La revue de la presse
Mardi 14 août 2001

La revue de la presse belge

HENRI SONET

 

5 ans après l'arrestation de Marc Dutroux, la Belgique attend toujours son procès. L'anniversaire aurait de toute façon suscité de nombreux commentaires. Ils sont multipliés par la mise en cause du fonctionnement de la justice lancée hier par le socialiste flamand Renaat Landuyt et repris au vol par le bureau du CVP et les anciens ministres de la justice Stefaan Declerck devenu le président du parti et Toni Van Parijs.

5 ans après la découverte de l'horreur, les journaux du groupe Sud Presse font retour sur les lieux du crime de Marc Dutroux tandis que l'éditorialiste Didier Aman se penche sur l'arriéré judiciaire en reconnaissant à Renaat Landuyt malgré son manque de nuance le mérite d'avoir jeté un fameux coup de pied dans la fourmilière. Conclusion : a-t-on tiré tout le bénéfice du séisme Dutroux. La classe politique ne pêche-t-elle pas par trop d'autosatisfaction ? Ne sommes nous pas trop vite content des réformes apportées.

5 ans et toujours l'attente. C'est le grand titre de première page des journaux Vers l'Avenir pour qui on ne sait toujours pas quand aura lieu le procès, ni qui y sera jugé. La justice doit être rendue, la Belgique doit faire son deuil. Il faut laisser la porte ouverte aux assises.

La Libre Belgique aussi constate que l'affaire Dutroux attend toujours son procès. Le pédopsychiatre Jean Yves Hayez, lui répète que la justice est trop timide face à l'enfance maltraitée. Annick Hovine fait le point sur les critiques adressées par Renaat Landuyt et le CVP qui dénoncent une énorme abdication. C'est surtout dans la presse flamande que ces critiques reçoivent un écho et sont commentées par presque tous les éditorialistes. Celui du Standaard, Guy Tegenbos parle d'un monde politique trop faible pour s'imposer face à la justice. Il faut pour y arriver un groupe de pression, celui que constitue les citoyens. Une avocate, Sarah Pollet, celle de Michèle Martin, dénonce la poursuite inutile d'une instruction déjà trop longue. Pour Wim Winkelmaens, l'éditorialiste du Nieuwsblad, journal qui avec Het Volk retrace en feuilleton toute l'affaire Dutroux, si le ministre de la justice Marc Verwilghen est un ministre sans pouvoir réel, c'est parce que beaucoup de ses projets ont été combattus par ses partenaires de la majorité, Elio di Rupo ou Karel De Gucht, par exemple. Une majorité critiquée aussi par Dirk Castrel, éditorialiste de Gazet van Antwerpen pour la faiblesse de son ministre de la justice. Luc Standaert du Belang van Limburg dresse le portrait de Marc Verwilghen, chevalier blanc acclamé par les participants à la marche blanche, pour qui il était l'un des rares politiciens dignes de confiance et qui aujourd'hui ne parvient pas à réaliser ses promesses. Les critiques de Renaat Landuyt sont-elles justifiées se demande Douglas de Koning, l'éditorialiste du Morgen. Le cas de l'adjudant René Michaux convaincu de nombreuses erreurs et aujourd'hui en charge de dossiers plus importants semble fait pour lui donner raison. La justice, désormais n'est plus une priorité. Het Laatste Nieuws suscite les réactions d'hommes politiques et de spécialistes : outre Renaat Landuyt et le CVP, voici celle de Marc Verwilghen, du pédopsychiatre Peter Adriaanssens et du criminologue Brice de Ruyver et, enfin, de l'éditorialiste Luc Vanderkelen pour qui il n'est pas trop tard pour Marc Verwilghen qui peut encore se ressaisir.

Dans l'affaire des pilules d'ecstasy mortelles, les autorités ont-elles tardé à donner l'alerte à cause de l'enquête judiciaire en cours. Nicole Burette fait le point dans La Libre Belgique sur la controverse à laquelle Paul Janssens consacre son éditorial du Volk en demandant à ceux qui se sont trompés de reconnaître leur erreur.

Dans le reste de l'actualité, il faut signaler une petite controverse qui fait de grands titres de Gazet van Antwerpen et Het Belang van Limburg : si le CVP se transforme en CV, il risquera des ennuis avec une firme de marketing dont c'est la dénomination.

Le Soir traite de la privatisation du stationnement, la traque aux mauvais payeurs redouble d'intensité grâce aux gardiens de parking. Les journaux du groupe Sud Presse traitent du stationnement à l'aéroport de Zaventem avec 15 000 pv par an, c'est le parking le plus verbalisé du royaume.

Restons au transport européen avec la page que lui consacre Patrick Anspach dans l'Echo pour expliquer que la ministre de la mobilité Isabelle Durant prône une politique intégrée du dossier aérien.

L'Echo titre sur les 2 000 agences bancaires qui fermeront leurs portes à moyen terme suite aux fusions.

La Libre Belgique titre sur le spectre de la crise qui refait surface. Les États-Unis sont en récession et l'Europe en ralentissement. En contraste, l'euro se porte mieux et connaît un bel été, écrit Le Soir. Par contre, ça va mal pour Agfa Gevaert dont les résultats seront en nette baisse pour 2001 prédit le Financiele Economische Tijd.

Signalons encore dans l'actualité belge que les pages événements de La Dernière Heure font le point sur le marché de l'auto d'occasion. 100 000 d'entre elles partent vers l'étranger.

Het Laatste Nieuws titre sur des femmes séropositives fertilisées dans deux hôpitaux bruxellois. Les bébés sont nés en bonne santé mais certains jugent le traitement dangereux.

Au chapitre international, c'est la Macédoine qui retient toute l'attention avec la signature d'un accord de paix qui suscite beaucoup de scepticisme. Les journaux du groupe Sud presse et de la Dernière Heure parlent de paix sur papier, Le Soir aussi tandis que l'OTAN mobilisée va envoyer 3500 hommes dont 90 Belges. Pour la Libre Belgique, l'accord signé est un espoir de paix susurré mais l'éditorialiste du Financiele Economische Tijd craint déjà qu'il ne reste lettre morte et, pour le Standaard cet accord de paix est un jour historique mais il n'y a pas lieu de faire la fête.


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© RTBF 2001

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