L’exercice d’une autorité parentale conjointe par les deux
parents légaux de l’enfant, vivant ensemble ou séparés, est mis en place par une
loi belge d’avril 1995. Des exceptions sont envisageables, ainsi que des recours
en Justice si les choses ne se passent pas bien.
Ce principe est excellent en soi. Il vise à ce que soit reconnue une égale importance éducative au père et à la mère de l’enfant, et à ce que celui-ci puisse construire son identité en se référant à un double lignage.
La loi n’a cependant pas, de par sa seule existence, réglé tous les problèmes de terrain : par devers elle, il reste des parents profondément hostiles l’un à l’autre, en bagarre perpétuelle même après leur séparation, allant parfois jusqu’à tenter de gommer l’existence de « l’autre » dans le psychisme de l’enfant. Faire appliquer l’idée de cette autorité conjointe dans ces conditions demande alors beaucoup d’énergie socio-juridique ; l’enfant est la principale victime de ces tempêtes rémanentes bien sûr, mais il bénéficie souvent du fait que l’on se montre énergique pour maintenir « vivants » ses deux parents.
Il existe malheureusement aussi des utilisations perverses de la loi : un des deux parents - souvent le père - s’abrite derrière elle pour « pourrir la vie » de l’autre, qui a la charge effective de l’enfant : les Instances sociales et judiciaires devraient y être très sensibles !
La garde alternée est une des applications possibles de l’exercice de cette autorité conjointe. Attention toutefois à ne pas la considérer comme la seule, ni même la meilleure possible : ce n’est pas tant la matérialité des décisions prises qui compte, que ce qui se vit dans les idées et les sentiments de chaque parent. C’est là, au plus intime d’eux-mêmes, qu’ils doivent arriver à garder une place positive pour l’autre parent, du moins les nombreuses fois où celui-ci n’a pas gravement démérité !
La garde alternée ne gagne donc vraiment à être mise en place que lorsque sont remplies quelques conditions que nous allons énumérer immédiatement. Si elles sont rencontrées, on se donne toutes les chances pour que son résultat soit positif : l’enfant peut continuer à profiter abondamment des apports éducatifs et affectifs de chacun de ses deux parents ; il peut se reconnaître sereinement un double lignage... et les parents veillent à coopérer, au moins raisonnablement.
Par contre, si on décide de l’appliquer alors que les conditions ne sont pas du tout rencontrées, ce peut être un enfer pour tout le monde, parents et enfants, qui vivent perpétuellement dans la guerre et les contradictions de règles et de valeurs. Ou alors, l’enfant n’en veut pas, mais n’ose pas le dire...
S’efforcer de connaître l’état d’esprit profond et stable de l’enfant à propos du
projet : il faut que des tiers sereins aient vérifié si la formule
enchantait ou intéressait vraiment l’enfant, écouté dans la mesure du possible
en dehors de toute pression significative faite sur lui. Ce n’est que s’il est
positivement intéressé qu’on devrait aller de l’avant. S’il est indécis ou
indifférent, on pourrait encore décider d’une garde alternée, mais comme d’un
pari révisable.
En dessous de trois ans révolus, les tout petits ont besoin d’une stabilité plus grande ; la garde alternée ne leur est guère bénéfique ; nous sommes partisans de l’idée du fractionnement évolutif décrit par M. Berger.
Quant aux adolescents, la formule ne les enchante plus guère
souvent et il faut pouvoir écouter leur point de vue, sous réserve qu’ un séjour
principal chez un parent ne soit pas surtout un prétexte pour fuir toute
contrainte...
Spontanément ou après
réflexion, les deux parents doivent, eux aussi, être intéressés positivement par
le projet et décidés à y coopérer. Ceci connote donc qu’il se soit
réinstallé entre les parents une paix raisonnable, qui leur permette de coopérer
effectivement dans l’exercice d’une co-parentalité dont les implications
concrètes sont nombreuses. Elle évite que l’enfant soit pris comme témoin ou
allié des conflits parentaux à haute fréquence, surtout lors des arrivées et
départs...
Or, ce n’est pas ainsi que certains le conçoivent ! Pour eux,
la garde alternée, ça pourrait être comme le jugement que Salomon n’a pas voulu
faire entre « supposées mères » : « Si tu as
exactement la moitié de l’enfant, tu vas voir, j’exigerai exactement la moitié
aussi... » Où est l’intérêt de l’enfant dans ces gardes alternées en
ambiance de rivalité et de lutte de pouvoir tendue ? LA GARDE ALTERNEE NE
PEUT PAS ETRE MISE EN PLACE COMME UN MEDICAMENT CHARGE DE REGLER LES GRANDES
TENSIONS REMANENTES ENTRE PARENTS.
Il y a aussi des conditions matérielles : le fait que les parents habitent
dans un environnement géographique proche, à quelques kilomètres l’un de
l’autre, pour maintenir stable le tissu social et scolaire de l’enfant, la
possibilité de dédoubler une bonne partie des objets du quotidien et de la
garde-robe, pour éviter des valise énormes et fastidieuses à chaque
déplacement... tout en permettant à l’enfant d’emporter en permanence l’un ou
l’autre objet (voire petit animal) qui a beaucoup d’importance affective pour
lui.
Tant mieux aussi si la mesure est
appliquée avec souplesse et pas comme un carcan rigide et
clivé, et si on en revoit le bien-fondé de loin en loin.
Pr Jean-Yves Hayez
Responsable de l’Unité de pédopsychiatrie
aux Cliniques universitaires Saint-Luc à Bruxelles
Sur le même enjeu de l’exercice conjoint des responsabilités parentales en cas de séparation : "L’aliénation parentale, un concept à haut risque".
PS principalement adressé aux professionnels de la santé mentale : vous trouverez un autre texte attaché, très documenté, qui est le rapport de R et G Freeman sur toutes ces questions, rapport rédigé en 2004 à l’intention du gouvernement du Québec.
L ODE NE FERA PAS DE COMMENTAIRES
à ce très beau message, serein et authentique, qui montre que la garde alternée, ça peut très bien marcher.....quand les conditions évoquées dans notre article sont présentes :
j’estime qu’on avance en partageant les experiences, c’est pourquoi je vous ecris aujourd’hui.
Mon ex mari et moi nous sommes connu sur les bancs du lycée, nous avions 15 ans. 17 ans plus tard, 2 enfants, une maison et un chien, l’amour a fait place à l’indiffenrence. Peut etre avons nous évolué differemment, toujours est il qu’il n’y avait plus aucun point commun ni affinité.
Nous avons divorcé il y a deux ans et demi et mon ex mari a souhaité la garde alternée des enfants. J’etais assez sceptique dans la mesure où j’etais persuadée qu’un enfant (les miens avaient 4 et 6 ans1/2) avait plus besoin de sa mere que de son pere. Quand nous avons annoncé la nouvelle aux enfants, la premiere phrase de ma fille a été :" mais nous, on ne verra plus papa ? comme mes copines qui vivent avec leur mere ?". Elle n’a pas pleuré mais est devenue toute rouge, tremblant meme. Nous leur avons parlé de la garde alternée......ma fille a été rassurée immediatement, mon garçon, lui, n’a pas vraiment saisi (il avait à peine 4 ans).
On a commencé par deux jours chacun mais ça n’allait pas, les enfants n’avaient pas le temps de se "poser". Apres quelques semaines à ce rythme, on a instauré la garde hebdomadaire et aussi on y a ajouté le chien et une complicité beaucoup plus importante qu’avant s’est installée entre eux trois (ne croyez pas que je prenne le chien pour un enfant, mais ce chien etait un animal adulte à qui ils se confiaient). Concretement voilà comment ça se passe : mon ex mari travaille 18h par semaine, moi , à temps partiel aménagé (c’est à dire 6 jours la semaine où je n’ai pas mes enfants et 2 jours la semaine où je les ai).
Mon ex mari et moi nous voyons tous les lundis pour l’echange du chien et des doudous. On en profite pour parler des enfants et regler, hors leur presence, les petits conflits d’education ou de choix les concernant. Lui comme moi avons refait notre vie avec des gens ayant des enfants en garde classique.
Après deux ans de garde alternée, je me dis que pour mes enfants, leur pere et moi, c’etait la meilleure solution. Mais on n’est pas dans un roman à l’eau de rose et la frustration est grande pour chacun d’entre nous. Laissez tomber les querelles, respectez la nouvelle vie de votre ex conjoint, ne pensez qu’au bonheur de vos enfants, arretez d’avoir un esprit de vengeance, dialoguez, composez, usez de diplomatie, la garde alternée c’est quelque chose de tres humain à mon sens, c’est aimer ses enfants avant tout et à ceux qui me disent "la garde alternée c’est bien mais moi j’aime trop mes enfants pour ça" je reponds qu’un enfant n’appartient pas à sa mere, qu’aimer son enfant c’est aussi accepter ce genre de choix difficile quand il se presente. Restez "open"........
Vous avez énormément de chance ! étant moi même dans la situation de garde alternée depuis maintenant 2 ans, j’essaye avec toute mon énergie de revenir au système 1 WE sur 2 chez son père... Cette garde que j’ai laissée choisir à mon fils (pour ne pas le privé de son père) à 10 ans je le regrette maintenant. 4 mois après la séparation, son père ne voulait plus qu’il prenne son chien avec lui. Son père se venge de notre séparation à travers mon fils, il n’arrête pas de lui parler de moi en mal même quand il étudie, il n’a pas la paix. Le petit en a marrre et souhaite également revenir chez moi à"temps plein" Pourtant son père à refait sa vie... mais en fait sa motivation à lui d’avoir accepté ce genre de garde était l’argent et mon fils à 12 ans le comprend bien sur. alors bonjour les séquelles. maintenant nous nous battons par avocat et lui son arme c son fils.....
Alors la garde non car l’enfant en souffrira toujours un jour ou l’autre.
Bonjour
C ’est avec beaucoup d’attention que je viens de lire votre article
Mon ex concubin et moi avons opté pour la garde alternée. Notre fille a aujourd’hui 3ans1/2 et depuis septembre 2003 elle vit une semaine chez l’un et une semaine chez l’autre. Son père et moi même vivons à 5mn à pied l’un de l’autre, nous avons gardés d’excellente relations malgré notre séparation . Julia, notre petite fille semble s’être parfaitement adaptée à sa nouvelle vie, elle sait que pendant une semaine elle habite chez maman et Juju, et une semaine chez papa et Juju. Nous avons tous les deux sont père et moi, pratiquement le même niveau de vie ( pas du tout celui de gens aisés ).
Vous pouvez donc légitimement penser que tout semble se dérouler de la meilleur façon possible, cependant je me pose tout de même beaucoup de questions.
Je voudrais savoir s’il est possible que d’une façon ou d’une autre notre fille puisse subir un traumatisme quelconque qui résulterait de ce mode de vie particulier ?
C’est une enfant épanouie à tous les points de vue, mais serait il possible que nous ne voyons pas certaines choses ? Je m’inquiète peut être trop et c’est d’ailleurs uniquement sur ce point que son père et moi ne sommes pas d’accord.
Merci de m’avoir lu, et j’espère que vous aurez la possibilité de me répondre.
Par avance, merci.
Marie
REPONSE DE L ODE
Je vous réponds bien tardivement ; je me réjouis, avec vous de l’excellent état affectif de Julia...si vous relisez notre article sur la garde alternée, et notamment sa section consacrée aux tous petits, vous verrez que notre réserve, ce n’est pas qu’on les déplace beaucoup, mais que-presque par la force des choses-on les déplace sans qu’existe un sourire entre les parnets....comme ce sourire semble exister entre le papa et la maman de julia, celle-ci a donc très bien supporté son double ancrage....continuez à vous sourire, çàd à distinguer votre vie d’adultes et votre coopération de parents ! Bien à vous
Réponse de l’ ODE : Votre témoignage illustre bien combien il est difficile d’avoir une position tranchée, péremptoire, qui dirait sans hésiter : " Ceci est certainement mieux.....". Votre fils aîné exprime un dilemme profond , présent chezchez beaucoup d’enfants dans son cas : d’une part, se sentir bien dans UNE maison, un chez soi, sa maison, son nid....et d’autre part, ne vouloir être privé ni de son papa, ni de sa maman....Le juge va s’efforcer de les écouter, vos deux plus grands...mais sa décision sera quand-même de l’ordre d’un pari sur ce qui convient le moins mal à vos enfants....espérons qu’il acceptera de la considérer comme une décision révisable, après un an par ex.....ou si un enfant montre qu’il ne s’y adapte pas..
Vous faites allusion aussi, très honnêtement, à la gêne financière où risque de vous mettre une garde alternée, et ceci me semble bien injuste....
Selon l’ ODE, l’idéal, ici, aurait été que vous auriez pu vous entendre à l’amiable avec le papa des enfants pour permettre une circulation souple des enfants entre les deux domiciles, à l ’amiable, avce d’éventuels séjours prolongés chez le papa...
Monsieur le Professeur,
Cher Monsieur,
Votre aricle m’a vivement interessée puisque depuis janvier 2002, je vis une situation de garde alternée. Quand le père de mes enfants m’a annoncé sa décision de me quitter, il m’a immédiatement fait part de son intention de demander la garde de nos deux enfants , alors âgés de 8 ans et de 5 ans et demi.
Quoique je subisse ce divorce(toujours pas prononcé), qu’en tant que femme , j’ai des griefs à son égard, en tant que mère j’estime son choix et je suis satisfaite qu’il l’ai posé pour nos enfants qui nous aiment "également " et que nous aimons l’un et l’autre. C’était un choix difficile pour lui, car il exerce une profession libérale très dévorante , et que jusqu’à notre séparation, il ne rentrait souvent qu’à 20 h00 et travaillait souvent une partie du samadi. Mais pendant sa présence à la maison, il était magnifiquement proche des enfants. Il l’est encore
N’édulcorons pas le tableau toutefois ; une séparation est toujours destrutrice (sauf comportement préalable grave d’un des deux parents, auquel cas elle est salvatrice) et l’est donc pour les enfants "Vous nous avez volé une grande part d’enfance " "Pourquoi devrions-nous vous respecter puisque vous n’avez pas respecter votre engagement de parents, la naissance d’une enfant étant un choix et l’enfant pouvant attendre de grandir en présence de ses deux parents" dit ma fille, mon fils ajoutant :"Je ne serai plus jamais heureux puisque quand je suis chez toi je suis triste de ne pas être chez papa et vice-verçà"
Je suis d’accord avec la majeure partie de votre article-et notamment l’importance des conditions matérielles-, je le suis moins sur la consultation éventuelle de l’enfant sur son intérêt pour la garde alternée ; ma fille avec laquelle, j’avais abordé le sujet m’a dit un jour que je devais "me mettre dans la tête qu’elle nous aimait autant l’un que l’autre, qu’on ne l’avait pas consultée sur la séparation qu’elle devait subir et que donc il ne fallait pas lui demander son avis et que pour un enfant, c’était un choix impossible à faire".
Mon divorce n’est pas terminé et les conflits avec le père de
mes enfants sont encore vifs : nos relations sont tendues et l’éducation
des enfants, toujours difficile, est un défi permanent
désaccord sur
certaines options et discussions (disputes)entre nous longues et stériles par
écrit pour des motifs pârfois futiles
complication réelle de la vie
quotidienne, pour des petits riens mais qui du fait de la séparation , sont
difficiles à règler
coût réel de cette
solution
pour le parent qui n’a pas refait
sa vie, successsion pénible de semaine"vide" et de semaine"dense"
attitude des enfants encore plus
exigeante : comme le temps nous est compté (une semaine), les enfants
exigent sans doute une disponibilité encore plus grande ce qui entraîne
peut-être un surinvestissement de chaque parent
horaire démentiel
pendant ma semaine : en effet, comme autrefois et par la force des
choses, alors que je travaille désormais à plein temps, j’assume 95 % de
l’intendance des enfants ( rendez-vous médicaux, suivi scolaire, tous les
achats , jusqu’au le lavage de tous les vêtements ) et sans parents pour
m’aider ; je dois donc faire sur une semaine ce que les autres parents
peuvent étaler ;
je crois toutefois que c’est le prix à payer pour que les enfants soient le meiux possible (et ceci est également vrai pour de très nombreux couples mariés, les pères se reposant encore sur les mères pour cette intendance ; et bien sur, je fais des comptes au jour le jour collectionnant toutes les souches et factures se rapportant aux enfants ; comme de nombreuses autres femmes, je me heurte à l’écueil de la mauvaise volonté parfois des pères pour verser la contribution
Toutefois, je considère que la garde alternée -dans notre cas
certainement -est la moins mauvaise des solutions ; l’entourage des
enfants a le sentiment que c’est une réussite et pour peu certaines femmes
(voire hommes) "envieraient "cette solution, vu l’investissement du père de
famille. Plusieurs conditions sont propices :
les habitudes
propres aux enfants (école, parascolaire, amis...) n’ont pas été modifiées par
la séparation-
nous n’habitons pas trop loin
la garde commence le
vendredi soir à 18h00 : en clair le parent dont la semaine commence va
tout simplement chercher les enfants à l’école ; les contacts entre les
deux parents sont évités, les enfants sont protégés de toute crispation ;
c’est vraiment formidable comme système pour chacun , m^me si comme dans
tous les cas, la soirée de retour est un peu agitée
on esssaie de
donner un bref feed-back (e-mail) de la semaine à l’autre parent
on
tâche d’éviter toute inquisition stérile sur l’autre famille
garder un
certain respect pour l’autre du moins en tant que parent
éviter
toute rivalité affective avec l’autre parent ; lorque la première fois
que mon fils, que je venais de gronder, m’a sorti " j’aime
beaucoup mieux papa et je suis beaucoup plus heureux chez lui", je lui ai
répondu en pleurant "avec tout ce que je fais pour vous,
comment-tu peux me parler ainsi". Réaction stupide qui ne peut qu’aboutir
à une impasse et à une escalade dangereuse. J’y ai beaucoup réfléchi et la
seconde fois que mon fils m’a fait une telle sortie , en le regardant
calmement, je lui ai répondu "Je suis heureuse que tu aimes
papa, d’entendre que c’est très bien chez lui car comme chez nous c’est
vraiment pas mal, chez papa celà doit être vraiment extraordinaire" ;
mon fils était étonné de mon calme et de mes mots et aucun de mes deux enfants
n’a plus jamais fait de telle sortie
ce n’est pas facile pour certains
tempéraments, mais je crois que l’on vive en couple ou séparé, aucun parent ne
doit se sentir triste , rejeté de voir qu’à un moment de son évolution un
enfant est plus proche de l’autre parent," l’aime plus" , bien au
contraire : c’est une belle confirmation du choix fait d’avoir un enfant
avec cet homme ou cette femme
Voici, un simple témoignage sur la garde alternée, la meilleure manière, quand elle est possible- selon moi pour les enfants et les parents de garder des contacts avec la vie réelle de chacun, source d’enrichissement mutuel et contribution importante au lien affectif.
Réponse de l’ ODE : Nous avons publié sans hésiter votre témoignage qui est "vécu" , authentique et réaliste. Votr ex-mari et vous entriez dans cette catégorie de familles où l’application de la garde alternée ne va pas de soi, mais où elle peut être tentée à l’essai...ici, l’essai a été réussi, probablement entre autres parce que le papa et vous avez su faire la part des choses entre vos tensions d’adultes et le fait de ne pas disqualifier l’autre parent face à l’enfant....nous trouvons admirable, notamment, votre deuxième réponse à votre fils ( la première ne nous a pas paru stupide mais bien humaine...tout en étant en effet provoquante pour qu’il en remette !) .Puissent de nombreux parents s’inspirer de votre deuxième réponse, digne d’un livre de thérapie familiale !
Faut-il demander leur avis préalable aux enfants ? Sur ce point, nous divergeons peut-être un peu...Nous pensons que cela vaut la peine d’essayer, surtout avec les plus âgés, à partir de 6, 7 ans...l’idée étant, non pas de savoir qui ils aiment le plus, mais s’ils souhaitent émettre un voeu sur leur séjour futur. ETANT BIEN ENTENDU QUE CE N EST PAS EUX QUI DECIDERONT. Etant bien entendu aussiqu’ils ont le droit d’être indécis ou de se taire.....avec ces préalables, si un souhait "fort" a l’air stable...ou, encore plus, s’il surgit une aversion forte et stable, pourquoi ne pas en tenir compte dans la mesure du possible ?
Une réponse à votre article pour exprimer mon grand désarroi depuis que j’ai dû renoncer à la garde alternée pour pouvoir aller rejoindre mon nouvel ami à 200km du lieu d’habitation de mes enfants. Et depuis lors je dirais "abandon de la garde alternée et exercice de l’autorité parentale conjointe , une décision hyper délicate ".
Alors que la garde alternée se déroulait raisonnablement bien, mon éloignement a été l’occasion pour mon ex et sa nouvelle amie de m’exclure totalement de l’autorité parentale conjointe et de l’univers de mes enfants "quand ils sont chez eux" c’est à dire plus de 80% du temps... Mon ex ne me communique aucun renseignement sur la vie scolaire (je suis obligée de recourir aux amies pour obtenir ce que je drevais obtenir par son biais).
Il a mis notre fils chez une psy sans m’en aviser ni demander mon avis sur le choix de la personne (qui malheureusement ne semble pas garantir l’impartialité et le traitement symétrique entre les parents ( ?)), prétextant au départ que notre fils se sentait mal "parce que je l’avais abandonné".
J’ai tout essayé pour permettre la communication avec mon ex. mais il n’en voit pas l’intérêt. Notre fils rate à l’école. Mais pourquoi parler , nous ne sommes quand même pas d’accord.
D’un point de vue juridique, rien ne semble vraiment possible pour changer les choses. Rien ne peut en effet obliger le parent qui a l’hébergement principal à communiquer avec l’autre parent, à le tenir informer, à l’inclure dans le choix d’un psy..." Je suis tenue à la limite de ce qui est juridiquement tenable (ex : mon ex ne touche pas à mes "gardes" mais intercepte le courrier que j’envoie aux enfants, accepte que sa copine pique des crises de nerfs si JE téléphone aux enfants.... Depuis aujourd’hui j’apprends que je suis quand même autorisée à téléphoner aux enfants...si ce n’est pas tous les jours ! (ce que je n’ai jamais fait...).
L’étendue de la notion d’autorité parentale conjointe semble presque se limiter à l’idée d’empêcher un parent d’inscrire un enfant dans une école éloignée de l’autre parent sans demander son avis ! Mes enfants sont inscrits dans la même école depuis toujours, il n’en demeure pas moins que je me sens flouée dans mon rôle de parent. Mon ex agit comme si je n’existais plus, refuse l’idée même que nous soyons "liés" en tant que parent. Il n’a pas besoin de moi, il "a" les enfants. J’ajouterais malheureusement qu’il les détient en otage !
Si la garde alternée ne doit être utilisée pour règler des problèmes de tensions entre parents séparés (du style "tu as 50 alors moi aussi j’ai 50"), le principe de l’hébergement principal ne garantit aucunement la possibilité d’exercer l’autorité parentale de manière conjointe, au contraire ! (de "50", je suis passée à "0-20", sous prétexte que je dois "assumer mon choix" !).
Pour conclure, je dirais et donnerais comme conseil à ceux ou celles qui souhaiteraient abandonner la garde alternée pour des raisons similaires aux miennes ou autres, de ne pas se sentir coupables au point de ne pas se battre au moment même du changement pour définir les nouvelles conditions de l’hébergement et pour obtenir des garanties quant à l’exercice de l’autorité parentale conjointe (si pour autant des garanties peuvent être obtenues mais bon ...). Plus tard, tout devient beaucoup plus difficile.
A propos de la garde alternée > > moi j’ai un ami qui est allé voir la juge de paix parce que son épouse > n’était pas correcte avec les enfants et c’est lui qui s’est > retrouvé à la > rue , non seulement il doit payer la pension , n’a plus les > allocationsmais aussi il doit se trouver un logement pour > acceuillir ses enfants les > week-end . AVEC 10 euros je vois pas comment il ferait alors il > habite par > ci par là et voit ses enfants 2 samedis par mois de 10 à 19 heures > . Il le > sent , il devient un étranger pour ses enfants , pour qui il a > toujours tout fait ( lui ) . Moi , je suis sure que si je quittais > mon mari avec > lequel je suis depuis 20 ans , je lui laisserait voir ses enfants > quand il > veut . Et même si nous on s’entendrait plus , les enfants pourraient > toujours le voir et j’essaierai pas de les manipuler pour qu’ils > n’aillent plus chez leur père . S . > > A propos de la garde alternée . réponse de l’ ODE : bien d’accord avec vous, les décisions de justice sont parfois bien aléatoires....et c’est inacceptable de monter ses enfants contre l’autre parent...dans la grande majorité des situations, aucun parent n’a démérité et l’enfant a bien besoin de savoir qu’il peut continuer à les aimer tous les deux. Tant mieux aussi lorsque les parents réussissent à organiser les visites de façon souple....Bien sûr, un cadre légal, ça protège, mais ça ne devrait pas être un carcan face aux imprévus de la vie.
Réponse à l’article A propos de la garde alternée
Souvent, j’ai l’impression que les adultes prennent des décisions comme Joseph II en son temps. Ils croient savoir ce qui est bon pour les enfants et en fait subtilement c’est l’intérêt adulte qu’ils mettent en priorité. De ce que je me rappelle de quand j’étais enfant et adolescent, il m’importait qu’il y ait quelqu’un à la maison quand j’y étais et surtout je voulais être ’chez moi’. Je crains qu’avec cette histoire de garde alternée, les enfants (qui en général se seraient déjà bien passés du divorce de leurs parents) se retrouvent privés d’un vrai ’chez soi’.
Réponse à l’article A propos de la garde alternée
tout simplement bravo, je pense qu’effectivement l’enfant a besoin avant tout d’un modèle, d’un foyer, d’une structure familiale et que de le promener une semaine par ci une semaine par là, n’est que le résultat égoiste d’adultes aux idées nouvelles sur la conception de la famille. personnellement, je pense que la personne qui quitte le foyer pour des raisons x ou y (sauf pour des cas gràves, par ex : attouchements sur enfant, violence conjugale,...) doit assumer le fait que l’enfant n’a pas à subir ses choix. quant on choisit, on assume et on laisse à celui qui reste, la charge d’éduquer l’enfants. il ne faut pas banaliser la conception d’un enfant, on ne fait pas un enfant parcequ’on en a envie parceque j’aime...pour le moment...la personne avec qui je suis en couple, mais parcequ’on est sûr de pouvoir l’assumer jusqu’au bout, lui apporter équilibre et exemple éducatif. je pense qu’on banalise à outrance le fait de mettre un enfant au monde, c’est un acte sacré et mûrement réfléchit, dommage que la socièté actuelle nie ce simple principe...un enfant ça se mérite et ça se respect car il n’a pas demandé à venir au monde ! !. C’est mon avis et je le partage...hihi
REPONSE DE L ODE : eh bien sachez que votre avis...nous le partageons aussi....c’est vrai que nos enfants sont des êtres précieux et qu’ils méritent bien que nous mettions de l’eau dans notre vin et que nous nous fassions quelques concessions en couple, pour continuer à gérer ensemble cette famille que nous avons pris la responsabilité de mettre en place. Si ça ne va vraiment plus, au delà d’une simple crise, la séparation des adultes peut être le moindre mal, mais il ne faut pas se voiler les yeux :elle blesse les enfants et il faut bien du temps et de l’écoute pour que ça cicatrise. Et alors, décider de leur endroit de séjour est une décision délicate, à laquelle il faut les associer dans toute la mesure du possible. Et il n’y a certainement pas de solution toute faite !