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Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez
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A l’écoute des
enfants victimes
d’abus sexuels.
* biographie et receuil de publications scientifiques du
professeur Jean-Yves Hayez.
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" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va
et d'employer l'esprit à le justifier."
Jean Guéhenno.
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A l’écoute des enfants victimes d’abus sexuels.
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Première publication : 13 juin 2003, mise en ligne : le 7
juillet 2003.
Une interview de Jean-Yves Hayez, pédopsychiatre, à
paraître prochainement dans une revue professionnelle de
psychologie, en France.
Jean-Yves HAYEZ, voici bientôt trente ans que vous vous
occupez d’enfants et d’adolescents victimes de sévices
et plus particulièrement d’abus sexuels. Quel regard
portez-vous aujourd’hui sur la façon dont ils sont
écoutés et pris en considération ?
Il existe une sinusoïde de l’Histoire en vertu de
laquelle les enfants qui se plaignent sont
successivement de plus en plus pris au sérieux, et
après, considérés comme des fabulateurs et fauteurs de
trouble, susceptibles de déstabiliser l’Ordre adulte en
place.
Freud a vécu cet aller-retour de l’intérieur, lui qui a
d’abord cru avec beaucoup d’émotion à la matérialité des
révélations sexuelles de ses patients, puis qui, effrayé
sans s’en rendre compte par l’ampleur qu’elles prenaient
et par les conséquences concrètes qu’il aurait fallu en
tirer, s’est mis à dénier cette matérialité et à faire
de ces récits des fantasmes.
Et c’est ce qui nous arrive à nouveau ! Après que Kemp,
Silvermann puis tant d’autres nous aient ouvert les yeux
sur la réalité de la maltraitance physique dans les
années 70, nous recommençons à douter ferme, même si
cela se présente de façon insidieuse.
Signe des temps, les séries télévisées populaires
montrent de moins en moins d’enfants abusés qui ont peur
de parler, et de plus en plus d’enfants suggestionnés
par leur mère pour mentir.
Signe des temps : nombre d’intervenants courageux qui
avaient voulu prendre le parti de l’enfant sont
maintenant poursuivis par leur Ordre des médecins,
insultés dans des jugements de Tribunaux, attaqués par
des associations de pères dont chaque membre, of course,
est un citoyen au-dessus de tout soupçon, etc.
Quant à la manière dont on traite l’enfant, c’est
souvent pire : on prétend publiquement qu’on l’écoute
mieux, en se référant à l’existence de techniques
d’entretien contemporaines mieux au point… mais sur le
fond, qu’en est-il ? On est loin de toujours prendre en
considération sa parole, même si elle est mieux écoutée
formellement parlant par une partie des interviewers qui
ont fait des efforts de formation spécifique. Lorsque
l’on n’a que sa relation verbale des faits pour « preuve
», pour peu que les agents de la maltraitance persistent
à nier et sont bien défendus et protégés, ce que
l’enfant dit n’a souvent pas plus de poids que la maison
de paille des trois petits cochons face au souffle du
loup !
Ceci, c’est pour le fond ... Quant aux procédures, on
presse souvent l’enfant comme un citron d’entretiens en
expertises sans coordination ; les avocats utilisent la
vidéo cassette avec l’enregistrement de ses
déclarations, censée le protéger, pour le massacrer en
se focalisant sur ses quelques failles, etc.
Et si d’aventure il reste vaillant face à toutes ces
tempêtes, on finit trop souvent par déclarer,
pseudo-désolés et la main sur le cœur que, même si sa
parole suggère une très forte probabilité des faits, il
faut d’abord se référer à la sacro-sainte présomption
d’innocence, qui exigerait des preuves irréfutables.
Dernier acte de cette tragédie : nous sommes tous
invités, lui le premier, à nous soumettre à la vérité
judiciaire, même si celle-ci ne sait que trop bien
qu’elle n’est pas toujours celle des faits.
En résumé, quand il n’y a pas d’aveux ni de preuves
matérielles, le match « Enfant-agresseur » que les
campagnes de prévention annonçaient à celui-là gagné 6-0
en cinq secs, se termine avec le score 1-6 après trois
ans d’un parcours éprouvant du combattant.
Quelles situations rencontre-t-on dans la pratique ?
Comment s’articulent chemins psychosociaux et
judiciaires ?
Je distingue cinq chemins principaux de " prise en
charge ", dans l’acceptation large du terme. Ils
existent, en Belgique comme en France, avec des
répartitions proportionnelles un peu différentes en
référence aux cultures et traditions sociales de chaque
pays :
A. Le premier, et très probablement le plus fréquent,
c’est le silence qui persiste.
Au moment où l’abus a eu lieu, l’enfant se tait ; après,
il continue à se taire de façon habituelle ; tout au
plus certains sortent-ils occasionnellement du silence,
par exemple dans l’anonymat d’un forum Internet ; là au
moins ils ont confiance et cherchent un peu de
solidarité et d’explications auprès de leurs pairs ; ou
encore, longtemps après, d’autres se confient à leur
partenaire sentimental enfin déniché. Des règlements de
compte tardifs comme on en voit dans le film Festen (T.
Vintenberg, 1996) sont beaucoup plus rares.
Ce silence prolongé est le fait d’enfants résilients qui
se débrouillent et cicatrisent tout seuls ; à leurs
côtés, hélas, bien des enfants traumatisés restent trop
effrayés ou trop mal dans leur peau pour jamais risquer
de parler ; enfin, presque par définition, les enfants «
allumés », ç-à-d chez qui l’abus a accéléré et amplifié
leur propre pratique sexuelle, normale ou déviante,
n’ont pas envie de dénoncer ce qu’ils considèrent comme
positif : ils ne le font que si un jour on leur fait des
reproches pour leur sexualité du moment et qu’ils se
cherchent des excuses.
B. Il y a alors le petit groupe des familles qui règlent
leurs problèmes toutes seules, sans aide externe. Elles
le font surtout lorsque l’auteur de l’abus est un
mineur, membre ou externe à la famille. Plus rarement,
c’est un adulte qu’elles remettent vertement à sa place.
Saluons au passage la résilience de ces familles, mais
regrettons peut-être que les victimes ne trouvent pas
toujours toute l’aide spécialisée que leur état
nécessite.
C. Il y a ensuite les cas qui, après avoir été révélés,
font l’objet d’une prise en charge psycho-médico-sociale
exclusive. Ils sont probablement moins fréquents en
France qu’en Belgique où +/- 25 % des prises en charge
officielles
(1)
se déroulent de la sorte.
Le succès de l’entreprise est variable : certaines
s’effritent au fil du temps et la famille disparaît dans
la nature ou plus exactement dans l’inertie des
rendez-vous manqués et le fatras des rapports inutiles.
D’autres se soldent avec succès parce que, comme on
l’espérait, tout le monde s’est montré raisonnablement
réceptif à l’offre d’aide qui était faite
(2).
Dans d’autres cas enfin, la résistance au travail
proposé est telle que les intervenants psychosociaux
demandent le complément d’aide spécifique des
intervenants judiciaires. On rejoint alors les deux
chemins suivants.
D. Il y a alors le groupe assez important de cas où l’
on signale les faits abusifs au système judiciaire
pénal, alors qu’on n’a comme « preuve » que la seule
révélation verbale faite par l’enfant…voire une
suspicion plus ou moins forte.
Ce signalement est fait tout de suite et spontanément,
soit par l’entourage familial de l’enfant, soit par des
intervenants médico-psycho-sociaux témoins de la
problématique, dans le cadre de la culture du
signalement très contraignante en France. D’autre de ces
intervenants le font à un moment donné du chemin à
l’amiable qui serait occupé à stagner ( pratique plutôt
belge ).
Néanmoins que l’on soit belge ou français et quelles que
soient les nuances de la porte d’entrée, ce qui s’en
suit est du même ordre :
1. Dans une minorité de ces cas, des aveux sont obtenus
de l’abuseur, soit parce qu’il craque, soit parce qu’il
ne peut pas nier le poids d’autres indices matériels
quand même découverts progressivement. Alors,
habituellement, les tribunaux pénaux le condamnent et le
sanctionnent ; après quoi, il arrive qu’il soit bien
aidé psychologiquement lors de son éventuel séjour
carcéral ( mieux en France qu’en Belgique ).
Néanmoins la prise en charge conjointe de la victime et
de sa famille est plus aléatoire ; pour peu qu’une
institution d’aide psychosociale existe - et ce n’est pas
systématique !- sa coopération avec le système pénal est
trop souvent faible ou nulle, personne ne sortant
vraiment de sa logique pour accorder beaucoup
d’importance à l’autre ; quoique non indispensables, des
épreuves traumatisantes attendent donc la victime
( répétition des interrogatoires ; confrontations
directes des enfants, même jeunes, avec les suspects
etc.) ; après condamnation, on ne prend pas bien en
charge les actes de réparation destinés à la victime,
etc ... En outre, la libération des détenus est parfois
rapide et faite sans précaution pour la victime. Que de
fois celle-ci ne se retrouve-t-elle pas au foyer avec un
père non repenti et qui lui en veut, ou à croiser dans
la rue le pédophile qui l’a abusé et qui l’effraie ou le
nargue !
N.B. Et enfin, cerise sur le gâteau, il faudrait évoquer
ces nombreux placements vite fait bien fait de l’enfant,
voire de sa fratrie, qui lui tombent surtout dessus s’il
est d’un milieu défavorisé, que sa famille à l’air
brouillon et peu fiable, n’a pas de bons avocats pour la
défendre et est entouré d’un bourdonnement d’agences
sociales. Placements erratiques, quelle que soit la
qualité humaine de nombreuses maisons d’enfants, sans
grande logique ni pour l’indication d’arrivée, ni pour
celle de départ, ni pour fixer les contacts en cours de
route avec la famille. L’inverse est tout aussi
erratique : maintien de l’enfant en famille alors que le
serpent du livre de la jungle s’enroule autour de son
corps et séduit son âme chaque soir.
2. Mais dans la majorité des cas, l’on ne demeurera
définitivement qu’avec la seule parole de l’enfant dans
le bagage des « preuves ».
Alors, ce qui s’en suit est encore pire : en face de
celui-ci et de ceux qui le soutiennent, il y a un
suspect dont la personnalité est souvent bien affirmée,
qui sait qu’il joue sa peau (perte d’image sociale et
incarcération), et qui a eu tout le temps de redonner
une virginité à son ordinateur. Donc, il n’avoue pas ;
et ses avocats, bien plus entraînés à ces problèmes en
2003 qu’en 1990, savent comment semer le doute.
Dans ce contexte, la traumatisation secondaire à bas ou
haut bruit peut vraiment devenir effrayante. Par exemple :
Inertie du déroulement du processus judiciaire ; c’est
la routine habituelle, ici, et pas vraiment la recherche
du flag !
Interrogatoires, examens physiques, expertises et
contre-expertises multiples, dans une ambiance
émotionnelle et avec une compétence technique des plus
variables ; confrontations directes éprouvantes entre
l’enfant et le
suspect (3).
Absence des mesures de protection pendant l’instruction
judiciaire et persistance des contacts enfant-abuseur ;
(4)
non mise en action parallèle du Tribunal pour
mineurs pourtant apte à veiller spécifiquement sur les
dangers toujours présents.
Absence d’aide médico-psycho-sociale ou incoordination
entre celle-ci et le système judiciaire.
Si nous voulons être honnêtes, n’est-ce pas le pain
quotidien des enfants de ce vaste sous-groupe ?
3. On peut faire les mêmes observations lorsque le
signalement judiciaire est fait par un parent dans le
cadre d’une séparation parentale.
Ici, selon les cas, le suspect est l’autre parent, son
compagnon ou sa compagne ou un membre majeur ou mineur
de la famille de l’ex.
Il n’est pas inutile de rappeler que, dans ces contextes
où ce sont souvent des enfants très jeunes qui sont
concernés, les études réalisées montrent que les faits
sont avérés entre 30 et 70 % des fois. Pourtant,
l’inertie pour investiguer est souvent plus importante
que jamais : pense-t-on, sans rire, qu’un enfant de 4
ans pourra encore dire quelque chose de crédible à un
expert ou à un policier huit mois après la première
plainte déposée ?
Par ailleurs, les autorités pénales ne veillent pas
toujours à faire suspendre contacts entre ceux-ci et
leur possible abuseur pendant la durée de
l’investigation judiciaire, ni même à demander l’aide du
Tribunal pour mineurs. L’on touche même parfois au
surréalisme : chaque sous-institution y allant
superbement de sa logique propre, on voit des parents
condamnés pour non-présentation d’enfants au suspect
pendant le temps de l’instruction !
E. Reste alors le dernier groupe, pas très nombreux, où
existent tout de suite des preuves matérielles aux côtés
de la parole de l’enfant ( p. ex. une jeune adolescente
qui arrive en salle d’urgences après un viol ). Ce qui
s’en suit correspond à ce qui a été décrit dans le
chemin D1.
Vous semblez assez pessimiste ... Après un abus grave,
quels vous paraissent être les besoins de l’enfant
victime ?
Je ne pense pas, hélas, être pessimiste, mais plutôt
réaliste ... disons que j’ose parler de réalités que les
discours d’Etat, par définition politically correct,
ignorent ou occultent. Bien sûr, je ne peux pas
démontrer ce que j’avance au dernier chiffre près, mais
je propose que l’on fasse faire des études sérieuses,
interuniversitaires et interdisciplinaires, sur le
devenir des cas, sans sélection ni autres biais… Le
résultat pourrait en être édifiant.
Je ne suis pas pessimiste non plus, parce que je ne
recommande pas de baisser les bras et de ne plus rien
faire : j’ai des idées positives sur les besoins des
enfants et sur des actions concrètes à mener ! En voici
le résumé :
Primum non nocere : il est impératif que la mise en
place de l’appareil institutionnel de prise en charge ne
soit pas plus traumatisante que l’abus. L’enfant ne fait
pas la part des choses entre les bons et les mauvais
agresseurs : il veut moins souffrir, un point c’est tout !
Que l’on ne tue donc pas l’espérance qui l’a habité au
moment où il s’est décidé à parler !
L’enfant, a d’abord et avant tout besoin d’une présence
bienveillante à ses côtés. Présence qui puisse écouter
et qui compatit :
Ecouter, laisser parler, encourager à se déployer…
sans vouloir tout de suite reprendre et critiquer, au
nom des meilleures intentions du monde (« Mais non,
petit, tu n’es coupable de rien »).
Prendre au sérieux, gravement, ce que l’enfant raconte
et vit.
Partager avec lui des émotions et des idées ; lui
donner, qualitativement parlant, de l’amitié
bienveillante. Pouvoir s’indigner à haute voix de ce qui
est inacceptable.
Chercher à consoler, à réassurer l’enfant sur la
valeur d’être qu’il conserve.
S’engager aux côtés de l’enfant et de sa famille pour
améliorer leur sort.
Parler d’autre chose ; ne pas réduire l’enfant à sa
dimension « abusé ».
Simultanément, il est souhaitable qu’une protection de
meilleure qualité mette l’enfant à l’abri des récidives
d’agression. Protection concrète, qui ne relève pas
d’une sorte d’utopie bureaucratisée. Alors, à quel prix
?
L’activisme, le manque de discrétion et la
précipitation sont très mauvais conseillers ; ils
aboutissent surtout à rendre impossible la tâche des
professionnels à venir et à permettre au suspect de bien
organiser sa défense ;
L’enfant gagne à participer à sa propre protection, à
la mesure de ses forces et ce peut être plus efficace
qu’on ne le croit (« Non », plus fermes, mises à
distance plus efficaces, etc.).
La vigilance et la solidarité de l’entourage informel
et sain de l’enfant peuvent également être des adjuvants
précieux.
Enfin, s’avère le plus souvent positif ce que l’on
peut appeler un sentiment de sollicitude et de
responsabilité de longue durée à l’œuvre chez les
professionnels. Certes, il est normal et structurant
qu’existent des compétences complémentaires, que des
tâches soient réparties et des relais pris. Mais
l’ambiance de protection s’améliore si chaque
professionnel présent le temps d’une étape ne se sent
pas quitte de sa responsabilité une fois que l’enfant
quitte son territoire, continue à sentir de la
sollicitude pour ce qu’il devient et concrétise la
permanence de sa vigilance en fonction des
circonstances.
Les fois rares mais réelles où l’on ne peut pas gagner
en protection matérielle, on peut s’efforcer de rester
en contact avec l’enfant pour discuter avec lui de ce
qu’est l’intégrité spirituelle : un adulte a peut-être
le pouvoir d’abîmer son corps d’enfant, mais jamais
celui de s’emparer, ipso facto, de son âme. Si l’enfant
le veut de toutes ses forces, le plus pur de lui-même -
c’est-à-dire son psychisme et ses valeurs - restera hors
d’atteinte.
Tous les enfants n’aiment pas que leurs malheurs soient
étalés sur la voie publique et nous avons donc un devoir
de discrétion à leur égard. Beaucoup apprécieront
néanmoins que, dans le cadre de cette discrétion, il
existe une reconnaissance sociale du préjudice qu’ils
ont subi, une sanction de l’abuseur et si possible une
réparation concrète de sa faute.
Le cas échéant, ils apprécient aussi que l’on «
rebondisse » sur leurs malheurs pour améliorer leur sort
général : prise en compte d’éventuels besoins sociaux de
leur famille ; prise en charge de leur problématique
psychique, etc ...
Néanmoins, les enfants veulent encore plus
fondamentalement que l’on respecte leur liberté à dire «
Oui » ou « Non », et donc, qu’on ne leur impose ni
traitement ni autres réaménagements contre leur gré.
Que peut-on souhaiter pour l’avenir ? Que
recommanderiez-vous aux professionnels confrontés à ces
situations difficiles ?
A. Il nous faut faire d’abord acte de réalisme et
d’humilité en arrêtant le tapage verbal socio-politique
autour de notre soi-disant efficacité !
Nous avons mis au point des types d’intervention qui se
centrent trop sur la mise en place d’institutions
officielles spécialisées ; celles-ci exigent des moyens
financiers que nous n’avons pas. Nous faisons la
politique de l’autruche à ce propos ; nous faisons
semblant que quelques expériences psychosociales pilotes
suffisent à la tâche ( Belgique ) ; nous montons en
épingle dans les statistiques la minorité de cas traités
ou sanctionnés ( Belgique, France ) en nous gardant bien
d’évoquer la majorité silencieuse des autres qui
stagnent ou se retournent contre les victimes.
Mais le problème n’est pas que quantitatif ; au risque
de choquer, et en demandant l’indulgence de celles des
institutions qui fonctionnent bien et ne sont pas visées
ici, nous devrions pouvoir reconnaître que :
Nous sommes souvent bureaucratiques et sans générosité
( chacun son petit rôle et la patate chaude à passer au
suivant et encore, lentement, dans l’enlisement des
lettres et des rapports écrits ).
Nos institutions respectives sont souvent en rivalité
pénible les unes avec les autres sur le dos de l’enfant.
( Qui sera le plus fort ? Qui aura le pouvoir et qui se
soumettra ? C’est cela, entres autres, l’enjeu
historique et secret de la « tyrannie au signalement »
qui s’est abattue en France ).
Enfin, last but not least, des mécanismes de
protection des suspects existent bel et bien, au moins
circonstanciellement, dans quasi toutes les
institutions ... Il ne faut pas faire la politique de
l’autruche à leur propos. Ils sont souvent installés en
référence à des vécus émotionnels irrationnels : c’est
impossible, n’est-ce pas, que ce chef de service, homme
d’œuvres par ailleurs, ou que ce neveu célibataire
tellement sympa se soient laissés aller ... ... C’est plutôt
l’enfant qui fabule ... ou sa mère qui lui a mis de
mauvaises idées dans la tête ... ou sa psy qui est une
féministe obsédée ... Envoyons donc l’enfant en thérapie et
pendons tous ces adultes qui lui ont brouillé les idées ...
Face à ces limites et à ces risques, on devrait réserver
la machinerie officielle lourde aux cas les plus
pathologiques, dangereux ou scandaleux et pour tous les
autres, qui sont majoritaires, on devrait trouver
davantage de solidarités locales et d’engagements
citoyens aptes à écouter et à protéger l’enfant dans et
depuis son tissu social informel.
B. Il faut également passer par des formations
spécifiques et arrêter de penser qu’une culture psy
générale suffit dans ce champ très particulier. Il est
urgent que les psys, en fonction de diagnostic et
experts officiels, connaissent bien les signes les plus
fiables de la maltraitance, qui ressortent de l’analyse
du comportement et du discours de l’enfant et de son
entourage. Qu’ils arrêtent de se servir des réponses
données à des tests projectifs tout comme de symboles et
d’indicateurs indirects présents dans des dessins
d’enfants en leur attribuant une valeur indicative
puissante qu’ils sont loin d’avoir ! En outre, si
l’enfant révèle des faits d’abus, que chacun se réfère
correctement à la seule grille d’analyse actuellement
validée, la SVA (statement validation analysis) mise au
point par Yuille et ses collaborateurs québécois.
Que les magistrats eux aussi aient une connaissance au
moins générale de cette dernière, mais surtout, que l’on
se mette d’accord pour admettre qu’un haut degré de
probabilité de crédibilité à la SVA est équivalent à un
élément de preuve matérielle. Alors, il n’y aura plus de
recours abusif à la notion de présomption d’innocence,
excellente dans son principe mais détestable dans
l’usage frileux, pour ne pas employer d’autres termes,
que l’on en fait bien trop souvent.
C. A propos de coopération, on ne devrait jamais parler
de judiciarisation d’un cas, mais de mise en œuvre
conjointe d’une dimension judiciaire et d’une autre
médico-psycho-sociale, en charge spécifique de l’aide à
la victime et à sa famille.
Mise en œuvre conjointe et coordonnée, chaque catégorie
d’institution ayant le droit à son indépendance et le
devoir d’être attentive à l’importance et aux besoins de
l’autre, ainsi qu’aux intérêts profonds de la victime.
Il faut mettre également de l’énergie coordonnée à
améliorer le sort de la famille et le fonctionnement
psychique de l’abuseur.
D. A mon sens, quand elle est mise en action,
l’institution judiciaire pénale devrait associer
précocement et quasi-systématiquement le Tribunal pour
mineurs dans la procédure, vu les enjeux protectionnels
souvent délicats qui se posent. Ce dernier devrait
exercer son droit d’agir au-delà d’un éventuel non-lieu
prononcé par la justice pénale, s’il estime que l’enfant
reste en danger.
Dans tous les cas où une instruction pénale a lieu dans
le contexte d’une séparation conjugale, les contacts de
l’enfant avec le suspect devraient être suspendus
immédiatement et pour toute la durée de l’instruction ;
ensuite, quelque que soit la position pénale, c’est au
Tribunal des mineurs que devrait revenir l’appréciation
de la conduite à tenir.
E. Enfin, plus radicalement, je reste convaincu qu’il ne
faut pas demander l’intervention complémentaire de la
Justice pour tous les cas avérés ou suspects de
maltraitance physique ou sexuelle. Ce qui compte c’est
de donner à la personne en danger la meilleure
assistance qui soit. Ajouter des institutions complique
parfois les choses et fait courir de nouveaux risques à
tout le monde.
C’est le moment de signaler combien me heurte un slogan
à la mode « La sanction pénale est
thérapeutique » (5) .
( Pour qui ? L’auteur ? La victime ? Les deux ? ). Cette
pseudo-vérité scientifique, c’est une belle confusion de
genres !
Une sanction méritée est juste pour l’abuseur ; elle
l’aide éventuellement à réfléchir autrement sa vie et à
réadapter ses comportements ; elle est une condition
intéressante pour qu’il renonce à l’idée de sa
toute-puissance et accepte de faire soigner la partie
malade de son être.
Une sanction significative gagne donc à exister, mais ne
doit pas nécessairement être pénale ! Elle peut
également émaner du groupe social qui inviterait
fermement l’abuseur à mettre en œuvre des réparations
concrètes valables, tout en n’ayant pas le droit de l’y
contraindre.
La sanction de l’auteur n’est pas non plus ipso facto
thérapeutique pour la victime. C’est moins simple que
cela ! Pour beaucoup d’enfants, elle aura un effet
positif dans leur vie – comme la réparation d’une
injustice subie – et les aidera à reprendre confiance
dans les forces protectrices du monde ; elle ne remplace
néanmoins pas ce que la rencontre de soi dans la parole
peut leur apporter comme libération. Pour d’autres, la
sanction de l’abuseur sera d’abord vécue comme triste,
effrayante, culpabilisante et il faudra les aider à
faire face à ces sentiments et à ces idées pénibles.
Pour vous convaincre que je ne dramatise pas et que mes
considérations sont valides, je vous invite à lire en
annexe des extraits du rapport de M. Juan-Miguel Petit,
commissaire des Nations Unies pour les droits de
l’homme, suite à sa visite d’inspection en France en
2002.
Et en matière de prévention, que peut-on souhaiter ?
A. Je voudrais que l’on encourage les enfants à
comprendre leur propre sexualité et celle des autres et
à en avoir globalement une image positive. Certes, il
existe quelques zones noires qu’ils doivent repérer et
éviter, mais la sexualité est d’abord et avant tout une
richesse de leur vie et de la vie sociale.
Qu’on accroisse leur lucidité pour repérer quand ils
sont menacés ; qu’on les encourage à se protéger
eux-mêmes à la mesure de leurs moyens et qu’on améliore
leur compétence pour y réussir. Intention à propos de
laquelle il faut « partir de loin » : c’est en acceptant
les « Non » des enfants dans la vie de tous les jours,
face à nos injustices, que nous stimulerons la confiance
dans leur capacité à se défendre.
Qu’on informe authentiquement les enfants sur l’aide
qu’ils peuvent attendre des adultes, en ce inclus ses
limites, en les éclairant correctement ; et puis qu’on
laisse davantage choisir à quelles portes ils iront
frapper, plutôt que de les gargariser de promesses pour
politiciens en période électorale.
B. Je voudrais aussi que l’on sensibilise l’entourage
immédiat et « sain » de l’enfant à l’importance que
revêt son engagement aux côtés de l’enfant. La
solidarité de cet entourage, sa fermeté pour dire « Non
» lui aussi, sa vigilance continuée, ainsi que son
attitude juste par rapport à celui qui a maltraité, sont
des éléments très intéressants mais malheureusement
sous-employés dans les processus d’aide contemporains.
C. Je voudrais enfin que l’on arrête de regarder, comme
des monstres irrécupérables, celles et ceux qui ont
dérapé, voire commis des maltraitances habituelles. Ce
sont des êtres de la même chair et du même esprit
humains que nous. Si l’on veut qu’ils changent, il faut
aller vers eux, les accueillir, les écouter,
désapprouver leurs actes mauvais, certes – sans l’alibi
facile de la pathologie -, leur rappeler quelles sont
les lois de la vie et l’obligation de les respecter,
travailler leur mental pour que changent leurs idées
toxiques et les surveiller ensuite dans le même état
d’esprit que l’on encadre un ancien alcoolique. Ils
doivent arriver à demander pardon pour ce qu’ils ont
fait et réparer leur faute, mais tout ceci n’exige pas
chaque fois la sortie d’une confidentialité
partagée(6).
ANNEXE
EXTRAITS DU RAPPORT DU COMMISSAIRE DE L'ONU
COMMISSION DES DROITS DE L’HOMME
Cinquante-neuvième session
Point 13 de l’ordre du jour provisoire
DROITS DE L’ENFANT
Note présentée par M. Juan Miguel Petit, Rapporteur
spécial sur la vente d’enfants, la prostitution des
enfants et la pornographie impliquant des enfants,
conformément à la résolution 2002/92 de la Commission
des droits de l’homme.
Additif - Note préliminaire sur la mission en France
( 25-29 novembre 2002 )
13. Le Rapporteur spécial ne considère pas que les
sévices sexuels contre des enfants constituent un
phénomène plus courant en France que dans d’autres pays
européens. On constate toutefois que de nombreuses
personnes ayant une responsabilité dans la protection
des droits de l’enfant, en particulier dans le système
judiciaire, continuent de nier l’existence et l’ampleur
de ce phénomène.
14. Les personnes qui soupçonnent et signalent des cas
de sévices à enfant peuvent se voir accuser de mentir ou
de manipuler les enfants concernés et risquent des
poursuites ou des sanctions administratives pour
diffamation si leurs allégations n’aboutissent pas à des
poursuites suivies de la condamnation de l’auteur
présumé des sévices. En particulier, les professionnels
de la santé encourent des risques dans ce domaine et
rien n’indique que les médecins bénéficient de l’aide et
du soutien du Conseil de l’ordre des médecins français.
15. Dans un nombre croissant de cas, un parent séparé,
habituellement la mère, choisit d’amener l’enfant ou les
enfants à l’étranger plutôt que de se conformer aux
décisions d’un tribunal accordant des droits de visite
ou attribuant la garde à l’auteur présumé des sévices,
ce qui, à son tour, pourrait exposer l’enfant à de
nouveaux sévices sexuels. Il est même arrivé que des
juges et des avocats au courant des faiblesses du
système judiciaire conseillent, officieusement, à
certains parents d’agir de la sorte. Ces parents se
trouvent donc sous la menace de poursuites criminelles
pour leurs actes aussi bien en France que dans le pays
où ils se rendent.
16. Le manque de ressources, de formation et de
spécialisation dont souffrent les juges et les avocats
s’occupant d’affaires de sévices sexuels contre des
enfants fait que les droits de l’enfant impliqué dans
des poursuites judiciaires ne sont parfois pas
suffisamment protégés. Il s’ensuit que les enfants
concernés risquent souvent de continuer à subir des
sévices.
17. Il est certes possible que de fausses allégations de
sévices sexuels contre des enfants aient été faites dans
le cadre de procédures visant à attribuer la garde de
l’enfant. Toutefois, le Rapporteur spécial, après avoir
examiné les preuves concernant les affaires portées à
son attention, a pu conclure que ces allégations étaient
sérieuses et fondées et que la suite qui leur avait été
donnée ne correspondait pas à l’intérêt supérieur de
l’enfant.
18. Dans les affaires civiles visant à attribuer la
garde de l’enfant, celui-ci ne bénéficie pas d’un droit
automatique d’être entendu. Bien que les tribunaux
civils puissent entendre l’enfant à la discrétion du
président du tribunal, l’enfant n’est quasiment jamais
entendu.
19. Lorsque des poursuites pénales sont engagées contre
les auteurs présumés de sévices, les tribunaux civils ne
sont pas supposés prendre de décisions quant à la garde
ou aux droits de visite jusqu’à ce que la procédure
pénale soit menée à son terme. Dans la pratique,
toutefois, cette disposition n’est pas respectée, ce qui
donne lieu à une situation où l’enfant est obligé de
rester, souvent sans surveillance, avec une personne
faisant l’objet d’une enquête pénale pour des sévices
infligés à ce même enfant.
Recommandations
21. Il convient de respecter l’article 12 de la
Convention relative aux droits de l’enfant, qui consacre
le droit de l’enfant d’exprimer ses souhaits et son
opinion et, notamment, « la possibilité d’être entendu
dans toute procédure judiciaire ou administrative
l’intéressant ». Le Rapporteur spécial comprend certes
qu’il importe d’éviter une situation où un enfant est
obligé de répéter plusieurs fois des allégations, mais
il est encore plus important de prendre au sérieux et de
croire un enfant qui parle de sévices.
24. Etant donné le nombre de cas laissant apparaître un
grave déni de justice pour les enfants victimes de
sévices sexuels et les personnes qui tentent de les
protéger, il serait bon qu’un organe indépendant, de
préférence la Commission nationale consultative des
droits de l’homme, mène de toute urgence une enquête sur
la situation actuelle.
26. Le système judiciaire devrait se voir allouer des
ressources suffisantes pour être en mesure de dispenser
une formation en matière de droits de l’enfant et de
suivre convenablement les affaires s’y rapportant.
27. Lorsque des poursuites pénales sont engagées contre
les auteurs présumés de sévices, les tribunaux civils ne
doivent pas statuer sur la garde ou les droits de visite
tant que la procédure pénale n’a pas été menée à son
terme. Dans l’intervalle, l’auteur présumé des sévices
ne devrait avoir accès à l’enfant que sous une
supervision constante.
28. Le Conseil de l’ordre des médecins français doit de
toute urgence revoir ses procédures, de façon à
soutenir, au lieu de les condamner, les médecins qui
font part de leurs soupçons de sévices à enfant.
VIDEO et BIBLIOGRAPHIE
Je vous recommande particulièrement une synthèse
pluridisciplinaire que nous avons réalisée à plusieurs
praticiens, de Belgique, France et Luxembourg, médecins,
travailleurs sociaux, psychologues et éducateurs, et qui
s’intitule :
Le traitement pluridisciplinaire de l’enfant abusé et de
sa famille ; trois vidéo-cassettes ( ou 3 DVD )
disponibles à l’adresse ANTHEA : Anthea@internet-club.fr
Parmi les livres et articles que j’ai écrits, il y a
notamment :
1997 : J.-Y. Hayez, E. de Becker,
« L’enfant victime
d’abus sexuel et sa famille : évaluation et traitement
»,
Coll. Monographies de la psychiatrie de l’enfant,
Paris, P.U.F., 301 p.
1999 : J.-Y. Hayez, E. de Becker,
« Abus sexuel sur
mineurs d’âge »,
Encycl. Méd Chir ( Elsevier, Paris ),
Psychiatrie, 37-204-H-10, 1999, 5 p.
J.-Y. Hayez
« Sexualité des enfants en âge d’école
primaire »,
Perspectives psychiatriques, 38-4, 282-299.
2001 : J.-Y. Hayez
" Pour battre en brèche l’idée qu’il y
a des abuseurs sexuels partout, et dès la maternelle ",
Enfance-Adolescence, 2001,1,67-76
2001 : J.-Y. Hayez et E. de Becker,
Perspective
systémique et travail familial ou de couple dans la
prise en charge des auteurs d’agression sexuelle,
237-254
in Psychopathologie et traitements actuels des
auteurs d’agression sexuelle, Actes de la conférence de
consensus de la Fédération française de psychiatrie.
Début 2004, je publierai aux éditions Odile Jacob un
livre portant sur la sexualité saine et pathologique des
6-13 ans et sur leur accompagnement éducatif et
thérapeutique. Le titre approximatif en sera : les 6-13
ans, leur vie sexuelle et leurs parents.
Photos : Michel Spaak
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
Notes
(1). Elles portent principalement sur des cas d’abus
sexuels intra-familial où l’on a une première intuition
que les faits seront reconnus, y inclus par celui qui
abuse, et que la collaboration sera positive.
(2). Même si les motivations de cette réceptivité et
l’engagement de chacun dans le processus restent très
variables.
(3). Quand on veut bien y réfléchir, seuls quelques
adolescents – qui pratiquement ont demandé eux-mêmes la
confrontation – regarderont leur abuseur dans les yeux
et maintiendront ce qu’ils auront à dire ! Pour tous les
autres, c’est une expérience effrayante et
anti-contributive à la vérité : l’enfant se liquéfie de
peur, en le montrant ou pas, et l’adulte rentre dans sa
forteresse, et achève sa trahison !
(4). A tout le moins peut-on « espérer » que, en cette
période d’incertitude, leur dimension sexuelle est mise
entre parenthèse.
(5). Les tenants de ce slogan lui donnent même une
signification implicite encore plus contraignante « Sans
sanction pénale, pas de thérapie possible ... ceux qui ne
recourent pas à la sanction pénale sont eux-mêmes des
tout-puissants hors-la-loi ».
(6). Partagée : avec les éléments sains de la famille
ou/et de la famille élargie, avec l’un ou l’autre voisin
ou intervenant de première ligne prêt à l’engager.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
Création le 13 juin 2004.
Dernière mise à jour
le dimanche 24 février 2007.
Issu du site web Juliemelissa.
DS.ds
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Bravo de m'avoir trouvé
Félicitations
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480
mais est encore correcte avec les écrans
plus grands 1600x1200 ou autres.
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
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La présentation est prévue pour écran 640x480 mais est
encore correcte avec les écrans plus grands 1600x1200 ou autres.
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
n.b. Ce document s'imprime facilement : treize pages.
Jean-Yves HAYEZ, voici bientôt trente ans que vous vous
occupez d’enfants et d’adolescents victimes de sévices
et plus particulièrement d’abus sexuels. Quel regard
portez-vous aujourd’hui sur la façon dont ils sont
écoutés et pris en considération ?
Vous semblez assez pessimiste ... Après un abus grave,
quels vous paraissent être les besoins de l’enfant
victime ?
Et en matière de prévention, que peut-on souhaiter ?
Annexes.
Video et bibliographie.
Notes.
Cochez ici pour voir le texte original et intégral
immédiatement sur votre écran.
A l’écoute des enfants victimes d’abus sexuels.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
- Notes automatiques. -
.
.
Note 1.
(1). Elles portent principalement sur des cas d’abus
sexuels intra-familial où l’on a une première intuition
que les faits seront reconnus, y inclus par celui qui
abuse, et que la collaboration sera positive.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
.
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Note 2.
(2). Même si les motivations de cette réceptivité et
l’engagement de chacun dans le processus restent très
variables.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
.
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Note 3.
(3). Quand on veut bien y réfléchir, seuls quelques
adolescents – qui pratiquement ont demandé eux-mêmes la
confrontation – regarderont leur abuseur dans les yeux
et maintiendront ce qu’ils auront à dire ! Pour tous les
autres, c’est une expérience effrayante et
anti-contributive à la vérité : l’enfant se liquéfie de
peur, en le montrant ou pas, et l’adulte rentre dans sa
forteresse, et achève sa trahison !
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
.
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Note 4.
(4). A tout le moins peut-on « espérer » que, en cette
période d’incertitude, leur dimension sexuelle est mise
entre parenthèse.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
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Note 5.
(5). Les tenants de ce slogan lui donnent même une
signification implicite encore plus contraignante « Sans
sanction pénale, pas de thérapie possible ... ceux qui ne
recourent pas à la sanction pénale sont eux-mêmes des
tout-puissants hors-la-loi ».
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
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Note 6.
(6). Partagée : avec les éléments sains de la famille
ou/et de la famille élargie, avec l’un ou l’autre voisin
ou intervenant de première ligne prêt à l’engager.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
Pour télécharger ce site ...
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A l’écoute des enfants victimes d’abus sexuels.
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... en format
traitement de texte reçu du professeur
Jean-Yves Hayez, vous avez les choix suivants :
Format word 9.0 pour imprimante couleur ( 06.12.2005 ).
liste des mots-clés du site au 28 septembre 2005.
abus sexuel,
accompagnement éducatif,
adolescents abuseurs,
adolescents,
allégation d'abus sexuel,
angoisse de séparation,
angoisse,
anxiété,
assuétude,
autorité parentale,
beaux-parents,
besoins psychiques des enfants,
bizarrerie sexuelle infantile,
cadre thérapeutique,
confidences,
confidentialité,
conformisme,
culpabilité,
debriefing collectif,
délinquance,
dépendance,
dépression,
destructivité,
deuil compliqué,
deuil pathologique,
éducation sexuelle,
enfant abuseur,
enfants,
énuresie,
éthique,
équipes SOS-Enfants,
famille,
famille reconstituée,
Familles restructurées,
guerre,
identité,
infanto-juvénile,
intervention de crise,
Jean-Yves Hayez,
jeux sexuels,
livres,
mendiants,
mort,
mort d'un proche,
mots-clés,
pédopsychiatrie,
perversion sexuelle infantile,
perversion sexuelle,
peur,
pornographie,
protection,
psychiatrie de liaison,
psychothérapie,
publications,
relation de soin,
réparations,
réseau de santé,
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secrets de famille,
séparation parentale,
sexualité infantile,
sexualité normale,
signalement,
soins pluridisciplinaires,
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SOS-enfants,
suggestibilité,
syndrome de stress post-traumatique,
traumatisme psychique,
trouble de l'endormissement,
trouble du comportement,
trouble psychique,
urgences,
violence,
vulnerabilité.