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Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez
Jean-Yves Hayez |
Arguments relatifs à la
psychologie de l'enfant
en défaveur d'une
adoption par les couples homosexuels
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* biographie, recueil de publications scientifiques et articles
de presse du professeur Jean-Yves Hayez.
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" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va
et d'employer l'esprit à le justifier."
Jean Guéhenno.
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Arguments relatifs à la psychologie de l'enfant en défaveur
d'une adoption par les couples homosexuels.
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Jean-Yves HAYEZ.
(
1)
(
2)
Le projet d'adoption d'enfants par un couple homosexuel concerne :
- De façon minoritaire, des enfants défavorisés dont les parents biologiques ne
peuvent plus s'occuper et qu'ils ont proposé pour l'adoption : elle est donc de
type classique et déjà possible dans le chef d'une
personne homosexuelle seule.
- De façon majoritaire, des enfants conçus volontairement à l'intention spécifique
du couple qui désire les adopter par après : enfants portés par une mère
lesbienne, le plus souvent après insémination (3)
; enfants portés par une mère
porteuse (4)
à l'intention d'un couple gay; enfants issus d'un contrat de co-
parentalité passé entre un couple gay un couple de lesbiennes, etc.
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CHAPITRE 1 : ARGUMENTS ANTHROPOLOGIQUES ET SOCIOLOGIQUES.
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Introduction.
A. Le projet ici concerné ne procède pas de la
perspective de soulager
l'enfant (5)
d'une détresse morale que l'on aurait repérée chez lui ; il ne s'agit
pas d'une sollicitude de la génération actuelle vis-à-vis des générations
futures, en veillant à leur fournir le cadre de vie sociale le plus simple et le
plus serein qui soit. Il s'agit bel et bien de donner une suite rapide au
désir d'une petite minorité d'adultes.
B. Le projet fait éclater une réalité et une
conception universelles
et très stables de la filiation, et redéfinit aussi
ce qu'est la famille.
On objectera sans doute que cette réalité n'est pas
si monolithique et est occupée à se fissurer, au XXIe
siècle plus que jamais ! Certes, mais ces
fissures sont provoquées par des accidents de la vie, des accidents du
lien.
Ici, par contre, une des caractéristiques du projet réside dans son
intentionnalité : on voudrait créer officiellement une institution alternative,
qu'on prétend d'égale valeur à la dynamique de la filiation existante. Au
cœur de cette institution, et dans la majorité des cas d'adoption ici
concernés, on dissocierait donc volontairement les trois niveaux
biologique, légal et affectif de la filiation; on réduirait également
volontairement à sa seule composante biologique un des principes, soit le
masculin, soit le féminin, fondateurs de la vie sociale humaine.
C. Revenons à la question de la non-intentionnalité :
dans beaucoup de
familles contemporaines, la dissociation évoquée précédemment existe,
mais elle est accidentelle (6)
. Personne ne revendique d'ériger ces familles
hors norme en systèmes officiels.
Et d'ailleurs, après les séparations des couples parentaux d'origine, pour
que les enfants aillent bien, il est essentiel qu'ils puissent continuer à se
référer à leur père et à leur mère ; et puis, nombre de familles d'abord
éclatées se recomposent : homme et femme s'y retrouvent, les nouveaux
arrivants participent quelque peu à la fonction parentale, bref c'est dans
ces conditions où les effets de la dissociation sont réduits progressivement
et où la double sexuation continue à opérer que les enfants ont les
meilleures chances de se reconstruire. Par contre quand, après séparation,
il existe une interdiction de se référer soit au père soit à la mère, les
conditions sont réunies pour que les enfants
aillent plutôt mal (7)
. Il en va de
même quand la monoparentalité de la mère était un choix dès le début ou
quand, après séparation, cette monoparentalité s'instaure à l'instar d'un
choix : la probabilité que l'enfant aille mal est plus forte ... On ne peut
donc pas s'appuyer sur les formes très diversifiées, de facto, des familles
contemporaines pour revendiquer d'instituer officiellement une néo-famille,
la famille homosexuelle, encore radicalement différente de par ce qui serait
son homoparentalité.(8)
§1. Créer volontairement un bouleversement
anthropologique superflu.
A. Bouleversement anthropologique?
Le terme n'est pas trop fort : on touche ici
à des choses fondamentales. On voudrait à la fois une définition et un contenu
supplémentaires à la filiation, en référence à des parents du même sexe ; et de la
famille : après le mariage homosexuel, voici la famille officielle avec parents
homosexuels ; on veut aussi redonner à l'adoption plénière de toutes autres
caractéristiques que celles avec lesquelles elle se conçoit dans nos pays
industrialisés depuis fort longtemps.
Sans nécessité pour l'enfant, rappelons-le !
1. Examinons d'abord ce qu'il en est à propos de la filiation. Dans le
monde entier et tout au long de l'histoire, on peut considérer la filiation à la
fois comme une réalité naturelle et comme une construction sociale très
solide et très stable. L'activation de chaque filiation marque deux
différences anthropologiques fondamentales de la communauté humaine :
la généalogie ( différence des générations ) et la sexuation. Par la filiation,
l'enfant reçoit sa place de sujet humain
spécifique (« Pierre, fils de ... et
de ... »), inscrit symboliquement et officiellement ( état-civil ) dans une
société.
Voici rapidement énumérés les constituants
ordinaires de toute filiation (9)
:
- L'enfant est procréé par un homme et une femme, et désiré par eux ;
en cas d'incapacité physique, on a éventuellement recours à la
procréation médicalement assistée.
- Tout au long de la vie, il y a une reconnaissance mutuelle de l'enfant
par ses parents et de ses parents par l'enfant ; il se crée ainsi une
réalité d'appartenance, qui ne doit pas être possession mutuelle.
- La société consacre cette situation de fait, en donnant à l'enfant le
nom d'un ou de ses deux géniteurs et en l'inscrivant à l'état-civil : il
devient donc aussi l'enfant d'une communauté.
- Il y a une prise de responsabilité particulière des parents à l'égard de
l'enfant : ils l'éduquent, le protègent, lui donnent le meilleur d'eux-
mêmes en héritage spirituel, et un jour en passation de patrimoine.
- Et la sexuation différente et complémentaire des parents n'est pas
une petite affaire dans ce processus. L'exercice de la parentalité est
marqué par la façon singulière dont chaque parent vit son identité
d'homme ou de femme ; il est marqué par les richesses et manques
humains sexués et spécifiques qui en découlent. Une identité sexuée
ne se construit que par référence à l'autre, à la différence, à ce
qu'elle n'est pas.
Et l'enfant a bien besoin de ce père et de cette mère en qui il se
ressource.
Il gagne à constater qu'un homme et une femme lui attachent beaucoup
d'importance, qu'il fait l'objet de toute leur sollicitude.
Il reçoit le témoignage spontané de cette sexuation, qui l'ouvre au fait
que le monde humain est composé à parts égales des deux genres. En
négociant la vie entre eux, régulièrement en fonction de leur sensibilité
d'homme et de femme, les parents apprennent à l'enfant à mener ses
propres négociations et communications, avec ses pairs et avec
l'ensemble des gens des deux sexes.
Dans toute sa vie, ça va l'aider à accorder la même valeur et la même
dignité aux deux genres constitutifs de l'humanité.
S'imprégner de la vie commune d'un père et d'une mère confronte
l'enfant à la présence et à la diversification importante des nuances et
des ressources du masculin et féminin. Certes, il ne faut pas lier
strictement masculin à l'homme biologique, et autant pour le féminin.
Néanmoins le raisonnement inverse n'est pas vrai non plus. On peut
donc continuer à penser que, sur un mode simple, qui ne complique
pas trop la constitution des repères, il y a davantage de présence et de
nuances masculin et féminin dans un couple hétéro que dans un couple
homosexuel. Porteur de ses nuances spécifiques chacun doit donc
communiquer, négocier, apprendre à vivre avec l'autre différent tout en
sauvegardant son identité sexuée propre, et l'enfant a tout à gagner à
s'imprégner de cette manière d'être.
Pour éduquer l'enfant, il est très important qu'existent une fonction
paternelle et une fonction maternelle, et qu'elles s'exercent de façon
complémentaire et harmonieuse. Certes, nous savons que la fonction
paternelle ne se distribue pas exclusivement et massivement sur la
personne du père de chair, et autant pour la fonction maternelle.
Cependant, ici non plus, le raisonnement exactement inverse n'est pas
exact. De facto, dans beaucoup de familles hétéro, ce sont bien les
pères de chair qui exercent la majeure partie de la fonction paternelle, et
les mères, la majorité de la fonction maternelle. Cette répartition simple,
sans dissociation biologie/affectivité peut être importante à enregistrer,
surtout pour les enfants qui ont déjà été traumatisés par la vie comme
par exemple les enfants adoptés au sens habituel du terme.
J'en arrive maintenant à un autre point essentiel : l'enfant a besoin de la
présence active, non pas de fonctions, mais de la personne incarnée du
père et de la mère pour structurer le développement de sa personnalité.
Je me limiterai à étayer cette affirmation avec l'une l'autre illustration
centrée sur ce moment délicat du développement qu'est le stade
œdipien. Ces illustrations ne sont certes pas univoques : « l'effet » de
la présence du père et de la mère à la maison ne joue pas dans la même
sens pour tous les enfants et toutes les familles, mais il joue, ça c'est
certain !
La petite fille gagne à ce que son père la reconnaisse positivement
comme un être de valeur spécifiquement sexué ; en montrant
l'importance affectueuse et chaste qu'il accorde à sa nature
féminine, le père renforce sa confiance en elle pour la suite de sa
vie lorsqu'il s'agira de construire ses liens sentimentaux. En
procédant ainsi, il l'aide à se détacher de la mère, son premier
objet d'amour, tout en ouvrant la porte à des éléments
d'identification à celle-ci. Complémentairement, si la fille est trop
amoureuse de son père, la mère doit la remettre gentiment à sa
place d'enfant, entre autres en vivant une relation amoureuse
spécifique avec son homme, et en montrant de la sorte que la place
est déjà prise.
Le petit garçon, bien amoureux de sa mère qui le reconnaît comme
« petit homme », gagne lui aussi à trouver sur son chemin un père
qui lui montre que la place de l'amant est déjà prise et qui, par sa
proximité affective, lui ouvre quand même la voie à des
identifications sexuées.
Pour le garçon, il se passe encore souvent quelque chose de plus
spécifique : la présence vivante du père à la maison lui indique
qu'il existe une limite à la toute-puissance des femmes ... lui qui
est sorti du ventre de sa mère et qui vient de vivre une petite
enfance où elle l'a beaucoup materné, peut faire cette expérience
d'indépendance à travers le témoignage, par son père, de la
différence vivante des hommes. Une illustration à contrario de ce
« besoin d'un homme à la maison » chez le garçon réside dans le
comportement perturbé qu'il peut avoir après séparation du
couple parental : il peut la vivre comme une toute-puissance de la
mère, capable d'éliminer du foyer tout ce qui est principe
masculin, et se sentir menacé à son tour.
Ces quelques illustrations indiquent à suffisance qu'il ne s'agit pas de rôle
mais de personnes en chair et en os, père et mère, dont la présence
positive contribue à la maturation de la personnalité, de l'identité, de la
sécurité et de la confiance en soi sexuées de l'enfant. ( Sentiment de valeur
sexuée ).
2. A propos de la famille, on pourrait raisonner comme à propos de la
filiation : en ce qui la concerne aussi, le projet amène la création d'une
institution officielle supplémentaire, unique en son genre. Or et
probablement depuis le début de l'humanité, la famille a été organisée par
les sociétés successives pour remplir ses buts spécifiques, en y prévoyant
la présence d'hommes et de femmes ; certes, les statuts et les rapports
hiérarchiques de ceux-ci ont été très diversifiés, de même que de
nombreuses conceptions, étroites ou élargies, de la famille ont vu le jour ;
néanmoins, la complémentarité sexuée - hommes et femmes - de ses
personnages les plus importants est une réalité qui n'a été que très rarement
et très éphémèrement mise en cause dans le monde.
3. Quant à l'adoption plénière, dans nos sociétés
occidentales, elle est
essentiellement conçue comme un service rendu à un enfant en grande
difficulté : on lui redonne une famille pour qu'il
retrouve toutes ses chances
d'un bon développement psychique. A l'origine, on doit avoir constaté
l'incapacité des parents biologiques qui confient leur enfant
à la société.
Viennent alors des candidats reconnus
aptes à adopter (10)
,
qui vont essayer
de redonner vie psychique à cet enfant, notamment en lui ouvrant leur
famille.
Plus officiellement et symboliquement encore, ils vont l'inscrire
plénièrement dans une filiation ordinaire, celle de leur
généalogie à eux. Cette
inscription est un acte central de toute adoption
plénière (11)
.
Les parents candidats sélectionnés n'ont aucun droit à revendiquer un
enfant - ils sont déclarés aptes, un point c'est tout -, pas plus qu'ils n'ont
le droit de choisir l'enfant qui va venir habiter chez eux.
Dans le projet d'adoption en couple homosexuel, par contre, on met à
l'avant-plan la frustration et le désir d'enfant du couple, ainsi qu'un droit à
l'enfant : le processus est donc complètement inversé.
Lorsqu'il s'agit d'une adoption au sens traditionnel du terme, la structure
familiale proposée à l'enfant par le couple homosexuel n'est pas vraiment
de nature à réparer ses souffrances originaires et les questions qu'il se
pose sur sa valeur : la femme mère y est à nouveau absente, à l'instar de la
première mère qui l'a abandonné ... ou alors c'est le père qui n'est pas
là : aurait-il pris la fuite comme l'a probablement fait, dans son imaginaire,
son père biologique ? (12)
Plus encore, dans la majorité concrète de ces adoptions, l'enfant n'est pas
très loin d'être choisi ; en tout cas, il est fabriqué pour la circonstance
particulière du couple adoptant. Au-delà du fait de lui imposer cette
filiation purement homosexuée que nous venons de contester, on voit que
bien d'autres paramètres différencient ce type d'adoption de l'adoption
traditionnelle.
B. Pourquoi vaut-il mieux ne pas procéder à
de tels bouleversements ?
1. A tout le moins parce qu'ils sont porteurs de risques et qu'on en mesure
mal les effets potentiels, alors qu'ils ne se sont rendus nécessaires par
aucune situation de détresse particulière des enfants.
Bien sûr, des risques ne sont jamais que des risques ; tel couple
homosexuel riche en ressources humaines est à même d'y pallier ou à tout
le moins de les réduire. Néanmoins, ils nous paraissent avoir une
probabilité statistique d'occurrence suffisamment grande pour qu'il vaille
mieux renoncer au projet en tant qu'il serait consacré par la société.
2. Résumons rapidement les principaux risques :
- Carences dans l'apport sexué spécifique de l'homme et de la
femme, du père et de la mère à l'enfant ;
- Risque de diverses confusions et erreurs intrapsychiques
importantes à propos des constituants, des statuts de l'organisation
sociale. Risque de perte d'un sens de l'ordre humain qui n'est pas
arbitraire et aléatoire mais qui a son fondement et sa raison d'être
dans la nature de ce que nous sommes.
Ici, les parents laisseraient leurs enfants à l'extérieur de cet ordre
biologique et spirituel. Essentiellement, référence n'est plus faite à la
fonction fondatrice dans l'aventure humaine de la différence des
sexes (13)
. Autre exemple, la confusion
des nominations (14)
: la même
nomination pour les deux adultes en fonction de parents, le même
statut qu'on doit leur attribuer ... alors qu'un seul père et une seule
mère sont prévue pour maintenir la limpidité de la filiation, et alors
que sur le plan affectif, ils fonctionnent probablement avec de rôles
bien différents, etc.
- Risque aussi de davantage d'insécurité existentielle par rapport à
davantage de volatilité des repères : Que se passe-t-il si un des
papas décide du jour au lendemain d'être appelé maman ? Qui peut
le lui interdire si d'aventure il le désire ? Que peut-il en résulter pour
l'enfant ?
- Risque d'une imprégnation par une certaine toute-puissance des
adultes-parents sur la vie ; ils ont eu pratiquement la possibilité de
gommer l'importance de l'autre sexe dans l'installation de l'enfant.
Quels sont les effets d'imprégnation de cette puissance sur celui-ci ?
Certains enfants se sentiront-ils menacés? D'autres, par contre,
autorisés à jouer eux aussi avec les limites, comme leurs parents ?
Mais quelles limites ? Nous y reviendrons tout de suite ...
- Dilution de l'idée d'une égalité fondamentale et complémentaire
accordée à chaque sexe, pour l'organisation de la vie sociale et pour
la fonction parentale.
- Etc.
§2. Des risques d'accéder à tout désir.
A. Depuis quelques décennies, nous vivons dans des
sociétés où tout désir doit être satisfait,
pourvu qu'il ne contrevienne pas aux lois naturelles dans leur
acceptation la plus stricte (15)
. Il est interdit d'interdire.
La demande d'adoption par un couple homosexuel, dont on nous dit qu'elle
procède d'un désir d'enfant naturel, légitime n'est jamais qu'une application
d'un tel mouvement. Nous ne voulons donc pas la diaboliser : elle n'est ni
meilleure, ni pire que nombre d'autres. Nous voulons plutôt y réfléchir en tant
que SYMPTOME SOCIAL typique de notre époque.
Epoque où la société tend à devenir un self-service normatif où chacun souhaite
et reçoit un décret ou une loi pour légaliser son désir et en rendre possible la
réalisation ( P. Kinoo ).
On ne veut donc plus assumer que chaque choix, chaque état de fait connote ses
caractéristiques propres qui sont ce que l'on pourrait appeler des caractéristiques
limitantes. Si tout n'est pas possible dans un cadre donné, alors peu importe, on
cherche à faire éclater le cadre !
On assiste du même coup à une volonté folle d'éradiquer de l'humanité toutes les
souffrances morales et notamment les souffrances liées aux pertes et aux
manques; ces souffrances sont pourtant inhérentes à notre condition humaine ;
les accepter apporte régulièrement plus de paix intérieure, plus de légitimation du
sens de l'existence, que de vouloir les combattre et les colmater à n'importe quel
prix, parfois en niant l'évidence.
B. C'est pourtant en assumant les différences
qui nous distinguent les uns des
autres, en les nommant et en communiquant à leur sujet qu'on entre dans le vrai
monde de l'égalité entre humains. Nul ne peut être proclamé inférieur aux autres à
cause de ses différences, serait-ce d'être en
couple homosexuel sans enfants.
Ce sentiment d'égalité vécue par la reconnaissance des différences, ce n'est
pourtant pas l'égalitarisme, à l'arrière-plan des pensées de ceux qui veulent que
tous leurs désirs soient satisfaits. Reconnaître et parler nos différences ne les
supprime pas, ne supprime pas tout de suite le poids pénible du manque dans le
quotidien, mais c'est quand même cette reconnaissance qui lui donne les
meilleures chances de cicatriser petit à petit. Elle conduit aussi au sentiment de
partager une humanité pleine avec les autres.
C. Inversement, à vouloir réaliser rapidement tous nos désirs,
nous sommes
occupés à faire imploser la planète, tant dans sa matérialité que dans son
organisation sociale.
1. Au nom de quoi et, plus concrètement, comment empêcher nos fils et
nos filles de s'identifier à notre toute-puissance ? En référence à quelle
valeur sociale stable les dissuader d'en vouloir
plus et plus ? Puisque
mon père ou ma mère l'a fait, pourquoi pas moi ? Et encore mieux et
plus loin que lui, comme il se doit
dans la dynamique des rivalités
intergénérationnelles.
2. Et donc si la médecine continue à faire ses « progrès » technologiques,
toujours présentés comme des avancées sociales et des bienfaits pour
l'humanité, pourquoi refuserait-on un jour l'idée d'un enfant qui serait
procréé à partir de deux ovules, voire de deux spermatozoïdes, sans
qu'il n'y ait plus la moindre interférence avec les semences de l'autre
sexe ? Et au fond, s'il arrive, pourquoi refuser l'enfant cloné, s'il est
désiré - « Au moins on est sûr de ce qu'on achète ! » - et si l'on
promet qu'on va l'aimer et l'éduquer de façon plus précieuse que ne le
font la moyenne des gens pour leur enfant ?
Pourquoi refuserait-on la généralisation des mères porteuses ? Pourquoi
pas l'adoption par un trio au lieu d'un couple ? Et même par une
communauté religieuse ?
Et dans les couples homosexuels qui adoptent, pourquoi ne pas laisser
choisir, au cas par cas, chaque partenaire d'être nommé père ou mère,
indépendamment de son sexe biologique, en référence à ce qu'il sent
de plus profond en lui comme dimensions du masculin ou du féminin ?
S'il le désire, pourquoi pas ? Si on a fait sauter un repère, où sont les
arguments pour ne pas faire sauter les suivants ?
Pourquoi ne permettrait-on pas à un grand-père de devenir père adoptif
de son petit-fils si son propre fils meurt dans un accident ?
Etc., etc.
3. De façon plus générale, au-delà de l'application qui concerne l'adoption
en milieu homosexuel, faire éclater les limites les unes après les autres
comme nous le faisons, conduit déjà la société humaine à une large
perte de repères.
Arrive le règne des enfants et des adolescents
rois (16)
; parents et
éducateurs ne se donnent plus le droit d'interdire et passent leur temps
à négocier si pas à mendier un peu d'adhésion de leurs enfants à leurs
attentes. On ne peut plus se référer à des règles qui fassent un
consensus social stable. C'est le règne de la contestation permanente ;
c'est le cafouillage perpétuel des règlements volatils et contradictoires,
qui essaient de donner un peu raison et des miettes de satisfaction à un
peu tout le monde et dont on ne sait plus extraire des directions de
conduite bien tracées vers un avenir cohérent ...
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CHAPITRE 2 : DE CONTESTABLES ARGUMENTS « POUR »
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§1. De bien hypothétiques discriminations.
A. Il ne s'agit pas de discriminer négativement
les couples homosexuels,
en vertu de je ne sais quelle homophobie latente. Tout
état de fait – ici, se
constituer en couple homo – entraîne des caractéristiques qui font que
certaines conséquences sont possibles, et d'autres pas. Même si
l'homosexualité n'est pas vraiment un « choix de vie », mais plutôt « un
destin » ou même « l'affirmation d'une nature », la différenciation qu'elle
entraîne amène un paysage de vie spécifique. Il n'est pas très logique de se
réclamer de cette différence fondamentale – l'homosexualité – et puis de
demander que tout soit indifférencié : le mariage comme tous les autres, une
famille comme tous les autres, des enfants comme tous les autres ... avec,
quand même, une sorte de gymnastique mentale qui « tord » ce qu'est la
réalité commune : des enfants, oui, mais ils (n') auront (que) deux pères ou
deux mères.
B. Il ne s'agit pas non plus de discriminer
les enfants déjà là
et de nuire à leur
bien-être. Diverses dispositions légales doivent permettre de veiller à ce
qu'ils aient les mêmes droits que les autres. Il n'est pas question cependant
qu'ils en aient plus, et, de surcroît, de drôles de droit ( par exemple avoir
une mère biologique et une adoptive !).
On ne peut pas légiférer en référence à un « fait accompli » hors normes
qui, entraînant une loi dans son sillage, va par après multiplier une pratique
en soi contestable. Ce qu'il faut interroger, c'est la pratique qui le permet :
par exemple, l'acte médical qui insémine des mères lesbiennes et qui, de ce
fait, sort clairement du dialogue « médecin -
malade ( ici quel malade ?? ) »
pour devenir un acte de société !
§2. Les arguments défaitistes.
A. « On ne saurait pas arrêter un mouvement
irréversible.
L'homosexualité est
là et bien la, donc il faut en assumer socialement toutes les implications »
D'abord, cette implication n'est même pas voulue par tous les homosexuels.
C'est d'abord et avant tout la revendication d'associations militantes.
Ensuite, dans les années à venir, nous avons des combats immenses à
mener et à gagner si nous ne voulons pas que la planète, les nations et les
organisations sociales implosent. C'est vrai au niveau matériel ( combats
écologiques ), c'est vrai au niveau de la justice sociale mondiale ( rapports
Nord-Sud ; alter – mondialisation ) ; mais c'est vrai aussi au niveau de
l'organisation de la vie sociale ( maintien des repères et des limites
fondamentales, pour éviter la confusion, l'anarchie, la toute-puissance des
désirs des plus forts ). Sans être « mauvais » en soi, le désir des
homosexuels qui veulent l'adoption en couple bouscule trop les repères
anthropologiques fondamentaux : c'est donc une excellente occasion - à
notre sens, une nécessité - pour réaffirmer la limite.
B. Autre types d'arguments défaitistes :
« Vous avez bien accepté l'adoption
monoparentale, alors ceci n'est certainement pas pire ». Nous considérons en
effet que l'ouverture à l'adoption monoparentale a été une lourde erreur.
Néanmoins, commettre une seconde erreur parce que la première existe, c'est
aberrant. Supprimons plutôt la première !
§3. Les arguments de type positif.
A. « Les homosexuels qui veulent adopter un enfant le désirent intensément
et seront d'excellent éducateurs,
probablement supérieurs à ce qui se
passe dans nombres de familles hétérosexuelles ».
La comparaison introduit un autre genre de discrimination - envers les
hétéros cette fois ! - et n'est probablement
pas fondée ( Elle met en regard
des toutes petites quantités d'éducateurs
bien sélectionnées et un énorme
tout venant!).
Plus fondamentalement, ce n'est pas en référence à quelques individualités,
tout excellentes soient-elles, que l'on légifère, mais en fonction d'une sorte
d'abstraction généralisable « le couple homosexuel standard » dont il n'y
a aucune raison de penser qu'il serait de meilleure qualité que le couple
hétéro standard !
B. « Si nous sommes gays, nous ouvrons néanmoins notre foyer à de
nombreuses femmes »
( et vice-versa pour les lesbiennes ). C'est une
réponse fréquente des couples homosexuels candidats à l'adoption pour
expliquer qu'ils vont pallier l'absence d'un modèle sexué de l'autre sexe
dans leur foyer. Donc, si ce sont deux hommes, leur enfant aura des
contacts positifs avec leur mère, leur sœur et belle-sœur, leur institutrice,
etc. Certes, c'est déjà plus satisfaisant que la fermeture plus au moins
haineuse ou dégoûtée à l'autre sexe. Néanmoins, dans un tel
fonctionnement, l'enfant ne saurait pas s'imprégner d'un témoignage sur
l'égalité des deux sexes ni sur l'intérêt de leur complémentarité. Dans
l'exemple donné, c'est pour l'enfant que les femmes sont conviées ; elles
n'intéressent pas à part entière les deux hommes qui exercent la fonction
parentale à son égard. Or, c'est du témoignage de vie de ces deux
hommes qu'il va s'imprégner le plus.
§4. Les études scientifiques.
Les associations homo affirment souvent : « De nombreuses études scientifiques
montrent le bien-être d'enfants élevés en couple homosexuel ; ils se développent
à l'égal des autres enfants ». Qu'en est-il ?
A. Beaucoup de ces études ont une méthodologie
contestable
et portent sur des
paramètres superficiels, évalués par exemple
par questionnaires (17)
. Il pourrait être
judicieux que l'Etat mette en place une commission de scientifiques experts de
l'enfance et des méthodes de recherche en sciences humaines pour faire le tri
parmi ces études et ne retenir que les plus valides.
A noter, entre autres, qu'on n'a vraisemblablement pas d'études et certainement
pas à long terme portant sur les effets non pas de l'adoption comme telle par un
parent homosexuel, mais de l'adoption en couple avec le bouleversement
anthropologique qu'il inclut (18)
.
B. Nous ne doutons néanmoins pas qu'une minorité de
ces études puisse être validée
et avoir des résultats à première vue positifs. Ces résultats sont cependant
limités et concernent des composantes du comportement, plus ou moins
sociable, ou une autoévaluation du sentiment de bien-être assez immédiat. Or :
« ... Il n'est pas besoin de faire des études savantes pour savoir que ce n'est
pas la même chose pour un enfant d'avoir un couple parental de sexe différent
ou de même sexe. La seule démarche pertinente et véritablement scientifique est
de s'efforcer d'identifier en quoi ce n'est pas la même chose, et dans quelle
mesure ce « pas la même chose » pose ou non un problème du point de vue du
développement de l'enfant. Pour parvenir à différencier le sirop de menthe et
de grenadine, il vaut mieux s'intéresser à leur goût qu'à leur teneur en sucre
ou en conservateurs ... » ( Jean-Paul Matot, CB Le Soir 14/06/05 ).
Pour prendre une autre métaphore, si l'on compare l'être humain à un bel arbre,
les résultats de ces études méthodologiquement valides portent sur la
composition de quelques éléments du feuillage. Ce feuillage peut avoir l'air de
bonne qualité pour le moment ; néanmoins les bouleversements anthropologiques
introduits ainsi que la concession faite à tous les nouveaux désirs humains sont
occupés à miner les racines de l'arbre.
Difficile d'imaginer des études portant sur des petits groupes bien ciblés et qui
rendraient compte de réalités aussi subtiles que : une certaine confusion opérant
dans les repères sociaux ; de la confusion identitaire ; une difficulté à gérer
également les liens profonds avec le masculin et le féminin ; la position de toute-
puissance ou de renoncement par rapport à la
réalisation des désirs, etc.
C'est en faisant parler les gens longuement par exemple lors de psychothérapies,
que de telles réalités intérieures se disent et que les personnes en évaluent
vraiment leurs effets, mesurent leurs effets. Par ailleurs, ces études ne peuvent
rien nous dire des effets sur la structure sociale de ces changements des modèles
de parentalité.
C. Lorsqu'il s'agit de statuer sur le bien–fondé de grands changements
anthropologiques,
la communauté humaine tout entière devient « expert ». Ses
intuitions cernent justement ce qui est bon pour
son équilibre global.
Il serait donc souhaitable de faire de grands sondages avec populations bien
contrôlées autour de ces questions. On y verrait très probablement que
l'acceptation de la différence homosexuelle a bien progressé, mais que la majorité
des gens est contre l'indifférenciation des mots ( par exemple le mot mariage
pour désigner l'union homosexuelle ), et qu'une majorité des gens encore plus
grande est contre l'adoption en couple.
On ne peut pas ne pas se laisser impressionner par ce point de vue de la
communauté. Nous sommes même convaincus qu'un large sondage de la
communauté homosexuelle de base pourrait donner des résultats surprenants,
différents en tout cas de ce que revendiquent et proclament les associations
militantes homosexuelles. Celles-ci me paraissent parfois poursuivre davantage
un but de non-discrimination ultime, que de partir du point de vue de l'enfant pas
encore là et de penser simplement à son intérêt.
Personne d'un peu sensé ne dit plus que les homosexuels sont incapables
d'aimer et d'élever. C'est le bouleversement anthropologique non-nécessaire
qu'ils veulent imposer qui est difficile à accepter, non seulement pour l'enfant,
mais pour toute la société.
Bruxelles, ce 22/06/05
Pr. Jean-Yves Hayez.
- Notes. -
(1). Jean-Yves Hayez, Psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie, professeur ordinaire à l'Université
catholique de Louvain ( Belgique ) et responsable de l'Unité de pédopsychiatrie aux cliniques universitaire Saint-
Luc ( Bruxelles ).
Courriel :
jyhayez@uclouvain.be.
Site : www.jeanyveshayez.net
(2). En Belgique francophone, peu de psychiatres d'enfants et d'adolescents se sont exprimés ou/et ont procédé à
une discussion détaillée sur le problème, à l'inverse des pédopsychiatres français, dont la grande majorité à une
position très proche de la nôtre. Pour cette raison, nous tenons à signaler la large communauté de vue que nous
partageons avec les Drs Ann d'Alcantara (UCL), Philippe Kinoo (UCL), Marie-Françoise Lorent et Jean-Pol Matot
(ULB).
(3). Dans le couple, elle est la mère biologique et
souhaite que sa compagne soit déclarée mère adoptive.
(4). Eventuellement inséminée avec le sperme d'un des partenaires du couple. La pratique des mères porteuses est
extrêmement discutable dans la mesure où elle instrumentalise d'abord le corps de femmes le plus souvent
défavorisées, favorise ensuite un marché d'enfants et comporte enfin des risques considérables de conflits
juridiques et psychologiques traumatisants
et coûteux ( M.-T. Meulders, 2005 in LLB, 16/06/05 )
(5). S'il s'agit de légiférer, on ne peut évidemment raisonner qu'en référence aux enfants à venir. Bien sûr, on doit
penser aux enfants déjà présents dans le cadre de la parentalité en milieu homosexuel, mais il existe sans doute
des moyens de veiller à leur intérêt sans passer par une redéfinition de l'adoption qui engage l'avenir de la société
humaine. Nous y reviendrons par la suite.
(6). Accidentelle, pas dans le sens d'un événement rare, mais dans le sens d'un « accident du lien », non voulu
comme tel par les protagonistes les premiers temps de leur rencontre.
(7). Quand, après une séparation hétérosexuelle, un des parents se met en couple homosexuel, la circulation de
l'enfant entre ce couple et l'autre parent ne cause souvent aucun inconvénient psychologique à l'enfant, sauf cas
particuliers d'incompétence éducative. Mais ici, précisément, la référence aux deux parents de sexe
complémentaire n'est pas remise en question.
(8). La suite de mon raisonnement montrera d'ailleurs que le terme Homoparentalité devrait disparaître ; il y a des
personnes homosexuelles qui remplissent occasionnellement une fonction parentale, et peuvent être d'excellents
éducateurs, aimant bien leurs enfants et veillant à leur épanouissement, mais ce n'est pas pour autant de
l'homoparentalité.
(9). Ordinaire veut dire ici : dans l'ordre normal des choses, dans de bonnes conditions. On peut dire que ces
conditions normales sont aussi optimales, aussi bien pour l'individu que pour le groupe. Encore une fois, nous
sommes conscients que beaucoup d'accidents peuvent se produire et que la réalité de telle ou telle filiation
particulière est loin des composantes que j'énumère dans le texte. Par exemple, un certain nombre d'enfants n'est
pas désiré, un certain nombre ne connaît pas son père géniteur ou n'est pas reconnu par lui. Mais précisément, ce
sont là des accidents, toujours à risque de
compromettre quelque peu l'épanouissement de l'enfant.
(10). Je déplore vivement qu'existe l'adoption monoparentale. Dans l'intérêt des enfants, j'en exclurais la possibilité,
en m'appuyant sur la plupart des arguments que je viens de développer ... Filiation ordinaire veut donc dire
filiation proposée par un homme et femme en position de parents.
(11). J'ai déjà lu dans un texte ou l'autre que la filiation redonnée était subsidiaire dans l'adoption. A parler ainsi, il
me semble que l'on n'est plus dans la science, mais dans le discours propagandiste : évidemment, si c'était vrai
que la filiation n'est pas très importante, ce serait plus facile à avaler, l'idée des deux papas ou des deux mamans,
avec en prime, la réalisation d'un nouveau désir : le choix du nom de famille de l'enfant laissé à l'appréciation du
duo parental.
(12). Jean-Paul Matot dit à ce propos ( CB, Le Soir, 14/06/05 :
« ... Pour l'enfant, le statut d'adopté, et la réalité
d'avoir auparavant été abandonné, sont souvent associés
à un sentiment, douloureux et difficile à admettre,
d'être différent, de
ne pas être « comme tout le monde », de ne pas « avoir des parents comme tout le monde ». Alors pourquoi faudrait-il que la
société complique la vie à cet enfant déjà éprouvé en le mettant dans la situation d'avoir en outre à assumer la « différence » de
ses parents d'adoption ?
L'enfant dans cette perspective « sert » à deux choses :
- à l'accomplissement personnel de l'adulte dans ses désirs de parentalité ;
- à la reconnaissance sociale d'une égalité de valeur et de statut supposée annuler la réalité des différences entre
couples homo et hétérosexuels.
Il n'est pas question ici de la défense des droits
de l'enfant, mais bien des besoins des adultes
dont l'enfant est l'enjeu ... » ).
(13). Fondation pas seulement par le mélange de ses semences biologiques, mais au moins autant par la
complémentarité du désir et du projet du père et de la mère.
(14). Il s'agit bien ici d'incriminer la nomination officielle, symbolique ; sur le terrain de la vie de tous les jours,
lorsque se déroule la dynamique de la filiation dans son niveau affectif, l'enfant aura probablement trouvé des
noms différents pour désigner les deux partenaires du couple.
(15). Il y aurait beaucoup à dire là-dessus, bien au-delà des limites de cet article. On est passé d'un paradigme social
de l'autorité, de l'interdit vers des paradigmes de l'efficacité, de l'autosuffisance, de la réussite à tout prix. C'est
évidemment en corrélation avec les avancées technologiques qui veulent aller toujours plus loin vers la
nouveauté dans l'immédiateté.
(16). Jean-Paul Matot, ibid., écrit : « ... Les manifestations de cette primauté donnée à la satisfaction des
désirs sur l'intériorisation de valeurs partagées, apparaissent chez ces enfants de deux – trois ans qui
tyrannisent leurs parents et leurs institutrices, ou, chez les adolescents, dans ces décrochages scolaires de plus
en plus nombreux, ainsi que dans la multiplication de ce que les psychiatres identifient comme « pathologies
de l'agir » : toxicomanies, anorexies-boulimies,
jeu pathologique, conduites délinquantes ... »
(17). Un exemple parmi tant d'autres, La thèse de psychiatrie du Dr Nadaud, souvent citée
comme l'exemple même du travail scientifique montrant qu'il n'y a aucun problème concernant la garde
d'un enfant par un couple homosexuel, repose sur
l'utilisation d'un questionnaire rempli par les adultes
gardiens de l'enfant, sans que l'auteur de la thèse ait eu un contact direct avec les enfants concernés. Il
s'agit donc d'une évaluation très subjective.
(18). En 2005, très peu de pays en effet ont voté une loi qui permet ce type d'adoption et presque aucune une loi qui le permet sans
restriction : ainsi, le droit à l'adoption internationale est quasi toujours fermé. Au Québec, qui a voté la loi sans restriction, la
pratique de terrain semble assez scandaleuse : on propose en adoption aux couples homosexuels les enfants les plus handicapés,
qu'on ne peut pas adopter ailleurs. Si elle se passe réellement, nous trouvons cette pratique non éthique: on ne reprend pas
sournoisement de la main gauche ce que l'on a donné de la main droite.
Création le 27 juin 2005.
Dernière mise à jour
le dimanche 24 février 2008.
Issu d'un document en traitement de texte remis par le
professeur Jean-Yves Hayez.
DS.ds
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Bravo de m'avoir trouvé
Félicitations
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480
mais est encore correcte avec les écrans
plus grands 1600x1200 ou autres.
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
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le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
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Ce site a été composé par un bénévole sans
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L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
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beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
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appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
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Arguments relatifs à la psychologie de l'enfant en défaveur
d'une adoption par les couples homosexuels.
CHAPITRE 1 : ARGUMENTS ANTHROPOLOGIQUES ET SOCIOLOGIQUES.
Introduction.
§1. Créer volontairement un bouleversement
anthropologique superflu.
§2. Des risques d'accéder à tout désir.
CHAPITRE 2 : DE CONTESTABLES ARGUMENTS « POUR »
§1. De bien hypothétiques discriminations.
§2. Les arguments défaitistes.
§3. Les arguments de type positif.
§4. Les études scientifiques.
Notes.
- Notes automatiques. -
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Note 1.
(1). Jean-Yves Hayez, Psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie, professeur ordinaire à l'Université
catholique de Louvain ( Belgique ) et responsable de l'Unité de pédopsychiatrie aux cliniques universitaire Saint-
Luc ( Bruxelles ).
Courriel :
jyhayez@uclouvain.be.
Site : www.jeanyveshayez.net
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
.
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Note 2.
(2). En Belgique francophone, peu de psychiatres d'enfants et d'adolescents se sont exprimés ou/et ont procédé à
une discussion détaillée sur le problème, à l'inverse des pédopsychiatres français, dont la grande majorité à une
position très proche de la nôtre. Pour cette raison, nous tenons à signaler la large communauté de vue que nous
partageons avec les Drs Ann d'Alcantara (UCL), Philippe Kinoo (UCL), Marie-Françoise Lorent et Jean-Pol Matot
(ULB).
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
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Note 3.
(3). Dans le couple, elle est la mère biologique et
souhaite que sa compagne soit déclarée mère adoptive.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
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Note 4.
(4). Eventuellement inséminée avec le sperme d'un des partenaires du couple. La pratique des mères porteuses est
extrêmement discutable dans la mesure où elle instrumentalise d'abord le corps de femmes le plus souvent
défavorisées, favorise ensuite un marché d'enfants et comporte enfin des risques considérables de conflits
juridiques et psychologiques traumatisants
et coûteux ( M.-T. Meulders, 2005 in LLB, 16/06/05 )
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
.
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Note 5.
(5). S'il s'agit de légiférer, on ne peut évidemment raisonner qu'en référence aux enfants à venir. Bien sûr, on doit
penser aux enfants déjà présents dans le cadre de la parentalité en milieu homosexuel, mais il existe sans doute
des moyens de veiller à leur intérêt sans passer par une redéfinition de l'adoption qui engage l'avenir de la société
humaine. Nous y reviendrons par la suite.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
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Note 6.
(6). Accidentelle, pas dans le sens d'un événement rare, mais dans le sens d'un « accident du lien », non voulu
comme tel par les protagonistes les premiers temps de leur rencontre.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
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Note 7.
(7). Quand, après une séparation hétérosexuelle, un des parents se met en couple homosexuel, la circulation de
l'enfant entre ce couple et l'autre parent ne cause souvent aucun inconvénient psychologique à l'enfant, sauf cas
particuliers d'incompétence éducative. Mais ici, précisément, la référence aux deux parents de sexe
complémentaire n'est pas remise en question.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
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Note 8.
(8). La suite de mon raisonnement montrera d'ailleurs que le terme Homoparentalité devrait disparaître ; il y a des
personnes homosexuelles qui remplissent occasionnellement une fonction parentale, et peuvent être d'excellents
éducateurs, aimant bien leurs enfants et veillant à leur épanouissement, mais ce n'est pas pour autant de
l'homoparentalité.
Pour retourner à l'endroit
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Note 9.
(9). Ordinaire veut dire ici : dans l'ordre normal des choses, dans de bonnes conditions. On peut dire que ces
conditions normales sont aussi optimales, aussi bien pour l'individu que pour le groupe. Encore une fois, nous
sommes conscients que beaucoup d'accidents peuvent se produire et que la réalité de telle ou telle filiation
particulière est loin des composantes que j'énumère dans le texte. Par exemple, un certain nombre d'enfants n'est
pas désiré, un certain nombre ne connaît pas son père géniteur ou n'est pas reconnu par lui. Mais précisément, ce
sont là des accidents, toujours à risque de
compromettre quelque peu l'épanouissement de l'enfant.
Pour retourner à l'endroit
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Note 10.
(10). Je déplore vivement qu'existe l'adoption monoparentale. Dans l'intérêt des enfants, j'en exclurais la possibilité,
en m'appuyant sur la plupart des arguments que je viens de développer ... Filiation ordinaire veut donc dire
filiation proposée par un homme et femme en position de parents.
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Note 11.
(11). J'ai déjà lu dans un texte ou l'autre que la filiation redonnée était subsidiaire dans l'adoption. A parler ainsi, il
me semble que l'on n'est plus dans la science, mais dans le discours propagandiste : évidemment, si c'était vrai
que la filiation n'est pas très importante, ce serait plus facile à avaler, l'idée des deux papas ou des deux mamans,
avec en prime, la réalisation d'un nouveau désir : le choix du nom de famille de l'enfant laissé à l'appréciation du
duo parental.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
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Note 12.
(12). Jean-Paul Matot dit à ce propos ( CB, Le Soir, 14/06/05 :
« ... Pour l'enfant, le statut d'adopté, et la réalité
d'avoir auparavant été abandonné, sont souvent associés
à un sentiment, douloureux et difficile à admettre,
d'être différent, de
ne pas être « comme tout le monde », de ne pas « avoir des parents comme tout le monde ». Alors pourquoi faudrait-il que la
société complique la vie à cet enfant déjà éprouvé en le mettant dans la situation d'avoir en outre à assumer la « différence » de
ses parents d'adoption ?
L'enfant dans cette perspective « sert » à deux choses :
- à l'accomplissement personnel de l'adulte dans ses désirs de parentalité ;
- à la reconnaissance sociale d'une égalité de valeur et de statut supposée annuler la réalité des différences entre
couples homo et hétérosexuels.
Il n'est pas question ici de la défense des droits
de l'enfant, mais bien des besoins des adultes
dont l'enfant est l'enjeu ... » ).
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
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Note 13.
(13). Fondation pas seulement par le mélange de ses semences biologiques, mais au moins autant par la
complémentarité du désir et du projet du père et de la mère.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
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Note 14.
(14). Il s'agit bien ici d'incriminer la nomination officielle, symbolique ; sur le terrain de la vie de tous les jours,
lorsque se déroule la dynamique de la filiation dans son niveau affectif, l'enfant aura probablement trouvé des
noms différents pour désigner les deux partenaires du couple.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir..
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Note 15.
(15). Il y aurait beaucoup à dire là-dessus, bien au-delà des limites de cet article. On est passé d'un paradigme social
de l'autorité, de l'interdit vers des paradigmes de l'efficacité, de l'autosuffisance, de la réussite à tout prix. C'est
évidemment en corrélation avec les avancées technologiques qui veulent aller toujours plus loin vers la
nouveauté dans l'immédiateté.
Pour retourner à l'endroit
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Note 16.
(16). Jean-Paul Matot, ibid., écrit : « ... Les manifestations de cette primauté donnée à la satisfaction des
désirs sur l'intériorisation de valeurs partagées, apparaissent chez ces enfants de deux – trois ans qui
tyrannisent leurs parents et leurs institutrices, ou, chez les adolescents, dans ces décrochages scolaires de plus
en plus nombreux, ainsi que dans la multiplication de ce que les psychiatres identifient comme « pathologies
de l'agir » : toxicomanies, anorexies-boulimies,
jeu pathologique, conduites délinquantes ... »
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Note 17.
(17). Un exemple parmi tant d'autres, La thèse de psychiatrie du Dr Nadaud, souvent citée
comme l'exemple même du travail scientifique montrant qu'il n'y a aucun problème concernant la garde
d'un enfant par un couple homosexuel, repose sur
l'utilisation d'un questionnaire rempli par les adultes
gardiens de l'enfant, sans que l'auteur de la thèse ait eu un contact direct avec les enfants concernés. Il
s'agit donc d'une évaluation très subjective.
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Note 18.
(18). En 2005, très peu de pays en effet ont voté une loi qui permet ce type d'adoption et presque aucune une loi qui le permet sans
restriction : ainsi, le droit à l'adoption internationale est quasi toujours fermé. Au Québec, qui a voté la loi sans restriction, la
pratique de terrain semble assez scandaleuse : on propose en adoption aux couples homosexuels les enfants les plus handicapés,
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Arguments relatifs à la psychologie de l'enfant en défaveur
d'une adoption par les couples homosexuels.
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abus sexuel,
accompagnement éducatif,
adolescents abuseurs,
adolescents,
allégation d'abus sexuel,
angoisse de séparation,
angoisse,
anxiété,
assuétude,
autorité parentale,
beaux-parents,
besoins psychiques des enfants,
bizarrerie sexuelle infantile,
cadre thérapeutique,
confidences,
confidentialité,
conformisme,
culpabilité,
debriefing collectif,
délinquance,
dépendance,
dépression,
destructivité,
deuil compliqué,
deuil pathologique,
éducation sexuelle,
enfant abuseur,
enfants,
énuresie,
éthique,
équipes SOS-Enfants,
famille,
famille reconstituée,
Familles restructurées,
guerre,
identité,
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intervention de crise,
Jean-Yves Hayez,
jeux sexuels,
livres,
mendiants,
mort,
mort d'un proche,
mots-clés,
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perversion sexuelle infantile,
perversion sexuelle,
peur,
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protection,
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psychothérapie,
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réparations,
réseau de santé,
sanctions,
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séparation parentale,
sexualité infantile,
sexualité normale,
signalement,
soins pluridisciplinaires,
stress,
SOS-enfants,
suggestibilité,
syndrome de stress post-traumatique,
traumatisme psychique,
trouble de l'endormissement,
trouble du comportement,
trouble psychique,
urgences,
violence,
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