Hier matin, au troisième
jour de la disparition de Madison, le Plan Enlèvement n’avait toujours pas été
déclenché, les autorités judiciaires estimant qu’il n’y avait pas assez
d’éléments pour l’appliquer.
Par contre, la thèse de la
fugue était toujours évoquée.
Pour le professeur Jean-Yves
Hayez, pédopsychiatre, retenir l’hypothèse de la fugue lorsqu’un enfant de cinq
ans disparaît, “ c’est vraiment une hypothèse d’incompétents ”.
“ C’est la répétition de
l’hypothèse un peu débile avancée lors de la disparition de Julie et Melissa ”, se rappelle le professeur
Hayez. “ Pour qu’un enfant de cinq
ans fasse une fugue, il faut qu’il s’agisse d’un enfant autiste, ou
hyperkinétique, beaucoup plus nerveux que la majorité des enfants et que, au
moment d’une grosse frustration ou d’une grosse colère, il parte en courant de
la maison et fasse un kilomètre ou deux ... Mais dans ce cas, je ne vois
pas pourquoi les parents cacheraient qu’il s’agit d’un enfant très nerveux et qu’il
y a eu un problème particulier ”.
Pour Madison, on n’était
manifestement pas dans cette hypothèse-là. C’est d’ailleurs le matin que la
maman de la fillette a constaté son absence, à un moment où il ne pouvait y
avoir eu dispute. “ De toute façon ”, poursuit le Professeur Hayez, “ admettez qu’un enfant
extrêmement nerveux parte en claquant la porte, vous ne pouvez jamais oublier
qu’il peut tomber dans le canal ou rencontrer un Dutroux sur sa route. ”
“ Ce qui peut aussi arriver,
mais vers l’âge de dix ans et c’est également très très rare, c’est qu’un
enfant fasse une grosse dépression et parte avec l’idée de se donner la
mort. ”
Finalement, on le sait,
Madison avait bien été enlevée, et vraisemblablement par quelqu’un qu’elle
connaissait. “ Ce qui pose le problème de
la crédulité, de la naïveté, de la confiance que des petits enfants bien élevés
accordent à des proches ”, explique Jean-Yves Hayez.
“ Mais il vaut mieux, de
toute façon, élever ses enfants dans la confiance que ans la méfiance générale.
Malheureusement, le problème, dans un système éducatif, c’est que le risque
zéro n’existe pas. ”
M.B. VALENTIN
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