Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez

 

La communication

adulte-enfant.

* biographie, recueil de publications scientifiques et articles de presse du professeur Jean-Yves Hayez.
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" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va
et d'employer l'esprit à le justifier." Jean Guéhenno.

Jean-Yves Hayez
a le plaisir de vous proposer


La communication adulte-enfant.

(1)

Jean-Yves HAYEZ (2).

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§ I. Considérations générales.


I. Communication ? Rencontre et ( tentative d' ) échange, verbal et non verbal, entre au moins deux (3) " sujets humains " ayant habituellement en commun : - une capacité et une liberté de penser; de construire leur monde intérieur, y inclus leurs valeurs et leur " image du monde ";
- une ( certaine ) capacité à s'exprimer, à comprendre l'autre et à se faire comprendre;
- les droits de l'homme, en ce inclus une liberté de principe de penser " leur projet de vie " et de mettre en œuvre ses composantes non anti-sociales;
- les devoirs de l'homme : au moins le devoir de respecter les Lois naturelles et celles de la cité, si celles-ci respectent elles-mêmes celles-là.

II. Qui vivent dans " des mondes " très différents : monde bien organisé de l'adulte et en face, monde du petit ( imagination, ignorance, angoisse ) ou monde de l'adolescence ( méfiance, vantardises, volonté de puissance ) (4).

A. Tant pour les petits que pour les ados, ( même si ces deniers le dénient ) nous, adultes, nous sommes souvent impressionnants ( notre âge; l'étrangeté de notre bureau; le statut de " juge " auquel est confusément lié pouvoir, sanction, police; le statut de médecin ou de psychologue, auxquels sont liés d'autres pouvoirs, etc.).

B. Nous avons, bien plus que les enfants, la capacité de nous adapter et d'entrer - quelque peu - dans leur monde ( par exemple adapter notre vocabulaire; décider de nous intéresser à leurs centres d'intérêts ). Toutefois, les plus petits n'aimeraient pas que notre manière d'être les infantilise excessivement ( parler bébé ), et les ados, que nous jouions copain- copain avec eux ...

C. Aller vers leur monde, c'est nous rendre intelligibles et un peu moins impressionnants, un peu plus accessibles (" interlocuteurs possibles ", ... sans néanmoins mythifier le résultat : nous nous mettons davantage à leur portée, mais nous conservons un statut réel et imaginaire plutôt redoutable; l'apprivoisement et la confiance ne se font pas en une fois et ne se font jamais complètement.

D. Un pied dans leur monde, certes, mais sans nous laisser absorber par celui-ci. La communication adulte-enfant implique que persiste une différence ( dans les statuts, les objectifs ). L'adulte garde souvent une responsabilité d'ensemble. Il pense à l'enfant, passé, présent et futur au-delà de l'immédiateté de celui-ci. Il n'est pas là pour jouer, ni pour se laisser fasciner par " la frime " des ados.

III. Rencontre qui se décompose en bien des " harmoniques ", pas toujours à l'oeuvre dans leur ensemble, en tout cas au même moment. Dans le chef de l'adulte :

Ecouter, et se laisser parfois déstabiliser par ce que l'on écoute.
Demander à être " pris en considération ";
Informer et s'informer;
Partager un vécu expérientiel;
Décider et sanctionner ( positivement et négativement ) lorsqu' on est en charge d'éduquer ou/et de représenter la loi;
Etc.

§ II. Installer un cadre propice.

Espace : - intime, accueillant
- Comment se placer ?
- Mobilier

Temps : - Prendre le temps
- Ne pas se laisser déranger ( par le téléphone, un collègue qui frappe à la porte ...)

Conditions matérielles :
- Pas( trop )de sources de distraction
- Papier - crayon ( et/ou marqueurs ) ( pour dessiner )

§ III. Les " harmoniques " de la communication.


I. ECOUTER.

A. Préalables à l'écoute :


1. L'enfant, même tout petit, " pense " sa situation de vie ... mais n'est pas toujours capable ou n'a pas envie de dire tout ce qu'il pense! Est-ce si facile, par exemple, d'énoncer :

Pourquoi papa ne dort-il plus dans le même lit que maman? Pourquoi suis-je placé, moi, et pas ma petite sœur? Pourquoi est-ce mal, ce qu'il m'a fait?
Je suis sûr que je suis méchant, laid, con ... parce que ...
S'il continue à me battre, je vais le tuer, je vais fuguer, je le dirai pas à maman parce que ...

2. L'enfant connaît un certain nombre de choses, et d'autant plus qu'il grandit, mais ne fait pas part spontanément de tout de qu'il connaît, loin de là ( par prudence, par peur d'être grondé ou de passer pour bête, par peur de trahir ses proches ou ses amis ...)

Je sais bien que mon père n'est pas en voyage, mais en prison ...
Je sais bien que c'est mal d'avoir fait telle chose exprès comme je l'ai fait ...
Je sais qui a volé cet argent ...
Je sais ce que ça veut dire les mots : Tribunal, alcoolisme, folie, placement, niquer, etc.

A nous d'en tenir compte dans la mesure du possible : essayer, sans violence, de faire exprimer à l'enfant ce qu'il sait et s'appuyer sur ce qui, dans son savoir est déjà bien intégré.

3. L'enfant s'attend à ce qu'on l'ignore ( comme un in-fans; une poupée dans un coin ) et apprécie en général qu'on s'intéresse à lui, qu'on lui manifeste de la considération, du respect ... même si ça lui fait un peu peur de " hasarder " ses idées.

Si on sait l'apprivoiser, il se détend souvent, sourit, et se met à exprimer des idées personnelles.

4. L'enfant- auteur ( ... d'un fait qualifié infraction ) apprécie, lui aussi, un respect qui prend en compte l'ensemble de son contexte de vie, sans le déresponsabiliser ni le réduire à son acte, sans paranoïa ni naïveté.

Par exemple, comment respecter sans se compromettre le préadolescent du film " Chiens perdus sans colliers " qui met le feu à la grange de ses parents nourriciers maltraitants? Ou Telly, l'anti- héros du film Kids, qui n'a qu'une idée en tête : " se faire " des jeunes vierges les unes après les autres? ( cfr extraits vidéos ).

5. L'enfant - qui perçoit, mémorise et pense - se pose des questions, pertinentes ou fantaisistes, à propos de la situation même à propos de laquelle on l' invite à communiquer et à propos de ses enjeux. Ces questions ou ces préoccupations, il ne les exprime pas toujours spontanément : certaines sont très " bloquées " en lui et désignées comme " non-dits ". Elles demandent alors des ruses de sioux pour pouvoir être abordés délicatement. D'autres sont très faciles à aborder et à " lever " :

" Il va m'envoyer en prison pour toujours, après ce que j'ai fait ". " Qu'est-ce que ça veut dire au juste Juge, Tribunal de la Jeunesse; c'est qui tous ces gens qui s'agitent pour m'aider? C'est quoi, mon avocat? ". " Ca veut dire quoi : disposer de mon procès-verbal? ". " Est-ce que je peux devenir homo, après ce que ce type m'a fait? " " Pourquoi on me fait toujours recommencer à raconter la même chose? ".
" C'est quoi, une mauvaise mère? "
B. Une écoute bienveillante et active.

Dans un ordre chronologique, elle peut comporter :

1. Une première évocation de " l'offre et de la demande " et du contexte : " Si on se disait d'abord qui chacun est et pourquoi on se rencontre aujourd'hui "

- Qu'est-ce que l'enfant en sait
- Se présenter ... présenter brièvement les objectifs et les enjeux
- Vérifier ce que l'enfant a compris

2. Mais avant d'en arriver au fait central, si on faisait d'abord connaissance ( de façon plus globale et informelle )?

" Ton monde m'intéresse ... qui es-tu ? qu'est-ce qui est important dans ta vie, dans tes journées ? Et sur moi, veux-tu savoir quelque chose? "
3. Et le cadre général?
" On va essayer de parler de ce qui va bien et mal chez toi, dans ta famille ... et voici le code pour parler ensemble :
- Tu peux ne pas comprendre ce que je dis ... et me le faire savoir
- Tu peux ne pas connaître la réponse à ma question ... et me le faire savoir
- Tu peux ne pas avoir envie de répondre ... et me le faire savoir
Face à ces trois réactions, je les accepterai ".

4. En progressant alors vers le centre :
" Raconte-moi une chose qui va bien ... raconte-moi une chose difficile, pour laquelle tu dois venir me voir ".

5. Quelque chose de difficile?
- Savoir insister un peu pour en obtenir l'évocation.
- Protéger l'espace de parole de l'enfant, pour que ce soit lui qui s'exprime ( pas sa mère, pas son avocat ).

- Mais ne pas jouer au plus fin non plus : s'il a trop honte ou peur, dédramatiser en amorçant soi-même " la pompe " : " La fois où tu es boxé très fort cette fille ... la fois où tu as volé dans le magasin ... la fois où ce monsieur a abusé de toi, a fait un abus sexuel ... Je sais déjà une partie des choses, mais c'est important que tu m'aides, que tu me fasses bien comprendre ce qui s'est passé, avec tes mots à toi ".

- Respecter le rythme d'évocation de l'enfant, respecter ses mots; prendre le temps d'aller à son rythme. Savoir se taire, où tout juste l'encourager, par un murmure de sympathie, en s'étonnant gentiment, en compatissant, en posant une petite question de détail.

" Explique-moi comment ça s'est passé. C'est important pour moi. Vas-y ........................ Et puis ? .................Et alors ?............... Quoi, exactement ? ............... "

- Inviter l'enfant à se déployer, à déployer sa narration, ses images, ses pensées, ses questions, ses hypothèses :

" Tu racontes bien. C'est intéressant, ce que tu dis. C'est comme ça que tu le penses maintenant, toi "

- Soutenir son discours, et non pas l'étouffer. Le soutenir, par exemple :

En redisant un bout de phrase que l'enfant vient de dire :
" Donc, ton papa était très fâché et toi, tu as peur "; " Ton copain t'a poussé à la faire et toi, tu me dis que tu as pas osé lui dire non " ; " tu me dis que tu avais très envie de ces jeux vidéo "

En redisant, à sa place, en relevant à l'unisson avec lui, un sentiment qu'il a éprouvé ( empathie ) : " Tu étais vraiment très inquiet ... tu en avais tout à fait marre qu'on se moque de toi...tu en avais marre de na pas avoir ce que les autres ont ...tu as eu envie de montrer que tu étais grande. "

En encourageant directement : " Continue. C'est bien. Merci de me faire comprendre ce qui s'est passé ".

Une fois la confiance installée, en osant parfois poser une question qui crève un abcès :

" As-tu parfois peur que ta maman ne s'en aille? " " As-tu fait une grosse bêtise dont tu n'aimes pas parler? Voler de l'argent ? Quelque chose avec le sexe? ".

- Aider l'enfant à " donner des exemples ", à raconter des petits ( ou gros ) événements interactionnels plutôt que d'exposer des idées générales. " Raconte une fois où tu as été battu " " une fois où tu t'es laissé entraîner " : l'enfant devrait nous faire voir des " clip-vidéos " de sa vie concrète. Après, on peut lui demander d'être un peu plus introspectif : " Quels sentiments as-tu eu? " " Tu as pensé ( ou tu penses ) quoi, de tout ça? "

- Le contraire de cette invitation à se déployer, c'est l'adulte qui :

Dit tout trop vite à la place de l'enfant ( par angoisse ou parce qu'il est persuadé que l'enfant ne sait pas ).

Critique trop vite la valeur, la structure du discours de l'enfant et les faits qu'il rapporte. Il faut savoir attendre, si l'on veut que celui-ci aie confiance.

Veut trop vite consoler, déculpabiliser, rassurer ... et empêche involontairement l'enfant de dire ce qu'il pense.

- Quel que soit cette ambiance d'encouragement et de soutien, il faudra aussi parfois accepter le mutisme qui se prolonge, sans en vouloir à l'enfant, mais sans démissionner non plus ( on peut y revenir une prochaine fois ) et sans que l'action ni les décisions des adultes ne soient paralysées.

" Tu te tais. C'est ta responsabilité. Tu te trouves sans doute de bonnes raisons. Alors, je vais décider tout seul ".

C. Une écoute qui serve à quelque chose. Ecouter,
Ce n'est pas faire semblant.
C'est accepter de réfléchir au point de vue de celui qui parle, de s'en imprégner.
C'est se laisser déstabiliser jusqu'à un certain point émotionnellement ... et parfois l'exprimer en changeant ses idées et projets premiers.

Certes, nous n'avons pas à obéir à toutes les demandes de l'enfant.
Certes, certains, surtout les " auteurs " peuvent chercher à minimiser, tromper, séduire : notre écoute doit être lucide et prudente.
Certes, beaucoup d'enfants rêvent, vivent beaucoup dans l'immédiat, font des promesses qu'ils ne sauront pas tenir ( NB, et parfois, leur famille aussi! ).
Nous, nous sommes davantage réalistes, gardiens du temps, gardiens d'un ensemble d'intérêts.
Il ne s'agit donc pas de se laisser " avoir " par des émotions, des promesses faites sans réfléchir, des tromperies.
De là à ne jamais changer un projet, après que l'on ait bien écouté!
Tant mieux si, de temps en temps, ce que l'enfant a dit nous amène à réfléchir autrement, à refaire le point ( en nous-même ou avec d'autres ), à intégrer de nouvelles données dans notre cheminement décisionnel.

II. SE FAIRE RESPECTER.

L'adulte qui veut communiquer doit parfois " demander à exister " face à un enfant fuyant, rêveur, méfiant, distrait ... Insister, mettre ou imposer un cadre convenable, signaler l'importance du moment de communication, se poser comme sujet qui aura du plaisir ou de la peine selon que cette communication réussit ou échoue; demander du respect; etc.
D'autres fois, c'est plus simple, car l'enfant semble bien réceptif.

III. INFORMER. A. Procédures de l'information.


- Etre bref; aller à l'essentiel; laisser tomber des détails qui vont surcharger la capacité de réception de l'enfant et/ou n'ont aucun intérêt pour lui. Se méfier du perfectionnisme!

Par exemple, dire " C'est moi qui vais m'occuper de toi " ne prend pas en compte les relais au moment des vacances, des maladies, etc... mais ça dit l'essentiel!
" Ton cerveau est nerveux. C'est en partie à cause de cela que tu contrôles mal tes poings " :

la phrase n'explique pas tous les détails de l'ADHD, et introduit néanmoins la restriction essentielle " en partie ", qui laisse la porte ouverte à un débat sur la liberté et le choix qui restent à l'enfant.

- Beaucoup de choses peuvent être dites petit à petit : ne pas vouloir dire tout en une fois.

- Etre clair et précis; ne pas tourner autour du pot. Employer les mots qui ont une signification exacte, de préférence en utilisant le même vocabulaire ou un vocabulaire connu par l'enfant ( le mot exact n'est pas toujours le mot le plus scientifique des adultes ).
Zizi (ou tiche à Bruxelles), c'est mieux intégré que pénis; " Le sexe, ça donne du plaisir, et c'est pour ça que des gens à moitié malades et à moitié méchants violent parfois des enfants ".

- Ne pas fuir les mots difficiles : séparation, punition, peine, mal ou bien ... mais ne pas oublier non plus que des informations complètes ne sont ni réductrices, ni doloristes : si on sépare un enfant de sa famille, c'est souvent parce que, pour le moment, ses parents ne sont pas capables de bien l'élever ( ou c'est pour le sanctionner ), mais c'est aussi pour lui donner la chance de vivre dans une collectivité estimée positive.

- Situer avec exactitude les statuts et les parts de responsabilité de chacun.
" Ton juge a décidé que ... et moi, voici ce que je lui ai conseillé ... voici ce que j'en pense ... voici ce que je pense de toi ".

- Parfois, simplifier l'information en n'évoquant pas des facteurs inutilement anxiogènes, très peu probables, et sur lesquels les enfants les plus sensibles vont se "" fixer ".
Par exemple, dire à un enfant souffrant d'une lourde phobie scolaire : " Et si ça ne s'arrangeait pas ( ton comportement, grâce à notre bon programme ), voici ce qu'on ferait : on te prendrait à l'hôpital " = SUR-INFORMATION INUTILE! Ne pas évoquer tous les facteurs d'échec possibles ; y aller parfois franchement du côté du positif, en ne regardant pas sur les côtés ...

- Ne pas vouloir critiquer et éradiquer à tout prix toutes les fausses croyances que l'enfant vit pour le moment ( par exemple, l'idéalisation de ses parents ). Ne pas argumenter à l'infini ...on peut se limiter à dire avec bienveillance et non mépris " ( Telle chose ), c'est ce que tu crois, toi, pour le moment ".

- TOUJOURS VERIFIER CE QUE L'ENFANT A COMPRIS de l'information proposée.

Par exemple, lui demander s'il y avait des mots trop compliqués ; ou encore, gentiment, de résumer ce qu'il a compris.

- Demander s'il a des questions à poser, des réactions, ce qu'il pense de ce qu'on lui a dit.

B. Quelques contenus de l'information.

- Se présenter et présenter la situation et ses enjeux.

- Le statut respectif des juges, policiers, travailleurs sociaux,experts, avocats etc.

- Notre opinion à propos de lui, de sa famille, de son environnement : ressources positives et points faibles que nous leur attribuons.

- Dans les actes qu'il a posés, l'aider à se retrouver entre :

Le Bien et le Mal, selon les lois naturelles ;
Le permis et le défendu, selon les lois de la cité, celles de l'école, celles de sa famille. les superpositions, confusions et enchevêtrements de ces deux grand domaines des interdits fondamentaux et des règles ; la manière dont les adultes sèment la confusion à leur propos ( ils désignent bien trop comme " Mal " les seules transgressions de règles ).

- Des réactions qui peuvent être sources de confusion ( par exemple, sentir du plaisir sexuel ne veut pas dire ipso facto que l'on consentait à un abus ); se taire et garder un secret est bien plus une réaction d'angoisse ( ou de solidarité avec le groupe ) qu'un acte mauvais; transgresser est notre lot commun, etc.

- Le programme qu'on va lui appliquer, à lui et à sa famille : ce qui, dedans, est obligatoire et ce qui est optatif ; comment on va l'évaluer et le contrôler, etc.

- Les sanctions éventuelles, leur nature et leur sens.

- Etc.

IV. UNE DIMENSION SUBTILE, AU - DELA DE L' INFORMATION : LE PARTAGE EXPERIENTIEL

A. L'ambiance.

- Pas toujours possible, ni a fortiori possible en permanence tout au long d'un processus de communication ( ce sont plutôt des moments isolés, des moments forts dans le processus ).

- Jamais obligatoire! jamais " pour jouer un rôle " ( celui du bon - éducateur - ancien - combattant - qui - sait - partager -, les p'tits loups! ) C'est toujours une libre décision dans le chef de l'adulte qui désire faire un geste de partage, et donner quelque chose de son humanité.

- Ne peut avoir lieu que quand la confiance réciproque est gagnée : alors, on se donne du " précieux " en soi; parfois franchement réciproque, parfois plus unilatéral.

- Ne doit évidemment pas se transformer en confession envahissante où l'adulte étalerait toute sa vie et ses idées, ce qui ne serait plus au service de l'enfant.

B. Au fond, il y a tant d'idées, de questions et de sentiments partageables!

- Un sentiment personnel vécu, en réaction ou non à ce que dit ou vit l'enfant : " Moi aussi, ça me peine ... je trouve ça injuste ".
- Une expérience faite, réussie ou ratée " Moi, j'ai essayé de ... ".
- Un truc qu'on connaît, une compétence.
- Une incertitude.
- De l'aide dont on a besoin (ici, on partage son impuissance! ).
- Une valeur : " Moi, je crois à ... ça me rend heureux de ".
- Un morceau de son histoire d'enfant ou d'adolescent.
- Une opinion sur ce qui se passe dans le monde, dans sa société ...
- Etc.

V. ASPECTS DIRECTIFS ( INCONSTANTS ) DE LA COMMUNICATION.

( quelques mots sommaires d'introduction) :
(5) Décider, exiger, sanctionner, constituent une des composantes - mais pas la seule! - de la communication " éducative " qui est du ressort des parents et des " parents sociaux " ( juges, éducateurs, etc.)

Les décisions qui sont communiquées à l'enfant gagnent à :

1. ( si du moins elles sont importantes ), être précédées d'un dialogue, d'une tentative d'explication et de réflexion pour associer l'enfant à leur bien-fondé.
Tentative qui a toutefois ses limites : le pire de tout, c'est qu'il fasse semblant d'être d'accord (par peur, pour avoir la paix, pour séduire, par conformisme).

2. Etre énoncées sans ambiguïté, clairement, brièvement. Sans ambiguïté ? C'est entre autres le pourquoi qui est ambigu ( Pourquoi? ) pour le confort légitime des adultes? pour la paix du groupe? pour respecter des us et coutumes ( beaucoup de règles )? au nom, fondamentalement, du bien et du mal tel qu'on en perçoit les applications ( lois naturelles )?
Une autre ambiguïté, c'est aussi le degré de réalisme et la nature de la sanction positive ou négative liée à l'obéissance ou à la transgression ( toxicité +++ des menaces en l'air, des promesses non tenues, du vague ). S'il n'y a pas de sanction envisageable, l'assumer, et ne pas faire semblant qu'il y en a une. (" Je te demande de veiller à ... un point c'est tout ").

3. Le statut et la responsabilité de celui qui décide doivent également être clairs ( ne pas s'abriter derrière un autre, lorsque l'on est d'accord avec la décision prise ...). Beaucoup ( mais pas toutes! ) de décisions prises le sont parce qu'existent les lois, dont nous ne sommes que les porte-parole et qui nous obligent, nous aussi.

4. Une décision prise gagne à être " suivie ", évaluée ...

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PLAN.

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La communication adulte-enfant.

§ I. Considérations générales

I. Communication ? Rencontre et ( tentative d' ) échange,
II. Qui vivent dans " des mondes " très différents :
A. Tant pour les petits que pour les ados,
B. Nous avons, bien plus que les enfants,
C. Aller vers leur monde,
D. Un pied dans leur monde,
III. Rencontre qui se décompose en bien des " harmoniques ",
§ II. Installer un cadre propice
Espace :
Temps :
Conditions matérielles :
§ III. Les " harmoniques " de la communication.
I. ECOUTER.
A. Préalables à l'écoute :

1. L'enfant, même tout petit,
2. L'enfant connaît un certain nombre de choses,
3. L'enfant s'attend à ce qu'on l'ignore
4. L'enfant- auteur
5. L'enfant - qui perçoit, mémorise et pense -
B. Une écoute bienveillante et active.
1. Une première évocation
2. Mais avant d'en arriver au fait central,
3. Et le cadre général?
4. En progressant alors vers le centre :
5. Quelque chose de difficile?
C. Une écoute qui serve à quelque chose.
II. SE FAIRE RESPECTER.
III. INFORMER.
IV. UNE DIMENSION SUBTILE, AU - DELA DE L' INFORMATION : LE PARTAGE EXPERIENTIEL
A. L'ambiance.
B. Au fond, il y a tant d'idées, de questions et de sentiments partageables!
V. ASPECTS DIRECTIFS ( INCONSTANTS ) DE LA COMMUNICATION.
1. ( si du moins elles sont importantes ),
2. Etre énoncées sans ambiguïté,
3. Le statut et la responsabilité
4. Une décision prise gagne à être " suivie ", évaluée ...

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- Notes. -


(1). Enfant = ici mineur d'âge. Le cas échéant, nous parlerons de petit enfant ( avant 6-7 ans ), d'enfant en âge d'école primaire ou enfant EP ( entre 6-7 et 11 ans révolus ) de préadolescents ( 12-13 ans ) et d'adolescents ( après 13 ans révolus ).

(2). Jean-Yves Hayez, Psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie, professeur ordinaire à l'U.C.L. et premier chef de l'Unité de pédopsychiatrie aux cliniques Saint-Luc.

(3). Dans ce texte, nous nous centrerons sur la communication à deux interlocuteurs.

(4). Il existe encore d'autres dualités dans ces mondes qui tentent de se rencontrer, par exemple monde de la loi versus monde délinquant ; monde de l'ordre dominant versus celui de la marginalité ou de la pauvreté; etc.

(5). Pour une description beaucoup plus détaillée, voir le livre : J.-Y. Hayez, La destructivité chez l'enfant et l'adolescent, Dunod, 2001.


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Création le 28 janvier 2005.
Dernière mise à jour le dimanche 29 juin 2008.
Issu d'un document en traitement de texte reçu par mail envoyé par le professeur Jean-Yves Hayez
DS.ds

 


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... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit n'est constitué que d'informations techniques automatiques dont les textes sont déjà repris plus haut.

... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec le texte du professeur Jean-Yves Hayez.





































 
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Félicitations

Ce site a été composé par un bénévole sans aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié du professeur Hayez.

C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.

L'hébergement du site est situé sur lycos depuis le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir pratiqué cette action bénévolement également avec beaucoup de professionnalisme.

Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a été supprimé par Lycos le 15 octobre 2006 pour une raison non expliquée. Nous le regrettons vivement et ceci altère fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.



... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a été retirée par souci de simplicité.







Vérification d'accessibilité

Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et Netscape ( quelques instructions ignorées )

Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP

La présentation est prévue pour écran 640x480 mais est encore correcte avec les écrans plus grands 1600x1200 ou autres.

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- Notes automatiques. -

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(1). Enfant = ici mineur d'âge. Le cas échéant, nous parlerons de petit enfant ( avant 6-7 ans ), d'enfant en âge d'école primaire ou enfant EP ( entre 6-7 et 11 ans révolus ) de préadolescents ( 12-13 ans ) et d'adolescents ( après 13 ans révolus ).


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(2). Jean-Yves Hayez, Psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie, professeur ordinaire à l'U.C.L. et responsable de l'Unité de pédopsychiatrie aux cliniques Saint-Luc.


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(3). Dans ce texte, nous nous centrerons sur la communication à deux interlocuteurs.


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(4). Il existe encore d'autres dualités dans ces mondes qui tentent de se rencontrer, par exemple monde de la loi versus monde délinquant ; monde de l'ordre dominant versus celui de la marginalité ou de la pauvreté; etc.


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(5). Pour une description beaucoup plus détaillée, voir le livre : J.-Y. Hayez, La destructivité chez l'enfant et l'adolescent, Dunod, 2001.


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liste des mots-clés du site au 28 septembre 2005.

abus sexuel, accompagnement éducatif, adolescents abuseurs, adolescents, allégation d'abus sexuel, angoisse de séparation, angoisse, anxiété, assuétude, autorité parentale, beaux-parents, besoins psychiques des enfants, bizarrerie sexuelle infantile, cadre thérapeutique, confidences, confidentialité, conformisme, culpabilité, debriefing collectif, délinquance, dépendance, dépression, destructivité, deuil compliqué, deuil pathologique, éducation sexuelle, enfant abuseur, enfants, énuresie, éthique, équipes SOS-Enfants, famille, famille reconstituée, familles restructurées, guerre, identité, infanto-juvénile, intervention de crise, Jean-Yves Hayez, jeux sexuels, livres, mendiants, mort, mort d'un proche, mots-clés, pédopsychiatrie, perversion sexuelle infantile, perversion sexuelle, peur, pornographie, protection, psychiatrie de liaison, psychothérapie, publications, relation de soin, réparations, réseau de santé, sanctions, secrets de famille, séparation parentale, sexualité infantile, sexualité normale, signalement, soins pluridisciplinaires, stress, SOS-enfants, suggestibilité, syndrome de stress post-traumatique, traumatisme psychique, trouble de l'endormissement, trouble du comportement, trouble psychique, urgences, violence, vulnerabilité.