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Jean-Yves Hayez Aliénation parentale : un concept à haut risque.
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Aliénation parentale :
un concept
à haut risque.
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" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va
et d'employer l'esprit à le justifier."
Jean Guéhenno.
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Article publié dans
Neuropsychiatrie de l'Enfance et
de l'Adolescence, 2005, 53-4, 157-165 . A paraître
également dans
la revue trimestrielle de droit familial
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Aliénation parentale : un concept à haut risque.
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J.-Y. Hayez
(
1)
Ph. Kinoo
(
2).
Nous avons désiré rédiger une sorte d'essai, qui fasse le
point sur notre pratique clinique et sur nos connaissances,
autour de ce douloureux problème des séparations
parentales très difficiles. Nous voulions apporter notre
témoignage à leur propos, sans simplifier, et en espérant
que les pistes de prise en charge proposées puissent
aider nos collègues ou/et susciter un débat avec eux.
D'autant que nous sommes persuadés que ces problèmes
ne feront que croître, à l'unisson de l'augmentation
persistante des couples qui se séparent.
Nous nous sommes également engagés à écrire parce que
nous sommes effrayés face à certaines réactions
sociales :
- D'aucuns abusent du terme « aliénation parentale »
pourtant non validé scientifiquement - et ne sont pas loin
d'y ranger toutes les situations où existent des
difficultés majeures de rencontre parent-enfant
ils
franchissent alors trop aisément le pas qu'a franchi
Gardner, en recommandant des mesures de déplacement
violentes pour l'enfant chaque fois que la situation reste
grave et rebelle à d'autres approches.
- D'autres pensent que l'hébergement alterné doit
s'appliquer dans ces cas où les parents passent leur vie à
se déchirer : ce serait une sorte de médicament, apte à
calmer au seul nom de l'enfant. Ce n'est pas notre
expérience! En attendant, il faut se rappeler que la garde
alternée n'est pas une
obligation
légale, mais une préférence du législateur en France.
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B. Genèse de la notion d'aliénation parentale.
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Après la séparation du couple parental, il existe dans un
nombre non négligeable de cas des difficultés de
circulation de l'enfant (3)
entre ses parents. Elles peuvent
s'avérer importantes et durables, jusqu'au refus total et
permanent d'encore séjourner chez un parent.
Il y a une vingtaine d'années, un psychiatre nord-
américain, R. Gardner, a donné une identité officielle à
ces situations connues depuis longtemps, en les appelant
« syndrome d'aliénation
parentale » ( Gardner, 1992 )
; il lui
a donné aussi une apparence scientifique , en
schématisant et en résumant sa description en critères
cliniques très concrets, dont la présence en nombre
significatif doit faire diagnostiquer la présence de son
syndrome (4).
Les plus importants tournent autour du
dénigrement inobjectif et passionné du parent contesté
( PR, pour parent refusé ) ( et de ses alliés ) par l'enfant,
sous l'influence déterminante du parent chez qui se passe
la vie quotidienne ( PG, pour parent gardien ) ( et de ses
alliés ). Gardner y inclut un critère qui coupe l'herbe sous
le pied à tout doute et à toute critique : dans l'ambiance
générale de sa description, l'enfant serait incapable
d'avoir une pensée personnelle malgré qu'il affirme
vigoureusement le contraire : s'il se prétend être un
« penseur indépendant » et insiste à ce propos, l'auteur y
voit précisément la preuve qu'il ne l'est pas.
Certains scientifiques, pas en très grand nombre, ont
suivi Gardner et continué à promouvoir l'idée du SAP ( par
exemple ( Lowenstein, 1998 )
; ( Major 2000 )
. Parmi les
tentatives les plus confusionnantes dans ses effets
potentiels, il y a celles de Kelly ( 2001 )
, qui a coupé la
définition clinique de tout lien étiologique. Cela revient à
dire que dès qu'un enfant dénigre un parent de façon
disproportionnée par rapport à la réalité et ne veut plus
aller en visite chez lui, il s'agit d'un SAP, quel que soit le
panachage des responsabilités en jeu!
Ce cadre conceptuel étant proposé, il s'est passé ce que
l'on pouvait redouter : on y a fait entrer beaucoup de
vignettes cliniques. Parfois des bien légères, sans
examiner soigneusement si l'on correspondait vraiment
aux critères gardneriens officiels, qui ont une
pondération de gravité. Mais surtout sans grand souci de
l'étiologie, ce qui revient à dire que l'on étiquette
indûment comme parents activement aliénants nombre de
PG alors que l'on se trouve dans la catégorie majoritaire
des causalités multifactorielles que nous allons évoquer
bientôt.
Ce « remplissage en vrac » a parfois été le fait
d'intervenants naïfs et peu formés, à la recherche d'une
sécurité intellectuelle et de recettes pour guider leur
action. S'en tenir à une explication causaliste linéaire est
également le fait de certains « spécialistes » de la
séparation parentale, surtout ceux qui se sont formés aux
méthodes gardneriennes et qui sont ici juge et partie.
Mais, dans le chef d'autres promoteurs du concept, c'est
une stratégie beaucoup plus concertée. Des associations
composées de parents refusés en grande partie des
pères prétendent haut et fort que, pour chacune de
leurs situations particulières, on se trouve bel et bien
dans le cadre d'une aliénation parentale. Et elles se sont
souvent constituées en véritables
lobbies (5)
, cherchant à
influencer les scientifiques, les magistrats, l'opinion
publique, etc. Or, la composition de ces groupes est plus
complexe qu'il n'en a l'air : à côté d'une présence
minoritaire de parents réellement victimes d'injustice et
d'aliénation, il y en a davantage qui sont en bagarre et en
rivalité perdurantes avec leur ex-conjoint : sorte
d'énormes bras de fer où ce qui compte, ce n'est pas
vraiment le bonheur de l'enfant, mais plutôt finir par
l'emporter sur l'autre. Ces lobbies sont souvent
intellectuellement puissants et leurs membres ont des
statuts sociaux forts et donc leurs revendications et
leurs pressions sur les idées de la communauté sont
efficaces. Les mouvements féministes voient même dans
celles-ci une passe d'armes plus générale dans la lutte
sociale entre le pouvoir des hommes et celui des
femmes (6)
( Côté, 2000 )
.
Revenons donc à plus de sérénité : certes, nous
confirmons que des difficultés graves de circulation de
l'enfant entre ses parents sont susceptibles d'exister,
mais ...
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C. Quelles sont les motivations en jeu?
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Les motivations à l'œuvre pour rendre compte de ces
difficultés majeures de circulation sont complexes et
variées. Schématiquement, nous en retiendrons trois
catégories, réparties sur une sorte de courbe de Gauss. A
un extrême se trouvent celles dont PR est le principal ou
l'unique responsable. A l'autre celles qui sont dues à PG.
Au centre, se trouvent les situations les plus fréquentes,
multifactorielles, où chacun y met du sien en agressivité.
Néanmoins, cette catégorisation qui ne tient compte que
des facteurs parentaux est simplificatrice et boiteuse,
car l'enfant aussi y met du sien et il existe même une
minorité de situations ou c'est lui tout seul qui se
construit une représentation négative de PR.
1. PR a provoqué le refus.
Au premier extrême, c'est donc PR qui a provoqué,
principalement ou exclusivement, que l'enfant le perçoive
comme un repoussoir.
Il peut avoir été et demeurer l'agent principal de
blessures relationnelles profondes, dont voici quelques
exemples :
- Du temps où le couple vivait ensemble, PR était l'auteur
de fortes violences envers son conjoint ( le plus souvent,
l'homme envers la femme ). Que l'enfant ait reçu des coups
lui-même ou non n'y change pas grand chose : il s'est
imprimé dans son psychisme l'image d'un adulte violent, qui
a fait du mal à PG que l'enfant aime et parfois protège ou
défend.
- Du temps où le couple vivait ensemble, PR n'investissait
en rien l'enfant. Après la séparation, s'il se met à
réclamer des visites, sa motivation principale semble être
de continuer à harceler son ex plus que de chérir
vraiment l'enfant ( Hester et Ralford, 1996 )
. Ou alors, la
motivation de PR est plus carrément financière et
inavouée (7) .
- PR s'est remis en ménage avec un compagnon ou une
compagne qui n'aime pas l'enfant et le manifeste de façon
subtile ou grossière. Ce que l'enfant refuse, c'est de
fréquenter le système constitué par PR et son nouveau
conjoint. Implicitement, il reproche à PR son inefficacité
ou sa lâcheté au moment où il faudrait le défendre lui,
l'enfant, contre l'injustice du « nouveau ».
- PR - le plus souvent le père a « plaqué » femme et
enfants pour se jeter dans les bras d'une très jeune
femme. Nombre de grands enfants et d'adolescents ne
peuvent pas lui pardonner cette trahison qui les laisse
orphelins, parfois brutalement, qui introduit gêne
matérielle et souffrance morale dans la famille délaissée ...
tout ça pour le sexe ou l'illusion d'un bain de Jouvence.
- Lors du séjour chez un parent, des enfants peuvent être
maltraités ou abusés sexuellement par celui-ci ou l'un de
ses proches. S'en plaignent-ils spontanément ou refusent-
ils sous l'un ou l'autre prétexte d'encore fréquenter ce
parent? C'est le cas pour une minorité d'entre eux, les
plus grands surtout, soit qu'ils verbalisent ce qui leur est
arrivé ( rare! ), soit qu'ils montrent leur souffrance et leur
refus à travers les signes nouveaux d'un comportement
perturbé. Mais la majorité des enfants abusés dans un tel
contexte sont des enfants ( très ) jeunes qui le sont de
façon soft ( sans violence, mais dans des « jeux » ou de la
séduction ) et ils ne comprennent pas bien ce qui leur
arrive ; donc ils ne se plaignent pas et c'est par hasard
que PG découvre qu'il y a eu abus (8)
; ou alors, ces petits
enfants ont quand même la vague intuition qu'il s'est passé
quelque chose d'anormal et, presque sans le vouloir
consciemment, ils font passer à PG un « innocent » test
de vérification (« Maman, tu mets aussi ton doigt dans ma
mimine? » demandera telle petite fille au bain). Il s'en
suit alors une cascade d'interrogations et de réactions
émotionnelles entre l'enfant et PG. Quelques fois, PG
peut réagir en cherchant avec délicatesse, sans tout de
suite dramatiser, une aide pour comprendre et résoudre
le problème. Mais bien plus souvent les réactions
émotionnelles anxieuses, indignées ou hostiles de PG
poussent l'enfant à épouser étroitement ce que vit celui-
ci, et même à en remettre ou à se calquer sur une part de
débordement imaginaire qui envahit parfois PG.
2. C'est PG qui provoque le refus.
A l'autre extrême, c'est PG qui dysfonctionne
principalement et relève alors vraiment de l'appellation de
parent aliénant : il détourne l'enfant du contact avec PR
en dénigrant ce dernier d'une manière soit totalement non
justifiée, soit via des exagérations non fondées.
PG peut agir seul, souvent en raison d'une forte
problématique psychologique personnelle :
psychose (9)
, personnalité paranoïde, histoire de vie particulièrement
lourde, dont des éléments sont projetés indûment sur PR.
Il n'est pas rare alors qu'il reconstitue un petit château
fort bien barricadé, socialement isolé, dans lequel il
s'enferme avec l'enfant. Surtout quand il vit seul avec
celui-ci, sa manière de dénigrer PR peut être des plus
subtiles et n'être mise en évidence que par une
observation attentive. Par exemple, PG manipule les
souvenirs anciens de l'enfant; il parle de façon
méprisante et négative de PR à des tiers sans s'adresser
directement à l'enfant; il leur fait notamment remarquer
toutes les injustices que PR lui a fait subir; il organise les
visites chez PR à des moments frustrants pour l'enfant et
organise des « passages »
laborieux ( Van Gijseghem, 2003 )
.
Plus souvent néanmoins, PG dispose d'alliés dans sa famille
d'origine. Il souffre alors, soit d'une des pathologies tout
juste évoquées, soit d'une « simple » et forte immaturité
affective, qui entrave son indépendance par rapport à sa
famille d'origine : alors, ce sont les propres parents de PG
qui montent au créneau et enveniment les choses.
Le terme aliénant est donc à prendre avec un double
effet. Par son dysfonctionnement, PG aliène ( rend
étranger ) le PR à l'enfant. Mais il aliène aussi l'enfant à
lui-même, en abusant de son pouvoir psychologique pour
détruire l'image de PR construite par l'enfant et imposer
la sienne.
C'est dans ce contexte de vraie aliénation que de fausses
allégations d'abus sexuel sont portées à l'égard de PR. Il
faut toutefois garder la tête froide à propos de
l'épidémiologie de celles-ci. Contrairement à ce que dit la
rumeur, elles ne sont plus en extension et ont même un
peu régressé après un « pic » entre 1996 et
1999 (10).
Le parent aliénant est parfois convaincu de bonne foi, en
référence à ses propres vécus et problèmes
psychologiques qu'il projette sur l'enfant. Ailleurs au
contraire, il invente délibérément : « C'est ma mère qui
m'a dit qu'avec cette plainte, je gagnerai sûrement mon
divorce », reconnaîtra dépitée une maman, plus
inconsciente des effets de son accusation que réellement
haineuse. Mais le plus souvent, l'allégation d'abus survient
dans un contexte de conflit, de haine, de peur, où le
moindre élément ( une rougeur près des zones génitales,
un geste de l'enfant, ...) devient symptôme puis
conviction ( Kinoo, 1999 )
.
Quoi qu'il en soit, ce sont des familles où une prise en
charge thérapeutique impliquant l'enfant et ses deux
parents est nécessaire. L'intervention judiciaire seule
constitue rarement une solution
suffisante ( Kinoo, 1998
et Dandoy, Kinoo, Vandermeersch, 2003 )
.
Il y a aussi les dramatiques problèmes liés à la différence
culturelle ou religieuse qui pèse de tout son poids après la
séparation du couple, souvent un couple de deux
nationalités différentes. Ici un des partenaires, souvent
le père, n'hésitera pas à enlever activement l'enfant ou à
ne pas le restituer après un séjour chez lui; faisant fi de
l'attachement qui existait entre l'enfant et l'autre parent,
il coupera radicalement le premier de tout contact avec le
second. Une motivation d'orgueil et de haine contre l'ex-
conjoint s'ajoute fréquemment aux raisons d'ordre
culturel et religieux et malheureusement, les législations
du pays où l'enfant a été emmené peuvent soutenir le
parent aliénant.
3. L'enfant seul provoque le refus.
Dans d'autres cas, pas très nombreux non plus, le refus
est principalement le fait du seul enfant. Les tranches
d'âge concernées ici sont les enfants en âge préscolaire
et les préadolescents ou les adolescents. Consciemment
et fondamentalement, PG préfèrerait que ce refus
n'existe pas, car il lui complique la vie. PR, lui, ne croit pas
facilement que c'est l'enfant qui est en cause et accuse
PG ; celui-ci se voit doublement victime : de son ex-
conjoint et de l'enfant; il essaie donc de faire changer
l'option de ce dernier, mais en vain (11).
A l'origine de ces refus, on peut invoquer :
- Surtout chez les plus jeunes, la simple angoisse à
anticiper la rencontre avec PR, devenu lointain et
étranger; l'angoisse que ce parent ne découvre les désirs
œdipiens de l'enfant et ne le punisse pour cela (« Papa ne
peut pas savoir que je me sens le petit homme de
maman »).
- La très banale angoisse surajoutée d'être réprimandé et
puni parce qu'on a été irrégulier ou de mauvaise humeur
lors des visites précédentes ( faille qui se creuse de plus
en plus, de ce seul chef ).
- Le conflit de loyauté que l'enfant éprouve tout seul
après la séparation, surtout si celle-ci reste litigieuse
entre adultes ; une manière simple de s'en sortir est de se
représenter qu'il y a un bon et un mauvais parent et d'agir
en conséquence ( Van Gijseghem, 2003, p 25 )
. Et tel
enfant, narcissique ou anxieux peut s'acharner dans son
opinion, pour ne pas vivre la honte de changer d'avis ou la
crainte d'être mis en présence du parent dénigré.
4. Les causes multiples.
Néanmoins, dans la majorité des situations où un parent
est refusé, les causes sont multiples. Dans l'histoire du
couple et de la famille, chacun a déjà joué sa part de rôle
hostile à l'autre, et il continue après la séparation.
En voici quelques exemples :
- Quand le couple vivait encore ensemble, le père se
comportait plutôt durement avec la mère et se montrait
peu impliqué dans le relation à l'enfant; après séparation,
il continue à faire beaucoup d'ennuis à la mère; il a l'air
d'exiger les visites de l'enfant « pour le principe » et n'a
pas su s'occuper positivement de lui les premières fois où
l'enfant a été le voir. La mère ne l'aime pas, ça c'est clair ;
même si elle ne le dénigre pas ouvertement, elle est
incapable de faire passer l'image du « bon père » qu'il n'a
pas été jusqu'à présent. C'est probablement ici que se
situe le mécanisme de « transmission inconsciente » par
un parent de l'image négative qu'il a de l'autre. L'enfant
capte les composantes souvent subtiles de cette
transmission inconsciente et fait siennes les idées et les
affects les plus intimes de ce parent. Les grands parents
maternels sont bien présents et sur la même longueur
d'onde que leur fille. L'enfant, anxieux ou très attaché à
la mère, finit par fuir les contacts avec son père.
- On assiste parfois à l'amplification « de bonne foi » de
certaines inquiétudes sexuelles ( un anus un peu rouge
devient un anus possiblement abusé ). La maman ne fait
rien, ne consulte pas et ne porte pas plainte, mais son
inquiétude, dont s'imprègne l'enfant, alimente le cercle
vicieux qui entraîne la situation vers le refus.
- De très forts conflits existent depuis toujours entre
les parents et expriment leur rivalité et la volonté de
pouvoir de chacun sur l'autre. Quoi qu'ils prétendent,
l'enfant n'a jamais vraiment compté foncièrement comme
personne dans ces conflits : objet de litige, objet que l'on
se dispute, objet de chantages, il est manipulé par chacun
des parents, parfois à l'insu de la volonté consciente de
ceux-ci. Quand l'un des deux en a la garde au quotidien, il
l'accapare jalousement et dénigre son ex. Celui-ci hurle,
mais fait exactement la même chose si d'aventure l'enfant
séjourne chez lui. L'enfant, soit s'aligne sur le point de
vue d'un de ses parents, soit se conforme prudemment
aux propos du camp dans lequel il réside pour le moment.
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D. Emergence de ces situations dans le champ
psychosocial ou judiciaire.
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Jusqu'ici, nous avons décrit des fonctionnements
relationnels familiaux pouvant amener à des refus.
Nous décrirons maintenant quelques modalités
d'apparition de ces difficultés intrafamiliales chez les
intervenants psychosociaux, ou chez les intervenants
judiciaires.
On se trouve face à un fatras de revendications, de bras
de fer, de mensonges et de manipulation. La tension
relationnelle peut être extrême, avec des moments de
rage ou de vrai désespoir. Selon les étiologies, l'écoute de
chacun dans ce qu'il vit aujourd'hui et la reconstruction
patiente de l'histoire familiale mettront en évidence des
éléments importants ... mais dont la signification ne peut
être interprétée qu'avec une très grande prudence.
Attention aux déductions hâtives et aux subtilités, non
apparentes à une écoute superficielle ! Dans ces histoires
compliquées, il faut se souvenir que chacun est
susceptible de penser pour son propre compte et de
manigancer, y inclus l'enfant.
Attention aussi aux conclusions basées sur l'écoute du
discours d'un seul parent.
On ne devrait confier l'examen de telles situations qu'à
des professionnels chevronnés. Nous y reviendrons.
Parmi les expériences évoquées, on voit surgir de temps
en temps l'allégation d'un abus sexuel commis par PR ou
l'un de ses proches : ce sont PG et l'enfant qui l'énoncent,
chacun avec une intensité, un degré de concret et une
fiabilité variables au regard des méthodes d'analyse du
discours bien codifiées et validées ( essentiellement le
SVA québécois ). Ces derniers temps, le seul énoncé de
l'allégation provoque un grand réflexe de crispation chez
beaucoup d'intervenants, a priori qui joue davantage au
détriment du parent et de l'enfant qui accusent que du
parent accusé. Ces parents accusateurs souvent des
mères risquent même de perdre la garde de l'enfant si
l'on ne trouve pas de preuves claires à l'appui de leurs
dires. A tout le moins se montre-t-on souvent inerte pour
suspendre les contacts entre l'enfant et le parent
suspect, même au moment de l'instruction judiciaire ; et si
PG se rebiffe face à ce qu'il croit être la répétition d'un
danger pour son enfant, il peut s'attendre aux pires
ennuis ( Hayez, 2004 )
! Tout cela est-il bien serein et
juste?
On affirme également de loin en loin qu'il y a eu un
enlèvement d'enfant. En 2001, N. de Vroede, alors
premier substitut au Parquet de Bruxelles, avançait les
chiffres très élevés de 17 enfants « déplacés » chaque
mois ( de la Belgique vers l'étranger ), sans le
consentement du parent resté en Belgique.
Réciproquement, 12 enfants étaient déplacés chaque mois
vers la Belgique. 2/3 des parents « déplaçant » étaient
belges, tout comme 2/3 des parents à qui l'on soustrayait
l'enfant ( N. de Vroede, 2001 )
.
Néanmoins, le terme « déplacés » est un fourre-tout dans
lequel il faut distinguer :
- Quant à leur forme externe, de véritables kidnappings,
plus ou moins effrayants ( minoritaires ), et des décisions
unilatérales de mettre fin à un droit de visite rendu à PR,
avec ou sans déménagement voire changement de pays
dans le chef de PG ( majoritaires ).
- Quant à leur temporalité, des phénomènes transitoires,
auxquels succèdera une laborieuse reprise de contacts
avec PR, et d'autres programmés comme définitifs par le
parent auteur de la « soustraction » de l'enfant.
- Quant aux motivations à l'œuvre, certains
« déplacements » constituent des fuites à l'étranger de
PG épuisés par un très long bras de fer avec les
institutions, notamment judiciaires, parents qui restent
persuadés parfois à tort, parfois à raison que les
contacts avec PR sont dangereux ... ( minoritaires ).
D'autres sont des enlèvements internationaux émanant
d'un vrai parent aliénant : surtout Nord/Sud quand ce
sont des pères chez qui s'intriquent des dimensions
narcissiques, d'autres liées à leur image sociale, et des
considérations culturelles ou religieuses. Surtout
Nord/Nord quand il s'agit de mères toutes-puissantes, qui
nient la place du père sous des argumentations
fallacieuses.
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E. Effets psychologiques sur l'enfant.
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Dans les cas où PG est effectivement aliénant, les
conséquences psychologiques de son attitude sur l'enfant
ne sont pas minces.
- Surtout au fur et à mesure que celui-ci grandit, il n'est
pas rare qu'il se rende compte de sa propre inobjectivité
lorsqu'il dénigre PR; cette prise de conscience est au
moins partielle et intuitive, mais l'enfant continue
néanmoins souvent à dénigrer PR par conformisme
prudent ; mais alors il se sent secrètement coupable de sa
trahison : son plaisir de vivre diminue et il peut chercher
à s'auto-punir de l'une ou l'autre façon (12).
L'enfant peut
également persister par orgueil : tout, plutôt que d'avouer
que l'on s'est trompé ! Alors, on en remet, plus que jamais,
en faisant l'étalage plus intransigeant que jamais des
fautes de « l'accusé ».
- Ailleurs, l'enfant suggestionné demeure de bonne foi.
Néanmoins, même alors, ça ne lui fait pas du bien que le
parent aliénant présente de façon si récurrente PR
comme un vrai monstre. Cela peut l'angoisser, surtout s'il
est petit (« Un monstre, ça peut surgir n'importe quand
avec un sac pour vous kidnapper, n'est-ce pas ? »). Ça peut
aussi rendre l'enfant triste et préoccupé, même s'il ne le
montre pas trop : il ne peut pas se référer à un papa et à
une maman, séparés ou non, comme le font la grande
majorité de ses copains; c'est toujours la monotonie d'un
seul parent, et il ne peut jamais se sentir ni se déclarer
fier de l'autre. Il y a probablement aussi des failles dans
la construction de son identité, surtout s'il est du même
sexe que le parent honni : le parent gardien - supposons la
mère aura beau veiller à des contacts amicaux avec
d'autres hommes et même se remettre en ménage avec un
de ceux-ci, possible substitut paternel pour l'enfant; elle
n'enlève rien au fait qu'elle désavoue indûment la semence
et le désir d'homme dont l'enfant est issu; celui-ci
pressent l'interdiction imméritée de s'identifier à son
père et peine à aller chercher beaucoup de références
sexuées positives ailleurs ; il a même du mal à croire à la
valeur de sa propre masculinité, c'est-à-dire des
ressources sexuées spontanément présentes en lui lui
qui est issu de ce père déclaré si mauvais ...
- Autre évolution possible, c'est l'évolution
"caractérielle". On voit alors que si dans un premier
temps, PG et enfant ont été en alliance forte et en
grande proximité affective pour lutter contre PR, dans un
deuxième temps ( à l'adolescence le plus souvent ),
l'enfant utilise les mêmes attitudes de haine, d'irrespect,
de violence, de refus d'autorité contre PG, tout en
continuant à refuser PR.
- Une fois devenu grand adolescent ou adulte, fait-il
mieux la part des choses et reprend-il contact avec PR ?
H. Van Gijseghem pense que ce n'est jamais le cas
( Van Gijseghem, 2003 )
. Ce n'est pas notre expérience.
Nous avons constaté pour notre part que c'est lié à la
passivité soumise ou à la haine active que le jeune a
exprimée les années précédentes. Plus il a été actif et en
colère, moins il lui sera facile de penser qu'il pourrait se
réconcilier avec PR, c'est-à-dire, en quelque sorte, obtenir
le pardon de celui-ci. Mais ce n'est jamais impossible!
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F. La prise en charge multidisciplinaire : l'optique
gardnerienne.
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Dans cette optique, il existe une tendance, abusive à
notre sens, à interpréter les comportements de mise à
distance de PR comme émanant des seules mauvaises
influences de PG. Partant, il faut toujours mettre
beaucoup d'énergie à maintenir une relation spirituelle
positive et des contacts concrets entre l'enfant et PR.
Cela nécessite énormément de ténacité de la part des
intervenants et le plus souvent une intervention judiciaire
appuyée.
Dans les refus moyens ou légers, ces contacts finissent
par être restaurés et/ou maintenus ; parfois le minimum
acceptable est qu'ils aient lieu dans des centres de
médiation spécialisée, sous la supervision de tiers
professionnels (13).
Dans les cas graves par contre, le refus de l'enfant
persiste et Gardner y voit « la » preuve que PG est
aliénant. Il fait donc procéder aux grandes manoeuvres,
c'est-à-dire qu'il propose de faire résider l'enfant chez PR
refusé jusqu'alors . Dès lors, c'est l'autre parent ( l'ex
PG ) qui ne peut plus rendre à l'enfant que des visites
contrôlées dans un centre « Espace-rencontre ». Contacts
dont, au demeurant, il assumera la charge financière. De
surcroît, on met souvent en place une thérapie
individuelle censée déconditionner l'enfant de l'influence
néfaste du parent aliénant et lui réapprendre à aimer son
nouveau gardien. On met également en place des
entretiens spécialisés avec ce dernier, pour chercher des
moyens positifs de gérer le quotidien de l'enfant et de lui
faire des commentaires judicieux sur la situation.
Tout n'est pas à rejeter dans cette méthodologie
gardnerienne, mais elle généralise et réduit trop les
problèmes à une causalité linéaire
simpliste
« Parent
gardien exerçant une mauvaise influence --> enfant
victime qui s'ignore ».
|
G. La prise en charge multidisciplinaire : notre point
de vue.
|
1. Le cadre de l'intervention.
Chaque situation référée doit être examinée sans a priori
par une petite équipe constituée de professionnels
expérimentés ( psys, travailleurs sociaux, médiateurs,
etc.) ( Viaux, 2001 )
(14)
.
Voici quelques repères utiles dans la
mise en place du cadre de travail, en référence à trois
identités possibles de l'intervention.
D'abord, il y a l'expertise - une mission clairement définie
par un mandat judiciaire - ; elle vise à aider le juge à
mieux comprendre et à décider en fonction des éléments
psychologiques et relationnels en cause. Un rapport
clôture bien évidemment ce travail.
Une petite équipe composée de deux ou trois personnes,
permet de recevoir
séparément
chacun des trois
protagonistes du drame qui se joue. En effet, il n'est pas
souhaitable de recevoir ensemble l'enfant et PG, celui-ci
étant susceptible d'influencer négativement celui-là en
présence de l'intervenant embarrassé et passif ( et donc
confirmant involontairement le discours de PG ), ou se
montrant rapidement dubitatif et hostile ( et donc,
entravant l'alliance entre l'enfant et
lui ) ( Hayez, de Becker, 1997 )
. Corollairement, il n'est pas judicieux non
plus de mettre en présence d'emblée l'enfant et PR.
Cette étape de travail n'est envisageable que si l'expert
entrevoit la possibilité, ce faisant, d'avancer vers un
dénouement du refus de contact dans le cadre de
l'expertise. C'est ce que le jargon juridique appelle une
" tentative de conciliation pendant l'expertise ".
Si l'enfant est censé être trop anxieux ou trop jeune pour
venir seul à un entretien, on peut le faire accompagner
par une personne de confiance qui n'est pas le parent
gardien ; prendre beaucoup de temps pour l'apprivoiser en
parlant de choses générales; après, essayer quand même
de le recevoir seul.
Il est souvent inutile de recevoir les alliés de chaque
parent ; il est superflu et très insécurisant pour l'enfant
d'interroger des personnes tierces ( son école, son
médecin traitant, son thérapeute ). Par contre, on lira très
attentivement tous les documents liés à l'affaire et que
chaque parent a en sa possession ( rapports médicaux et
psychologiques ; documents judiciaires préalables, etc.)
Vient ensuite la demande d'examen initialement
unilatérale à la requête d'un seul des parents. Il ne s'agit
pas d'une expertise puisque ce n'est pas le tribunal qui
mandate le professionnel. Cependant, le parent demande
explicitement un rapport unilatéral pour une
procédure judiciaire. L'intervention est donc ici
également dans le champ judiciaire et ne peut être
considérée comme un acte thérapeutique.
- Si l'on a accepté de travailler à la seule demande du PG,
la décision de convoquer également et à un moment
judicieux PR est de la responsabilité de l'intervenant et
se prend au cas par cas. « Le moment judicieux », c'est
souvent le plus vite possible. Plus on avance avec un seul
parent, plus l'autre parent nous identifiera comme « de
l'autre camp ».
Dans ce contexte particulier, on gagne à faire signer tout
de suite un document par PG, le demandeur, où :
- Il s'engage à fournir en lecture
tous les documents
en sa possession, sans la moindre
restriction. Si l'on constate qu'il ne respecte
pas cette règle, il doit savoir que l'on mettra
fin sur le champ aux investigations entamées.
L'expérience a montré que cette précaution
était des plus utiles, pour éviter oublis ou
manipulations volontaires;
- Il marque son accord pour que le rapport
écrit qui clôture le travail soit envoyé par
l'intervenant à tout qui celui-ci trouve
judicieux, donc éventuellement à PR s'il peut en
résulter du positif pour l'enfant.
- Si l'on accepte de travailler à la seule demande de PR,
tout ce qui vient d'être dit demeure d'application. Entre
autres, s'il persiste quand même de rares visites de
l'enfant au domicile de PR, la décision de le recevoir à
cette occasion se prend au cas par cas.
Il arrive enfin que PG ou PR s'adresse au psychologue ou
au pédopsychiatre non pour obtenir un rapport sur la
situation, mais avec le souhait de trouver une aide pour
résoudre le problème ... c'est du moins ce qui est
déclaré! (15)
Dans ces cas, il est souhaitable, avant de recevoir
l'enfant, de rencontrer chacun des parents, ensemble ou
séparément. Si, dans ces situations tendues, on peut
rencontrer l'enfant en lui annonçant qu'on a déjà pu
parler avec ses deux parents, on crée pour lui un espace
de travail et de confiance tout différent que si un seul
parent a été rencontré. ( Kinoo, 2001 )
.
S'il fonctionne comme psychothérapeute, l'intervenant
s'engage formellement à ne pas rédiger de rapport. On
est dans un cadre thérapeutique, et la confiance
nécessaire exige l'application d'un strict secret
professionnel.
2. Quelles solutions?
Dans les deux extrêmes de la courbe de Gauss étiologique
déjà évoquée, c'est relativement simple : des mesures
radicales doivent être prises dans un cadre judiciaire.
- De rares fois, il est clair que le parent gardien actuel est
un agent hautement toxique, en ordre principal ou
exclusif ( par exemple : mère en perpétuel débordement
émotionnel, paranoïde, sans la moindre objectivité, qui
entraîne indéfiniment l'enfant dans une forte ambiance de
persécution; quelques rares cas de psychose; parent qui
a déjà arraché un enfant à l'autre parent, bien investi et
aimé, dans le cadre d'un enlèvement religieux, culturel ou
narcissique ).
Alors, une décision judiciaire doit le plus souvent confier
l'enfant en garde à celui qui était jusqu'alors le parent
refusé ( ou à celui de qui il a été violemment arraché ),
avec les soutiens psychologiques nécessaires pour assurer
la transition. On conçoit sans peine qu'un cadre judiciaire
vigilant et ses services sociaux exécutifs sont absolument
nécessaires pour y réussir. Aussi longtemps que son
attitude ou sa conviction ne changent pas, le parent
jusqu'alors gardien ne doit plus avoir avec l'enfant que des
contacts réduits et accompagnés, et encore, s'il parvient
à ne pas s'y montrer négatif. Les contacts informels
doivent être interdits ( lettres, téléphone, contacts
surprise à la sortie de l'école ...). Ce parent jusqu'alors
gardien, très frustré et malheureux de la décision prise,
doit être soutenu psychologiquement lui aussi, dans toute
la mesure du possible.
Dans de rares cas de cette catégorie, le parent
jusqu'alors refusé n'est guère disponible pour élever
l'enfant au quotidien lui non plus, et il faut envisager un
placement de l'enfant en milieu tiers avec un bon
encadrement psychologique ( famille élargie, famille
d'accueil, maison d'enfants ...). A noter que
l'indication du
placement, c'est l'indisponibilité du parent jusqu'alors
refusé et non une quelconque volonté de ménager le
parent jusqu'alors gardien, dont on redouterait les
réactions!
- Dans les situations inverses, plutôt rares elles aussi, PR
est estimé franchement toxique, et l'on peut travailler en
miroir de ce qui précède.
Attention toutefois à la question d'un abus sexuel qu'il
aurait commis et qui demande un raisonnement
particulier. Le principe le plus fondamental est que, si un
adulte a abusé d'un enfant, qu'il le reconnaisse ou non, il
est toujours injuste, traumatisant ou pervertissant pour
ce dernier de continuer à avoir des contacts avec
l'abuseur, aussi longtemps que celui-ci n'a pas reconnu les
faits et demandé pardon, et qu'on n'est pas
raisonnablement certain de la non-récidive.
Partant de là, la suspension des contacts est facile à
mettre en place si les faits on été reconnus. Elle devrait
durer aussi longtemps que l'enfant dit Non, par peur,
dégoût ou incapacité de pardonner.
Par ailleurs,s'il est probable que l'abus a eu lieu, mais qu'il
n'a pas été reconnu par l'auteur et qu'un Tribunal pénal a
prononcé un non-lieu, un Tribunal pour mineurs devrait
être mis en place et protéger l'enfant. Cette protection
consistera en une suspension des contacts avec l'adulte
suspect, vu les angoisses que génèrent la mise en
présence de l'enfant avec l'adulte qui ne reconnaît rien !
Suspension qui devrait durer au moins aussi longtemps que
l'enfant refuse la reprise de contacts et n'est pas estimé
être en mesure de se protéger personnellement si on
l'importunait à nouveau (16).
L'idée à la mode,de confier
l'enfant et le parent très suspect à un Espace-Rencontre
pour une reprise progressive des contacts est, dans ce
cas-ci, contraire à l'intérêt de l'enfant. Ce serait vouloir
le conditionner à se montrer positif avec quelqu'un qui n'a
pas reconnu sa nuisance et s'avère toujours susceptible
de lui nuire!
Enfin, si la suspicion d'abus est l'objet d'une instruction
pénale, un Tribunal pour mineurs devrait être mis en place
et prendre des mesures conservatoires préventives
identiques. Le fait que, actuellement, des parents
gardiens soient parfois poursuivis pour non présentation
d'enfant au cours de semblable procédure est ahurissant
et scandaleux ( Hayez, 2004, pp. 179 à 187 )
.
- Malheureusement, dans la majorité des situations, la
multifactorialité des forces en présence est plus confuse
et plus complexe. Voici quelques repères utiles dans ce
contexte :
1) Il faut arrêter de penser que l'enfant ne pense pas.
Même s'il a été influencé directement ou indirectement,
même s'il désire se conformer à l'un ou l'autre, les idées
qu'il émet résultent toujours d'une synthèse personnelle.
Il faut donc le considérer comme un interlocuteur valable
et s'expliquer avec lui comme avec ses parents.
2) Le plus souvent avec l'appui déterminant d'un service
judiciaire, la communauté des intervenants en place doit
mettre de l'énergie pour que des contacts concrets
continuent à exister entre PR et l'enfant. Au minimum -
hélas assez fréquent - il faudra s'en tenir à des contacts
quantitativement réduits dans un centre « Espace-
Rencontre ». Parfois, on obtiendra un peu
plus (17)
: par exemple, un jour de visite tous les mois ... quelques jours
ensemble aux vacances.
Lors des rencontres PR-enfant, beaucoup d'idées sur la
pédagogie quotidienne élaborée dans la mouvance Gardner
sont intéressantes : notamment que PR se montre naturel
et positif, plutôt que récriminer contre PG et vouloir
convaincre et acheter l'enfant à tout prix.
3) Si la situation reste clairement négative entre les
parents, c'est une illusion de penser qu'une garde
alternée imposée soit une bonne solution de vie pour
l'enfant, même si PR la demande à corps et à cri comme
une manière de lui rendre justice (18).
La haine ne s'apaise
pas « au nom de l'enfant », qui n'a rien d'un médicament
tranquillisant ; et du coup, l'alternance le soumet à haute
fréquence à de lourds orages exacerbés par ses allers et
retours.
4) Jusqu'à quel point insister pour faire obéir PG lorsqu'il
demeure rétif même aux jugements des Tribunaux ?
Cette question reste pour nous sans réponse certaine!
Dans ce contexte, les efforts des magistrats et des
autres intervenants psychosociaux s'effritent souvent
face à la résistance de PG
et plus rien ne se passe du
tout ...!
De loin en loin, c'est plus sanglant, mais est-ce vraiment
sage? :
Envoyer PG en prison en punition de son obstination
constitue quasi toujours un traumatisme psychique grave
pour l'enfant. Ne pas envoyer le parent en prison est aussi
un choix d'intelligence prospective : imagine-t-on vraiment
que l'enfant puisse un jour aimer PR qu'il associe
inévitablement à une décision aussi barbare ?
Alors, une astreinte financière proportionnelle aux
revenus de PG ? C'est une technique juridique fort
utilisée dans d'autres domaines. Elle semble peu utilisée
dans le droit familial. En tout cas, nous n'avons pas
d'expérience de situations traitées de la sorte.
Obliger l'enfant à aller vivre en permanence chez PR ? Ce
sera rarement une solution ... Quand on s'y emploie quand
même, on doit bien souvent commencer par une violence
institutionnelle traumatisante ( des intervenants le
conduisent de force du domicile de PG à celui de PR ). Dans
ce type de situations à implication multifactorielle, on ne
peut accepter les affirmations généralisantes faites par
la mouvance Gardner, qui affirment que des enfants
déracinés de chez PG redeviennent très vite heureux
chez PR. Ce pourrait être le cas dans les situations où PG
et lui seul était franchement toxique. En dehors de cela,
le pseudo bonheur de l'enfant est une forme de
conformisme sous la terreur.
5) Une application, heureusement rare, est
particulièrement problématique : c'est le cas où, dans ce
contexte du bras de fer réciproque, un parent par
exemple la mère kidnappe l'enfant : lors d'un moment de
visite chez elle, elle l'emmène dans un autre pays et
commet de la sorte une grave erreur, même si c'est le
désespoir ou la conviction que l'autre est mauvais qui
l'anime. Lorsque, souvent bien plus tard, la chose est
jugée, le Tribunal a tendance à rendre l'enfant à l'autre
parent, en référence à la gravité du délit et à la valeur
exemplative du jugement. Ici, nous devons réfléchir dans
une logique du moindre mal. Surtout pour montrer à une
société que certaines règles sont importantes à
respecter, nous avons tendance à adhérer à cette prise
de position des Tribunaux. Nous ne sommes néanmoins pas
sûrs que c'est toujours au nom du plus grand bien de
l'enfant, qui va de nouveau s'en trouver déraciné. Il faut
également veiller à ce que, par la suite, le parent qui a
procédé à l'enlèvement garde des bons contacts avec son
enfant, et qu'on ne le diabolise pas ! Or, c'est loin d'être
habituel : s'abritant derrière son bon droit retrouvé, le
parent qui vient de récupérer l'enfant fait mille misères à
l'autre, et la société, elle aussi, peut se venger du moment
d'égarement qu'a eu ce parent kidnappeur en restreignant
son accès à l'enfant ou en l'obligeant à une thérapie de
reconditionnement!
6) En dehors de ce cas très particulier, l'essentiel
restera toujours le retour au point 2 précédent :
l'investissement intensif sur le terrain de services
sociaux d'État et d'autres intervenants, oeuvrant de
façon tenace pour rétablir le dialogue entre les parents,
même sous contrainte, et pour maintenir des contacts
enfant-PR.
Et si cela échoue ? Tant pis, il faut se souvenir du
jugement de Salomon (19)
, et se résigner éventuellement à
ne pas voir l'enfant pendant une durée indéterminée,
précisément parce qu'on l'aime.
Boyd S.,
Is there an ideology of hood mother in (post)
modern child custody law,
Social & legal studies, 1996, 5-4, 495-521.
Côté D.,
La garde partagée, l'équité en question,
Montréal, Editions du remue-ménage, 2000.
Dandoy N., Kinoo Ph., Vandermeersch D.,
Allégations d'abus sexuels et séparations parentales,
Louvain-La-Neuve, Perspectives criminologiques, Ed. De Boeck, 2003.
De Vroede N.,
La problématique des enlèvements
parentaux, comment sortir de l'impasse ?
Journée nationale des droits de l'enfant du 20/11/2001 texte
disponible sur le site
http://membres.lycos.fr/alienationparentale/forum.htlm.
Gardner R.,
The parental alienation syndrome,
1992.
Hayez J.-Y., de Becker E.,
L'enfant abusé sexuellement et
sa famille : évaluation et traitement,
Paris, PUF, 1997.
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Paris, Odile Jacob, 2004.
Hester M., Radford L.,
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Bristol, Policy Press, 1996.
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Family Courts review, 2001, 39, 249-266.
Kinoo Ph.,
Expertises en droit familial : fonction de
l'expert, éthique du psy,
Genève, Thérapie familiale, 19/4, 1998.
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Allégations d'abus sexuels et séparations
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Genève, Thérapie familiale, 20/3, 1999.
Kinoo Ph.,
La prise en charge d'enfants de parents
séparés : éthique et technique,
Louvain-La-Neuve,
Enfances/Adolescences, 1, De Boeck, 2001.
Lowenstein L.F.,
Parent alienation syndrome, a two step
approach toward a solution,
1998. Site :
http://www.fact.on.ca/Info/pas/lowen98.htm.
Vous avez la possibilité de voir une sauvegarde brute
de cet article.
ici
Major S.A.,
Parents who have successfully fought
parental alienation syndrome,
1999. http://www.livingmedia2000.com/pas.htm.
Penfold S.,
Questionable beliefs about child sexual abuse
allegations during custody disputes,
Canadian journal of
family law, 197,
14, 11-30.
Van Gijseghem H.,
L'enfant mis à nu.
Québec, Canada, Meridris, 1992.
Van Gijseghem H.,
( Entretien avec -), le syndrome d'aliénation parentale,
Journal du droit des jeunes,
222, 2003, 24-26.
Viaux J.-L.,
Etude des contentieux avec allégations d'abus
sexuel dans les séparations parentales,
Laboratoire Pris-Université de Rouen, 2001.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
A. Introduction.
B. Genèse de la notion d'aliénation parentale.
C. Quelles sont les motivations en jeu?
1. PR a provoqué le refus.
2. C'est PG qui provoque le refus.
3. L'enfant seul provoque le refus.
4. Les causes multiples.
D. Emergence de ces situations dans le champ
psychosocial ou judiciaire.
E. Effets psychologiques sur l'enfant.
F. La prise en charge multidisciplinaire : l'optique
gardnerienne.
G. La prise en charge multidisciplinaire : notre point
de vue.
1. Le cadre de l'intervention
2. Quelles solutions?
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
Résumé en français.
L'article décrit pourquoi certains enfants
refusent farouchement et longuement tout contact avec
un de leurs parents, après la séparation de ceux-ci; il
décrit aussi des phénomènes graves qui y sont parfois liés
( enlèvement d'enfant; allégations d'abus sexuel, etc.).
On y évoque ensuite le danger de réduire ces phénomènes
complexes sous le seul vocable « syndrome d'aliénation
parentale », tel que l'ont promu le psychiatre nord-
américain R. Gardner et son école.
L'article décrit enfin en détail des manières de réagir à
ces situations de refus, qui ont souvent de lourdes
implications systémiques. Chaque fois adaptées à des
situations originales, elles incluent le plus souvent des
composantes psychologiques, sociales et judiciaires et
demandent beaucoup d'énergie, de coordination et de
persistance.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
Résumé en anglais : Summary.
The article describes why some children
fiercely refuse to have any contact with one of their
parents during a long period of time, after their
separation. It also depicts serious phenomena that are
sometimes bound to this refusal ( child abduction,
allegation of child abuse, etc.).
Then, we evoke the risk of reducing these complex
phenomena to the only expression of " parental alienation
syndrome ", as the Northern-American psychiatrist R.
Gardner and his school have promoted it.
Finally, the article explains in details ways of behaving
when confronted with such refusal situations, which
often have important systemic implications. Each times
adapted to original situations, they most often include
psychological, social and judicial components and require a
lot of energy, coordination and persistence.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
Résumé en espagnol : Resumen.
El artículo describe porqué algunos niños se
niegan feroz y detenidamente
todo contacto con uno de sus padres, después de
la separación de éstos;
describe también graves fenómenos a veces
vinculados a las separaciones muy
dificiles( secuestro de
niño; alegaciones de abuso sexual, etc).
Se menciona a continuación el peligro de reducir
estos fenómenos
complejos bajo la única palabra "síndrome de
enajenación parental", tal como
lo promovieron el psiquiatra
septentrional - americano R. Gardner y su
escuela.
El artículo describe finalmente maneras muy
precisas de reaccionar a
estas situaciones de denegación, que tienen a
menudo pesadas implicaciones
sistémicas. Cada vez adaptadas a situaciones
originales, incluyen
generalmente componentes psicológicos, sociales y
judiciales y piden mucha
energía, de coordinación y persistencia.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
Aliénation parentale, séparation parentale,
allégation d'abus sexuel, enlèvement d'enfant.
Parental alienation syndrome, child
abduction, allegation of child abuse.
Enajenación parental, separación parental,
alegación de abuso sexual
secuestro de niño.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
- Notes. -
(1). Psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie,
professeur ordinaire à la Faculté de Médecine de
l'Université Catholique de Louvain, directeur de l'Unité
de Pédopsychiatrie des Cliniques Universitaires St
Luc. Courriel :
jyhayez@uclouvain.be
(2). Psychiatre infanto-juvénile. Unité de
Pédopsychiatrie. Cliniques universitaires St Luc.
(3). Pour simplifier, nous emploierons le terme
« enfant » pour désigner le ou les enfants issu(s) du couple
parental qui s'est séparé. S'il y a plusieurs
enfants en jeu, il n'est pas impossible que la position de chacun
par rapport à la circulation entre ses parents
soit différente, mais nous ne le discuterons pas ici.
(4). Comme les troubles psychiatriques décrits dans le DSM IV.
(5). Ce sont les mêmes lobbies qui revendiquent
énergiquement la garde alternée comme « la » solution de vie
pour l'enfant après la séparation.
(6). Il faut se rappeler que, dans la majorité des
cas après séparation, l'hébergement et
l'autorité
effectives
restent exercés principalement par
la mère,
que ça arrange bien tout le monde,
et
même si la loi a mis en
place l'idée de l'autorité conjointe. Dans un
certain nombre de cas où la garde alternée a été demandée et
obtenue, elle reste une virtualité : sur le
terrain, la majorité des tâches et des moments de séjour restent
affectés à la mère.
(7). Le fait d'obtenir un hébergement alterné
peut entraîner que PR n'ait plus de pension alimentaire à payer.
Une fois sa requête acceptée, de facto, il confie
l'enfant à des tiers, voire même ne demande à le recevoir
qu'irrégulièrement et l'enfant devine qu'il
n'est qu'une sorte de marchandise.
(8). Par pur hasard? Ici, la mémoire d'évocation
du petit fonctionne spontanément, activée par un stimulus
anodin, sans que PG lui ait posé la moindre
question. Ou alors, en jouant à haute voix par exemple avec ses
poupées l'enfant remet en scène plutôt clairement
ce qui lui est arrivé et PG qui est dans les parages
l'entend ... ( Hayez et de Becker, 1997 ).
(9). En dehors de la psychose paranoïaque ou de la
schizophrénie paranoïde, les parents psychotiques ne sont
que très rarement détracteurs acharnés de leur ex-conjoint.
(10). Les allégations d'abus existent dans 5 à 7 %
des séparations parentales qui sont restées très tendues au
fil du temps ( Viaux, 2001 ).
(11). Si PG se montre trop passif et silencieux par
rapport au choix de l'enfant, en arguant :
C'est lui qui
décide, on glisse de facto vers la catégorie D,
multifactorielle.
(12). Par exemple, ce pourrait être l'origine de
« sabotages » de la réussite de soi, via échecs scolaires ou
professionnels.
(13). Ces centres de rencontre entre un parent contesté
et l'enfant existent en Belgique sous différentes
appellations. L'enfant y passe en général jusqu'à
une demi-journée avec son parent, sous la supervision de
professionnels ( psychologues, travailleurs sociaux )
formés à la gestion de ces relations difficiles; dans la
suite du texte, nous les appellerons, conformément à la
nomenclature belge «
Espace-rencontre ».
(14). Viaux ajoute sagement que cette petite équipe
doit être neutre et sereine, c'est-à-dire qu'il faut
interdire tout examen qui serait pratiqué par des
psys appartenant à telle ou telle association de défense
de soi-disant droits parentaux.
(15). Voir à ce sujet le chapitre « Allégations d'abus
sexuels, séparation parentale et prise en charge
thérapeutique » de Ph. Kinoo in ( N. Dandoy, Ph. Kinoo
et D Vandermeersch, 2003).
(16). La capacité de s'auto-protéger va en croissant
avec l'âge, surtout si l'on convainc l'enfant qu'il en a le droit
et qu'on l'entraîne à en trouver des moyens concrets.
(17). Du moins jusqu'à l'adolescence, où le jeune,
de facto, a davantage de pouvoir pour imposer largement ce
qu'il veut.
(18). Si l'on y procède quand même, c'est plus souvent
une manière pour les intervenants de se venger de PG, en
lui montrant que ce sont eux les plus forts.
(19). Nous n'avons pas oublié que le jugement de Salomon
se termine de façon heureuse pour le parent qui aime
avec le plus de désintéressement, mais il ne pouvait
pas prévoir cette issue à l'avance. Dans la vie concrète
contemporaine, l'issue la plus immédiate ne sera certes
pas souvent de cet ordre : ce sera plutôt une
traversée du désert de la rencontre. Néanmoins, les
enfants deviennent grands adolescents ou adultes un
jour et on assiste parfois à des retrouvailles profondes.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
Création le 05 août 2005.
Dernière mise à jour
le dimanche 12 octobre 2008.
Issu d'un document en traitement de texte reçu par courriel
envoyé par le professeur Jean-Yves Hayez
ds.ds
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Bravo de m'avoir trouvé
Félicitations
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480
mais est encore correcte avec les écrans
plus grands 1600x1200 ou autres.
Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur
Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son
infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez
|
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Aliénation parentale : un concept à haut risque.
A. Introduction.
B. Genèse de la notion d'aliénation parentale.
C. Quelles sont les motivations en jeu?
D. Emergence de ces situations dans le champ
psychosocial ou judiciaire.
E. Effets psychologiques sur l'enfant.
F. La prise en charge multidisciplinaire : l'optique
gardnerienne.
G. La prise en charge multidisciplinaire : notre point
de vue.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
- Notes automatiques. -
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Note 1.
(1). Psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie,
professeur ordinaire à la Faculté de Médecine de
l'Université Catholique de Louvain, directeur de l'Unité
de Pédopsychiatrie des Cliniques Universitaires Saint-Luc.
Courriel :
jyhayez@uclouvain.be
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dont je viens de partir.
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Note 2.
(2). Psychiatre infanto-juvénile. Unité de
Pédopsychiatrie. Cliniques universitaires St Luc.
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Note 3.
(3). Pour simplifier, nous emploierons le terme
« enfant » pour désigner le ou les enfants issu(s) du couple
parental qui s'est séparé. S'il y a plusieurs
enfants en jeu, il n'est pas impossible que la position de chacun
par rapport à la circulation entre ses parents
soit différente, mais nous ne le discuterons pas ici.
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Note 4.
(4). Comme les troubles psychiatriques décrits dans le DSM IV.
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Note 5.
(5). Ce sont les mêmes lobbies qui revendiquent
énergiquement la garde alternée comme « la » solution de vie
pour l'enfant après la séparation.
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Note 6.
(6). Il faut se rappeler que, dans la majorité des
cas après séparation, l'hébergement et
l'autorité
effectives
restent exercés principalement par
la mère,
que ça arrange bien tout le monde,
et
même si la loi a mis en
place l'idée de l'autorité conjointe. Dans un
certain nombre de cas où la garde alternée a été demandée et
obtenue, elle reste une virtualité : sur le
terrain, la majorité des tâches et des moments de séjour restent
affectés à la mère.
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Note 7.
(7). Le fait d'obtenir un hébergement alterné
peut entraîner que PR n'ait plus de pension alimentaire à payer.
Une fois sa requête acceptée, de facto, il confie
l'enfant à des tiers, voire même ne demande à le recevoir
qu'irrégulièrement et l'enfant devine qu'il
n'est qu'une sorte de marchandise.
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Note 8.
(8). Par pur hasard? Ici, la mémoire d'évocation
du petit fonctionne spontanément, activée par un stimulus
anodin, sans que PG lui ait posé la moindre
question. Ou alors, en jouant à haute voix par exemple avec ses
poupées l'enfant remet en scène plutôt clairement
ce qui lui est arrivé et PG qui est dans les parages
l'entend ... ( Hayez et de Becker, 1997 ).
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Note 9.
(9). En dehors de la psychose paranoïaque ou de la
schizophrénie paranoïde, les parents psychotiques ne sont
que très rarement détracteurs acharnés de leur ex-conjoint.
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Note 10.
(10). Les allégations d'abus existent dans 5 à 7 %
des séparations parentales qui sont restées très tendues au
fil du temps ( Viaux, 2001 ).
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Note 11.
(11). Si PG se montre trop passif et silencieux par
rapport au choix de l'enfant, en arguant : C'est lui qui
décide, on glisse de facto vers la catégorie D,
multifactorielle.
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Note 12.
(12). Par exemple, ce pourrait être l'origine de
« sabotages » de la réussite de soi, via échecs scolaires ou
professionnels.
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Note 13.
(13). Ces centres de rencontre entre un parent contesté
et l'enfant existent en Belgique sous différentes
appellations. L'enfant y passe en général jusqu'à
une demi-journée avec son parent, sous la supervision de
professionnels ( psychologues, travailleurs sociaux )
formés à la gestion de ces relations difficiles; dans la
suite du texte, nous les appellerons, conformément à la
nomenclature belge « Espace-rencontre ».
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Note 14.
(14). Viaux ajoute sagement que cette petite équipe
doit être neutre et sereine, c'est-à-dire qu'il faut
interdire tout examen qui serait pratiqué par des
psys appartenant à telle ou telle association de défense
de soi-disant droits parentaux.
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Note 15.
(15). Voir à ce sujet le chapitre « Allégations d'abus
sexuels, séparation parentale et prise en charge
thérapeutique » de Ph. Kinoo in ( N. Dandoy, Ph. Kinoo
et D Vandermeersch, 2003).
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Note 16.
(16). La capacité de s'auto-protéger va en croissant
avec l'âge, surtout si l'on convainc l'enfant qu'il en a le droit
et qu'on l'entraîne à en trouver des moyens concrets.
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Note 17.
(17). Du moins jusqu'à l'adolescence, où le jeune,
de facto, a davantage de pouvoir pour imposer largement ce
qu'il veut.
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Note 18.
(18). Si l'on y procède quand même, c'est plus souvent
une manière pour les intervenants de se venger de PG, en
lui montrant que ce sont eux les plus forts.
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Note 19.
(19). Nous n'avons pas oublié que le jugement de Salomon
se termine de façon heureuse pour le parent qui aime
avec le plus de désintéressement, mais il ne pouvait
pas prévoir cette issue à l'avance. Dans la vie concrète
contemporaine, l'issue la plus immédiate ne sera certes
pas souvent de cet ordre : ce sera plutôt une
traversée du désert de la rencontre. Néanmoins, les
enfants deviennent grands adolescents ou adultes un
jour et on assiste parfois à des retrouvailles profondes.
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- Bibliographie automatique. -
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Bibliographie numéro 1.
1. Boyd S.,
Is there an ideology of hood mother in (post)
modern child custody law,
Social & legal studies, 1996, 5-4, 495-521.
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Bibliographie numéro 2.
2.Côté D.,
La garde partagée, l'équité en question,
Montréal, Editions du remue-ménage, 2000.
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Bibliographie numéro 3.
3. Dandoy N., Kinoo Ph., Vandermeersch D.,
Allégations d'abus sexuels et séparations parentales,
Louvain-La-Neuve, Perspectives criminologiques, Ed. De Boeck, 2003.
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Bibliographie numéro 4.
4. De Vroede N.,
La problématique des enlèvements
parentaux, comment sortir de l'impasse ?
Journée nationale des droits de l'enfant du 20/11/2001 texte
disponible sur le site
http://membres.lycos.fr/alienationparentale/forum.htlm
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Bibliographie numéro 5.
5. Gardner R.,
The parental alienation syndrome,
1992.
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Bibliographie numéro 6.
6. Hayez J.-Y., de Becker E.,
L'enfant abusé sexuellement et
sa famille : évaluation et traitement,
Paris, PUF, 1997.
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Bibliographie numéro 7.
7. Hayez J.-Y.,
La sexualité des enfants,
Paris, Odile Jacob, 2004.
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