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Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez
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Enfants,
Adolescents et
Média.
* biographie et receuil de publications scientifiques du
professeur Jean-Yves Hayez.
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" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va
et d'employer l'esprit à le justifier."
Jean Guéhenno.
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Enfants, Adolescents et Média.
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J.-Y. HAYEZ
(
1
)
En 2004, chez les 12-17 ans belges, 15% du temps libre
( non-scolaire ) est consacré à l'étude, 37% à la fréquentation
des écrans ( TV : 17% : Internet : 12%; autres accès aux
jeux vidéos : 8% ) et 16% à la musique (« de jeunes » bien
sûr ). L'enquête n'a pas recensé le temps consacré aux
portables, temps saupoudré sur la journée mais sans doute
significatif, lui aussi. Dans cette tranche d'âge, le sport, les
activités culturelles ou récréatives en groupe, les sorties et la
lecture arrivent bien après! On « sort », mais à domicile,
devant une machine : à partir de 11 ans, on atteint
rapidement le chiffre de 80% de jeunes qui fréquentent
Internet quotidiennement pour s'y distraire ou pour y
chatter : En Belgique toujours, la messagerie instantanée
d'apparence privée MSN Messenger fait un véritable tabac :
60% des 12-14 ans en maîtrisent fort bien le chat speak très
spécifique. Souvent, ils ont des dizaines de contacts inscrits
sur leur liste de correspondants et entretiennent des
conversations simultanées avec 5 à 7 d'entre eux ...
Nombre de jeunes ont l'œil sur plusieurs multimédias ( MM ) à
la fois ; ils les gèrent en combinant zapping ( fréquent ) et
effectuation de tâches multiples et quasi simultanées :
dialoguer avec plusieurs interlocuteurs dans un chatt, tout en
allant lire leur courriel, nourrir leur cyber-ours ou chercher
vaguement de la documentation scolaire sur Google ; en
même temps, jeter un œil sur la TV au cas où un
programme s'avèrerait alléchant ( type Starac, hélas )
répondre à leur portable ou surveiller sur l'écran de celui
l'arrivée de SMS et autres images ...
Petits virtuoses de la technologie ? Créateurs de modes très
nouveaux de se distraire, de communiquer, ou en tout cas
de passer son adolescence ? Prisonniers d'une redoutable
sirène, dont l'adulte tire les marrons du feu ( conditionnement
de la pensée des jeunes ; profits financiers, etc. via les
appareils vendus ). Va savoir! Les sociétés changent vite,
ainsi que le rapport aux objets, et les jeunes sont montés
dans le train des MM bien plus vite que leurs parents. Je
vais donc vous proposer une analyse résumée des bienfaits
potentiels et des risques que j'y vois.
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§ II. Ce qui me semble positif, ou en tout cas,
acceptable, dans les pratiques des jeunes sur les MM.
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Positif, jusqu'à une certaine limite d'intensité! Chaque
acquisition que je vais décrire peut être comparée à la
langue d'Esope : par exemple le sentiment de compétence,
qui va être évoqué tout de suite, est un acquis positif. Mais
quelques jeunes se transforment en sorte de capitaines
Nemo des underground médiatiques habités par l'ivresse
d'une puissance sans limites : ils ont ainsi franchi la limite de
la toxicité.
Je suis conscient de ces risques de dépassement négatif,
mais la majorité des jeunes ne s'y hasardent jamais, ou
alors très occasionnellement, lors d'un moment de
curiosité
éphémère ou lors d'une mauvaise passe de leur
vie. Quant
au petit nombre qui dépasse plus habituellement les limites
du déséquilibre intrapsychique et social via leur
utilisation
des MM, on ne peut pas vraiment en déduire que c'est ceux-ci
qui créent le problème : la personnalité
de base et
l'environnement social présentait souvent d'importants
dysfonctionnements préalables, et les MM ne sont jamais
que l'objet tentateur très commode et très accessible
dans lequel s'engouffrent ces jeunes à l'équilibre
déjà fragile.
I. Via leur usage personnel des MM,
beaucoup de
jeunes font l'expérience d'une compétence
personnelle originale et d'une maîtrise exercée
sur le monde matériel, voire relationnel; ils vivent
la réussite de projets, petits ou grands, qu'ils
avaient pensé tous seuls ou entre copains : ici,
leur savoir faire ne leur a pas été dicté par des
adultes-parents ou professeurs; ils ont choisi
eux-mêmes leurs éventuelles références. Même
si ces expériences de compétence comportent
des limites et des illusions, elles sont
majoritairement positives pour leur sentiment de
confiance en soi et la construction de leur
identité.
II. Beaucoup de jeunes trouvent dans les multimédia
une occasion de satisfaire cette
disposition humaine fondamentale qu'est la
curiosité ( le pourquoi et le comment des choses
et des êtres ). Ils peuvent le faire sans tabou ni
contrôle : cela aussi, c'est grandir, même si on s'y
brûle parfois le bout des ailes.
III. A l'occasion, les jeunes peuvent éventer
dans les MM des surplus d'agressivité ou de pulsions
sexuelles qui ne peuvent pas diriger tout de suite
sur des objets externes incarnés : parfois ce sont
de pures équivalents fantasmatiques; ailleurs,
c'est déjà plus interactionnel, mais avec des
interlocuteurs médiatés. Ah, comme ça peut faire
du bien, tel jeu vidéo violent, en écoutant Eminem
chanter sa révolte tous azimuts, juste après les
injustices criantes du prof de mathématiques! Et
ma foi, même si ce sont des représentants de
l'ordre établi qui y sont massacrés, ce n'est
jamais qu'un jeu, et l'adolescent normal sait bien
faire la part des choses entre l'imaginaire et la
réalité! Et une conversation sexuelle, voire un
peu de cybersexe avec une fille de Montréal que
ça amuse aussi, c'est déjà se hasarder à
dépasser le monde de la sexualité solitaire ; cette
expérimentation est-elle ipso facto plus délétère
qu'une fellation dans les cabinets du collège,
avec un plus jeune qu'on a plus ou moins forcé à
jouer Monica Lewinski?
IV. Dans un ordre d'idées analogue,
les MM permettent bien d'autres petites transgressions
commodes, tâtonnements nécessaires à
l'affirmation de soi et au grandissement : depuis
les sales coups joués à des internautes qu'on
n'aime pas, ou encore, depuis la pratique du
piratage façon script kiddies ( 2
), jusqu'à l'expertise
théorique acquise en matière de cannabis – ça,
c'est de l'information qu'un jeune va plus
volontiers chercher que la biographie de Charles
Quint pour le cours d'histoire! -. Ou encore,
jusqu'à la fréquentation occasionnelle de la
pornographie – Ah, tous ces gamins de 9 ans qui
cherchant « pipi » ou « caca » sur Google pour
se prouver qu'ils sont grands, et voient des sites
scato leur sauter en pleine figure! -
V. Les MM, et toujours et surtout Internet,
permettent encore aux jeunes de découvrir et
d'explorer différentes facettes de ce patchwork
qu'est « l'identité ». Selon les sites et
interlocuteurs du moment, les voici porteurs de
« pseudo », d'une carte d'identité et de
manières d'être bien différentes ( 3
). Tour
à tour rudes, timides
ou tendres, régressifs jusqu'à se dire
bébés
attardés ou avançant leur âge pour mieux
séduire amoureusement, changeant parfois de
sexe, ces jeux d'identité, qu'ils maîtrisent
parfaitement et où ils désirent bien plus s'essayer
à ce qu'ils pourraient être que tromper l'autre, les
amènent progressivement à mieux identifier tout
ce dont ils sont faits; mieux s'assumer dans leurs
dimensions intérieures et être plus tolérants pour
celle des autres; gagner en confiance en soi et
se choisir petit à petit une identité dominante.
VI. Et j'en arrive ainsi à décrire et évaluer les trois
objectifs
que les jeunes déclarent le plus
clairement lorsqu'on leur demande ce qu'ils vont
faire dans les MM :
A. Il s'agit d'abord et beaucoup de communiquer.
Communiquer avec leurs
copains de toujours, avec qui ils aiment être
branchés en permanence, et communiquer
avec le monde entier, parfois tous âges
confondus. C'est la réponse de leur
génération à la nôtre, bien plus centrée sur
l'individualisme : eux, ils vivent en réseau. Ce
n'est pas principalement sous la pression des
facilités technologiques ni de la publicité.
C'est parce qu'ils adorent être en relation;
c'est parce qu'ils sont curieux, intéressés par
les différences humaines et plus tolérants à
elles que nous ne l'avons été. Il y a de tout
dans ces communications, et il est injuste - et
typique d'une rivalité intergénérationnelle - de
les réduire à des chit-chats superficiels; elles
peuvent être profondes ou passionnées :
chacun y met en jeu son intimité, ses
incertitudes et ses contradictions, ses
défaillances, sans se sentir obligé de jouer un
rôle. Peut-être le contrôle sur l'anonymat et
sur la possibilité de débrancher à la seconde
y contribuent-ils ? Oui, sans doute, mais pas
fondamentalement. On a dit parfois d'Internet
qu'il constituait le plus grand groupe de
self-help du monde, immense réservoir
communicationnel où, entre gens connus ou
inconnus, s'exercent de profondes entraides,
solidarités et fonctions thérapeutiques
informelles. Et ne parlons pas des
engagements politiques, philosophiques,
idéologiques et des défenses de droit de
l'homme dans lesquels les jeunes prennent
leur part, et qui font leur chemin eux aussi à
travers le web ou les échanges de courriels.
B. Un grand nombre de jeunes cherche aussi
tout simplement à s'y distraire.
Distractions
contemporaines chatoyantes, où l'excitation
du maniement réussi de l'appareil et
l'esthétique des percepts sont autant source
de plaisir que le résultat. Distractions vécues
seules ou partagées avec des pairs ( on en
parle à la récré; on est à deux ou trois devant
l'écran; on échange des fichiers; on se
plonge dans un jeu multiplayers ...).
Distractions plutôt stimulantes pour l'esprit,
même si l'on ne bouge pas beaucoup :
l'interactivité y domine largement. Nous
faisons souvent reproche à nos jeunes de
passer trop de temps à ces distractions
cocoon et sans doute n'avons-nous pas
complètement tort ( 4
). Mais par ailleurs, les rues
de nos villes sont-elles encore si sûres pour y
jouer? Et les distractions organisées ( sports,
stages ) si bon marché, et si « distrayantes »
qu'elles l'annoncent?
C. Enfin, les jeunes se servent aussi des MM –
Internet toujours en tête - pour collecter de
l'information :
d'abord celles de la vie
quotidienne, sociale, récréative, qu'ils se
débrouillent pour trouver vite fait bien fait;
puis, les informations logistiques sur le
maniement même des MM, où beaucoup sont
« au top ». Et il y a aussi l'information qui
devrait constituer une des sources de leur
savoir sur la vie. Information qu'on leur
demande de collecter dans le cadre de
recherches scolaires ou qu'ils vont parfois
chercher tous seuls, en référence à des
intérêts personnels. Ici, hélas, il m'arrive
d'être sceptique quant au fruit bien intégré de
leur démarche : une partie d'entre eux s'en
tient à constituer de beaux dossiers et
fichiers, esthétiquement conçus selon leurs
critères personnels, davantage que de retenir
ce qu'il y a dedans. D'autres veulent tout
sucer de leur pouce, sans référence à un
savoir transmis hiérarchiquement, de
génération en génération et sans avoir
toujours l'esprit critique nécessaire pour
distinguer l'information correcte et celle,
trompeuse, dictée par les idéologies, la
perversité ou le commerce.
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§ III. Les risques et les franches destructions.
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Ce qui précède constituait la description des dimensions
positives de la langue d'Esope. Voici maintenant le revers de
la médaille, c'est-à-dire les pièges des MM : tout le monde
est susceptible d'y tomber par ingénuité - le temps de se
reprendre - ou lors d'une passe défavorable occasionnelle
de sa vie, et quelques-uns s'y empêtrent longuement.
I. Le premier risque est quantitatif,
c'est la MM-dépendance, avec son application la plus
fréquente, la cyberdépendance. Même si elle
frappe surtout au-delà de 20 ans, principalement
les gens sans liens ni bonheur relationnel, elle
n'épargne pas une petite partie des mineurs
d'âge, ceux chez qui les parents n'ont pas été
assez vigilants pour amener progressivement une
autodiscipline dans l'usage des MM. La
cyberdépendance peut consister en un surf diffus
et interminable sur les diverses fonctions
d'Internet, ou avoir un objet très précis ( le chatt,
les jeux vidéos, la pornographie ou telle fixation
pornographique, la fabrication de logiciels et
l'amélioration sans fin de l'ordinateur, le
téléchargement obsessionnel de musique et de
vidéos, etc.).
II. Les autres risques constituent un retournement qualitatif
en son contraire de chacun des acquis
potentiels décrits dans le paragraphe précédent.
- Le sentiment de compétence peut se
transformer en ivresse de toute-puissance.
Celle-ci coupe le jeune des autres, le rend
esclave d'une machine procurant tant de
jouissances et d'illusions, et le pousse même
à expérimenter dans le monde réel, l'une ou
l'autre stratégie violente ou sexuelle dont il
s'est déjà repu virtuellement, principalement
pour le plaisir de se sentir invincible : inutile
de rappeler que ce dernier passage à l'acte,
rare, menace surtout les jeunes dont
l'équilibre psychique préalable était déjà
problématique!
- La rencontre faite avec la sexualité se
focalise sur une zone de plus en plus étroite,
sur laquelle se fixent, parfois définitivement et
précocement, l'orientation ou les goûts
sexuels du jeune ( 5
). Cette fixation peut porter
sur la sexualité ordinaire réduite à sa
dimension pornographique, ou être
antisociale ( pédophilie ) ou perverse. Selon
les cas, le jeune ne réalise sa fixation qu'en
solitaire ( par exemple : collection d'images et
de vidéos ), la partage sur le web avec
d'autres « cyber-fixés », et/ou l'exporte dans
le monde incarné.
- Dans un ordre d'idées analogue, les
transgressions dont tout jeune est amateur
peuvent le pousser à chercher des
connaissances de plus en plus antisociales
et à les mettre en pratique sur le web ou dans
le monde incarné ( création ou renforcement
d'une structure délinquante ). Le jeune ne se
fait pas toujours facilement à l'idée qu'il
devient délinquant, tant les sites visités
paraissent lointains ( faussement « virtuels »)
et tant il est intoxiqué par l'idée que des
foules d'internautes font comme lui et donc
que ce n'est pas grave.
- La fréquentation en solitaire des MM peut
couper de plus en plus des liens sociaux
incarnés, ce qui convient très bien à certains
jeunes peu sûrs d'eux; ils se contentent de
fréquenter des mondes où l'autre n'est
présent qu'indirectement et où ils ont la
maîtrise de l'anonymat et du débranchement.
Alors, même des échanges au contenu très
profonds, peuvent constituer un chant de
sirène, s'ils ne coexistent pas avec des
rencontres incarnées, ou s'ils n'y conduisent
pas progressivement.
- Quelques jeunes sont tellement dépendants
des MM, comme source de distraction qui
remplit leur vie qu'ils en deviennent ... trop
pleins. Ce n'est pas qu'ils confondent le réel
et l'imaginaire, c'est plutôt qu'ils ne savent
presque plus se débrancher : même quand le
média n'est pas là concrètement en face
d'eux, il est toujours occupé à agir dans leur
tête, où continuent à passer presque sans fin
les images, les sons, les expériences
médiatiques qui les ont le plus excités. Alors,
bonjour les dégâts scolaires et ceux en
sociabilité!
- Enfin, s'il se construit chez certains jeunes
trop de savoirs erronés ou superficiels, parce
que l'intergénérationnel et l'éducation à la
critique scientifique ne jouent plus, nous
n'avons qu'à nous en prendre à nos
démissions d'adultes!
|
§ IV. Faits nouveaux : la nécessaire implication des
adultes éducateurs.
|
L'investissement massif des nouvelles technologies MM par
les jeunes est très vraisemblablement un investissement
durable. Leurs nouvelles façons de communiquer, de se
distraire et de s'informer ne devraient pas entraîner de
frileuses positions de repli d'anciens combattants, ni de
sombres prédictions psychopathologisantes construites à
partir d'a priori!
I. Tous les adultes devraient s'intéresser aux
multimédias.
et y connaître au moins un petit
quelque chose, évitant ainsi de leur conférer la
dimension d'un monde réservé aux moins de 20
ans!
II. Côté parents, nous avons à rester des
éducateurs actifs,
tant dans le champ de la
gestion des médias que dans celui des idées
qu'ils suscitent. Je me limiterai à développer deux
idées à ce propos :
A. Installer précocement, dès 9-10 ans, une
bonne discipline
quant aux durées
consacrées aux MM ; ces durées peuvent
certes augmenter au fur et à mesure que
l'enfant grandit, mais les parents doivent
garder un vrai contrôle dessus, aussi
longtemps qu'ils ne sont pas sûrs que le
jeune y arrive tout seul : la MM-dépendance,
et plus strictement la cyberdépendance, est
vraiment une grande misère, rebelle à
améliorer, équivalente aux autres toxico-
dépendances. Je ne veux pourtant pas
induire l'idée que les durées permises
doivent être maigrelettes. A titre d'exemple,
on peut admettre qu'un enfant de 10 ans qui
le désirerait puisse consacrer 2h par jour de
semaine aux MM, tous appareils confondus,
à certaines conditions : avoir fini et bien fini
ses tâches scolaires; aller au lit à une heure
raisonnable ( sans écran allumé dans sa
chambre! ); ne pas échapper par médias
interposés à des services matériels à rendre
en famille ni à de saines distractions
familiales ou sociales, pour peu qu'elles
soient concrètement accessibles; dans le
même ordre d'idées, si une famille en a les
moyens financiers, elle peut acheter deux ou
trois ordinateurs et les installer dans une
pièce commune conviviale, plutôt que de
régler sournoisement la question des durées
en obligeant les utilisateurs potentiels
mineurs d'âge à se bagarrer et à
« s'arranger » autour de l'unique appareil de
la maison : à ce jeu-là, ce sont trop souvent
les plus forts qui gagnent!
B. Dialoguer beaucoup avec les enfants et les adolescents :
sur la place des médias dans
nos vies et dans les sociétés; sur les
intérêts et les risques liés à leur utilisation;
sur les idées et les images qu'on y capte et
sur les valeurs; sur la pornographie, le Bien,
le Mal. Je préfère mille fois ces discussions,
pas toujours suivies d'obéissance, que la
croyance en la vertu des filtres ou des
seules interdictions proférées de haut. Une
des idées-clé de ce dialogue est la suivante :
ce qui se pratique sur Internet et dans les
autres MM, c'est susceptible d'être aussi
bien, « neutre », ou mal que ce qui se
pratique dans la vie incarnée; et dans la
famille, on attend de chacun, adultes et
jeunes, qu'ils soient plutôt des gens « bien »,
même si, pour y arriver, ils doivent parfois se
battre ... avec eux-mêmes.
III. Côté professionnels de la santé mentale,
il n'est plus possible d'ignorer cet investissement
massif des MM par les jeunes. Bien des voies
sont possibles pour nous y investir : tout
simplement, nous enquérir amicalement de ce
qu'ils y font, lors des consultations et des
thérapies, et nous y intéresser ; utiliser des
médias modernes dans la panoplie de nos
techniques de prise en charge ( courriels;
programmes d'éveil cognitif en orthophonie; jeux
vidéos en hôpital de jour, etc.) ; être présent sur
le web ( sites d'information; forums
questions-réponses pour jeunes ...) ; aller à la rencontre de
jeunes à la dérive sur des chatts, comme le font
les éducateurs de rue dans la vie incarnée, etc.
- Notes. -
(1). Psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie,
professeur ordinaire à la Faculté de Médecine de
l'Université Catholique de Louvain, directeur de l'Unité
de Pédopsychiatrie des Cliniques
Universitaires St Luc. Email : jyhayez@uclouvain.be
(2). Script kid, pirate, souvent adolescent, qui s'amuse
à parasiter symboliquement le courriel ou d'autres
fichiers d'une entreprise, histoire d'y poser sa marque.
(3). Je ne me réfère pas ici aux personnages – pourtant
déjà révélateurs – que les jeunes peuvent
endosser dans les jeux vidéos
multiplayers, mais
plutôt aux personnages parfois variés qu'ils
prétendent être pour du vrai face à leurs
interlocuteurs médiatés.
(4). Je reviendrai plus loin à la question de la
réglementation du temps.
(5). Par exemple, des adolescents d'abord bien indécis
voient leur homosexualité « prendre »
rapidement, comme une sauce qui s'épaissit, à partir
des nombreux encouragements et images
pornographiques rencontrés sur le Net.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
Création le 2 janvier 2005.
Dernière mise à jour
le dimanche 06 juillet 2008.
Issu d'un document en traitement de texte reçu par mail
du professeur Jean-Yves Hayez.
Vous avez la possibilité de voir le texte brut
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n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
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je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Bravo de m'avoir trouvé
Félicitations
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480
mais est encore correcte avec les écrans
plus grands 1600x1200 ou autres.
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
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§ I. Quelques faits.
§ II. Ce qui me semble positif, ou en tout cas,
acceptable, dans les pratiques des jeunes sur les MM.
§ III. Les risques et les franches destructions.
§ IV. Faits nouveaux : la nécessaire implication des
adultes éducateurs.
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- Notes automatiques. -
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Note 1.
(1). Psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie,
professeur ordinaire à la Faculté de Médecine de
l'Université Catholique de Louvain, directeur de l'Unité
de Pédopsychiatrie des Cliniques
Universitaires St Luc. Email : jyhayez@uclouvain.be
Pour retourner à l'endroit
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je serais très
heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
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Note 2.
(2). Script kid, pirate, souvent adolescent, qui s'amuse
à parasiter symboliquement le courriel ou d'autres
fichiers d'une entreprise, histoire d'y poser sa marque.
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Note 3.
(3). Je ne me réfère pas ici aux personnages – pourtant
déjà révélateurs – que les jeunes peuvent
endosser dans les jeux vidéos multiplayers, mais
plutôt aux personnages parfois variés qu'ils
prétendent être pour du vrai face à leurs
interlocuteurs médiatés.
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dont je viens de partir..
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Note 4.
(4). Je reviendrai plus loin à la question de la
réglementation du temps.
Pour retourner à l'endroit
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Note 5.
(5). Par exemple, des adolescents d'abord bien indécis
voient leur homosexualité « prendre »
rapidement, comme une sauce qui s'épaissit, à partir
des nombreux encouragements et images
pornographiques rencontrés sur le Net.
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abus sexuel,
accompagnement éducatif,
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