Enfants, Adolescents et Média
J.-Y. Hayez[1]
§ I. Quelques faits
En 2004, chez
les 12-17 ans belges, 15% du temps libre ( non-scolaire ) est consacré à
l’étude, 37% à la fréquentation des écrans ( TV : 17% :
Internet : 12% ; autres accès aux jeux vidéos : 8% ) et 16% à la
musique (« de jeunes » bien sûr ). L’enquête n’a pas recensé le temps
consacré aux portables, temps saupoudré sur la journée mais sans doute
significatif, lui aussi. Dans cette tranche d’âge, le sport, les activités
culturelles ou récréatives en groupe, les sorties et la lecture arrivent bien
après ! On « sort », mais à domicile, devant une machine :
à partir de 11 ans, on atteint rapidement le chiffre de 80% de jeunes qui
fréquentent Internet quotidiennement pour s’y distraire ou pour y chatter : en Belgique toujours, la
messagerie instantanée d’apparence privée MSN
Messenger fait un véritable tabac : 60% des 12-14 ans en maîtrisent
fort bien le chat speak très
spécifique. Souvent, ils ont des dizaines de contacts inscrits sur leur liste
de correspondants et entretiennent des conversations simultanées avec 5 à 7
d’entre eux …
Nombre de
jeunes ont l’œil sur plusieurs multimédias (MM) à la fois ; ils les gèrent
en combinant zapping ( fréquent ) et effectuation de tâches multiples et quasi simultanées :
dialoguer avec plusieurs interlocuteurs dans un chatt, tout en allant lire leur courriel, nourrir leur cyber-ours
ou chercher vaguement de la documentation scolaire sur Google ; en même
temps, jeter un œil sur la TV au cas où un programme s’avèrerait alléchant (
type Starac, hélas ) répondre à leur
portable ou surveiller sur l’écran de celui-ci l’arrivée de SMS et autres
images ...
Petits
virtuoses de la technologie ? Créateurs de modes très nouveaux de se
distraire, de communiquer, ou en tout cas de passer son adolescence ?
Prisonniers d’une redoutable sirène, dont l’adulte tire les marrons du feu (
conditionnement de la pensée des
jeunes ; profits financiers, etc. via les appareils vendus ). Va
savoir ! Les sociétés changent vite, ainsi que le rapport aux objets, et
les jeunes sont montés dans le train des MM bien plus vite que leurs parents.
Je vais donc vous proposer une analyse résumée des bienfaits potentiels et des
risques que j’y vois.
§ II. Ce qui me semble positif, ou en tout cas, acceptable,
dans les pratiques des jeunes sur les MM
Positif,
jusqu’à une certaine limite d’intensité ! Chaque acquisition que je vais
décrire peut être comparée à la langue d’Esope : par exemple le sentiment
de compétence, qui va être évoqué tout de suite, est un acquis positif. Mais
quelques jeunes se transforment en sorte de capitaines Nemo des underground médiatiques habités par l’ivresse d’une puissance sans
limites : ils ont ainsi franchi la limite de la toxicité.
Je suis
conscient de ces risques de dépassement négatif, mais la majorité des jeunes ne s’y hasardent jamais, ou alors
très occasionnellement, lors d’un moment de curiosité éphémère ou lors d’une
mauvaise passe de leur vie. Quant au petit nombre qui dépasse plus
habituellement les limites du déséquilibre intrapsychique et social via leur
utilisation des MM, on ne peut pas vraiment en déduire que c’est ceux-ci qui
créent le problème : la personnalité de base et l’environnement social
présentait souvent d’importants dysfonctionnements préalables, et les MM ne
sont jamais que l’objet tentateur très commode et très accessible dans lequel
s’engouffrent ces jeunes à l’équilibre déjà fragile.
I.
Via leur usage personnel des MM, beaucoup de jeunes font l’expérience
d’une compétence personnelle originale et d’une maîtrise exercée sur le monde
matériel, voire relationnel ; ils vivent la réussite de projets, petits ou
grands, qu’ils avaient pensé tous seuls ou entre copains : ici, leur
savoir faire ne leur a pas été dicté par des adultes-parents ou professeurs ;
ils ont choisi eux-mêmes leurs éventuelles références. Même si ces expériences
de compétence comportent des limites et des illusions, elles sont
majoritairement positives pour leur sentiment de confiance en soi et la
construction de leur identité.
II.
Beaucoup de jeunes trouvent dans les multimédia une occasion de
satisfaire cette disposition humaine fondamentale qu’est la curiosité ( le
pourquoi et le comment des choses et des êtres ). Ils peuvent le faire sans
tabou ni contrôle : cela aussi, c’est grandir, même si on s’y brûle
parfois le bout des ailes.
III.
A l’occasion, les jeunes peuvent éventer dans les MM des surplus
d’agressivité ou de pulsions sexuelles qui ne peuvent pas diriger tout de suite
sur des objets externes incarnés : parfois ce sont de pures équivalents
fantasmatiques ; ailleurs, c’est déjà plus interactionnel, mais avec des
interlocuteurs médiatés. Ah, comme ça peut faire du bien, tel jeu vidéo
violent, en écoutant Eminem chanter sa révolte tous azimuts, juste après les
injustices criantes du prof de mathématiques ! Et ma foi, même si ce sont
des représentants de l’ordre établi qui y sont massacrés, ce n’est jamais qu’un
jeu, et l’adolescent normal sait bien faire la part des choses entre
l’imaginaire et la réalité ! Et une conversation sexuelle, voire un peu de
cybersexe avec une fille de Montréal que ça amuse aussi, c’est déjà se hasarder
à dépasser le monde de la sexualité solitaire ; cette expérimentation
est-elle ipso facto plus délétère qu’une fellation dans les cabinets du collège,
avec un plus jeune qu’on a plus ou moins forcé à jouer Monica Lewinski ?
IV.
Dans un ordre d’idées analogue, les MM permettent bien d’autres petites
transgressions commodes, tâtonnements nécessaires à l’affirmation de soi et au
grandissement : depuis les sales coups joués à des internautes qu’on
n’aime pas, ou encore, depuis la pratique du piratage façon script kiddies[2],
jusqu’à l’expertise théorique acquise en matière de cannabis – ça, c’est de
l’information qu’un jeune va plus volontiers chercher que la biographie de
Charles Quint pour le cours d’histoire ! -. Ou encore, jusqu’à la
fréquentation occasionnelle de la pornographie – Ah, tous ces gamins de 9 ans
qui cherchant « pipi » ou « caca » sur Google pour se prouver qu’ils sont grands, et voient des sites scato
leur sauter en pleine figure !
V.
Les MM, et toujours et surtout Internet, permettent encore aux jeunes de
découvrir et d’explorer différentes facettes de ce patchwork qu’est
« l’identité ». Selon les sites et interlocuteurs du moment, les
voici porteurs de « pseudo », d’une carte d’identité et de manières
d’être bien différentes[3].
Tour à tour rudes, timides ou tendres, régressifs jusqu’à se dire bébés
attardés ou avançant leur âge pour mieux
séduire amoureusement, changeant parfois de sexe, ces jeux d’identité,
qu’ils maîtrisent parfaitement et où ils désirent bien plus s’essayer à ce
qu’ils pourraient être que tromper l’autre, les amènent progressivement à mieux
identifier tout ce dont ils sont faits ; mieux s’assumer dans leurs
dimensions intérieures et être plus tolérants pour celle des autres ;
gagner en confiance en soi et se choisir petit à petit une identité dominante.
VI.
Et j’en arrive ainsi à décrire et évaluer les trois objectifs que les
jeunes déclarent le plus clairement lorsqu’on leur demande ce qu’ils vont faire
dans les MM :
A. Il s’agit
d’abord et beaucoup de communiquer. Communiquer avec leurs copains de toujours,
avec qui ils aiment être branchés en permanence, et communiquer avec le monde
entier, parfois tous âges confondus. C’est la réponse de leur génération à la nôtre, bien plus centrée sur
l’individualisme : eux, ils vivent en réseau. Ce n’est pas principalement
sous la pression des facilités technologiques ni de la publicité. C’est parce
qu’ils adorent être en relation ; c’est parce qu’ils sont curieux,
intéressés par les différences humaines et plus tolérants à elles que nous ne
l’avons été. Il y a de tout dans ces communications, et il est injuste - et
typique d’une rivalité intergénérationnelle - de les réduire à des chit-chats superficiels ; elles
peuvent être profondes ou passionnées : chacun y met en jeu son intimité,
ses incertitudes et ses contradictions, ses défaillances, sans se sentir obligé
de jouer un rôle. Peut-être le contrôle sur l’anonymat et sur la possibilité de
débrancher à la seconde y contribuent-ils ? Oui, sans doute, mais pas
fondamentalement. On a dit parfois d’Internet qu’il constituait le plus grand
groupe de self-help du monde, immense
réservoir communicationnel où, entre gens connus ou inconnus, s’exercent de profondes
entr’aides, solidarités et fonctions thérapeutiques informelles. Et ne parlons
pas des engagements politiques, philosophiques, idéologiques et des défenses de
droit de l’homme dans lesquels les jeunes prennent leur part, et qui font leur
chemin eux aussi à travers le web ou
les échanges de courriels.
B. Un grand nombre
de jeunes cherche aussi tout simplement à s’y distraire. Distractions
contemporaines chatoyantes, où l’excitation
du maniement réussi de l’appareil et l’esthétique des percepts sont autant
source de plaisir que le résultat. Distractions vécues seules ou partagées avec
des pairs ( on en parle à la récré ; on est à deux ou trois devant
l’écran ; on échange des fichiers ; on se plonge dans un jeu multiplayers …). Distractions plutôt
stimulantes pour l’esprit, même si l’on ne bouge pas beaucoup :
l’interactivité y domine largement. Nous faisons souvent reproche à nos jeunes
de passer trop de temps à ces distractions cocoon
et sans doute n’avons-nous pas complètement tort[4].
Mais par ailleurs, les rues de nos villes sont-elles encore si sûres pour y
jouer ? Et les distractions organisées ( sports, stages ) si bon marché,
et si « distrayantes » qu’elles l’annoncent ?
C. Enfin, les
jeunes se servent aussi des MM – Internet toujours en tête - pour collecter de
l’information : d’abord celles de la vie quotidienne, sociale,
récréative, qu’ils se débrouillent pour trouver vite fait bien fait ;
puis, les informations logistiques sur le maniement même des MM, où beaucoup
sont « au top ». Et il y a aussi l’information qui devrait constituer
une des sources de leur savoir sur la vie. Information qu’on leur demande de
collecter dans le cadre de recherches scolaires ou qu’ils vont parfois chercher
tout seuls, en référence à des intérêts personnels. Ici, hélas, il m’arrive
d’être sceptique quant au fruit bien intégré de leur démarche : une partie
d’entre eux s’en tient à constituer de beaux dossiers et fichiers,
esthétiquement conçus selon leurs critères personnels, davantage que de retenir
ce qu’il y a dedans. D’autres veulent tout sucer de leur pouce, sans référence
à un savoir transmis hiérarchiquement, de génération en génération et sans
avoir toujours l’esprit critique nécessaire pour distinguer l’information
correcte et celle, trompeuse, dictée par les idéologies, la perversité ou le
commerce.
§ III. Les risques et les franches destructions
Ce qui précède
constituait la description des dimensions positives de la langue d’Esope. Voici
maintenant le revers de la médaille, c’est-à-dire les pièges des MM : tout
le monde est susceptible d’y tomber par ingénuité - le temps de se reprendre -
ou lors d’une passe défavorable occasionnelle de sa vie, et quelques-uns s’y
empêtrent longuement.
I.
Le premier risque est quantitatif, c’est la MM-dépendance, avec son application
la plus fréquente, la cyberdépendance. Même si elle frappe surtout au-delà de
20 ans, principalement les gens sans liens ni bonheur relationnel, elle
n’épargne pas une petite partie des mineurs d’âge, ceux chez qui les parents
n’ont pas été assez vigilants pour amener progressivement une autodiscipline
dans l’usage des MM. La cyberdépendance peut consister en un surf diffus et interminable sur les
diverses fonctions d’Internet, ou avoir un objet très précis ( le chatt, les jeux vidéos, la pornographie
ou telle fixation pornographique, la fabrication de logiciels et l’amélioration
sans fin de l’ordinateur, le téléchargement obsessionnel de musique et de
vidéos, etc.).
II.
Les autres risques constituent un retournement qualitatif en son
contraire de chacun des acquis potentiels décrits dans le paragraphe précédent.
-
Le sentiment de compétence peut se transformer en ivresse de
toute-puissance. Celle-ci coupe le jeune des autres, le rend esclave d’une
machine procurant tant de jouissances et d’illusions, et le pousse même à
expérimenter dans le monde réel, l’une ou l’autre stratégie violente ou
sexuelle dont il s’est déjà repu virtuellement, principalement pour le plaisir
de se sentir invincible : inutile de rappeler que ce dernier passage à
l’acte, rare, menace surtout les jeunes dont l’équilibre psychique préalable
était déjà problématique !
- La rencontre faite avec la sexualité se focalise sur une zone de plus en plus étroite, sur laquelle se fixent, parfois définitivement et précocement, l’orientation ou les goûts sexuels du jeune[5]. Cette fixation peut porter sur la sexualité ordinaire réduite à sa dimension pornographique, ou être antisociale ( pédophilie ) ou perverse. Selon les cas, le jeune ne réalise sa fixation qu’en solitaire ( par exemple : collection d’images et de vidéos ), la partage sur le web avec d’autres « cyber-fixés », et/ou l’exporte dans le monde incarné.
-
Dans un ordre d’idées analogue, les transgressions dont tout jeune est
amateur peuvent le pousser à chercher des connaissances de plus en plus antisociales et à les mettre
en pratique sur le web ou dans le
monde incarné ( création ou renforcement
d’une structure délinquante ). Le jeune ne se fait pas toujours
facilement à l’idée qu’il devient
délinquant, tant les sites visités paraissent lointains ( faussement
« virtuels ») et tant il est intoxiqué par l’idée que des foules
d’internautes font comme lui et donc que ce n’est pas grave.
-
La fréquentation en solitaire des MM peut couper de plus en plus des
liens sociaux incarnés, ce qui convient très bien à certains jeunes peu sûrs
d’eux ; ils se contentent de fréquenter des mondes où l’autre n’est
présent qu’indirectement et où ils ont la maîtrise de l’anonymat et du
débranchement. Alors, même des échanges au contenu très profonds, peuvent
constituer un chant de sirène, s’ils ne coexistent pas avec des rencontres
incarnées, ou s’ils n’y conduisent pas progressivement.
-
Quelques jeunes sont tellement dépendants des MM, comme source de
distraction qui remplit leur vie qu’ils en deviennent … trop pleins. Ce n’est
pas qu’ils confondent le réel et l’imaginaire, c’est plutôt qu’ils ne savent
presque plus se débrancher : même quand le média n’est pas là concrètement
en face d’eux, il est toujours occupé à agir dans leur tête, où continuent à
passer presque sans fin les images, les sons, les expériences médiatiques qui
les ont le plus excités. Alors, bonjour les dégâts scolaires et ceux en
sociabilité !
-
Enfin, s’il se construit chez certains jeunes trop de savoirs erronés ou
superficiels, parce que l’intergénérationnel et l’éducation à la critique
scientifique ne jouent plus, nous n’avons qu’à nous en prendre à nos démissions
d’adultes !
§ IV. Faits nouveaux : la nécessaire implication
des adultes éducateurs
L’investissement
massif des nouvelles technologies MM par les jeunes est très vraisemblablement
un investissement durable. Leurs nouvelles façons de communiquer, de se
distraire et de s’informer ne devraient pas entraîner de frileuses positions de
repli d’anciens combattants, ni de sombres prédictions psychopathologisantes
construites à partir d’a priori !
I.
Tous les adultes devraient s’intéresser aux multimédias et y connaître
au moins un petit quelque chose, évitant ainsi de leur conférer la dimension
d’un monde réservé aux moins de 20 ans !
II.
Côté parents, nous avons à
rester des éducateurs actifs, tant dans le champ de la gestion des médias que
dans celui des idées qu’ils suscitent. Je me limiterai à développer deux idées
à ce propos :
A. Installer
précocement, dès 9-10 ans, une bonne discipline quant aux durées consacrées aux
MM ; ces durées peuvent certes augmenter au fur et à mesure que l’enfant
grandit, mais les parents doivent garder un vrai contrôle dessus, aussi
longtemps qu’ils ne sont pas sûrs que le jeune y arrive tout seul : la
MM-dépendance, et plus strictement la cyberdépendance, est vraiment une grande
misère, rebelle à améliorer, équivalente aux autres toxico-dépendances. Je ne
veux pourtant pas induire l’idée que les durées permises doivent être
maigrelettes. A titre d’exemple, on peut admettre qu’un enfant de 10 ans qui le
désirerait puisse consacrer 2h par jour de semaine aux MM, tous appareils
confondus, à certaines conditions : avoir fini et bien fini ses tâches
scolaires ; aller au lit à une heure raisonnable ( sans écran allumé dans
sa chambre !) ; ne pas échapper par médias interposés à des services
matériels à rendre en famille ni à de saines distractions familiales ou
sociales, pour peu qu’elles soient concrètement accessibles ; dans le même
ordre d’idées, si une famille en a les moyens financiers, elle peut acheter
deux ou trois ordinateurs et les installer dans une pièce commune conviviale,
plutôt que de régler sournoisement la question des durées en obligeant les
utilisateurs potentiels mineurs d’âge à se bagarrer et à « s’arranger »
autour de l’unique appareil de la maison : à ce jeu-là, ce sont trop
souvent les plus forts qui gagnent !
B. Dialoguer
beaucoup avec les enfants et les adolescents : sur la place des médias
dans nos vies et dans les sociétés ; sur les intérêts et les risques liés
à leur utilisation ; sur les idées et les images qu’on y capte et sur les
valeurs ; sur la pornographie, le Bien, le Mal. Je préfère mille fois ces
discussions, pas toujours suivies d’obéissance, que la croyance en la vertu des
filtres ou des seules interdictions proférées de haut. Une des idées-clé de ce
dialogue est la suivante : ce qui se pratique sur Internet et dans les
autres MM, c’est susceptible d’être aussi bien, « neutre », ou mal
que ce qui se pratique dans la vie incarnée ; et dans la famille, on
attend de chacun, adultes et jeunes, qu’ils soient plutôt des gens
« bien », même si, pour y arriver, ils doivent parfois se battre …
avec eux-mêmes.
III.
Côté
professionnels de la santé mentale, il n’est plus possible d’ignorer cet investissement
massif des MM par les jeunes. Bien des voies sont possibles pour nous y
investir : tout simplement, nous enquérir amicalement de ce qu’ils y font,
lors des consultations et des thérapies, et nous y intéresser ; utiliser
des médias modernes dans la panoplie de nos techniques de prise en charge (
courriels ; programmes d’éveil cognitif en orthophonie ; jeux vidéos
en hôpital de jour, etc.) ; être présent sur le web ( sites d’information ; forums questions-réponses pour
jeunes …) ; aller à la rencontre de jeunes à la dérive sur des chatts, comme le font les éducateurs de
rue dans la vie incarnée, etc.
[1]
Psychiatre
infanto-juvénile, docteur en psychologie, professeur ordinaire à la Faculté de
Médecine de l’Université Catholique de Louvain, directeur de l’Unité de
Pédopsychiatrie des Cliniques Universitaires St Luc. Email : jean-yves.hayez@pscl.ucl.ac.be
[2] script kid, pirate, souvent adolescent, qui s’amuse à parasiter symboliquement le courriel ou d’autres fichiers d’une entreprise, histoire d’y poser sa marque.
[3]
Je ne me réfère pas ici aux personnages – pourtant
déjà révélateurs – que les jeunes peuvent endosser dans les jeux vidéos multiplayers, mais plutôt aux
personnages parfois variés qu’ils prétendent être pour du vrai face à leurs
interlocuteurs médiatés.
[4] Je reviendrai plus loin à la question de la réglementation du temps.
[5]
Par
exemple, des adolescents d’abord bien indécis voient leur homosexualité
« prendre » rapidement, comme une sauce qui s’épaissit, à partir des
nombreux encouragements et images pornographiques rencontrés sur le Net.