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Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez
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Du discours
du mineur d’âge
sur l’abus sexuel.
Faux positifs et non-crédibilité.
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" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va
et d'employer l'esprit à le justifier."
Jean Guéhenno.
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Du discours du mineur d’âge sur l’abus sexuel.
Faux positifs et non-crédibilité.
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Paru dans Louvain Med. 118: 497-507, 1999.
E. DE BECKER
(1)
et J.-Y. HAYEZ
(2).
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§ 1. Considérations générales.
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Il y a une dizaine d’années, lorsque spontanément
ou suite à l’interpellation d’un
tiers, un mineur d’âge révélait un abus sexuel
dont il était victime, nombre de professionnels
considéraient qu’il disait automatiquement
vrai, déniant que l’enfant pût jamais
falsifier des faits de nature si grave. Les démarches
qui s’en suivaient renforçaient
d’ailleurs les mineurs à maintenir - ou à être
réduits à maintenir - la position de « pures
victimes naïves et innocentes ».
Les chiffres ont, d’une certaine manière,
conforté cette « façon de raisonner »; ainsi, les
recensions de la littérature et les divers témoignages
cliniques indiquent que les mensonges
et les fabulations, totaux ou sous la
forme d’amplification des faits ne représentent
qu’un faible pourcentage des situations
( moins de 10% ). Mais soulignons que ce
chiffre s’accroît considérablement quand la
«révélation» est amenée par un parent dans
les contextes de litiges liés à la séparation du
couple; et ces situations se rencontrent de
plus en plus fréquemment.
Nous proposons de réfléchir sur l’existence
de ces « faux positifs » dans l’ensemble des
situations de révélation d’abus sexuels sur
mineurs d’âge, en rappelant également les limites
de l’évaluation diagnostique.
Nous utilisons le terme de « faux positif »
dans le contexte particulier de l’approche
médico-psycho-sociale des problématiques
de maltraitances; aucun test spécifique ne
donnera probablement jamais le diagnostic
d’un tel trouble. Dans notre propos, il s’agit
de montrer qu’une clinique évaluative soignée
doit confirmer ou infirmer l’hypothèse
( et/ou la conviction ) d’abus sexuel préalablement
posée par le ou les intervenants ayant
rencontré l’enfant (3).
L’article examine les situations où le temps
d’évaluation écarte l’existence d’agression
sexuelle; dans ce sens, nous prenons la liberté
de nous éloigner d’une définition épistémologique
de « faux-positif ».
C’est essentiellement à partir du discours
du mineur sur l’abus, que l’intervenant se
forge une conviction quant à la matérialité
des faits. Depuis plusieurs années et de façon
de plus en plus répandue, ce discours est recueilli
selon des méthodes non-directives,
non suggestionnantes, de plus en plus standardisées.
Ensuite, l’analyse de ce discours se
réalise à l’aide de grilles dont les « statement
validation analysis » nord-américaines et
québécoises sont de bons modèles. Ces
grilles, constamment retravaillées, permettent
aux professionnels expérimentés d’approcher
un certain degré de probabilité diagnostique
de la matérialité de l’abus.
Toutefois le professionnel, dans son évaluation,
se doit de reconnaître d’une part la
rareté de la certitude absolue et de preuves
objectives de la matérialité de l’abus et
d’autre part l’« humanité » de chaque individu.
Souvent, tant l’enfant que l’auteur des
faits et les membres de l’entourage sont animés
d’affects aussi intenses que contraires
( ambivalence ), et ce qui est dit et/ou montré
est lié à cette complexité, aux enjeux relationnels
et contextuels, ce qui génère alors un
doute si pas une grande perplexité dans l’esprit
de l’intervenant.
En laissant de côté l’approche « technique »
du discours du mineur, on peut examiner
les différents facteurs individuels et
contextuels étayant l’existence de « faux positifs».
En d’autres termes, posons-nous la
question de savoir s’il existe des mineurs
d’âge davantage prédisposés et/ou amenés
par leur environnement à être
non-crédibles, ... comment et pourquoi?
Parcourons alors les différents facteurs
qui concernent les mineurs d’âge en précisant
qu’ils ne sont pas exclusifs les uns des
autres : l’enfant ou l’adolescent peut s’empêtrer
dans des énonciations complexes qui
mélangent erreurs d’interprétation, mensonges
et fabulations. Nous distinguerons
schématiquement les axes cognitif et affectif
du développement, en soulignant d’emblée
leurs évidentes intrications.
Nous examinerons ensuite les facteurs
contextuels pouvant amener l’enfant à exprimer
de fausses allégations.
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§ 2. Facteurs liés à l’enfant.
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D’abord n’omettons point que, comme
tout individu, n’importe quel mineur, dans
n’importe quel contexte, est susceptible de
s’écarter de la vérité des faits et des intentions!
L’enfant peut mentir en connaissance de
cause: innocemment, pour jouer, pour
prendre de l’importance ( certains tout-petits ...
ou de jeunes adolescents ) ou intentionnellement,
spontanément ou sous la pression
d’un tiers, pour abattre un adulte haï ou pour
en protéger un autre. Les mensonges intentionnels,
dits aussi actifs ne dépassent pas 1%
des allégations chez les enfants avant l’âge de
10 ans ( Jones et Mc Graw, 1987 ); à partir de
10-11 ans, on peut s’attendre à une augmentation
graduelle: au début de l’adolescence,
ils sont mieux élaborés et trouvent aussi leur
source dans la vantardise, le besoin de
prendre une place exceptionnelle, sans négliger
un certain rôle de la contagion.
A. Le développement cognitif de l’enfant.
1. Concernant l’âge :
- les enfants en âge préscolaire, et certainement
avant 2,5-3 ans, sont encore hésitants
quant à l’acquisition et l’expression langa-
gières. Ainsi, pour le professionnel, il y a
lieu de tenir compte de la qualité « cognitive »
de l’outil langagier et de l’utilisation
« affective » que l’enfant peut en faire.
Concrètement, cela se traduit par la nécessité
d’une vérification délicate et patiente du
sens des mots et de la bonne compréhension
du contenu des échanges verbaux;
- toujours à propos des enfants très jeunes
( fonctionnement intellectuel préopératoire ),
rappelons-nous qu’ils peuvent se
tromper ( erreur d’interprétation ou d’interprétation
de leurs perceptions ), le plus
souvent à propos des intentions d’autrui,
plus que de la matérialité de ce qui s’est
passé. D’autre part, plus jeune est l’enfant,
plus le risque qu’il fabule est présent;
il confond alors le réel externe avec
les productions de son imagination ... ou
avec les mensonges ou débordements
imaginaires d’un tiers qui fait pression
sur lui.
Les fabulations constituent le plus souvent
un acte occasionnel. Plus rarement ce sont
des productions plus diffuses, omniprésentes,
surenchères excitées de certains enfants
désignés jadis comme en état de
défense maniaque et que l’on place approximativement
aujourd’hui dans le cadre
des dysharmonies évolutives psychotiques
( CFTMEA 1988 ).
2. Concernant l’intuition :
L’enfant développe progressivement une
fonction d’intuition corollaire à ce qui définira
ce qu’on appelle communément le jugement
moral. Certains mineurs ont parfois la
« juste intuition » que le comportement d’un
adulte procède, à tout le moins, de l’intention
d’égratigner quelque peu les barrières
sexuelles intergénérationnelles ... Ils « intuitionnent »
que ni eux, ni l’adulte, ne peuvent
strictement contrôler où ça pourrait s’arrêter ...
alors, à l’avance, comme pour anticiper
et/ou se protéger ( et/ou protéger l’adulte ), ils
déclarent qu’ont eu lieu des faits déjà plus
graves que ceux d’aujourd’hui. Ce phénomène
est appelé « signification dramatisée ».
B. Le développement affectif de l’enfant.
1. Certains enfants en âge préscolaire sont
parfois très « pulsionnels »,
animés d’une vie
fantasmatique parfois débordante, dont les
désirs œdipiens peuvent s’avérer intenses et
a-conflictuels, au point de leur faire exprimer,
par des mots et d’autres allusions, que
s’est vraiment passé ... ce qu’ils désireraient
qui se passe. D’autres le font d’autant plus
volontiers qu’ils s’avèrent être habituellement
imaginatifs, bien sûr, mais aussi qu’ils
vivent avec des adultes laxistes qui les érotisent
et jouent eux-mêmes « gentiment ...
ingénument ... légèrement » avec les frontières des
relations physiques intergénérationnelles.
Ainsi certains enfants se montrant hypersexualisés,
très hédonistes, peuvent aller jusqu’à
faire des offres sexuelles à l’adulte sans
autre raison que leur organisation développementale
du moment.
2. Des enfants plus âgés ou de jeunes adolescents
peuvent traverser une phase de négativisme,
de haine, de destruction: ils ne font
pas de quartier à l’autre quant aux moyens
d’agression ou/et de vengeance qu’ils utilisent.
C’est une éventualité très rare : le plus
souvent, l’organisation psychopathique momentanée
de ces mineurs à déjà été repérée et
ils ont déjà commis d’autres actes destructeurs,
sans considération pour autrui. Même
alors, ce n’est pas au premier venu qi’ls s’en
prennent : le plus souvent, c’est à des adultes
qui ont ou ont eu une emprise écrasante sur
eux, sans respect des règles de convivialité, et
qui ont donc provoqué cette vengeance
cruelle.
3. On peut rencontrer de jeunes adolescent(e)s
peu structuré(e)s et carencé(e)s affectivement
à un degré d’intensité variable.
Leurs allégations fausses constituent typiquement
un mélange de mensonge, de fabulation
et de signification dramatisée généré
par l’ensemble ou une partie des facteurs suivants :
- une efflorescence pulsionnelle et une fantasmatisation
sentimentale et érotique débordante
à cette époque de la vie;
- le besoin de se mettre en évidence, d’attirer
sur soi l’attention et/ou la pitié;
- le désir d’être aimé(e)s par un partenaire
adulte ( sur un mode prégénital maternel
fusionnel ... ou/et dans le cadre de leurs désirs
œdipiens ), au point de projeter sur
quelqu’un la réalisation de ce désir; l’adulte
incriminé n’est d’ailleurs pas toujours un
être innocemment gentil et chaleureux; on
est plus souvent dans le contexte de la « signification
dramatisée »;
- parfois ce désir, tout en étant opérant, est
lui-même source d’angoisse et/ou de culpabilité;
en projeter l’existence sur l’adulte et
l’en accuser peut être une manière de soulager
vaille que vaille la culpabilité ressentie,
et de dominer l’angoisse.
Dans leur passé d’enfant, on découvre parfois
qu’ils ( ou elles ) ont été abusé(e)s par un
autre que celui qu’ils ( ou elles ) accusent aujourd’hui :
cet abus princeps peut avoir été
à l’origine, à la fois et paradoxalement, d’un
apprentissage ( besoin de séduire ) et d’idées
très négatives liées à la sexualité. L’accusation
d’aujourd’hui peut constituer un passage
à l’acte qui soulage cette conflictualité;
- l’effet de la contagion; la difficulté à se
dédire, face aux pairs, d’une première accusation
proférée.
4. Certains enfants psychotiques, borderlines
ou arriérés mentaux habituellement imaginatifs
peuvent exprimer de fausses allégations.
Chez ceux-ci également, la distinction
entre le réel externe et l’imaginaire n’est
pas toujours aisée ... et la capacité de mensonge
tout-puissant ayant pour intention d’éliminer
tel adulte « pas gentil », trop frustrant,
existe également ... Néanmoins, il ne faudrait
pas se mettre à suspecter ces enfants très fragiles
par principe; ceux dont on peut légitimement
douter sont déjà connus, dans la
plupart des cas, pour avoir exprimé d’autres
fabulations à effet potentiellement destructeur.
Par contre, l’enfant psychotique, qui, à
l’instar d’un tout petit enfant dont la mémoire
de recognition fonctionne spontanément à
partir de stimuli évocateurs, proposerait à
son éducatrice une manipulation sexuelle
alors qu’il est au bain, puis finirait par reconnaître
qu’il l’a déjà fait ( ou par se montrer
très inhibé, si on l’interroge davantage ) gagne
très certainement à être pris au sérieux.
Quant aux délires, nous savons qu’ils sont
rares chez l’enfant prépubère et qu’il est encore
plus rare qu’ils aient pour thème l’agression
sexuelle. Notons toutefois l’exception,
pas trop difficile à décoder, de la psychose induite
ou « folie à deux ».
Il ne faudrait pas en déduire qu’aucun
enfant psychotique ne fait jamais état
d’agression sexuelle; mais précisément,
quand il le fait, ce n’est pas dans le cadre de
son délire.
Par ailleurs, il faut se souvenir que l’angoisse,
et donc la déstructuration psychotique,
et donc la non-maîtrise des fantasmes,
peuvent s’aggraver à partir du traumatisme
externe et interne que constitue l’abus; c’est
alors le comble de la perversité, dans le chef
de l’abuseur et de ses avocats, que d’invoquer
la structure psychotique pour faire décréter
que l’enfant est non fiable ...
5. Une sexualité compulsive, trop ostensible
et envahissante
jusque dans le discours
peut être le fait de certains enfants névrosés
( tout comme son inverse d’ailleurs: pudeur et
inhibition anormales! ). La structuration névrotique
peut avoir plusieurs effets sur l’activité
sexuelle de l’enfant. Les uns connaissant
de grandes inhibitions, vivent l’effroi et la
culpabilité d’être aussi attirés par l’objet
qu’ils redoutent. Ils mettent alors en place
des mécanismes intellectuels complexes, rationalisants,
les soutenant dans leurs efforts
( peur de la maladie, honte vis-à-vis de l’entourage, ...).
Les autres connaissent une issue
compulsive dirigée sur eux-mêmes ou impliquant
soit un plus jeune, soit un adulte. Le
diagnostic différentiel est délicat entre ces enfants
qui tentent en vain de se libérer d’un
traumatisme intérieur névrotique et ceux qui
en font autant, après abus sexuel.
6. L’organisation perverse de la sexualité
de certains enfants
peut les conduire à vivre
dans les actes et/ou le discours, une excitation
sexuelle interdite. Schématiquement, la
mise en place d’une structure perverse s’explique
par trois voies différentes, non exclusives
les unes des autres. Il s’agit de :
- un effet d’apprentissage qui pousse l’enfant
à reproduire un plaisir éprouvé comme
particulièrement intense. Très vite va s’installer
un phénomène d’assuétude;
- un déni des angoisses archaïques autour de
la « scène primitive » ( conformation sexuelle
des corps, rencontre sexuelle de
l’autre, ...). Le refoulement des idées les plus
anxiogènes apparaît efficace et la mise en
place de mécanismes et comportements dénégateurs
s’avère fixée et source elle-même
de plaisirs;
- une invitation à jongler avec les lois de la
vie subtilement suggérée par un et/ou les
parent(s), qui encourage(nt) une manière
d’être où l’on prend du plaisir à se jouer des
règles en général et autour de la sexualité en
particulier.
Faut-il souligner que ces enfants ont, pour
la plupart, une histoire familiale émaillée de
dysfonctionnements relationnels!
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§ 3. Facteurs liés au contexte et à l’environnement de l’enfant.
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Il y a lieu de distinguer les constellations
familiales dans lesquelles un enfant exprime
de fausses allégations concernant un des parents,
et la « porte d’entrée » par laquelle on
est amené à intervenir.
- Loin de nous de vouloir « typer » les familles
susceptibles de voir un mineur exprimer
de fausses allégations mettant en cause
un parent! Toutefois certains « traits » de
fonctionnements familiaux rappellent, étonnamment
les organisations familiales où vivent
les pères incestueux ( Barudy 1988,
Hayez et de Becker 1997 ). Très schématiquement,
il s’agit des familles rigides, autoritaires,
des familles fusionnelles et des familles
chaotiques, indifférenciées. Cette similitude
doit nous faire penser que, bien souvent, un
mineur est amené à tenir un discours non
fiable autant par le (dys)fonctionnement de
l’entourage que par faille ou défaut dans sa
personnalité, et ce plus il est âgé.
A examiner de plus près les relations intra-
familiales, on découvre parfois qu’elles
sont névrotisantes, de façon aspécifique ( parents
eux-mêmes porteurs de culpabilités infantiles,
réprimant excessivement, via la culpabilisation
de l’autre ).
Quoi qu’il en soit ( culture familiale très
ouverte, permissive, ou au contraire fermée
et rigide ) l’ambiance est donc à l’angoisse et à
la culpabilité.
Soulignons également les enjeux au niveau
de la fratrie conduisant parfois la rivalité
entre enfants à une haine destructrice, liée
souvent au manque ( réel ou symbolique ) de
fonction parentale ou à la désignation par
le(s) parent(s) de rôles parmi les enfants ( enfant
parentifié, enfant bouc-émissaire ).
Pour l’évaluation, retenons l’importance
de rencontres élargies réunissant tous les
membres de la famille aux fins d’une observation
minutieuse des diverses interactions
au sein du système.
- Quant à la « porte d’entrée » où c’est un
parent qui réfère ses inquiétudes/convictions,
que constatons-nous?
De plus en plus fréquemment, on a en face
de soi un adulte, affectivement proche de
l’enfant, dont on a l’impression qu’il s’est
« emparé » de la révélation, et qu’il en fait bien
plus son affaire que l’enfant lui-même, prié
tout au plus d’être son faire-valoir, ou/et son
certificat d’authenticité.
C’est le cas d’abord et avant tout lors de litiges
consécutifs à la séparation des parents,
surtout si le parent accusateur présente une
organisation de personnalité psychopathique,
hystérique, borderline ou franchement
psychotique. Il est plus rare que ces
mêmes types de personnalité brandissent déjà
leurs accusations quand le couple parental
vit encore ensemble : souvent, alors, il ne
s’agissait que de pseudo-unions, avec bien
des failles plus ou moins masquées. Plus
rarement encore, l’accusé est externe à la famille.
Ces adultes projettent à l’extérieur des
fantasmes qui sont la résultante d’expériences
mal intégrées vécues dans leur histoire;
en quelque sorte, ils auraient besoin
que ça se passe vraiment pour se libérer, et
en ont horreur en même temps ... ou alors,
ces fantasmes projetés sont davantage liés à
leur rivalité inconsciente avec le mineur, à
l’insécurité qu’ils éprouvent sur leur valeur
sexuée, à leur rage d’avoir été laissés pour
compte, à leur jalousie, parfois jusque la
paranoïa ...
Dans leur chef également, il s’agit de purs
mensonges, de fabulations, de fausses interprétations ...
mais il n’est pas exclu non plus
que l’on se trouve dans un contexte de « signification
dramatisée » : « l’autre » n’est donc
pas ipso facto complètement innocent.
Dans ce contexte où un adulte proche fait
de fortes pressions sur le mineur, pour qu’il
invente ou amplifie la narration de ce qui
s’est passé, beaucoup de ceux-ci se laissent
faire, pour garder l’amour de cet adulte et
éviter le conflit avec lui.
La probabilité d’énonciation fausse, ici,
semble se situer entre 35 et 60% des cas.
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§ 4. Situation de diagnostic non arrêté.
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Il s’agit d’une évaluation d’un garçon âgé
de 10 ans au moment des faits, Thomas, où
un an après le début de la prise en charge,
nous ne pouvons arrêter un diagnostic avec
certitude.
A. La révélation.
Celle-ci est brutale, elle se présente sous la
forme d’un épisode d’incontinence fécale où
Thomas s’effondre devant sa mère, lui disant
sa douleur au niveau de l’anus. Sans investiguer,
la mère appelle immédiatement le pédiatre
traitant qui constate une béance ainsi
que des ecchymoses au niveau de la marge
anale. Le médecin retient d’emblée l’hypothèse
d’une agression et propose d’entrer en
contact avec une équipe spécialisée dans les
questions de maltraitance. Devant les premières
interrogations des adultes quant à
l’origine des lésions, l’enfant se tait.
B. L’évaluation.
1. Le cadre.
Le tableau lésionnel est évident; quant à
l’origine, aucune hypothèse ni d’auto - ni
d’hétéroagression n’est à exclure. Il y a donc
lieu d’évaluer minutieusement le contexte de
cette agression en veillant à protéger l’enfant
d’une part du risque de récidive, et d’autre
part des pressions affectives qui pourraient
s’abattre sur lui, si on le laissait dans le milieu
maltraitant éventuel. Ainsi, rapidement deux
membres de l’équipe spécialisée rencontrent
Thomas, d’abord individuellement puis avec
ses parents.
Outre une présentation des uns et des
autres, nous abordons l’agression et soulignons
l’importance, à nos yeux, d’en
connaître l’origine aux fins de le protéger
efficacement, lui mais aussi d’autres victimes
potentielles, et de l’accompagner
dans un travail d’élaboration et de soutien.
Mais tout comme les parents et le pédiatre,
nous rencontrons d’abord un mutisme chargé
de malaise. Dès lors, en accord avec la famille,
nous convenons d’une mise au point
en hospitalisation. Celle-ci doit permettre :
- une approche plus fine de l’enfant dans ses
dommages actuels ( sans négliger le plan
physique! ) mais aussi dans son histoire, son
mode de fonctionnement global ( ressources,
mécanismes défensifs, ...)
- une connaissance du cadre de vie de l’enfant,
du type de dynamique familiale, des
personnalités parentales en jeu, ...
Soulignons que ce temps d’évaluation inclut
bien évidemment une intention thérapeutique
à l’égard de l’enfant et de ses
proches.
Tout ceci se réalise par différentes rencontres
de paroles individuelles, de couple,
de dyade parent/enfant; nous utilisons également
certains tests projectifs ( en l’occurrence
le Children Aperception Test ( CAT ))
quand l’enfant demeure fuyant, inhibé et/ou
quand nous souhaitons connaître davantage
le fonctionnement de sa personnalité.
2. Le processus : les éléments marquants.
Après la phase de mutisme, l’enfant se met
à parler. Alors Thomas, tout au long de nos
rencontres, développe une construction
d’histoires mêlées d’éléments du réel et de
son imaginaire. Ainsi, il se prend à élaborer
successivement des scénarios de plus en plus
compliqués et ... sordides (!) quant à l’origine
de l’agression.
Nous observons :
- les premières versions consistent en des
manipulations personnelles d’objets divers
( bic, ... hampe de drapeau, ...) probablement
chargées d’une dimension auto-érotique;
- puis il fait part d’une expérimentation de
relation sexuelle avec un animal ( le chien de
la famille );
- ensuite vient l’évocation de l’agression par
des inconnus sur le chemin de l’école.
Notons que la production de ces différentes
hypothèses est pratiquement spontanée
(nous le sollicitons à peine en l’invitant à
s’exprimer, ...). Et nous lui disons que nous ne
comprenons pas bien ce qui l’amène à de
telles constructions.
Devant une de ses dernières répliques :
« De toute façon, c’est mon histoire ... mon
secret ... et je l’emporterai avec ma mort! », il
est temps, d’après nous, d’arrêter le processus
de ces rencontres plus péjudiciables que
constructives. Nous disons donc à Thomas,
par bribes :
« Nous cherchons à t’aider en essayant
d’établir un lien de confiance entre nous ...
Pour différents motifs, tu ne souhaites pas
vraiment que nous nous rencontrions ... et tu
préfères nous éviter, ou trouver une forme de
satisfaction qui nous semble bien inadéquate ...
C’est ton choix. Pour notre part, nous ne
sommes pas d’accord de poursuivre nos entretiens
de la sorte, ... nous pensons que ce
n’est pas utile, peu constructif et pas vraiment
efficace pour « digérer », intégrer ce qui
s’est passé ...».
Toute agression s’inscrit dans l’histoire
d’un enfant, y fait irruption, bouleverse
son existence. Et s’il y a lieu d’envisager
l’impact même de l’agression, on doit tenir
compte de l’organisation préalable de la
personnalité de l’enfant ainsi que sa capacité
de résilience.
Dans la situation, Thomas présente une
personnalité fragile, peu confiant en ses
ressources et en état d’hyper-vigilance face
aux moindres modifications de son environnement.
Il privilégie le mode de l’évitement
quand il est confronté à diverses
contraintes et frustrations ( fugues de l’école,
de la maison, ...).
Il est aussi important de considérer le
contexte familial. Le couple parental, après
des années de déchirement sous le même
toit, opte finalement pour une séparation
qui se déroule sur un mode très conflictuel.
Les enfants ( Thomas est le 2e d’une fratrie
de 4 ) sont malheureusement très vite absorbés
dans les enjeux parentaux; l’agression
même de Thomas est ainsi utilisée ...
les parents vont jusqu’à s’accuser mutuellement
et déposent plainte l’un contre
l’autre. Nos tentatives de rencontres de parents,
de couple puis individuelles ne permettent
pas d’éviter que les deux adultes
perdent leur recul nécessaire et plongent
chacun dans une forme ou l’autre de déséquilibre
( psychopathie, alcoolisme, ...).
Par ailleurs, les instances judiciaires interpellées
décident de confier provisoirement
l’autorité principale au père, le temps de réaliser
une expertise concernant les questions
de l’hébergement.
En fait, l’expertise ne permettra pas
d’apaiser les adultes et toute proposition
sera balayée par la conviction de chaque
parent de l’inadéquation grave de l’autre.
Les procédures continueront donc.
3. Commentaires.
Au terme de 2 mois 1/2 d’évaluation ( dont
1 mois d’hospitalisation ) nous ne sommes
pas parvenus à « apprivoiser » un enfant replié,
à l’organisation de personnalité fragile,
présentant un tableau inquiétant par cette
manière de jouer avec la Loi, lui-même et les
autres.
Deux axes d’interrogation nous préoccupent :
• L’origine de son agression?
- s’agit-il d’une agression extra-familiale
( cadre scolaire ou para-scolaire, ...) où la
contrainte affective est telle que l’enfant
semble sidéré et convaincu que la pression
le poursuit et le poursuivra encore ...? Hypothèse
retenue.
- s’agit-il d’une agression intra-familiale?
Deux pistes au moins doivent être envisagées
selon qu’elles concernent le père ou la
mère. Les différents entretiens avec les
adultes ont confirmé combien ils étaient
tous deux blessés; toutefois autant ils se
laissent aller dans leur déséquilibre suite à
l’aggravation de leurs conflits, autant, lors
des faits et au début de la prise en charge, ils
nous ont montré leur attention et leur respect
à l’égard de l’enfant. Hypothèse peu
probable donc, même si les attitudes actuelles
sont inquiétantes!
- s’agit-il d’une auto-agression? La personnalité
de base de Thomas n’exclut pas le développement
de telles attitudes; la honte
et/ou la culpabilité peut ensuite avoir
« cimenté » l’enfant dans un mutisme. Au point
de voir ses parents s’entre-déchirer et s’attaquer
mutuellement d’avoir commis
l’agression? De crainte d’être « pris » pour
cible et sanctionné s’il levait le doute?
• Les mécanismes en jeu maintenant Thomas
dans son blocage?
- par peur et angoisse de rétorsion;
- par chantage affectif de la part de l’adulte
agresseur;
- par honte de lui-même;
- par culpabilité ( vis-à-vis de son entourage );
- par besoin narcissique ( le plaisir de se sentir
au centre d’intérêts de différents adultes
dont ses parents trop préoccupés jusque là
par leurs guerres intestines. Etre valorisé et
conserver cette valorisation en « maintenant
le suspens ». « Je souhaite être valorisé jusqu’à
ma mort » ...);
- une lecture plus systémique mettrait en évidence
les enjeux relationnels et familiaux
liés au maintien du doute ( question de
places, de maintenir coûte que coûte les parents
en lien même conflictuel, ...).
Par ailleurs, il y a les mécanismes qui ressortent
davantage des places, fonctions et
discours des professionnels qui peuvent aussi
générer un malaise voire un blocage chez
l’enfant.
Ces diverses hypothèses peuvent, à notre
avis, être retenues quelle que soit la forme
réelle de l’agression subie.
C. Evolution.
Au terme de l’évaluation, nous avons
convenu de nous revoir de loin en loin ( plus
ou moins tous les deux mois ); nous ne recueillerons
rien comme éléments informatifs
complémentaires concernant l’agression et
ne mobiliserons pas les attitudes de l’enfant.
Thomas a poursuivi vaille que vaille sa
scolarité après avoir changé d’école ( ce changement
est intervenu sur nos conseils, à la fin
de l’hospitalisation ).
Au cours des rencontres, l’enfant est demeuré
bien discret et les parents sur la défensive;
la guerre entre eux se poursuit donc.
Thomas a aussi exprimé son souhait de ne
plus se présenter aux entretiens, estimant
ceux-ci « fortement inutiles »; toutefois, sur
notre insistance, ils seront maintenus.
Mais un an ( à quelques jours près ) après
l’agression, nous avons été appelés en catastrophe
par le père; il a conduit, la veille, l’enfant
au service d’urgences pour rupture du
frein de la verge, lésion qui a nécessité plusieurs
points de suture. Thomas, interrogé
par le médecin de la salle de garde, a gardé le
silence et a refusé obstinément d’en parler à
quelqu’un ... et surtout pas aux membres de
l’équipe spécialisée!
Actuellement la réflexion avec chaque parent
ainsi qu’avec les autorités judiciaires (4)
se centre sur la question d’envisager ou non
une nouvelle tentative d’évaluation des
agressions avec ou sans retrait du cadre de vie
familial de l’enfant?
Devant le blocage de Thomas, les risques
d’amplifier son malaise et sa souffrance, nous
avons maintenu un canevas d’entretiens espacés
dans le temps, modèle de compromis
que nous avons présenté à l’enfant en lui disant :
« Thomas, tu nous dis ne plus vouloir parler
de toi, ... des événements tristes de ta vie, ...
sans doute y vois-tu de nombreux risques ...
Nous pouvons recevoir ce refus, respecter ta
volonté ... tout en nous inquiétant pour ton
devenir. Et en tant que soignants, nous ne
sommes pas prêts à te laisser complètement
tomber dans ton isolement et tenons à te revoir;
ce qui vient tout récemment de se produire,
comme blessure dans ton corps, nous
le comprenons comme l’expression d’une
souffrance que tu veux garder pour toi ou
même vouloir nier, ... et en même temps comme
forme de message à décoder. Et là visiblement,
il nous manque le code d’accès, ... nous
pensons qu’avec le temps, au fil de nos rencontres, ...».
Si nous retenons l’hypothèse d’une autoagression,
il n’est pas improbable que l’enfant
développe une organisation perverse.
Plusieurs paramètres étayent ce risque :
- l’intensité de la contrainte intérieure avec
laquelle l’enfant est poussé à commettre
certains actes;
- la répétition de ces actes,
- l’implication de l’intelligence pour élaborer
un scénario ( attraction de l’autre dans un
piège, ... capacité à faire durer le plaisir, ...),
- l’intensité de la jouissance sexuelle recherchée
et vécue,
- la négation d’une certaine réalité et de la
place de l’autre,
- l’intensité de l’excitation de transgresser un
interdit.
|
§ 5. Conclusions : distinguer le vrai du faux.
|
Il est bien rare que l’on ait la certitude objective,
immédiate ou rapide que l’abus
sexuel a eu lieu: c’est le cas, par exemple, lorsqu’un
témoin fiable surprend une relation
sexuelle, ou lorsque les signes fournis par
l’examen physique du mineur sont indéniables
( soit dans moins de 50% des cas! ).
C’est encore le cas lorsque le supposé abuseur
finit par reconnaître les faits. Mais bien
plus souvent, il faut commencer à agir avant
qu’existe cette certitude, et en assumant même
qu’elle ne s’installera peut-être jamais.
Alors, c’est au nom d’une première conviction
que l’on commence à procéder, et qu’il
faudrait pouvoir le faire jusqu’au bout. Agir
et procéder sous-tendent d’une part les mesures
parfois rapides à prendre pour protéger
le mineur, sa famille, et d’autre part les diverses
rencontres à, aussi rapidement, lancer
avec les différentes personnes impliquées
dans et par la situation. Et, dans bien des cas,
une crise plus ou moins « violente », plus ou
moins longue sera inéluctablement déclenchée.
Quant à la conviction, sur quoi
s’échafaude-t-elle? Sur un faisceau convergent d’indications
de probabilité positive qui émanent
tant du discours de l’enfant ou/et de certains
de ses proches, que de l’examen de son corps,
de l’observation de son contexte de vie, et de
la connaissance de son histoire et de la
construction progressive de sa personnalité.
A examiner tous ces items, il se dégage de
chacun d’eux une impression de probabilité
positive plus ou moins intense, d’ininterprétabilité
ou de probabilité négative. L’intime
conviction finit par surgir lorsque l’intégration
de ces différents éléments aboutit à une
sommation fortement positive.
Quoi qu’il en soit, le professionnel se devra
de conserver l’aide comme objectif central
de son travail et non de vouloir se transformer
en ( pseudo ) enquêteur trop soucieux
de découvrir « la vérité »; au-delà de la question
de la crédibilité du discours, nous avons
à garder à l’esprit tous les enjeux et les
risques liés à ces situations mettant en cause
une transgression possible ou à l’origine incertaine.
A ce propos, l’illustration clinique de l’article
montre une manière bien dommageable
dont un mineur se « réapproprie » une agression
subie. C’est à force de délicatesse, de fermeté,
de temps que, peut-être, nous permettrons
à ce jeune d’aménager différemment,
de façon plus constructive, sa façon d’être
aux traumatismes.
Et quand bien même nous aurions une
conviction que son allégation est « fausse »,
le mineur a à être respecté et accompagné
pour resituer son discours dans son histoire
et son contexte.
Résumé en français.
L’article propose une analyse des tenants et aboutissants de l’existence des «faux
positifs» dans les révélations d’abus sexuels sur mineur d’âge.
Nous distinguons les facteurs liés davantage à l’enfant lui-même de ceux qui relèvent
principalement de son environnement.
Ensuite, nous mettons en évidence les limites de l’évaluation diagnostique par une
illustration clinique; celle-ci montre également certains aspects pathologiques de
l’évolution d’un enfant agressé sexuellement.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
Résumé en anglais : Summary.
Child Psychiatry Emergencies :
Analysis and Specificities.
We have noticed that the topic of psychiatric
emergencies of the child hasn't
been considered much up to now. However
these emergencies exist. We have therefore
tempted to redefine this concept and have
analysed the usual reasons for which certain
child's psychiatric emergencies are " forgotten "
( this raises implicitly the reflection on
the actions to be led in order to rectify these
lacuna ).
Then we propose a table inspired by the
clinic. It allows the drawing of global significances,
structures and " etiopathogenic "
classes of psychiatric emergencies of the
child.
Finally, we try to determine globally the
specific aspects of an emergency pedopsychiatric
intervention for children according
to our ideas.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
Résumé en espagnol : Resumen.
N.B.
(
N.B.)
El artículo propone una análisis del contenido de las
" guadañas positivas " en las revelaciones de abuso
sexuale hechas por un menor de edad. Distinguimos
factores vinculados con el niño mismo de los que
están incluidos principalmente en su medio ambiente.
A continuación, ponemos de relieve los límites de la
evaluación diagnóstica por una ilustración clínica;
ésta muestra también algunos aspectos patológicos
de la evolución de un niño atacado sexualmente.
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dont je viens de partir..
abus sexuels sur mineurs d’âge, diagnostic
crédibilité, discours sur l’abus.
Pour retourner à l'endroit
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- Notes. -
(1). Pédopsychiatre, Equipe SOS Enfants-Famille des Cliniques
Universitaires Saint-Luc, Place Carnoy 16, B-1200 Bruxelles.
(2). Pédopsychiatre, docteur en psychologie, professeur à l’Université
Catholique de Louvain, responsable du groupe de pédopsychiatrie,
Cliniques Universitaires Saint-Luc.
(3). D’habitude, le professionnel chargé de cette évaluation est
en deuxième ligne par rapport à l’enfant, c’est-à-dire qu’il n’a
pas reçu lui-même les confidences d’abus sexuel. Il doit donc
procéder à l’examen du discours de l’enfant et des éléments du
contexte en fonction d’un premier tableau plus ou moins précis
et ouvert. Par ailleurs, le même professionnel, rencontrant une
première fois l’enfant en question, peut être animé d’une hypothèse
d’abus que, finalement, les entretients ultérieurs infirmeront.
(4). Le Juge de la Jeunesse a été saisi et, comme c’est souvent le
cas en Belgique francophone, un dialogue s’établit
entre les professionnels
concernés par une situation pour s’éclairer mutuellement
et définir au mieux les pistes à retenir.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
| - Références bibliographiques. -
|
1. BALIER C. - Psychanalyse des comportements sexuels
violents. Le Fil Rouge. PUF 1996.
2. Classification Française des Troubles Mentaux de
l’Enfant et de l’Adolescent ( R. Misès et coll. ).
Psychiatr Enfant XXXI-I: 67-134, 1988.
3. CHILAND C. - Changer de sexe. Odile Jacob. 1997.
4. ELKMAN - Pourquoi les enfants mentent? Paris, Rivages
psychanalyse. 1989.
5. HADJISKI E. - Le traumatisme du silence.
In Revue de Pédiatrie. XXIII:-7, 1987.
6. HAESEVOETS Y.H. - Les allégations d’abus sexuel chez
l’enfant, entre le doute et la conviction absolue ... In
DIREM mars 98 n° 27, revue du groupe « DIRE » du
CAEM-ONE.
7. HAYEZ J.-Y., DE BECKER E. - L’enfant victime d’abus
sexuel et sa famille: évaluation et traitement. PUF, 1997.
8. HAYEZ J.-Y., VANDERMEERSCH D. - La parole de l’enfant
face à celle de l’adulte: l’audition et la confrontation des
mineurs d’âge victimes d’abus sexuels.
Revue de Droit Pénal et de Criminologie, 1/94.
9. JONES D., MC GRAW J. - Reliable and fictitious accounts
of sexual abuse in children.
Journal of interpersonal violence 2: 27-46, 1987.
10. SGROI S. et al. - Validation de l’exploitation sexuelle des
enfants. In SGROI S. L’agression sexuelle et l’enfant.
Approches et thérapies. Saint-Laurent ( Canada ). Ed. du
Trécarré, 1986, 427 p.
11. VAN GIJSEGHEM H. - Les fausses allégations d’abus
sexuel dans les causes de divorce, de garde d’enfants, de
droits de visite. In Revue Canadienne de psychoéducation.
20: n° 1, 75-91, 1991.
12. VAN GIJSEGHEM H. - L’enfant victime de la fausse
allégation d’abus sexuel. Journal du Droit des Jeunes.
148: 362-365, 1995.
13. YUILLE J.C. - Protocole pour l’entrevue des enfants.
L’analyse de la validité de la déclaration. Traduit par
H. Van Gijseghem. Université de Montréal. 1993.
Pour retourner à l'endroit
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Création le 2 janvier 2005.
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le dimanche 06 juillet 2008.
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n'est constitué que
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... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
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je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
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Bravo de m'avoir trouvé
Félicitations
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
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Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480
mais est encore correcte avec les écrans
plus grands 1600x1200 ou autres.
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
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Du discours du mineur d’âge sur l’abus sexuel.
Faux positifs et non-crédibilité.
§ 1. Considérations générales.
§ 2. Facteurs liés à l’enfant.
§ 3. Facteurs liés au contexte et à l’environnement de l’enfant.
§ 4. Situation de diagnostic non arrêté.
§ 5. Conclusions : distinguer le vrai du faux.
Pour retourner à l'endroit
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- Notes automatiques. -
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.
Note N.B.
(N.B.). Ce résumé approuvé par le
professeur Jean-Yves Hayez a été ajouté
au texte le 14.07.2005
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
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Note 1.
(1). Pédopsychiatre, Equipe SOS Enfants-Famille des Cliniques
Universitaires Saint-Luc, Place Carnoy 16, B-1200 Bruxelles.
Pour retourner à l'endroit
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Note 2.
(2). Pédopsychiatre, docteur en psychologie, professeur à l’Université
Catholique de Louvain, responsable du groupe de pédopsychiatrie,
Cliniques Universitaires Saint-Luc.
Pour retourner à l'endroit
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Note 3.
(3). D’habitude, le professionnel chargé de cette évaluation est
en deuxième ligne par rapport à l’enfant, c’est-à-dire qu’il n’a
pas reçu lui-même les confidences d’abus sexuel. Il doit donc
procéder à l’examen du discours de l’enfant et des éléments du
contexte en fonction d’un premier tableau plus ou moins précis
et ouvert. Par ailleurs, le même professionnel, rencontrant une
première fois l’enfant en question, peut être animé d’une hypothèse
d’abus que, finalement, les entretients ultérieurs infirmeront.
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Note .
(4). Le Juge de la Jeunesse a été saisi et, comme c’est souvent le
cas en Belgique francophone, un dialogue s’établit
entre les professionnels
concernés par une situation pour s’éclairer mutuellement
et définir au mieux les pistes à retenir.
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- Bibliographie automatique. -
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Bibliographie numéro 1.
1. BALIER C.
Psychanalyse des comportements sexuels violents.
Le Fil Rouge. PUF 1996.
Pour retourner à l'endroit
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Bibliographie numéro 2.
2. Classification Française des Troubles Mentaux de
l’Enfant et de l’Adolescent ( R. Misès et coll. ).
Psychiatr Enfant XXXI-I: 67-134, 1988.
Pour retourner à l'endroit
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Bibliographie numéro 3.
3. CHILAND C.
Changer de sexe.
Odile Jacob. 1997.
Pour retourner à l'endroit
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Bibliographie numéro 4.
4. ELKMAN
Pourquoi les enfants mentent?
Paris, Rivages psychanalyse. 1989.
Pour retourner à l'endroit
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Bibliographie numéro 5.
5. HADJISKI E.
Le traumatisme du silence.
In Revue de Pédiatrie. XXIII:-7, 1987.
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.
.
Bibliographie numéro 6.
6. HAESEVOETS Y.H.
Les allégations d’abus sexuel chez
l’enfant, entre le doute et la conviction absolue ...
In DIREM mars 98 n° 27, revue du groupe « DIRE » du
CAEM-ONE.
Pour retourner à l'endroit
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.
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Bibliographie numéro 7.
7. HAYEZ J.-Y., DE BECKER E.
L’enfant victime d’abus
sexuel et sa famille : évaluation et traitement.
PUF, 1997.
Pour retourner à l'endroit
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.
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Bibliographie numéro 8.
8. HAYEZ J.-Y., VANDERMEERSCH D.
La parole de l’enfant
face à celle de l’adulte : l’audition et la confrontation des
mineurs d’âge victimes d’abus sexuels.
Revue de Droit Pénal et de Criminologie, 1/94.
Pour retourner à l'endroit
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.
.
Bibliographie numéro 9.
9. JONES D., MC GRAW J.
Reliable and fictitious accounts
of sexual abuse in children.
Journal of interpersonal violence 2: 27-46, 1987.
Pour retourner à l'endroit
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.
.
Bibliographie numéro 10.
10. SGROI S. et al.
Validation de l’exploitation sexuelle des enfants.
In SGROI S. L’agression sexuelle et l’enfant.
Approches et thérapies. Saint-Laurent ( Canada ). Ed. du
Trécarré, 1986, 427 p.
Pour retourner à l'endroit
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.
Bibliographie numéro 11.
11. VAN GIJSEGHEM H.
Les fausses allégations d’abus
sexuel dans les causes de divorce, de garde d’enfants, de
droits de visite.
In Revue Canadienne de psychoéducation.
20: n° 1, 75-91, 1991.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
.
.
Bibliographie numéro 12.
12. VAN GIJSEGHEM H.
L’enfant victime de la fausse
allégation d’abus sexuel.
Journal du Droit des Jeunes. 148: 362-365, 1995.
Pour retourner à l'endroit
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.
Bibliographie numéro 13.
13. YUILLE J.C.
Protocole pour l’entrevue des enfants.
L’analyse de la validité de la déclaration.
Traduit par H. Van Gijseghem. Université de Montréal. 1993.
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Du discours du mineur d’âge sur l’abus sexuel.
Faux positifs et non-crédibilité.
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Aliénation parentale : un concept à haut risque.
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abus sexuel,
accompagnement éducatif,
adolescents abuseurs,
adolescents,
allégation d'abus sexuel,
angoisse de séparation,
angoisse,
anxiété,
assuétude,
autorité parentale,
beaux-parents,
besoins psychiques des enfants,
bizarrerie sexuelle infantile,
cadre thérapeutique,
confidences,
confidentialité,
conformisme,
culpabilité,
debriefing collectif,
délinquance,
dépendance,
dépression,
destructivité,
deuil compliqué,
deuil pathologique,
éducation sexuelle,
enfant abuseur,
enfants,
énuresie,
éthique,
équipes SOS-Enfants,
famille,
famille reconstituée,
Familles restructurées,
guerre,
identité,
infanto-juvénile,
intervention de crise,
Jean-Yves Hayez,
jeux sexuels,
livres,
mendiants,
mort,
mort d'un proche,
mots-clés,
pédopsychiatrie,
perversion sexuelle infantile,
perversion sexuelle,
peur,
pornographie,
protection,
psychiatrie de liaison,
psychothérapie,
publications,
relation de soin,
réparations,
réseau de santé,
sanctions,
secrets de famille,
séparation parentale,
sexualité infantile,
sexualité normale,
signalement,
soins pluridisciplinaires,
stress,
SOS-enfants,
suggestibilité,
syndrome de stress post-traumatique,
traumatisme psychique,
trouble de l'endormissement,
trouble du comportement,
trouble psychique,
urgences,
violence,
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