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« Moi, j'ai touché le zizi de tonton Marc »
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Une maman m'écrit (extraits) :
Bonjour
Je viens vers vous car nous sommes perdus. Voici notre
histoire :
Il y a deux mois, notre petite fille, Marie, de 2 ans ½, nous
a dit en sortant du
bain au moment ou elle était nue : « moi,
j'ai touché le zizi de tonton Marc » Ce
monsieur est le mari de l'assistante maternelle agréée
qui avait la garde de Marie.
Nous avons tout de suite été inquiets car je savais
que ce jour là, la nourrice
s'était absentée pour une consultation médicale,
et que ma fille était seule avec
son mari. Aucun autre enfant n'était présent
ce jour là.
Deux jours plus tard, après plusieurs appels sans
réponse satisfaisante aux 119,
à l'assistante sociale du secteur, à la
puéricultrice, nous emmenons notre fille
en urgence chez un pédopsychiatre. Là, Marie
ajoute devant le pédopsy que
tonton Marc a baissé son pantalon et répète
avoir touché son zizi.
Nous allons donc porter plainte le lendemain sur demande du
pédopsychiatre auprès de la Brigade de gendarmerie.
Les jours qui ont suivi, Marie, toujours en sortant du bain nue, au
moment où
nous voulions la coucher sur la table à langer nous
fait part d'autres faits : « j'ai
peur d'être couchée, j'ai peur du grand lit, tonton
Marc a touché ma zezette, j'ai
peur », et là elle se met angoissée
à suffoquer, et crie : « j'ai touché
le zizi de tonton Marc, j'ai peur, tonton m'a tapé le dos,
moi voulais pas être couchée dans
le grand lit, moi pleuré, moi appelle maman, moi
peur … »
Vous comprenez donc notre frayeur d'entendre tous ces mots dans
la bouche d'une enfant qui 3 semaines avant les faits ne parlait
quasiment pas, et qui du
jour au lendemain arrive à faire des phrases
très claires.
Il est bon de signaler également le comportement
typique de notre fille :
angoisse constante, peur de voir tonton Marc, pipi au lit,
crise d'angoisse en pleine nuit où elle hurle que tonton
touche sa zezette et qu'elle a peur …,
hurlement si on passe près de leur maison.
Le personnel de la crèche où elle est aujourd'hui a
entendu certaines de ces
phrases et peut confirmer. Les gendarmes qui devaient entendre
le personnel a estimé que ce n'était pas
nécessaire.
Le conseil général ne réagit pas, il ne
prend pas ses responsabilités car la
suspicion bénéficie à l'accusé et
non aux enfants encore présents sur place. La
gardienne devrait donc conserver son agrément.
Les gendarmes ont attendu le rapport du pédopsychiatre
qui ne s'est pas trop
mouillé. Ma fille a refusé de leur parler donc
seules les auditions de mon mari et
de moi-même sont là. La garde à vue de ce
monsieur a eu lieu mais ils n'ont pas
réussi à avoir de nouveaux éléments
et estiment qu'il est de bonne foi car il a
répondu à toutes leurs questions sans se
contredire. Le procureur classe donc sans suite.
Aujourd'hui, le pédopsy insiste pour que ma fille soit
suivie chaque semaine et
mon mari et moi-même allons chacun voir un psychiatre. Nous
avons mis notre maison en vente et espérons
déménager rapidement.
Ma question est la suivante : pensez vous réellement
que les paroles de ma fille
puissent ne pas être crédibles ? Nous ne l'avons
jamais incité à parler ? Nous
n'avons jamais induit de réponse dans nos questions car
nous ne lui avons pas
posé de questions, c'est elle qui nous parlait des
évènements. N'est-elle pas
suffisamment crédible vu son jeune âge ? Elle ne
peut pas inventer ces propos ...
Mon sentiment est que personne ne veut se mouiller dans le
doute ? Mais après
2 mois, ma fille me demande encore si tonton Marc est devant
la porte et continue ses crises d'angoisses surtout au moment
du coucher ... elle insiste pour se cacher sous sa couette
mais est terrifiée en le faisant, ce n'est pas un
jeu pour elle, et pourtant elle insiste pour le faire ?
A ce jour, tout le monde nous dissuade de continuer en nous
portant partie civile
en expliquant que je vais faire souffrir ma famille en
continuant a espérer une
condamnation et en empêchant tout le monde de tourner
la page, ils sont persuadés que ça ne changera rien,
je ne sais plus quoi faire.
Merci pour votre aide.
Je lui réponds d'abord brièvement mais
rapidement, vu mon emploi du temps chargé :
Chère madame,
Si tout s'est bien passé comme vous le dites, il est
infiniment probable qu'un abus a eu lieu une fois, et comme
votre petite fille l'a raconté.
Malheureusement, les tout petits enfants sont les plus mal crus
et aidés du monde ; très
régulièrement, une fois mises sur la scène
sociale ou judiciaire, leurs seules allégations, toute
fiables qu'elles soient débouchent sur rien s'il
n'existe pas de preuves matérielles ou d'aveux. Des pressions
sont même faites sur la famille pour qu'elle laisse
tomber ... Or, sans preuves matérielles, le
suspect nie quasi-toujours comme un beau diable et
« charge » l'enfant qui
accuse ou sa famille ... et ça marche ! C'est
classique.
Par ailleurs, je crois comprendre que, avant les faits, Marie
se développait normalement. La première fois qu'elle
a raconté les faits, elle ne semblait pas
avoir été trop perturbée par ce qui
s'était passé : elle vous le racontait tout
simplement, comme un petit enfant le fait d'un événement
non-ordinaire, un peu anxieuse de vérifier votre
réaction. Je ne veux pas dire par là qu'il fallait
rester sans réaction sociale, mais il faut remarquer que
c'est très probablement l'ensemble des réactions
des adultes, la vôtre inclus, qui a fini par la
traumatiser ...
Il faudrait donc trouver des mots et des attitudes pour
qu'elle retrouve la paix,
en lui proposant quelques repères simples.
En ce sens, je ne suis pas nécessairement d'accord avec
l'idée d'un suivi
psychologique intensif pour elle directement : il n'est pas
certain qu'elle en ait besoin ... il faut
réfléchir à l'état habituel de
ses ressources en développement ;
vous pouvez vous donner comme mission de l'aider à tourner
la page en elle.
Bien à vous
jyh
la maman me répond (extraits) :
Merci pour votre réponse.
Maintenant je me retrouve avec une enfant qui parle encore
beaucoup de ces événements et je pensais aller
quand même voir un psychologue ou
pédopsychiatre, qui puisse quand même nous aider sur
la conduite à tenir au quotidien avec Marie.
Vous avez raison sur le fait que nous les parents avons bien plus
de mal à vivre cet événement qu'elle. Vu qu'on
ne sait pas ce qu'il lui a réellement fait notre
imagination prend le dessus et c'est parfois un vrai cauchemar.
Que pensez vous de déménager ? L'année
prochaine, si nous ne le faisons pas,
Marie verra souvent cet homme. J'ai peur qu'en le croisant ou
même en croisant les autres enfants ça lui rappelle
de mauvais souvenirs, et puis je me dis que pour
nous adultes c'est l'occasion d'un nouveau départ.
Il faut en fait que j'accepte que cet homme ne sera pas puni et
que tout le monde pense que je suis la méchante ... c'est
dur !! mais vous avez raison dans le
système judiciaire français sans preuve on ne fait
rien. Je trouve ça horrible de
se dire qu'on a le droit de faire ce qu'on veut à un enfant
tant que personne ne le voit !!! quelle société
évoluée !!! les droits de l'enfant, ça
n'existe pas même dans nos sociétés soit
disant civilisées !!
Merci pour votre aide
Je lui réponds :
Chère madame,
Voici quelques réactions « en vrac »
à votre courrier :
- Si c'était mon enfant, avec le contexte actuel et futur
que vous décrivez, et si
ma famille en avait les moyens, je déménagerais sans
hésiter. Toutefois, je m'arrangerais pour que l'enfant
ne sache jamais que c'est à cause de ce qui s'est
passé. Le plus sereinement possible, je lui expliquerais
que l'on a trouvé un
endroit encore plus gai à vivre. Et s'il ajoute
« Alors, tonton Marc, y va pas
venir », il suffit de répondre
« nooooooooon, c'est très très loin ;
il est trop bête, il saurait pas trouver »
- Ce qui s'est passé ? Très très
probablement ni plus ni moins que ce que Marie
vous a raconté : attouchements sur lui et sur elle. Je
pense qu'elle aurait indiqué
s'il y avait eu plus, par exemple si elle avait vu une
éjaculation : ça l'aurait intrigué, elle l'aurait
retraduit avec ses mots d'enfant ... ET svp, si elle n'en n'a
rien dit, ne la tracassez pas en
« quêtant » d'improbables
détails supplémentaires.
Elle parle beaucoup ? Essayez de la modérer doucement
en montrant que vous ne trouvez plus très important
d'encore parler de ça : il n'est pas impossible, en
effet, qu'elle parle beaucoup parce qu'elle imagine que c'est ce
que vous attendez !
Donc, quand vous lui aurez donné quelques réponses
de base pour l'apaiser,
changez-lui les idées en douce « on ne va pas
encore parler du vilain Marc, je vais plutôt te raconter
une jolie histoire ... »
Réponses de base ? En voici quelques exemples,
non-exhaustifs :
«
Bravo, parce
que tu as bien raconté, nous sommes très
contents de ça ... ce n'est pas bien ce
qu'il a fait ... tu ne le savais pas ... nous sommes
fâchés sur lui ... nous ne sommes
pas fâchés sur toi, nous t'adorons, tu es notre
petite chérie, et tu ne savais pas
que tonton Marc ne pouvait pas montrer son zizi ou toucher
ta (quiquine) ... ta quiquine, elle est à toi ...
il n'y a que toi qui peux lui faire des petites caresses si
tu veux ( inutile de déjà parler d'explorations
sexuelles entre enfants, qui sont
également autorisées ...) Papa et maman vont
très bien veiller sur toi, et jamais
plus personne ne t'embêtera ( le dire, même si
hélas on n'est jamais complètement
sûrs !) »
S'il n'y pas de signes de comportement préoccupants et
persistants, je reste partagé à l'idée de
garder les choses ouvertes chez un psy via des consultations
directes pour elle ... que la psy l'aide à travers
vous, un peu comme je le fais maintenant !
Marc n'a-t-il pas reçu de punition ? Constitue-t-il
toujours un danger pour d'autres enfants ? Pas sûr !!
D'abord, je suis persuadé qu'il est TRES puni par
l'ambiance actuelle, au moment
où il doit regarder sa femme dans les yeux par exemple.
Par ailleurs, d'ici trois mois, je vous suggère d'envoyer
une lettre recommandée à lui et à sa femme
avec copie au procureur et à la direction des services
sociaux ; si vous voulez, je vous aiderai à la
rédiger. L'idée est de redire que vous êtes
tout à fait persuadé qu'il s'est mal conduit
envers votre petite fille. Et que sa femme et lui prennent
définitivement des dispositions pour qu'il ne soit
jamais seul avec les enfants. Vous terminez en disant que
cette lettre est un document « à toutes fins
utiles », également envoyé aux
autorités, pour que la mémoire ne s'efface pas au
cas où à l'avenir, il serait
« pris » dans une autre suspicion.
Bien à vous
Quelques mois plus tard, la maman me recontacte pour me dire :
Bonjour Professeur
Je reviens vers vous suite à une conversation tenue avec Marie.
J'aurais peut être pas dû mais voilà c'est trop
tard ... Je suis très déçue car j'ai lu le
rapport de gendarmerie avec l'avocate et les gendarmes n'ont fait
aucune investigation à part l'interroger lui et
elle. J'étais très mal d'avoir vu cette injustice et
j'ai craqué et j'ai demandé à Marie si elle
se souvenait de ce que tonton Marc avait fait : elle m'a
répondu, oui il a touché ma zezette et moi son zizi et
puis elle a dit que le gendarme va la tuer ...
Je lui ai dit que les gendarmes sont là pour nous
protéger et elle m'a redit les gendarmes vont me tuer, je
veux aller chez tatie Christiane c'est pas grave ... tonton Marc est
méchant mais c'est pas grave ...
Que dois-je faire ? est ce que je dois l'emmener à
nouveau chez la psychologue ? on y était plus depuis
décembre ? ça fait 1 mois qu'elle est très
agressive, et qu'elle est en conflit avec moi, je pensais que
c'était à cause du déménagement ( on
déménage dans 3 semaines )
Merci pour vos conseils.
Et je lui réponds :
Bonjour Madame,
Bah, ne vous reprochez pas trop d'avoir réinterrogé
Marie une fois. Cela me semble « humain » que
vous ayez voulu procéder à cette sorte de
vérification ... Soyez plutôt positivement
attentive au fait que Marie maintient l'essentiel de sa
déclaration, sans fabuler, sans se montrer confuse, sans se
rétracter ...
Les gendarmes sont méchants, dit-elle ? Plutôt que
de vouloir rassurer bien vite un enfant, mieux vaut essayer de lui
faire dire gentiment pourquoi il dit ce qu'il dit.
Peut-être à ses yeux, les gendarmes sont-ils
méchants parce que Tonton Marc n'a jamais été
vraiment puni ... Peut-être mélange-t-elle un peu
dans sa tête tous les adultes étrangers qui ont
été mêlés à son grand
bouleversement ... Le plus important me semble être de lui
dire : « Si tu penses que quelqu'un est
méchant, papa et moi, on va bien te protéger ...
on ne lui laissera jamais te faire du mal »
Pourquoi est-elle plus opposante et difficile maintenant ?
Difficile pour moi de le deviner à si longue distance, bien
sûr !
Attention de ne pas tout mettre sur le compte de cette mauvaise
expérience faite ! Peut-être a-t-elle quand
même deviné que le déménagement aurait
un lien avec ce qui lui est arrivé, et peut-être vous
en veut-elle de n'avoir trouvé que cette
solution-là ?
Peut-être le simple stress et le deuil du
déménagement pèse-t-il pour tous ?
Peut-être êtes-vous aussi les adultes, plus
énervés ces temps-ci ? Peut-être
grandit-elle, tout simplement, et a-t-elle envie de s'affirmer
davantage en ne sachant pas très bien si, à le faire,
elle reste « une gentille petite fille »
à vos yeux.
Vous pouvez lui demander gentiment, à un moment où elle
est calme, si quelque chose la fâche ces temps-ci ? Ou lui
demander de vous raconter une histoire ou de faire un dessin avec
une petite fille fâchée : à être
écoutée, peut-être livrera-t-elle l'une ou l'autre
clé ...
Continuez à la valoriser, à lui demander
d'obéir à quelques règles familiales de bon
sens et à espérer - en faisant le gros dos -
que cette crise passe ...
Retourner voir la psychologue ? Demandez d'abord à Marie
si elle a des soucis ou des chagrins pour le moment et si elle
voudrait aller lui en parler ...
A tout hasard, je vous recommande la lecture d'un livre que je
viens de publier « La parole de l'enfant en
souffrance » ( Dunod éd. ) et dont les
chapitres 13, 8 et 9 pourraient particulièrement vous
intéresser.
Bien cordialement,
J'avais envoyé cet échange-courriel sur mes
mailings-listes, à de nombreux correspondants et
confrères, et début janvier 2010, le Pr Maurice
Berger ( professeur de pédopsychiatrie à
Saint-Etienne ) me répond :
J'ai lu avec beaucoup d'intérêt l'échange de
courriers à propos de la petite fille de 2 ans ½. Je
trouve que cela souligne un problème important. D'un
côté, on a le sentiment qu'il ne faut pas continuer
à « gratter » le traumatisme parce
que cela l'entretient. D'un autre côté, j'ai
trouvé qu'il pourrait y avoir en chacun de nous une
position un peu « négationniste » avec
l'envie que l'enfant oublie plus vite qu'il n'est prêt
à le faire. Je me suis parfois fait des reproches
à ce propos. Cela serait un débat très
intéressant. Même à 2 ans ½, les
traces peuvent rester plus longtemps qu'on ne l'aimerait. Je me
demande si, sans mettre en place une psychothérapie
régulière, il ne serait pas intéressant
que cet enfant ait quelques entretiens avec un psy compétent
qui l'aiderait à se formuler les sentiments de peur et de
colère qu'elle a éprouvés et peut toujours
continuer à ressentir, et à y trouver une certaine
issue par le biais de jeux avec des figurines.
Très cordialement.
J'ouvre donc la discussion, en espérant que le
débat continue, et je lui réponds, ainsi
qu'à vous tous :
Cher Maurice,
Je te remercie pour ta réponse, engagée à
ton habitude. La lecture que tu as faite de ces courriels
échangés avec la maman de Marie, a stimulé
ma réflexion.
Il demeure essentiel de se faire une juste opinion de ce que vit
Marie après toutes ces expériences pénibles
faites, en se mettant vraiment à l'écoute de ce
qu'elle exprime(rait), entre les deux extrêmes opposés
de la dramatisation et de la banalisation/minimisation.
Peut-être ai-je un tempérament trop optimiste, et
suis-je parfois trop horripilé par le discours social sur
les effets systématiquement horribles de l'abus sexuel !
Je suis convaincu que la petite Marie a été
psycho-traumatisée jusqu'à un certain point par tout
ce qui s'est passé, mais je continue à penser que
c'est davantage par toutes les réactions et approches
humaines inattendues et peu compréhensibles pour elle,
suite à l'abus, que par celui-ci stricto sensu. De l'abus,
elle a pu parler spontanément, vite et bien (capacité
à exprimer verbalement et concrètement
+ rapidité d'évocation + apparente maîtrise
de soi et sérénité de l'expression : trois
indicateurs selon moi qu'à ce moment-là,
l'expérience tout juste vécue avait été
plus intrigante que traumatisante)
Mais au fil du temps, avec la réaction des adultes, le
pénis de tonton Marc et sa personne se sont transformés
en couteau et en ogre effrayants et toujours susceptibles de
récidiver !
Cela étant, comment prendre en charge le psycho-traumatisme
global ?
I. J'ai exprimé la peur que, si on envoyait Marie chez un
psy dans le décours immédiat de toutes les rencontres
d'adultes liées aux événements, elle ne fasse
entrer celui-ci dans le livre des séquences traumatisantes
post-abus ! C'est quasi impossible de l'éviter : quel que
soit son art, le psy doit s'identifier, lui et ses intentions, ne
fut-ce que par ces quelques mots simples mais
ciblés ! Tôt ou tard, il doit amorcer le dialogue
sur ce qui s'est passé ... J'ai peur que cela ne
trouble Marie plus que cela ne la soulage ... Et sera-ce
vraiment « rattrapable » ?
Si l'on veut persister quand-même dans cette orientation,
alors, j'opterais pour quelques séances de thérapie
de l'enfant en présence de sa maman ( un peu en
retrait ... pas strictement une thérapie
mère-enfant ) avec une invitation à
s'exprimer générale, du type «
Nous voulons
savoir si tu es heureuse, si tu es contente ... ou si tu as
parfois peur, ou si tu es parfois triste ... » Et
sur cette base laisser venir ce qui vient, via médias comme
le suggère Maurice Berger ( quelques petits jouets ou
marionnettes ... ) Si l'enfant, alors, aborde un
thème interpellant ou traumatique, on peut toujours saisir
la balle au bond avec délicatesse, en en parlant, en le
mettant en scène sans en remettre mais sans faire non
plus semblant qu'on n'a pas entendu : «
Ce
méchant monsieur ( qu'évoquerait par exemple
l'enfant ), que fait-il donc de méchant ? Comment
l'enfant réagit-il ? Que disent les parents ? Que
pourrait-on faire pour le punir ? Comment peut-on s'en
protéger à l'avenir ? »
II. Ceci esquissé, le pari différent, tel que je
l'exprimais dans le courriel avec la maman, garde également
de la valeur à mes yeux :
«
S'il n'y a pas de signes de comportement
préoccupant ( je suis partagé à
l'idée d'une consultation directe ) ... que le psy
l'aide plutôt à travers vous »
Qu'est-ce que cela veut dire ?
Je trouve important que les parents, eux, consultent un psychologue
dès maintenant. Ils y font d'ailleurs spontanément
référence car ils se sentent bouleversés. Reste
à espérer qu'ils trouvent un collègue capable
et désireux de réfléchir avec eux dans deux
dimensions :
A. Faire face au traumatisme que vit chaque parent pour son propre
compte : manifestement cette agression sur leur petite Marie tout
innocente, et confrontée abruptement au Mal dans le
monde, « remue beaucoup de choses en eux »
Même si la métaphore qui me vient à l'esprit
prête à sourire, je pense au mythe chrétien
de Eve, innocente elle aussi, et qui se fait chasser du paradis
terrestre par le serpent séducteur. Ici, la colère
et la tristesse des parents de notre petite Eve sont bien
grandes, parce que sans le vouloir, elle a perdu, elle aussi,
quelque chose de son innocence native !
B. Aider les parents à bien accompagner Marie : qu'elle
continue à cheminer dans la vie sociale commune, avec
ses richesses humaines mais aussi son lot de saletés, plus
lucide et pas terrifiée !
Il leur revient donc de l'accompagner en observant
discrètement comment elle évolue : ré
installée comme elle vient de l'être dans un contexte
social safe et aimant, que donne-t-elle à voir ? Joie
de vivre qui se retrouve ou signes de souffrance qui se
chronicise ? Dit-elle parfois spontanément sur
la vie, le corps, les adultes des opinions inhabituelles,
interpellantes ?
De tout cela, les parents doivent pouvoir rendre compte au
psy ... Et celui-ci s'engager pour eux et chercher avec eux
comment faire face : Vous pouvez relire, plus haut, quelques
suggestions que j'ai moi-même faites.
Si les parents ont retrouvé suffisamment de
sérénité, j'ai confiance dans cette dimension
momentanément psychothérapeutique qu'ils donneront
à leur petite fille, sous la supervision du psy.
III. Je vous en propose une illustration que je viens de vivre avec
une autre famille, dans un domaine analogue.
Damien ( presque quatre ans ) refait pipi au lit depuis
trois mois, après quelques mois d'acquisition de la
propreté nocturne. Je reçois d'abord deux fois la
maman seule. En résumé, j'y apprends que :
- Le petit enfant a une histoire médicale organique
lourde ( hospitalisations, etc. …) et est très
insécurisé quand il rencontre un médecin.
- L'ensemble de son développement affectif n'en a
néanmoins été que modérément
affecté. L'investissement par les parents est excellent, tout
comme la qualité de leur éducation.
- L'hypothèse, la plus plausible pour rendre compte de
cette énurésie secondaire chez Damien est celle
d'une vérification anxieuse post-traumatique. Depuis
à peu près la même époque, Damien ne
veut plus mettre les pieds chez une nounou chez qui il
séjournait parfois en journée. Les fois où
elle vient le garder à domicile, il a d'abord
été insécurisé par sa présence
mais surtout il refuse bruyamment que son fils
Félix (neuf ans) l'accompagne comme il le faisait
parfois. Depuis toujours, Félix se montrait jaloux de
Damien et il avait déjà fallu le rappeler à
l'ordre parce qu'il chipait un jouet du petit. De là à
imaginer une agression verbale à propos du zizi de Damien,
voire un jeu sexuel qui aurait vite dérapé dans la
menace et la brutalité : c'est plausible….mais ça
date de quelques mois !
- J'ai donc réfléchi avec la maman à de
petites attitudes quotidiennes et commentaires vis-à-vis
de Damien et de son corps de garçon, ainsi qu'à de
petites histoires à lui raconter le soir ...
Attitudes quotidiennes ? Le complimenter à l'occasion
sur son beau zizi ; lui demander ce qu'il sait des zizis et de leur
devenir ; après quoi, en accueillant ce qui se dirait
éventuellement d'irrationnel, l'assurer que son zizi allait
devenir grand et fort comme celui de son papa ; qu'il était
en bonne santé et faisait bien partie de son corps et de lui,
et ceci de façon intangible.
Histoires du soir ? Progressivement, en surveillant la
réceptivité de Damien et en s'y adaptant, mettre
en scène un grand garçon qui s'amuse à faire
peur aux petits en leur racontant des bêtises ...
jusqu'à mettre en scène « Tu as un vilain
zizi et je vais venir le prendre » Gronder, attaquer et
mettre à distance ce grand garçon dans l'histoire,
et veiller à ce que le petit puisse y contribuer. Le
petit ? celui de l'histoire et Damien, invité
à des jeux de rôles ...
Les parents s'y sont attelés et la propreté nocturne
s'est réinstallée en une semaine. Le deuxième
jour, Damien a raconté qu'un petit garçon à
l'école lui avait dit « Ton zizi est
vilain » Il n'a jamais mis Félix directement
en cause, mais ...
TONTON MARC, SUITE
REACTION DU DOCTEUR PASCALE BERTON
Bonjour Monsieur, Je suis pedopsychiatre en France, et nous avons eu
l'occasion de nous rencontrer à quelques reprises. A la
lecture de cette suite d'échanges,j'ai envie de vous faire
part de mon expérience de praticienne libérale.
Installée depuis 1991, j'ai eu a traiter plusieurs cas de
très jeunes enfants (moins de 5 ans, et moins de 3 ans) qui
tenaient des propos du même type que votre petite Marie.
Certains cas touchaient des enfants pris dans des séparations
conflictuelles, 1 fois la mère était incriminée,
d'autres mettaient en cause des proches. Dans tous les cas, le juge a
classé sans suite eu égard au jeune âge des
enfants, au manque de preuves, et à une présomption de
fausse allégation par le parent protecteur quand il y avait
conflit parental. Les ressources des parents ne leur ont pas permis
de continuer les procédure judiciaires. 1 seule mère
a pu faire protéger sa fille après 10 ans de
procédure, et beaucoup d'argent engagé. Au fil des
années j'ai eu des nouvelles de 5 de ces enfants : les abuseurs
signalés avaient tous été confondus après
un ou plusieurs passages à l'acte sur d'autres enfants. Toutes
ces cas et les grandes difficultés rencontrées pour
accompagner ces enfants, le double discours permanent qui engage
à signaler puis se retourne contre l'adulte et/ou l'enfant,
m'ont beaucoup données à réfléchir.
Aujourd'hui, en pratique, face à une situation du type de
celle que vous décrivez, je n'envoie jamais dès la
première consultation les parents porter plainte : le
résultat est le plus souvent désastreux, sauf en cas
bien sûr d'abus cliniquement objectivable. La première
étape est la consultation en cellule maltraitance, vers
laquelle renvoie de toute façon les services de police en
cas de plainte. Je demande que l'enfant ne soit plus exposé
à l'abuseur, ce qu'il est nécessaire de dire aux
parents, dont certains peuvent avoir une attitude paradoxale,
maintenant par exemple l'enfant chez une nourrice, un parent. Ensuite,
je les adresse à un service d'aide aux victimes qui les
informe et les accompagne dans la démarche éventuelle
de plainte. Localement nous avons la chance de disposer d'un excellent
service. Avec l'enfant, en tant que praticienne
expérimentée, j'assure un suivi de l'enfant du type de
celui que préconise le Pr BERGER, et toujours en
présence d'un ou des parents. Il s'agit de consultations
thérapeutiques psychanalytique, et de guidance parentale, qui
nécessite beaucoup de temps et d'expérience. Je suis
toujours frappée et émue par la remarquable
capacité des enfants, même très jeunes,
à s'approprier l'espace de la séance, d'y
reconquérir leurs outils. Et l'enfant sais dire quand il en
a terminé de cette étape du travail. Avec M. BERGER, je
suis très attentive à cette position
négationniste. L'agression sexuelle est un vol de vie, c'est
cela que nous ne devons pas perdre de vue, c'est en cela que les
séquelles en sont si lourdes, et c'est pour cela que nous
devons refuser la banalisation de la parole de l'enfant, et toujours
aller plus avant dans notre formation pour toujours aiguiser notre
écoute. Je suis par ailleurs indignée par ce que
j'entends se développer dans les discours et les pratiques de
quelques confrères, contre "les victimes". Je pense qu'il est
possible d'accompagner dans la dignité un sujet victime, tout
en le soutenant dans sa dignité de sujet de son histoire, et
l'aider à vivre debout. En France, des praticiens en vue
portent régulièrement ce type d'attaques. Je crains de
voir là un nouvelle forme de l'abandon de la théorie
de la séduction, mais mon élaboration est
balbutiante. Voilà ces quelques éléments de
réflexion. Recevez l'expression de ma considération,
REACTION DU DR CATHERINE BONNET
Je souhaite saluer mes collègues qui ont le courage de tout
mettre en oeuvre pour protéger des jeunes enfants de cinq
ans et moins, que ce soit à l'aide d'un signalement
administratif ou au procureur, ou en les envoyant porter
plainte à une brigade des mineurs.
J'ai moi-même suivi une trentaine d'enfants de cinq ans et
moins. J'ai essayé de les protéger soit en demandant
aux parents d'accompagner l'enfant à la brigade des mineurs
ou à la gendarmerie lorsqu'ils le souhaitaient en particulier
lorsque je connaissais personnellement le personnel de la BM ou de la
gendarmerie, soit je faisais un signalement au procureur. Il faut
aussi tenir compte des situations régionales, des liens qui
se sont tissés entre des psychiatres et des autorités
judiciaires, ce qui favorise une confiance pour travailler ensemble.
Quoiqu'il en soit, je n'ai jamais observé deux situations
similaires.
Les enfants petits ont beaucoup de difficultés à
comprendre le parcours judiciaire et les raisons pour lesquelles il
leur faut redire à une gendarmerie ou une brigade des mineurs,
ce qu'ils ont dit à un médecin ou un autre
professionnel. Il est difficile de donner un âge limite pour
préférer l'une ou l'autre stratégie de
protection. Les enfants sont parfois étonnants. On assiste
à des progressions du développement sous l'effet
de mécanisme de défense contre l'irruption
traumatique, l'enfant d'un seul coup parle mieux, s'exprime
mieux, etc.
De nombreux enfants que j'ai suivis dans le cadre d'un inceste ont
vu leur situation s'aggraver après que mes signalements ou
mes certificats pour les protéger ont été l'objet
de représailles juridiques comme je l'ai décrit
dans L'enfance muselée que vous avez préfacé.
J'ai aussi reçu quelques enfants pour lesquelles il y a eu
des présomptions d'agressions sexuelles par le mari de la
nourrice. Dans ces situations, tous les parents ont compris que la
première action était de ne plus envoyer leur enfant
chez la nourrice sans porter des accusations puisqu'il s'agissait
de présomptions. Ils ont tous été portés
plainte pour protéger les autres enfants. Pour quelques uns
j'ai été auditonnée par un juge d'instruction
qui a prononcé un non lieu. Il était convaincu du
bien fondé des plaintes mais les témoignages des
enfants étaient très limités, variables,
etc. Leurs auditions étaient loin de ce qu'ils avaient
exprimé dans mon bureau. Ils avaient été
très intimidés. Ceci a été très
douloureux pour les parents mais les enfants avaient
été protégés, ils avaient repris leur
joie de vivre avant la fin de l'instruction.
J'ai suivi en soins la plupart de ces enfants jusqu'à ce que
leur symptomes disparaissent et qu'ils
« redeviennent comme avant » selon les
parents. Le plus éprouvant a été de voir la
reprise des souffrances et des symptômes pour ceux qui ont
été « muselés »
après avoir été envoyés à nouveau
chez leur agresseur présumé.
J'ai toujours évalué les enfants seuls, en dehors de
leurs parents, quand ils étaient prêts à venir me
voir seuls, et leur ai toujours demandé s'ils
préféraient avoir un moment seuls avec moi ou en
présence de leurs parents. La plupart souhaitaient un moment
seuls. J'ai été frappée par la grande pudeur
des enfants même dès l'age de deux ans, le sentiment
de culpabilité, la crainte de se faire punir, de ne plus
être aimés par leurs parents, etc. C'est essentiellement
au travers de jeux que se déroulaient la thérapie,
parfois par le dessin pour ceux qui le souhaitaient. L'enfant a
besoin de son temps et les parents ont besoin de guidance avec leur
temps à eux aussi et des moments ensemble avec l'enfant, comme
en pédopsychiatrie habituelle.
Dans un certain nombre de cas j'ai revu les parents plusieurs fois
après que leurs enfants aient repris une vie
« normale » Tous les parents dont l'enfant est
suspecté d'être victime d'agressions sexuelles,
traversent une période de crise qui parfois vient
révéler d'autres problèmes. S'ils le
souhaitent, il est vraiment utile qu'ils se fassent aider pour
eux-mêmes au delà de la simple guidance, par un autre
psy.
Je suis de l'avis de Maurice Berger, il ne faut pas penser que
l'enfant ne souffre pas. Les adultes ont longtemps cru que le
bébé ne percevait pas la douleur physique, la douleur
psychique existe chez l'enfant même moins d'un an. Les enfants
qui ont des cauchemars, peur des flashbacks, sont pâles, ont les
yeux cernés, mangent moins bien ou sont boulimiques, etc.
Lorsque les enfants ne sont plus du tout en contact avec leur
agresseur présumé, ils ont vraiment besoin d'un suivi
psychologique pour mettre leurs mots à eux sur des
émotions vécues, des peurs, de la colère, du
sentiment de culpabilité, etc.
Plus les enfants sont petits et plus vite ils se remettent.
J'ai travaillé à une période où nous
étions très peu à recevoir des enfants petits. On
assurait l'accompagnement, la thérapie après la
détection et le signalement. Il y a des avis divergents sur
ces questions. Quand les enfants ont moins de six ans et qu'ils se
sont confiés à un psy, il est très risqué
de les envoyer ailleurs faire une thérapie après le
dépôt de plainte ou le signalement. Ils risquent de se sentir
rejetés et de ne plus vouloir parler.
Le suivi des enfants de moins de six ans est court, quelques mois,
et à la demande ensuite uniquement si l'enfant n'est plus en
contact avec le présumé agresseur(e).
J'ai connu des familles qui ont décidé de
déménager lorsqu'ils croisaient au supermarché,
à la poste, etc le présumé agresseur(e). Les
enfants se sont remis très vite après ce changement. Il
m'avait semblé préférable que les choses soient
dites, les enfants ont besoin de savoir les prises de position de
leurs parents quand il s'agit de les protéger.
Je vous mets en attaché quelques pages de L'enfant
cassé pour cette maman qui vous a écrit et qui a su si
bien détecter la souffrance de son enfant et demander de
l'aide pour la protéger. Elle est vraiment formidable.
Je salue les collègues qui continuent à détecter
la maltraitance et offrir un suivi psychologique car en France, il
faut bien du courage ! Des collègues continuent
à se faire poursuivre et sanctionner quand ils font leur
travail le plus honnêtement possible. Des parlementaires ont
tenté de renforcer la protection des médecins qui
signalent en déposant des amendements lors des débats
sur la loi relative à la lutte contre l'inceste le 28 avril et
le 30 juin 2009 mais le gouvernement s'y est opposé:
http://www.assemblee-nationale.fr/13/dossiers/inceste_mineur.asp
Il y a encore beaucoup trop d'adultes qui n'arrivent pas à
admettre que même des enfants de moins de cinq ans sont l'objet
d'agressions sexuelles. Il faut sensibiliser et former plus de
professionnels de la médecine et de la magistrature pour
apprendre à détecter l'inceste et les autres agressions
sexuelles, et cela dès les études, etc.
Il nous faudrait une loi plus claire, plus protectrice pour les
enfants comme elle existe aux USA, au Canada ... depuis plus de
trente ans.
Il ne faut jamais désespérer !
Commentaires de J.-Y. Hayez
Je salue respectueusement le témoignage de Catherine Bonnet,
qui a payé cher son engagement au service des enfants
maltraités.
Je suis d'accord avec beaucoup d'attitudes qu'elle préconise
dans son texte, et qui visent la protection et le soin. Je continue
néanmoins à mettre en doute qu'il faille quasi ipso
facto passer par ceux des signalements qui n'apporteront rien
à l'enfant, sinon des sur-interrogations et un doute
profond sur sa parole si fragile ; on peut le protéger sans
le mettre au centre du cyclone des adultes ... on peut même
avoir une certaine efficacité sur la non-récidive avec
les moyens pragmatiques que j'ai proposés dans mon texte
princeps ( la lettre recommandée avec copie aux
autorités ... ) c'est une illusion de croire que
l'attitude plus officielle ( judiciarisation, suivie d'un
non-lieu ... ) a un effet plus grand sur la
non-récidive !
Mots-clés
ABUS SEXUEL DES TOUT-PETITS, abus sexuel, allégation d'abus
sexuel, fiabilité (parole de l'enfant), pédophilie
(et pédophile), sexualité contrainte, attouchements
sexuels, angoisse de castration, abus sexuel d'un tout-petit.
Pour télécharger en Word 2000
Format word 9.0 pour imprimante couleur (100204)
Création le 15 novembre 2009.
Dernière mise à jour
le dimanche 04 avril 2010.
ds.ds
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
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Bravo de m'avoir trouvé
Félicitations
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ...
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
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traitement de texte reçus de la revue Enfances et psy
le 2 février 2005, vous avez les choix suivants :
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liste des mots-clés du site au 28 septembre 2005.
abus sexuel,
accompagnement éducatif,
adolescents abuseurs,
adolescents,
allégation d'abus sexuel,
angoisse de séparation,
angoisse,
anxiété,
assuétude,
autorité parentale,
beaux-parents,
besoins psychiques des enfants,
bizarrerie sexuelle infantile,
cadre thérapeutique,
confidences,
confidentialité,
conformisme,
culpabilité,
debriefing collectif,
délinquance,
dépendance,
dépression,
destructivité,
deuil compliqué,
deuil pathologique,
éducation sexuelle,
enfant abuseur,
enfants,
énuresie,
éthique,
équipes SOS-Enfants,
famille,
famille reconstituée,
Familles restructurées,
guerre,
identité,
infanto-juvénile,
intervention de crise,
Jean-Yves Hayez,
jeux sexuels,
livres,
mendiants,
mort,
mort d'un proche,
mots-clés,
pédopsychiatrie,
perversion sexuelle infantile,
perversion sexuelle,
peur,
pornographie,
protection,
psychiatrie de liaison,
psychothérapie,
publications,
relation de soin,
réparations,
réseau de santé,
sanctions,
secrets de famille,
séparation parentale,
sexualité infantile,
sexualité normale,
signalement,
soins pluridisciplinaires,
stress,
SOS-enfants,
suggestibilité,
syndrome de stress post-traumatique,
traumatisme psychique,
trouble de l'endormissement,
trouble du comportement,
trouble psychique,
urgences,
violence,
vulnerabilité.