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Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez
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L’éducation quotidienne
de
l’enfant adopté.
* biographie et receuil de publications scientifiques du
professeur Jean-Yves Hayez.
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" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va
et d'employer l'esprit à le justifier."
Jean Guéhenno.
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L’éducation quotidienne de l’enfant adopté.
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Paru dans Neuropsychiatrie de l'enfance et de l'adolescence,
1995,
43 (10-11), 470-476.
(
*)
J.-Y. HAYEZ
(
**).
Exactement comme dans n'importe quelle famille avec n'importe
quel enfant, les attitudes, paroles ou/et silences dont
sont faits les rapports entre parents adoptifs et
enfant (1)
adopté contribuent soit à l’épanouissement de
celui-ci et de
toute sa famille, soit, au contraire, à créer des
problèmes psychologiques. On peut donc imaginer des
guidances parentales, voire des psychothérapies, qui
se donneraient pour objectif d'encourager les parents
à intensifier les premières et à
atténuer les autres.
Mais un tel projet a ses limites, qui sont bien connues du
lecteur et que je me bornerai à citer : la réceptivité
d'un enfant à ce qui émane de ses parents est
variable; l'enfant éduque aussi ses parents, il peut
même déstabiliser leurs " bonnes résolutions ";
développer des attitudes nouvelles n'est pas de l'ordre de
la seule décision logique et intellectuelle, encore
faut-il que les modifications projetées soient suffisamment
concordantes avec des pressions, voire des
impératifs plus affectifs, du domaine des désirs des
parents, de leurs conflits, des identifications et
contre-identifications générées par leur histoire ... Tout
cela, nous le savons, et nous en déduisons à bon droit
que nos rencontres avec les parents n'auront jamais pour seul
statut d'être des séances d'information orthopédagogique :
nos idées d'information, les tendances que nous voudrions
renforcer ou éteindre chez les parents qui réfléchissent
avec nous, nous devons les négocier lentement, patiemment,
en fonction de leur cheminement affectif.
Ceci dit, il me paraît néanmoins utile de nous appuyer
sur quelques repères, notamment ceux que nous avons
élaborés à partir de notre expérience acquise
sur le terrain, et qui nous indiquent en quoi pourrait
consister et consistera
souvent un contexte éducatif favorable ou défavorable.
C'est sur la description de ces repères susceptibles
d'être proposés aux parents que portera l’essentiel de mon propos.
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Rêver et renoncer à l'accomplissement parfait de son rêve.
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Je veux parler d'abord de l'importance qu'il y a à
renoncer au rêve d'un enfant parfait. Cette renonciation
à l'autre parfait ... c'est-à-dire parfaitement
conforme à nos désirs ... devrait être au coeur de chacune
de nos relations, mais sans se confondre néanmoins avec
une démission. Lorsque nous aimons quelqu'un, nous avons
des attentes sur lui : nous voulons jusqu'à un certain
point le transformer. Mais s'il est bon que l'enfant
adopté, comme tout être investi, se sente
enveloppé dans un amour qui n'est pas totalement gratuit ...
s'il est bon qu'il se sente invité à devenir, jusqu'à
un certain point, ce que ses parents et son
entourage rêvent qu'il soit ... encore faut-il que, pour
lui comme pour tout un chacun, cette ambiance faite
d'attente ait sa propre limite, et fasse place au
renoncement lorsqu'il s'impose.
Ce renoncement sera dicté par la prise en compte, soit
de limites, soit du désir
d'altérité existant chez l'enfant adopté.
Je m'explique d'abord à propos des limites : à côté de
leurs richesses, beaucoup d'enfants adoptés ont des limites
soit d'équipement, soit de capacité de maturation de
leur équipement intellectuel et affectif plus importantes que
la moyenne des enfants de leur âge et de leur milieu, un peu
ou beaucoup, et ceci, avec d'autant plus de risque que la
première partie de leur existence aura été plus misérable
et plus chaotique [9].
Les rares exceptions à
cette constatation ne doivent pas nous aveugler et nous
faire oublier qu'elle est statistiquement vraie : ici, le cerveau
n'a pas tout-à-fait reçu son compte en approvisionnement
nutritif; là, l’intelligence, la curiosité, l'appétit de créer
n'ont pas été stimulés précocement; ailleurs encore, des
conditions de vie très traumatisantes ont engendré une
insécurité ou une rétraction sur soi de très longue
durée, etc. : réjouissons-nous donc si, spontanément ou
avec notre aide, les parents peuvent accepter ces différences,
sans les dramatiser ni y réduire l'enfant et sans s'obstiner
à vouloir qu'il donne ce qu'il ne peut pas donner.
Je m'explique aussi à propos du désir d'altérité : il est
inhérent à tout être humain sain, qui ne se laisse jamais
phagocyter entièrement par le désir de
ceux qui l'aiment; il se rebelle toujours à sa manière,
tant pour le principe que par goût véritable pour le
champ contesté, ostensiblement ou dans son for
intérieur. L'enfant adopté a-t-il plus de raisons de
le faire que les autres? Il est difficile de répondre vraiment,
et surtout pas par une généralité : probablement certains
attribuent-ils à leurs parents adoptifs une terrible
puissance sur le réel, signifiée par le fait qu'ils ont
pu aller les prendre là où ils étaient, et cela sans
demander leur avis ... d'autres gardent un certain
nombre d'identifications, auxquelles ils tiennent beaucoup - ou
de loyauté, dans la sémantique systémique - par rapport
à leur milieu d'origine ... Tous, pour se sentir vivre et
exister, pour actualiser le sentiment de leur identité, ont
besoin comme n'importe qui de se différencier. Dans cette
perspective également, il est heureux que les parents puissent
accepter ce qui serait des différences stables dans la
configuration des désirs, des valeurs, du projet de
vie de l'enfant ... j'y reviendrai par la suite non sans constater
dès à présent qu'il ne s'agit pas toujours de différences
mineures, voire espérées, comme par exemple, la boucle
d'oreille des garçons, la longueur de leurs cheveux ou un
détail vestimentaire.
Quand on veut combattre aveuglément existence des limites,
on crée le stress, puis le syndrome de stress post-traumatique
chez l'enfant qui s'efforce d'abord d'être conforme malgré
qu'il ne se sent pas respecté. Apparaissent ensuite le
sentiment d'infériorité, le désespoir et d'éventuels
troubles de la conduite
réactionnels [2].
Quand
on combat le désir, on amplifie
une rébellion de plus en plus ouverte et diffuse.
Mais cette part du renoncement n'est pas toujours
facile [6].
D'abord et avant tout, le " simple "
désir des parents
est parfois intense, qui s'obstine à vouloir que
l'enfant devienne un modèle bien précis. Et puis, il y a
l'environnement, la famille élargie, qui inspecte,
contrôle ... qui parfois depuis toujours avait prédit
l'échec, et face à qui on essaie d'abord de bluffer ...
Le cas échéant, il y a aussi les frères et soeurs,
occasionnellement plus performants : face à
eux, il est difficile pour l'enfant adopté, de vivre
sereinement ses limites, comme il leur est difficile d’accepter
que les mêmes limites induisent une prise en charge plus
tolérante. Rien de tout cela n'est vraiment impossible
à gérer mais il y faut de la lucidité, de l'humilité;
les psy n'en font pas toujours preuve non plus, pas plus que les
parents, eux qui entraînent trop souvent des enfants
dans des psychothérapies ou des rééducations stériles,
là où il fallait plutôt préparer leurs familles à
l'acceptation des différences et au deuil des rêves mal
fondés.
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Faire face aux remous liés à l'élaboration
intérieure du statut d'adopté.
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Cette seconde recommandation recoupe partiellement la
précédente, mais dépasse la question des limites
et est plus spécifique à la situation - adoption.
La plupart des enfants adoptés portent en eux les traces
affectives pénibles d’expériences de vie précoces
négatives : menaces pour leur existence,
séparations multiples, rejet,
etc ... [8].
" Traces " doit être entendu au sens large traces mnésiques,
souvent refoulées ... mais aussi modalités
particulières ultérieures de l’organisation du psychisme
et du comportement. S'ajoute à ces traces, au fur et à
mesure que les enfants appréhendent cette
dimension spécifique de leur statut qui est d'avoir
été adoptés, un " vécu " relatif à cette perception et
à son élaboration mentale mouvante et progressive. Les
représentations par lesquelles l'enfant adopté
tente de s'expliquer cette partie de son aventure humaine se
mélangent souvent à d'autres, propres à d'autres phases
de son évolution, comme, par exemple, la traversée de
l'Oedipe, pour donner des résultantes qui prennent
éventuellement l'ampleur de véritables romans familiaux,
roses ou
noirs [7].
Si l'on
parvient à y isoler le courant d'idées propres à
l'adoption, on constate qu'elles développent le plus souvent
un des trois thèmes-clé que voici : " Je ne valais rien
et on s'est débarrassé de moi " ... " Mes premiers
parents se sont débarrassés de moi, mais je valais
quelque chose, et donc ce sont des salauds " ... " Mes parents
adoptifs sont des kidnappeurs qui ont brisé notre
lien familial originel; éventuellement, mes premiers parents
me recherchent ...". Il est bien plus rare que l'enfant adhère
largement et de l'intérieur, aux imageries d'Epinal
raisonnables que lui ont proposées ses
parents adoptifs pour lui expliquer son destin (" la première
mère pauvre mais digne qui l'a donné par amour à de
bien braves gens ... ").
Porteur de ces représentations mentales souvent torturées
l'enfant ne se risque pas souvent à formuler une question
directe, un commentaire, une allusion, à propos de son statut
d'adopté, de sa filiation, et d'autres thèmes analogues,
généraux ou particuliers : lorsqu'ils existent, il faudrait
pouvoir les saisir au vol, et nous y reviendrons tout à l'heure.
Elles créent surtout des remous d'affects et de comportements
les plus variés, qui se succèdent souvent dans le
temps en deux grandes vagues : l'enfant est d'abord en crise au
moment de sa première prise de conscience, mais son
insécurité s'apaise au fil du temps et
des messages positifs reçus. Vient ensuite l’adolescence qui ravive
sa torture, avec ses mouvements affectifs spécifiques et
l'exacerbation de l'introspection (2).
Au plus fort de la crise,
on devine bien l'angoisse, la dépression et la colère
qui l'habitent et qui se manifestent, par exemple, par du
laisser-aller, des troubles de la conduite, des alternances
possessivité-agressivité, surtout ciblés sur la mère
adoptive; il multiplie des comportements-tests, rarement bien
compris : au fond, il n’est pas possible de le convaincre que
ce qui lui est arrivé un jour et qu'il vit comme un abandon
ou un rapt, ne se reproduira pas à l’avenir, comme il est
difficile de le convaincre facilement que ses parents
adoptifs ne sont pas vraiment tout-puissants.
Au mieux, même lorsque ses questions les plus angoissantes
s'estompent, et qu'il accepte que coexistent au moins deux sources
qui fondent sa vie, avec chacune leur part de richesses et de
manques, on le voit développer des comportements qui
témoignent de son accession à une identité au moins double,
mais qui ne sont pas pour autant faciles à supporter : les
différences qu'il prône sont parfois vécues comme
d'intolérables agressions de l'ordre parental adoptif
lorsqu'elles portent, par exemple, sur la prise de distance par
rapport à l'institution scolaire ou religieuse, sur la contestation
de valeurs ou de rites familiaux jugés essentiels ..., ou
lorsque des enfants de parents libérés - des
psychanalystes par exemple - se montrent très introvertis,
dédaigneux des charmes du dialogue et de la communication,
etc ... Dans ce film, qui n'est pas seulement comique, " La vie
est un long fleuve tranquille " d'Etienne Chatiliez,
lorsque Maurice annonce pour la
première fois aux Le Quesnoy qu'il retourne dîner chez
les Groseille, ses parents acquiescent parce qu'ils se sont
donné cette règle, mais ils n'en avalent pas moins
de travers : illustration reproductible à une multitude
d'exemplaires à ceci près que, dans la vie réelle,
l'enfant, lorsqu'il adopte tel comportement dérangeant, ne se
rend pas toujours compte - non plus d'ailleurs
que ses parents adoptifs - que, ce faisant, il est occupé
à " dîner chez les Groseille ".
Il n'est évidemment pas simple pour les parents, ni pour
l'entourage, de bien accompagner tous ces remous ... pas simple
de s'entendre dire " Tu n'es pas ma mère " ou " Je voudrais
revoir ma mère ", en réaction à une banale frustration,
... pas simple de voir à la fois repousser la sollicitude
que l'on veut manifester, tout en étant tyrannisé par le
besoin qu'a l'enfant d'être aimé, même si jamais il ne se
laisse approcher ... Face à tous ces paradoxes du quotidien,
je ne puis faire que quelques recommandations générales :
Comme le disait Winnicot à propos de l'adolescence, je pense
que le temps finit assez souvent par arranger les choses, pour peu
que le bateau reste bien gouverné dans la tempête.
Heureux donc les parents qui peuvent garder confiance et maintenir
vers l'enfant un investissement de qualité, patient et
discret dans ses manifestations, sans céder au désespoir ni
à l'escalade autoritaire. Heureux sont-ils s'ils peuvent se
montrer tolérants tout en maintenant autour du bateau en
danger quelques limites fortes et stables : c'est
entre autres à partir de sa perception de ces signaux d'amour
continué et de force que l'enfant finit par remodeler l'image
de ses parents, la sienne propre et les explications qu'il se
donne quant à son destin;
Ce temps de souffrances pour tous pourrait également
constituer un temps de paroles offertes. Heureux donc aussi
les parents qui peuvent pressentir parfois le sens de ce que vit
l'enfant, et lui en proposer une explication ... ou, mieux, lui
démontrer qu'ils sont sensibles à son cheminement intérieur ...
qu'ils voudraient essayer de l'y rejoindre sans le bousculer ...
Heureux s'ils peuvent parler aussi d'eux-mêmes, de leur
désarroi, de leur déstabilisation du moment, et de la
petite flamme de leur espérance ... s'ils peuvent se
révéler vulnérables, atteints dans leurs sentiments,
et s'ils acceptent cette blessure, cette mise à mort du
" Mauvais " parent que l'enfant imagine être en eux, mise
à mort nécessaire pour qu'un jour reparte la
vie : peut-être, en effet, l'enfant doit-il pouvoir attaquer
et vaincre, dans l'image de ses parents, ce qu'il vit comme de
la malveillance ou de la toute-puissance pour pouvoir les
réadopter à son tour, comme êtres de chair ... Encore
faut-il que cette souffrance personnelle que reconnaîtraient
les parents n'entraîne pas dans leur chef rejet ou
démission, ou ne soit pas vécue comme telle par l'enfant.
Lorsque nous encourageons les parents à mettre en place cette
offre de paroles, rappelons-nous qu'il ne s'agit ni plus ni
moins que d'une " offre " : elle doit se proposer, non s'imposer.
il ne saurait en effet être fécond ni de contraindre l'enfant
à adhérer aux idées des parents, ni de l'obliger à
dialoguer, à dire ce qu'il ressent, ni même, plus radicalement,
de vouloir à tout prix qu'il tire bénéfice de cette offre de
paroles auquel ne s'attache a priori qu'un intérêt ...
statistique. Le respect du " non " de l'enfant ou de l'adolescent,
de son besoin de solitude, de son retirement dans une sorte de
château-fort souffrant est parfois l'attitude la plus payante
qu'on puisse avoir à son égard, pour peu qu'elle s'accompagne
d'un investissement continué et discret.
Par ailleurs, même si cette offre relève surtout de l'ordre
de l'empathie, de la reconnaissance verbale de ce qui se vit, elle
peut et doit même s'assortir à l'occasion d'informations
plus précises; j'y reviendrai lorsque je développerai
le thème de la parole sur les raisons d'être de l'adoption.
J'en arrive maintenant à une recommandation plus fondamentale.
Si un certain nombre de manifestations comportementales et de choix
de vie de l'enfant témoignent de l'assomption par lui d'une
double identité et de la reconnaissance d'une origine autre,
l'objectif de la pédagogie ou de la psychothérapie
ne devrait pas être, ipso facto, de peser sur ces choix,
même s'ils dérangent, font mal ou/et apparaissent
hors norme (3).
Hélas, ni les parents, ni les thérapeutes ne manifestent
souvent cette tolérance ... Pensons à nouveau, par exemple,
à cet adolescent introverti, enfant de psychanalystes, et qui
ne serait pas porté à communiquer : la tentation serait
bien grande, pour ses parents, de faire de cette caractéristique
dérangeante un fait pathologique et d'aller appeler à l'aide
tel collègue prestigieux, lequel, flatté de la démarche,
risquerait bien de manquer de lucidité et de vouloir sauver
ce soi-disant inhibé, en démontrant discrètement aux
parents la supériorité du maître.
Je ne prétends certes pas que ces signes dérangeants que
génère l'enfant ne sont jamais pathologiques, mais ils ne
le sont pas toujours, du moins en terme de psychopathologie
individuelle. Et nous, les thérapeutes, nous manquons
souvent de sagesse et d'équité en les identifiant trop vite
comme tels, et en prônant à leur encontre des médications,
psychanalyses et autres thérapies familiales qui ne visent
au changement que du seul enfant. Pourtant, si nous
relisons bien les écrits de nos maîtres - moment où ils
sont plus lucides - il faudrait nous en tenir à la seule
recherche de sens, et à accepter la position du
sujet là-dedans, quitte à rappeler à son entourage, et
à nous-mêmes, le nécessaire renoncement à certains de nos rêves.
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Parler des raisons d'être de l'adoption.
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Indépendamment de l'existence de ces remous plus ou moins
intenses, il est souhaitable que les parents adoptifs et les autres
personnes que l'enfant fréquente aient envie de mettre des
mots, leurs mots à eux, pour proposer leur compréhension
des phénomènes humains dans lesquels l'enfant et eux-mêmes
se meuvent, et donc, entre autres, pour parler de l'adoption.
Paroles d'adulte qui viennent en réponse à des questions
ou des allusions de l'enfant, mais qui peuvent aussi s'énoncer
spontanément, pour le plaisir de dire vrai. Paroles qui gagnent
à être multiples et informelles, graines d'idées
semées au vent de la vie, plutôt que de se pétrifier dans
la grande révélation solennelle. Paroles qui gagnent aussi
à être fortes et authentiques, hors du genre image
d'Epinal (4).
Dialogue si possible, où l'on s'enquiert auprès de
l'enfant de ce qu'il croit ou imagine déjà, en discutant
avec lui de ce que l'on en pense, en complétant ou en rectifiant
éventuellement son information, plutôt que monologue stérile
dans lequel s'expriment nos seules versions d'adultes.
Tous les parents adoptifs, qu'ils constituent un couple stérile
ou à fécondité naturelle, devraient pouvoir dire à l'enfant
que son arrivée constituait une réponse à leur désir, au besoin
qu'ils avaient de lui pour être plus heureux : semblable
reconnaissance de leurs manques à être, de leur aspiration à être
mieux et de la place éminente de l'enfant dans ce contexte,
pourrait diminuer chez lui le sentiment enrageant et culpabilisant
d'être en dette face à des bienfaiteurs ... et les parents
pourraient parler aussi de leurs limites : limites de
leur capacité procréative, par exemple, en veillant à ce que
l'enfant ne la confonde pas, ipso facto, avec une limite de leur
capacité sexuelle, voire de leur capacité à s'aimer ... et en
espérant aussi qu'eux-mêmes ne la vivent pas comme une qualité
humaine moindre, dont l'enfant constituerait alors le signe
visible ... On devrait aussi parler à l'enfant d'une liberté
d'aimer qu'on lui reconnaît : le fait qu'il ait été adopté, souvent
contre espèces sonnantes, n'en fait pas du coup la " chose " de
ses parents : pour qu'il se sente un humain, il faut
qu'il les adopte aussi, ce qui est du ressort de sa liberté, et
il gagne à se l’entendre dire ... Enfin, il y a tout ce que l'on
peut raconter, ou toute l’ignorance que l'on peut avouer, sur les
origines de l'enfant. A ce propos, mieux vaudrait écouter d'abord
ce que lui-même imagine que d'imposer d'entrée de jeu nos
connaissances objectives, voire notre besoin d'édulcorer
son passé : il est souvent préférable d'accompagner la souffrance
face à ce qui est difficile à intégrer, que de prétendre consoler
par des mensonges
lénifiants [3].
On devra donc
parfois prendre sur soi d'évoquer l'immaturité des premiers
parents, leur rejet de l'enfant ou leur mort ... accepter le
sentiment qu'il a de n'avoir été rien de précieux dans leur vie ...
plutôt que prétendre de lui démontrer à tout prix qu'il se
trompe. Ce n'est pas qu'il faille le laisser aux prises des idées
dépressives, persécutoires alors que l'on serait convaincu qu'elles
n'ont pas de fondement objectif; mais c'est seulement après avoir
beaucoup écouté que l'on peut se hasarder à dire, avec
délicatesse et sans vouloir s'imposer : " Je ne crois pas que
toutes les informations que tu as sont exactes " ... Et,
rappelons-le, ce sont surtout les actes d'investissement,
patiemment répétés, qui finissent par montrer à l'enfant
qu'il n'a pas vraiment de raison de se sentir inférieur ni
de se méfier.
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Relativiser l'impact du phénomène-adoption.
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Dans bien des familles, on en arrive à " mettre hors exception ",
à " normaliser " la dimension " adoption " du statut de l'enfant.
Mettre hors exception, c'est accepter de ne plus y penser tout
le temps, de ne pas réinventer le monde à partir du jeu de
cette seule cause.
" Normaliser " c'est considérer que l'état d'adopté constitue
une des dimensions constitutives de l'enfant, mais parmi bien
d'autres : certes, elle donne lieu à des phénomènes originaux,
et nous venons d'en esquisser l'un ou l'autre, mais tout ce qui
arrive à l'enfant ne provient pas de là, contrairement à ce que
voudrait parfois le faire croire une mauvaise littérature
scientifique superficielle et inobjective (5).
Dans ces familles imprégnées du sens du relatif, on peut traiter
l'enfant adopté comme on traite les autres, tout en restant à
l'écoute de ce qu'il signifie. Les parents y ont suffisamment de
lucidité et de sécurité pour ne pas avoir peur de lui, comme s'il
était extraordinairement et perpétuellement fragilisé, ou
exceptionnellement taré et toujours prêt à réveiller le monstre qui
sommeille en lui, ou peu enraciné et prêt à claquer la porte à la
moindre frustration. N'ayant pas peur, ils le remettent à sa place
lorsqu'il exagère, et se montrent ni plus ni moins exigeants à son
égard qu'à celui de ses frères et soeurs en fonction des talents
et limites de chacun. Cette objectivité ébranle ou annihile
chez l'enfant adopté sa conviction d'être un individu hors norme,
tantôt prié d'afficher haut et clair son statut particulier, tantôt
montré du doigt à cause de lui. Elle prévient également ou atténue
la jalousie de sa fratrie à son égard, ce qui est tout profit pour
chacun dans la vie de tous les jours.
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Le cas échéant, accepter la non-greffe ou la rupture
du lien.
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A l'inverse de cette évolution vers une relativisation intégrante
du phénomène-adoption, il est d'autres familles où la greffe ne
prend pas, et même où le lien finit par se rompre, définitivement
ou l’espace d'une traversée du désert. En voici quelques
exemples :
L'arrivée de l'enfant, surtout si elle survient brutalement, peut
provoquer chez un parent une crise anxieuse : elle réveille
chez celui-ci soit l'angoisse de l'inconnu, soit un sentiment
d'incapacité, soit la culpabilité névrotique née du fait d'avoir
transgressé, en devenant parent, un diktat pourtant injustifié en
l’occurrence. Il peut se produire alors un choc émotionnel que
l'adulte cherchera souvent à dissimuler, compte tenu des
enjeux. Or c'est précisément là que réside le danger, dans cette
dissimulation, dans le fait que les attentes sociales, voire
celles du couple, interdisent pratiquement au parent concerné de
parler. Pourtant, l'expérience montre tout l'intérêt qu'il y a
à communiquer à ce sujet, à écouter, rassurer, voire à écarter
un peu l'enfant, par exemple en le mettant en observation dans
un service de pédiatrie, le temps de l'apprivoiser en douceur.
Dans d'autres cas, un des parents découvre très tôt
qu'au plus intime de lui-même, il ne le désirait pas vraiment, cet
enfant qui va ou vient d'arriver. Le drame, ici encore, est qu'il
lui est pratiquement interdit de se le représenter librement et, à
fortiori, d'en parler : il se doit de faire semblant que tout va
bien, ce qui conduit inévitablement au purgatoire, sinon
à l'enfer, quotidien. Pourtant, les rares fois où ce parent se
risque à communiquer sa détresse et où ceux qui l'écoutent
comprennent que l'amour ne se commande pas vraiment, il peut
survenir des réaménagements constructifs de la vie : réorientation
de l'enfant qui vient d'arriver et qui n'est pas encore adopté, ou,
s'il est trop tard, appel fait aux ressources affectives d'autres
adultes et construction plus pacifiées des relations quotidiennes
à partir de vécus authentiques, et non d'un faux semblant : le
parent qui se voit confirmer sa liberté de considérer l'enfant
comme un hôte de sa maison, et non comme son enfant obligé,
développe souvent des attitudes plus positives à son égard.
La réciproque peut exister également : des enfants,
surtout s'ils sont plus âgés, découvrent qu'ils ne pourront jamais
investir ces nouveaux adultes comme parents et qu'au fond ils ne
voulaient pas de cette adoption qu'on leur a présentée comme le
jardin d’Eden. Or ceux-là aussi hésitent souvent à s'exprimer
clairement. Ils devraient pourtant pouvoir être écoutés et
respectés; ceci revient à dire qu'en présence d'enfants plus âgés,
il ne convient pas de précipiter inconsidérément la clôture des
formalités officielles d'adoption (6).
Enfin, liée centralement ou non à la dimension-adoption, plus tard
dans la vie commune, à l'adolescence par exemple, peut s'installer,
parfois réciproquement, une hostilité durable et intense. Les
adoptés devraient alors pouvoir bénéficier de toutes les mises à
distance thérapeutiques que l'on offre aux autres jeunes se
trouvant dans la même situation. Malheureusement on hésite
davantage à recourir à ces mesures (7)
s'agissant d'enfants
adoptés, tant est forte chez les parents la peur soit de la
stigmatisation, soit du triomphalisme des prophètes de mauvais
augure. Pourtant, y recourir peut aider à rendre à chacun le
sentiment de sa liberté, voire, paradoxalement, à l'amener à
désirer réinvestir l'autre.
Dans tous les cas, nous devons nous garder de faire
circuler le terme " échec de l'adoption ", qui blesse et entretient
chez les protagonistes le sentiment injuste de leur infériorité. Il
s'agit plutôt d'être réalistes et d'acter l'existence d'un
impossible momentané ou définitif : le seul vrai échec humain,
c'est manquer de ce réalisme et de s'obstiner dans l'illusion.
J'espère avoir montré que beaucoup de réactions de l'enfant que
l'on attribue à l’adoption ne sont pas si spécifiques à celle-ci
qu'il y parait à première vue : bien des attitudes, parmi celles
que je propose, pourraient être appliquées à de
nombreux enfants, adoptés ou non.
Cela veut-il dire que l'effet en est garanti? Certes, non!
Rappelez-vous les réserves que j'ai formulées dès mon introduction;
et puis, dans le domaine qui nous occupe, restera toujours, face
au rêve du thérapeute et quel que soit son savoir, la part de
l’imprévisible : tel enfant ne sera pas réceptif à des attitudes
d'excellente qualité, tel autre sera capable d'une résilience
phénoménale alors qu'il évolue dans un contexte exécrable.
Relativisons donc la portée de ce que je viens de proposer, sans
néanmoins, je l'espère, jeter le
bébé avec l'eau du bain.
Résumé en français.
L'auteur propose quelques grands repères autour
de l'éducation quotidienne de l'enfant adopté. La
majorité de ceux-ci ne lui sont cependant
pas fondamentalement spécifiques; il s'agit
plutôt d'applications, à son intention, d'attitudes
pédagogiques susceptibles d'intéresser tous les enfants.
On aborde successivement les thèmes suivants : rêver
d'un enfant Idéal, et
renoncer au comblement du rêve; faire face aux
remous liés à l’élaboration intérieure, par l'enfant,
de son statut d'adopté; parler des raisons d'être de
l'adoption; relativiser l'impact du phénomène-adoption
et, le cas échéant, accepter la non-greffe ou la rupture du lien.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
Résumé en anglais : Summary.
Daily education of the adopted child.
The author puts forward
some main indicators around the daily education of the adopted
chid. The majority of these indicators are not, however,
fundamentally specific to this child; there are rather applications,
to his benefit, of pedagogical attitudes liable to concern ail the
children. The author broaches successively the following themes :
dream of the Ideal chid and renouncement of the fulfilment of the
dream; confrontation with the upheavals linked with the internal
working out, by the chid, of his status of " adopted " one; evocation
of the undergoing motivations for the adoption; relativization of the
impact of the adoption phenomenon and, if the case arises,
acceptance of the failure of the " graft " or the severance of the
link.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
Résumé en allemand.
DIE ALLTÄGLICHE ERZIEHUNG DES ADOPTIERTEN KINDS.
Der Autor gibt einige Richtlinien zur alltäglichen Erziehung
adoptierter Kinder. In den meisten Fällen handelt es sich um die
Anwendung allgemeingültiger pädagogischer Grundsätze, die
auch für adoptierte Kinder von Nutzen sind. Folgende Themen
werden behandelt : Die Wunschvorstellung vom idealen Kind
und der Verzicht auf die Erfüllung dieser Phantasie; wie wird man
mit den Gefühlswallungen des adoptierten Kinds, das die neue
Situation erst verarbeiten muh, fertig?; wie erläuten man die
Gründe für die Adoption?; wie relativiert man die
Auswirkungen
der Adoption?; falls relevant : wie akzeptiert man das
Nichtzustandekommen oder Zerbrechen der neuen Bindung?
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
Résumé en espagnol.
LA EDUCACIÓN DIARIA DEL NIÑO ADOPTADO.
El autor propone algunos puntos de referencia fondamentales
sobre la educación diaria del niño adoptado. No obstante, la
mayoría de estos puntos no son específicos al cuadro de
adopción: se trata, más bien, de la aplicación
en el marco de
una adopción, de actitudes pedagógicas susceptibles de
aplicarse a todo niño. Se abordarán sucesivamente los
siguientes temas : sueño de un niño Ideal y renuncia al
cumplimiento de dicho sueño; enfrentamiento con la
perturbación
interior vinculada a la adopción; relativización
del impacto del
fenómeno de adopción o, en su defecto,
aceptación de su no
realización o de la ruptura del vínculo.
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éducation quotidienne - adoption - rêve d'enfant idéal - identité -
révélation.
Daily education, adoption, dream of Ideal child, identity,
revelation.
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dont je viens de partir.
- Notes. -
(*). Journées montpelliéraines de Psychiatrie
de l'Enfant et des Professions associées de septembre
1994 sur le thème : " Les Enfants de l'Adoption ".
(**). Pédopsychiatre, Docteur en psychologie,
Directeur du département de
Pédopsychiatrie à la Faculté de Médecine de
l'Université Catholique de Louvain, Cliniques
Universitaires Saint-Luc, 10, avenue Hippocrate, B - 1200 Bruxelles.
Tirés à part : Jean-Yves Hayez, adresse ci-dessus.
(1). Sans autres précisions, " enfant " doit être entendu
dans le sens générique de " mineur d'âge ", incluant
également l'adolescent. Le cas échéant, nous donnerons
des précisions quant à l’âge.
(2). Cf. par exemple Verhulst [
9]
, p. 158 : " Certains adolescents
ont le sentiment très pénible, et d'être déconnectés
de leur famille d'origine, et de l'être de l'arbre généalogique
de leur famille adoptive. Ils se dépriment et ne trouvent
pas de référence pour conforter leur identité ... on
les voit alors se tourner vers
des modèles externes, souvent très noirs ".
(3). Le seul juste motif d'en interdire l'expression serait
qu'ils s'avèrent franchement autodestructeurs, ou destructeurs
d'autrui, ce qui est loin d'être habituel, autrement qu'au
terme d’interprétations intéressées et abusives.
(4). Certes, la force de la parole n'est pas assimilable à la
brutalité. Supposons, par exemple, que les parents adoptifs
savent que l'enfant est le fruit de la prostitution de sa mère :
sauf si lui-même semble rechercher des éclaircissements
à ce propos, je ne vois aucun intérêt à l'en informer. De
là à lui parler d'acte d’amour exemplaire à propos du " don "
qu'a fait la mère de son enfant, il y a un pas dans l'anti-sens
qu'il ne s'agit pas davantage de franchir : parlons plutôt
à l'enfant du désarroi de sa mère face à une situation qu'elle
n'avait sans doute pas les moyens de gérer. Et si c'est
l'enfant lui-même qui donne ou précise l'information (" Moi, je
suis né d'une passe ", me disait un jour un adolescent ), ne
nous réfugions pas sans plus dans le mensonge
ou le faux-fuyant.
(5). Certains auteurs devraient parfois s'interroger sur leur
contre-transfert et leur capacité à accepter
vraiment ce par quoi se singularisent les autres.
(6). Cette proposition peut paraître choquante : nous sommes
néanmoins convaincus que conserver à l'enfant son simple statut
d'enfant accueilli, peut parfois constituer le moindre mal lorsque
le projet semble à risques. Cette période de transition pourrait
couvrir une période longue, par exemple trois ans. En outre, au
moment ou l’on prépare un enfant âgé à l'adoption - si tant
est qu'on le fasse - on ne devrait pas lui donner l'obligation
morale de réussir ... Tout ceci n'est pas sans poser de délicats
problèmes juridiques, surtout pour les enfants étrangers
actuellement souvent adoptés dans leurs pays, avant leur
sortie, et qui ne pourraient peut-être pas bénéficier d'un droit
de séjour long sur nos sols nationaux si ce n'était pas le cas.
Néanmoins, dans leur intérêt, de nouvelles conventions
internationales, dans la prolongation de celle de La Haye,
devraient pouvoir arranger ces difficultés.
(7). Même si, paradoxalement, à égalité de problèmes, les
professionnels consultés proposent plus fréquemment la mise à
distance comme " solution ", lorsqu'ils ont à faire à
des enfants
adoptés [
1]
,
l'application de cette idée,
elle, est moins
fréquente [
5].
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
1. Cohen N. J. et coll.
Adopted and biological children in the clinic : family,
parental and child characteristics,
J. Child Psychol. Psychiat., 1993, 34, 4, 545-562.
2. Coon H. et coll.
Identifying children in the Colorado adoption project at risk
of conduct disorder,
J. Am. Acad. Child Adolesc. Psychiatry, 1992, 31, 3, 503-511.
3. Donovan D.
Children should be told of their adoption before they ask - the
negative.
J. Am. Acad. Child Adolesc. Psychiatry, 1990, 29, 5, 828-833.
4. Hayez J.-Y.
Un jour, l'adoption,
Coll. " Pédagogie psychosociale ", Paris, Fleurus, 1988.
5. Nickman S. et coll.
Adoptive families and professionnels : when the experts make
things worse
J. Am. Acad. Child Adolesc. Psychiatry, 1994, 33, 5, 753-755.
6. Peille F.
Abandon, adoption.
in P. Ferrari, Psychiatrie de l'enfant et de
l'adolescent, pp. 262-270, Paris, Flammarion,
Médecine-Sciences, 1994.
7. Soulé M. et Noël J.
L'adoption.
In : S. Lebovici et coll., Traité de psychiatrie de
l'enfant et de l’adolescent, tome III, pp. 315-334, Paris,
PUF, 1985.
8. Verhulst F. et coll.
Problem behaviors in international adoptees - an epidemological
study,
J. Am. Acad. Child Adolesc. Psychiatry, 1990, 29, 1, 94-103.
9. Verhulst F. et coll.
Developmental course of problem behaviors in adolescent adoptees,
J. Am. Acad. Child Adolesc. Psychiatry,
1995, 34, 2, 151-159.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
Création le 2 janvier 2005.
Dernière mise à jour
le dimanche 06 juillet 2008.
Issu de la revue Neuropsychiatrie de l'enfance et de l'adolescence,
prêtée par le professeur Jean-Yves Hayez.
ds.ds
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Bravo de m'avoir trouvé
Félicitations
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480
mais est encore correcte avec les écrans
plus grands 1600x1200 ou autres.
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
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n'est constitué que
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C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
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L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
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Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
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Mots clés.
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Bibliographie.
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Notes.
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Résumé en anglais : Summary.
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immédiatement sur votre écran.
L’éducation quotidienne de l’enfant adopté.
Rêver et renoncer à l'accomplissement parfait de son rêve.
Faire face aux remous liés à l'élaboration
intérieure du statut d'adopté.
Parler des raisons d'être de l'adoption.
Relativiser l'impact du phénomène-adoption.
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- Notes automatiques. -
.
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Note *.
(*). Journées montpelliéraines de Psychiatrie
de l'Enfant et des Professions associées de septembre
1994 sur le thème : " Les Enfants de l'Adoption ".
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Note **.
(**). Pédopsychiatre, Docteur en psychologie,
Directeur du département de
Pédopsychiatrie à la Faculté de Médecine de
l'Université Catholique de Louvain, Cliniques
Universitaires Saint-Luc, 10, avenue Hippocrate, B - 1200 Bruxelles.
Tirés à part : J.-Y. Hayez, adresse ci-dessus.
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Note 1.
(1). Sans autres précisions, " enfant " doit être entendu
dans le sens générique de " mineur d'âge ", incluant
également l'adolescent. Le cas échéant, nous donnerons
des précisions quant à l’âge.
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Note 2.
(2). Cf. par exemple Verhulst [9]
, p. 158 : " Certains adolescents
ont le sentiment très pénible, et d'être déconnectés
de leur famille d'origine, et de l'être de l'arbre généalogique
de leur famille adoptive. Ils se dépriment et ne trouvent
pas de référence pour conforter leur identité ... on
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Note 3.
(3). Le seul juste motif d'en interdire l'expression serait
qu'ils s'avèrent franchement autodestructeurs, ou destructeurs
d'autrui, ce qui est loin d'être habituel, autrement qu'au
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Note 4.
(4). Certes, la force de la parole n'est pas assimilable à la
brutalité. Supposons, par exemple, que les parents adoptifs
savent que l'enfant est le fruit de la prostitution de sa mère :
sauf si lui-même semble rechercher des éclaircissements
à ce propos, je ne vois aucun intérêt à l'en informer. De
là à lui parler d'acte d’amour exemplaire à propos du " don "
qu'a fait la mère de son enfant, il y a un pas dans l'anti-sens
qu'il ne s'agit pas davantage de franchir : parlons plutôt
à l'enfant du désarroi de sa mère face à une situation qu'elle
n'avait sans doute pas les moyens de gérer. Et si c'est
l'enfant lui-même qui donne ou précise l'information (" Moi, je
suis né d'une passe ", me disait un jour un adolescent ), ne
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Note 5.
(5). Certains auteurs devraient parfois s'interroger sur leur
contre-transfert et leur capacité à accepter
vraiment ce par quoi se singularisent les autres.
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Note 6.
(6). Cette proposition peut paraître choquante : nous sommes
néanmoins convaincus que conserver à l'enfant son simple statut
d'enfant accueilli, peut parfois constituer le moindre mal lorsque
le projet semble à risques. Cette période de transition pourrait
couvrir une période longue, par exemple trois ans. En outre, au
moment ou l’on prépare un enfant âgé à l'adoption - si tant
est qu'on le fasse - on ne devrait pas lui donner l'obligation
morale de réussir ... Tout ceci n'est pas sans poser de délicats
problèmes juridiques, surtout pour les enfants étrangers
actuellement souvent adoptés dans leurs pays, avant leur
sortie, et qui ne pourraient peut-être pas bénéficier d'un droit
de séjour long sur nos sols nationaux si ce n'était pas le cas.
Néanmoins, dans leur intérêt, de nouvelles conventions
internationales, dans la prolongation de celle de La Haye,
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Note 7.
(7). Même si, paradoxalement, à égalité de problèmes, les
professionnels consultés proposent plus fréquemment la mise à
distance comme " solution ", lorsqu'ils ont à faire à
des enfants
adoptés [1]
, l'application de cette idée,
elle, est moins
fréquente [5].
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- Bibliographie automatique. -
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Bibliographie numéro 1.
1. Cohen N. J. et coll.
Adopted and biological children in the clinic : family,
parental and child characteristics,
J. Child Psychol. Psychiat., 1993, 34, 4, 545-562.
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Bibliographie numéro 2.
2. Coon H. et coll.
Identifying children in the Colorado adoption project at risk
of conduct disorder,
J. Am. Acad. Child Adolesc. Psychiatry, 1992, 31, 3,
503-511.
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.
Bibliographie numéro 3.
3. Donovan D.
Children should be told of their adoption before they ask - the
negative.
J. Am. Acad. Child Adolesc. Psychiatry, 1990, 29, 5,
828-833.
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Bibliographie numéro 4.
4. Hayez J.-Y.
Un jour, l'adoption,
Coll. " Pédagogie psychosociale ", Paris, Fleurus, 1988.
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Bibliographie numéro 5.
5. Nickman S. et coll.
Adoptive families and professionnels : when the experts make
things worse
J. Am. Acad. Child Adolesc. Psychiatry, 1994, 33,
5, 753-755.
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.
Bibliographie numéro 6.
6. Peille F.
Abandon, adoption.
in P. Ferrari, Psychiatrie de l'enfant et de
l'adolescent, pp. 262-270, Paris, Flammarion,
Médecine-Sciences, 1994.
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Bibliographie numéro 7.
7. Soulé M. et Noël J.
L'adoption.
In : S. Lebovici et coll., Traité de psychiatrie de
l'enfant et de l’adolescent, tome III, pp. 315-334, Paris,
PUF, 1985.
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Bibliographie numéro 8.
8. Verhulst F. et coll.
Problem behaviors in international adoptees - an epidemological
study,
J. Am. Acad. Child Adolesc. Psychiatry, 1990, 29, 1,
94-103.
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Bibliographie numéro 9.
9. Verhulst F. et coll.
Developmental course of problem behaviors in adolescent adoptees,
J. Am. Acad. Child Adolesc. Psychiatry,
1995, 34, 2, 151-159.
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abus sexuel,
accompagnement éducatif,
adolescents abuseurs,
adolescents,
allégation d'abus sexuel,
angoisse de séparation,
angoisse,
anxiété,
assuétude,
autorité parentale,
beaux-parents,
besoins psychiques des enfants,
bizarrerie sexuelle infantile,
cadre thérapeutique,
confidences,
confidentialité,
conformisme,
culpabilité,
debriefing collectif,
délinquance,
dépendance,
dépression,
destructivité,
deuil compliqué,
deuil pathologique,
éducation sexuelle,
enfant abuseur,
enfants,
énuresie,
éthique,
équipes SOS-Enfants,
famille,
famille reconstituée,
Familles restructurées,
guerre,
identité,
infanto-juvénile,
intervention de crise,
Jean-Yves Hayez,
jeux sexuels,
livres,
mendiants,
mort,
mort d'un proche,
mots-clés,
pédopsychiatrie,
perversion sexuelle infantile,
perversion sexuelle,
peur,
pornographie,
protection,
psychiatrie de liaison,
psychothérapie,
publications,
relation de soin,
réparations,
réseau de santé,
sanctions,
secrets de famille,
séparation parentale,
sexualité infantile,
sexualité normale,
signalement,
soins pluridisciplinaires,
stress,
SOS-enfants,
suggestibilité,
syndrome de stress post-traumatique,
traumatisme psychique,
trouble de l'endormissement,
trouble du comportement,
trouble psychique,
urgences,
violence,
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