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Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez
Jean-Yves Hayez |
Ne négliger ni la composante réactionnelle
de la dépression ni l'apport des
thérapies individuelles introspectives !
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" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va
et d'employer l'esprit à le justifier."
Jean Guéhenno.
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Un garçon de 12 ans exprime un grave vécu
dépressif et un grand appel à l'aide :
nudité du corps, griffes, idées suicidaires.
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Ne négliger ni la composante réactionnelle de la
dépression ni l'apport des thérapies individuelles
introspectives !
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Paru dans Patient Care, juillet-août 1994, p. 64 et 66.
L'article du Dr Hodgman et coll., consacré à la dépression chez
l'enfant et chez l'adolescent, a indéniablement de nombreux
mérites. Le premier - et non le moindre! - est tout simplement de
nous rappeler l'existence et la fréquence de cette problématique
chez les mineurs d'âge, d'attirer l'attention sur la
symptomatologie ( peut-être de façon trop éparse dans le texte
...), de rappeler que, si on veut en connaître plus et bien aider, il
faut
parler avec l'enfant
ou l'adolescent de lui-même, et qu'il a
quelque chose de fondamental à dire à son propre sujet.
L'article rappelle encore que, pour bien accompagner un jeune
sujet dépressif il faut certainement un traitement psychologique,
dont les modalités peuvent être diversifiées, et à propos duquel
seront les plus importants « les qualités humaines, la
compétence et le dynamisme » du thérapeute. Faut-il y joindre
un traitement plus pharmacologique? Eventuellement, surtout si
la problématique est sévère, encore que l'efficacité des antidé-
presseurs n'ait pas été prouvée chez l'enfant : la prudence des au-
teurs rejoint ici celle de nombreuses autres publications et notre
expérience de terrain. Dans le cadre de cette
prudence, ils proposent une étude détaillée des
différents antidépresseurs du
marché, avec leurs avantages et leurs inconvénients respectifs.
Il convient néanmoins de lire cet article avec un esprit critique,
en le regardant comme un produit typique de la culture
nord-américaine et plus précisément de la pensée
psychiatrique nord-américaine contemporaine.
A ce propos, remarquons d'abord que, au même titre que
l'anxiété, l'article présente la dépression comme une entité
morbide, une « maladie psychiatrique », bien isolable, et
susceptible de récidives et de complications, comme le
déclenchement d'une maladie bipolaire plus tard dans la vie.
Paradoxalement, il ne dit presque rien des causes et de la
pathogénie de cette « maladie », si ce n'est pour signaler de
lourds facteurs associés au sein de la famille ( par exemple, la
toxicomanie, la maltraitance )...
C'est là malheureusement passer sous silence la composante
réactionnelle quasi omniprésente ( et souvent intensément ) dans
toute dépression d'enfant et d'adolescent. La surgescence d'idées,
de sentiments et de comportements dépressifs constitue
largement une réaction à des expériences d'échec, à des
messages environnementaux perçus à tort ou à raison comme
des disqualifications ou des signes de non-amour, ou à des
messages venus eux-mêmes de l'intérieur du psychisme, et qui
disent à l'enfant qu'il est porteur de désirs mauvais,
inacceptables ( enfants porteurs de conflits névrotiques ) : le
retentissement intérieur de ces expériences négatives, faites avec
d'autres ou avec soi-même, est plus ou moins intense en fonction
d'une sensibilité endogène propre à chaque sujet : le plus
souvent, on a affaire à des enfants moyennement disposés et
subissant des disqualifications ou des menaces de retrait
d'amour; externes ou émanant de soi-même, plus intenses que
dans la moyenne des vies ... Mais d'autres variations existent
dans ces combinaisons « prédisposition-messages
disqualifiants » : par exemple, de loin en loin, on rencontre un
enfant dysthymique, c'est-à-dire déprimé chronique, chez qui la
reconstitution anamnestique fait penser que le problème était
surtout endogène, du moins initialement. Remarquons
également que, très souvent, le comportement de l'enfant
dépressif est difficile à supporter par l'entourage : il s'induit de
nouveaux messages disqualifiants, qui aggravent encore l'état
dépressif. A raisonner ainsi, se trouve-t-on bien dans le registre
de « maladies bien isolables » ou plutôt dans celui de moments
de souffrance développementale, susceptibles d'avoir des hauts
et des bas, qu'il faut soulager de toute façon, mais qui répondent
le plus souvent à des interactions négatives moins grossières
que, par exemple, la toxicomanie parentale?
Autre caractéristique culturelle nord-américaine: une certaine
ambiance de « dramatisation » diffuse dans l'article. Je citerai
quelques exemples. L'anxiété, souvent associée à la dépression,
est-elle vraiment une « maladie psychiatrique »? ... L'évolution
vers la maladie bipolaire existe, de très loin en très loin, chez
ceux - rares - où il s'avère que la composante endogène est
importante, mais pas tant que l'article l'insinue ... Les « accidents
» liés à l'usage des antidépresseurs ( troubles cardiaques avec les
tricycliques, agitations et accidents maniaques avec d'autres )
sont souvent dus aux surdosages dont sont coutumiers nos
collègues d'Outre-atlantique ( attention : inversement un sous-
dosage est inutile) ... Les dosages sériques se font surtout parce
que nos collègues ont l'habitude d'hospitaliser brièvement en
pédopsychiatrie pour les « problèmes psychiatriques » et
qu'alors, ça fait partie des rites ... L'association avec la
consommation de drogues demeure une rareté chez nous ...
Quant à l'association avec la tentative de suicide, il en va de
même, surtout avant la puberté; ceci dit, je suis bien d'accord
avec cette recommandation faite dans l'article, qui est d'interro-
ger l'enfant et l'adolescent sur ses éventuelles idées de mort,
voire sur ses éventuelles envies et planifications pour les mettre
en pratique : cela montre, au moins, que quelqu'un peut le
rejoindre, même dans cette forme extrême d'élaboration de la
souffrance.
Je suis beaucoup plus critique quant à l'efficacité des « contrats-
suicides », qui me paraissent surtout destinés à soulager
illusoirement l'anxiété des soignants - le temps de passer la «
patate chaude » au suivant - et qui sont susceptibles d'être
provocants et anxiogènes pour le jeune : si l'on parle avec lui de
la mort et de sa mort possible, mieux vaut se limiter à lui
signaler; dans le dialogue, ce qu'on en pense, le plus person-
nellement possible, et ce que l'on vivrait - soi et d'autres - s'il se
suicidait vraiment. Corollairement, qu'on lui montre qu'il
compte pour nous, en lui donnant des rendez-vous suffisamment
rapprochés, et puis que sa liberté intérieure tire les conséquences
...
Enfin, j'ai déjà signalé le fait de n'associer la dépression de
l'enfant qu'à une comorbidité psychiatrique majeure des parents
peut faire passer à côté de tous ces moments dépressifs liés à des
crises relationnelles plus subtiles ( par exemple, la naissance
d'un puîné, la maladie d'un parent, des difficultés dans le couple
parental, l'impression de ne plus être le préféré de l'institutrice,
etc. )
Si les auteurs citent plusieurs catégories de traitements
psychologiques intéressantes, il est des plus regrettable qu'ils
omettent de parler de l'apport fondamental de thérapies
individuelles introspectives cherchant à soulager l'enfant ou
l'adolescent de conflits affectifs basaux, comme les
psychanalyses et les thérapies analytiques ou
(néo)rogériennes. L'on peut reprocher à la psychanalyse d'avoir
eu, historiquement, des prétentions totalitaires, qui lui faisaient
modéliser sur tout et affirmer pouvoir guérir de tout. Il est
cependant stupide de se venger de ces excès en ne lui
reconnaissant plus aucune place. Rappelons qu'un certain
nombre de dépressions sont des réactions à des conflits
névrotiques plus basaux, en vertu desquels l'enfant se sent «
barré de l'intérieur » dans la réalisation de son projet de vie, et
où il s'entend dire lui-même à propos de lui-même, et sans
presque savoir pourquoi, il est « mauvais », ou « raté » ... : en
réaction, se surajoutent des sentiments et des idées dépressives.
Or, pour « dépasser » ces conflits névrotiques, des thérapies
d'inspiration analytique restent souvent indiquées, en même
temps qu'il est important d'aider l'entourage de l'enfant à
élaborer des attitudes qui augmentent la confiance en soi.
A l'intérieur d'une thérapie analytique, le thérapeute peut
également générer les attitudes de soutien et de meilleure
information cognitive, dont les auteurs soulignent si justement
l'importance.
Pour terminer; et sans qu'il ne s'agisse cette fois d'un américa-
nisme, remarquons que les auteurs, tous des spécialistes en psy-
chiatrie, ont sous-estimé ou en tout cas n'ont pas assez détaillé la
fonction du médecin traitant ou du pédiatre à l'intérieur de la
prise en charge. Or; s'il croit à la médecine globale et s'il affine
ses compétences dans le champ des composantes psycho
sociales des problèmes de santé, celui-ci peut gérer tout seul un
certain nombre de ces problématiques dépressives. Et même s'il
collabore avec un « psy » qui a sa confiance, ils peuvent se
partager le travail : il y a tant à faire entre le soutien du déprimé,
sa médicamentation, une éventuelle thérapie de ses conflits plus
basaux et la mobilisation des attitudes et sources de
disqualification existant dans l'environnement! Et enfin, à
supposer même qu'il délègue la majeure partie du travail à un «
psy », il est essentiel qu'il reste dans le coup, via des entretiens
espacés, pour signifier l'estime qu'il porte toujours à son petit
client et à sa famille, et pour évaluer la qualité du travail du
spécialiste ( fonction de coordination ).
Prof. J.-Y. Hayez psychiatre infanto-juvénile
Cliniques Universitaires Saint-Luc
Bruxelles.
Création le 2 janvier 2005.
Dernière mise à jour
le dimanche 19 octobre 2008.
Issu d'une photocopie reçue de Patient Care.
ds.ds
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Bravo de m'avoir trouvé
Félicitations
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480
mais est encore correcte avec les écrans
plus grands 1600x1200 ou autres.
Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur
Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son
infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez
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je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
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... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
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jyhayez@uclouvain.be
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
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qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
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beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
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non expliquée. Nous le regrettons vivement
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Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur
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infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez
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Vous avez la possibilité de voir le texte brut : ici. .
Pour télécharger ce site ...
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dépression ni l'apport des thérapies individuelles
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... en format
traitement de texte reçu du professeur
Jean-Yves Hayez, vous avez les choix suivants :
Format word 9.0 pour imprimante couleur ( 22.11.2005 ).
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
liste des mots-clés du site au 28 septembre 2005.
abus sexuel,
accompagnement éducatif,
adolescents abuseurs,
adolescents,
allégation d'abus sexuel,
angoisse de séparation,
angoisse,
anxiété,
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autorité parentale,
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Jean-Yves Hayez,
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mendiants,
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mots-clés,
pédopsychiatrie,
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perversion sexuelle,
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pornographie,
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