrationnaires. Ne restons pas sourds à
l'appel de Yaguine et Fodé, qui se sont immolés par le froid.»
Le plus
applaudi a été Gaston Schoonbroodt, prêtre ouvrier, qui a mis l'accent sur
l'indécence du monde judiciaire envers les familles d'enfants disparus. «Une
certaine presse a parlé d'outrage à magistrat (suite à la lettre ouverte de
Carine Russo au juge Langlois, ndlr). Moi, je dis qu'il y a outrage du magistrat
envers les familles. Chacun d'entre nous ici vaut autant que n'importe lequel de
ces porteurs de titre ou d'uniforme. Car finalement, c'est vous, le peuple, qui
serez juge.»
D'autres parents sont également présents. Les Marchal, Tinny
Mast, la maman de Fabrice, la famille Cavas. Anna Cavas, la soeur de Gevriye,
monte sur le podium: «Il faut absolument continuer de se battre, tous ensemble,
pour que ça bouge enfin. Il faut que ça change vraiment ici en Belgique.»