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La destructivité chez l’enfant et l’adolescent
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Il ne faut ni diaboliser les jeunes ni en faire que des anges ou des
victimes. Mieux vaut les considérer comme des êtres dont la maturation
progressive les confronte au débat intérieur entre le bien et le mal,
l’égocentrisme et la sociabilité, le respect des règles et des lois et la
transgression.
Jean-Yves Hayez a écrit ici un véritable manuel de l’enfant
destructeur et violent qui ravira le lecteur autant qu’il l’emplira d’effroi.
D’une façon méthodique, il décrit le mode de fonctionnement du petit d’homme et
les mécanismes psychiques qui le poussent aux actes de destruction. Bien sûr, il
récuse les notions d’organisation ou de structure qui induisent l’idée d’un
achèvement total. Car l’état du moment est toujours susceptible de se modifier,
sans compter qu’un jeune réputé fonctionner normalement est fort capable, lui
aussi, de traverser de mauvaises passes.
Jean-Yves Hayez dresse néanmoins un
tableau clinique qui tente de regrouper un certain nombre de catégories :
immaturité, psychopathie, vécu d’exclusion, délinquance, perversion, psychoses
sont autant d’orientations qui font l’objet d’approfondissements méticuleux et
passionnants. Bien que l’auteur s’efforce tout au long de son descriptif d’en
appeler à une nécessaire et constante bienveillance de la part des intervenants
sociaux, on ne peut s’empêcher tout au long de cette lecture d’être tenté de
porter un nouveau regard sur les petits monstres que nous côtoyions jusqu’alors
avec une certaine indulgence ! D’où, sans doute, une longue et détaillée
première partie consacrée aux modes d’accompagnement de ces jeunes qui constitue
un véritable hymne humaniste et généreux à l’action de l’adulte. « Un jeune avec
qui l’on noue des relations fortes et positives et à l’éducation quotidienne
duquel on se consacre avec enthousiasme et intensité, peut se sentir porté et
retenu par des liens humains auxquels il attache de l’importance, avoir envie
d’y donner le meilleur de lui-même, et cesser d’être un destructeur » (p. 61).
Pour autant, la sanction n’est pas oubliée. Elle fait l’objet d’un long
développement qui en précise la portée et les limites. L’auteur distingue entre
les impulsions irrésistibles et tyranniques qui aveuglent le sujet l’obligeant à
contrevenir à la règle et ces actes posés en toute liberté et en conscience des
conséquences induites, mais aussi entre les effets majeurs et ceux qui sont
minimes. Il pose alors les échelles nécessaires de sanctions : depuis
l’interdiction verbale jusqu’à la contention dans les cas extrêmes
(incarcération) en passant par la pure et simple abstention (qu’il ne faut pas
confondre avec le déni, la démission la passivité ou la complicité de l’adulte).
Un livre foisonnant et d’une grande richesse à conseiller au lecteur désireux
d’y voir plus clair dans ces comportements parfois si déroutants.
Jacques Trémintin
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