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§ I - INTRODUCTION : UN PEU DE VOCABULAIRE
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I. Voici la signification de quelques termes de cet exposé :
I - Jeunes :
Désigne les mineurs d'âge, s'il n'y a pas
d'autres spécifications. De facto, le groupe le plus
concerné dans le texte sont les préadolescents et
les adolescents.
II - Cyberespace :
L'ensemble des activités que l'on peut mener sur Internet. Elles se divisent en quatre
grands groupes :
- La consultation ( ou la confection ) de pages web, un immense junk rassemblant les informations
les plus variées ( écrites, imagées, auditives ...) ; il faut y inclure la présence de nombreux jeux vidéo, que
l'on peut faire tout seul ou en réseau interactif.
- La fréquentation de chatrooms, salons de conversation où l'on peut discuter (chatter) en temps
réel avec un groupe ou avec un interlocuteur privé.
- La gestion d'un courriel ( e-mail ) : courrier électronique entre interlocuteurs privés ou entre
membres d'un groupe inscrit sur une liste précise ( mailing list ).
- La participation à un (des) forum(s) de discussion : autour d'un thème plus ou moins précis, les
abonnés au forum y envoient des messages ( type e-mail )
et se répondent les uns aux autres, mais pas en
temps réel.
A noter qu'un certain nombre de considérations que nous émettons à propos des jeunes et du cyberespace
s'appliquent, au moins en partie, pour caractériser leurs relations aux autres multimedia qui peuplent sa
chambre, son bureau... ou/et son sac à dos...
II - Nous supposons largement connu par le lecteur le vocabulaire lié à l'usage d'Internet et des
multimedia ; nous n'introduirons donc que deux spécifications, la première, technique et l'autre, de fond :
A. Nous utiliserons l'abréviation ACI pour désigner l'Appareil de Communication spécifique entre
être humains élaboré sur Internet (chats, courriel et forums).
B. Nous parlerons de communication médiatée lorsque le jeune communique sur Internet avec une
ou plusieurs personnes qui ne sont pas concrètement à ses côtés : il s'y échange bel et bien une part de
réel de soi et de l'autre et un instrument matériel (media) est une condition matérielle nécessaire à
l'existence de cette communication.
Nous parlerons de communication immédiate (ou incarnée) lorsque le jeune parle ou interagit
directement avec un ou plusieurs autres, physiquement présents, au moins de corps... voire lorsqu'il
prépare cette rencontre directe, sans instrument spécifique.
Nous considérons comme source de confusion la synonymie d'usage courant "médiaté-virtuel".
Nous n'emploierons donc le terme virtuel que dans une acceptation très technique (image élaborée
numériquement). De même, la synonymie "immédiat-réel" ou "immédiat-concret" nous semble
également inexacte et confusionnante, et nous n'y recourrons pas.
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§ II - ETAT D'ESPRIT : UN ACCUEIL LUCIDE
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Une majorité de jeunes sont des utilisateurs enthousiastes des multimedia en général et d'Internet
en particulier. Ceux-ci introduisent des modes nouveaux ou rénovés de se distraire, de communiquer, de
s'informer. ils contribuent aussi à modifier un certain nombre de rites et de valeurs sociales.
Face à quoi, notre responsabilité d'adultes nous semble complexe.
I - Nous sommes invités à ouvrir les yeux, et
à reconnaître l'importance que les jeunes attachent
à ces nouveaux modes de fonctionner.
Le faisons-nous vraiment ? Un petit test : Avec quel degré de systématisation nous enquerrons-
nous spontanément, en consulta-tion ou en thérapie, de ce qu'ils y investissent matériellement et de ce que
cela leur apporte spirituellement ?
II - Nous sommes également invités à
accepter la progression de l'aventure humaine, et le rôle
initiateur
qu'y jouent souvent les jeunes générations!
Dans le cadre de cet exposé, nous faisons référence ici, non seulement aux progrès technologiques, mais
aussi, jusqu'à un certain point, à de nouvelles procédures d'acquisition et de maniement des
connaissances ou encore à l'entrée de nouvelles valeurs sur la scène sociale.
Par exemple, le désir de beaucoup d'ados de rester abondamment "branchés" les uns sur les
autres, dans la toile d'araignée très dense de leurs mini-communications amicales, faut-il nécessairement
le juger de façon négative, comme un refus d'accepter "le manque" censé être tellement structurant ? Ne
pouvons-nous pas nous mettre en question, nous aussi, et nous dire qu'ils réagissent contre le monde
d'individualisme et de solitude que notre frénésie de rendement économique a créé au sein de notre
génération?
III - Il nous faut situer Internet à sa juste place dans le fonctionnement économique et social
contemporain, qui est à la fois celle d'un effet et d'une cause.
Un effet ? On peut dire qu'Internet n'est jamais qu'un bien de consommation à la
disposition des nantis, produit par une société capitaliste hautement technologique pour accroître son
profit.
Une cause ? Ce qui se passe sur Internet contribue à faire évoluer la société. De nouvelles
manières d'être tout seul ou d'interagir avec les autres s'amplifient ou se créent, parce qu'elles reçoivent
des renforçants positifs variés et très nombreux sur et en dehors de l'écran.
Par exemple : s'assumer dans une identité plus mosaïque ; vivre des moments d'amitié intenses
mais brefs et nomades ; laisser s'émousser encore un peu plus la contrainte des normes, etc. ...
IV - On peut dire aussi qu'Internet ne crée pas vraiment
tous les maux ni tous les bienfaits qu'on lui attribue!
En tant qu'instrument, il ne génère souvent que la perpétuation ou la rénovation de pratiques
dont la structure est bien chevillée à l'âme humaine. On peut ajouter néanmoins que son accessibilité, son
immense diffusion et les effets renforçateurs positifs qu'il induit augmentent radicalement le nombre de
ces pratiques, dans la direction du bien comme dans celle du mal.
Du côté du bien, par exemple, Internet permet que des jeunes lancent des pétitions, créent des
forums politiques à une vitesse-éclair et à grande diffusion : ça existait avant, mais c'était plus artisanal.
Internet permet aussi une formidable entraide spontanée et extemporanée.
Et en sens inverse, certaines communications à finalité destructrice, très perverses, que l'on
réalise par courriel ou par chat, ne sont jamais que la version moderne des "Liaisons dangereuses" de
Choderlos de Laclos... Avant la cyberdépendance, il y avait et il y a toujours mille autres dépendances, à
des drogues officiellement repérées et à bien d'autres produits.... etc.
V - Notre accueil de ce monde nouveau ne doit évidemment
pas être inconditionnel :
de réels risques y sont liés et
d'horribles activités antisociales s'y déroulent,
mais :
- La majorité d'entre eux méritent notre vigilance et notre désapprobation, sans pour autant être
spécifiques à Internet ; on les trouve également dans le monde immédiat, appliqués à l'identique ou
légèrement différents.
- Spécifiques ou non, lorsque nous croyons les débusquer, il nous faut nous méfier du poids de nos
idéologies et de notre résistance au changement, si souvent rationalisée dans nos pseudo-certitudes.
Pour ma part, je me hasarde prudemment à vous citer les quelques grands risques que voici ;
certains vous paraîtront inattendus et d'autres, bien peu spécifiques :
Internet participe au clivage du monde entre les riches et les pauvres, qui restent les exclus des
"autoroutes de l'information" ; il participe au matérialisme ambiant, où l'on assimile "avoir" (le plus... ce
qui est up to date) et "être heureux ; réussir sa vie" ; il amplifie l'effritement du droit à l'intimité, à la vie
privée ; Internet contribue à émousser l'importance accordée aux normes, à la discipline de groupe, et
même au respect des Lois plus fondamentales ( via les transgressions innombrables et emprises qui s'y
déroulent ) ; Internet entretient une confusion entre "disposer d'informations" et "intégrer un savoir",
cette intégration nécessitant, entre autres, un non-refus de principe du savoir des générations
précédentes, etc.
VI - Au delà d'une connaissance de bienfaits et des
risques
statistiquement probables véhiculés par le Net,
nous demeurons invités à conserver une position d'écoute de chaque sujet, dans son originalité, lorsqu'un
jeune nous parle de son rapport à Internet et aux multimedia. Nous constaterons alors, s'il est besoin de la
rappeler aux cliniciens que nous sommes, combien diversifiés et parfois inattendus sont les apports
positifs ou négatifs de ces pratiques pour chacun. Et parfois, nous devrons même conclure que
l'évaluation est bien difficile, et qu'il faut garder une position attentiste. Plus encore, la vie poursuivant
son chemin, ce qui était positif hier sera peut-être négatif demain, et vice-versa.
Un exemple : Tel adolescent dépressif, après son lever vers 16 heures, a juste le courage de se
traîner vers son ordi pour y faire 2, 3 heures du même jeu vidéo interactif, en réseau. Là, il oublie un peu
ses maux et se transforme en vaillant guerrier sanguinaire. Le soir, il sort se ballader avec l'un ou l'autre
"cop" immédiat qu'il a gardé. Retour à l'ordi vers 22 heures... peur de s'endormir, comme chez bien des
dépressifs... jeux et autres surfing jusque 2 heures du matin... Puis chute dans le sommeil jusqu'au
lendemain 16 heures.
Un autre exemple : Bien des jeunes timides, manquant de confiance en soi, apprennent à entrer
en communication avec d'autres en utilisant l'ACI et notamment les chats. Pour beaucoup, ce sera un
tremplin qui les encouragera à entrer davantage dans la vie immédiate (peut-être en y rencontrant enfin
tel(le) ami(e) du Net ! ). Mais quelques-uns s'y enliseront, et deviendront dépendants de communications
qui resteront strictement médiatées. Voire même, d'autres applications d'Internet leur permettront de
réduire ces communications médiatées, déjà vécues comme trop pesantes.
VII - A. Nous allons bientôt passer à l'énumération détaillée des bienfaits potentiels et des risques
d'Internet. Dans la logique de l'exemple qui précède, nous verrons que bien souvent, ce que l'on peut
qualifier "bienfait" est susceptible de se transformer en "méfait", selon que le jeune exerce la même
action sur un objet acceptable ou inacceptable, ou selon des critères quantitatifs (intensité énergétique
investie dans l'action ; dimension compulsive ; répétition à haute fréquence, etc. ...).
Un exemple, apparemment quelque peu délicat : Un certain nombre d'adolescents font "un peu"
de cybersexe sur le Net avec des jeunes de leur âge ( échange d'obscénités, accompagné ou non de
masturbation... échange occasionnel de "pics" porno ) : ça n'est guère plus que l'héritage des jeux sexuels
de l'âge de la latence, dans les sous-bois autour du village.
Quelques-uns vont plus loin : par exemple, ils draguent des jeunes femmes adultes, en trafiquant
leur âge... ils demandent qu'on les branlotel (branle au téléphone)
D'autres se fixent de façon plus clairement pathologique, soit sur des objets et pratiques sexuelles
déviantes ou restent dans le registre de la sexualité génitale mais en en devenant cyberdépendants.
Où commence clairement la frontière de l'inacceptable ?
B. Le même adolescent peut passer de la
même application " mode plutôt sain " à " mode
plutôt pathologique ou mauvais " et vice-versa. Ou alors,
certains s'installent d'emblée stablement dans un des
modes et n'en sortent guère.
Alors, existe-t-il des facteurs de prédisposition qui peuvent l'orienter davantage vers un des modes ? Nous
nous limiterons à en esquisser quelques défavorables :
1) Facteurs de prédispositions issues du monde social ; ils sont peu spécifiques, mais bien opérantes à
l'occasion : ce sont tous les facteurs qui poussent l'être humain à se réaliser dans l'avoir ou/et la solitude,
sans qu'il se sente retenu par des normes ni même des interdictions fondamentales. Par exemple :
- Famille : peu de présence dans la vie du jeune ; peu de dialogue ; peu de force pour favoriser
l'introjection des règles ; peu d'attractivité.
- Ecole : plus ou moins idem ; peu d'accueil du jeune.
- Société immédiate : peu d'attractivité ; peu de place faite au jeune ; incitations vers la
consommation et la réalisation de tous les désirs.
- Pairs (médiatés et immédiats) : nombreuses incitations à utiliser les multimedia sans tabous.
2) Prédispositions individuelles : ce sont des jeunes déjà identifiés comme problématiques, qui sont le plus
à risque de goûter à des applications pathologiques ou mauvaises d'Internet et de s'y fixer.
Réciproquement, les plaisirs (au sens large du terme) rencontrés dans ces applications donnent au jeune
l'envie d'y revenir et aggravent éventuellement sa problématique personnelle.
Exemples :
. jeune très peu confiant en soi, qui a tendance à se servir de l'ACI comme d'un instrument
d'évitement de la rencontre immédiate ;
. jeune immature, dirigé par le principe du plaisir, sans beaucoup de capacité d'effort ni de
projets, qui s'enlise dans les applications divertissantes d'Internet (jeux vidéo, etc. ...) ;
. jeune qui contrôle mal son agressivité, basalement haineux, révolté, revendicateur, qui s'alimente
encore un peu plus en haine sur les sites agressifs du web, et qui "explose" dans la vie immédiate lors
d'une petite frustration.
. Autant pour le mauvais contrôle sexuel de soi.
Ainsi positionné, Internet n'a l'air d'être que "l'occasion", "l'objet renforçateur" pour jeunes déjà mal
dans leur peau, et non-invités à se reprendre ni par leur famille ni par la société.
Effectivement, c'est souvent ce qui se passe !
Souvent, mais pas toujours : nous dirons tout de suite qu'Internet est de temps en temps un formidable
moyen d'auto-thérapie pour jeunes en difficultés. Réciproquement, des jeunes bien structurés, sains,
porteurs de valeurs fortes, se sont parfois "perdus", transitoirement ou non, dans les chausse-trape du
Net, parce que l'objet est diablement séducteur, que la liberté intérieure reste une réalité mystérieuse, et
que le combat intérieur entre la socialisation, les sublimations d'une part et l'égocentrisme et les instincts
de l'autre, n'est jamais achevé...
VIII - Dans certains domaines, il est très difficile si pas impossible de statuer sur la dimension bénéfique
ou non de l'apport d'Internet, parce que le résultat renvoie à des manières d'être et à des valeurs très
débattues socialement.
L'espace nous manque pour développer des considérations. Citons, à titre d'exemple, le renforcement
vraisemblablement définitif de l'homosexualité pour certains 14-15 ans qui reçoivent beaucoup
d'encouragements sur les salons où ils
vont " expérimenter " leurs incertitudes sexuelles.
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§ III - LES BIENFAITS POTENTIELS DU CYBERESPACE
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Nous en distinguerons deux catégories : d'une part, les contributions susceptibles d'être positives
pour une croissance saine de la personnalité ; d'autre part, les apports positifs du Net lorsque le jeune y
recourt spontanément et intuitivement pour se soigner psychiquement : il s'agit ici, en quelque sorte, d'
"auto-thérapie".
I - Contributions potentiellement positives à une croissance saine de la personnalité.
Si le jeune fait un bon usage du Net, celui-ci peut lui permettre de :

- Se divertir sainement, seul, avec l'un(e) ou l'autre copain (copine) autour de son écran, ou en
compagnie de partenaire(s) médiaté(s).

- Satisfaire cette disposition humaine fondamentale qu'est la curiosité, en allant fureter dans le
monde entier et dans tous les domaines imaginables ; le faire sans contrôles externes effectifs, guidé par
son seul sens des responsabilité et du bien et du mal...

- Accroître ses connaissance, et ceci, de façon très exogamique : se brancher sur le monde !

- Exercer sa créativité et son savoir-faire ; de la sorte, émarger de la masse ; se donner un statut
positif ; pouvoir rivaliser efficacement avec nombre d'adultes et de pairs... en résultante, améliorer
l'image de soi.

- Expérimenter différentes facettes de son identité : se hasarder à exposer davantage ce qu'il se
sent surtout être, quitte à l'embellir un peu... réajuster sa présentation en fonction de la réaction des
autres, réelle mais moins douloureuse que dans l'immédiat... mais aussi, reconnaître, exposer et assumer
des facettes d'identité moins usuelles... s'assumer davantage dans une identité mosaïque.

- Vivre les deux grandes pulsions agressive et sexuelle dans une zone intermédiaire.
Zone intermédiaire ? C'est parfois une pure zone de fantasmes conscients et reconnus comme tels
(par exemple, via les jeux vidéos), ou non explicitement reconnus (beaucoup de cyber-sexe anodin, où le
"faire-semblant" n'est pas avoué)... Ailleurs, c'est une zone de partage avec des pairs médiatés (sur tel
forum, on râle ensemble sur les parents, ou sur l'interdiction du cannabis)... Ailleurs encore, l'autre
médiaté est la cible sur laquelle s'expérimente l'agressivité ou la sexualité : sa réaction aidera souvent à
mieux les gérer dans le monde immédiat.

- Se créer de nouvelles relations, durables ou momentanées, stables ou nomades : petits échanges
de camaraderie, amitiés, amours, passions parfois... suivies ou non de prolongations dans le monde
immédiat.
Inclusion dans des groupes : le sentiment d'appartenance, l'identification aux autres, la lutte pour
prendre sa place, le support reçu des autres... tout ceci existe sur le Net, comme dans le monde immédiat,
et est bien ressourçant !

- Et toutes ces acquisitions passionnantes, on peut les faire en même temps et à mille-années
lumières des parents et à cinq mètres de la salle à manger familial. Internet permet parfaitement de vivre
l'ambivalence de la crise d'adolescence, sans avoir à se déplacer matériellement.
Quelques esprits chagrins risquent de se hérisser à lire les lignes qui précédent : "La crise
d'adolescent à domicile, c'est un peut trop commode... et le manque, dans tout ça... ils ne sortent même
plus à la rue pour se révolter ! ". Bah ! Fondamentalement, n'est-ce pas intra-psychiquement que le
manque est vécu ? Et parents et adolescents ne peuvent-ils pas se dire tout ce qu'ils ont à se dire, entre
autres autour de la séparation psychique, sans nécessairement passer par la matérialité des sorties
interdites à la rue ?
D'autres diront "Oui, c'est peut-être un apport, mais... ", "Mais il y a aussi un risque..." : bien
sûr, je l'ai évoqué moi-même plus haut! Mais avant de jouer les alarmistes, représentons-nous que
beaucoup d'adolescents bénéficieront de l'apport positif, sans basculer nécessairement vers le risque qui
en est comme la prolongation noire ...
Dans ce même ordre d'idée, qui se veut phénoménologique et laisse place aux possibles positifs,
j'ajouterai que :
II - Internet peut être un puissant instrument
d'auto-thérapie
" Auto " signifie ici : décidée par le jeune tout seul, intuitivement, et
réalisée sans la moindre
intervention de professionnels.
"Auto" ne signifie pas
" réalisée dans la solitude " : le rôle positif
des autres médiatés y est
souvent fondamental.
A. Nous commencerons par esquisser quelques illustrations de
cette fonction thérapeutique informelle du Net :

- Diminuer chez certains la réalité objective - ou le sentiment - de vide existentiel.

- Autant pour le sentiment de non-valeur, à partir de la reconnaissance par les autres médiatés.

- Les contenus imaginaires créés sur et par le Net sont souvent l'équivalent de fantasmes conscients
dont on sait qu'ils peuvent avoir une fonction réparatrice, consolatrice, rassurante... et inconstamment
préparatoire à des actions plus positives dans le monde immédiat (cfr. ce que nous avons déjà dit de la
réalisation de l'agressivité ou de la sexualité dans une zone intermédiaire).

- Etc. ...
On peut regretter que ces fonctions ne s'exercent pas davantage dans le monde immédiat.
Mais la vie nous apprend que celui-ci n'est pas fait que de présence, de tolérance, de reconnaissance des
jeunes ... Tant mieux donc si existe le dérivatif Internet, surtout les fois - assez nombreuses - où rien
d'autre ne semble accessible dans le monde immédiat ...
B. Mais surtout, via l'ACI, Internet peut constituer le plus
gigantesque groupe de self-help qui ait jamais
existé. Il joue parfois ce rôle à partir de
petits groupes non-professionnels qui se sont mis en place autour
d'une souffrance précise ( cybercommunautés, davantage
fréquentées par les adultes ). Mais bien plus
souvent, il remplit cette fonction tout à fait informellement : en furetant dans les salons de chat, tel jeune
en difficulté finit par trouver un confident amical
estimé fiable ; il s'attache à lui et vice-versa; et
ils finissent par se parler " profondément " de ce qui va et
de ce qui ne va pas ... Ils le font alors souvent plus
aisément que dans la vie immédiate, puisque chacun a
l'impression d'un meilleur filet de sécurité qui
protège de l'emprise de l'autre. Ça rate ou
ça fait parfois de gros dégâts ? Oui,
certes ... mais ça réussit
très probablement beaucoup plus souvent que ça ne
rate ... et ça me semble très fondamentalement
" humain ", l'existence de tant et tant de dialogues où l'on
se dit, l'on s'écoute et l'on cherche à
s'entr'aider ...
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§ IV - LES RISQUES DU CYBERESPACE
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Nous en distinguons cinq catégories, qualitativement différentes mais susceptibles de coexister
chez le même jeune.
La sixième, la cyberdépendance, constitue un risque quantitatif. Il peut soit venir compliquer
l'une des cinq premières catégories, soit infiltrer des activités en soi innocentes, comme par exemple la
pratique de jeux vidéos.
I - Il existe d'abord des troubles liés à la réception des informations
qui circulent sur Internet, et, par extension, à la dynamique d'acquisition de l'information et des savoirs.

- Troubles principalement cognitifs : fausses croyances ; intoxication par des pseudo-informations
qui n'avouent pas leur caractère idéologique ou commercial.

- Troubles principalement affectifs : par exemple, traumatisation psychique par des informations à
caractère sexuel ou agressif trop choquant ; confusions introduites dans le système des valeurs et dans
l'intégration des normes, etc...

- Dysfonctionnement dans la dynamique de constitution du savoir : bien des jeunes se contentent
de posséder un certain nombres d'informations éparses, en bonne partie à l'extérieur d'eux (sur des
fichiers électroniques) ; s'amuser à constituer ces fichiers et à jongler avec eux est plus important à leurs
yeux que mémoriser l'information ; le travail de l'intelligence personnelle sur l'information proposée,
travail apte à la transformer en savoir, est très faible (critique, comparaison, intégration dans un savoir
déjà constitué...).
De plus, le refus de se soumettre à des éléments de savoir transmis par les générations pécédentes
est de plus en plus prégnant, comme si le jeune devait tout "sucer de son pouce" et se sentait apte à le
faire.
II - Troubles liés à la cybercommunication
A. Le plus fréquent d'entre eux, c'est de se fixer à
un mode de communication médiatée qui apporte
déjà certaines satisfactions, mais qui permet
d'éviter l'aventure de la communication et du lien dans la
vie immédiaite. Selon les cas, ces communications
médiatées peuvent être dispersées et
superficielles, voire se définir comme amitié et
amours plus précis, mais sans jamais d'aboutissement dans le
monde immédiat.
Paradoxalement, les satisfactions vécues sur le Net donnent
déjà au jeune l'impression de sortir de sa
solitude, et l'empêche de faire un pas plus risqué
vers le monde immédiat.
B. Autres troubles, plus rares :

- Utiliser la cybercommunication de façon systématiquement irrespectueuse, blessante pour
l'interlocuteur ... jusqu'à l'utilisation avec une finalité de perversité destructrice raffinée (nous avons déjà
évoqué Choderlos de Laclos, version 3e millénaire).

- Fonctionner comme "mytho" dans le cyberespace. Certains jeunes s'accrochent farouchement à
une facette de leur identité qui est loin d'être la plus opérante dans le monde immédiat, et interpellent
indéfiniment les autres " comme si ... ". Le contrôle par ces autres, et la probabilité de renvoi à soi-même,
est évidemment beaucoup plus faible que dans le monde immédiat.
III - Troubles de la maturation et de la socialisation de la
personnalité
A. Ralentissement ou stagnation de la maturation.
C'est probablement le risque le plus banal et le plus
fréquent. Surtout si le jeune est déjà
prédisposé à
fonctionner sous l'égide du principe du plaisir, et surtout
si les parents ne le contrôlent pas et ne le
stimulent pas, le jeune peut faire une hyperphagie d'Internet,
vécu comme source inépuisable de
divertissements, se gonfler de tout de qu'il y trouve, et ne plus
avoir l'énergie pour se mouvoir vers tant
d'autres investissements du monde immédiat qui apparaissent
de qualité humaine plus noble.
B. Acquisition de valeurs, d'intérêts et de
compétences antisociales.
Dans une partie d'Internet, tant sur le web que dans l'ACI, il
existe une foule d'informations antisociales
et d'encouragements à fonctionner sur un mode antisocial.
Impossible de passer en revue ici tout ce mal qui y fleurit et le
gangrène. Nous l'exposerons
schématiquement dans le tableau I.
1. Les quatre colonnes désignent les lieux où
l'acquisition fait son effet :

- Ce peut être à
l'intérieur de la vie psychique du jeune lui-même.

- Ce peut être avec des interlocuteurs médiatés : en apprenant avec eux comment faire
l'acquisition, en en discutant... ou en s'en servant contre eux (par exemple, piratage agressif du compte
d'un tiers).

- Ce peut être en "réalisant" l'acquisition dans le monde immédiat. Alors, on se trouve sur un
gradient quant à l'exercice de la liberté intérieure : nous n'en avons repris que les deux pôles extrêmes
dans les colonnes IV et V du tableau :
. D'un côté, il peut s'agir d'un acte très impulsif.
Par exemple, tel jeune, basalement peu structuré, contrôlant peu ses pulsions, et l'imaginaire
chargé d'images pornographiques glanées sur Internet, cède à une impulsion dans un moment de grande
tentation et commet un viol.
. Du côté opposé, le comportement antisocial transféré dans le monde immédiat est bien préparé,
grâce aux informations et stratégies apprises sur le Net, ou grâce aux achats que l'on y fait.
Par exemple, lors du démantèlement du sinistre réseau "Pedo-Necro" en Italie en 2000, on a
constaté que 1% des membres étaient des mineurs d'âge, qui se faisaient livrer à domicile les cassettes
pédophiliques sadiques achetées online.
2. Les rangs du tableau passent en revue les principales acquisitions antisociales susceptibles d'être
faites online. "Acquisitions" doit s'entendre davantage dans le sens de "développement d'intérêts et
d'aptitudes" que dans son sens le plus matériel.
3. Chaque fois que c'est possible les "+" présentes dans les cases du tableau indiquent un ordre de
fréquence de l'acquisition.
...
C - Usage sans limites de la liberté à disposer de
soi.
Sur certaines pages web d'Internet tout comme dans l'ACI, tout
jeune peut trouver de nombreuses
informations et encouragements à disposer sans limites de sa
vie individuelle.
Ce sont parfois des pervers sexuels isolés qui, sur un salon
de chat, l'encouragent à jouir de sa sexualité
dès le berceau et sous toutes les variations possibles et
imaginables.
Ce sont encore des "cybercommunautés" qui lui affirment son
droit au suicide, à l'anorexie, à la
consommation d'héroïne, etc. ... Parfois, ce sont des
jeunes de son âge qui s'adressent à lui, par exemple,
à travers un site "perso", parfois ce sont des adultes
persuasifs... Quoi qu'il en soit, certains jeunes ne
demandent qu'à être convaincus et poussent à
l'extrême des expériences avec leur vie, comme on le
leur suggère, jusqu'à y mettre fin... Est
relancé ici une question éthique fondamentale :
Jusqu'à quel point
chacun s'appartient-il individuellement ? Sur Internet, beaucoup
n'ont pas l'air de douter de la réponse...
IV - Mise en place d'un rêve éveillé de
toute-puissance
Ce risque est souvent relevé dans la littérature,
mais me semble moins fréquent qu'on ne le dit, du moins
pour ce qui concernerait un vécu de longue durée et
d'extension large, concernant une bonne partie du
projet de vie et de l'image du monde du jeune.
Certes, Internet en intoxique plus d'un, par moments, dans la
direction de la toute-puissance.
L'impression, somme toute illusoire , de maîtrise de la
technologie ... l'impression excitante d'une
compétence égale à celle des dieux sur les
jeux vidéos ... l'impression d'immortalité,
d'invincibilité, à
travers eux et tant d'autres applications ... l'impression de
pouvoir s'imposer, sur un chat ou dans un
forum, sans souvent de réaction très efficace de
l'interlocuteur ... le partage avec tant d'autres
d'expériences, transgressives ou non, vécues comme
passionnantes ... tout ceci peut induire comme une
ivresse, des moments d'égarement et de manque de
contrôle de ses limites intérieures ... , tout ceci
donc peut induire, par flashes, un vécu de toute-puissance,
parfois chez des jeunes " normaux ", mais plus
souvent chez des jeunes qui, basalement, manquent de confiance et
d'une bonne image de soi. Ils dénient
ces manques grâce à Internet, mais dans quels
lieux ?
Dans leur vie imaginaire, certainement, où ils emmagasinent
bien des images et des informations de
puissance et de violence trouvées online... dans leurs
dialogues médiatés, souvent, ou dans les jeux
vidéos dont ils sont friands ...
Et dans la vie immédiate ? Il est bien rare qu'ils y
expriment une toute-puissance confiante et diffuse
comme le font certains jeunes diagnostiqués " psychopathes ".
C'est plus erratique, plus impulsif : une
bouffée de rage, d'exaltation, leur échappe par ci
par là. Et plus fondamentalement, ils sont largement
coupés de la vie sociale immédiate, car c'est surtout
face à leur ordi qu'ils connaissent l'ivresse de se
sentir sans limites, à l'instar des joueurs pathologiques
face aux machines des casino.
V - Le syndrome d'intoxication par les images
Je le cite pour mémoire, car il est rare et concerne
préférentiellement des enfants jeunes. Il est
d'ailleurs plus fréquemment provoqué par la
surconsommation d'images télévisées ou issues
de vidéocassettes, que
par celui d'Internet. Néanmoins, la surconsommation d'une
même gamme de jeux vidéos, ou d'images
trouvées sur le web, peut également l'alimenter.
Pour faire bref, l'enfant vit presqu'en état second
tellement il a la tête pleine d'un foisonnement d'images
souvent de la même catégorie ( dinosaures,
pokémons, etc. ...). Il n'a plus guère de
créativité imaginaire
personnelle, ni même d'énergie pour penser ! Il
remémore de façon contraignante ses images, il les
évoque à haute voix et sans contrôle, elles
infiltrent ses comportements et il se conduit comme un drogué
en manque si l'on essaie de l'en séparer ...
VI - La cyberdépendance
Il s'agit de la mise en place d'une ( forte ) contrainte
intérieure à répéter une application
d'Internet vécue
comme générant un plaisir particulièrement
recherché. Le temps qui y est chaque fois consacré
est vécu comme trop court, privant le jeune d'un ultime
degré mythique du plaisir ; il y revient donc dès que
c'est possible, en augmentant progressivement fréquence et
durées.
La cyberdépendance concerne déjà un certain nombre de mineurs d'âge, dont le "chiffre noir"
est difficile à apprécier. Il ne faut néanmoins pas le confondre avec toute utilisation gourmande,
abondante du Net ! Tel enfant de 11 ans peut déjà passer 20 heures / semaines "sur" des jeux vidéos, mais
en être facilement sevré si l'ambiance devient plus autoritaire et plus socialement attractive à la maison :
il n'est pas ( encore ) cyberdépendant !
La cyberdépendance, elle aussi, guette particulièrement les jeunes que nous avons déjà signalés comme
prédisposés, mais pas seulement eux ! Elle peut être diffuse (surfs sans fin, sur la web, entrecoupés de
"chipotages" sur l'ACI), viser un objet
précis en soi innocent ( par exemple, un jeu vidéo
particulier ), ou
viser un objet antisocial ( par exemple, une perversion sexuelle ).
Les signes cliniques ne sont pas très spécifiques : ce sont ceux de toutes les dépendances à un objet de
consommation que l'on cherche vaille que vaille à garder secrètes.
Le traitement non plus n'est pas très spécifique ; il devrait s'adresser simultanément et aux racines et aux
symptômes du mal. Quant aux symptômes, l'avis de la majorité des spécialistes est unanime : on ne
parvient pas à imposer à un jeune un sevrage radical total de son "ordi", mais plutôt à en réglementer
strictement l'utilisation, en essayant de susciter sa collaboration active à ce propos.
|
§ V - INTERNET, LA PSYCHOPREVENTION ET LA PSYCHOTHERAPIE
|
Les professionnels chargés de maintenir ou
d'améliorer la santé mentale des jeunes, utilisent
plus ou moins intensément les ressources d'Internet dans le
cadre de leurs missions.
Plus ou moins intensément ? Certains, en effet, conservent
une position d'ignorance ( ou de déni? ) par
rapport à ces réalités et opportunités
nouvelles : il ne leur viendrait jamais à l'idée
d'interroger le jeune dont ils sont occupés à
diagnostiquer la problématique sur ses pratiques
" multimédiatiques " ... pas plus
qu'ils ne songeraient à exploiter l'une ou l'autre de
celles-ci comme instrument facilitateur dans leurs
rencontres avec le jeune.
D'autres, surtout dans la culture Nord-Américaine, ont
franchi le pas inverse et offrent des
psychothérapies par chat ou par mail, contre ponction dans
la carte de crédit, et ceci même pour se
débarrasser de ... la cyberdépendance.
Entre les deux, d'autres s'ouvrent avec prudence à ce monde
nouveau, en écoutant d'abord ce que les
jeunes eux-mêmes ont à en dire, en essayant d'en
comprendre, avec eux, l'intérêt et les risques, et
en expérimentant avec prudence l'utilisation plus active de
certains outils.
L'espace va manquer dans le cadre de cet article pour exposer tout ce qui peut s'en suivre. Je me
limiterai à esquisser les deux catégories d'expériences relationnelles les plus intéressantes qu'il m'est
donné de faire :

- En cours de diagnostic, voire de thérapie, je m'enquiers très souvent de l'utilisation spontanée
que le jeune fait des multimedias et, le cas échéant, d'Internet. Le matériel qui s'en suit est souvent très
intéressant, dans la mesure où mon interlocuteur pressant une écoute attentive et intéressée et l'absence
de jugement a priori.

- J'accepte de recevoir de loin en loin un courriel dans le cadre d'une psychothérapie de grand
enfant ou d'adolescent. L'une ou l'autre fois, c'est même moi qui en ai fait la proposition. Il est bien
entendu alors que le courriel reçu est imprimé et discuté oralement lors d'une séance ultérieure. Après
quoi, l'on décide ensemble si le document imprimé (ainsi que toute trace sur mon ordi ! ) sera détruit ou
conservé au dossier.
Le résultat est surprenant. Une majorité de jeunes
concernés est très intéressée par cette
manière contemporaine, extemporanée, et très
inscrite dans leur culture, de s'exprimer avec leur
thérapeute.
De surcroît, leur texte "préparatoire" à
été l'une ou l'autre fois l'occasion d'exprimer des
expériences ou des vécus très " difficiles ".
Ils ont aussi l'occasion d'y faire le point sur eux-mêmes :
une sorte de synthèse
sensible et extemporanée. Après quoi, l'on en discute
dans la rencontre immédiate qui suit.
Il n'y en a pas vraiment. Une étape nouvelle s'ouvre dans les moyens par lesquels les jeunes se
branchent sur le monde, et dans leurs aspirations à ce propos. Il serait sot de rester à l'extérieur ou de les
condamner par principe, tels de vieux combattants grincheux. Il serait imprudent de s'y jeter à corps
perdu.
Notre génération a acquis, par héritage et par expérimentation personnelle, un savoir à la fois
certain et limité, comme ce fut le cas pour toute vague générationnelle. Faisons-en profiter ceux qui nous
suivent, avec une détermination tranquille mais en nous ouvrant aussi à cette incroyable nouveauté qui
leur semble si familière et qui nous, continue à nous déconcerter largement.
Jean-Yves Hayez, psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie, coordonnateur de l'équipe SOS Enfants-Famille
et responsable de l'Unité de pédopsychiatrie, Cliniques universitaires Saint-Luc, 10 avenue Hippocrate,
B-1200 Bruxelles.
Courriel :
jyhayez@uclouvain.be
Illusoire ? Les ordinateurs sont programmés comme les jeux de casino : leur maniement produit
beaucoup d'excitation, mais aboutit toujours à une faille de compétence ou de réussite, qui pousse à
acheter l'accessoire qui manque ou la version plus moderne et plus puissante de l'appareil...
Création le 18 octobre 2002.
Dernière mise à jour
le dimanche 12 octobre 2008.
Issu d'un document en traitement de texte reçu du
professeur Jean-Yves Hayez
DS.ds
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Bravo de m'avoir trouvé
Félicitations
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480
mais est encore correcte avec les écrans
plus grands 1600x1200 ou autres.
Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur
Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son
infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
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je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480 mais est
encore correcte avec les écrans plus grands 1600x1200 ou autres.
Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur
Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son
infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez
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je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
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§ I - INTRODUCTION : UN PEU DE VOCABULAIRE
§ II - ETAT D'ESPRIT : UN ACCUEIL LUCIDE
§ III - LES BIENFAITS POTENTIELS DU CYBERESPACE
§ IV - LES RISQUES DU CYBERESPACE
§ V - INTERNET, LA PSYCHOPREVENTION ET LA PSYCHOTHERAPIE
CONCLUSION
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Les jeunes et le cyberespace.
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