Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez

Mouvances des familles

et réponses

aux besoins des enfants.

I. L’amour et la confiance de base.
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" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va
et d'employer l'esprit à le justifier." Jean Guéhenno.

Jean-Yves Hayez
a le plaisir de vous proposer

MOUVANCES DES FAMILLES ET
REPONSES AUX BESOINS DES ENFANTS.
I. L’amour et la confiance de base.



Paru dans Psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, volume 1, numéro 5. novembre-décembre 2003, p. 31-37.

Jean-Yves HAYEZ (1*) , Alain LAZARTIGUES (2*).

Correspondance (*).

Les familles restructurées rencontrent-elles les besoins des enfants et contribuent-elles alors à l'épanouissement de leur personnalité ?
Connaissent-elles des difficultés spécifiques à ce propos ? La réponse ne sera évidemment ni exhaustive ni de type tout ou rien : nous nous limiterons à quelques illustrations-clé face à la très grande variété des situations de terrain.

Par ailleurs, prétendre connaître " objectivement " quels sont les besoins des enfants constituerait une déclaration imprudente et orgueilleuse! Bien que nous nous soyons efforcés d'en faire un repérage scientifique, à travers nos lectures, l'écoute de nos collègues et notre expérience professionnelle, nos propositions sont forcément imprégnées par notre subjectivité, personnelle et culturelle; nous assumerons cette limite irréductible.

Ces restrictions préliminaires étant posées, définissons les trois concepts centraux de ce texte :

Les besoins psychiques de l'enfant, c'est ce qui manque à celui-ci, et qu’il attend des autres, pour assurer ou maintenir sa croissance psychique, c'est-à-dire cognitive, émotionnelle et spirituelle.

Quelles sont les conditions et les composantes d'une bonne santé mentale chez l'enfant?
Les conditions, c'est que son équipement personnel, issu de son génome, ne soit pas altéré et que l'on s’efforce de répondre à ses besoins d'une manière que Winnicot [6] a définie comme " suffisamment bonne " ( suffisamment abondante et subtile, adéquate ); parmi ceux-ci, citons le besoin d’être préparé à être un membre créatif et convivial de sa société d’appartenance, qui a ses valeurs profondes et ses règles. Il faut enfin qu’avec l'ultime pouvoir d'analyse, de réceptivité et de liberté intérieure dont l'enfant dispose, il ait " reçu et accepté " ce que son entourage lui propose de bon, en large congruence avec les intentions de ceux qui désirent l'investir et l'élever.

Quant aux composantes, elles se mettent en place au fil du développement [2]. En voici les principales :

(A) Le déploiement précoce d'une capacité à aimer : demander de l'amour, accepter d'en recevoir et pouvoir en donner. Au fil du temps, une sexualité physique se greffe occasionnellement sur cette aptitude à aimer; elle s'exerce en tenant compte des grandes lois humaines ( non-inceste ; non-violence sur autrui ); l'enfant sait se réjouir de son existence.

(B) A partir d'environ un an, acquisition d’une confiance de base rendue possible par la qualité des relations précoces ( attachement secure ) et par " l’intériorisation " de " bons objets internes primaires " [1]. Elle se signifie par une certitude tranquille à propos du droit à exister et de la valeur que l'on a, ainsi qu’à propos de la bienveillance et la capacité protectrice de l'environnement, par une capacité à supporter des délais, des absences de durée et d’intensité raisonnable, par un plaisir à explorer l’environnement avec assurance, ce qui contribue à la construction d’une représentation du monde riche et de plus en plus adéquate, etc.

(C) La capacité de s'affirmer, d’exercer une agressivité gratuite et conquérante - instance assertive [3] - ; elle tient néanmoins progressivement en compte le droit d'autrui à une vie digne, au fur et à mesure que s’intègre et que s’élabore le Surmoi, largement relayé plus tard dans la vie par une conscience morale personnelle. Corollairement, on peut parler de capacité à se défendre lorsque l'on est menacé dans son intégrité.

(D) La capacité de vivre, puis de " dépasser " une dynamique oedipienne, en s'identifiant aux adultes plutôt qu'en cherchant à les éliminer; en renonçant à posséder amoureusement le parent d'abord choisi et en sublimant en tendresse l'amour que l'on ressent pour lui; en orientant vers le monde social des pairs les pulsions et désirs sexuels les plus forts.

(E) L'élaboration d'une identité générale et d'une identité sexuée stables pouvant se traduire par une confiance dans les ressources que l'on possède, par une capacité d'effort et de travail pour achever un projet.

(F) L'élaboration d'un Idéal du Moi qui propose de l’intérieur des modèles réalistes et souvent sociables, ainsi que d'un système de valeurs personnel et stable.

Qu'appellerons-nous " famille restructurée " ? Nous n'aimons pas trop le terme " recomposé " qui nous évoque " bricolage ... vase recollé après la casse " et donc vulnérabilité particulière et esthétique douteuse. Nous préférons parler d'une organisation, d'un lieu et d'un moment de structuration nouveaux dans la trajectoire de vie d'enfants, de leurs parents et des éventuels nouveaux partenaires de ceux-ci.
Nouveauté susceptible d'être très polymorphe puisqu'elle comprend les réorganisations familiales consécutives à la séparation parentale; tous les cas d'espèce de foyer monoparental ( par choix délibéré, suite à un abandon précoce et douloureux du père biologique, par veuvage ); les couples homosexuels où séjournent des enfants ( par ex. les enfants d’une première union hétérosexuelle d’un des partenaires ); les familles où l'enfant a été fécondé artificiellement par donneur externe, etc.
Nous nous en tiendrons donc principalement à une vignette fréquente, qui est illustrée dans l'encadré ci-dessous.

Après une étape dite de " famille - ou foyer - monoparental(e) " - elle-même consécutive à une séparation conjugale, la maman d'un ou plusieurs enfants (1) qui vivent en semaine chez elle, ouvre la porte de sa maison à un nouveau compagnon, avec qui elle veut stabiliser une vie de couple déjà débutée.
Ce " nouveau " a lui-même - ou n'a pas - d'enfants, en garde quotidienne ou en visite. Il branche également les enfants de sa compagne sur un nouveau réseau humain : sa propre famille d'origine, ses amis, connaissances et réseaux sociaux.

La plupart du temps, sa venue ne supprime pas les liens qui existent entre les enfants et leur branche paternelle ... de là à prétendre qu'elle n'y provoque aucun remous, c'est une autre histoire.

Enfin, indépendamment de ce qui se passe dans la branche maternelle, le père des enfants, de son côté, peut garder le statu quo ou procéder aux restructurations les plus diverses de sa vie relationnelle.


      Cette vignette constitue déjà une réalité complexe et aux frontières plus floues et insaisissables que celles de la famille traditionnelle.

Les nombreuses fois, où les deux parents du couple d'origine restent dans la course, quel est le lieu de la famille restructurée de l'enfant, alors qu'existent toujours ses deux sources de sa vie à qui la loi reconnaît une égalité de droits éducatifs et de responsabilités? Il est plus exact de dire qu'existent deux pôles de référence, deux constellations de personnes entre lesquelles va se répartir sa vie!

      Chacune de ces constellations est elle-même susceptible d'avoir des compositions variables et des frontières floues : par exemple, jusqu'à quel point les parents du nouveau compagnon de la maman font-ils partie intégrante d'un de ces pôles?

      En référence à un type contemporain de fonctionnement qui sera détaillé dans la seconde partie, la réponse dépend davantage de l'engagement des personnes et de l'intensité des liens qui se créent que de statuts officiels ; elle est donc variable! Inversement, on devrait pouvoir admettre que tel ( grand ) adolescent profite d'une restructuration familiale ... pour ne pas y entrer et prendre son autonomie plus précocement qu'attendu.

Il y a aussi la mouvance possible dans le temps : si certaines restructurations se pérennisent, dans d'autres cas l'itinéraire d'un, voire des deux parents, reste très mouvant, avec les recompositions du groupe de vie quotidienne qu'il entraîne dans sa course. Est-ce possible pour l'enfant, alors, de vivre chacune de ces étapes comme des moments et des lieux de famille successifs ou se sent-il plutôt en famille monoparentale, le lien avec son parent faisant foi et ce dernier amenant pour son seul compte ses invités du moment?
Ici aussi la réponse est variable et dépend plus de l'engagement des personnes que de la matérialité des faits : on peut se sentir orphelin du départ d'un adulte avec qui on a habité moins d'un an, mais avec qui un lien fort et réciproque s'est créé.

Ces quelques mots d’introduction mettent bien en lumière l’inversion de apports qui s’est opéré en 40 ans (2) entre l’institution et l’affectivité : dans la famille classique (3) , l’affectivité devait entrer dans le cadre imposé par l’institution. Dans la famille contemporaine (4) , l’affectivité va " structurer le cadre " qui va organiser les relations entre les partenaires de toutes ces variations de composition familiale.

RECEVOIR ET DONNER DE L'AMOUR.

L'investissement positif de l'enfant par son entourage constitue un bienfait fondamental, dont la forme évolue spontanément au fil du temps : de la tendresse physique et des chatouillis dispensés au bébé, à l'intérêt bienveillant et discret pour la pensée de l'adolescent, puis au petit coup de pouce financier au jeune ménage qui s'installe. Cet amour donné se doit de ne pas être possessif et d'encourager l'enfant qui grandit à se trouver amis et partenaires dans le monde social, sans renier la base d'affection qui le relie à sa famille. On doit pouvoir mettre des limites aussi, à l'occasion, contre l'éventuel cannibalisme affectif ou contre les débordements oedipiens de l'enfant, sur lesquels nous reviendrons par la suite.
Réciproquement, parents et autres adultes devraient accepter que l'enfant soit lui aussi un être relationnel, qui désire donner attention et amour au sein des relations importantes qu'il s'est choisies.

      Ces différentes intentions et modalités positives sont souvent spontanément mises en oeuvre par les proches de l'enfant, qu'ils vivent en famille d’origine ou restructurée. Il existe néanmoins toujours des conditions relationnelles et des risques occasionnels susceptibles d'en compromettre la réalisation. Dans la famille restructurée, ces risques sont bien sûr plus forts aux moments de transitions ( séparation, naissances, arrivée de nouveaux ...) qui sont souvent des moments de crises ( bouleversements émotionnels; incertitudes des idées et des repères; changement d'organisation et de contexte matériels ... ).

Dysfonctions dans le don d’amour.

Ainsi peut-on évoquer tous ces moments où l’enfant n'est pas ménagé, parce que les émotions vécues par les adultes sont trop fortes ou leurs enjeux de pouvoir trop intenses : enfants témoins des disputes conjugales, si pas pris à partie dans celles-ci ou abandonnés à l'impression que tout est de leur faute; enfants témoins - voire priés d'être complices - des visites de l'amant, alors que le couple parental est censé toujours exister; enfants se transformant en objets qu’on ne se prive pas de bousculer lors des visites conflictuelles.
Dans tous ces cas, la fonction pare-excitations est défaillante de facto, principalement parce que les parents sont peu disponibles en raison de leurs difficultés propres. L'enfant est donc soumis à des excitations et à des stimulations trop élevées qui, si elles se pérennisent, risquent de conduire à un habitus d’échanges par trop tumultueux.
Paradoxalement, le risque devient que l’enfant éprouve comme peu intéressantes les stimulations de la vie quotidienne ordinaire, les échanges sans épines et les désirs de tout le monde, mieux inscrits dans des cadres matériels et psychiques solides.

      On peut penser aussi à tous ces moments où l'on crée chez l'enfant l'idée qu'il est de trop, que ce serait mieux s'il n'était pas là ou, à tout le moins, qu'il n'est plus le petit prince d'avant et que maintenant, il est prié de rentrer dans le rang : il s'entend dire qu'il est éreintant, difficile, pendant une phase monoparentale où son parent est épuisé; il constate qu'il encombre, parce que le père fait faux bond à la dernière minute pour un week-end prévu chez lui et que, justement, sa mère avait aussi prévu sa récréation à elle; plus âgé, il doit assister aux effusions de sa mère et de son copain en ne sachant où se mettre et qui les voit partir en week-end d'amoureux, lui " relégué " chez ses grands-parents, etc.

      S'il ne s'agit que d'une rétrogradation vers une place plus réaliste, c'est dur sur le coup, et il faut aider l'enfant à exprimer comment il le vit, mais ce n'est pas nécessairement négatif à long terme. Il fait, en temps pas toujours le plus opportun, l'inévitable leçon de la désillusion : l'amour parental ne saurait pas être parfait, et il faut donc se débrouiller et s'aimer soi-même et chercher chez ses pairs d'autres amitiés et amours qui ne sauraient être qu’impératifs eux aussi!

Conséquences sur le développement.

Certaines situations comportent un risque majeur de perturber le développement psychologique de l'enfant. Par exemple, à l'occasion de la séparation, certains enfants perdent leur père
(5) , carrément ou en se découvrant assez vite insignifiants à ses yeux. Ou alors, ils découvrent brutalement de lourds secrets, par exemple que celui qui a fonctionné jusqu'alors comme leur père - et leur a peut être même donné son nom - n'était pas leur géniteur (6). Difficile, pour certains, de garder confiance en eux, quand ils se découvrent dédaignés, sans crier gare, par un homme qui, éventuellement, a de nouveaux enfants de son côté (7)! Difficile de leur faire vraiment comprendre que c'est l'attitude de leur père qui est médiocre et pas eux qui sont particulièrement minables!
Difficile aussi de découvrir brutalement qu'on ne sait pas de quelle semence d'homme on vient, même si l'identité et les richesses spirituelles de chacun transcendent son équipement biologique!

      Tel autre enfant jusqu’alors petit prince se croyant indispensable à la félicité d'une maman bien contente de le choyer, doit accepter maintenant qu'elle soit folle amoureuse d'un autre adulte. Certes elle a encore l'air de se souvenir de son existence à lui, l’enfant, mais justement, ça ne lui plaît pas trop que ce soit un acte de mémoire. Il se sent comme un surplus dont on se souvient après que le plus essentiel de la passion a été vécu avec un autre. Par la suite, il faudra peut-être même accepter avec un simili-sourire le nouveau bébé du nouveau couple; l’enfant se sentira bien obligé de montrer qu'il va l'aimer et bien s'occuper de lui, alors qu'au fond, cela ne voudrait-il pas dire que maman en a préféré un autre, avec une autre marque de fabrique? Et qu'il doit bien rester, quant à lui, porteur de la semence d'un père jugé si négatif?

      Rien de tout ceci n'est irrémédiablement traumatisant ... si les adultes concernés acceptent vraiment de l'intérieur l'idée que ça puisse l'être momentanément. Alors ils iront à la rencontre de l'enfant pour lui permettre de s'exprimer, ils trouveront quelques mots et signes pour le consoler, le rassurer, et lui montrer qu'il compte toujours à leurs yeux.

      Mais il existe des situations inverses où, pendant la phase monoparentale, l'enfant va prendre la place du partenaire affectif privilégié de sa mère. Partenariat parfois seulement fondé sur de la tendresse sensuelle; ailleurs, davantage marqué par la dimension " adulte " que développe l'enfant. Le voici le confident de sa mère, le consolateur, le protecteur, celui qui se débrouille et bricole mieux qu'elle. Il lui offre un soutien affectif et global dont elle a bien besoin en ce moment de sa vie où elle surnage comme elle peut dans ses difficultés et sa solitude affective. Ils font presque tout ensemble, même dormir dans le même lit pour se sentir moins seuls la nuit. Dans ces situations, la fréquentation de son père par l'enfant est assez souvent espacée et difficile, si pas impossible. Mais surtout, la mère renonce à " refaire sa vie " parce qu'elle est suffisamment comblée par l'enfant. Ou alors si, à la longue, elle essaie quand même de faire entrer un autre homme à la maison, les risques sont nombreux, quelle que soit l'éventuelle diplomatie du nouvel arrivant. L'enfant lui montre avec obstination qu'il est de trop, la mère empêche la relation enfant/nouvel adulte ou arbitre tous les conflits en faveur de l'enfant, et le monsieur finit par partir en claquant la porte.

Les bénéfices à court et à moyen terme que l’enfant en tire sont importants : être quasi traité en adulte; gérer des responsabilités importantes; réaliser une bonne partie de ses voeux oedipiens, etc. Il est néanmoins rare que ces " petits couples " intergénérationnels constituent à long terme la formule de vie la plus épanouissante pour chacun. Parfois, l’enfant puis l’adolescent semble rester hypermatures, avec peu d’attrait pour les activités usuelles de leurs pairs, mais ils deviennent souvent des adultes insatisfaits, fréquentant plus que les autres les cabinets des psychiatres. Chez d’autres, avec la crise d'adolescence, le jeune finit par prendre distance, via des conflits ou en sabotant ses ressources. Dans d'autres cas, il reste très dépendant de sa mère, même devenu adulte et le voici se condamnant au célibat, ratant sa vie de couple; ou developpant des tendances perverses et/ou pédophiles.

      Last but not least, le sexe fait son apparition de loin en loin. Parce qu'il se sent seul, parce qu'il a besoin d'affectivité et de sexualité, un parent en vient à séduire son enfant (8) et celui-ci à consentir! Ou c'est l'inverse qui se produit; les activités sexuelles qui s'en suivent durent le temps d'un dérapage, une seule fois, quinze jours, un mois ... Plus rarement elles s'installent en une habitude de plus longue durée : un père et un fils se masturbent ensemble devant de la pornographie; une mère lèche la vulve de sa fillette de 8 ans ... la mère de Lorenzo couche avec lui dans Le souffle au coeur ( L. Malle, 1970 ). Que de misères qui se vivent là! L'adulte incriminé continue le plus souvent à porter sa solitude - peu confiant qu'il est dans le respect de la confidentialité chez les professionnels de l'aide à qui il se confierait - l'enfant ou le jeune, lui aussi, garde un silence farouche sur ce à quoi il a l'air de consentir, mais qui constitue quand même un inceste et un abus!

Reconnaître et respecter l’enfant comme un être relationnel.

Rappelons d’abord à ce propos quelques principes qui gouvernent les relations sociales, particulièrement celles où des enfants sont parties :

(A). Les relations vivantes et consistantes sont librement choisies de part et d'autre; ce choix réciproque, pas nécessairement de même intensité ni guidé par les mêmes attentes, garde un ultime déterminant imprévisible, l'exercice de la liberté intérieure de chacun.
Pour s'ouvrir ( à nouveau ) à quelqu'un, il faut que l'enfant ait confiance, se sente en sécurité et reconnaisse chez l'autre la capacité de le respecter. Pour cette raison, il est utopique et traumatisant de réimposer des contacts, même en milieu tiers, entre un enfant et un parent abuseur sexuel qui n'aurait jamais reconnu sa faute. Derrière le sourire et la duplicité de l'adulte c'est en face d'une vipère toute-puissante que l'enfant a l'impression de se trouver.

On ne crée ou ne recrée pas une relation sur injonction; inversement, on est tout aussi incapable d'imposer à l'enfant qu'il y mette fin dans ce qu'elle a de plus insaisissable et de plus essentiel, sa dimension spirituelle! Même lorsqu'un parent s'oppose indûment aux contacts de l'enfant avec l'autre, même lorsqu'il suggestionne subtilement l'enfant pour que celui-ci ait l'air d'être d'accord, jamais personne n'a d'emprise sur ce que cet enfant pense le plus personnellement et le plus secrètement ni sur ce qu'il vit.

(B). On court un risque sérieux de traumatiser l’enfant lorsque l’on coupe indûment la matérialité d’une relation significative pour lui. Et ceci, indépendamment de ce que nous venons de dire sur la gestion autonome des dimensions spirituelles de toute relation.
On ne devrait donc y recourir que pour des raisons graves - la destructivité attribuée à cette relation -, confirmées par des observateurs sereins et indépendants.
Un enfant a besoin de rencontres concrètes qui lui prouvent qu'il est aimé et important. Il a besoin de recevoir des petits plaisirs, d'enrichir ses identifications au contact de la manière d'être de l'autre, d'enrichir ses informations au fil de petits dialogues vécus avec celui-ci, etc.
Si on le prive de ces aspects concrets, on génère tristesse, sentiment de vide, colère!
Si en plus on l'influence pour qu'il dise qu'il est d'accord, il a une mauvaise image de lui, il se sent traître et lâche, vécus qu'il refoule et dénie parfois en se montrant le plus accusateur de tous ... mais à quel prix intérieur!

(C). Il est important que quelques relations, les plus fondamentales pour l’enfant, soient stables et que celui-ci puisse se ressourcer indéfiniment en elles.
Mais au-delà, il gagne à vivre des relations diversifiées; personne, pas même un parent très engagé pour lui, n'a le droit de se poser en " Grand Tout ". La liberté d'aimer au pluriel, de s'intéresser aux gens, de se socialiser, doit être reconnue à l'enfant pour les enrichissements multiples qu'il peut tirer de ces contacts diversifiés, et, plus essentiellement, pour qu'il se sente libre de penser sa vie et de choisir.

      Il n'y a pas d'obstacles de principe à ce que la famille restructurée concoure à la promotion de cet être relationnel. A chaque adulte, au moins lui, d'y être attentif et d'y oeuvrer! En récompense de son travail, il verra souvent sa nouvelle famille se constituer plus ou moins vite en un " ensemble relationnel ", un espace de vie suffisamment bien délimité, à l'intérieur duquel une " intimité ensemble " peut se développer, et où la dimension affective des relations prend de plus en plus d'importance
[4]. Cet espace délimité n'en sera pas pour autant barricadé : il sera pourvu de portes de sortie par lesquelles s'encourage également l'existence de relations au-dehors.

      Il existe néanmoins quelques risques spécifiques :

(A). Bousculer le réseau relationnel tissé jusqu'alors par et pour l'enfant sans y faire attention, parfois, banalement, parce qu'il y a beaucoup de problèmes " importants " à résoudre. Par exemple, considérer comme insignifiantes les " amitiés d'école ou de rue " qu'un déménagement peut casser sans même qu'on en parle.

(B). Ne pas tenir compte du besoin d'un repérage stable présent surtout chez l'enfant jeune et le laisser baigner dans trop de chaos mouvant, sans expliquer, rassurer, prendre le temps de lui montrer que beaucoup de ses références-clé persistent, au-delà de réorganisations formelles superficielles.

(C). Disqualifier " l'ex " ou sa famille, sans faire attention à l'enfant qui écoute; imposer à celui-ci des ruptures qu'il ne demande pas, en assimilant son vécu expérientiel à celui de l'adulte accusateur qui, lui, a toujours des raisons subjectives et souvent des objectives de se plaindre.

(D). Dans un contexte de séparation difficile, le fait qu'une mère n'entrave pas l'accès d'un enfant à son père lui demande parfois le courage d'éviter des récupérations subtiles. Inutile, par exemple, qu'elle téléphone à son " ex " pour qu'il s'occupe particulièrement des devoirs de l'enfant si elle sait, par ailleurs, que ça l'agace et que ça n'a jamais été son souci! Inversement, elle n'est pas obligée de rester passive si elle est persuadée que son " ex " dit du mal d'elle à l'enfant. Sans faire de l'inquisition au retour de chaque visite, elle peut signaler l'une ou l'autre fois à celui-ci, en termes adaptés à son âge : " Je te prie de considérer comme très contestable le mal qu'il te dirait de moi ; c'est sa manière de me voir; d'ailleurs, là dessus, tu peux me demander des explications si tu le souhaites ".

(E). Imposer trop vite que se mettent en place des liens positifs; ne pas signifier à l'enfant " Tu l'aimeras un jour si tu le veux "; ne pas respecter un temps d'apprivoisement.

C'est le cas, par exemple, quand on fait pression pour qu'existent des liens positifs rapides entre les enfants, ceux de la mère et ceux de son nouveau compagnon. Or un esprit fraternel ne se recrée que petit à petit, s'il y a accord implicite, et s'il existe suffisamment de temps de cohabitation concrète [5].

FACILITER L'ACQUISITION DE LA CONFIANCE DE BASE.

Remarquablement décrite par E. Erikson
[2] , la confiance de base est cette réalité intérieure, déjà bien acquise vers l'âge d'un an dans de bonnes conditions relationnelles, qui confère à l'enfant sentiment de sécurité et de paix, la confiance dans le respect de son intégrité par son environnement, et la certitude qu'il recevra la protection nécessaire en cas de danger.
Certes, un enfant n'est pas l'autre. De par leur seule nature, certains se sentent " naturellement " confiants plus vite et plus forts que leurs pairs ( enfants au tempérament dit easy going, enfants potentiellement résilients ).
Facteurs contributifs de la confiance de base.

Néanmoins, la qualité de l'éducation et des relations quotidiennes contribue puissamment à l'installation de cette confiance de base, en référence aux attitudes plus précises que voici :

(A). La qualité et la quantité de protection effectivement destinée à l'enfant. Plus il est petit, plus il a besoin de sollicitude et de vigilance pour écarter les menaces d'agression sur sa route. Au fur et à mesure qu'il grandit, il faut y ajouter des incitations à ce qu'il prenne en charge sa propre protection, au moins partiellement, pour ce qui est à la mesure de ses forces.

(B). Une présence effective des adultes dans sa vie. Cette présence discrète mais fiable qui " veille-sur ", lui crée un environnement suffisamment secure, donne un coup de main à l'occasion et qui puisse servir de contenant, de pare-excitations quand l'enfant est trop débordé par ses propres pulsions.
Les parents doivent donc être suffisamment fiables et prévisibles. Alors, l’enfant élargit progressivement son horizon temporel au futur et ose regarder avec confiance vers le passé pour en tirer des leçons constructives.

(C). Une communication claire et authentique (9).

(D). L'absence d'intrusions gratuites dans la pensée ou le corps de l'enfant ou dans les biens matériels dont la propriété lui a été reconnue. L'enfant gagne en effet à ce que lui soit garanti le droit à un territoire matériel propre, d'extension variable au fur et à mesure qu'il grandit, ainsi que le droit à un territoire spirituel, c'est-à-dire une intimité.
Concrétisée de façon raisonnable, cette reconnaissance contribue puissamment à donner à l'enfant un sentiment de sécurité et de paix; à travers la reconnaissance de son territoire, il vit une sérénité intérieure pour penser et programmer sa vie, pour développer des opinions personnelles et sa créativité.

(E). Une stabilité raisonnable de l'environnement, des conditions de l'espace et du temps, de l'organisation de la vie et des rites, ainsi que des liens.

Qu'en est-il dans les familles restructurées?

Ici non plus, il n'existe pas d'obstacle de principe qui empêcherait la famille restructurée de déployer ces attitudes. Il lui revient d'être particulièrement attentive aux challenges suivants :

      La disponibilité des adultes pour y assurer leur part de protection et de présence auprès de l'enfant n'est pas toujours optimale, vues les crises par lesquelles eux-mêmes passent. Parfois, ils trouvent des solutions pour mettre l'enfant à l'abri ( par exemple, chez les grands-parents ); parfois, ce n'est pas possible. Certains enfants, résilients, apprennent à se débrouiller tout seuls; d'autres, moins compétents, vivent davantage d'insécurité, souvent secrète, que dans des conditions ordinaires, mais personne n'y peut rien!
      Quant à l'authenticité de la communication comme fondatrice de sécurité, elle est parfaitement réalisable si l'on veut bien y penser et s'y investir! Mais si on ne le fait pas toujours assez et bien, des enfants sont involontairement abandonnés à de grands pans de silence. Ils ne savent pas pourquoi les adultes se sont séparés, où ont disparus certains d'entre eux, qui est ce gentil monsieur qui vient dire bonjour à leur maman ou même de quoi leur avenir à eux sera fait!
Il revient donc aux parents et aussi à tous ceux qui vivent aux côtés de l'enfant de relever ce défi de l'information : se montrer disponibles aux questions et soucis de l'enfant, prendre des initiatives, insérer les informations dans un dialogue où l'on donne à l'enfant l'occasion de réagir, d'exprimer ses opinions et où l'on s'engage soi-même de façon personnalisée.

      La non-intrusion constitue un autre défi délicat. Sur le plan spirituel, elle est d'autant plus difficile à respecter que la situation reste tendue entre les " ex ", voire, le cas échéant, avec les nouveaux partenaires. Et pourtant, dans ces circonstances plus que jamais, il est important d'accepter que l'enfant " garde pour lui ", s'il le souhaite, les expériences qu'il fait quand il est dans " l'autre pôle ", ce qu'il y vit et ce qu'il en pense!
Dans toute la mesure du possible, l'enfant appréciera également que l'on respecte ses biens matériels, par delà les vicissitudes, autant que son territoire de vie privée qu'il s'est construit au fil du temps.

Même quand une famille n'est pas très riche et habite un espace restreint, même si alors il faut bien faire quelques concessions importantes, par exemple au niveau du partage des chambres
(10) , les adultes doivent montrer qu'ils restent les garants d'un droit de l'enfant à la propriété. Qu’ils protègent donc à l'occasion, contre l'invasion des autres, le fait que l'enfant conserve " sa " place à table ( ou devant la T.V. ), l'endroit où il range ses souliers, sans qu'on puisse lui faire de blagues à leur sujet ou, plus simplement encore, qu'ils se soucient parfois qu'on lui " fiche la paix ".

      Une stabilité " suffisamment bonne " de l'environnement matériel et humain est une autre source de la confiance de base. Il est inévitable qu'elle soit compromise au coeur des crises qui scandent le processus de restructuration. Tant mieux au moins si l'adulte peut se souvenir que ces déstabilisations perturbent l'enfant et s'il peut décoder et tolérer les signes de cette insécurité infantile. Tant mieux surtout s'il peut aider l'enfant à s'exprimer à ce propos et trouver des paroles de réparation et d'espoir.
Par la suite, même quand les liens et l'organisation redeviennent plus paisibles, on gagne à éviter trop d'allers-retours aux enfants, parce que cette mouvance excessive réveillerait leur angoisse ou les empêcherait perpétuellement de bien organiser leur vie et de se donner dans des liens sociaux.

Par exemple, il est rarement souhaitable que des enfants très jeunes, avant 30 mois quittent répétitivement leur endroit de vie principal pour des périodes trop longues, celles qui incluent au moins une nuit et où il y a rupture insécurisante du contact sensoriel avec leur(s) référent(s) maternant(s) habituel(s). Donc, oui à de petits contacts répétés avec l'autre parent et non au délogement!
Par exemple, nous ne sommes pas défenseurs acharnés de la garde alternée, malgré la modernité qu’elle connote et les bienfaits que d’autres lui attribuent. Elle nous paraît souvent davantage au service des besoins affectifs des adultes et de leur incapacité à se départager, qu'à celui des intérêts de l'enfant.


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Mots clés - Keywords.

MOTS CLES:
Familles restructurées, besoins psychiques infantiles, confiance de base.

KEYWORDS :
Restructured families, Child’s psychic needs, Self-confidence.

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Abstract.

There are a lot of different models of family structures apart from the traditional nuclear family which is why they ave been grouped together under the generic term restructured families. Do they satisfactorily meet - to paraphrase Winnicot - the psychic needs of children that live inside them?
The answer cannot be simply yes or no as it is obviously impossible to study every individual case. Like all human institution, these families have specific failures and successes, which may be momentary during a crisis or a highly productive periode while others may be more structural.

In the first of these two articles dedicated to this subject, the question of love given in response to the child's expectations will be discussed, followed by a discussion of what happens to his self-confidence, which is in the process of being formed.


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- Bibliographie -

[1]. ERIKSON E. , 1966
Enfance et société,
Neuchâtel, Delachaux et Niestlé.

[2]. HAYEZ J.-Y., 2001.
Destructivité chez l’enfant et l’adolescent,
Paris : Dunod.

[3]. MARCELLI D., 2003.
Une nouvelle autorité dans la famille : l’enfant,
Paris, Odile Jacob.

[4]. MARQUET J., 1998.
Evolution et déterminants des modèles familiaux, Manuscrit non publié.

[5]. VAN CUTSEM C., 1998.
La famille recomposée, entre défi et incertitude,
Paris : Eres.

[6]. Winnicot D. W., 1969.
De la pédiatrie à la psychanalyse.
Paris : Payot.

Pour retourner à l'endroit dont je viens de partir.



je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be

 


- Notes. -


(1). Jean-Yves Hayez, psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie, coordonnateur de l'équipe SOS Enfants-Famille et responsable de l'Unité de pédopsychiatrie, Cliniques universitaires Saint-Luc, 10 avenue Hippocrate, B-1200 Bruxelles.
Courriel :
jyhayez@uclouvain.be


(2). A. Lazartigues, pédopsychiatre, professeur de pédopsychiatrie à l’université de Brest et chef de service du département de psychiatrie infanto-juvénile au CHU de Brest.


(1). Nous supposerons qu'il s'agit d'enfants issus du couple parental en question ou adoptés par lui. De loin en loin, il y a aussi des enfants en simple accueil familial ou d'autres issus en partie d'autres unions ( déjà demi-frères ou soeurs entre eux ).


(2). Mai 68 restera le signe fort d’un tremblement de terre sociologique dont le début est situé vers 1960.


(3). Qu’il n’y ait pas de confusion dans les qualifications : famille classique ou moderne, ou traditionnelle se réfère aux fonctionnements d’avant 1960. Famille contemporaine ou post-moderne aux fonctionnelles les plus typiques du 3e millénaire débutant.


(4). Dans la famille contemporaine où la natalité est moindre et commence plus tardivement, on a l’impression que le " projet enfant " est souvent mûrement réfléchi et raisonnablement positionné dans un programme de vie d’ensemble. Est-ce dire autant que l’enfant soit mieux aimé qu’à l’époque où c’était plus imprévu?


(5). La perte de la mère n'est pas impossible, mais encore plus rare!


(6). Ce qui s'en suit est variable, du maintien d'un lien fort au désaveu de paternité, mais n'est pas toujours ni agréable à vivre ni sans créer de dommage psychique.


(7). Quand il ne se remet pas en couple homo, histoire d'une fois changer, modernité oblige ... et alors, c'est souvent plus dur et plus troublant à vivre par les enfants que ne le proclament les associations militantes homosexuelles ...


(8). L'âge le plus fréquent du jeune ici concerné est entre 12 et 14 ans. Il y a parfois plus jeunes et plus rarement plus âgés.


(9). Communication optimale n'est cependant pas communication totale. On peut viser à protéger l'enfant d'informations choquantes, inutiles à son développement ou à tout le moins prématurées.


(10). Dans une maison de taille modeste, où plusieurs enfants débarquent en visite le week-end, il peut être inévitable que l'enfant plus permanent doive partager sa chambre ... mais, s'il s'agit de visites, même régulières, on pourrait officialiser qu'il s'agit toujours de sa chambre, et que les autres en sont des invités : de marque, sans doute, mais invités ... en leur donnant d'autres privilèges à d'autres moments.


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Création le 16 janvier 2005.
Dernière mise à jour le dimanche 02 mars 2008.
Issu d'une photocopie prêtée par le professeur Jean-Yves Hayez
DS.ds


 


Fin du dossier























































































































































































... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit n'est constitué que d'informations techniques automatiques dont les textes sont déjà repris plus haut.

... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec le texte du professeur Jean-Yves Hayez.





































 

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Bravo de m'avoir trouvé

Félicitations

Ce site a été composé par un bénévole sans aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié du professeur Hayez.

C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.

L'hébergement du site est situé sur lycos depuis le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir pratiqué cette action bénévolement également avec beaucoup de professionnalisme.

Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a été supprimé par Lycos le 15 octobre 2006 pour une raison non expliquée. Nous le regrettons vivement et ceci altère fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.



... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a été retirée par souci de simplicité.







Vérification d'accessibilité

Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et Netscape ( quelques instructions ignorées )

Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP

La présentation est prévue pour écran 640x480 mais est encore correcte avec les écrans plus grands 1600x1200 ou autres.


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... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit n'est constitué que d'informations techniques automatiques dont les textes sont déjà repris plus haut.

... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec le texte du professeur Jean-Yves Hayez.





































 

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Ce site a été composé par un bénévole sans aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié du professeur Hayez.

C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.

L'hébergement du site est situé sur lycos depuis le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir pratiqué cette action bénévolement également avec beaucoup de professionnalisme.

Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a été supprimé par Lycos le 15 octobre 2006 pour une raison non expliquée. Nous le regrettons vivement et ceci altère fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.



... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a été retirée par souci de simplicité.








Vérification d'accessibilité

Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP

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Plan.     ici

Abstract.     ici

Mots clés.     ici

Bibliographie.     ici

Notes.     ici

Télécharger.     ici




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Fin du dossier























































































































































































PLAN.

Cochez ici pour voir le texte original et intégral immédiatement sur votre écran.
Mouvances des familles et réponses aux besoins des enfants.- I. L’amour et la confiance de base.

Recevoir et donner de l'amour.

Dysfonctions dans le don d’amour.
.
Reconnaître et respecter l’enfant comme un être relationnel.
Faciliter l'acquisition de la confiance de base.
Facteurs contributifs de la confiance de base.
(A). La qualité et la quantité de protection
(B). Une présence effective des adultes
(C). Une communication claire et authentique
(D). L'absence d'intrusions gratuites
(E). Une stabilité raisonnable de l'environnement,
Qu'en est-il dans les familles restructurées?


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- Notes automatiques. -

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(*). Docteur Jean-Yves Hayez,
Cliniques universitaires Saint-Luc,
10 avenue Hippocrate, B-1200 Bruxelles
Courriel : jyhayez@uclouvain.be


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(1*). Jean-Yves Hayez, psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie, coordonnateur de l'équipe SOS Enfants-Famille et responsable de l'Unité de pédopsychiatrie, Cliniques universitaires Saint-Luc, 10 avenue Hippocrate, B-1200 Bruxelles.
Courriel : jyhayez@uclouvain.be


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(2*). A. Lazartigues, pédopsychiatre, professeur de pédopsychiatrie à l’université de Brest et chef de service du département de psychiatrie infanto-juvénile au CHU de Brest.


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(1). Nous supposerons qu'il s'agit d'enfants issus du couple parental en question ou adoptés par lui. De loin en loin, il y a aussi des enfants en simple accueil familial ou d'autres issus en partie d'autres unions ( déjà demi-frères ou soeurs entre eux ).


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(2). Mai 68 restera le signe fort d’un tremblement de terre sociologique dont le début est situé vers 1960


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(3). Qu’il n’y ait pas de confusion dans les qualifications : famille classique ou moderne, ou traditionnelle se réfère aux fonctionnements d’avant 1960. Famille contemporaine ou post-moderne aux fonctionnelles les plus typiques du 3e millénaire débutant.


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(4). Dans la famille contemporaine où la natalité est moindre et commence plus tardivement, on a l’impression que le " projet enfant " est souvent mûrement réfléchi et raisonnablement positionné dans un programme de vie d’ensemble. Est-ce dire autant que l’enfant soit mieux aimé qu’à l’époque où c’était plus imprévu ?


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(5). La perte de la mère n'est pas impossible, mais encore plus rare!


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Bibliographie automatique.

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[1]. ERIKSON E. , 1966
Enfance et société,
Neuchâtel, Delachaux et Niestlé.









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[2]. HAYEZ J.-Y., 2001.
Destructivité chez l’enfant et l’adolescent,
Paris : Dunod.









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[3]. MARCELLI D., 2003.
Une nouvelle autorité dans la famille : l’enfant,
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[4]. MARQUET J., 1998.
Evolution et déterminants des modèles familiaux, Manuscrit non publié.









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[5]. VAN CUTSEM C., 1998.
La famille recomposée, entre défi et incertitude,
Paris : Eres.








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[6]. Winnicot D. W., 1969.
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Pour télécharger ce site ...

Mouvances de la famille et réponses aux besoins des enfants. - I. L’amour et la confiance de base.

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liste des mots-clés du site au 28 septembre 2005.

abus sexuel, accompagnement éducatif, adolescents abuseurs, adolescents, allégation d'abus sexuel, angoisse de séparation, angoisse, anxiété, assuétude, autorité parentale, beaux-parents, besoins psychiques des enfants, bizarrerie sexuelle infantile, cadre thérapeutique, confidences, confidentialité, conformisme, culpabilité, debriefing collectif, délinquance, dépendance, dépression, destructivité, deuil compliqué, deuil pathologique, éducation sexuelle, enfant abuseur, enfants, énuresie, éthique, équipes SOS-Enfants, famille, famille reconstituée, Familles restructurées, guerre, identité, infanto-juvénile, intervention de crise, Jean-Yves Hayez, jeux sexuels, livres, mendiants, mort, mort d'un proche, mots-clés, pédopsychiatrie, perversion sexuelle infantile, perversion sexuelle, peur, pornographie, protection, psychiatrie de liaison, psychothérapie, publications, relation de soin, réparations, réseau de santé, sanctions, secrets de famille, séparation parentale, sexualité infantile, sexualité normale, signalement, soins pluridisciplinaires, stress, SOS-enfants, suggestibilité, syndrome de stress post-traumatique, traumatisme psychique, trouble de l'endormissement, trouble du comportement, trouble psychique, urgences, violence, vulnerabilité.