Jean-Yves Hayez [1]
35,9 millions d’euros pour
le circuit de Francorchamps, et sans grand Prix couru en 2006. Sourire aux
lèvres, ils nous jurent que c’est un bon accord ( le ministre Antoine), un peu
cher peut-être ( le ministre Marcourt ), mais que voulez-vous, chers
concitoyens, on n’avait aucune carte en main ( le ministre-président ).
Pas un sou de plus, c’est promis, comme on dit toujours quand on examine le
devis avant de construire la maison ...
Un prix exorbitant,
quel que soit le respect que j’ai pour le maintien de l’emploi dans cette région.
35,9 millions pour du
bitume et la fumée des moteurs alors que :
15%
des belges vivent sous le seuil de la pauvreté.
Il
nous manque des milliers de logements sociaux.
Le
chômage, notamment des jeunes, reste effrayant, et certaines zones de la région
wallonne (le Borinage par ex.,) véritablement sinistrées.
Plutôt
qu’accroître significativement l’emploi des enseignants, on préfère encore et
toujours les classes à gros effectifs ; on préfère fermer les petites
écoles rurales dès qu’il y manque un élève.
On
n’aura bientôt plus de médecins ni d’infirmières dans les hôpitaux.
L’ouverture
aux immigrés pauvres, c'est à dire à la misère du monde, est des plus
réduites ; on les parque comme des bêtes avec leurs enfants dans des
centre fermés.
La liste peut
s’allonger, presque indéfiniment. S’ils répondent à ceci, je les entends déjà
nous embrouiller en faisant remarquer que certaine de ces plaintes ne sont pas
de leur compétence. Ben voyons !
Demain, ils vendront à
Myttal les 450 millions d’euros d’action de la région wallonne, en nous
expliquant, toujours la main sur le cœur et le nœud papillon frétillant que
« c’est une bonne affaire pour nos concitoyens ». Et après-demain,
Myttal saignera l’Europe à blanc.
Ce qui m’effraie,
autant que les aberrations de leur politique, c’est notre silence soumis de
citoyens....une bonne préparation de marketing à la RTBF, et hop, ça va passer
comme sont passées mille autres incommensurables bêtises ou turpitudes.
Quand allons-nous
enfin dire NON, comme des populations savent parfois le faire en se levant en
masse , sans leurs partis politiques auxquels elles ne croient plus elles non
plus. En Bolivie, en Afrique, on descend dans la rue, pacifiquement, à la
Gandhi, et on finit par chasser les plus incapables. L’heure n’est-elle pas
venue d’y réfléchir sérieusement ?
Jaurès, et vous, tous
les grands socialistes de la première heure, et vous, Monseigneur Mercier et
les grands chrétiens engagés dans de dures luttes sociales, revenez, revenez
vite, ils sont devenus fous !
[1] Psychiatre infanto juvénile, docteur en
psychologie, professeur ordinaire à la Faculté de médecine de l’Université
Catholique de Louvain, chef du service de psychiatrie infanto-juvénile des
Cliniques Universitaires St-Luc.
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