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Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez
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Ouvre ta bouche.
Tu ne sentiras rien.
v.r.
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" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va
et d'employer l'esprit à le justifier."
Jean Guéhenno.
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Ouvre ta bouche.
Tu ne sentiras rien.
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J.-Y. HAYEZ
(1)
L'extraction dentaire, par Adriaan van Ostade (1610-1685),
Kunsthistorischer Museum de Vienne
Initialement, c'était ici le texte d'une conférence
faite en 2004 à l'intention de la société de
médecine dentaire de Belgique. Donc, la visite chez le dentiste
sert de référence-clé et l'article peut
intéresser tous
les praticiens amenés à soigner les dents ou
la bouche de l'enfant.
Mais j'ai pensé aussi à beaucoup d'autres situations
où l'on doit prodiguer à l'enfant des soins dits
« intrusifs » ( sondages, petites
interventions chirurgicales, etc. ) Et j'ai adapté
mon texte à cette perspective élargie. Il a été
publié sous le titre « Ouvre la bouche, tu ne
sentiras rien », Journal de pédiatrie et de
puériculture 2005, 18-5, 236-242.
En annexe en fin d'article, une réflexion spéciale
sera consacrée à la circoncision.
§ I. L'enfant, son corps, sa bouche et ses dents
I. L'enfant et son corps
Je me limiterai à quelques considérations utiles dans la
perspective de prévention et de soins propres à
cet article.
L'enfant identifie et connaît l'entièreté et
les parties de son corps,
certainement ce qui en est visible, depuis qu'il est tout petit,
autour de deux ans. Mais avant six-sept ans, il n'est pas sûr
que son corps soit sa propriété : selon lui, il
appartient d'abord, en
quelque sorte, à ses parents, aux membres les plus
âgés de sa
famille, voire à d'autres adultes qu'il connaît et
estime : il le leur
abandonne donc sur demande et fait d'autant moins d'histoires
que celle-ci n'est pas menaçante (« Viens prendre
ton bain ... Viens te faire câliner sur mes
genoux, etc. ») Le
fait qu'il leur résiste néanmoins parfois ne signifie
pas pour autant qu'il est convaincu d'avoir le droit d'agir ainsi.
Ce n'est que progressivement qu'il prend conscience que son
corps, identifié par lui, est bien séparé et différent de celui de ses
parents, et qu'il a un droit de propriété très large à son propos,
droit dont les seules vraies limites sont la mise en danger de soi ou
d'autrui. A partir de huit-neuf ans, il en sera tout à fait convaincu et ce
peut être à l'origine de solides batailles d'opinion et de conflits de
pouvoir.
En même temps que ses incertitudes de propriétaire, l'enfant
jeune doute aussi d'une permanence fondamentale, présente et à
venir, de la constitution de son corps. Il ne sait pas que, si tout se
passe bien, tous ses organes sont destinés à rester en place,
croissant puis décroissant lentement
(2)
Entendons-nous bien :
n'importe quel corps peut tomber malade ou être accidenté. Il
peut donc saigner, normalement très peu de temps, être amputé
traumatiquement d'une partie jusqu'alors saine ou être amputé
pour raisons médicales d'une partie nécrosée ou quasi. Mais le
jeune enfant, lui, imagine parfois que des morceaux peuvent en
tomber, spontanément ou suite à des manipulations intempestives,
ou encore par punition, ou qu'un agresseur pourrait venir lui en
dérober les parties les plus précieuses : c'est le cas pour son sexe,
par exemple, zone particulièrement attractive et à risque. Les plus
petits imaginent même que leurs selles, c'est une partie de leur
corps qui s'en va et qu'avec elles leur corps se vide de l'intérieur.
Si d'aventure, à l'époque de la vie où fleurissent de telles
angoisses, on doit extraire une de leurs dents, ils peuvent le vivre
comme la confirmation — adulte aidant — de cette
précarité de leur corps, qui pourrait bien se
déglinguer et se morceler et donc, perdre d'autres
pièces encore que cette dent qu'on lui enlève
(3)
II. L'enfant et sa bouche
Sa bouche, c'est un des tous premiers organes que l'enfant
repère : il la sent fonctionner, l'explore avec ses doigts ou
avec des objets ou il joue avec elle, l'ouvre et la contemple
dans le miroir. Il la découvre aussi indirectement en regardant
et inspectant la bouche de ses familiers, ou en jouant avec
eux à tirer la langue ou à faire des bruits amusants.
D'intuition, il sait que c'est un organe fonctionnel-clé, qui
lui sert à manger, boire et parler. Il sait aussi que c'est
un organe sensible, douloureux à l'occasion : quand elle est
atteinte par des maladies spécifiques, quand il a reçu un coup
ou s'est mordu la langue, quand elle reçoit du trop chaud
ou du trop froid, quand il y a un problème aux dents, ça
peut faire très mal.
Mais c'est aussi un endroit très intéressant, qui lui apporte
d'importants plaisirs transitoires ou durables : téter, manger et
boire, jouer avec la nourriture en bouche ou la cracher, comme ce
peut être gai ! Autant pour la succion du pouce ou des doigts,
celle de la « tutute » et l'introduction exploratoire de
divers objets dans la bouche. Il y a encore le plaisir
de lécher. Dans la suite de la vie apparaîtront le plaisir
d'exercer sa bouche dans des vocalises, celui de chanter,
de crier, de proférer des gros mots ou de produire de beaux
et intelligents discours. Et les bisous ? Il les donne d'abord
pour faire plaisir et souvent sur demande. Mais plus tard,
ce sera plus perso, l'enfant
utilisera sa bouche dans ses interactions affectueuses et
amoureuses, en allant des bisous mouillés aux french kisses, voire
à des utilisations lewinskiennes de la bouche au hasard de ses
fantaisies sexuelles.
La bouche est encore un des lieux par lesquels s'expriment
l'affirmation de soi et l'agressivité : mordre - ce qui inquiète
souvent un peu trop puéricultrices et institutrices de
maternelle ! -, cracher, tirer la langue, verbaliser son
agressivité ... tout cela passe par la bouche. Occasionnellement,
l'activation de celle-ci est un signe et un symbole de la force
que l'on ressent ou non en soi et du droit de propriété que
l'on se donne ou non sur son corps : par
exemple, face aux sollicitations faites par l'adulte pour
accepter la nourriture, certains enfants ferment énergiquement
la bouche, d'autres crient et d'autres se laissent faire docilement.
Enfin, la bouche est vécue comme une porte d'entrée vers les
mystères et les profondeurs du corps. Certains enfants, surtout
mais pas seulement à la maternelle, imaginent même que c'est par
elle que sortent les bébés, voire qu'on les fait entrer dans le
ventre des mamans. D'autres redoutent que, s'ils laissent
les doigts de l'adulte s'y introduire pour l'une ou l'autre
raison, celui-ci pourrait faire intrusion dans tout leur
corps, connaître leurs secrets, en prendre des morceaux, voire
le détruire. S'ils le vivent ainsi, ils peuvent faire de
fortes crises d'angoisse et d'opposition,
quand on veut leur introduire dans la bouche un objet non usuel
( thermomètre, instrument de soins ) ou un
médicament au goût étrange.
En résumé, l'enfant se sent porteur, mais pas tout de suite
propriétaire d'un organe intéressant, qu'il aime bien pour tous les
usages fonctionnels, plaisants ou agressifs qu'il en fait. Mais cette
même bouche peut être à l'origine de bien des angoisses, modulées
par le tempérament de l'enfant et par l'ambiance plus ou moins
sereine dans laquelle il vit : angoisse d'avoir mal, tout
simplement ou angoisse d'être privé de parties de son corps ou
angoisse d'une possible invasion par l'adulte, qui commence par la
bouche, mais ... ou angoisse qu'on ne veuille punir sa bouche, à
cause de tous les excès auxquels il s'est livré, etc.
Souvent angoisse et opposition sont intriquées : c'est parce
qu'il se sent menacé et qu'il a peur que l'enfant crie, se
débat et ferme farouchement la bouche.
III. L'enfant et ses dents
Le vécu de l'enfant par rapport à ses dents se superpose largement
à ce qui vient d'être dit à propos de la bouche. Les dents, elles
aussi, constituent un lieu du corps fonctionnel, sensible à la
douleur, source de plaisir - le plaisir de mordre, à
pleines dents bien sûr ! - et moyen d'expression
de l'agressivité — ici, c'est
dans la fesse bien tendre de son ennemi que l'on
mord ! — ... Chez
certains enfants, les dents sont aussi l'occasion de luttes
de pouvoir plus ou moins déclarées avec les parents : Ah, tous
les ces enfants soi-disant tête en l'air qui
« oublient » de
se laver les dents, et à qui il faut le rappeler tous les
jours pendant des éternités !
Plus spécifiquement, les dents, c'est aussi un petit bout
de corps détachable ! Vers six-sept ans, ce
détachement est physiologique, et la
grande majorité des enfants le supporte bien : ils
comprennent que c'est un signe de leur grandissement, que d'autres
dents plus fortes arrivent et tout comme dans les seniories, leurs
classes sont peuplées de joyeux édentés. En
plus, la petite souris vient parfois emporter le petit déchet
précieux, caché avec maman sous
l'oreiller, pour l'emmener au paradis des dents de lait, et elle
va la remplacer par d'horribles sucreries ! Quoi qu'il en soit,
au moment de cette perte de dents, l'enfant ne se sent
plus « au lait », mais bien au parfum des
blagues salaces de la cour de récréation. Mais quand
l'ablation n'est pas naturelle et surtout si elle a lieu plus
précocement dans la vie, c'est assez souvent ressenti comme
un signe du pouvoir des adultes sur le corps, et comme un signe
avant coureur de détachements encore
plus affreux ! ( cfr. supra )
§ II. L'accompagnement psychologique des soins
dentaires
A. Le déroulement habituel des opérations
Quand on demande à l'enfant d'ouvrir la bouche bien grande et
de rester calme pour qu'on lui soigne les dents, on va
à l'encontre d'un réflexe d'auto-protection très
banal. Plus l'enfant est jeune, moins il y a de chances qu'il
comprenne facilement le projet adulte de le soulager à long
terme, et plus il est susceptible de réagir comme le
mammifère blessé de qui l'on s'approche trop pour
enlever une épine de la patte : ce sera donc la fuite
ou l'agression,
cette dernière surtout s'il se sent acculé.
Il faut donc arriver à ce que l'enfant fonctionne principalement
avec ce que l'on pourrait appeler une « intelligence
anticipative » : consentir à faire le pari
que cet étranger qui prétend
l'aider et semble soutenu par ses parents va vraiment le faire. Un
certain nombre y parviennent, d'autant plus aisément qu'a
existé une bonne préparation. En dessous de
huit-neuf ans, il est néanmoins normal que s'y mélange
un zeste de méfiance, d'angoisse et de
qui-vive, et d'agressivité larvée. C'est que l'enfant
sait d'intuition qu'il est souvent trop confiant et que ses
facultés de discrimination ne sont pas encore au top ...
et les adultes l'ont si souvent roulé dans la farine avec
leurs paroles
lénifiantes, leurs sourires et leurs promesses !
Après huit-neuf ans, il fait davantage confiance à sa propre capacité à
reconnaître les vraies et les fausses bonnes intentions de ses
parents ou d'autrui, et il se laisse davantage aller sans plus de
réticences.
SOS dentistes au travail au Vietnam ... On ne se rend pas assez
compte combien les douleurs dentaires, souvent durables
peuvent « pourrir la vie » des enfants pauvres
et notamment des enfants des rues
Néanmoins une minorité d'enfants, dégressive avec l'âge, ne
parvient pas à « marcher à
l'intelligence » C'est surtout le cas des enfants
souffrant de lourds handicaps cognitifs ( autistes,
retardés mentaux importants ou psychotiques ), c'est
aussi celui d'enfants qui ont un niveau basal d'angoisse
très élevé, par tempérament et/ou suite
à l'histoire de leur vie et/ou suite à la
manière très anxiogène dont les parents
les élèvent. C'est enfin le
cas des enfants qui ont subi un traumatisme de la bouche, surtout
si celui-ci a été volontaire ( coups ) et
qu'ils ont eu le temps de visualiser l'agent agresseur qui
fonçait sur leur bouche. Dans tous
ces cas et notamment dans le dernier, face aux stimulus et à
l'ambiance qu'ils perçoivent dans le cabinet du dentiste
(4)
,
ce sera la crise d'angoisse intense et
prolongée, le désespoir, la colère
et l'opposition ou, plus souvent
encore la séquence rapide angoisse ---> opposition bruyante.
L'attitude des adultes présents au moment de la crise peut
contribuer à atténuer celle-ci ou à l'exacerber. Si eux-mêmes
s'énervent, menacent, bousculent l'enfant, ils augmentent la
probabilité que la crise atteigne des sommets et se prolonge, et que
l'enfant en sorte « vainqueur » ou quand il
retrouve la rue, le voici bougon, l'air vaguement sourd et absent,
reniflant et refoulant ses larmes, la main dans celle d'un parent
tout aussi énervé, et avec les dents toujours malades. Mais surtout,
il a reçu comme une preuve que l'explosion de ses émotions faisait
céder les adultes. Alors, bonjour la récidive, dans toutes sortes de
circonstances menaçantes et frustrantes !
Inversement le calme, la capacité de contenir ses débordements,
les explications sobres couplées à la ténacité de l'adulte finissent
souvent par avoir raison d'une majorité de ses crises anxieuses.
B. Préparer la visite chez le dentiste
Il n'existe pas de préparation qui soit parfaite. Dès tout petit,
l'enfant est régulièrement confronté à la souffrance somatique, à
des soins eux-mêmes plus ou moins douloureux et aux
commentaires plus ou moins avisés ou maladroits que les adultes
tiennent dans de tels contextes : ils ont probablement
déjà essayé de lui dire que telle visite chez
un soignant, c'était pour son bien et que ça ne ferait
pas mal, mais la réalité coïncide rarement avec les
paroles lénifiantes ou les silences qui l'ont introduite.
Quoi qu'il en soit, en simplifiant et idéalisant quelque peu les
choses, on doit espérer que les parents ou les éducateurs habituels
de l'enfant, spontanément ou après sensibilisation
(5), parviennent à
n'en faire ni trop ni trop peu pour préparer cette fameuse visite.
Et qu'ils le fassent à un moment bien choisi, pas trop longtemps à
l'avance en tout cas : l'avant-veille, voire la veille en fin d'après-
midi ou même une heure ou deux à l'avance pour un enfant de
moins de six ans, c'est un délai suffisant
(6)
! Ce qui n'empêche que, à
titre de prévention et en dehors de tout projet de visite précise, on
peut lire avec l'enfant jeune une petite histoire illustrée qui
raconte la visite chez le dentiste. Ce sera plus simple alors, au
moment d'introduire une expérience concrète, d'aller rechercher
le livre et de signaler à l'enfant :
« cette fois, c'est
à ton tour »
Ni trop, ni trop peu ? Ce que l'enfant doit savoir, c'est que le
dentiste est une personne en qui ses parents ont
confiance ( voire un ami au prénom connu, surtout si
l'enfant est très jeune ) Il répare les
dents ( ou les soigne ) pour qu'elles grandissent
( éventuellement, il enlève une petite dent malade
pour qu'une dent plus forte — une dent de grand garçon
ou de grande fille — puisse pousser ) Maman ( ou un
autre familier ) seront présents aux côtés
de l'enfant pendant les soins. Fin du message ! Surtout, surtout,
les parents devraient éviter d'ajouter « Il ne te
fera pas mal » ou « Il te fera une petite
piqûre pour que tu n'aies pas mal, mais la piqûre
ça fait pas mal » De ces messages anxieux et
chargés d'émotions, l'enfant jeune gomme les
négations et ne retient que l'inverse, c'est-à-dire
« Tu auras mal » Je propose donc que l'on s'en
tienne dans un premier temps à la base verbale
précitée, plutôt sobre : le dentiste
est fondamentalement quelqu'un qui soigne, avec la confiance des
parents. Puis on doit s'enquérir des éventuels
commentaires ou questions de l'enfant. S'il n'en a pas, c'est
bien ! S'il en a, il faut lui répondre authentiquement
et toujours sobrement. Donc, la question de la douleur viendra quand
même peut-être sur le tapis, mais à la demande de
l'enfant. Et la réponse indiquera, avec des
mots adaptés à l'âge de l'enfant : le
travail sur les dents est indolore ou pour ce faire il est
précédé d'une anesthésie ou celle-ci
peut piquer un peu, comme quand on se fait une pincette,
quelques secondes. Ici encore, je ne parlerais de la piqûre et de
l'aiguille que si l'enfant demande explicitement avec quoi on rend
ses dents insensibles.
Ultime acte de préparation, si l'enfant est
réputé très anxieux ou
très difficile, on gagne à le faire accompagner par
un adulte ( voire un grand adolescent ) réputé
ferme et tranquille, sans l'en avertir
longtemps à l'avance, et en argumentant de
l'indisponibilité de l'accompagnateur le plus
spontanément attendu, « Maman n'est pas
libre. C'est moi qui viens avec toi » Surtout s'abstenir
d'ajouter : « comme ça ,avec moi, tu n'auras
pas peur », ce qui fait trop penser indûment
à l'enfant qu'il
va devoir affronter une situation pénible !
Voilà pour la préparation côté
parents. Et côté dentiste ? Surtout
s'il a pour habitude de recevoir d'assez nombreux enfants jeunes,
réputés sensibles, il peut veiller aux dimensions
accueillantes de sa salle d'attente et de son cabinet — J'en
connais même un qui a installé des perruches à
bonne hauteur en face du fauteuil du client
(7)
ou et croyez-moi, il n'y a pas que pour les
enfants que l'animation de ces bestioles constitue une agréable
manoeuvre de diversion ! —, il peut veiller aussi
à l'éventuelle dissimulation
d'une partie de son matériel : inutile que son cabinet
apparaisse comme une sorte de musée de la seringue et du
dentier ! Se pose aussi la question de l'aspect accueillant ou
impressionnant de sa personne.
Un tablier blanc, un masque et des gants sont-ils toujours
vraiment indispensables ? Très peu de petits enfants,
à ma connaissance, sont atteints du SIDA ou de tuberculoses
actives. Réciproquement, la contamination à partir de
l'homme de l'art, qui se serait bien lavé les mains, est-ce si
sûr ? A chacun d'apprécier, au cas par cas,
notamment à partir de la réactivité
prévisible du petit client.
Plus radicalement, chacun devrait réfléchir à
son « Soi professionnel » et se demander
s'il dispose des dispositions d'esprit centralement
nécessaires pour bien travailler avec des
enfants, surtout en âge de maternelle : patience,
capacité d'apprivoiser l'enfant à peu près au
rythme de celui-ci, tolérance et indulgence, empathie pour
ce que vit l'enfant, capacité de clin d'oeil et
d'humour ... mais de fermeté aussi,
fermeté tranquille, capacité de décider et
d'aller de l'avant sans s'énerver.
Evidemment, personne ne possède toutes ces qualités et, quand on
en possède quelques-unes, on a régulièrement des passages à vide.
Néanmoins, celui qui n'en reconnaîtrait aucune en soi, celui qui
est tout de suite énervé ou angoissé par les enfants trop jeunes ...
doit-il vraiment accepter la clientèle de ceux-ci ?
C. Le face-à-face avec les petits clients ordinaires
Avec ceux-ci, c'est relativement simple : la gentillesse de
l'accueil ou le fait de s'intéresser à l'enfant, de lui
demander son prénom et de se présenter, de
s'enquérir de l'un ou l'autre paramètre important de
sa vie ou le fait de lui rappeler brièvement le pourquoi et
le comment de la situation ( enlever la dent qui fait mal et
permettre à une dent de grand de bien venir ...
réparer pour que tu n'aies plus mal ) ou le fait
d'expliquer ce que l'on va faire tout
juste à l'avance et sans tricher, de montrer l'appareil
à l'enfant, éventuellement de lui permettre de le
toucher, sans en remettre durant des éternités ...
et puis, de façon tout
aussi importante, le droit que l'on se donne d'aller de
l'avant, tout ceci devrait entraîner une collaboration
raisonnable de l'enfant. A la fin des
opérations, il faut bien penser à le remercier et
à le féliciter, ne serait-ce que pour l'encourager
à se conduire
une prochaine fois de façon tout aussi responsable.
Un mot néanmoins de ces tout petits ( moins de cinq
ans ), à qui l'on
doit extraire une dent
(8),
et qui pourraient généraliser et
voir surgir des angoisses sur le morcellement possible de
leur corps. Ils sont plus nombreux qu'on ne l'imagine — à
cet âge-là, cette angoisse est quasi
physiologique ! — et ils ne se manifesteront pas toujours
par de la protestation anxieuse au moment de l'opération ou
c'est souvent dans les jours qui suivent que cauchemars et autres
signes de stress viendront empoisonner la vie de tous.
Agrémentés peut-être
par de la masturbation compulsive — pour laquelle on les
grondera encore — ou de commentaires plus précis,
à saisir au vol pour qui veut bien les
entendre ( « Y a une fille à l'école,
son zizi est tombé » )
Est-il possible de faire de la prévention primaire ou secondaire, en
dialoguant avec eux lors de la préparation ou sur place ? Doit-on
se limiter à intervenir par la suite, face aux signes qui se
déploieraient ? A décider au cas par cas !
L'idée maîtresse, c'est d'écouter leurs craintes sans se moquer
d'eux s'ils n'osent les exprimer et de dialoguer en s'efforçant de
leur transmettre explicitement un message verbal dont voici la
synthèse « ça va grandir et personne
n'a le droit d'en prendre un morceau »
D. Et avec les enfants particulièrement anxieux
ou opposants ?
Les attitudes susmentionnées restent fondamentalement
d'application. Le principe le plus important me semble être de
pouvoir insister en restant calme, mais sans vouloir soumettre
l'enfant à tout prix. Surtout, ne pas s'agiter soi-même,
ne pas s'énerver et entrer en escalade agressive, ne pas se
montrer insécurisé ou perdant les pédales, ne
pas marchander et faire des promesses ou des menaces. Demander
fermement à l'accompagnant de rester quasi silencieux, par
exemple en tenant la main ou les deux mains de l'enfant. Que lui
aussi s'abstienne de commentaires type menaces ou promesses. Continuer
à parler à l'enfant doucement, calmement, sobrement, la
parole centrale étant : « Pierre, je voudrais
que tu ouvres bien la bouche pour que je puisse te soigner. Et
d'abord, je dois commencer par ... » On peut la
répéter comme une litanie, mais inutile, une fois
encore d'en remettre avec les « je te promets que tu
n'auras pas mal », dont l'enfant
gomme la négation !
Si, dans cette ambiance douce et ferme, angoisse ou colère
persistent plus de quelques minutes ou vont même crescendo sans
collaboration de l'enfant, on peut conclure provisoirement et lui
dire, en pesant soigneusement ses mots « Bon, je ne
pourrai pas te donner tes soins aujourd'hui ; tu vas repartir
avec ta dent malade ; je vais réfléchir avec tes
parents à ce que nous allons faire pour te
soigner » Cette réflexion peut prendre
place quelques heures plus tard par téléphone, en dehors
de la présence de l'enfant. Quelles sont alors les pistes
qui s'ouvrent ? Différer les soins et
attendre que l'enfant grandisse, parce que ces soins ne sont pas
vraiment indispensables rapidement ou revenir à la charge avec le
même type d'attitude, toutes les deux semaines par exemple, pour
montrer à l'enfant que l'on tient vraiment à sa santé, et dans
l'intervalle remédier aux dimensions problématiques de sa
personnalité, par exemple par le dialogue éducatif, la valorisation
à la maison, voire une psychothérapie ou lui administrer un
médicament tranquillisant quelques heures avant la visite ou
recourir à l'anesthésie générale ou à d'autres techniques modernes
comme le MEOPA
(9)
Parmi les enfants qui nécessitent souvent une aide
spéciale, il y a
notamment ceux qui ont subi un traumatisme de la bouche,
surtout si : ils sont jeunes et/ou déjà de
tempérament anxieux ou si
le traumatisme a été volontaire ( coups ) et
encore plus si c'est
adulte qui l'a porté, et s'ils ont vu l'agent traumatique
foncer sur leur bouche. Alors, ils peuvent être
terrorisés, sur de très longues
durées, si quelqu'un s'approche de nouveau de leur bouche et
leur demande de l'ouvrir. Pour ces enfants, il faudra souvent une
psychothérapie préparatoire, et même une
anesthésie générale ou du MEOPA.
E. De retour à la maison
Dessin de Lambert Dovmar (1623-1700),Ashmolan museum de Dresde
Pour peu que la séance ait été houleuse et
surtout si l'enfant est
jeune, on peut l'encourager, mine de rien, à jouer au jeu du
dentiste avec ses peluches ou poupées. Le fait qu'il
abréagisse sa
rage et son angoisse, par exemple en s'en prenant violemment aux
dents d'une marionnette-crocodile, atténuera ce que la
rencontre a pu avoir de traumatisant et le préparera
à être plus ferme à
l'avenir. Avec des enfants plus âgés, on peut
d'enquérir de ce qu'ils ont vécu et les aider
à le verbaliser ou, tout simplement,
partager des souvenirs et dialoguer.
§ III. L'appareil dentaire
(10)
Une minorité d'enfants — souvent, les plus
âgés — ou de jeunes
adolescents sont suffisamment intelligents, capables d'anticipation
et raisonnables pour comprendre que la demande qu'on leur fait
est intéressante pour leur esthétique future et pour la
fonctionnalité de leur dentition. Ils y adhèrent
d'autant mieux
qu'on leur donne de bonnes informations et qu'on discute avec
eux du pour et du contre. Ils gagnent néanmoins à
être encouragés au cours de la procédure,
soutenus lorsqu'ils vivent quelques moments difficiles
— inconfort, moquerie d'un camarade, etc. —, et
félicités, voire récompensés
pour leur courage.
Une majorité est plus ambivalente, du moins au début ou si c'est le
cas, il faut pouvoir insister et décider à leur place, en appliquant
également et avec encore davantage d'intensité les attitudes que je
viens d'esquisser. Lors de leurs moments de mauvaise humeur à
l'égard du « machin chiant », ils ne
méritent
certainement pas la mauvaise humeur en retour des adultes, mais
plutôt compréhension et encouragements.
Reste une minorité et même une petite minorité d'irréductibles
qui n'en veulent vraiment pas. Concrètement, s'ils sont
déterminés, ils finissent quasi toujours par gagner sur le terrain à
force de sabotages, cassures de l'appareil et autres oublis.
Néanmoins, face à leur « non »
persistant, nous pourrions
apprendre à nous résigner autrement
qu'avec rage. Après tout, ces jeunes nous rappellent que la liberté
de l'être humain est une réalité et une valeur importante. Au
moins nous montrent-ils qu'ils sont capables de dire non et ceci
devrait nous réjouir, car nous pouvons en inférer qu'ils sont à
même de se faire respecter, par exemple par des gens qui
voudraient abuser d'eux. Même si nous ne sommes pas d'accord
avec le bien fondé de leur choix et si nous pouvons le leur
expliquer, nous pouvons nous incliner devant celui-ci avec le
respect dû à leur différence. Entre autres, parce que l'on ne peut
pas arguer que leur refus persistant met en danger leur vie ou
celle d'autrui.
Annexe : A propos de la circoncision
En Belgique et en France, la circoncision des jeunes garçons
revient à la mode.
Mode, sans plus, comme chaque fois qu'il n'existe pas de raison
religieuse ou culturelle forte pour introduire une nouvelle
pratique. Mode, car les raisons avancées autour de
l'hygiène ne tiennent pas vraiment la route, dans des pays
où l'on se lave plutôt trop que trop peu. S'il fallait
couper préventivement tout ce qui peut-être risque
d'être sale si nous ne nous en occupons pas, on peut nous
couper tous en petits morceaux !
S'il s'agit seulement d'une mode, les parents devraient y
réfléchir à deux fois avant d'y souscrire, et
même demander l'avis de l'enfant concerné avant
d'agir : après tout, pour paraphraser une des
premières chansons célèbres mettant en garde
contre l'abus sexuel : Son corps, c'est son corps !
Quelques mères devraient même résister
à leurs envies raboteuses, car parfois, ce sont elles, et
seulement elles, qui veulent marquer leur fils, symboliquement, en
exerçant un pouvoir ambigu sur cette partie de son corps qui
ne leur sera jamais destinée érotiquement. Motivation
pas vraiment construcitve pour l'enfant lorsqu'il en a
l'intuition ...
Par contre, si la raison de la circoncision est culturelle ou
religieuse, les garçons s'en ressentent valorisés, et
leur sentiment d'appartenance au groupe est renforcée.
Signalons néanmoins que, quelle que soit la raison du
geste, il existe une tranche d'âge plus défavorable
pour le faire, entre trois ans et six, sept ans ... ce sont
les âges ou l'angoisse de castration, l'angoisse d'une
possible mutilation sexuelle voulue par l'adulte, est la plus
forte ...
Rappelons pour terminer que nombre d'enfants, et même quelques
préadolescents et adolescents, quelque peu timides, mal
dans leur peau ou pudiques, n'osent pas parler de problèmes
intimes comme des difficultés de décalottage ...
il faudrait donc vérifer la chose quand ils sont encore
petits, par exemple quand on leur apprend l'hygiéne
intime ... L'idéal est que ce soit les pères
qui le fassent, le plus naturellement du monde.
En cas de gène ou de franc phimosis, la circoncision
s'impose, en leur expliquant, comme disait Dolto, que
c'est «
pour mieux bander »
- Notes. -
(1). Psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie,
professeur ordinaire à la Faculté de médecine de
l'Université Catholique de Louvain, directeur
de l'Unité de Pédopsychiatrie des Cliniques
Universitaires St-Luc.
(2) Les seules choses qui se séparent physiologiquement
du corps, ce sont ses déchets et surplus morts : urines,
selles, vomissements, ongles et cheveux ... la plupart
des enfants comprennent très vite que ce n'est plus vraiment
leur corps, sauf les tout petits ou les grands handicapés
cognitifs qui peuvent déjà avoir très peur de ces pertes-là.
(3). On imagine sans peine qu'il peut vivre aussi la
catalyse de ses angoisses lors d'une amygdalectomie, une
circoncision, etc. Il faut donc éviter de
pratiquer de telles opérations, si elles ne sont pas
indispensables, avant l'âge de six-sept ans.
(4). Rappelons que dans ce texte « dentiste » est un
terme générique qui désigne tous les soignants qui veulent
faire ouvrir la bouche à l'enfant, principalement pour lui
soigner les dents ( dentistes, orthodontistes,
stomatologues, ...) On peut y adjoindre dans une large mesure
d'autres soignants qui veulent faire un examen ou des soins
pour lesquels il faut pénétrer le corps ( médecins traitants,
pédiatres, etc.)
(5). Le dentiste pourrait s'enquérir par téléphone s'il
s'agit de la première visite de l'enfant chez un représentant
de son art. Si oui, il pourrait faire quelques recommandations
aux parents pour qu'ils préparent bien la
visite ou encore, leur envoyer un petit feuillet informatif
à ce propos.
(6). Je me situe ici en dehors du contexte de la grande
urgence, qui rend la
préparation impossible ou quasi.
(7). Et dans le joli dessin animé « le monde de
Nemo » ( E. Stanton, 2003 ) quelle image de l'US-dentiste
se véhicule-t-il ? Il a un
magnifique aquarium disposé face aux clients, et travaille
en blouse
chirurgicale vert pâle et avec gants, mais sans masque !
(8). Ce pourrait être aussi un tout petit enfant chez qui on doit
intervenir chirurgicalement, surtout sur des
endroits « symboliques » et chargés d'affects : la bouche,
le sexe, l'anus et ses prolongements ...
(9). Le MEOPA entraîne une sédation consciente et une
diminution de la sensation de douleur. C'est un mélange
équimolaire de protoxyde d'azote et d'oxygène. Mais il
faut néanmoins que l'enfant accepte de mettre un masque
et d'inhaler calmement, car il reçoit une dose de produit
à chaque inhalation.
(10). Les considérations concernant l'obligation de porter
un appareil dentaire s'appliquent aussi dans une large mesure
à l'obligation inverse : celle de renoncer à la succion
du pouce ( ou des doigts ) ou à la mise en bouche de la
sucette ( « tutute » )
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
Mots-clés
bouche, dents, soins dentaires, soins intrusifs,
petite chirurgie, circoncision, appareil dentaire
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
Création le 27 avril 2004.
Dernière mise à jour
le dimanche 25 avril 2010.
Issu d'un document en traitement de texte remis par le
professeur Jean-Yves Hayez.
ds.ds
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Bravo de m'avoir trouvé
Félicitations
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.

... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480
mais est encore correcte avec les écrans
plus grands 1600x1200 ou autres.
Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur
Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son
infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.

... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480 mais est
encore correcte avec les écrans plus grands 1600x1200 ou autres.
Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur
Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son
infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
PLAN
n.b. Ce document s'imprime facilement : dix pages.
§ I. L'enfant, son corps, sa bouche et ses dents.
§ II. L'accompagnement psychologique des soins dentaires.
§ III. L'appareil dentaire.
Cochez ici pour télécharger
le texte original et
intégral de ce site en format traitement de texte.
Cochez ici pour voir le texte original et intégral
immédiatement sur votre écran.
Ouvre ta bouche. Tu ne sentiras rien.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
- Notes automatiques. -
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Note 1.
(1). Psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie,
professeur ordinaire à la Faculté de médecine de
l'Université Catholique de Louvain, directeur
de l'Unité de Pédopsychiatrie des Cliniques
Universitaires St-Luc.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
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Note 2.
(2) Les seules choses qui se séparent physiologiquement
du corps, ce sont ses déchets et surplus morts : urines,
selles, vomissements, ongles et cheveux ... la plupart
des enfants comprennent très vite que ce n'est plus vraiment
leur corps, sauf les tout petits ou les grands handicapés
cognitifs qui peuvent déjà avoir très peur de ces pertes-là.
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dont je viens de partir
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Note 3.
(3). On imagine sans peine qu'il peut vivre aussi la
catalyse de ses angoisses lors d'une amygdalectomie, une
circoncision, etc. Il faut donc éviter de
pratiquer de telles opérations, si elles ne sont pas
indispensables, avant l'âge de six-sept ans.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
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Note 4.
(4). Rappelons que dans ce texte « dentiste »
est un terme générique qui désigne tous les
soignants qui veulent
faire ouvrir la bouche à l'enfant, principalement pour lui
soigner les dents ( dentistes, orthodontistes,
stomatologues, ...) On peut y adjoindre dans une large mesure
d'autres soignants qui veulent faire un examen ou des soins
pour lesquels il faut pénétrer le
corps ( médecins traitants,
pédiatres, etc.)
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
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Note 5.
(5). Le dentiste pourrait s'enquérir par téléphone s'il
s'agit de la première visite de l'enfant chez un représentant
de son art. Si oui, il pourrait faire quelques recommandations
aux parents pour qu'ils préparent bien la
visite ou encore, leur envoyer un petit feuillet informatif
à ce propos.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
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Note 6.
(6). Je me situe ici en dehors du contexte de la grande
urgence, qui rend la
préparation impossible ou quasi.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
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Note 7.
(7). Et dans le joli dessin animé « le monde de
Nemo » ( E. Stanton, 2003 ) quelle image de l'US-dentiste
se véhicule-t-il ? Il a un
magnifique aquarium disposé face aux clients, et travaille
en blouse
chirurgicale vert pâle et avec gants, mais sans masque !
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
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Note 8.
(8). Ce pourrait être aussi un tout petit enfant chez qui on doit
intervenir chirurgicalement, surtout sur des
endroits « symboliques » et chargés d'affects : la bouche,
le sexe, l'anus et ses prolongements ...
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
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Note 9.
(9). Le MEOPA entraîne une sédation consciente et une
diminution de la sensation de douleur. C'est un mélange
équimolaire de protoxyde d'azote et d'oxygène. Mais il
faut néanmoins que l'enfant accepte de mettre un masque
et d'inhaler calmement, car il reçoit une dose de produit
à chaque inhalation.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
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Note 10.
(10). Les considérations concernant l'obligation de porter
un appareil dentaire s'appliquent aussi dans une large mesure
à l'obligation inverse : celle de renoncer à la succion
du pouce ( ou des doigts ) ou à la mise en bouche de la
sucette ( « tutute » )
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
Pour télécharger ce site ...
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Ouvre ta bouche. Tu ne sentiras rien.
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... en format
traitement de texte reçu du professeur
Jean-Yves Hayez, vous avez les choix suivants :
Format word 9.0 pour imprimante couleur ( 29.07.2005 ).
liste des mots-clés du site au 28 septembre 2005.
abus sexuel,
accompagnement éducatif,
adolescents abuseurs,
adolescents,
allégation d'abus sexuel,
angoisse de séparation,
angoisse,
anxiété,
assuétude,
autorité parentale,
beaux-parents,
besoins psychiques des enfants,
bizarrerie sexuelle infantile,
cadre thérapeutique,
confidences,
confidentialité,
conformisme,
culpabilité,
debriefing collectif,
délinquance,
dépendance,
dépression,
destructivité,
deuil compliqué,
deuil pathologique,
éducation sexuelle,
enfant abuseur,
enfants,
énuresie,
éthique,
équipes SOS-Enfants,
famille,
famille reconstituée,
Familles restructurées,
guerre,
identité,
infanto-juvénile,
intervention de crise,
Jean-Yves Hayez,
jeux sexuels,
livres,
mendiants,
mort,
mort d'un proche,
mots-clés,
pédopsychiatrie,
perversion sexuelle infantile,
perversion sexuelle,
peur,
pornographie,
protection,
psychiatrie de liaison,
psychothérapie,
publications,
relation de soin,
réparations,
réseau de santé,
sanctions,
secrets de famille,
séparation parentale,
sexualité infantile,
sexualité normale,
signalement,
soins pluridisciplinaires,
stress,
SOS-enfants,
suggestibilité,
syndrome de stress post-traumatique,
traumatisme psychique,
trouble de l'endormissement,
trouble du comportement,
trouble psychique,
urgences,
violence,
vulnerabilité.