COMMENTAIRE ET DEBAT RELATIF A MON TEXTE : LES
BEBES MEDICAMENTS
Jean-Yves
Hayez
Comme promis, voici l’intégrale de vos réactions, ainsi qu’un petit
débat, à propos de mon texte « les bébés médicaments ».
Mes réactions … à vos réactions figurent en italique
bleu.
D’abord et avant tout, je suis conscient qu’il y
avait dans le texte que vous avez reçu il y a un mois de petites erreurs sur
les techniques médicales à l’œuvre, que je ne connais pas bien en détails. Cela
ne me semble pas très important, car cela ne met pas en question l’essentiel de
mon argumentation.
Ce que l’article met en question, c’est la
procréation d’enfants, éventuellement avec des techniques médicales qui en
sélectionnent le patrimoine génétique, conçus principalement pour que des cellules
de leur corps ( ou des cellules du cordon ombilical ) soient greffées à un
frère ou une sœur malades pour tenter de lui sauver la vie. Même si on n’en
n’est pas là aujourd’hui, on devine bien à quelles autres applications on
pourrait aboutir : sauver la vie d’un autre proche par le sang ou,
simplement, le guérir d’une maladie invalidante non-mortelle.
Dans un ordre d’idées analogues, je me pose aussi
des questions sur des prélèvements ( actuellement essentiellement de moelle
osseuse ) effectués sur des enfants très jeunes, avant l’âge où un certain consentement est possible.
Par contre, cela ne me pose évidemment aucun problème éthique que
l’on recueille et conserve les cellules d’origine placentaire du cordon
ombilical d’un nouveau-né, qui n’aurait
pas été conçu avec le projet principal d’être le sauveur d’un autre.
§ I. COMMENTAIRES
EN ACCORD OU PLUTOT EN ACCORD AVEC LE TEXTE
Ce 05 mai 2005 du Dr Guy De Saedeleer, gynécologue
Ce 06 mai 2005 de Vincent Decroly, psychologue,
ancien député Écolo
Ce 06 mai 2005 de Anne-Marie Roviello, philosophe,
professeur à l’ULB
Ce 18 mai 2005 de Caroline Depuydt, médecin en 5e
année de formation en psychiatrie :
« … Ce qui me
frappe, c'est la confusion de deux axes, celui de l'imaginaire et celui du
réel, dans cette affaire de bébés médicaments. Que des parents aient des désirs
sur leurs enfants ou futurs enfants, c'est évident, c'est parfois lourd à
porter, mais c'est aussi nécessaire. Néanmoins cet imaginaire qu'on développe
autour de son enfant ( ce qu'il pourra être - un prix Nobel - ou faire - du
judo à un niveau mondial ) vient s'inscrire dans le registre du réel quand le
bébé EST un bébé-médicament. Que peut-il être d'autre à partir de ça, comment
peut-il se décaler de ce poids du réel qu'il porte dès avant sa naissance?
Quand l'imaginaire vient s'inscrire dans le réel, ça devient assez mortifère à
mon sens… »
Le 19 mai 2005 du Dr André Denis, pédopsychiatre,
directeur du centre de santé mentale de Tournai, past président de la ligue wallonne de santé mentale :
« …
Ces quelques mots n'ont
d'autre but que de soutenir sans aucune réserve les différents arguments que tu
avances autant que les positions éthiques que tu soutiens à savoir :
- Tout humain est une
personne singulière, invitée à écrire le " roman de sa propre vie ".
- Autant que possible
l'enfant doit être attendu pour lui-même, même si l'on sait qu'il est
inévitable qu'il naisse sans répondre à certaines attentes parentales plus ou
moins conscientes.
Je partage également ta
proposition qui a l'avantage d'être sobre, à savoir : celle d'un " non de
principe " … sauf s'il était en âge de dire un " oui clair et
personnel " à ce que les adultes sollicitent de lui ... et encore !! ceci
demanderait débat…. »
§ II. COMMENTAIRES
PLUS NUANCES OU DUBITATIFS
Ce 05 mai
2005 de Régine Boone, magistrat, administratrice de l’Ecole des parents et des
éducateurs :
« … Je constate que
l'homme ( et la femme ) utilise les techniques qu'il découvre et maîtrise et
que donc une opposition ne fait que freiner le phénomène de quelques années, au
mieux ...
Il n'y a pas selon moi à
avoir de grand débat théorique, il y a à s'atteler à aider chaque individu à
élargir la conscience de ses faits et même de ses pensées ... et de leurs
conséquences ... c'est une des raisons de ma participation à l'EPE,
justement et c'est un fil dans ma vie: la voie vers la conscience ( et le
discernement ) ... »
Ce 05 mai 2005 de Roland Coenen, psychothérapeute
systémicien, directeur de la maison d’enfants (CES) Le Tamaris :
« Le
XXIe siècle sera celui des défis dans beaucoup de domaines. Nous vivrons sans
doute la fin du pétrole, le développement des mégapoles, le réveil des
eugénismes, sous le coup de pressions diverses, liées soit à la prolifération
des maladies, à l’explosion démographique ( trois milliards d’êtres humains en
1955, huit milliards en 2025 ) ou à la gestion des soins de santé corrélés avec
le vieillissement de la population, et les limites du système de
sécurité sociale. Soumise à ces pressions, la valeur de la vie se mettra
forcément à évoluer ; nous accorderons peut-être plus de prix à la santé,
aux prédictions sanitaires, et, évidemment, aux idéaux prometteurs d’une
génomique sans cesse plus séduisante, plus convaincante, avec le risque
d’erreur que, bien sûr, cela comporte. Si « émotionnellement »
j’adhère à l’appel lancé par Jean-Yves, je ne nous accorde cependant que très
peu de chances dans quelque réussite que ce soit à ce plan strictement éthique.
Comment pourrons-nous empêcher, et même simplement gêner, des expériences qui
se feront sous l’action de pressions pragmatiques de plus en plus
efficaces ? Il n’y a pas si longtemps, la psychologie condamnait
l’homosexualité, des thérapeutes renommés se prononçaient vivement contre
l’homoparentalité, et toujours l’évolution sociale leur a donné tort.
L’éthique, quelle qu’elle soit, peut-elle vraiment empêcher une évolution que
des logiques économiques, eugénistes, ou simplement publicitaires, pousseraient
à émerger ? En somme, même si j’adhère à la nostalgie inévitable qui accompagne
le spectacle du naufrage « de mon monde à moi », je me dis aussi, et
résolument, en tant que professionnel de l’enfance et de la santé mentale,
qu’il est impératif de me préparer psychiquement et techniquement à bientôt
encadrer, soigner et aider, les tous prochains
« enfants-médicaments ». Sans me départir d’une éthique personnelle
qui m’aide à vivre, mon éthique professionnelle, semble pouvoir m’aider en ce
sens à adapter les plus faibles au bouleversement perpétuel. Nous n’empêcherons
pas la progression des savoirs, et dans cette progression nous n’empêcherons
pas les erreurs. Quelle que soit la réalité, notre devoir, encore et toujours,
sera de développer des savoirs adaptatifs pour les victimes de ces erreurs, -
comme d’ailleurs pour les pionniers des expériences réussies -. En somme, comme
disait Claude Chabrol : « Je ne suis pas un pessimiste. Je suis un
optimiste qui a beaucoup d’expérience ... »
Mes réactions :
-
Nous sommes tous incertains, finalement, de la valeur humaine
profonde de nombre d’innovations sociales et technologiques.
Ce pourrait être de la démission et de l’illusion
que de croire « Puisqu’elles existent, générées par de fortes poussées sociales et/ou économiques, ce sont des
progrès ; d’ailleurs l’histoire a toujours intégré ces changements et, tôt
ou tard, les a désignées comme progrès pour l’humanité » ; ou alors,
de dire « On ne pourra pas arrêter le rouleau-compresseur de la
technologie ; donc il faut s’adapter ». Si on pousse cette logique au
bout, aucun combat éthique ou social n’en vaut plus la peine : il est
perdu d’avance.
Mais à l’inverse ce pourrait être de la nostalgie
et de la stérile résistance au changement que de condamner toute manière
nouvelle de penser l’humain, de le mettre en circulation, ou d’organiser sa vie
sociale. Donc, heureusement qu’il y a des voix vers l’ouverture et d’autres,
qui rappellent les risques.
-
Bien sûr qu’il faut aider le mieux possible les enfants nés dans
ces contextes et leur famille à s’adapter à leur situation ( Mme Appelboom dira
dans l’intervention suivante : le bébé conçu a droit à une existence
propre. ». Mais ici encore, attention à l’utilisation perverse de cette
idée pourtant très juste : rien à faire pour dire « non », donc,
au moins, on va aider ces enfants à vivre ! Cela a déjà conduit à de
terribles dérives ( par ex. l’Etat se conduit de façon inhumaine avec beaucoup
de sans-papiers, mais bon, il paie des psychologues dans les centres fermés
pour bien les accompagner ).
Ce 13 mai 2005 du Pr Jocelyne
Appelboom, responsable de la psychiatrie infanto-juvénile à l’hôpital des
enfants malades reine Fabiola (ULB) :
« Je
pense qu’il faut nuancer. Tant mieux si la technique médicale permet de sauver
plus de gens ; tant mieux si le sang du cordon est curatif ; à nous
les psy de sensibiliser la société au fait que le bébé conçu a droit à une
existence propre ; à nous de veiller à ce que tous les individus soient
égaux face à la santé … »
Ce 13 mai 2005 de Martine Vander Marcken,
psychologue clinicienne spécialisée en onco-pédiatrie :
« Si je partage tes inquiétudes quant à la
légitimation des P.M.A. avec sélection d’embryons HLA compatibles avec un aîné
gravement malade, je ne partage pas pour autant l’ensemble de tes arguments et
conclusions. Certes, je te rejoins en ce qui concerne la dualité de la médecine
nord-sud, mais ce n’est pas spécifique à l’objet de nos préoccupations…
En
ce qui concerne le sang de cordon ombilical, ton objection : « on décide à sa place et à son insu d’un geste capital qui engage son corps »
est difficilement défendable face à la réalité des banques de sang de cordon
qui existent depuis +/- 15 ans et qui n’existent que grâce à la solidarité de
milliers de couples à travers le monde ( le Nord du monde, ok !). Ces
derniers autorisent la récolte et puis la validation[1],
deux mois plus tard, de ce sang qui serait sinon détruit en tant que déchet
biologique.
Réaction de JYH : Mes lacunes d’information techniques m’ont
fait m’exprimer de façon confuse à propos du sang de cordon ( cfr mon texte
d’introduction ).Je me réjouis également vivement de leur existence … pour
l’ensemble du monde ?
Je
ne peux de même accepter tes arguments à l’encontre du don de moelle osseuse
venant de jeunes enfants.
Réaction de JYH : Je continue pour ma part à penser que ce
n’est pas un geste anodin lorsqu’il concerne de jeunes enfants, avant toute
compréhension et tout consentement raisonnable possible. Je vois cela comme le
conflit moral « du moindre mal » et, si j’étais médecin ou parent, je
procéderais – ou je ferais procéder – au prélèvement, mais en assumant –
sereinement – que c’est un moindre mal et qu’il faudra examiner par la suite
auprès de l’enfant quelles traces traumatiques il a pu laisser.
§ III. Un commentaire à l’encontre du
texte
Ce 19 mai 2005 de Jean-Michel Longneaux, éthicien,
professeur aux Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur ( Belgique
). Texte écrit à l’occasion de la naissance d’Adam Nash, un des premiers
« bébés-médicaments » connus.
« ...
Et si on laissait Adam dormir en paix ?
« …Tels parents désirent un deuxième enfant pour que le premier ne soit pas
seul ; ceux-là en désirent encore un parce
qu’après quatre filles, ce serait bien d’avoir un garçon. Telle femme en
veut un pour piéger son amant et le
forcer à l’épouser ou parce qu’elle a 35 ans et qu’après, elle s’estimera
trop vieille. Et telle autre encore, jalouse, veut faire comme sa sœur
enceinte. Et bien des couples attendent un enfant simplement parce qu’ils ont envie de fonder une
famille. Finalement, tous ces enfants, pour telle ou telle raison, sont conçus
pour faire le bonheur de leurs parents. Bref, ils ne sont certainement pas des
enfants désirés pour eux-mêmes. Alors, faut-il condamner tous ces parents, au
même titre que ceux-là qui ont mis au monde Adam pour prélever un morceau de
son cordon ombilical et donner ainsi une chance de guérison à leur fille Molly,
atteinte d’une maladie incurable de la moelle osseuse ?
Soyons réalistes : un enfant est toujours
“ instrumentalisé ”. Autrefois, on avait des enfants pour assurer la survie du clan. Les
bourgeois du XIXe siècle avaient un aîné pour
assurer la transmission du patrimoine et éduquaient leurs autres enfants par devoir, tandis que les paysans se
procuraient ainsi une main d’oeuvre
bon marché. Aujourd’hui, les enfants sont désirés : expression banalisée
qui signifie qu’ils sont “ objets ” du désir de leurs parents. Bref,
ils ne sont jamais considérés comme une fin en soi, ils sont toujours investis
comme moyen. Et cela, non pas d’abord parce que l’être humain est égoïste, mais
tout simplement parce qu’il lui est impossible de faire autrement. Et bien
plus, parce que c’est une bonne chose qu’il en soit ainsi. Considérons a contrario les enfants “ qui tombent du ciel ”, ceux-là qui
viennent à la vie en dehors de tout projet. Ce ne sont pas des enfants
“ accueillis ” de façon désintéressée et considérés comme une fin en
soi : ce sont bien plutôt des enfants ( tout d’abord ou définitivement )
rejetés. Un enfant, pour grandir, a donc besoin non seulement d’un ventre qui
l’accueille mais aussi d’un projet où prendre place. L’idéologie qui exige que
l’enfant-roi soit exclusivement considéré comme une fin en soi est par
conséquent un mensonge par rapport au dynamisme de la vie. Mais elle est de
surcroît un angélisme nocif par lequel les parents essaient de s’innocenter
(bien sûr, ils sont entièrement dévoués à leurs enfants !) mais qui,
finalement, ne réussit qu’à les culpabiliser pour avoir en vérité
“ désiré ” leurs enfants, pour avoir voulu qu’ils leur apportent du
bonheur.
La question ne porte donc pas sur le fait que le
petit Adam Nash ait été conçu pour des raisons qui lui échappent. Le vrai
problème est de savoir si, comme à tous les enfants, on permettra à Adam Nash
de se libérer des circonstances, certes particulières, qui l’ont vu naître. Car
effectivement, naître, ce n’est pas seulement sortir du ventre de sa mère,
c’est aussi sortir des projets de ses parents, sortir, dans le meilleur des
cas, de leur amour et dans le pire, de leur haine, pour devenir enfin le point
de départ de sa propre vie.
Donner aux enfants la possibilité de s’extraire
des “ bonnes ” ou “ mauvaises ” raisons de leurs
parents ou concepteurs, c’est précisément ce que l’on ne fait pas avec les
embryons supprimés parce que jugés inutilisables. Et c’est le premier problème
que pose le cas qui nous retient : non pas le fait que l’on ait produit
des embryons techniquement mais le fait que des “ spécialistes ”
s’arrogent le droit de les réduire à leur utilité selon les critères de la
médecine. En dehors d’une telle utilité, point de salut. Quant à Adam Nash, sa
médiatisation actuelle doit être regrettée. En médiatisant leurs prouesses, les
scientifiques en quête de notoriété enferment ce bébé dans un rôle dont il n’a
que faire : il n’est plus que le premier “ bébé thérapeutique ”,
un peu comme Louise Brown est moins
Louise Brown que le premier bébé éprouvette. Quant aux éthiciens qui
restent circonspects, c’est encore plus grave. Leurs doutes laissent entendre
que peut-être cette prouesse n’aurait pas dû être permise et qu’à l’avenir, il
faudra trouver des alternatives, traduisez : cet enfant n’aurait peut-être
pas dû voir le jour et à l’avenir, on espère ne plus voir des enfants comme ça.
Et enfin, la curiosité ou l’indignation de l’homme de la rue, vous et moi,
n’enferment-elles pas encore un peu plus Adam Nash dans cette identité
artificielle, celle qui consiste à n’être finalement qu’une “ prouesse
médicale suspecte ” qui, en dehors de cela, n’offre aucun intérêt ?
Certes, ni le scientifique, ni l’éthicien ni le citoyen ne veulent nuire à cet
enfant. Mais mesurent-ils l’impact de leurs propos ?
Alors, chut, plus de bruit. Il serait dommage que
tous ces bavardages nuisibles troublent plus longtemps le sommeil de ce bébé
comme les autres… »
Le texte de Jean-Michel Longneaux doit certainement nous faire
réfléchir.
a.
A propos de l’instrumentalisation systématique de tout enfant par
le désir de ses parents, je trouve néanmoins que, quelque brillante que soit
son argumentation, il pousse le bouchon trop loin.
D’abord, il ne fait pas la distinction imaginaire –
réel qui est très bien décrite dans le texte du Docteur Caroline Depuydt cfr
supra). De toutes les attentes imaginaires, l’enfant peut s’échapper … ici, sa
mission concrète, on ne lui donne pas le choix : on prélève …
Ensuite, à l’intérieur de l’imaginaire, il y a des
gradations quand même : ça me paraît naturel d’être désiré par des parents
qui veulent fonder une famille …, voire par des pauvres qui fantasment un bâton
de vieillesse c’est déjà beaucoup plus à risque d’être désiré comme enfant de
remplacement après la mort d’un aîné.
b.
Donc, le texte risque de conduire à la démission et à accepter
n’importe quel mode d’accès à la vie, puisqu’il y a du désir partout.
c.
Ces restrictions étant dites, je suis d’accord avec une bonne
partie des positions et recommandations du texte :
-
Il nous revient de rendre l’enfant à lui-même et de le libérer de
l’excès d’attentes de ses parents ou de son entourage.
-
Quel dommage, la médiatisation ( comme la légalisation …) qui ne laissent
pas ces enfants dormir en paix.
d.
Enfin, et bien que ce soit un autre débat, je partage tout à fait
le point de vue de Monsieur Longneaux sur les embryons sacrifiés.
ENCORE UN GRAND MERCI A TOUTES CELLES ET CEUX QUI ONT PRIS LA PEINE
DE ME COMMUNIQUER LEURS REFLEXIONS
J.-Y. Hayez
[1] Validation du sang de cordon : Le sang de cordon prélevé à la naissance, sera validé, c’est-à-dire enregistré dans les banques, à la condition – sine qua non - qu’une prise de sang soit faite à la mère, deux mois après la naissance, garantissant l’absence de pathologie infectieuse qui aurait été indétectable lors de l’accouchement.