| Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez |

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" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va
et d'employer l'esprit à le justifier." Jean Guéhenno. |
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MOUVANCES DES FAMILLES
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I. L’amour et la confiance de base. |
| § I : INTRODUCTION |
- Déploiement précoce d'une capacité
à aimer : demander de l'amour,
accepter d'en recevoir et pouvoir en donner. Au fil du temps, une
sexualité physique se greffe occasionnellement sur cette
aptitude à aimer ; elle s'exerce en tenant compte des
grandes Lois humaines ( non-inceste ; non-violence sur autrui );
l'enfant sait se réjouir de son existence.
- À partir d'environ un an, acquisition d’une confiance de
base rendue possible par la qualité des relations
précoces ( attachement secure ) et par
" l’intériorisation " de " bons objets
internes primaires " [2].
Elle se signifie par une:
certitude tranquille à propos du droit à exister et
de la valeur que l'on a, ainsi qu’à propos de la
bienveillance et la capacité protectrice de
l'environnement…par une capacité à supporter des
délais, des absences de durée et d’intensité
raisonnable…par un plaisir à explorer l’environnement avec
assurance, ce qui contribue à la construction d’une
représentation du monde riche et de plus en
plus adéquate, etc ...
- Capacité de s'affirmer, d’exercer une agressivité
gratuite et conquérante ( Instance
assertive, [3]
; elle tient néanmoins progressivement
en compte le droit d'autrui
à une vie digne, au fur et à mesure que
s’intègre et que s’élabore le Surmoi, largement
relayé plus tard dans la vie par une conscience morale
personnelle : corollairement, capacité se défendre
lorsque l'on est menacé dans son intégrité.
- Capacité de vivre, puis de " dépasser
" une dynamique oedipienne : en s'identifiant aux
adultes plutôt qu'en cherchant à les
éliminer ; en renonçant à posséder
amoureusement le parent d'abord choisi et en sublimant en tendresse
l'amour que l'on ressent pour lui; en orientant vers le monde
social des pairs les pulsions et désirs sexuels les plus
forts.
- Elaboration d'une identité générale et d'une
identité sexuée stables; confiance dans les
ressources que l'on possède; capacité d'effort
et de travail pour achever un projet.
- Elaboration d'un Idéal du Moi qui propose de
l’intérieur des modèles réalistes et souvent
sociables, ainsi que d'un système de
valeurs personnel et stable.
Après une étape dite de " famille - ou foyer -
monoparental(e) " - elle-même consécutive
à une séparation conjugale, la maman d'un
ou plusieurs enfants
(3)
qui vivent en semaine chez elle, ouvre la
porte de sa maison à un nouveau compagnon, avec qui elle
veut stabiliser une vie de couple déjà
débutée. |
La plupart du temps, sa venue ne supprime pas les liens qui
existent entre les enfants et leur branche paternelle ... de
là à prétendre qu'elle n'y provoque aucun
remous, c'est une autre histoire. |
- Les nombreuses fois, où les deux parents du couple
d'origine restent dans la course, quel est le lieu de la famille
restructurée de l'enfant, alors qu'existent toujours ses
deux sources de sa vie à qui la loi reconnaît une
égalité de droits éducatifs et de
responsabilités? Il est plus exact de dire qu'existent deux
pôles de référence, deux constellations de
personnes entre lesquelles va se répartir sa vie!
- Et chacune de ces constellations est elle-même susceptible
d'avoir des compositions variables et des frontières
floues : par exemple, jusqu'à quel point les parents du
nouveau compagnon de la maman font-ils partie intégrante
d'un de ces pôles?
- Il y a aussi la mouvance possible dans le temps : si
certaines restructurations se pérennisent, dans d'autres
cas l'itinéraire d'un, voire des deux parents, reste
très mouvant, avec les recompositions du
groupe de vie quotidienne qu'il entraîne dans sa course.
Est-ce possible pour l'enfant, alors, de vivre chacune de ces
étapes comme des moments et des lieux de famille successifs
ou se sent-il plutôt en famille monoparentale, le lien avec
son parent faisant foi et ce dernier
amenant pour son seul compte ses invités du moment?| § II : RECEVOIR ET DONNER DE L'AMOUR. |
- Les relations vivantes et consistantes sont librement choisies de
part et d'autre; ce choix réciproque, pas
nécessairement de même intensité ni
guidé par les mêmes attentes, garde un ultime
déterminant imprévisible, l'exercice de la
liberté intérieure de chacun.
- On ne crée ou ne recrée pas une relation sur
injonction; inversement, on est tout aussi incapable d'imposer
à l'enfant qu'il y mette fin dans ce qu'elle a de plus
insaisissable et de plus essentiel, sa dimension spirituelle!
Même lorsqu'un parent s'oppose indûment aux contacts
de l'enfant avec l'autre, même lorsqu'il suggestionne
subtilement l'enfant pour que celui-ci ait l'air d'être
d'accord, jamais personne n'a d'emprise sur ce que cet enfant pense
le plus personnellement et le plus secrètement ni sur ce
qu'il vit.
- On court un risque sérieux de traumatiser l’enfant lorsque
l’on coupe indûment la matérialité d’une
relation significative pour lui. Et ceci, indépendamment de
ce que nous venons de dire sur la gestion
autonome des dimensions spirituelles de toute relation.
- Il est important que quelques relations, les plus fondamentales
pour l’enfant, soient stables et que celui-ci puisse se ressourcer
indéfiniment en elles.
- Bousculer le réseau relationnel tissé jusqu'alors
par et pour l'enfant sans y faire attention, parfois, banalement,
parce qu'il y a beaucoup de problèmes " importants "
à résoudre. Par exemple, considérer
comme insignifiantes les " amitiés d'école ou
de rue " qu'un déménagement peut casser sans
même qu'on en parle.
- Ne pas tenir compte du besoin d'un repérage stable
présent surtout chez l'enfant jeune et le laisser baigner
dans trop de chaos mouvant, sans expliquer, rassurer, prendre le
temps de lui montrer que beaucoup de ses
références-clé persistent, au-delà de
réorganisations formelles superficielles.
- Disqualifier " l'ex " ou sa famille, sans faire
attention à l'enfant qui écoute; imposer à
celui-ci des ruptures qu'il ne demande pas, en assimilant son
vécu expérientiel à celui de l'adulte
accusateur qui, lui, a toujours des raisons subjectives et souvent
des objectives de se plaindre.
- Dans un contexte de séparation difficile, le fait qu'une
mère n'entrave pas l'accès d'un enfant à son
père lui demande parfois le courage d'éviter des
récupérations subtiles : inutile, par exemple,
qu'elle téléphone à son " ex "
pour qu'il s'occupe particulièrement des devoirs de l'enfant
si elle sait, par ailleurs, que ça l'agace et que ça
n'a jamais été son souci! Inversement, elle n'est pas
obligée de rester passive si elle est persuadée que
son " ex " dit du mal d'elle à l'enfant. Sans
faire de l'inquisition au retour de chaque visite, elle peut
signaler l'une ou l'autre fois à celui-ci, en termes
adaptés à son âge : " Je te prie de
considérer comme très contestable le mal qu'il te
dirait de moi ; c'est sa manière de me voir; d'ailleurs,
là dessus, tu peux me demander
des explications si tu le souhaites ".
- Imposer trop vite que se mettent en place des liens positifs; ne
pas signifier à l'enfant " Tu l'aimeras un jour si tu
le veux "; ne pas respecter un temps d'apprivoisement.| § III - FACILITER L'ACQUISITION DE LA CONFIANCE DE BASE. |
- La qualité et la quantité de protection
effectivement destinée à l'enfant; plus il est petit,
plus il a besoin de sollicitude et de vigilance pour écarter
les menaces d'agression sur sa route. Au fur et à mesure
qu'il grandit, il faut y ajouter des incitations à ce qu'il
prenne en charge sa propre protection, au moins partiellement, pour
ce qui est à la mesure de ses forces.
- Une présence effective des adultes dans sa vie;
présence discrète mais fiable qui " veille-sur ",
lui crée un environnement suffisamment secure,
donne un coup de main à l'occasion et qui puisse servir de
contenant, de pare-excitations quand l'enfant est trop
débordé par ses propres pulsions.
- Une communication claire et authentique
(11).
- L'absence d'intrusions gratuites dans la pensée ou le
corps de l'enfant ou dans les biens matériels dont la
propriété lui a été reconnue.
L'enfant gagne en effet à ce que lui soit garantis le droit
à un territoire matériel propre, d'extension variable
au fur et à mesure qu'il grandit, ainsi que le droit
à un territoire spirituel, c'est-à-dire une
intimité.
- Une stabilité raisonnable de l'environnement, des
conditions de l'espace et du temps, de l'organisation de la vie et
des rites, ainsi que des liens.
- Sur le plan spirituel, elle est d'autant plus difficile à
respecter que la situation reste tendue entre les " ex "
voire, le cas échéant, avec les nouveaux
partenaires. Et pourtant, dans ces circonstances plus que jamais,
il est important d'accepter que l'enfant " garde pour lui ",
s'il le souhaite, les expériences qu'il fait quand
il est dans " l'autre pôle ", ce
qu'il y vit et ce qu'il en pense!
- Dans toute la mesure du possible, l'enfant appréciera
également que l'on respecte ses biens matériels, par
delà crises et remous. Autant à propos du territoire
de vie privée qu'il s'est construit au fil du temps.| Mots clés - Keywords - Palabras clave. |
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MOUVANCES DES FAMILLES ET REPONSES AUX BESOINS DES ENFANTS. |
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II. L’autorité, la construction de l’identité et la
sexualité.
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| § I - L’AUTORITE ET LE CONSENSUS. LE DEVOIR ET L’HEDONISME. |
- les places y sont asymétriques ; les droits et devoirs de
chacun sont explicités et fixés en fonction de la
place occupée dans une hiérarchie légitime et
acceptée ( hétéronomie : ce qui légitime
l’ordre du monde est extérieur au sujet : Dieu,
l’Etat ...) ;
- les conduites elles aussi s’organisent en
référence à cette place ;
- les transgressions sont rares et les sanctions, proportionnelles
à leur intensité ;
- la transgression ( ou l’apparition du désir de
transgression des interdits ) entraîne le sentiment de
culpabilité, en lien avec le conflit désir/interdit,
ce qui renforce la conscience du poids des règles du
groupe sur le sujet ;
- le savoir est transmis verticalement ; cet ordre est
accepté par les différents membres du groupe : leur
sentiment d’appartenance et d’identité est renforcé
quand ils respectent l’autorité ( ils assument
leurs devoirs et jouissent de leurs droits ).
- elle favorise le contrôle pulsionnel en particulier par la
mise en place de certains mécanismes de défense
( déplacement, sublimation );
- elle soutient l’intériorisation des instances ( Surmoi,
Idéal du moi ) et des imagos, par la force de la
présence de l’institution dans la vie de l’enfant
( hétéronomie, règles de civilité,
hiérarchie, devoir, exigence d’une suspension de l’acte,
mentalisation obligatoire ...);
- le monde est constitué d’objets et de personnes
différenciés et hiérarchisés auxquels
les imagos font échos ( rencontrer le principal
du collège n’est pas la même chose que rencontrer un
professeur );
- la construction des rapports aux personnes est fondée sur
l’altérité et sur leur place dans la
hiérarchie ;
- la problématique de la dépendance est faible car le
sujet a acquis un sentiment de sécurité
intérieur grâce à l’intériorisation
d’objets internes rassurants ;
- le conflit autour duquel se structure la psyché est le
conflit intra psychique entre le désir et les interdits et
limites posés par la société ( lois ). Ces
derniers, intériorisés sous la forme du Surmoi,
contraignent les pulsions du sujet, toute transgression ( ou
désir de transgression ) conduisant au sentiment de
culpabilité ;
- les achoppements du développement conduisent à des
pathologies du " trop " d’autorité
( névroses obsessionnelles, inhibition ...).
- les exigences du collectif l’emportent toujours sur les besoins
et désirs de l’individu ( on peut se sacrifier – sacrifier
ses intérêts, voire sa vie - en faisant son devoir
pour la société );
- les exigences du collectif imposent des idéaux qui sont
des modèles proposés à chacun ;
- ne pas satisfaire les exigences du devoir conduit au sentiment
de honte,
- " Faire son devoir " renforce le sentiment
d’appartenance à la société à laquelle
le sujet appartient et participe du soutien identitaire ;
- si l’excitation libidinale est réduite ( et très
cadrée ) par le poids des exigences du devoir ( et
l’omniprésence de l’autorité ), la
problématique de la gestion de l’agressivité, elle,
est centrale.
- mise sous tutelle du principe de plaisir et accès
facilité au principe de réalité par la
présentation à l’enfant de la réalité
du monde ( " Tu ne dois pas toucher aux prises de courant
" ) et de la réalité sociale ( règles de
civilités, devoirs des citoyens ...);
- soutien à la construction des instances, le Surmoi
construit sur le Surmoi parental ( et non sur les pratiques
concrètes des parents ), ainsi que l’Idéal du moi,
version socialisé du Moi idéal, relais des exigences
sociales au sein de la psyché ;
- légitimation du comportement en dernier ressort
fondé sur les exigences du collectif
médiatisées dans la psyché par le Surmoi et
l’Idéal du moi du sujet, rappelées dans l’espace
social par différents signes, signaux et indices ( par ex.,
feux de circulation );
- les comportements initiés par le désir sont
modulés par les résistances du réel et par les
limites imposées par le Surmoi et surtout par les
modèles proposés par l’Idéal du moi,
l’écart entre le comportement réel ( ou
projeté ) et l’idéal conduisant au sentiment de
honte et de dévalorisation.
- il a une autorité qu’il exerce sans partage sur sa femme
et sur ses enfants ;
- une hiérarchie y organise les relations ;
- l’obéissance de l’enfant découle de sa place dans
la hiérarchie familiale et sociétale ;
- la filiation paternelle y est établie par la fiction
juridique de la paternité dans le mariage.
- la disparition de l’autorité pour organiser les relations
et sa substitution par le consensus ;
- le remplacement du devoir comme valeur pivot qui renvoyait au
collectif et à ses exigences, par l’hédonisme qui
découle de la prééminence donnée par
notre culture au sujet et à
l’individualisme [7].
- les relations sont symétriques, entre égaux ;
- l’individualisme fonde les comportements tants individuels que
collectifs ; ces derniers sont organisés dans une relation
à l’autre passant si possible par la persuasion, sinon par
le rapport de force ( négociation dans un premier temps, puis
recours à la violence si échec ); parfois, c’est une
relation de séduction qui organise la relation, surtout si
la relation est duelle ( c’est le cas notamment dans la famille
monoparentale ) ;
- les conduites sont relatives : elles dépendent du
contexte, de la relation affective à l’autre ou aux autres,
des enjeux pulsionnels et du moment; cette versatilité du
comportement est présentée comme une expression de
l’autonomie du sujet;
- en effet, l’autonomie ( # de l’hétéronomie : le
sujet est la mesure de toute chose ) conduit à
l’autoréférence ( démocratie radicale );
- les droits et devoirs de chacun sont révisables par la
persuasion, la séduction ou le rapport de force ;
- le savoir est essentiellement transmis horizontalement par les
pairs, par les médias et par les aînés, mais
pour ceux-ci dans une relation égalitaire ;
- l’ordre du groupe peut toujours être contesté.
- il réduit l’efficacité des instances classiques,
avec un Surmoi allégé ( light, qui ne gêne pas
trop ), un Idéal du moi peu socialisé ( proche du
Moi idéal de la première enfance ) fortement
marqué par une dimension mégalomaniaque ;
- il induit la mise en place de l’instance
assertive [3]
: l’identité du sujet se construit essentiellement sur
l’affirmation de soi ;
- le monde est constitué d’objets non
hiérarchisés, aux valeurs relatives, tributaires de
leurs caractéristiques et de leur valeur affective ;
- les rapports aux personnes sont fondés essentiellement
sur l’investissement affectif du moment, ce qui donne " consistance "
à l’autre. En l’absence de cet investissement affectif,
l’autre peut être instrumentalisé sans états
d’âme au profit des intérêts du sujet ;
- il se met en place une problématique importante de la
dépendance car le sujet, faute d’objet internes solides, est
tributaire de la présence concrète d’objets
réels;
- le conflit central du sujet est le conflit entre le désir,
légitimé par l’instance assertive, et le réel
( l’interdit est connu, mais sans effet sur la modulation des
comportements );
- les achoppements du développement conduisent à des
pathologies de l’absence d’autorité ( troubles du
comportement ), ainsi qu’à l’attachement avec
fréquemment des discontinuités du lien
( dépression, anxiété, états-limite ).
- les besoins individuels tendent à l’emporter sur ceux du
collectif ;
- la recherche de sensations et de satisfactions individuelles
devient dominante ;
- la problématique du contrôle des comportements, et
tout particulièrement des comportements agressifs, en
réponse à la frustration est centrale ;
- l’autre et le groupe deviennent persécuteurs quand ils ne
satisfont pas ou ne permettent pas la satisfaction des
désirs du sujet ;
- réaliser ses désirs confirme l’individualisme, et
l’impression que la société est comme un
hypermarché dans lequel on trouve tout ce que
l’on veut, sans pratiquement de contreparties ;
- l’excitation libidinale est majorée : les
publicités stimulent les désirs et
puis poussent à la consommation à partir de ces
désirs qu’elles ont elles-mêmes artificiellement fait
monter ! Il y a une résonance entre principe de plaisir et
promotion de l’hédonisme par la société.
- la confirmation du principe de plaisir dans sa place centrale
dans le fonctionnement psychique et la légitimation de
l’exercice de ce principe pour fonder les comportements ( le couple
" j’ai envie, j’ai pas envie " fonde l’essentiel des
comportements), d’où le développement de l’instance
assertive : " Je fais ce que je veux, donc je suis ";
- faible efficacité du Surmoi sur la modulation des
comportements du sujet. Cette instance se construit plus sur les
pratiques concrètes des parents que sur le Surmoi parental ;
- Idéal du moi peu socialisé ( dimension
mégalomaniaque, proche d’un Moi idéal
archaïque ) ;
- la légitimation du comportement est en dernier ressort le
désir du sujet ;
- le monde est constitué d’objets concrets, libidinaux ( les
personnes ) et d’objets sociaux à disposition du sujet pour
la réalisation de ses désirs ( instrumentalisation de
l’environnement ), il n’y a pas d’altérité ;
- les comportements initiés par le désir puis
l’Instance assertive qui prend en charge de les mener à bien
sont tout au plus freinés ou modulés par les
résistances du Réel externe ( conflits entre
désirs et réalité externe );
- l’excitation libidinale est peu cadrée, et l’environnement
médiatique la renforce.|
§ II - L'EXERCICE INFANTILE DE L'AGRESSIVITÉ, DE LA PUISSANCE ET DE L'AFFIRMATION DE SOI. |
- Reconnaître l'enfant comme un individu autre,
séparé, gérant de mieux en mieux un projet de
vie original au fil de son grandissement.
- Valoriser l'expression de soi et l'exercice par l'enfant de sa
propre force : intention-clé, mais face à laquelle il
est logique que beaucoup de parents s'avèrent quelque peu
ambivalents : " Face à d'autres, soit, à l'occasion
et sans excès ... mais face à nos exigences -
toujours tellement pleines de bon sens! - c'est quasi
inconcevable ".
- Sensibiliser l'enfant à reconnaître une vraie place
pour l'autre, égale en justice à celle qu'il prend
pour lui ; le sensibiliser à négocier. Le
témoignage de vie des adultes est ici fondamental.
- Exercer une saine autorité, qui sache diriger et
sanctionner si c'est nécessaire. Selon les circonstances,
cette autorité fait respecter des Lois humaines
fondamentales, auxquelles nous sommes tous soumis ( " Tu ne tueras
point... Tu n'étoufferas point l'autre, sous ton
désir " [inceste] ). Ailleurs, elle fait respecter de
simples règles propres à la culture familiale ou
à la culture sociétaire du lieu.
- Dans le premier paragraphe, nous avons discuté de ces
places contemporaines différentes faites à
l’autorité et au consensus et des différentiations
qu’elles introduisaient dans le
développement [7]
... ici,
nous rappelons les bienfaits d’une dimension autoritaire
" suffisamment bonne ".
- On doit donc bien veiller à ce que les enfants, notamment
les plus petits, ne se retrouvent pas fondus dans la masse, cette
dernière fut-elle provisoirement chaotique et peu
contrôlable.
- L'adulte devrait se donner le temps d'aller vers chaque enfant et
de s'enquérir de ce qu'il vit, comprend et pense des
mutations familiales en cours; et ceci, sans a priori, sans
projeter sur lui des représentations toutes faites :
" Leur sort est terrible, dans ces chaos " ou à
l’inverse : " C’est une aventure tellement stimulante
pour leur créativité ".
- Il ne faut pas faire la politique de l'autruche par rapport
à l'inconfort, transitoire ou non, que certains
éprouvent ; qu'on ne les oblige pas à dire que tout
est idyllique, parce que les adultes, eux, voudraient tant
réussir cette nouvelle étape et dénient, plus
ou moins bruyamment, plus ou moins anxieusement, les
problèmes qu'elle est susceptible d'amener.
- Une attitude sage, alors, est de ne pas forcer le temps et de
faire confiance aux capacités d'apprivoisement et aux
besoins d'être reconnus et aimés opérant chez
chacun. Au fil du temps, soit de nouveaux apprivoisements
réciproques se font à la satisfaction de tous, soit
les tensions deviennent moins vives et, sans s'aimer beaucoup, des
sous-systèmes apprennent au moins à se respecter.
- Tous ces actes de reconnaissance de l'individualité ne se
confondent pas avec celle d'une sorte de toute-puissance, où
l'enfant ferait et déferait à son seul gré ses
liens affectifs et la gestion matérielle de ceux-ci.
Certains, parce qu’ils ont la juste intuition de la liberté
excessive qu'on leur laisse ou/et le peu d'assertivité de
leurs parents, voudraient abuser de leurs droits et aller et venir
de l'un à l'autre comme et quand ils le veulent, en prenant
le plus facile chez chacun. Ce n'est guère acceptable dans
la perspective de l'éducation de leur socialisation. Les
enfants gardent au minimum des devoirs de politesse et, plus
fondamentalement, de reconnaissance filiale face à
ceux qui les ont installés dans la vie et
déjà éduqués
(15).
- Chaque adulte proche devrait s'y engager ; pas seulement les
parents, mais aussi les " nouveaux " surtout s'ils partagent le
quotidien de l'enfant : tous ont vis-à-vis des " petits de
l'espèce " des responsabilités
générales de guidage et de protection.
- Certes, le partage de l'autorité n'est pas toujours chose
aisée, pas plus que la définition du contenu et des
limites de la compétence de chacun.
- Reste enfin à veiller à ce que cette
autorité portée par plusieurs soit une
autorité cohérente. Défi
particulièrement délicat dans ces constellations
bipolaires, mouvantes où persistent souvent quelques
tensions entre les soleils principaux.|
§ III : LORSQUE LES REMOUS DE LA RESTRUCTURATION COEXISTENT AVEC LA DYNAMIQUE OEDIPIENNE DE L'ENFANT. |
- Enoncer, rappeler au besoin, faire respecter et respecter la Loi
de prohibition de l’inceste; elle dégage enfant ET parents
des excès intergénérationnels : relations
affectives érotisées et étouffantes, ainsi
que relations agressives entre rivaux.
- Enoncer et mettre effectivement en place les différences
intergénérationnelles : les enjeux pour les enfants
et pour les adultes y sont radicalement différents; les
premiers ne doivent pas intervenir dans les relations entre
adultes, notamment celles de couple.
- Certains enfants se sentent coupables de la séparation de
leurs parents, entre autres lorsqu'ils entendent que c'est à
cause d'eux et de leur éducation que des disputes
éclatent. Ils imaginent parfois 0qu'ils ont réussi
à éliminer le parent qui est parti et ont
été choisis par l'autre en raison de leurs charmes.
Cette préoccupation demeure le plus souvent non
formulée, voire non consciente, et entraîne
différents troubles du comportement ; ceux-ci expriment
l'angoisse de l'enfant, sa peur de punitions en retour ou l'image
ambivalente qu'il a de lui ( monstre et petit prince à la
fois ). Souvent, les contacts avec le parent parti s'avèrent
difficiles, si pas impossibles ; par projection, ce dernier
s'entend parfois chargé de tous les maux : mais c'est bien
la culpabilité de l'enfant qui rend compte centralement de
cette aversion farouche.
- D'autres enfants ne vivent guère ces scrupules de
conscience, mais se laissent aller à leurs désirs
oedipiens les plus centraux.
- Après la séparation du couple parental, certains
enfants sont parfois moins valorisés que leur fratrie
à cause de leur sexuation : par exemple, ce sont des
garçons, et l'on redoute ou voit vaguement en eux les
héritiers de toutes les tares attribuées à
leur bandit de père! Pas étonnant alors qu'ils se
dépriment et se mettent à correspondre
aux prédictions négatives faites sur eux ...
- Au fond, cette intégration de la dynamique oedipienne
dans les mouvements de la restructuration est logique et
inéluctable. Mais les parents, pris par leurs
problèmes ou luttant contre leur propre solitude, n'ont pas
toujours la lucidité d'y penser ni le courage d'y faire
face
(17).
A leurs amis, à leurs proches et aux intervenants
de première ligne de le leur rappeler au besoin, et
d'écouter d'abord leurs sentiments et amertumes d'adultes.
Puis il faut les aider à aider l'enfant comme on le
fait lors de n'importe quel passage oedipien.|
§ IV : L'ÉLABORATION DU SENTIMENT D'IDENTITÉ ET LES PROJETS QUI EN DÉCOULENT. |
- s'offrant spontanément comme " modèles
identificatoires " présents, stables et disponibles ;
- faisant part à l'enfant des caractéristiques et des
valeurs qu'ils reconnaissent déjà en lui ;
- ne bousculant ni ne rompant pas inutilement " l'histoire de
vie " et les soubassements identitaires que l'enfant se
construit depuis qu'il est tout petit.
- L'enfant soit reconnu comme porteur d'une histoire de vie propre.
La reconnaître c'est en connaître quelque chose et
considérer que c'est significatif ; écouter ce qu'il
en dit et respecter ce dont elle est tissée ; l'aider
à la connaître, parce qu'elle imprègne ce qu'il
pense et fait; et aussi en tirer des conséquences pratiques,
c'est-à-dire interagir avec lui en tenant compte des
données de cette histoire. La première application
à ce propos concerne le respect des liens tissés par
l'enfant dans le passé, thème que nous avons
déjà débattu abondamment. En voici d'autres
plus originales :
- Même si la famille restructurée tient à se
constituer en un ensemble vivant et à se donner une
identité cohérente, elle gagne aussi à se
" dé fusionner " à l'occasion et
à reconnaître et concrétiser l'existence, en
son propre sein, de sous-systèmes issus du passé.
Par exemple, on peut imaginer des moments rituels de contact
privilégiés entre chaque enfant et son parent :
sortie au cinéma, excursion pour " rien qu'eux deux ",
etc ...
- Il n'est pas rare que, avant l'étape actuelle, tel enfant
ait reçu ou conquis un statut particulier. Par exemple : il
était l’aîné ou le plus brillant par telle ou
telle aptitude ... il avait conquis beaucoup d'autonomie pendant
l'étape monoparentale de la famille, au point que la
relation avec le parent présent était devenue comme
symétrique [7]
... ou encore, il avait beaucoup aidé
son parent seul et s'était montré très
efficace...| § V : NOUS TERMINERONS EN ÉVOQUANT QUELQUES QUESTIONS RELATIVES À LA SEXUALITÉ. |
- N'encourager aucune sexualité dans ce groupe d’enfants qui
vit ensemble au quotidien, mais ne pas dramatiser non plus la
signification d'une bonne partie des activités sexuelles qui
s'y développeraient quand même, comme par exemple les
jeux sexuels entre petits, le plus souvent " normaux –
développementaux ".
- Interdire clairement la récidive de ce qui
s'avérerait un abus ( violence ou tromperie
intellectuelle ); sanctionner celui-ci; chercher à
comprendre pourquoi il a eu lieu et remédier à ses
causes profondes
- Que faire si, sans être pour autant amoureux, des mineurs,
souvent préadolescents ou adolescents, s'avèrent
s'être choisis librement comme partenaires de masturbations
ou d'autres " éclates sexuelles " qui
s'approchent de plus en plus des activités sexuelles adultes
et peuvent être de longue durée ? La réponse
est double : il s'agit d'abord, en tant que parents et qu'adultes
éducateurs, de se situer fondamentalement par la parole,
face à ces jeunes, pour s’énoncer quant à la
valeur que l’on attribue à leur sexualité
précoce. Même si on l'autorise ou la tolère
dans son principe, il s'agit ensuite au moins de leur demander de
se trouver dorénavant des partenaires extra-familiaux, parce
qu'un groupe de type familial européen est fondé,
entre autres, sur la non-pratique sexuelle entre membres cadets du
groupe, surtout quand ils s'approchent ou atteignent la
puberté. A noter que nous n'emploierons pas trop vite le
mot d'inceste ici, certainement pas si les jeunes n'étaient
pas du même lit, et même très parcimonieusement
s'il s'agissait de fratrie ou de demi-fratrie. En effet, nous
préférons réserver le terme quand il y a lien
de sang proche, qu'il y a activités sexuelles, et surtout -
essentiellement - qu'il y a amour possessif-exclusif entre les
partenaires
(18).
- Et si deux jeunes tombent profondément amoureux et
cherchent alors à y intégrer des relations sexuelles?
S'ils sont frères et soeurs ou demi-frères et
demi-soeurs
(19)
, on doit parler d'inceste et prendre des
mesures efficaces pour l'interdire, gentiment mais fermement ( il
faudra souvent passer par des séparations
matérielles ). S'il n'y a pas de lien de sang entre ces
jeunes, on ne doit pas brader le mot " inceste ", et
apprécier au cas par cas la conduite à tenir en
tenant compte à la fois du projet des amoureux et de la paix
des sens des autres ...| Mots clés - Keywords. |
| Résumé - Abstract. |
| - Bibliographie - |
| - Notes. - |
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... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit n'est constitué que d'informations techniques automatiques dont les textes sont déjà repris plus haut. ... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec le texte du professeur Jean-Yves Hayez. |

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Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur
Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son
infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008, Jean-Yves Hayez |
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... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit n'est constitué que d'informations techniques automatiques dont les textes sont déjà repris plus haut. ... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec le texte du professeur Jean-Yves Hayez. |