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Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez
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Maltraitance dirigée
contre les enfants
en Belgique francophone.
* biographie et receuil de publications scientifiques du
professeur Jean-Yves Hayez.
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" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va
et d'employer l'esprit à le justifier."
Jean Guéhenno.
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Maltraitance dirigée contre les enfants en Belgique francophone.
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Cet article est sous presse pour 2005 dans la
revue Acta psychiatrica belgica.
J.-Y. HAYEZ
(1).
Depuis environ trente ans, la société civile belge francophone
s'investit clairement et activement dans la lutte contre la
maltraitance faite aux enfants. A l'époque, une sensibilisation à
cette problématique arrivait d'Amérique du Nord, comme un
vent d'orage inattendu, et la Belgique a été l'un des pays
européens à y répondre le plus rapidement : le coup d'envoi
officiel en a été quatre recherches-action d'envergure
demandées par l'ONE à quatre universités belges ( 1979-1982 ).
Depuis lors, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts! Pour nous y
retrouver, face à la complexité et à la mouvance des facteurs en
jeu, je parlerai d'abord brièvement de l'évolution des
phénomènes de maltraitance eux-mêmes. Puis, je ferai le point
sur l'évolution des connaissances et des pratiques psycho
sociales. Ensuite, je parlerai de celle des règles et des
institutions. Enfin, le point sur les résultats actuels, et quelques
propositions personnelles.
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§ I. La maltraitance comme phénomène social évolutif.
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Ce qui s'est passé en trente ans est, par certains aspects,
tellement incroyable, qu'une seule explication est possible :
nous n'avons pas vraiment cherché à découvrir sur le terrain,
puis à prendre en charge toutes les formes concrètes de
maltraitance que nous avions identifiées conceptuellement;
nous avons plutôt décrit les choses et adapté nos équipements en
référence aux représentations sociales, passablement
irrationnelles, qui disaient leurs convictions sur les maltraitances
du moment.
I. C'est ainsi qu'au début, on a pris en charge de nombreux
cas de maltraitance physique
– principalement la
violence intra-familiale – et on en a beaucoup parlé dans
les équipes et dans les congrès. On s'est particulièrement
préoccupé de prévenir une des formes usuelles de cette
violence, celle que l'on pourrait appeler violence lisible,
musculaire, impulsive, liée au manque d'éducation et de
contrôle de soi et aux conditions frustrantes de la vie
sociale : c'est l'application qui était la plus accessible
aux professionnels de l'aide ; c'est dans ce contexte que
les auteurs, s'ils sont accueillis avec humanité et s'ils
sont soutenus, sont le plus susceptibles de changer,
surtout si la prise en charge est familiale et
s'accompagne des remédiations sociales qui s'indiquent
éventuellement.
On a également misé sur la prévention en cherchant à
diminuer le stress des familles et à augmenter l'accueil
de l'enfant : par exemple, des programmes ont été mis en
place dans des consultations prénatales et post-natales de
l'ONE, pour repérer et aider précocement les parents à
risque. Par contre, même si elles ont été mieux repérées,
d'autres formes de violence se sont avérées davantage
inaccessibles à un processus de changement vécu de
l'intérieur : la violence physique émanant des
personnalités toutes-puissantes, rigides ou encore celle
des pervers, plus ou moins sadiques : ici, comme avant, il
a bien fallu – ou il aurait mieux valu – se résoudre à faire
vivre l'enfant victime ailleurs que dans sa famille
nucléaire.
Et puis, au fil du temps, ces problèmes ont eu l'air de
s'estomper. L'attention des professionnels de première
ligne s'est-elle un peu relâchée ? Probablement ... de
loin en loin, une ou deux fois par an, on entend parler
d'un bébé ou d'un tout jeune enfant martyr, blessé ou
battu à mort, victime de l'impulsivité ou du sadisme d'un
parent. Certaines des familles ici en cause n'avaient
jamais été repérées comme étant « à risques ».
Cependant, et sans que les conséquences soient toujours
aussi tragiques, quand on écoute le témoignage de
pédiatres qui pratiquent une pédiatrie sociale, on se rend
compte qu'un certain nombre de cas à risques sont bel et
bien repérés et ne sont pas suivis avec assez de vigilance
par les services sociaux d'Etat, ou sont laissés trop
longtemps en famille au nom d'un « Tout à la famille »
qui devient vite un carcan idéologique.
II. A. Et il y a eu la déferlante de l'abus sexuel intra et
extra-familial
( émanant de pédophiles ). Pourquoi une
telle invasion dans les idées et les préoccupations du
public ? Peut-être parce que nos sociétés occidentales
sont très centrées sur le sexe : alors, le sexe impliquant
les enfants, ça donne un petit piment de voyeurisme en
plus.
Probablement aussi parce que de nombreuses
campagnes de sensibilisation et de prévention ont
encouragé les mineurs d'âge à révéler ce qui était caché
jusqu'alors. Il s'en est suivi une sorte d'effet boule de
neige que les sociologues décriront sans doute mieux que
moi : au début, cela a été l'indignation, et ceux qui se
plaignaient jouissaient facilement d'un crédit favorable
chez les professionnels qui les écoutaient. Depuis une
dizaine d'années cependant, cette « sacralisation de la
parole de l'enfant » - qui n'a cependant jamais été totale
– est remplacée par davantage de scepticisme. On admet
que certains mineurs sont susceptibles de fabuler et que
leur audition devrait être faite dans des conditions
techniques rigoureuses [6].
Quand il y a judiciarisation
d'une affaire, les avocats des supposés abuseurs ont bien
appris à manier les failles du discours des enfants, et les
magistrats sont habituellement des plus prudents : dans
notre pays, on peut raisonnablement penser qu'il y a bien
plus de vraies victimes éconduites, au nom du principe
de présomption d'innocence, que de personnes accusées
d'abus et injustement condamnées ; je n'ai pas souvenir
qu'un seul cas d'erreur judiciaire dans ce dernier sens ait
jamais été porté à la connaissance du public.
B. Cette centration diffuse sur la maltraitance sexuelle
est encore alourdie
de deux applications nouvelles,
datant d'environ une dizaine d'années :
- Les allégations d'abus dans le cadre des
séparations parentales.
Sans doute certains
parents se sont-ils senti authentiquement inquiets
ou ont-ils été émotionnellement très déstabilisés,
en référence aux informations sur l'abus sexuel
circulant dans la société. Peut-être d'autres ont-ils
voulu utiliser plus vicieusement une opportunité
susceptible de semer le doute, si pas l'opprobre,
sur la qualité humaine et éducative de leur ex-
conjoint. Toujours est-il que des allégations
d'abus dans le contexte de la séparation ont
commencé à apparaître et à croître, pour se
stabiliser aujourd'hui, après une légère
décroissance, autour de 5% des situations de
séparation [7].
C'est beaucoup, quand on veut
bien y réfléchir! Néanmoins, environ la moitié de
ces allégations sont fondées, en tout ou en partie.
Et dans les autres cas, le parent qui se préoccupe
à tort ou qui ment, mérite certainement de
recevoir de l'aide, lui aussi.
- Les mineurs auteurs.
A la même époque, on a
découvert que des mineurs pouvaient être eux-
mêmes auteurs de viols, seul ou en groupe,
commis sur des gens de tout âge vécus par eux
comme des proies accessibles. Et qu'ils pouvaient
aussi se livrer à d'autres types d'abus. Ces
comportements déviants méritent d'être repérés,
traités et sanctionnés en distinguant néanmoins ce
qui ne sera probablement qu'un acte isolé (ou
l'un ou l'autre acte au cours d'une mauvaise
passe) et ce qui est indicateur d'une structure où,
à l'instar de certains adultes, le jeune auteur a
comme projet stable de s'imposer à l'autre, et de
trouver une jouissance sexuelle notamment via
l'ivresse du pouvoir [5, p. 101 et sq ].
Je ne suis
pas sûr que cette prudence dans l'établissement
d'un pronostic existe toujours!
Pire, on a tendance à taxer indûment d'abuseurs
sexuels , [5, p. 105 ]
des enfants ou des adolescents qui
- ont une grande activité sexuelle, abondante et
précoce, un manque de retenue et de
socialisation dans l'exercice de leur sexualité,
sans pour autant qu'ils abusent de leurs
partenaire [5, p. 94 et sq ].
- se montrent dominants dans leurs invitations
sexuelles : leur partenaire l'accepte et suit le
mouvement mais, s'ils sont pris, ce dernier se
présente immédiatement comme victime, pour
échapper lui-même aux reproches!
- sont « simplement » des transgresseurs des
règles existantes ( par exemple en institution
résidentielle ); de transgresseur à abuseur, le
glissement est facile ... mais c'est ce
glissement qui constitue un abus!
On peut se demander pourquoi on se braque de la sorte sur les
activités sexuelles des mineurs entre eux. A part une minorité de
cas légitimement préoccupants, ne pourrait-il pas s'agir du
retour inconscient de la prohibition sexuelle collective visant ici
les plus jeunes de la communauté ? Une manière contemporaine
de fonctionner comme le bon vieux docteur Tissot et ses
appareillages anti-masturbation. A moins que ce déplacement de
la préoccupation sur les plus jeunes permette aux adultes
d'éviter de se mettre en question eux-mêmes ...
III. Dans la liste des types de maltraitance, on inscrit
traditionnellement la maltraitance psychologique ( ou
morale ) et la négligence.
A. Il faut bien reconnaître que, lorsqu'elle est censée
exister à elle seule, la maltraitance psychologique est
particulièrement insaisissable. Je ne connais pas de
cas où elle ait constitué le motif principal de la mise
en action d'un Tribunal de la Jeunesse. Elle existe
pourtant, à la maison, à l'école, dans les mouvements
de jeunesse, mais les enfants sont bien moins
protégés à son sujet que les adultes ( cfr les lois
contemporaines sur le harcèlement au travail ).
B. Quant à la négligence, elle n'est ni mieux ni plus mal
gérée au fil de l'écoulement des ans. Ce qui n'a pas
changé, entre autres, c'est qu'on ne repère
habituellement que la négligence des milieux
économiquement et socialement défavorisés ! Quel
que soit son contexte, on peut répartir sur une échelle
ce que l'on étiquette comme négligence : à un
extrême, il y a l'incapacité, la passivité, les
problèmes personnels ou sociaux et le manque de
disponibilité des parents, qui les rendent
incompétents et trop peu présents. A l'autre, il y a la
négligence intentionnelle, qui est une manière de
faire du tort à l'enfant par omission concertée. Or, si
l'on parle à raison de maltraitance pour cette dernière
partie de l'échelle, c'est beaucoup plus contestable
lorsqu'il s'agit de familles principalement
incapables : désigner ces dernières comme
maltraitantes est néanmoins de pratique courante,
aléatoirement, au gré des sentiments négatifs qu'elles
ont provoqués chez les intervenants. Et c'est
fondamentalement injuste : ces familles doivent être
soutenues pour donner le meilleur d'elles-mêmes, et
non pas discriminées négativement.
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§ II. L'évolution des connaissances et des pratiques psycho
sociales.
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I. Introduction.
A. En trente ans, de nombreuses connaissances ont été
acquises et des méthodes intéressantes conçues pour
faire face aux cas de maltraitance et aux
problématiques sociales qui y sont liées. A ce propos,
on peut répartir les intervenants en trois catégories,
sur une courbe d'allure gaussienne :
- Une minorité s'est spécialement formée pour
affronter ces situations et a acquis une réelle
expertise : c'est le cas des membres des équipes
« SOS-Enfants » de la communauté française de
Belgique, d'une partie des professionnels qui
pratiquent des expertises, et de certains
professionnels œuvrant dans les centres de santé
mentale et autres lieux d'aide psycho sociale, qui
ont suivi des formations spécifiques.
- Au centre de la courbe de Gauss, une majorité de
professionnels a accepté, de facto, d'améliorer
ses connaissances générales en s'ouvrant à ce qui
se disait de neuf et de pertinent dans ce domaine ;
sans être vraiment expert, ce groupe présente déjà
la capacité d'accueillir et de rendre un premier
niveau de services positifs ; ils ont également
assez d'intuition clinique pour transférer des cas
vers des structures plus spécialisées ... si ces
structures sont accessibles. On peut citer ici, à
titre d'exemple, beaucoup de professionnels des
centres de santé mentale, de nombreux services
sociaux, ou encore les psychologues des centres
psycho-médico-sociaux.
- Reste, hélas, la ( petite ) minorité d'irréductibles
qui ne se laissent jamais mettre en question et ont
rigidifié leurs connaissances générales en
certitudes. Ils sont dispersés un peu partout, dans
toutes les structures. On les verra faire des
thérapies familiales sauvages, affirmer que l'on
peut diagnostiquer l'abus sexuel à partir du
Rorschach, ou ignorer farouchement ce que peut
apporter un travail coordonné entre équipes au
mandat complémentaire.
B. Etant donné cet enrichissement majoritaire des
connaissances, on aurait pu s'attendre à une
amélioration significative des résultats.
Malheureusement, ceux-ci restent et resteront
probablement modestes et pas principalement parce
que les méthodes d'intervention ne sont pas au point.
Là où le bât blesse davantage, c'est dans la
conception même et l'organisation de l'équipement :
j'y reviendrai au paragraphe suivant. En outre, mis à
part les cas où l'impulsivité, la frustration et le mal-
être existentiel occupent une place importante, dans
beaucoup d'autres, on est face à la perversion, à la
toute-puissance rigide : alors souvent, la structure de
personnalité de l'auteur est telle que celui-ci ne veut
pas de changement ou est très ambivalent à son
propos et son contexte social ne parvient pas à le
mobiliser. En outre, la peur quasi-panique de voir son
image sociale gravement altérée ou celle d'aller en
prison fait qu'un certain nombre d'auteurs de
maltraitance se retranchent dans une dénégation
définitive, qui finit par décourager ou par faire
lourdement douter ceux qui veulent aider.
II. Des progrès encore perfectibles.
A. Une modélisation systémique de la maltraitance s'est
largement imposée.
J'emploie le terme
« systémique » dans une acceptation large, sans me
référer strictement aux constructions ni aux méthodes
d'interventions des écoles de thérapie systémique en
place.
1. A un niveau macrosystémique, on a bien repéré
l'influence sur les familles et sur les individus de
facteurs de société soit préoccupants soit
favorables. Je me limiterai à quelques exemples :
les frustrations et les échecs dans la vie sociale
prédisposent aux tensions intenses et à la
décharge impulsive de la violence physique ( ou à
l'emprise sexuelle brutale ); le discours
contemporain sur le droit à réaliser ses désirs et
sur la sexualité-commerciale et limitée à sa
dimension-plaisir, facilite le passage à l'acte sur
des cibles qui n'étaient jusqu'alors que
potentielles; la promiscuité n'a jamais rien valu à
personne, etc.
2. A un niveau microsystémique, on s'accorde à
admettre que la violence physique ou sexuelle
résulte d'une conjonction de « forces » en
interaction défavorable les unes avec les autres.
Elles émanent de trois pôles, chacun agissant
avec une intensité originale, pas nécessairement
équiproportionnelle aux autres :
- Le pôle « auteur direct de la maltraitance ». Il
y est amené en référence à son histoire de vie,
à la nature de ses relations familiales et
sociales actuelles, à la base de prédispositions
psychophysiologiques qui le poussent en
direction de l'enfant comme possible objet
sexuel ou comme punching-ball. Son corps le
prédispose également soit à contrôler, soit à
activer puissamment et/ou impulsivement sa
sexualité ou son agressivité. Finalement, il lui
reste une zone d'auto-création et de liberté
intérieure qui l'amène à achever la
construction de ses valeurs et de son projet de
vie. En référence à quoi, il décide de s'en
prendre concrètement à l'enfant, de se
contrôler ou de se retenir, voire d'essayer de
se changer les idées. Exemple : le père porteur
de sentiments d'échec et d'infériorité, dont la
vie conjugale est un échec elle aussi, et qui
compense son manque affectif ( et sexuel ) en
s'emparant de l'enfant et en vivant l'illusion
d'avoir du pouvoir et d'être reconnu
affectivement.
- Le pôle « victime de la maltraitance ». En
référence aux mêmes dynamismes que
l'auteur, lui aussi se construit une image du
monde, de soi et des autres en référence à
quoi il décide : de se laisser envahir par
l'angoisse ou par le manque de confiance en
soi et de se conduire de façon inhibée ; de se
laisser aller à la passivité ; parfois, c'est en
référence à une prudence réaliste ( ou
excessive ) qu'il préfèrera se laisser faire ;
parfois, il vivra des sentiments plus
ambivalents, une partie de lui refusant
l'approche physique de l'auteur, et une autre
partie l'appréciant ; ailleurs, il se montrera
énergique et ne se laissera pas faire.
- Le pôle « témoin conscient ou ignorant la
maltraitance ». Le degré de lucidité des
personnes qui assistent de près à
l'affrontement « auteur-victime » est variable.
Parfois, ils savent mais font la politique de
l'autruche, pour des raisons très variables.
Parfois, ils ne savent pas vraiment, parce
qu'ils cultivent l'indifférence – passablement
fréquente dans les pays occidentaux - , ou
parce qu'ils sont vraiment ignorants. Quoi
qu'il en soit, ils constituent une force sociale
inemployée, ce qui donne envie à l'auteur
d'aller plus loin avec sa proie ou ce qui ne lui
donne pas envie d'engager son propre
potentiel positif dans d'autres liens.
N.B. Parmi ces « témoins passifs », il faut
ranger les membres de la famille et les
professionnels qui assistent à la traumatisation
secondaire de l'enfant sans chercher à l'éviter
ou à la réduire. La traumatisation secondaire
est celle qui est générée par les attitudes
défavorables de la famille, de l'entourage ou
des institutions après la révélation des faits.
3. De cette modélisation systémique, il s'est suivi
un accroissement des prises en charge
systémiques – au sens technique du terme – à titre
d'instrument principal ou partiel dans une prise
en charge susceptible d'inclure également des
entretiens individuels et/ou des remédiations
sociales. L'idée m'en semble excellente, à
condition de ne pas l'appliquer de façon sauvage,
en organisant rapidement des sessions familiales
où tout le monde doit être présent. Dans l'article
[4]
, nous avons décrit, E. de Becker et moi,
combien il fallait procéder prudemment. Au sein
des interventions systémiques, et pour peu que la
violence soit intra-familiale, un des facteurs les
plus importants est d'obtenir ou de confirmer une
alliance positive, faite de respect et de protection,
entre l'enfant et le « troisième pôle » sain de sa
famille, qui sera souvent sa mère. Les
interventions systémiques incluent également que
l'on cherche à se coordonner entre équipes
multidisciplinaires, soit parce qu'elles étaient
déjà en place au moment où l'une d'entre elles est
nommément intervenue pour faire face à la
maltraitance, soit parce que ceux déjà à l'œuvre
ont jugé utile de s'adjoindre une ou des autres
institutions spécialisées pour être plus efficaces.
J'y reviendrai bientôt.
4. Toutefois, les convictions systémiques générales
des professionnels n'ont pas significativement
amené d'applications concrètes dans des
domaines pourtant importants; en voici quelques
exemples :
- Il est évidemment ardu de lutter contre les
facteurs macrosociaux défavorables, en
faisant une prévention primaire vraiment
efficace.
- La société et les familles n'ont pas
suffisamment entraîné les victimes
potentielles à s'affirmer en disant « Non »
et/ou en demandant autour d'elles des aides
efficaces chaque fois que c'est possible.
- On n'a pas non plus mis en place, autour de
ces victimes, des petits groupes informels de
solidarité, provenant du tissu social proche et
chargés aussi bien de protéger les plus faibles
que de donner aux auteurs l'envie de vivre
plus socialement [4].
- Et encore, le traitement souvent si ardu des
pédophiles est rarement considéré dans une
perspective systémique, analogue à celle du
traitement des anciens alcooliques, où l'on
reconnaît l'importance fondamentale du
soutien social en post-cure.
B. L'art de la rencontre individuelle avec l'enfant
victime de maltraitance
physique ou sexuelle s'est
bien amélioré, lui aussi. Pour qu'il se libère de son
traumatisme, on sait mieux combien il est important
de l'amener à parler de l'histoire interactionnelle et
verbale de son « enrôlement » dans la maltraitance et
aussi à évoquer l'un ou l'autre fait précis et leur
contexte émotionnel et verbal. Il faut aller à la
rencontre des soucis et questions qu'il exprime
spontanément, quelles qu'elles soient, et sans doute
ouvrir la porte à d'autres préoccupations qu'il
n'émettrait pas spontanément ( par exemple :
mauvaise image de soi rémanente; peur pour
l'intégrité présente et à venir du corps sexué ;
culpabilité pour s'être montré passif, s'être tu ou
avoir éprouvé du plaisir, etc.). Il faut encore veiller à
ne pas réduire l'enfant à la dimension « blessée » de
son être et même accepter que parfois, de façon
stable et décidée, il ne veuille pas entendre parler de
psychothérapie.
C. Les fois où l'institution judiciaire demande des
expertises à des psy,
pour qu'ils se prononcent sur la
fiabilité d'une révélation faite par l'enfant, la
situation est plus incertaine. D'abord on ne veille pas
assez à ce que ces expertises soient demandées
précocement, et à ce qu'elles ne se répètent pas dans
la durée d'une instruction : et la pensée de l'enfant
devient vite contaminée par l'ambiance lourde dans
laquelle il évolue et par des questions inévitablement
suggestives qui lui sont faites à l'occasion.
Par ailleurs, certains experts se réfèrent
essentiellement à leurs connaissances générales,
voire à des tests projectifs, pour statuer sur l'enfant et
son discours. Cela ne suffit pas. Il existe actuellement
l'une ou l'autre technique d'entretien non-suggestif
par étapes progressives, la plus importante d'origine
québécoise, que tous les experts devraient pratiquer.
Autant pour la grille d'analyse du discours de
l'enfant, du contexte de celui-ci, et du contexte de la
révélation : les grilles valables se copient largement
l'une l'autre et la plus connue est la SVA ( statement
validation analysis – analyse de la validité du
discours ) mise au point par S. Yuille et ses proches et
traduite par H. Van Gijseghem [8].
III. Les coopérations interinstitutionnelles.
La Belgique est réputée pour son art de la négociation et
du compromis, plus efficacement que dans d'autres pays,
lorsqu'il faut coopérer à plusieurs institutions pour
prendre en charge efficacement un problème de
maltraitance : les professionnels ont tendance à tenir
compte les uns des autres, entre institutions qui étaient
déjà spontanément engagées autour du problème, et à se
répartir les tâches de façon plutôt fonctionnelle. Le cas
échéant, ils s'adjoignent pragmatiquement une nouvelle
institution dont le mandat officiel ou les compétences
spécifiques peuvent apporter un supplément de service
positif.
Tout n'est cependant pas toujours idyllique, et nous
dirons donc quelques mots sur deux « montages
interinstitutionnels » fréquents et délicats :
A. Le renfort apporté par le service d'aide à la Jeunesse
( SAJ ) à un service psychosocial d'accompagnement
à l'amiable ( centre de santé mentale; équipe SOS-
Enfants ).
Le SAJ est un service social d'Etat, mandaté par la
communauté française de Belgique pour coordonner
d'abord à l'amiable la prise en charge de problèmes
sociaux difficiles, exercer une certaine autorité
morale sur les pôles concernés ( en sa qualité de
mandataire officiel de la communauté ) et à
l'occasion, ouvrir la porte à des placements d'enfants
pour raisons sociales. En cas de danger avéré et de
non collaboration des acteurs de celui-ci, le SAJ a
néanmoins la possibilité d'alerter le Tribunal de la
Jeunesse ( TJ ) disposant, lui, d'un pouvoir de
contrainte.
Donc, demander l'intervention du SAJ, c'est parfois
utile mais c'est aussi marcher sur des œufs.
Utile, parce que le SAJ met en place un cadre de
travail à l'intérieur duquel il peut inviter fermement
les personnes concernées à se tenir, en fonction de
l'autorité morale dont il dispose. A risques parce que,
un peu trop souvent me semble-t-il, son intervention
se fait menaçante : « Si vous ne suivez pas ce que
nous disons, nous vous transfèrerons au Tribunal de
la Jeunesse ». Entre la simple autorité morale, ferme,
positive et encourageante, et l'épée de Damoclès
infantilisante, la frontière est parfois bien ténue ...
B. La collaboration avec l'institution judiciaire.
Lorsque les équipes SOS-Enfants ont été créées dans
les années 80', c'était avec l'espoir général que l'on
allait pouvoir « déjudiciariser » la prise en charge des
problèmes de maltraitance. Depuis, beaucoup d'eau a
coulé sous les ponts : les intervenants psycho sociaux
ont progressivement constaté que d'assez nombreux
foyers de maltraitance résistaient à une approche à
l'amiable, même appuyée par le SAJ : demander
l'aide de l'autorité judiciaire, principalement celle du
TJ, doté d'un pouvoir de contrainte officielle, est
alors apparu comme un garant d'efficacité ! Hélas,
même dans ce cadre élargi, la résistance à changer de
mentalité et de comportement n'a pas fondu comme
neige au soleil et le placement d'enfants en résidence
hors de leur famille devrait être choisi plus souvent
qu'on ne le fait comme la seule solution accessible.
Parallèlement à cette démarche des intervenants
psycho sociaux vers les TJ, la société et ses
représentants ( par exemple les responsables
politiques ) ont beaucoup insisté sur l'obligation
d'assistance à enfant ( personne ) en danger, mais avec
une confusion tenace entre « assistance » et
« signalement judiciaire aux autorités pénales ».
Cette pression vers le signalement pénal, plus ou
moins présentée comme une obligation civique, a
probablement été renforcée par les « affaires » qui
ont secoué la Belgique ces dernières années et par
l'influence de pays voisins comme la France, où
l'institution judiciaire pénale a créé une inévitable
tyrannie du signalement. Or, redisons-le, la véritable
responsabilité du citoyen, c'est d'assister le mieux
qu'il peut toute personne qui est en danger, ni plus, ni
moins ...
Dans ce contexte quelque peu confus, l'on constate
que :
- Des coopérations positives peuvent exister entre
les TJ et diverses catégories d'institutions psycho
sociales ambulatoires ou résidentielles, pour gérer
en commun les problèmes relatifs à la
maltraitance, à l'initiative de l'une ou de l'autre
de ces institutions.
- Lorsque c'est le système pénal qui est mis
principalement en route, il fonctionne selon sa
logique propre ( sanction de la personne reconnue
coupable d'une infraction au code pénal ) et le
soulagement susceptible de s'en suivre pour
l'enfant victime de maltraitance, surtout sexuelle,
est plus imprévisible et plus aléatoire. Bien sûr
des efforts ont été consentis, tant au niveau des
lois que des usages pour améliorer les procédures
( par exemple via l'enregistrement vidéo du
premier entretien avec l'enfant ) ; on a mieux
veillé à la formation des policiers et des
magistrats ... mais il y a eu rapidement des effets
pervers ( par exemple : meilleure utilisation par
les avocats de la défense des failles de l'audition
de l'enfant ); on n'a pas changé la lenteur de
fonctionnement et l'accumulation de dossiers en
Justice pénale. On n'a pas changé non plus une
philosophie trop frileuse de promotion de la
présomption d'innocence, face à la seule parole
de l'enfant et aux probabilités qui en découlent!
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§ III. Les efforts sociaux concomitants.
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J'ai déjà signalé combien, en trente ans, une sensibilisation
diffuse de la communauté aux problèmes de maltraitance s'était
accrue. Via la presse, via des campagnes d'information, via des
matières spécifiques enseignés dans les hautes écoles, les
universités, voire même les années supérieures des études
secondaires, beaucoup de nos concitoyens en connaissent « un
bout » sur ces questions : pourquoi la maltraitance, comment en
repérer les signes, à qui s'adresser en cas de suspicion ...
Un peu en décalage par rapport à la prise de conscience sociale,
des lois et des décrets ont suivi. J'ai déjà fait allusion aux
modifications de lois fédérales qui améliorent - légèrement – le
sort des victimes et se prononcent plus explicitement et plus
sévèrement sur les délits et sur leurs sanctions. Côté
communauté française, deux décrets successifs ( 1985 et mai
2004 ) ont ciblé le problème de la maltraitance et la manière
sociétale d'y faire face ( procédures et équipement ) : le plus
important, ici, est la mise en place d'une dizaine d'équipes SOS-
Enfants spécialisées. Mais même si les budgets qui leur sont
destinés ont été revus à la hausse ( autour de 5 millions d'euros
en 2004 ), elles sont en nombre très insuffisant pour remplir leurs
missions potentielles. Côté institution judiciaire, aucun
personnel ni équipement spécifique n'a vraiment été ajouté,
alors que la pression au signalement est devenue très forte.
A mon sens, d'importantes erreurs portant sur la conception de
la prévention, de la remédiation et de l'équipement ont été
commises en Belgique comme dans les autres pays
industrialisés.
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§ IV. Approximation des résultats.
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Côté prévention – primaire et secondaire – la Belgique s'est
efforcée d'améliorer les connaissances du public et des
professionnels sur le phénomène de la maltraitance et sur ses
signes cliniques, dans la perspective d'un meilleur repérage. Elle
a multiplié les campagnes pour sensibiliser les enfants sur leurs
droits à se faire respecter et sur leur intérêt à s'ouvrir de leurs
malheurs à une personne de confiance. Elle a néanmoins raté
trois dimensions-clé :
- Encourager les enfants à contribuer eux-mêmes à leur propre
protection; les y entraîner; leur signaler que se faire
respecter est non seulement un droit, mais aussi un devoir, et
leur en proposer les moyens.
- Encourager les forces saines du tissu social de proximité ( y
inclus les professionnels de première ligne ) à participer
activement à la protection de l'enfant ( et, le cas échéant, au
mieux être de la famille maltraitante ); lui indiquer le rôle
primordial de son engagement et de sa solidarité.
- Aider les agents directs de maltraitance, dès les premiers
moments de dérapage, en parlant publiquement de la
maltraitance comme d'un phénomène inhérent à la nature
humaine et en leur offrant des lieux d'écoute et de soins où
la confidentialité serait
totalement
garantie.
Plutôt que de viser à intensifier cette efficacité de la première
ligne, la Belgique a surtout misé sur quelques équipes
« SOS-Enfants », comme nous venons de le dire, qui travaillent surtout
ambulatoirement et accessoirement en collaboration avec des
services hospitaliers.
Comme les autres pays, elle a misé sur la
séquence «
sensibilisation au repérage --> révélation en un lieu
officiel --> protection et aide efficaces émanant d'institutions
spécialisées ».
Qu'en est-il alors des résultats? Elle commence aussi à mettre
en place quelques structures psychothérapeutiques pour
délinquants sexuels apparemment motivés à changer, structures
hospitalières et ambulatoires, mais dans ce domaine, elle a un
retard assez net sur la France!
I. 25% environ des cas révélés,
toute maltraitances
confondues,
commencent par être traités exclusivement à
l'amiable, en utilisant l'équipement psycho-médico-
social, majoritairement les centres psychosociaux de
troisième ligne
( équipes SOS-Enfants précitées et
certains centres de santé mentale ). En nombre moins
important, ce peut être aussi dans des associations
momentanées de services de deuxième ligne, qui pallient
comme ils peuvent à l'absence d'accessibilité de services
spécialisés ( par exemple une équipe PMS et un SAJ ).
On pratique de la sorte à l'amiable dans les cas où l'on
prévoit une bonne collaboration des principaux
protagonistes de la problématique [2].
Si dans ces 25%, on prend au hasard 100
situations, on constate que 40 à 50 s'améliorent de
façon raisonnablement satisfaisante grâce à ce seul
travail à l'amiable ( au minimum, bonne protection
de l'enfant contre les récidives ). 5 à 10 cas
supplémentaires y parviendront encore lorsqu'on
ajoute au travail d'un service très spécialisé le
cadre ferme du service d'aide à la jeunesse : celui-
ci use de sa seule autorité morale ou de subtils
pouvoirs de pression ( menace de judiciarisation )
pour mettre en route une certaine mobilisation.
Dans 20 environ des cas restant, les travailleurs
psycho sociaux à l'œuvre font appel à l'institution
judiciaire dans un deuxième temps, parce que les
choses s'enlisent ( destin ultérieur ? cfr infra ).
Enfin, pour les 20-30 derniers cas, c'est l'échec pur
et dur, avoué comme tel ou masqué par de
lénifiantes politiques de l'autruche
circonstancielles.
II. 75% environ des cas révélés
prennent tout de suite ou
rapidement le chemin de l'institution policière et
judiciaire pénale. Alors, les résultats positifs sont bien
minoritaires. En effet :
- Lorsque c'est le cas, une prise en charge psycho
sociale conjointe du problème soit n'a pas lieu, soit
se déroule de façon largement clivée du travail
judiciaire.
- Les procédures de l'instruction judiciaire restent
souvent trop lentes et passablement traumatiques.
Cette lenteur a des effets particulièrement
catastrophiques lorsque ce sont des tout petits qui
sont concernés : pour eux au moins, on devrait
instituer une Justice aussi rapide que celle des
« flagrants délits ».
- La probabilité d'une sanction judiciaire n'est élevée
que lorsqu' existent des informations
complémentaires à la seule parole de l'enfant :
preuves matérielles, présence de témoins fiables,
aveux de l'agent maltraitant qui aurait fini par
« craquer ».
- Lorsqu'on n'a comme matériel que la parole de
l'enfant –
ce qui se produit dans la majorité des cas!
– trop peu de Tribunaux prennent la responsabilité
d'y croire, et ceci même lorsqu'elle est bien validée.
Plus souvent, les magistrats concernés s'abritent
derrière la valeur-refuge de présomption
d'innocence, pas toujours utilisée à bon escient, et
qui devient alors une manière de protéger l'ordre
adulte contre des velléités de déstabilisation induites
par les dires de l'enfant. Dans le cadre des allégations
liées à la séparation parentale en particulier, le parent
qui dénonce est bien souvent regardé de façon
négative, parfois à l'encontre de fortes probabilités.
On oblige, et parfois violemment, l'enfant à rester en
contact avec le parent suspect. Les Tribunaux de la
Jeunesse ne sont pas assez souvent appelés à la
rescousse pour exercer leur fonction de protection,
qui devrait rester indépendante de la démarche
pénale.
|
§ V. Quelques propositions.
|
I. Se centrer sur les besoins de l'enfant-victime.
En voici quelques-uns, parmi les plus importants :
A. Primum non nocere :
il est impératif que la mise en
place de l'appareil institutionnel de prise en charge
ne soit pas plus traumatisante que l'abus. L'enfant ne
fait pas la part des choses entre les bons et les
mauvais agresseurs. Il veut moins souffrir, un point
c'est tout ! Que l'on ne tue donc pas l'espérance qui
l'a habité au moment où il s'est décidé à parler!
B. L'enfant qui se plaint de ses malheurs
a besoin de
présence bienveillante à ses côtés qui puisse :
- Ecouter, laisser parler, encourager à se déployer
... sans vouloir tout de suite reprendre et
critiquer, au nom des meilleures intentions du
monde (« Mais non, petit, tu n'es coupable de
rien »).
- Prendre au sérieux, avec gravité, ce que l'enfant
raconte et vit.
- Partager avec lui des émotions et des idées;
pouvoir s'indigner sur ce qui est inacceptable;
consoler l'enfant, le réassurer sur sa propre
valeur; l'encourager à mieux se protéger
désormais.
- S'engager à ses côtés et aux côtés de sa famille
pour améliorer leur sort.
- Parler d'autre chose : ne pas réduire l'enfant à sa
dimension de victime.
C. Simultanément, il est souhaitable qu'une protection
de meilleure qualité
mette l'enfant à l'abri des
récidives d'agression ... Protection concrète, qui ne
relève pas d'une sorte d'utopie bureaucratisée.
Comment?
- L'activisme, le manque de discrétion et la
précipitation sont très mauvais conseillers; ils
aboutissent surtout à rendre impossible la tâche
des professionnels à venir et à permettre au
suspect de bien organiser sa défense.
- L'enfant gagne à participer à sa propre
protection, à la mesure de ses forces et ce peut
être plus efficace qu'on ne le croit (« Non » plus
fermes, mises à distance plus efficaces, etc.).
- La vigilance et la solidarité de l'entourage
informel et sain de l'enfant peuvent également
être des adjuvants précieux.
- Enfin, s'avère le plus souvent positif ce que l'on
peut appeler un sentiment de sollicitude et de
responsabilité de longue durée à l'œuvre chez les
professionnels. Certes, il est normal et structurant
qu'existent des compétences complémentaires,
que des tâches soient réparties et des relais pris.
Mais l'ambiance de protection s'améliore si
chaque professionnel présent lors d'une étape ne
se sent pas quitte de sa responsabilité une fois que
l'enfant quitte son territoire, continue à éprouver
de la sollicitude à propos de ce qu'il devient et
exprime concrètement la permanence de sa
vigilance en fonction des circonstances.
- Les fois rares mais réelles où l'on ne peut pas
gagner en protection matérielle, on peut
s'efforcer de rester en contact avec l'enfant pour
discuter avec lui de ce qu'est l'intégrité
spirituelle : un adulte a peut-être le pouvoir
d'abîmer son corps d'enfant, mais jamais celui de
s'emparer, ipso facto, de son âme. Si l'enfant le
veut de toutes ses forces, son psychisme et ses
valeurs resteront hors d'atteinte.
D. Tous les enfants n'aiment pas que leurs malheurs
soient étalés
sur la voie publique et nous avons donc
un devoir de discrétion à leur égard. Beaucoup
apprécieront néanmoins que, dans le cadre de cette
discrétion, il existe une reconnaissance sociale du
préjudice qu'ils ont subi, une sanction de l'abuseur et
si possible une réparation concrète de sa faute.
E. Le cas échéant, ils apprécient aussi que l'on
« rebondisse »
sur leurs malheurs pour améliorer leur
sort général : prise en compte d'éventuels besoins
sociaux de leur famille; prise en charge de leur
problématique psychique, etc.
Néanmoins, ce que veulent fondamentalement les
enfants, c'est que l'on respecte leur liberté de dire
« Oui » ou « Non » et donc qu'on ne leur impose ni
traitement ni autres réaménagements contre leur gré.
II. A propos de l'équipement.
Nous avons mis au point des types d'intervention qui se
centrent trop sur la mise en place d'institutions officielles
spécialisées. Or, celles-ci exigent des moyens financiers
que nous n'avons pas. Nous faisons la politique de
l'autruche, faisant semblant de croire que quelques
expériences psycho sociales pilotes suffisent à la tâche
( Belgique ); nous montons en épingle dans les
statistiques la minorité de cas traités ou sanctionnés
( Belgique, France ) en nous gardant bien d'évoquer la
majorité silencieuse de ceux qui stagnent ou se
retournent contre les victimes.
Face à ces limites quantitatives, et à d'autres,
qualitatives, on devrait réserver la machinerie officielle
lourde aux cas les plus pathologiques, dangereux ou
scandaleux et pour tous les autres, qui sont majoritaires,
on devrait trouver davantage de professionnels de
première ligne, de solidarités locales et d'engagements
citoyens aptes à écouter et à protéger l'enfant dans son
tissu social informel, et à partir de celui-ci. Les
institutions psycho sociales les plus spécialisées
devraient amplifier leur travail de sensibilisation, de
formation et de soutien envers ces acteurs de première
ligne.
III. A propos de la prévention.
Je voudrais que l'on encourage les enfants à comprendre
leur propre sexualité et celle des autres et à en avoir
globalement une image positive. Certes, il existe
quelques zones noires qu'ils doivent repérer et éviter,
mais la sexualité est d'abord et avant tout une richesse de
leur vie et de la vie sociale.
Qu'on accroisse leur lucidité pour repérer quand ils sont
menacés ; qu'on les encourage à se protéger eux-mêmes
dans la mesure de leurs moyens et qu'on améliore leur
compétence pour y réussir. Intention à propos de laquelle
il faut « partir de loin » : c'est en acceptant les « Non »
des enfants dans la vie de tous les jours, face à nos
injustices, que nous stimulerons leur confiance dans leur
capacité à se défendre.
Qu'on informe authentiquement les enfants sur l'aide
qu'ils peuvent attendre des adultes, en ce inclus ses
limites, en les éclairant correctement; et puis qu'on les
laisse davantage choisir à quelles portes ils iront frapper,
plutôt que de les gargariser de promesses pour politiciens
en période électorale.
Je voudrais aussi que l'on sensibilise l'entourage
immédiat et sain de l'enfant à l'importance que revêt son
engagement aux côtés de l'enfant. La solidarité de cet
entourage, sa fermeté pour dire « Non » lui aussi, sa
vigilance continuée, ainsi que son attitude juste par
rapport à celui qui a maltraité sont des éléments très
intéressants mais malheureusement sous-employés dans
les processus d'aide contemporains.
Je voudrais enfin que l'on arrête de regarder comme des
monstres irrécupérables, celles et ceux qui ont dérapé,
voire commis des maltraitances habituelles. Ce sont des
êtres de la même chair et du même esprit humain que
nous. Si l'on veut qu'ils changent, il faut aller vers eux,
les accueillir, les écouter, désapprouver leurs actes
mauvais - certes - et sans l'alibi facile de la pathologie -,
leur rappeler quelles sont les lois de la vie et l'obligation
de les respecter, travailler leur mental pour que changent
leurs idées toxiques et les accompagner ensuite dans le
même état d'esprit que celui avec lequel on encadre un
ancien alcoolique. Ils doivent arriver à demander pardon
pour ce qu'ils ont fait et à réparer leur faute, et tout ceci
n'exige pas chaque fois la sortie d'une confidentialité
partagée ( avec les éléments sains de la famille ou/et de la
famille élargie, avec l'un ou l'autre voisin ou intervenant
de première ligne prêt à l'engager ).
Résumé en français.
L'article veut faire le point sur le phénomène de la maltraitance
faite aux mineurs d'âge, tel qu'il est repéré et pris en charge en
Belgique francophone depuis un quart de siècle. Il décrit
d'abord les formes de maltraitance prise en considération, et qui
se focalisent sur la maltraitance sexuelle. Puis, il se penche sur
l'évolution des connaissances scientifiques et des pratiques
psycho sociales, en insistant sur l'essor des conceptions
systémiques de la maltraitance et sur l'amélioration des
techniques individuelles d'entretien avec l'enfant abusé. Il
discute également la délicate question des coopérations
interinstitutionnelles. L'article procède ensuite à une
approximation des résultats, en signalant d'importantes erreurs
qui ont été faites dans la conception des projets de prise en
charge. Nous terminons par quelques propositions positives pour
l'avenir.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
Résumé en néerlandais : Samenvatting.
Dit artikel heeft het over de therapeutische aanpak van
kindermisbruik in franstalig Belgïe sinds een kwart eeuw. Eerts
worden de vormen van kindermisbruik besproken, waar meer en
meer sexueel misbruik voorkomt. Daarna worden de
wetenschappelijke vooruitgangen en de psychosociale praktijken
besproken , vooral systemisch denken en verbeterde individuele
onderhouden met het misbruikte kind. Het artikel heeft het dan
over het moeilijk inter institutionneel samenwerken. Ook een
evaluatie van de uitslagen van de verschillende vormen van
aanpak wordt aangekaart. Het artikel eindigt met enkele
positieve voorstellen.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
Résumé en anglais : Summary.
The article focuses on the maltreatment against children in
Belgium, and on the main social reactions to care it. Firstly, we
describe the evolution of the types of maltreatment revealed, up
to their current and omnipresent centration in the sexual field .
Then, we evoke the deep evolution of scientific knowledge;
practical methods of preventing and helping have changed a lot
too, among others in the direction of systemic conceptions and
interinstitutional cooperation. Finally, we make an
approximative evaluation of the results and mention some
important existing errors in the general social representations
and programmas; therefore, we conclude with some positive
recommandations.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
Résumé en espagnol : Resumen.
N.B.
(
N.B.)
Maltrato contra los niños en Bélgica
francófona .(s250)
El artículo quier describir y discutir la evolucion del
fenómeno del maltrato contra los menores de edad,
tal como se desarrolla en Bélgica francófona desde
un cuarto de siglo. Describe en primer lugar las
formas de maltrato existentes. Luego, examina la
evolución de los conocimientos científicos y de
las prácticas psycho sociales, haciendo hincapié en
el desarrollo de las concepciones sistémicas del
maltrato y en la evolucion positiva de las técnicas
individuales de mantenimiento con el niño abusado.
Discute también la delicada cuestión de las
cooperaciones interinstitucionales. El artículo
procede a continuación a una aproximación de los
resultados, indicando importantes errores que se
hicieron en la concepción de los proyectos de toma
en carga. Terminamos por algunas propuestas
positivas para el futuro.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
Maltraitance physique, abus sexuel, allégations d'abus sexuel,
signalement, équipes SOS-Enfants.
Sleutelwoorden :
Kindermisbruik, seksueel misbruik
Key-words :
children's' maltreatment, sexual abuse, emotional abuse.
Palabras clave :
Maltrato físico, abuso sexual, alegaciones de abuso
sexual, descripción personal, equipos Sos-Enfants.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
(1). Psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie,
professeur ordinaire à la Faculté de Médecine de
l'Université Catholique de Louvain, directeur de l'Unité
de Pédopsychiatrie des Cliniques
Universitaires St Luc.
Courriel :
jyhayez@uclouvain.be
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
| - Références bibliographiques. -
|
[1]. Je vous recommande particulièrement une synthèse
pluridisciplinaire que nous avons réalisée à plusieurs praticiens
de Belgique, France et Luxembourg, médecins, travailleurs
sociaux, psychologues et éducateurs, et qui s'intitule : « le
traitement pluridisciplinaire de l'enfant abusé et de sa famille »;
trois vidéo-cassettes ( ou 3 DVD ) disponibles à l'adresse
ANTHEA : anthea@internet-club.fr
Parmi les livres et articles que j'ai écrits ou auxquels j'ai bien
contribué, il y a notamment :
[2]. Hayez J.-Y., de Becker E. 1997.
« L'enfant victime d'abus
sexuel et sa famille : évaluation et traitement »,
Paris, PUF, coll.
« Monographies de la psychiatrie de l'enfant », 301 p.
[3]. Hayez, J.-Y., de Becker E. 1999.
« Abus sexuel sur mineur d'âge »,
dans Encycl. Méd. Chir. ( Elsevier, Paris ), Psychiatrie,
37-204-H-10, 1999, 5 p.
[4]. Hayez J.-Y., de Becker E. 2001.
« Perspective systémique
et travail familial ou de couple dans la prise en charge des
auteurs d'agression sexuelle »,
dans Psychopathologie et
traitements actuels des auteurs d'agression sexuelle, Actes de la
conférence de consensus de la Fédération française de
psychiatrie, p. 237-254.
[5]. Hayez J.-Y.,
« La sexualité des enfants »,
Paris, Odile Jacob, 2004.
[6]. Hayez J.-Y., Lazartigues A.
« Les durs enseignements d'Outreau »,
Carnetpsy, 2004, 22, 34-37.
Je vous recommande encore :
[7]. Dandoy N., Kinoo Ph., Vandermeersch D.
« Allégations d'abus sexuel et séparations parentales »
De Boeck, 2003.
[8]. van Gijseghem H.,
« L'enfant mis à nu »,
Montréal, Le Méridien, 1992.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
Création le 16 janvier 2005.
Dernière mise à jour le
dimanche 06 juillet 2008.
Issu d'un document en traitement de texte reçu du
professeur Jean-Yves Hayez.
ds.ds
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Bravo de m'avoir trouvé
Félicitations
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480
mais est encore correcte avec les écrans
plus grands 1600x1200 ou autres.
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
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je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
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le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
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... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
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Plan.
ici
Résumé - Samenvatting - Abstract - Resumen.
ici
Mots clés-Sleutelwoorden-Keywords-Palabras clave.
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Bibliographie.
ici
Notes.
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Brut.
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Cochez ici pour voir le texte original et intégral
immédiatement sur votre écran.
Maltraitance dirigée contre les enfants en Belgique francophone.
§ I. La maltraitance comme phénomène social évolutif.
I. C'est ainsi qu'au début, on a pris en charge de nombreux
cas de maltraitance physique
II. A. Et il y a eu la déferlante de l'abus sexuel intra et
extra-familial
B. Cette centration diffuse sur la maltraitance sexuelle
est encore alourdie
III. Dans la liste des types de maltraitance, on inscrit
traditionnellement la maltraitance psychologique ( ou
morale ) et la négligence.
§ II. L'évolution des connaissances et des pratiques psycho
sociales.
§ III. Les efforts sociaux concomitants.
§ IV. Approximation des résultats.
§ V. Quelques propositions.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
Résumé en français : Résumé.
ici
Résumé en néerlandais : Samenvatting.
ici
Résumé en anglais : Summary.
ici
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
- Notes automatiques. -
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Note N.B.
(N.B.). Ce résumé approuvé par le
professeur Jean-Yves Hayez a été ajouté
au texte le 14.07.2005
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
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Note 1.
(1). Psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie,
professeur ordinaire à la Faculté de Médecine de
l'Université Catholique de Louvain, directeur de l'Unité
de Pédopsychiatrie des Cliniques
Universitaires Saint-Luc.
Courriel :
jyhayez@uclouvain.be
Pour retourner à l'endroit
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- Bibliographie automatique. -
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Bibliographie numéro 1.
[1]. Je vous recommande particulièrement une synthèse
pluridisciplinaire que nous avons réalisée à plusieurs praticiens
de Belgique, France et Luxembourg, médecins, travailleurs
sociaux, psychologues et éducateurs, et qui s'intitule : « le
traitement pluridisciplinaire de l'enfant abusé et de sa famille »;
trois vidéo-cassettes ( ou 3 DVD ) disponibles à l'adresse
ANTHEA : anthea@internet-club.fr
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dont je viens de partir..
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Bibliographie numéro 2.
[2]. Hayez J.-Y., de Becker E. 1997.
« L'enfant victime d'abus
sexuel et sa famille : évaluation et traitement »,
Paris, PUF, coll.
« Monographies de la psychiatrie de l'enfant », 301 p.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
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.
Bibliographie numéro 3.
[3]. Hayez, J.-Y., de Becker E. 1999.
« Abus sexuel sur mineur d'âge »,
dans Encycl. Méd. Chir. ( Elsevier, Paris ), Psychiatrie,
37-204-H-10, 1999, 5 p.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
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.
Bibliographie numéro 4.
[4]. Hayez J.-Y., de Becker E. 2001.
« Perspective systémique
et travail familial ou de couple dans la prise en charge des
auteurs d'agression sexuelle »,
dans Psychopathologie et
traitements actuels des auteurs d'agression sexuelle, Actes de la
conférence de consensus de la Fédération française de
psychiatrie, p. 237-254.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
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Bibliographie numéro 5.
[5]. Hayez J.-Y.,
« La sexualité des enfants »,
Paris, Odile Jacob, 2004.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
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Bibliographie numéro 6.
[6]. Hayez J.-Y., Lazartigues A.
« Les durs enseignements d'Outreau »,
Carnetpsy, 2004, 22, 34-37.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
.
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Bibliographie numéro 7.
[7]. Dandoy N., Kinoo Ph., Vandermeersch D.
« Allégations d'abus sexuel et séparations parentales »
De Boeck, 2003.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
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Bibliographie numéro 8.
[8]. van Gijseghem H.,
« L'enfant mis à nu »,
Montréal, Le Méridien, 1992.
Pour retourner à l'endroit
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Maltraitance dirigée contre les enfants en Belgique francophone.
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Vous avez la possibilité de voir le texte brut : ici. .
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Maltraitance dirigée contre les enfants en Belgique
francophone.
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... en format
traitement de texte reçu du professeur
Jean-Yves Hayez, vous avez les choix suivants :
Format word 9.0 pour imprimante couleur ( 19.09.2005 ).
liste des mots-clés du site au 28 septembre 2005.
abus sexuel,
accompagnement éducatif,
adolescents abuseurs,
adolescents,
allégation d'abus sexuel,
angoisse de séparation,
angoisse,
anxiété,
assuétude,
autorité parentale,
beaux-parents,
besoins psychiques des enfants,
bizarrerie sexuelle infantile,
cadre thérapeutique,
confidences,
confidentialité,
conformisme,
culpabilité,
debriefing collectif,
délinquance,
dépendance,
dépression,
destructivité,
deuil compliqué,
deuil pathologique,
éducation sexuelle,
enfant abuseur,
enfants,
énuresie,
éthique,
équipes SOS-Enfants,
famille,
famille reconstituée,
Familles restructurées,
guerre,
identité,
infanto-juvénile,
intervention de crise,
Jean-Yves Hayez,
jeux sexuels,
livres,
mendiants,
mort,
mort d'un proche,
mots-clés,
pédopsychiatrie,
perversion sexuelle infantile,
perversion sexuelle,
peur,
pornographie,
protection,
psychiatrie de liaison,
psychothérapie,
publications,
relation de soin,
réparations,
réseau de santé,
sanctions,
secrets de famille,
séparation parentale,
sexualité infantile,
sexualité normale,
signalement,
soins pluridisciplinaires,
stress,
SOS-enfants,
suggestibilité,
syndrome de stress post-traumatique,
traumatisme psychique,
trouble de l'endormissement,
trouble du comportement,
trouble psychique,
urgences,
violence,
vulnerabilité.