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Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez
Jean-Yves Hayez |
Atteintes sexuelles
des
enfants.
Une perspective phénoménologique et de
Santé Publique.
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* biographie, recueil de publications scientifiques et articles
de presse du professeur Jean-Yves Hayez.
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" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va
et d'employer l'esprit à le justifier."
Jean Guéhenno.
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Atteintes sexuelles des enfants :
une perspective phénoménologique et de
Santé Publique.
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J.-Y. Hayez
(1).
I. Par " intégrité sexuelle ",
il faut entendre l’état physique et
psychique qui résulte du respect par autrui du développement et de
la vie sexuels de l’enfant:
(2).
bon état de son corps sexuel,
sérénité et confiance de l’enfant par rapport à sa sexualité et
à celle des autres ; représentation positive de son Soi sexué et de
sa propre vie sexuelle ; droit qu’il se donne à pratiquer une
sexualité joyeuse, sociable et en concordance avec son âge
développemental ; capacité de veiller sur son corps sexuel et de
le protéger, etc.
II. Je distingue quatre catégories d’expériences
susceptibles de
porter atteinte à l’intégrité sexuelle de l’enfant : les
dysfonctionnements éducatifs, les épines sexuelles, les dérapages
sexuels et les agressions sexuelles graves ; de ces dernières,
je ne traiterai ici que les abus sexuels graves.
Ces catégories se différencient par leur nature et
leur fréquence :
très élevée pour la première,
élevée pour la seconde et rares pour
les deux dernières. Elles se distinguent aussi par la
gravité statistique
(3).
de leur impact. Le tableau I en rend compte : les
catégories d’atteintes sont placées en colonnes, du
plus au moins
fréquent en allant vers la droite. La gravité
correspond aux rangs du tableau,
étant bien entendu que le contenu et les frontières
des trois rangs sont évaluées de
façon partiellement et inévitablement subjective.
Tableau I : Fréquences et gravité des atteintes
à l’intégrité sexuelle

Commentaires :
A.Sur le plan qualitatif, l’impact d’une atteinte peut se
déployer dans deux directions très différentes :
-
L’allumage sexuel prématuré de l’enfant :
l’expérience faite active sa vie sexuelle plus
vite que prévu, sous des modalités variables :
consentement à poursuivre
l’expérience dans la durée, sans plus ; stimulation
d’un hédonisme diffus et de
comportements sexuels sans retenue ; pervertissement, stricto
sensu ; droit que
l’enfant s’arroge à abuser à son tour d’autrui...
Dans les cas les plus graves l’adulte, soit qu’il veut entrer en
possession de tout
l’être de l’enfant, soit qu’il est lui-même
marqué par la perversité, corrompt
globalement l’enfant; il le rend dépendant de ses opinions
à lui l’adulte, mais aussi
de l’argent, des biens de consommation ( vêtements ...) et
même souvent des
drogues. De quoi en faire un(e) petit(e) prostitué(e) de
luxe, vedette à 12 ans d’une
" écurie "; spécialisée.
-
La traumatisation du psychisme : installation
d’idées et d’affects d’angoisse, de
culpabilité, de honte, de mauvaise image de soi, etc ...;
ils vont infléchir le
comportement général et sexuel de l’enfant
(4).
B. Sur le plan quantitatif, l’appréciation de la
bénignité ou de
la gravité d’une atteinte possède et conservera
inéluctablement
une dimension subjective. Pas un arbitraire total, non, car une
évaluation digne de foi s’appuie sur des données
d’observation,
des lectures, des grilles d’analyse validées
(5)
, ou/et des
discussions inter-juges entre collègues. N’empêche
que l’état émotionnel du moment de celui
qui évalue, son histoire de vie, son contexte familial, son
statut et ses institutions
d’appartenance, son imprégnation par les idées
sociales contemporaines, etc ...
influenceront aussi son travail.
Quoiqu’il en soit, je parlerai de :
1. Bénignité ou gravité légère,
lorsque l’atteinte de l’intégrité sexuelle :
* se cicatrise complètement et rapidement, en moins de
quinze jours ;
* ne laisse persister qu’une légère blessure morale
gênante pour
une durée indéterminable ; l’enfant continue alors
à
projeter et à faire tout ce qu’il aurait
réalisé s’il n’y
avait pas eu l’atteinte avec, par moments, un peu plus d’inconfort
intérieur ;
* ou entraîne un allumage sexuel de l’enfant qui reste
modéré,
sous le contrôle de celui-ci, et n’implique pas de
comportements antisociaux.
2. Gravité lourde ( sévère, importante )
lorsque l’atteinte :
* entraîne un traumatisme psychique important et
chronique avec dysfonctionnement général et
dysfonctionnements sexuels associés ;
* ou provoque un allumage sexuel important et durable : la
sexualité est devenue sans retenue ou perverse ; l’enfant
est susceptible d’abuser sexuellement autrui.
3. Entre les deux, il y a la zone un peu floue de la gravité
moyenne.
III. L’atteinte à l’intégrité sexuelle :
événement isolé ou
cascade de dominos qui s’abattent sur et dans l’enfant ?
Il est rare qu’une atteinte sexuelle se limite à un
événement
isolé, type confrontation fortuite à de la
pornographie très
hard sur internet. Bien plus souvent :

* la première phase de faits, au coeur de l’atteinte, est
constituée par plusieurs
expériences à récurrence prévisible ou
non ( p. ex. être " embêté ";
sexuellement pendant un bon mois par un grand ).

* Les remaniements intrapsychiques qui s’en suivent sont parfois
eux-mêmes à l’origine de comportements sexuels
inadéquats – par
exemple de la provocation -; mais ceux-ci sont susceptibles
d’exposer l’enfant à une seconde vague d’atteintes -
par exemple - des " grands " adhèrent à ses
provocations ... mais le malmènent.

* Lorsque les adultes sont informés de tout ou d’une partie
de ce qui s’est passé, leurs réactions peuvent
s’avérer maladroites
et blessantes ; le problème posé par les traumatismes
secondaires
que ces adultes génèrent devient de plus en plus
majeur dans notre société.
je serais très
heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
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§ II. Les dysfonctionnements éducatifs.
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I. Catégorie de loin la plus fréquente d’atteintes
à l’intégrité
de l’enfant, j’appelle
dysfonctionnements éducatifs
toutes les réactions de l’adulte qui nuisent au
développement
sexuel sain de l’enfant ou qui aggravent son mal lorsque sa
sexualité s’avérait déjà
pathologique ... L’adulte en question
ici,
c’est nous tous : parents, éducateurs,
travailleurs sociaux, thérapeutes et autres chargés
de prévention, qui sommes
pourtant auto-persuadés de notre rôle globalement
positif auprès de l’enfant.
A. Idéalement, de quoi l’enfant a-t-il besoin
de notre part pour garantir son bon
développement sexuel ?

* Un témoignage spontané de vie qui soit de
qualité dans des
domaines comme : la sexualité, l’amour, la place faite
à l’autre,
l’équilibre réalisé entre plaisir et travail,
etc ...

* Une acceptation sereine, par principe, de l’existence de la
sexualité enfantine : celle-ci est d’abord une force de vie,
d’amour et de lien aux autres, dont, de surcroît, l’exercice
est bien plaisant. Tant mieux donc si l’enfant peut au moins
pressentir que l’adulte apprécie que, parmi toutes les
dimensions de son être, il soit aussi " sexuel "!

* Beaucoup de discrétion et de confiance faite à
l’enfant pour que celui-ci définisse
largement tout seul son territoire et ses projets sexuels ;

* Une disponibilité délicate pour dialoguer avec lui
sur la sexualité s’il le veut ; de la
sollicitude, de la prévenance pour aller vers lui lorsqu’on
le devine embarrassé,
inhibé, angoissé ou culpabilisé à
propos de la sexualité.

* La mise en place tranquille d’une barrière
intergénérationnelle en ce qui concerne
les projets et les pratiques sexuelles ; corollairement, si
l’enfant se culpabilise
indûment à cause de l’énoncé de cette
loi fondamentale qui sépare la sexualité des
générations, on peut lui signaler ou lui rappeler
qu’il peut réaliser sa sexualité avec
ses pairs, pour peu qu’il se montre sociable ;

* Une capacité de régulation des formes de la
sexualité infantile les plus étrangères
à la culture de sa famille (de son école, de la
société ….) P. ex., il est raisonnable de
demander à un enfant de 10 ans de ne pas déjà
pratiquer des fellations ou des
sodo, même avec un copain consentant, parce que ces
pratiques apparaissent trop
précoces ou trop étrangères à sa
famille. Néanmoins, si l’on veut l’en dissuader, ce
n’est pas ipso facto parce qu’il est mauvais ou malade, c’est
d’abord parce qu’il se
démarque trop des attentes groupales à propos d’une
personne de son âge. On
peut donc interdire, mais on doit commenter correctement la
raison d’être de l’interdiction.
B. Bien qu’il ne s’agisse pas à proprement parler de la
réponse à un besoin de l’enfant,
voici deux autres attitudes adultes
qui, dans la plupart des cas, ne nuisent pas à l’enfant mais
l’aident plutôt à rebondir et à se montrer
autonome et entreprenant :
1. Lorsqu’ils sont confrontés de façon inattendue
à une pratique
sexuelle infantile, il est rare que les adultes restent neutres
et bienveillants comme pourraient sembler y inciter les
considérations émises ci-dessus. Cela n’arrive que
de loin en
loin : p. ex. tel parent s’excuse d’avoir surpris une masturbation
d’allure banale ; tel autre ne fait aucune remarque à son
fils de 6 ans qui gambade en érection dans le salon; un
troisième ne
dit à personne qu’il a remarqué que sa fille, jeune
adolescente,
allait parfois visiter des sites porno sur Internet. Plus
souvent, l’adulte ressent un (petit) choc émotionnel et ne
peut s’empêcher de réagir : "
Arrête ... vous
avez autre à chose à faire
quand même ... tu es trop petit (ou trop grand) pour ...
»;
il
conflictualise donc
la situation sexuelle dont
il est témoin. Néanmoins, si son intervention reste
légère,
l’enfant n’en est pas ou que peu troublé ; il comprend qu’il
doit conquérir sa propre sexualité, en ne prenant pas
en compte
tout ce que l’adulte dit à son propos et en veillant de plus
en plus à l’intimité de ses pratiques.
2. Plus rares, il y a les adultes du style " légèrement voyeur "
ou " légèrement
initiateur " : face à ce qu’ils surprennent, ceux-ci ont la
réaction inverse de s’y
intéresser ou de l’encourager un peu trop, sans toutefois
franchir vraiment la
barrière intergénérationnelle ni se
transformer en partenaires de l’enfant
(6).
Ici
aussi, l’effet sur l’enfant est léger ; ce dernier se
sent " un peu autorisé " à
pratiquer sa sexualité et cette réaction l’incommode
plus souvent qu’elle ne
l’amuse : il la ressent paradoxalement comme un emprise excessive
ou une
négation infantilisante du sérieux qu’il y mettait;
donc, lui aussi, tôt ou tard,
apprend à prendre ses distances.
C. Un certain nombre d’adultes réagit de façon
habituelle dans
le cadre des deux créneaux qui viennent d’être
décrits. Tant
mieux pour tout le monde ! Hélas, pas mal d’autres s’en
écartent
occasionnellement ou répétitivement.
Voici quelques
illustrations de ces " dysfonctionnements éducatifs " dont
les conséquences sont susceptibles d’être multiples
et parfois lourdes :
1. Le plus fréquent, c’est la confrontation brutale de
l’enfant au choc émotionnel
intense et parfois très complexe que vit l’adulte :
incrédulité, réveil chez lui de
vieilles culpabilités liées à l’histoire de
sa sexualité, colère … Angoisse aussi parfois,
car l’enfant, son ex-petit ange, semble tout d’un coup
transformé par quelque
mystérieux diable ou débauché en perdition.
Arrivent alors des paroles très fortes de
désapprobation et de
culpabilisation au contenu incorrect et injuste. L’enfant
qui transgresse une règle et fait l’expérience du
plaisir,
voire aussi de la rencontre affective, est pourtant appelé
"
sale ... pervers ... mauvais ... futur Dutroux… ";.
On confond son écart par rapport aux règles
familiales avec la désobéissance à une Loi
naturelle qui indique où est le Bien et le
Mal. L’adulte est incapable de chercher à comprendre : si
c’est l’angoisse ou le
vécu post-traumatique qui ont poussé l’enfant à en brutaliser sexuellement un
autre, il ne voit que la brutalité, qu’il condamne en hurlant. Si c’est s’identifier à
Monica et à Clinton, pour expérimenter ce que veut
dire " sucer "; qu’une fillette
de 8 ans a mis un zizi dans sa bouche, on ne voit en elle qu’une
hystérique perverse
précoce. Et dans un jeu sexuel à deux ou plusieurs,
malheur à l’aîné, surtout si
c’est un mec ! Il ne peut être qu’un abuseur ! Et si, en
plus, son comportement
général est un peu difficile et qu’il vit en
institution, on en profite illico pour le
guillotiner, pardon, signaler sa turpitude aux autorités
compétentes.
En 2003, on ne commande peut-être plus les lits à
cerceau antimasturbatoires du
bon docteur Tissot, mais la dramatisation, la culpabilisation et
la répression
excessive de la pratique sexuelle infanto-juvénile
demeurent très vives sous des formes plus subtiles.
2. Et il y a aussi le silence, alors que l’adulte ne devine que
trop bien que l’enfant vit une préoccupation sexuelle. Il
devine,
mais il ne sait pas quoi dire, sauf gronder une fois de plus
("
Mets pas tout le temps ta main dans ta culotte ").
Et dans ce silence, l’enfant imagine en secret qu’il a fait des
choses très graves, qu’il est
radicalement pire que les autres, que son sexe est malade, qu’on
va découvrir ce
qu’il a fait avec Lulu, dans la cabane au fond du bois et qu’on
va l’envoyer en prison, etc, etc.
3. Ailleurs ce sera la démission :
le parent est incapable d'imposer une règle
qui protège et garde l'enfant dans sa culture
familiale, incapable d’interdire à sa fille
de 11 ans de s’habiller comme un pute de 22, incapable
d’empêcher son fils de 12 ans de recevoir sa gf
(7)
(
girlfriend) pour la nuit, alors qu’on a déjà
surpris trois fois comment ils " s’éclatent ", etc…
je serais très
heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
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§ III. Les épines sexuelles.
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Il est très probable que, sur le chemin de leur vie, une
grande majorité des enfants et des adolescents
rencontreront quelques
épines sexuelles, qui ne font qu’effleurer moralement ou
qu’égratigner la majorité de ceux qui y sont
confrontés.
Par définition, leur effet traumatique ou d’allumage
précoce est bénin.
I. Ce qui caractérise les épines :
A. Ces " expériences ", au sens large du terme, sont parfois
de purs hasards malencontreux, sans intention d’aucune sorte. Dans
d’autres cas, leur agent humain voulait solliciter l’enfant
sexuellement ou de façon trouble. Ailleurs, il souhaitait
faire peur à celui-ci, blesser son image de soi, voire
l’abîmer sexuellement.
Quant à l’enfant, il se situe chaque fois à un endroit précis
sur une échelle "
Subir - provoquer " ; lorsqu’il
provoque, c’est la plupart des fois une expérience positive
qu’il aurait aimé déclencher, et pas le traumatisme
qui lui tombe dessus!
B. Certaines caractéristiques augmentent la probabilité que l’événement ne soit vécu
que comme une épine bénigne par l’enfant :
* le fait qu’il soit isolé ( ou à récurrence très improbable), que l’enfant le sache ou
qu’il connaisse et maîtrise les moyens de contrôler son retour ;
* qu’il émane d’une personne étrangère à sa famille. Si c’est un adulte, c’est encore
mieux si cet étranger n’a aucune autorité officielle ou morale sur lui. Si c’est entre
mineurs, le plus important, c’est que le mineur agent n’ait pas de capacité
d’emprise psychique sur lui.
* Que l’enfant analyse par la suite qu’il n’y avait aucune intention volontaire de lui
nuire, même s’il s’en suivi un effet négatif désagréable ;
* Que l’événement n’entraîne pas tout de suite une grande frayeur ; que sa
remémoration ultérieure ne génère pas trop de honte, d’angoisse, ni de
culpabilité ; que l’anticipation de son retour possible n’entraîne pas
frayeur et sentiment d’impuissance ;
* Que l’événement soit suivi le plus rapidement possible par de la parole qui
reconstruit : par exemple, parole qui l’explique, qui permet à l’enfant de
comprendre qu’il n’était pas menacé dans son intégrité ; ou encore, parole qui
tente de rattraper les choses, où l’agresseur rend compte de ses motivations et
demande pardon à l’enfant, etc.
* Voici un critère à exploiter prudemment : on peut
penser à
une échelle " rester à distance du corps de
l’enfant – le toucher – le pénétrer sexuellement
(ou le blesser
physiquement) ". Plus on va vers la droite, plus il y a de
probabilité que l’impact
soit grave. Mais l’inverse est moins strictement probable.
* Enfin, si l’événement vient à être
connu par d’autres (les parents par exemple),
mieux vaut qu’il n’en résulte pas de " vagues ";
négatives : pas de traumatisation
secondaire de l’enfant, mais plutôt de la
compréhension et du soutien ! Dans cette
perspective, et au risque d’en choquer plus d’un, il n’est pas
toujours certain que
l’enfant gagne à parler d’une épine sexuelle
qu’il a bien affrontée : son intuition à
propos de la discrétion peut être un excellent guide.
Je ne fais pas entrer dans les critères de
bénignité le fait que l’enfant aurait lui-
même été provocateur de l’expérience
sexuelle qui allait suivre, sans deviner
l’atteinte qui en résulterait. Au contraire, son manque de
discernement, qu’il
éprouve douloureusement et qu’il se reproche, est
plutôt un facteur d’aggravation
du traumatisme vécu!
Le tableau II expose, en rangs, ce que sont les critères de gravité et de bénignité en
fonction de deux catégories d’atteintes sexuelles : les épines et les abus importants ;
ceux-ci sont subdivisés en deux sous catégories, selon que l’atteinte qui en résulte
est de l’ordre de la traumatisation intrapsychique ou de l’allumage prématuré.
Tableau II : Critères de gravité ou de bénignité de quelques atteintes sexuelles
II. Peut-on décrire quelques épines-type ?
C’est moins facile qu’il ne paraît (leur forme précise peut être très analogue à celle
d’un abus grave : ce sont alors les critères contextuels décrits au tableau II qui
permettent d’en différencier l’impact léger ou grave. Ailleurs, on a tout de suite
l’impression que l’épine est plus " légère ".
En voici quelques exemples :
* Etre " bousculé " sexuellement, voire brutalisé, par un pair ou un jeune
adolescent ; être fortement suggestionné par lui ou être forcé à : montrer son sexe,
regarder celui de l’autre, le masturber, le mettre en bouche, etc …
* Etre confronté à une exhibition imprévue et sauvage
d’un aîné, ou un adulte ; être confronté à des scènes
sexuelles imprévues ou à de la pornographie,
surtout
hard et inattendue.
* Etre surpris dans une activité sexuelle par un tiers qui
désapprouve ou se moque
(humilie) ; être " cuisiné " pour avouer une
activité sexuelle ; être sanctionné à
son propos de façon trop négative ; être
trahi par le(s) pair(s) partenaire(s) qui
prétend(ent) avoir été forcé(s).
* Avoir une infection ou une (petite) blessure génitale
consécutive aux activités
menées et n’oser en parler à personne.
* Se faire disqualifier par des pairs à propos de son corps
sexuel ("
Petite queue, etc … "), de son ignorance
des choses sexuelles, ou du manque de compétence lors
d’un exercice pratique ; pire encore, se faire disqualifier allusivement dans ces
domaines par un adulte.
* J’en arrive maintenant au thème le plus délicat, celui de la sollicitation sexuelle ou
pas loin de l’être, faite par un adulte et de l’activité susceptible d’en résulter. Il
n’est pas impossible que ce soit vécu comme épine sexuelle par l’enfant, et ce
d’autant plus probablement que l’expérience répond plus complètement aux
critères de bénignité évoqués plus haut.
Ces critères sont parfois rencontrés dans ce que j’appellerai tout de suite les
dérapages sexuels: il existe des chances pour que ces dérapages – dans le chef de
l’adulte – ne représentent pas plus que des épines – dans le vécu de l’enfant !. Mais
ce n’est jamais certain, ni dans un sens ni dans l’autre.
III. Faire face aux épines sexuelles.
A. La majorité des enfants sont à même de cicatriser rapidement l’impact
traumatique ou excitant de ces égratignures tous seuls ou avec un peu d’aide. Nous
pouvons donc nous en tenir à :
* les préparer à la confrontation aux épines sexuelles : celles ci égratignent leur
corps sexuel et génèrent un souvenir désagréable, mais leur âme et leur valeur
n’en voleront pourtant pas en éclats.
* Préparer les enfants à se faire respecter. Les y encourager,
notamment en acceptant qu’ils nous disent "
Non " à
nous, quand nous leur manquons de respect au quotidien.
* Les prévenir qu’ils ne gagneront pas tous ces petits
combats sexuels ; nous en avons perdu quelques-uns aussi
et la vie, c’est fait ainsi : même lorsque la route est
belle et qu’il y a du soleil, il existe de loin en loin
une ronce que l’on a vue à temps et que l’on peut enjamber
… ou sur laquelle on s’écorche les mollets.
* Ne pas les traquer ; les laisser libres de se confier ou non à propos de ces incidents.
Si un enfant décide d’en parler, commençons par bien l’écouter et par le consoler
… puis étudions avec lui, de façon réaliste, les tenants et les aboutissants des
réactions qui sont susceptibles d’exister … sur papier : alors, si nous faisons
preuve de réalisme ensemble, nous pourrons parfois convenir que ça ne vaut pas
la peine de courir le risque de la traumatisation secondaire et de la stigmatisation
par les pairs pour une histoire – moche au demeurant – qui s’est passée dans les
douches du club sportif. Mieux vaut parfois réagir discrètement, par exemple
entre parents, sans dramatiser … voire même accepter d’avoir subi
et " laisser tomber "; pour cette fois. Quitte alors à
rendre l’enfant plus prudent ou plus
assertif dans d’autres occasions.
B. Comment gérer la minorité d’enfants hypervulnérables, déjà bien traumatisés par
leur confrontation à ces petites épines ? D’abord, à nous d’être sensibles à leur
souffrance, qu’ils essaient souvent de dissimuler vaille que vaille : nous pouvons
aller vers eux et les encourager délicatement à exprimer ce qui leur est arrivé. S’ils
le font, il nous faut veiller à ce qu’ils reçoivent les soins psychologiques éventuels
qu’ils requièrent. Par ailleurs, nous pouvons les entraîner, eux aussi, à mieux se
défendre et à faire confiance dans leurs capacités.
Dans la mesure où l’on repère la personne qui les a malmenés, et quel que soit son
âge – grande ou petite -, elle doit être confrontée à ce qu’elle a fait ; même si,
éventuellement, elle avait des raisons subjectives d’agir comme elle l’a fait (par
exemple, une mauvaise passe dans sa vie), même si l’on entend celles-ci, elle n’en
avait pas pour autant le droit de disposer de l’enfant. Il faut le lui dire, s’efforcer
qu’elle le reconnaisse et surtout qu’elle se contrôle mieux à l’avenir.
je serais très
heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
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§ IV. Les dérapages sexuels.
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N.B. Je me limiterai à parler des auteurs adultes. On peut
raisonner de manière
analogue avec les auteurs mineurs. Il faut se souvenir en effet
que la majorité des
enfants ou des adolescents auteurs d’un abus sexuel ne s’en
rendent coupables
qu’une seule fois, ou durant les quelques semaines que
dure " une mauvaise passe ". Il en est ainsi, même si
l’application qui en résulte semble horrible,
comme – au pire – leur participation à une " tournante ".
Les auteurs d’abus
répétés sont plus rares et relèvent
souvent de fonctionnement mixtes de la
personnalité, en partie pathologiques et en partie
choisissant de faire le mal.
I. Présentation du problème.
Une représentation sociale contemporaine bien ancrée répartit les adultes en deux
catégories : la grande majorité respecterait parfaitement les limites de la sexualité
intergénérationnelle ; en contrepoint, il existerait une petite minorité de
déséquilibrés, parents incestueux ou pédophiles, à sanctionner sévèrement et à
soigner si possible …
La réalité n’est pourtant pas celle-là. Certes, une majorité d’adultes n’a aucune
difficulté à respecter les limites sus-mentionnées. Mais les autres sont loin d’être
une rareté et leur franchissement du feu orange, voir du feu rouge, ne les met pas
tout de suite au rang de monstres ni de malades mentaux irrécupérables.
Il suffit pour s’en convaincre, d’aller écouter ces adultes là où ils osent exprimer
leur désarroi et demander de l’aide. Non plus dans la majorité de nos
consultations médico-psycho-sociales, largement dévastées par la logique
tyrannique du signalement (ce que ces adultes n’ignorent pas). Peut-être encore
parfois chez un vieux médecin généraliste de confiance, un prêtre ou un
psychanalyste qui a une éthique différente du secret professionnel. Ou alors, sur
des sites Internet de qualité et dont ils sont sûrs de la discrétion.
II. Caractéristiques des dérapages sexuels.
A. Le processus
* l’adulte concerné respecte habituellement les limites sexuelles inter-
générationnelles.
* Pourtant, un jour, il se dévoie et entraîne l’enfant dans une expérience sexuelle ou
pas loin de l’être ; il cède à une tentation transgénérationnelle sous la pression
d’un ensemble de facteurs.
* Parmi ceux-ci, il existe parfois un certain degré de provocation émanant de
l’enfant . L’on peut même admettre, bien rarement il est vrai, que la provocation
par celui-ci a été très forte et que l’adulte, manquant d’assertivité, habité par un
mélange de désir régressif et d’angoisse à l’idée d’y céder, s’est laissé faire une
première fois comme un automate privé de sa liberté. Cette situation peut être
assimilée, en miroir inverse, à l’impulsion irrésistible.
Dans la grande majorité des cas cependant, la liberté
intérieure de cet adulte n’a pas été court-circuitée, et il
est le responsable principal ou unique du dérapage.
* Ce qui se passe ensuite, et
qui est définitoire de la
notion de dérapage , c’est que l’adulte va se reprendre
rapidement. Après une ou quelques fois espacées sur une
brève durée (je propose : moins d’un mois), il va met fin
à sa divagation et ne récidivera plus jamais ( ou alors,
au pire, une ou deux fois sur la durée d’une vie ).
Ce qui le pousse à arrêter c’est, la peur d’avoir de
sérieux ennuis, la voix de sa conscience et parfois aussi,
la résistance et la désapprobation immédiate ou différée
émanant de l’enfant.
* Alors, dans les meilleurs des cas, adulte et enfant en reparlent ensemble, le
premier pour s’expliquer quelque peu et présenter ses excuses. Dans les cas moins
favorables, un silence plus ou moins gêné et définitif fait suite aux événements.
B. Quant à leur forme externe
, certains de ces dérapages sont des accidents graves,
sortes de collisions frontales comme un viol ou une relation sexuelle complète
apparemment consentie avec un enfant jeune.
Le cinéma populaire en donne de jolies illustrations qui
se déroulent, souvent entre des femmes, pas très heureuses
en ménage, et de jeunes adolescents. Ainsi dans Le
souffle au coeur (L. Malle, 1970), il s’agit d’un
inceste mère-fils, qui a eu lieu lors d’un 14 juillet
bien arrosé . Le lendemain, la mère se reprend : " C’était
une expérience merveilleuse, mais nous ne devons plus jamais
faire ça " … et le fils d’aller honorer illico sa petite amie. Un peu facile, certes, mais les symboles
proposés ne sont pas faux.
Il y a aussi des formes plus légères ou plus troubles, comme l’adulte qui commence
par se laisser toucher au bain, s’y excite, et finit par demander à sa fillette de 8 ans
de le masturber, en protégeant éventuellement le regard de celle-ci du spectacle de
son éjaculation.
Néanmoins, il ne faut pas confondre cette lourdeur
variable de la forme avec le
degré d’inacceptabilité de l’intention,
paramètre qui ne lui est pas corrélé :
certains adultes, lors d’une passe très négativiste,
nient la dignité de l’enfant et
veulent le salir, et cela même sans le toucher, en lui
proposant de regarder une
vidéo porno ; d’autres, pris dans leurs propres
réminiscences oedipiennes ou
souffrant eux-mêmes de solitude sentimentale, le prennent
l’espace d’un instant
pour un partenaire sexuel possible, tout en continuant à le
chérir et à vouloir
l’éduquer !
Il ne faut pas non plus corréler strictement la dimension
" dérapage " de l’acte à
l’effet produit sur l’enfant.
Je renvoie à ce sujet aux critères de bénignité-gravité
des épines sexuelles et des abus graves, sans oublier une
dimension d’imprévisibilité de l’être humain. En référence à ce quoi l’on constatera que les
effets de ces dérapages sont parfois légers : alors, on peut pratiquement les
assimiler à des épines. Ailleurs, les effets sont significatifs.
III. Faire face aux dérapages sexuels.
Il faut distinguer les intérêts humains de l’enfant et ceux de l’adulte qui dérape.
Dans la mesure où l’enfant ne se guérirait pas tout seul de l’allumage ou du
traumatisme subi, il a le droit de recevoir les soins que nécessite son état. Il faut en
outre apprécier le degré de provocation ou de consentement actif qu’il a mis dans
l’aventure. Lorsque celles-ci existent, sans faire de lui le principal responsable de
ce qui est arrivé, on ne peut pas non plus le faire quitte de sa part de
responsabilité. Entre autres, il est prié, lui aussi de mieux respecter les barrières
sexuelles transgénérationnelles à l’avenir.
A. Comment traiter les adultes auteurs d’un dérapage ?
* Sur le plan qualitatif, il faut faire tout ce qui doit être fait ; nous en connaissons
bien les ingrédients : désapprouver l’acte et rappeler la Loi, comprendre les
éventuels problèmes de la personne et les soigner, l’encourager à utiliser ses
ressources positives à l’avenir, veiller sur la non-récidive, s’efforcer qu’existe un
dialogue avec l’enfant entraîné dans le dérapage, sans faire violence à celui-ci ;
dialogue qui, s’il a lieu aboutit à des excuses présentées et à des actes de
réparation.
* Sur le plan de la mise en oeuvre des institutions, il ne me semble pas absolument
nécessaire de déclencher une guerre atomique là où sont possibles dialogue, bonne
volonté et vigilance du tissu social informel.
je serais très
heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
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§ V. Les abus sexuels graves.
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Je ne développerai pas en détail ce thème important mais archi-décrit ces
dernières années ; dans la bibliographie, je propose quelques textes à leur propos,
que j’ai rédigés personnellement ou en collaboration avec l’équipe " SOS-
Enfants " des Cliniques Universitaires Saint-Luc (Dr E. de Becker).
Je m’en tiendrai à développer trois rubriques :
Les conséquences psychologiques de l’abus grave.
Il serait sot de nier une corrélation statistique entre la gravité de l’abus, dont le
tableau II énumère les principaux critères, et celle du dommage causé à l’enfant
pendant un premier temps ; toutefois, l’être humain est toujours susceptible
d’évolution et l’on doit dénoncer l’inexactitude et la toxicité de certains slogans
pseudo-scientifiques qui prétendent que, si l’abus a été grave, on reste toujours
gravement marqué à vie ; ou pire encore, qui prétendent qu’un ex-abusé devient
abuseur.
Même après abus grave, beaucoup de personnes cicatrisent leur trauma ou
calment leur hyperexcitabilité et mènent ensuite une vie relationnelle et sexuelle
normale ; c’est surtout le cas si elles ont pu parler de ce qui leur était arrivé, si
elles ont été écoutées et bien aidées quand elles l’ont fait et si la traumatisation
secondaire a été faible ou inexistante.
D’autres, malheureusement, restent bien traumatisées psychiquement, mais sans
pour autant se mettre à brutaliser autrui.
D’autres encore, probablement une minorité, deviennent anormalement
hyperactifs dans le champ sexuel, mais toujours sans que cela entraîne une
compulsion spécifique à abuser des plus faibles. Il n’est jamais impossible qu’ils
commettent un abus isolé, à un moment où la tentation sexuelle est trop forte,
mais comme n’importe lequel d’entre nous pourrait y céder !
Alors, se cachent-ils ailleurs, ces ex-abusés susceptibles de se transformer en
abuseurs ? Deux groupes sont davantage à risque :
* le premier, c’est une petite partie des personnes qui demeurent psychiquement
traumatisées, après l’avoir été dans des
circonstances bien particulières : enfants, ces
personnes ont été victimes d’abus
répétés et d’autres maltraitances physiques
et morales,
dans une ambiance de violent, voire de terreur ; Même
après cessation des faits, elles
restent porteuses d’un lourd syndrome de stress post-traumatique ;
l'on sait que celui-ci
peut donner lieu, de très loin en très loin,
à des
déflagrations compulsives, où l’être
humain rejoue à l’envers ce qui lui est arrivé,
sans liberté intérieure ou quasi, pour
l’exorciser : des années plus tard, ce peut être au
coeur d’une brutalité sexuelle
inexplicable jusqu'au viol !
Et il y a plus préoccupant et moins rare : ces personnes
peuvent s’identifier à leurs
agresseurs et adopter un style de vie sexuelle, non sans
liberté intérieure cette fois, où se
reproduisent domination peu respectueuse du partenaire,
si pas franc abus.
* L’autre sous-groupe à risques, ce sont, dans la suite de
leur vie, des enfants qui ont été
allumés sexuellement de façon
intense et vicieuse (p.ex., participation à des
partouzes).Par la suite, pour eux qui ont pris goût à des
alcools forts, c’est plus difficile
d’y renoncer que pour le commun des mortels.
Rappelons néanmoins qu’il ne s’agit que de risques ! Le jeu de la liberté individuelle, la
libération par la parole et par l’action positive ainsi que le soutien et la vigilance
ultérieurs d’environnements humains valables amènent régulièrement que ces personnes
se conduisent de façon tout à fait sociable.
Enfin, la proposition
Post hoc ergo propter hoc est
des plus contestables: Un adolescent ou un adulte abusé pendant
son enfance et qui abuse à son tour ne le fait pas
ipso facto
parce qu’il a été abusé, au sens où il serait habité par des
pressions intra psychiques intenses, contraignantes et
spécifiques qui l’entraînent à la reproduction de son drame.
II. Comment l’abus sexuel est-il pris en charge en France
et en Belgique ?
Je distingue cinq chemins principaux de " prise en charge ",
dans l’acceptation large du terme :
A. Le premier, et très probablement le plus fréquent,
c’est
le silence qui persiste.
Au moment où l’abus a eu lieu, l’enfant se tait ;
après, il continue à se taire de
façon habituelle ; tout au plus certains sortent-ils
occasionnellement du silence, par
exemple dans l’anonymat d’un forum Internet ;
là au moins ils ont confiance et
cherchent un peu de solidarité et d’explications
auprès de leurs pairs ; ou encore,
longtemps après, d’autres se confient à leur
partenaire sentimental enfin déniché.
Des règlements de compte tardifs comme on
en voit dans le film
Festen ( T.
Vintenberg, 1996 ) sont beaucoup plus rares.
Ce silence prolongé est le fait d’enfants résilients
qui se débrouillent et cicatrisent
tout seuls ; à leurs côtés, hélas, bien des enfants
traumatisés restent trop effrayés
ou trop mal dans leur peau pour jamais risquer
de parler ; enfin, presque par
définition, les enfants " allumés " n’ont pas
envie de dénoncer ce qu’ils considèrent
comme positif : ils ne le font que si un jour
on leur fait des reproches pour leur
sexualité du moment et qu’ils se cherchent des excuses.
B. Il y a alors le petit groupe
des familles qui règlent leurs
problèmes toutes seules,
sans aide externe.
Elles le font surtout lorsque l’auteur de l'abus est un mineur,
membre ou externe à la famille. Plus rarement,
c’est un adulte qu’elles remettent
vertement à sa place. Saluons au passage la
résilience de ces familles, mais
regrettons peut-être que les victimes ne
trouvent pas toujours toutes l’aide
spécialisée que leur état nécessite.
C. Il y a ensuite les cas qui, après avoir été révélés,
font l’objet
d’une prise en charge psycho-médico-sociale
exclusive.
Ils sont probablement moins fréquents en France
qu’en Belgique ( +/- 25 % des cas de prise en charge
officielles )
(8).
Le succès de l’entreprise est variable : certaines
prises en charge s’effritent au fil
du temps et la famille disparaît dans la nature,
ou plus exactement dans l’inertie
des rendez-vous manqués et le fatras des rapports
inutiles. D’autres se soldent
avec succès parce que, comme on l’espérait,
tout le monde s’est montré
raisonnablement réceptif à l’offre d’aide
qui était faite
(9)
.
Dans d’autres cas enfin, la résistance au travail proposé
est telle que les intervenants psycho-sociaux demandent
le complément d’aide spécifique des intervenants judiciaires.
On rejoint alors les deux chemins suivants :
D. Il y a alors le groupe assez important des enfants
- et, plus souvent, de leur entourage -
qui signalent
les faits abusifs au système judiciaire pénal, alors
qu’ils n’ont comme " preuve " que la parole de l’enfant.
Ils le font tout de suite, spontanément ou
c’est pris en charge par intervenants
médico-psycho-sociaux interposés, dans le
cadre de la culture du signalement très
contraignante en France. Ou ils le font à
un moment donné du chemin à l’amiable qui
serait occupé à stagner ( pratique
plutôt belge ).
Néanmoins que l’on soit belge ou français et
quelles que soient les nuances de la
porte d’entrée, ce qui s’en suit est du même ordre :
1. Dans une minorité de ces cas, des aveux
sont obtenus de l’abuseur, soit parce qu’il
craque, soit parce qu’il ne peut pas nier
le poids d’autres indices matériels quand
même découverts progressivement par les
enquêteurs. Alors, normalement, les
tribunaux pénaux le condamnent et le
sanctionnent ; après quoi, il arrive qu’il soit
bien aidé psychologiquement lors de son
éventuel séjour carcéral ( mieux en France
qu’en Belgique ).
Néanmoins la prise en charge conjointe de
la victime et de sa famille est plus
aléatoire ; lorsqu’elle existe, la coopération
du système d’aide avec le système pénal
est souvent faible ou nulle : aucun ne sort
vraiment de sa logique pour accorder
beaucoup d’importance à l’autre ; quoique
non indispensables, des épreuves
traumatisantes attendent donc la victime
( répétition des interrogatoires ;
confrontations directes des enfants, même
jeunes, avec les suspects etc. ) ; après
condamnation, on ne prend pas bien en
charge les actes de réparation destinés à la
victime, etc... En outre, la libération
des détenus est parfois bien rapide et faite
sans précaution pour la victime. Que de fois
celle-ci ne se retrouve-t-elle pas au
foyer avec un père non repenti et qui lui en veut !
C’est le moment de signaler combien me heurte un autre slogan
à la mode " La sanction pénale est thérapeutique "
(10).
( pour qui ? l’auteur ? la victime ? les deux ? ).
C’est une belle confusion de genres !
Une sanction méritée est juste pour l’abuseur ;
elle l’aide éventuellement à
réfléchir autrement sa vie et à réadapter
ses comportements ; elle est une
condition intéressante pour qu’il renonce
à l’idée de sa toute-puissance et accepte
de faire soigner la partie malade de son être.
Une sanction significative gagne donc
à exister, mais ne doit pas nécessairement
être pénale! Elle peut également émaner du
groupe social qui inviterait
fermement l’abuseur à mettre en oeuvre des
réparations concrètes valables, tout en
n’ayant pas le droit de l’y contraindre.
La sanction de l’auteur n’est pas non
plus ipso facto thérapeutique pour la
victime. C’est moins simple que cela ! Pour
beaucoup d’enfants, elle aura un effet
positif dans leur vie – comme la réparation
d’une injustice subie – et les aidera à
reprendre confiance dans les forces
protectrices du monde ; elle ne remplace
néanmoins pas ce que la rencontre de soi
dans la parole peut leur apporter comme
libération. Pour d’autres, la sanction de
l’abuseur sera d’abord vécue comme
triste, effrayante, culpabilisante et il
faudra les aider à faire face à ces sentiments
et à ces idées pénibles.
2. Mais dans la majorité des cas, l’on
ne dispose jamais comme " preuve " que de la seule parole
de l’enfant et ce qui s’en suit est encore pire : en face il y a un
suspect dont la personnalité est souvent bien
affirmée, qui sait qu’il joue sa peau
( perte d’image sociale et incarcération ), et
qui a eu tout le temps de redonner une
virginité à son ordinateur. Donc, il n’avoue pas ;
et ses avocats, bien plus entraînés
à ces problèmes en 2003 qu’en 1990, savent
comment semer le doute. Alors, la
traumatisation secondaire à bas bruit peut
vraiment devenir effrayante. Par exemple :
* inertie du déroulement du processus
judiciaire ; c’est la routine habituelle, ici, et
pas vraiment la recherche du
flag !
* interrogatoires, examens physiques, expertises
et contre-expertises multiples, dans
une ambiance émotionnelle et avec une
compétence technique des plus variables ;
confrontations directes éprouvantes entre l’enfant et le suspect
(11)
.
* Absence des mesures de protection pendant l’instruction
judiciaire et persistance des contacts enfant-abuseur;
(12)
non mise en action parallèle du Tribunal pour mineurs
pourtant apte à veiller spécifiquement sur les dangers
toujours présents.
* Absence d’aide médico-psycho-sociale ou
incoordination entre celle-ci et le système
judiciaire.
Si nous voulons être honnêtes, n’est-ce pas
le pain quotidien des enfants de ce vaste
sous-groupe ?
3. On peut faire
les mêmes observations lorsque le
signalement judiciaire est fait par un parent dans le cadre
d’une séparation parentale ; selon les cas, le
suspect est l’autre parent, son compagnon ou
sa compagne, ou un membre majeur
ou mineur de la famille de l’
ex.
Il n’est pas inutile de rappeler que dans ces
contextes où ce sont souvent des
enfants très jeunes qui sont concernés, les
études réalisées montrent que les faits
sont avérés entre 30 et 70 % des fois. Pourtant,
l’inertie pour investiguer est
souvent plus importante que jamais : pense-t-on,
sans rire, qu’un enfant de quatre ans
pourra encore dire quelque chose de crédible
à un expert ou à un policier huit
mois après la première plainte déposée ?
Toujours pas de justice rapide, oh que
non, pour les petits enfants!
Par ailleurs, les autorités pénales ne
veillent pas toujours à faire suspendre les
contacts entre ceux-ci et leur possible abuseur
pendant la durée de l’investigation
judiciaire, ni même à demander l’aide du
Tribunal pour mineurs. Et l’on touche
parfois même au surréalisme : chaque sous-institution
y allant superbement de sa
logique propre, on voit des parents
condamnés pour non présentation d’enfants au
suspect pendant le temps de l’instruction !
E. Reste alors le dernier groupe, pas très nombreux,
où
existent tout de suite des preuves matérielles
aux côtés
de la parole de l’enfant ( p. ex. jeune adolescente qui
arrive en salle d’urgences après un viol ). Ce qui
s’en suit correspond a ce qui a été
décrit dans le chemin D1.
N.B. Et enfin, cerise sur le gâteau, il
faudrait évoquer ces nombreux placement
vite fait bien fait de l’enfant, voire de
sa famille, qui lui tombent surtout dessus s’il
est d’un milieu défavorisé, que sa famille
à l’air brouillon et bouillonnant, n’a pas
de bons avocats pour la défendre et est
entouré d’un bourdonnement d’agences
sociales. Placements erratiques, quelle
que soit la qualité humaine de nombreuses
maisons d’enfants, sans grande logique
ni pour l’indication d’arrivée, ni pour celle
de départ, ni pour fixer les contacts en cours
de route avec la famille. L’inverse est
tout aussi erratique : maintien de l’enfant
en famille alors que le serpent du livre
de la jungle s’enroule autour de son corps
et séduit son âme chaque soir.
III. Après abus grave, quels sont les besoins de l’enfant
victime ?
(13)
A.
Primum non nocere : il est impératif
que la mise en place de l’appareil
institutionnel de prise en charge ne soit
pas plus traumatisante que l’abus.
L’enfant ne fait pas la part des choses
entre les bons et les mauvais agresseurs : il
veut moins souffrir, un point c’est tout!
Que l’on ne tue donc pas l’espérance qui
l’a habitée au moment où il
s’est décidé à parler!
B. L’enfant, a d’abord et avant tout besoin d’une présence
bienveillante à ses côtés.
Présence qui puisse écouter et compatit. Ecouter, laisser
parler, encourager à se déployer ... sans vouloir tout de
suite reprendre et critiquer, au nom des meilleurs
intentions du monde ("
Mais non, petit, tu n’es coupable
de rien ").
* Prendre au sérieux, gravement, ce que l’enfant raconte et vit.
* Partager avec lui des émotions et des idées ; donner de
l’amitié bienveillante compatir ; s’indigner.
* Chercher à consoler et à réassurer l’enfant sur la
valeur d’être qu’il conserve.
* S’engager aux côtés de l’enfant et de sa famille pour
améliorer leur sort.
* Parler d’autre chose ; ne pas réduire l’enfant à sa
dimension " abusé ".
C. Simultanément, il est souhaitable qu’une
protection de meilleure qualité mette
l’enfant à l’abri des récidives d’agression ;
protection concrète, qui ne relève pas
d’une sorte d’utopie bureaucratisée. Alors, à quel prix?
* L’activisme, le manque de discrétion et la
précipitation sont très mauvais
conseillers ; ils aboutissent surtout à
rendre impossible la tâche des professionnels
à venir et à permettre au suspect de bien organiser sa défense ;
* l’enfant gagne à participer à sa propre
protection, à la mesure de ses forces et ce
peut être plus efficace qu’on ne le croit
( " Non ", plus fermes ; mises à distance
plus efficaces, etc.).
* La vigilance et la solidarité de l’entourage
informel et sain de l’enfant peuvent
également être des adjuvants précieux.
* Enfin, s’avère le plus souvent positif que
l’on peut appeler
un sentiment de
sollicitude et de responsabilité de longue
durée à l’oeuvre chez les professionnels.
Certes, il est normal et structurant qu’existent
des compétences complémentaires,
que des tâches soient réparties et des relais
pris. Mais l’ambiance de protection
s’améliore si chaque professionnel présent
le temps d’une étape ne se sent pas
quitte de sa responsabilité une fois que
l’enfant quitte son territoire, continue à
sentir de la sollicitude pour ce qu’il
devient et concrétise la permanence de sa
vigilance en fonction des circonstances.
1) Les fois rares mais réelles où l’on ne peut pas gagner
en protection matérielle, on peut s’efforcer de rester
en contact avec l’enfant pour discuter avec lui de ce
qu’est l’
intégrité spirituelle : un adulte a peut-être
le pouvoir d’abîmer son corps d’enfant mais jamais, celui
de s’emparer,
ipso facto, de son âme. Si l’enfant le veut
de toutes ses forces, le plus pur de lui-même,
- c’est-à-dire son psychisme et ses
valeurs - resteront intégralement hors d’atteinte.
D. Tous les enfants n’aiment pas que leurs
malheurs soient étalés sur la voie publique
et nous avons donc un devoir de discrétion
à leur égard. Beaucoup apprécieront
néanmoins que, dans le cadre de cette
discrétion, il existe une reconnaissance
sociale du préjudice qu’ils ont subi,
une sanction de l’abuseur et si possible une
réparation concrète de sa faute.
E. Le cas échéant, ils apprécient aussi
que l’on " rebondisse " sur leurs malheurs
pour améliorer leur sort général : prise
en compte d’éventuels besoins sociaux de
leur famille ; prise en charge de leur
problématique psychique, etc ... Néanmoins,
et veulent encore plus fondamentalement,
les enfants que l'on respecte leur liberté
à dire " Non ", et donc, qu’on ne leur impose
ni traitement ni autres
réaménagements contre leur gré.
je serais très
heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
|
§ VI. Quels souhaits pour quel avenir?
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Après trente ans d’engagement professionnel dans la lutte
contre la maltraitance sous toutes ses formes, je pense
être en droit d’émettre les souhaits que voici :
I. Faire acte de réalisme et d’humilité ; arrêter de
nous payer de mots et de faire du tapage socio-politique
autour de notre soi-disant efficacité!
Nous avons mis au point des types d’intervention
qui se centrent trop sur la mise
en place d’institutions officielles spécialisées ;
celles-ci exigent des moyens
financiers que nous n’avons pas. Nous faisons
la politique de l’autruche à ce
propos ; nous faisons semblant que quelques
expériences psycho-sociales pilotes
suffisent à la tâche ( Belgique ) ; nous montons
en épingle dans les statistiques la
minorité de cas traités ou sanctionnés
( Belgique, France ) en nous gardant bien
d’évoquer la majorité silencieuse des autres
qui stagnent ou se retournent contre
les victimes.
De lourds vécus émotionnels continuent à peser
dans les institutions ( p. ex.;
protéger des proches aimés ou estimés contre
les assertions nécessairement
fabulatrices des petits enfants – Il est
tout-à-fait impossible que ce soit ce chef de
service ou ce neveu célibataire si distingué! – etc... ).
Nous sommes souvent
bureaucratiques et sans générosité ( chacun
son petit rôle et la patate chaude à
passer au suivant et encore, lentement, dans
l’enlisement des lettres et des
rapports écrits ). Nos institutions respectives
sont souvent en rivalité pénible les
unes avec les autres sur le dos de l’enfant.
( Qui sera le plus fort ? Qui aura le
pouvoir et qui se soumettra ?. C’est cela,
entres autre, l’enjeu historique et secret
de la pression au signalement qui s’est abattue en France ).
Face à ces limites et à ces risques, on devrait
réserver la machinerie officielle
lourde aux cas les plus pathologiques, dangereux
ou scandaleux et pour tous les
autres, qui sont majoritaires, on devrait
trouver davantage de solidarités locales et
d’engagements citoyens aptes à écouter et à
protéger l’enfant dans et depuis son
tissu social informel.
II. Mieux garantir l’accueil et la prise au sérieux
de la victime.
Il existe une sinusoïde de l’Histoire en vertu
de laquelle les enfants qui se plaignent
sont successivement de plus en plus pris
au sérieux, et après, considérés comme
des fabulateurs et fauteurs de trouble, susceptibles
de déstabiliser l’Ordre adulte
en place.
Freud a vécu cet aller-retour de l’intérieur,
lui qui a d’abord cru avec beaucoup
d’émotion à la matérialité des révélations
sexuelles de ses patients, puis qui, effrayé
sans s’en rendre compte par l’ampleur
qu’elles prenaient et par les conséquences
concrètes qu’il aurait fallu en tirer,
s’est mis à dénier cette matérialité et à faire de
ces récits des fantasmes.
Et c’est ce qui nous arrive à nouveau! Après que Kempe,
Silvermann puis tant
d’autres nous aient ouvert les yeux sur la
réalité de la maltraitance physique dans
les années 70, on recommence à douter ferme.
Signe des temps, les séries télévisées
populaires montrent de moins en moins
d’enfants abusés qui ont peur de parler, et
de plus en plus d’enfants suggestionnés
par leur mère pour mentir.
Signe des temps : nombre d’intervenants courageux qui
avaient voulu prendre le parti de l’enfant sont maintenant
poursuivis par leur Ordre des médecins, insultés dans des
jugements de Tribunaux , attaqués par des associations de
pères dont chaque membre,
of course, est au-dessus
de tout soupçon, etc.. Quant à la manière dont on traite
l’enfant, c’est souvent pire : on prétend publiquement qu’on
l’écoute mieux, en se référant à l’existence de techniques
d’entretien contemporaines mieux au point ... mais sur
le fond, qu’en est-il ? On ne fait rien de sa parole, on
le presse comme un citron d’expertises en
contre-expertises ; les avocats utilisent la
vidéo-cassette avec l’enregistrement de ses déclarations,
censée le protéger, pour le massacrer en se focalisant
sur ses quelques failles ...
Et même quand il reste vaillant face à toutes
ces tempêtes, on finit trop souvent
par déclarer, pseudo-désolés et la main sur
le coeur que, même si sa parole suggère
une très forte probabilité des faits, elle
ne fait pas le poids devant la sacro-sainte
présomption d’innocence.
Dernier acte de cette farce : nous sommes
tous invités, lui le premier, à nous
soumettre à la vérité judiciaire, même
si elle ne sait que trop bien qu’elle n’est pas
toujours celle des faits.
En résumé, quand il n’y a pas d’aveux ni de preuves
matérielles, le match
Enfant-agresseur que
les campagnes de prévention annonçaient à celui-là gagné 6-0 en
cinq secs, se trouve avec le score 1-6 après trois ans d’un parcours éprouvant du
combattant.
III. L’invitation pressante à une vraie
compétence et
à la coopération.
A. Il est urgent que les psys, en fonction
de diagnostic et experts officiels, connaissent
bien les signes les plus fiables de la
maltraitance, qui ressortent de l’analyse du
comportement et du discours de l’enfant et
de son entourage. Qu’ils arrêtent de se
servir des réponses données à des tests
projectifs tout comme de symboles et
d’indicateurs indirects présents dans des
dessins d’enfants en leur attribuant une
valeur indicative puissante qu’ils sont
loin d’avoir. En outre, si l’enfant révèle des
faits d’abus, que chacun se réfère correctement
à la seule grille d’analyse
actuellement validée, la SVA
(
statement validation analysis).
Que les magistrats eux aussi aient une
connaissance au moins générale de cette
dernière, mais surtout, que l’on se mette
d’accord pour admettre qu’un haut
degré de probabilité de crédibilité à la SVA
est équivalent à un élément de preuve
matérielle. Alors, il n’y aura plus
de recours ... abusif à la notion de présomption
d’innocence, au demeurant excellente dans son principe.
B. On ne devrait jamais parler de
judiciarisation d’un cas,
mais de mise en oeuvre conjointe d’une dimension judiciaire
et d’une autre, médico-psycho-sociale en charge de l’aide
à la victime et à sa famille. Tout en respectant
l’indépendance des deux catégories d’institutions
engagées, chacune devrait être attentive à
l’importance et aux besoins de l’autre, ainsi qu’aux
intérêts profonds de la victime.
Il faut mettre également de l’énergie
coordonnée à améliorer le sort de la famille et
le fonctionnement psychique de l’abuseur.
L’institution judiciaire pénale devrait
associer précocement et quasi-systématiquement
le Tribunal pour mineurs à son
action, vu les enjeux protectionnels souvent
délicats qui se posent. Ce dernier
devrait exercer son droit d’agir au-delà
d’un éventuel non-lieu prononcé par la
justice pénale, s’il estime que l’enfant reste en danger.
Dans tous les cas où une instruction pénale
a lieu dans le contexte d’une séparation
conjugale, les contacts de l’enfant avec
le suspect devraient être suspendus
immédiatement et pour toute la durée de
l’instruction ; ensuite, quelque que soit la
position pénale, c’est au Tribunal des
mineurs que devrait revenir l’appréciation
de la conduite à tenir.
C. Enfin, plus radicalement, je reste convaincu qu’il ne faut
pas
demander l’intervention complémentaire de la Justice
pour tous les cas avérés ou suspects de
maltraitance physique ou sexuelle. Ce qui compte
c’est de donner à la personne en
danger la meilleure assistance qui soit.
Ajouter des institutions complique parfois
les choses et fait courir de nouveaux risques à tout le monde.
Pour vous convaincre que je ne dramatise pas
et que mes considérations sont valides, je
vous invite à lire en annexe des extraits du
rapport de Mr Juan-Miguel Petit,
commissaire des Nations Unies pour les droits de
l’homme, suite à sa visite d’inspection
en France en 2002.
IV. Mes souhaits en matière de prévention.
Ils sont modestes et portent surtout sur
la prévention secondaire.
A. Je voudrais que l’on encourage les
enfants à comprendre leur propre sexualité et
celle des autres et à en avoir globalement
une image positive. Certes, il existe
quelques zones noires qu’ils doivent repérer
et éviter, mais la sexualité est d’abord
et avant tout une richesse de leur vie et de la vie sociale.
Qu’on accroisse leur lucidité pour repérer quand ils sont
menacés ; qu’on les encourage à se protéger eux-mêmes
à la mesure de leurs moyens et qu’on améliore leur
compétence pour y réussir. Intention à propos de
laquelle il faut " partir de loin " : c’est en
acceptant les " Non " des enfants dans la vie de tous
les jours, face à nos injustices, qu’on installe en eux
la confiance dans leur capacité à se défendre.
Qu’on informe authentiquement les enfants
sur l’aide qu’ils peuvent attendre des
adultes, en ce inclus ses limites, en les
éclairant correctement ; et puis qu’on laisse
davantage choisir à quelles portes ils iront
frapper, plutôt que de les gargariser de
promesses pour politiciens en période électorale.
B. Je voudrais aussi que l’on sensibilise l’entourage
immédiat et " sain " de l’enfant à l’importance que
revêt son engagement aux côtés de l’enfant. La
solidarité de cet
entourage, sa fermeté pour dire " Non " lui aussi,
sa vigilance continuée, ainsi que
son attitude juste par rapport à celui qui
a maltraité sont des éléments très
intéressants mais malheureusement sous-employés
dans les processus d’aide contemporains.
C. Je voudrais enfin que l’on arrête de
regarder, comme des monstres
irrécupérables, celles et ceux qui ont dérapé,
voire commis des maltraitances
habituelles. Ce sont des êtres de la même chair
et du même esprit humains que
nous. Si l’on veut qu’ils changent, il faut
aller vers eux, les accueillir, les écouter,
désapprouver leurs actes mauvais,
certes – sans l’alibi facile de la pathologie -, leur
rappeler quelles sont les lois de la vie et
l’obligation de les respecter, travailler leur
mental pour que changent leurs idées toxiques
et les surveiller ensuite dans le
même état d’esprit que l’on encadre
un ancien alcoolique. Ils doivent arriver à
demander pardon pour ce qu’ils ont fait
et réparer leur faute, mais tout ceci
n’exige pas chaque fois la sortie d’une confidentialité partagée.
(14)
je serais très
heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
1. Je vous recommande particulièrement une synthèse
pluridisciplinaire que nous
avons réalisée à plusieurs praticiens, de
Belgique, France et Luxembourg,
médecins, travailleurs sociaux, psychologues
et éducateurs, et qui s’intitule :
Le traitement pluridisciplinaire de l’enfant
abusé et de sa famille ; trois vidéo-cassettes
(ou 3 DVD) disponibles à l’adresse
ANTHEA : Anthea@internet-club.fr
2. Parmi les livres et articles que j’ai
écrits, il y a notamment :
1997.
J.Y. Hayez, E. de Becker, "
L’enfant victime d’abus sexuel
et sa famille : évaluation et traitement ", Coll.
Monographies de la psychiatrie de l’enfant, Paris, P.U.F., 301 p.
1999.
J.Y. Hayez, E. de Becker, " Abus sexuel sur mineurs d’âge ",
Encycl. Méd Chir (Elsevier, Paris),
Psychiatrie, 37-204-H-10, 1999, 5 p.
J.Y. Hayez " Sexualité des enfants en âge d’école primaire ",
Perspectives psychiatriques, 38-4, 282-299.
2001.
J.Y. Hayez " Pour battre en brèche l’idée qu’il y a des
abuseurs sexuels partout, et dès la maternelle. "
Enfance-Adolescence, 2001,1,67-76
J.Y. Hayez et E. de Becker, Perspective systémique et
travail familial ou de couple dans la prise en charge
des auteurs d’agression sexuelle, 237-254 in
Psychopathologie et traitements actuels des auteurs
d’agression sexuelle, Actes de la conférence de consensus
de la Fédération française de psychiatrie.
3. Début 2004, je publierai aux éditions Odile
Jacob un livre portant sur la sexualité
saine et pathologique des 6-13 ans et sur
leur accompagnement éducatif et
thérapeutique. Le titre n’est pas encore
fixé ; votre présidente, Madame le Docteur
Coinçon m’a suggéré
Je veux voir tes mains
( sous titre : les 6-13 ans, leur vie
sexuelle et leurs parents )
Wait and see ...
EXTRAITS DU RAPPORT DU COMMISSAIRE DE L'ONU
COMMISSION DES DROITS DE L’HOMME
Cinquante-neuvième session
Point 13 de l’ordre du jour provisoire
DROITS DE L’ENFANT
Note présentée par M. Juan Miguel Petit,
Rapporteur spécial sur la vente
d’enfants, la prostitution des enfants et la
pornographie impliquant des enfants,
conformément à la résolution
2002/92 de la Commission des droits de l’homme.
Additif
Note préliminaire sur la mission en
France (25-29 novembre 2002)*
13. Le Rapporteur spécial ne considère pas que
les sévices sexuels contre des enfants
constituent un phénomène plus courant en France
que dans d’autres pays européens. On
constate toutefois que de nombreuses personnes
ayant une responsabilité dans la
protection des droits de l’enfant,
en particulier dans le système judiciaire, continuent de
nier l’existence et l’ampleur de ce phénomène.
14. Les personnes qui soupçonnent et signalent
des cas de sévices à enfant peuvent se
voir accuser de mentir ou de manipuler
les enfants concernés et risquent des poursuites
ou des sanctions administratives pour
diffamation si leurs allégations n’aboutissent pas à
des poursuites suivies de la condamnation
de l’auteur présumé des sévices. En
particulier, les professionnels de la santé
encourent des risques dans ce domaine et rien
n’indique que les médecins bénéficient de
l’aide et du soutien du Conseil de l’ordre des
médecins français.
15. Dans un nombre croissant de cas, un parent
séparé, habituellement la mère, choisit
d’amener l’enfant ou les enfants à l’étranger
plutôt que de se conformer aux décisions
d’un tribunal accordant des droits de visite
ou attribuant la garde à l’auteur présumé des
sévices, ce qui, à son tour, pourrait exposer
l’enfant à de nouveaux sévices sexuels. Il est
même arrivé que des juges et des avocats au
courant des faiblesses du système judiciaire
conseillent, officieusement, à certains parents
d’agir de la sorte. Ces parents se trouvent
donc sous la menace de poursuites criminelles
pour leurs actes aussi bien en France que
dans le pays où ils se rendent.
16. Le manque de ressources, de formation et de
spécialisation dont souffrent les juges
et les avocats s’occupant d’affaires de sévices
sexuels contre des enfants fait que les
droits de l’enfant impliqué dans des poursuites
judiciaires ne sont parfois pas
suffisamment protégés. Il s’ensuit que les enfants
concernés risquent souvent de
continuer à subir des sévices.
17. Il est certes possible que de fausses
allégations de sévices sexuels contre des enfants
aient été faites dans le cadre de procédures
visant à attribuer la garde de l’enfant.
Toutefois, le Rapporteur spécial, après avoir
examiné les preuves concernant les affaires
portées à son attention, a pu conclure que
ces allégations étaient sérieuses et fondées et
que la suite qui leur avait été donnée ne
correspondait pas à l’intérêt supérieur de
l’enfant.
18. Dans les affaires civiles visant à attribuer
la garde de l’enfant, celui-ci ne bénéficie
pas d’un droit automatique d’être entendu.
Bien que les tribunaux civils puissent
entendre l’enfant à la discrétion du
président du tribunal, l’enfant n’est quasiment jamais
entendu.
19. Lorsque des poursuites pénales sont
engagées contre les auteurs présumés de
sévices, les tribunaux civils ne sont pas
supposés prendre de décisions quant à la garde
ou aux droits de visite jusqu’à ce que la
procédure pénale soit menée à son terme. Dans
la pratique, toutefois, cette disposition
n’est pas respectée, ce qui donne lieu à une
situation où l’enfant est obligé de rester,
souvent sans surveillance, avec une personne
faisant l’objet d’une enquête pénale
pour des sévices infligés à ce même enfant.
Recommandations
21. Il convient de respecter l’article 12 de la
Convention relative aux droits de l’enfant,
qui consacre le droit de l’enfant d’exprimer
ses souhaits et son opinion et, notamment,
" la possibilité d’être entendu dans toute
procédure judiciaire ou administrative
l’intéressant ". Le Rapporteur spécial comprend
certes qu’il importe d’éviter une
situation où un enfant est obligé de répéter
plusieurs fois des allégations, mais il est
encore plus important de prendre au sérieux
et de croire un enfant qui parle de sévices.
24. Étant donné le
nombre de cas laissant apparaître un grave
déni de justice pour les enfants victimes de sévices
sexuels et les personnes qui tentent de les protéger,
il serait bon qu’un organe indépendant, de préférence
la Commission nationale consultative des droits de
l’homme, mène de toute urgence une enquête sur la situation
actuelle.
26. Le système judiciaire devrait se voir
allouer des ressources suffisantes pour être en
mesure de dispenser une formation en matière
de droits de l’enfant et de suivre
convenablement les affaires s’y rapportant.
27. Lorsque des poursuites pénales sont
engagées contre les auteurs présumés de
sévices, les tribunaux civils ne doivent
pas statuer sur la garde ou les droits de visite tant
que la procédure pénale n’a pas été menée à son terme.
Dans l’intervalle, l’auteur
présumé des sévices ne devrait avoir accès
à l’enfant que sous une supervision constante.
28. Le Conseil de l’ordre des médecins français
doit de toute urgence revoir ses
procédures, de façon à soutenir, au lieu
de les condamner, les médecins qui font part de
leurs soupçons de sévices à enfant.
(1). Jean-Yves HAYEZ, psychiatre infanto-juvénile,
docteur en psychologie,
premier chef de l’Unité de pédopsychiatrie, Cliniques
universitaires Saint-Luc, 10, avenue Hippocrate,
B-1200 Bruxelles
– Courriel :
jyhayez@uclouvain.be
(2). Les termes " enfants " et " mineurs avant la
majorité sexuelle " sont synonymes, sauf spécifications indiquées
dans le texte.
(3). Je ne puis raisonner ici qu’en termes statistiques en
décrivant l’impact d’une atteinte précise sur la majorité des
enfants qui la subissent. Mais n’oublions jamais qu’il y a
les hypersensibles et les hyposensibles.
(4). Le corps peut être traumatisé, lui aussi,
surtout dans ses parties sexuelles
( ou/et via une MST, une grossesse
précoce ... ). Le trauma physique va souvent de pair
avec un trauma psychique mais les intensités respectives
peuvent être dissociées.
(5). A ma connaissance, le SVA québecois –
statement validation
analysis – est le seul convenablement validé. Il statue sur
la probabilité de crédibilité des dires d’un enfant ; les
items qu’il propose sont néanmoins très intéressants et
peuvent être utilisés à
des fins diagnostiques plus larges.
(6). Ce " partenariat " commence néanmoins parfois beaucoup
plus vite que l’on pense, p. ex. quand adultes et
enfants acceptent de regarder ensemble de la pornographie
( ... la cassette louée le samedi soir).
(7). Ou son bf, modernité oblige ...
(8). Elles portent principalement sur des cas d’abus sexuels
intra-familial où l’on a une première intuition que les
faits seront reconnus, y inclus par celui qui abuse, et que
la collaboration sera positive.
(9). Même si les motivation de cette réceptivité et l’engagement
de chacun dans le processus restent très variables.
(10). Les tenants de ce slogan lui donnent même une signification
encore plus contraignante "
Sans sanction pénale, pas de
thérapie possible ... ceux qui ne recourent pas à
la sanction pénale sont eux-mêmes des tout-puissants
hors-la-loi. "
(11). Quand on veut bien y réfléchir, seuls quelques
adolescents - qui pratiquement ont demandé
eux-mêmes la confrontation –
regarderont leur abuseur dans les yeux et maintiendront
ce qu’ils auront à dire! Pour tous les autres, c’est
une expérience effrayante et anti-contributive à la
vérité : l’enfant se liquéfie de peur, en le montrant
ou pas, et l’adulte rentre dans sa forteresse, et achève
sa trahison!
(12). A tout le moins peut-on " espérer " que, en cette
période d’incertitude, leur dimension sexuelle est mise entre
parenthèse.
(13). Et, par analogie, ceux des parties saines de sa famille,
que nous ne détaillerons pas ici. La personne qui a abusé
a aussi ses besoins, mais ce ne sera pas non plus l’objet de
ce texte.
(14). Partagée : avec les éléments sains de
la famille ou/et de la famille élargie,
avec l’un ou l’autre voisin ou
intervenant de première ligne prêt à l’engager.
Création le 27 avril 2003.
Dernière mise à jour
le dimanche 06 juillet 2008.
Issu du document " atteinte " du 24.04.03 en word 6.0 pour win95
et d'un texte de 34 pages imprimé en Word reçus du
professeur Jean-Yves Hayez.
DS.ds
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Bravo de m'avoir trouvé
Félicitations
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480
mais est encore correcte avec les écrans
plus grands 1600x1200 ou autres.
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
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Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
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le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
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appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
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Atteintes sexuelles des enfants :
une perspective phénoménologique et
de Santé Publique.
§ I. Introduction.
§ II. Les dysfonctionnements éducatifs.
§ III. Les épines sexuelles.
§ IV. Les dérapages sexuels
§ V. Les abus sexuels graves
§ VI. Quels souhaits pour quel avenir ?
Video et bibliographie
Annexe : extraits du rapport du commissaire de l'Onu.
Notes.
notes automatiques.
.
.
Note 1.
(1). J.-Y. HAYEZ, pédopsychiatre, docteur en psychologie,
coordinateur de l’équipe SOS Enfants-Famille et
responsable de l’Unité de pédopsychiatrie, Cliniques
universitaires Saint-Luc, 10 avenue Hippocrate,
B-1200 Bruxelles
– E-Mail :
jyhayez@uclouvain.be
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
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heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
.
.
Note 2.
(2). Les termes " enfants " et " mineurs avant la
majorité sexuelle " sont synonymes, sauf spécifications indiquées
dans le texte.
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dont je viens de partir.
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Note 3.
(3). Je ne puis raisonner ici qu’en termes statistiques en
décrivant l’impact d’une atteinte précise sur la majorité des
enfants qui la subissent. Mais n’oublions jamais qu’il y a
les hypersensibles et les hyposensibles.
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Note 4.
(4). Le corps peut être traumatisé, lui aussi,
surtout dans ses parties sexuelles
( ou/et via une MST, une grossesse
précoce ... ). Le trauma physique va souvent de pair
avec un trauma psychique mais les intensités respectives
peuvent être dissociées.
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dont je viens de partir.
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heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
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.
Note 5.
(5). A ma connaissance, le SVA québecois –
statement validation
analysis – est le seul convenablement validé. Il statue sur
la probabilité de crédibilité des dires d’un enfant ; les
items qu’il propose sont néanmoins très intéressants et
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Note 6.
(6). Ce " partenariat " commence néanmoins parfois beaucoup
plus vite que l’on pense, p. ex. quand adultes et
enfants acceptent de regarder ensemble de la pornographie
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Note 7.
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Note 8.
(8). Elles portent principalement sur des cas d’abus sexuels
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faits seront reconnus, y inclus par celui qui abuse, et que
la collaboration sera positive.
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Note 9.
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Note 10.
(10). Les tenants de ce slogan lui donnent même une signification
encore plus contraignante "
Sans sanction pénale, pas de
thérapie possible ... ceux qui ne recourent pas à
la sanction pénale sont eux-mêmes des tout-puissants
hors-la-loi. "
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Note 11.
(11). Quand on veut bien y réfléchir, seuls quelques
adolescents - qui pratiquement ont demandé
eux-mêmes la confrontation –
regarderont leur abuseur dans les yeux et maintiendront
ce qu’ils auront à dire! Pour tous les autres, c’est
une expérience effrayante et anti-contributive à la
vérité : l’enfant se liquéfie de peur, en le montrant
ou pas, et l’adulte rentre dans sa forteresse, et achève
sa trahison!
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Note 12.
(12). A tout le moins peut-on " espérer " que, en cette
période d’incertitude, leur dimension sexuelle est mise entre
parenthèse.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
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Note 13.
(13). Et, par analogie, ceux des parties saines de sa famille,
que nous ne détaillerons pas ici. La personne qui a abusé
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Note 14.
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la famille ou/et de la famille élargie,
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