Cybergourmandise ou cyberaddiction ? Quand l'ado se
visse à son ordinateur . . .
|
Une première version de ce texte est parue dans la revue
Archives de pédiatrie, 16-7,
2009, 1000-1004.
§ I. Définitions
Un certain nombre de parents comptabilisent avec inquiétude
le temps que leur
fils ou leur fille passe devant l'écran de l'ordinateur
ou celui d'une console de
jeu (
2)
, parfois depuis un âge très tendre
( dix, onze ans ) Une petite partie de
ces parents s'alarme bien trop vite et trop fort, dans un contexte
d'angoisse,
d'ignorance des vrais risques, de volonté de contrôle
ou de résistance au
changement des habitudes sociales et récréatives
contemporaines : je ne les
prendrai pas en considération dans la suite de l'article.
Un rien arbitrairement, choisissons une quantité de temps
que nous
considérerons comme préoccupante : ados
rivés à l'écran d'un jeu vidéo ou
d'autres applications d'Internet plus de trois heures quotidiennes
les jours
d'école et plus de cinq, six heures les autres. Et cette
routine tenace est couplée
à des critères qualitatifs : irritabilité
du jeune si on l'invite à participer à la vie
socio-familiale ; tâches scolaires
bâclées ; fatigue par manque de sommeil,
tricheries ou conflits pour maintenir ses habitudes, etc ...
A. Il faut néanmoins distinguer deux pôles
où
se satellisent ces excès, avec un
gradient de fréquentation décroissante qui les
réunit :

- Les adolescents grands
consommateurs de loin les plus nombreux relèvent d'une
« consommation abondante simple ». Ce sont des
gourmands, ni plus ni moins ; ils
le deviennent pour de multiples raisons, mais il n'est pas
trop difficile de les en
détacher si leur vie externe leur apparaît comme
plus attractive.
Autant si se résolvent des problèmes externes
ou internes par rapport auxquels
la fréquentation des écrans constitue au moins
en partie une compensation.
Fondamentalement, ils n'ont jamais perdu le principal de leur
liberté de choix !
Ainsi en voit-on beaucoup désinvestir spontanément,
totalement ou très
largement, leurs interminables palabres sur MSN ou sur Facebook
dès qu'ils entrent dans la vie
universitaire, dans le monde du travail ou dès qu'ils
ont un lien sentimental profond.

- Au pôle opposé, les
plus rares sont les jeunes devenus dépendants,
cyberdépendants ou dépendants aux jeux
vidéo, au sens psychiatrique du terme.
C'est comme pour le cannabis : seuls quatre à
cinq pour cent des gourmands
sombrent lentement mais sûrement dans une
dépendance parfois très profonde,
le plus souvent vers seize – dix-sept ans (
3)
Quand il y a addiction, le jeune a bel et bien perdu sa
liberté intérieure : ce sont
l'ordi, les jeux et les sensations plaisantes qu'ils procurent
qui dirigent sa vie ( Le Diberder, 1998 )
B. Il existe enfin une catégorie
qui concerne au plus
un à deux pour cent des
ados, et qui coexiste fréquemment avec la première,
c'est la passion. On ne peut
pas vraiment parler de passion à propos du goût
effréné pour les jeux vidéo : ici,
c'est la langue populaire qui utilise ce terme. Par contre,
tel ou tel jeune peut se
passionner pour l'infographie, le maniement et la
maîtrise des processus
informatiques, la confection de sites ou de blogs ( passion POUR
Internet ) Par ailleurs, Internet peut servir de véhicule
privilégié à la réalisation de bien
d'autres passions ( recherches, collections, etc : passions PAR
Internet )
A la différence des autres consommateurs excessifs, les
passionnés sont plutôt
fiers de leur passion qui leur demande un vrai travail, et ils
cherchent le plus
souvent un partage social des processus et des
résultats. Nous n'en dirons pas
davantage sur la passion dans le cadre d'espace
limité de cet article.
§ II. Les facteurs de mise en place
Ce sont les mêmes d'un pôle à l'autre,
mais ils jouent souvent avec une intensité
croissante au fur et à mesure que l'on s'approche
du plus préoccupant :
A. On n'en trouve pourtant pas toujours qui soient très
probants :
tissu social et
familles valables et adolescent « Monsieur tout le
monde ». Mais voilà, ce jeune
citoyen lambda a été pris comme tant et tant
d'autres par un des grands slogans
de la société de consommation, que même
l'école propage à sa manière :
«
Pas
moyen d'être heureux ni « gagnant » sans
ordinateur » Et un peu par hasard, il a
éprouvé de grands plaisirs lors d'un jeu
vidéo ou d'une autre activité Internet et
a vite appris à les reproduire, à les
diversifier ou à les finasser à la perfection.
Ici, le plaisir recherché est donc gratuit, dans
une ambiance hédoniste. Et par
ailleurs beaucoup d'adolescents, surtout les plus jeunes sont dans
une phase de leur vie où ils ont
« normalement » du mal à contrôler
leur avidité, leurs impulsions face aux tentations de plaisir
et de décharge pulsionnelle.
B. Plus souvent cependant, dans le domaine social,
nombre de jeunes concernés
par la consommation excessive vivent dans des environnements
pauvres en
pouvoir attractif et en relations de qualité.

- Par exemple, leur
scolarité est déjà peu gratifiante
avant que ne s'installe le
cyber-comportement problématique : J'en reparlerai plus loin.

- Par exemple encore, leurs
familles sont caractérisées par le banal manque de
dialogue et de plaisirs pris en commun, ou par la fatigue
des adultes le soir :
nombre de ceux-ci sont contents qu'existe l'ordinateur-cocoon,
mais voudraient
que ce soit juste assez à leur mode. Plus rarement,
c'est plus grave : l'ado fuit
l'enfer du salon en se réfugiant dans sa chambre, avec
les écrans chatoyants qui l'anesthésient.
C. Sur le plan individuel,
sont davantage à risque les adolescents qui vivent sur de
longues durées des états d'âme douloureux
comme le manque de confiance en
soi ; la timidité ; l'angoisse de
séparation ; des sentiments d'échec ou
d'infériorité ... D'autres encore ont
l'impression de ne compter pour personne
dans le monde incarné.
Pour tous ces ados en souffrance, se fixer à
l'écran et y retrouver d'autres,
même lointains, ou y faire des expériences
de réussite, ou s'y laisser bercer et
stimuler par des sensations sensorielles chatoyantes peut
constituer une
compensation et une anesthésie des plus
consolatrices ( Valleur, 2002 )
D. Finalement, un facteur ultime et mystérieux
fait passer à quelques jeunes la
frontière qui sépare la gourmandise encore
maîtrisée et l'abandon de soi aux
démons du plaisir, gratuit ou compensatoire. Ce
« facteur » n'est pas sans
paradoxes, il s'agit de la liberté intérieure,
qui va s'exprimer une dernière fois
pour envoyer le jeune se noyer dans les multimédia :
le jeune décide au moins
intuitivement de ne plus décider :
«
J'abandonne la partie ... Que tous ces plaisirs
que je connais envahissent ma vie et me
téléguident ... je me donne à
eux » Une
fois fait ce passage, le voyage retour n'est pas vraiment
impossible, mais
beaucoup plus difficile ... les nouveaux maîtres du jeu
repousseront sous l'eau la
tête de la lucidité du jeune, les quelques
fois où elle tentera d'émerger.
§ III. La phénoménologie
A. En commençant par la vraie dépendance,
on constate, au centre du
fonctionnement quotidien du jeune, la présence d'une
conduite envahissante et
tenace de recherche de plaisir, via l'ordinateur ou la console
( Matysiak et Valleur, 2003 )
Les activités qui en sont la source sont, de loin
en tête, la pratique de tel ou tel
jeu vidéo, notamment les quêtes aventureuses
qui font beaucoup rêver, et où l'on
partage le jeu avec beaucoup d'autres joueurs
( «
massive multiplayers games »)
Puis viennent les activités liées à
la communication médiatée ( chats sur
messagerie privée ou salons publics ; investissement
rigide de l'un ou l'autre
blog ; participation à une communauté à
thème ou à un site pour ados, etc. )
Enfin le téléchargement, les collections, un peu
tout et n'importe quoi. Quant aux
addictions sexuelles, elles restent rares chez les ados
à l'inverse des adultes
dépendants ( Hayez, 2004 )
Quand la dépendance s'aggrave, finalement, c'est le
processus, le rituel qui est
investi davantage que des activités précises
et répétées et que leur résultat
ponctuel. L'esprit finit par décrocher des contenus
successifs de l'écran, en une
sorte de rêverie où le jeune ne fait plus qu'un
avec sa machine : attitude visant nirvana, symbiose
primitive, quelque chose de cette nature ( Tisseron, 2008 )
Le jeune a perdu sa liberté, il est incapable
d'intégrer sa conduite comme
élément raisonnable d'un projet d'ensemble ;
il ne sait plus programmer son
temps, ou, en tous cas, contrôler volontairement une
diversité dans sa programmation.
Quand il est occupé par son activité addictive,
le jeune voudrait que le temps
n'existe plus ; il se dit vingt fois qu'il va
s'arrêter, mais repousse toujours la
limite : vaincre sa fatigue, en se soutenant parfois de
cannabis ou d'un autre
produit, se sentir invulnérable, désincarné,
flottant seul dans des espaces
nébuleux bien au-dessus de tous les autres ... cela
fait partie de son plaisir ( Simon, 1999 )
S'il n'est séparé du moment de son activité
que par un délai court, le jeune reste
occupé à y rêver : des souvenirs liés
aux bons moments tout juste passés sur
l'écran se bousculent en lui et il prépare
déjà ses coups suivants ; au fur et à
mesure que l'heure des retrouvailles approche, c'est
l'excitation, le craving ... si le
délai est trop long ou si des imprévus
surviennent pour déjouer ses prévisions,
c'est l'état de manque : insatisfaction, tension
corporelle, instabilité, passage à
l'acte pour raccourcir le délai ...
Corollairement, le jeune désinvestit massivement la
vie incarnée : scolarité en
chute libre ( pas d'intérêt, pas le temps, et
cyberrêveries en classe ) ; isolement
en famille ; résistance colérique aux tentatives
faites par les parents pour
réguler sa conduite ; mensonges et tricheries ;
irritation si on le dérange : les
copains de toujours sont ignorés s'ils viennent
frapper à la porte ; amputations
sur l'alimentation, le sommeil, voire les besoins
d'excrétion. Quand il transite
brièvement par la vie incarnée, c'est pour
parler d'Internet avec l'un ou l'autre
aussi dépendant que lui, aller faire des achats
pour son ordinateur, se
documenter sur de nouveaux jeux, etc.
B. Quand il s'agit de consommation abondante simple,
des plaisirs sont également
recherchés via les mêmes activités. Mais
ils demeurent davantage liés aux
contenus précis des activités engagées.
Ils ont le statut de plaisirs récréatifs
gourmands. La cyberconduite n'est pas le centre du projet de
vie du jeune, qui lui
consacre moins de temps (
4)
que le véritable
« accro » ; il sait davantage
« aller et
venir » par rapport à elle.
Le jeune l'oublie s'il a en vue une activité alternative
agréable IRL ( « in the real
life ») ( sortir avec des copains ; jouir
de vacances ensoleillées ) ... des fois même
s'il a une tâche scolaire importante ou pressante à
boucler ...
De la même manière, si la vie familiale demeure
attractive, il y reste
partiellement engagé. Il finit aussi par
accepter ... à plus de 50 % les règles qu'on
met pour discipliner l'usage de son temps, si elles ne sont
pas trop draconiennes :
il existe donc moins de « triches » pour assurer
la pérennité de sa
consommation, de là à dire qu'il arrive
« pile à l'heure » pour le repas du soir,
qu'il ne ment jamais sur l'heure de son coucher ou qu'il ne
bâcle aucun devoir ennuyeux au profit de sa
cyber-activité, c'est une autre histoire ...
C. Les descriptions qui précèdent
ne se rapportent cependant qu'aux deux
extrêmes. Un certain nombre d'adolescents se trouvent
« au milieu du gué »

- Pas nécessairement sans lucidité ni de
façon immuable d'ailleurs. J'en ai connu
plus d'un qui s'était désengagé d'un
début d'addiction, justement parce qu'il
sentait sa liberté lui échapper, parce qu'il
ratait d'autres opportunités
intéressantes, ou parce qu'il avait l'intelligence
de comprendre – tout seul – qu'il
remettait son âme à un nouveau maître
auquel il se soumettait : le créateur du
jeu vidéo et ses objectifs commerciaux.

- Se retrouvent particulièrement dans la zone de
l'entre-deux des adolescents
qu'on laisse trop seuls ( Papa et maman au boulot et
«
Tu ne vas pas sur
l'ordinateur avant 19 heures, hein ! » )
et qui ont avec l'école un rapport aride,
fait de disqualifications, d'échecs et de
difficultés de compréhension pas
toujours avouées. Au début, l'ordinateur
constitue pour eux une compensation
royale. Mais, ils en deviennent vite prisonniers et alors,
c'est l'histoire de la poule
et de l'œuf : l'excès de consommation aggrave
les difficultés scolaires et vice-versa.
Assez souvent alors, les réactions des parents ne font
que provoquer des
résistances rageuses ; disqualification grincheuse
diffuse : «
Encore fourré sur
ton ordinateur ? Qu'est-ce que ça t'apporte,
ces bêtises ? Tu ferais mieux
d'étudier, tes points son
catastrophiques. » ; pire encore,
velléités tout aussi
grincheuses de réduire ( ou de supprimer )
la consommation, suivies
d'affrontements pénibles inconsistants et d'un retour à
la case départ.
Ill. Valentin ( dix-sept ans ) passe quatre heures chaque
soir à l'ordinateur
principalement absorbé par le jeu multiplayers
Counterstrike.
Les parents consultent
pour ce motif et pour sa scolarité pénible. Ils
ont déjà reçu bien des conseils
contradictoires pour gérer sa surconsommation
d'Internet. Je découvre petit à petit un
adolescent plutôt introverti, indépendant,
collaborant à l'idée d'une consultation visant à
son mieux-être, sans difficultés relationnelles
avouées : le samedi et le dimanche, il se
détend avec ses copains ( souvent pour faire d'autres
jeux de société, il est vrai ) En
misant sur l'empathie, en exigeant simplement que les deux
parents soient présents aux
consultations et en partageant mes propres expériences
et mes idées sur Internet et les
jeux – pas négatives par principe – je constate
progressivement que le fond du problème
n'est pas Internet. Valentin a un itinéraire scolaire
des plus compliqués : il fait partie de
cette catégorie d'adolescents intéressés
par l'idée d'avoir un diplôme, soumis au
principe de la fréquentation scolaire tout en en
dénonçant les injustices et absurdités. Il
n'est pas vraiment paresseux, mais n'a aucune méthode,
ne sait pas comment il doit
faire pour retenir certaines matières, ni pour
répondre aux questions trop smart de
certains professeurs qui les prennent déjà
pour des universitaires. C'est à cette difficulté
surtout cognitive que nous nous attelons, dans des
entretiens familiaux où l'on met
progressivement au point un accompagnement patient de
la pesanteur scolaire de
Valentin. Je suis persuadé, ici, de l'authenticité
de ses propos : il ne va sur Internet que
parce qu'il s'ennuie mortellement et qu'il ne sait pas
comment occuper son temps. S'il
gagne en efficacité scolaire, sa consommation peut
se réduire significativement.
§ IV. Que recommander aux parents ?
A. L'essentiel, c'est de s'y prendre de très loin,
quand l'enfant est encore petit
et qu'il reçoit comme cadeau ses premières
consoles de jeu ...
1. Qu'ils réfléchissent à des questions
fondamentales comme : De quel
témoignage de vie sociale l'enfant a-t-il l'occasion
de s'imprégner à la maison ?
Parents disponibles, ou eux-mêmes fatigués et
avachis devant une série TV de
troisième ordre, un verre à la main ?
Quelle place pour de la communication
verbale fluide, autour de tout et de rien ou de thèmes
plus sérieux ? Quels
modèles de prise de plaisir ? Existence ou
non de projets récréatifs, sportifs,
sociaux ... individuels, en sous-groupes ou en
commun ? La réponse à toutes ces
questions devrait conduire si nécessaire à
mettre en place une ambiance
attractive de qualité pour la vie en famille ( autant
pour l'environnement social élargi )
2. Corollairement, les parents peuvent prendre de bonnes
informations, se
sensibiliser au maniement des écrans, s'y
intéresser, au moins un peu, participer
aux découvertes passionnantes que le jeune peut
faire sur Internet ou au plaisir
d'un jeu vidéo excitant. Ils peuvent notamment l'aider
à décoder les sentiments et idées qui
lui passent par
la tête en s'y livrant. Ceci, plutôt que
de rester porteurs d'a priori les poussant
à disqualifier tout ce que le jeune trouve sur son
ordinateur, en le réduisant aux
grands dangers de la violence déchaînée
par les jeux vidéo ou du pédophile prêt à
sodomiser les plus ingénus !
3. Dans une telle ambiance positive, il pourrait s'ouvrir
des moments de dialogue
basés tant sur des expériences et
découvertes ponctuelles faites sur Internet
que sur ses enjeux les plus profonds ( gratuité
ou commerce, libre expression ou
persistance d'un contrôle social, etc. )
( Hayez, 2005 )
Un des thèmes-clé de ce dialogue familial
concerne le contrôle par chacun des
plaisirs qu'il se donne : Qualitativement par exemple,
que penser de la
pornographie ? Et quantitativement, qui commande :
le plaisir dont on devient de
plus en plus esclave, ou soi-même ?
4. Il est important d'aider l'enfant jeune à
acquérir et à maintenir de bonnes
habitudes d'organisation et de contrôle de son
temps : pour ce faire, il faut à la
fois dialoguer, veiller à l'attractivité
de la vie sociale incarnée et l'encourager à
s'y investir et réguler si cela ne suffit pas !
Ceci étant, existe-t-il des règles
incontestables ? A chaque famille de discuter
et de décider la part qu'elle fait aux cyberdistractions
et à d'autres activités de
la vie incarnée. Au minimum, la fréquentation
de l'ordinateur ne devrait pas
mordre sur la scolarité, ni sur la
quantité - variable - de sommeil nécessaire à chaque
enfant, ni sur sa participation à quelques rites
familiaux ( par exemple : repas ; certaines
tâches matérielles )
Enfin, les parents doivent signaler qu'il n'est pas
davantage tolérable de faire
des activités antisociales sur Internet que
dans la vie incarnée. C'est bien les
activités qui sont interdites ( par exemple :
tromper cruellement un autre
Internaute ) et pas les fantasmes ( un bon massacre
sur un jeu vidéo, ça permet
à beaucoup d'évacuer un trop plein
d'agressivité ! )
B. Et si, faute de cette vigilance précoce
ou malgré tout, il s'est installé une
consommation « abondante simple » dont les
parents veulent réduire l'ampleur ?
Supposons en outre que, comme pour la poule et l'œuf,
on puisse raisonnablement
la relier à un problème de vie interne ou
externe qui pèse sur le jeune.
Alors, il faut s'investir simultanément et
énergiquement sur deux fronts, sans
trop rechercher à les lier l'un à l'autre, dans
ce qui serait une perspective
simpliste de causalité linéaire (
5)
1. Remédier le mieux possible aux problèmes de
vie repérés ( Matysiak, 2002 )

-
Mission parfois largement illusoire, par exemple quand le
couple parental ne
s'entend plus du tout, en milieu rural, et qu'il n'a pas
les moyens financiers d'aller
faire vivre l'ado ailleurs une partie de son temps ...
si rien ne peut se mobiliser,
on doit se résigner à admettre que l'ordinateur
constitue une alternative
compensatoire intéressante en plaisirs et en
rencontres sociales, même si celles-ci sont
médiatées. Déjà bien, alors,
si l'on parvient à ce qu'il n'étouffe pas le
principal de la vie scolaire.

-
Et si, comme souvent, « le »
problème c'est justement un vécu plus ou moins
avoué d'aridité et d'incompétence
scolaire ? Il faut sortir de l'ambiance négative
où l'on en fait depuis très longtemps le
reproche au seul jeune, censé être
paresseux et de mauvaise volonté : c'est bien
plus souvent tout le système qui
s'est mis à dysfonctionner lentement et
sûrement, parfois dès la maternelle ! Pas
facile néanmoins de changer l'ambiance car, comme
dans beaucoup de domaines,
les adultes n'aiment pas être mis en question, et
le jeune déteste l'idée d'être
aidé, mais semble incapable de faire bouger les
choses tout seul !
Un certain nombre de manœuvres pourraient
néanmoins être tentées, du plus
radical ( changer d'école, de type
d'enseignement ... ) à de petites mesures
concrètes ( Où étudier ?
Seul ou avec une certaine aide ? Etc.) Ce n'est pas le
but de cet article de les détailler : simplement
le jeune doit-il se rendre compte
qu'il n'est pas face à la nième tentative
vite essoufflée, centrée sur les
moralisations, les reproches, les chantages ou les
promesses, mais que l'on prend
vraiment à bras le corps le problème de son
avenir cognitif. Et dans cette
perspective, son rapport à l'ordinateur ne doit
pas être placé en bouc-émissaire à
abattre vite fait bien fait !
2. Mettre en place un cadre consistant pour l'utilisation du temps
a) Dans un tel contexte, il est rare que l'on obtienne
d'emblée une collaboration significative de l'adolescent. Cela
vaut néanmoins la peine de parler avec lui et de
s'expliquer sur le bien-fondé du projet ( lui
éviter la perte de sa liberté ; lui
procurer du temps libre pour autre chose ) ; et de le
faire sans s'énerver, sans mendier ni se laisser
impressionner par ses grondements ou ses menaces
supplicatives, sans parlementer à l'infini, en mettant un
terme raisonnable à l'échange d'arguments.
A l'intérieur de cette conversation, on doit reconnaître
qu'un usage modéré et
contrôlé de l'ordinateur peut être enrichissant
ou à tout le moins plaisant. On
doit encore éviter d'évoquer des liens causalistes
lourds du type «
C'est pour que
tu travailles mieux à l'école » : il
ne le fera certainement pas sur commande.
b) On se retrouve donc souvent dos au mur, avec la nécessité d'imposer une règle
de temps d'utilisation.
Il faut y croire, et croire que si l'on y met de l'énergie, de
la coopération entre adultes et de la persistance, il y a
beaucoup de chances qu'elle finisse par s'imposer et puis
peut-être, un jour, pour qu'elle soit acceptée de
l'intérieur par l'adolescent (
6)
Mais ça n'a de chance de fonctionner que si existe
coopération et vigilance durables entre adultes. Un logiciel
de contrôle du temps peut donner un coup de
main, si le jeune n'a accès qu'à l'ordinateur sous
contrôle externe. Qui dit règles,
dit également surveillance significative de leur
exécution, sanctions et réévaluations. Il faut
donc qu'il en existe et qu'elles soient mises en oeuvre.
Toutefois, il ne s'agit pas de se montrer persécutif et
sadique. Mieux vaut – de loin ! – que l'adolescent
garde un droit solide à une utilisation raisonnable de son
ordi ( par exemple : 90 minutes les jours
d'école ... 2 à 3 heures les autres jours
pour peu qu'il le souhaite )
Un droit solide ? La suppression de l'ordinateur ne peut-elle
donc jamais fonctionner comme incitant intéressant ? Bof,
c'est une perspective que je ne trouve guère productive. C'est
en tout cas une idée nuisible si elle survient dans
un contexte de menaces parce que l'ado ne résoudrait pas ses
autres problèmes ( par exemple, parce que son travail
scolaire ne s'améliorerait pas ) L'inverse
n'est pas vrai : un supplément d'ordi peut venir
sanctionner positivement un meilleur travail presté, mais
comme une bonne surprise occasionnelle après coup,
pas comme la carotte au bout du bâton.
La suppression d'ordi, pour des durées à la fois
significatives et non-sadiques,
peut néanmoins être envisagée dans deux types
de circonstances, et pour peu
que l'on ait un contrôle effectif dessus :
- Si l'ado triche effrontément et durablement avec les
règles qui lui sont imposées
- A titre de punition, s'il a commis une faute grave
non-spécifique, qui n'a rien à
voir avec les problèmes de base pour lesquels l'ordinateur
a été une compensation
jusqu'à présent ! ( par exemple un vol, une
transgression sexuelle inacceptable, etc. Hayez, 2004 )
ILL Vivant en foyer monoparental et peu autoritaire par nature, un
père met en internat scolaire son fils de treize ans quasi
accro au jeu vidéo
The world of
Warcraft, parce qu'il finit par reconnaître n'avoir aucun
autre moyen de contrôle réaliste dessus. Le week-end, il
instaure la règle « quatre heures
d'ordi maximum par jour », et avec beaucoup de soutien de
ma part, il lui faut passer par des affrontements et grondements des
plus houleux pour la faire respecter, d'abord via des mois de
contrôle externe éprouvant, avant que
l'adolescent n'accepte de l'intérieur
l'inéluctabilité de cette disposition
d'autorité parentale et un mode vie plus
équilibré.
Sur mon conseil, le père n'a cependant jamais exercé
de « chantage à l'ordinateur »
( menace de réduction du temps-week-end ... si par
exemple les résultats scolaires s'étaient
avérés mauvais ) Il a géré la
question scolaire par du dialogue, du soutien et parfois des
sanctions positives et négatives, mais qui
ne touchaient pas au droit à utiliser l'ordinateur de
façon stable. Il a évité de
la sorte la montée d'un sentiment de persécution face
à ce qui aurait été vécu
comme pur arbitraire des adultes.
C. Et s'il semble ne pas exister de problèmes
externes ou internes qui ont
précipité la gourmandise du jeune ? Le cadre
temporel fort qui vient d'être
évoqué garde tout son sens. Et si le jeune
s'ennuie aux moments où il n'est pas
face à ses écrans favoris ? Et s'il essaie
d'abord de le faire payer par une bonne
dose de mauvaise humeur protestataire ? Aux parents
à faire preuve de
patience, de ténacité et d'inventivité. C'est
en bonne partie tout seul que le jeune
doit résoudre les problèmes d'occupation
de son temps. En partie aussi, mine de
rien, sans lourdeur, sans prosélytisme, il peut
être (ré)invité à participer
à des
activités socio-familiales, non pas « pour
son bien », mais parce qu'elles peuvent
procurer à tous leurs utilisateurs du plaisir ou
un sentiment d'utilité sociale.
D. Quant aux vrais dépendants,
ils relèvent d'approches spécialisées dont le
contenu dépasse les limites de cet article ; leur
problème est très comparable à
celui de toutes les autres addictions, la dépendance
physique en moins.
Rien ne se
passera vraiment avant qu'une partie majoritaire
d'eux-mêmes – la plus vivante, la
plus lucide – admette qu'il y a problème et que
c'est dans leurs motivations et
leur courage à venir que se trouve le principal de la
solution.
Pour obtenir et surtout maintenir cette adhésion
de l'intérieur, il faudra surtout
les réhabituer à faire appel à
l'introspection et à la pensée personnelle,
plutôt
qu'à s'étourdir dans des actions sans fin
sur Internet ( Véléa, 2000 ) . Dialoguer,
échanger des idées sur les projets de vie,
sans faire pression sur leur liberté de
choix. Les mettre en présence d'autres types
d'investissements susceptibles
d'être plaisants. Soulager leurs éventuels
problèmes.
Il y aura besoin aussi de l'engagement de leur famille
à leurs côtés, pour veiller
sur eux, les soutenir et se rendre attractive. Dans
certains cas, des mesures
très énergiques sont indispensables : nous
connaissons l'une ou l'autre famille où
tous les ordinateurs de la maison ont été
supprimés, à l'instar des bouteilles
d'alcool chez les alcooliques.
Ailleurs, on a encore pu admettre une certaine
fréquentation de l'ordinateur,
dans une mesure que le jeune vivait déjà
comme une victoire sur l'esclavage du
plaisir ; mais pas question de faire exactement les
mêmes choses qu'avant -
«
The world of Warcraft », pour lui,
c'est bien fini ! – ni non plus de rester tout
seul, bien perdu dans sa chambre : ce que nous voulons
dire, en tout cas, c'est
qu'il est très rarement possible d'amener
le jeune à s'en sortir tout seul, sans
engagement solidaire conséquent de son entourage.
En Europe francophone, nous n'avons certainement pas assez
de thérapeutes qui
se sont formés à la prise en charge de ces
problématiques. Nous restons par
ailleurs très perplexes devant certaines pratiques
Nord-américaines qui soignent
l'
Internet addiction disorder via des thérapies
on-line. De l'homéopathie made in
USA, en quelque sorte.
Hayez J.-Y.,
La sexualité des enfants, Paris :
Odile Jacob, 2004.
Hayez J.-Y., Les jeunes, Internet et la société civile,
Acta Psychiatr Belg 2005, 10-53 ; 14-19.
Hayez J.-Y.,
La destructivité chez l'enfant et chez
l'adolescent, Paris : Dunod, 2007.
Le Diberder A., Le Diberder F.,
L'Univers des jeux vidéo,
Paris : La Découverte, 1998.
Matysiak J.-C.,
Tu ne seras pas accro, mon fils, Paris : Albin
Michel, 2002.
Matysiak J.-C., Valleur M.,
Sexe, passion et jeux vidéo,
Paris : Flammarion, 2003.
Simon V. La pratique addictive des jeux vidéo, mémoire de DEA en
psychopathologie, université du Mirail, Toulouse, 1999.
Tisseron S.,
Virtuel, mon amour, Paris : Albin Michel,
2008.
Cyberaddiction, cyberdépendance, dépendance à
Internet, dépendance à
l'ordinateur, addiction à internet, internet, médias,
multimédias, jeux vidéos,
jeux électroniques, messageries instantanées,
cybersexe, cyberespace, forums et sexualité, identité
et Internet, pornographie, sites de rencontre.
1. Psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie,
professeur
émérite à la Faculté de Médecine
de l'Université Catholique de Louvain.
Courriel :
jyhayez@uclouvain.be.
Site Web :
http://www.jeanyveshayez.net/
2. Pour simplifier, je parlerai indifféremment du
rapport à Internet ou au Net ou à l'ordinateur pour
désigner tous les comportements dirigés vers
les applications d'Internet stricto sensu, les jeux vidéo
en dehors d'Internet et l'ordinateur en général.
3. Et c'est bien plus souvent à l'âge adulte, chez
les isolés ou ceux qui se sentent seuls que
s'installent les solides dépendances ( aux sites
de rencontres plus ou moins coquins, au sexe, au jeu
de casino, aux achats en ligne ... )
4. Toutefois, ce critère « temps »
est un indicateur à manier avec prudence. Certaines vraies
dépendances, par exemple à telle ou telle pratique
sexuelle, ne demandent pas toujours beaucoup de
temps ... mais elles sont très
répétitives et privilégiées
dans le psychisme du jeune.
5. Il n'est d'ailleurs pas toujours indispensable d'associer
verbalement, explicitement et lourdement le
jeune au projet ( « On va mettre tout le paquet
pour bien t'aider » ) Formulées ainsi, les
intentions préalables des adultes risquent trop de susciter
sa méfiance ( « Bah, c'est quand-même
pour me prendre mon plaisir » )
6. C'est le cas pour la grande majorité des adolescents
« normaux » Je ne parlerai pas ici des
adolescents très perturbés, caractériels,
borderline ou psychopathiques, qui fonctionnent dans
l'ensemble de leur vie sur le mode de la toute-puissance ;
Adolescents-rois, que l'on n'aurait jamais dû
laisser aller jusqu'où ils sont arrivés ; Chez
eux, la toute-puissance face à l'ordinateur n'est qu'un
symptôme parmi bien d'autres ( Hayez, 2007 )
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
Résumé en français.
L'article discute des occupations de l'ordinateur faites par les
jeunes et estimées excessives par l'entourage.
C'est bien plus souvent à une « consommation
abondante simple » que l'on a à faire, davantage
qu'à une vraie dépendance ou à une passion.
L'auteur passe en revue les mécanismes psychosociaux de
mise en place de ces conduites et les critères
spécifiques à chacune d'elles. Enfin, il décrit
comment les adultes éducateurs et soignants peuvent prendre
leurs responsabilités pour contribuer à un usage sain
des multimédias chez les jeunes.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
Cybergreedy, no more, or cyberaddict ? When teens
waste their time in using computer
Résumé en anglais : Summary.
This paper is about the computer use by teenagers, often estimated
abusive by their family circle. In most cases, it is a
« simple abundant use » more than a true
addiction or a passion. The author describes the psychosocial
mechanisms of such behaviours and the characteristics of each
one. Finally, he describes how the adults, parents and therapists
can face up their responsibilities to contribute towards a safe
use of multimedia in young people.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
-->
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
Création le 01 août 2008.
Dernière mise à jour
le dimanche 13 juin 2010.
DS.ds
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Bravo de m'avoir trouvé
Félicitations
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.

... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480
mais est encore correcte avec les écrans
plus grands 1600x1200 ou autres.
Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur
Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son
infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.

... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480 mais est
encore correcte avec les écrans plus grands 1600x1200 ou autres.
Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur
Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son
infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Résumé - Abstract
.
ici
Mots clés.
ici
Bibliographie.
ici
Notes.
ici
Télécharger.
ici
Résumé en français : Résumé.
ici
Résumé en anglais : Summary.
ici
Résumé en français : Résumé.
ici
Résumé en anglais : Summary.
ici
Résumé en néerlandais : Samenvatting.
ici
Résumé en espagnol : resumen.
ici
.
.
Note 1.
(1) Psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie, professeur
émérite à la Faculté de Médecine
de l'Université Catholique de Louvain.
Courriel :
jyhayez@uclouvain.be.
Site Web :
http://www.jeanyveshayez.net/
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 2.
(2) Pour simplifier, je parlerai indifféremment du
rapport à Internet ou au Net ou à l'ordinateur pour
désigner tous les comportements dirigés vers
les applications d'Internet stricto sensu, les jeux vidéo
en dehors d'Internet et l'ordinateur en général.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 3.
(3) Et c'est bien plus souvent à l'âge adulte, chez
les isolés ou ceux qui se sentent seuls que
s'installent les solides dépendances ( aux sites
de rencontres plus ou moins coquins, au sexe, au jeu
de casino, aux achats en ligne ... )
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 4.
(4) Toutefois, ce critère « temps »
est un indicateur à manier avec prudence. Certaines vraies
dépendances, par exemple à telle ou telle pratique
sexuelle, ne demandent pas toujours beaucoup de
temps ... mais elles sont très
répétitives et privilégiées
dans le psychisme du jeune.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 5.
(5) Il n'est d'ailleurs pas toujours indispensable d'associer
verbalement, explicitement et lourdement le
jeune au projet ( « On va mettre tout le paquet
pour bien t'aider » ) Formulées ainsi, les
intentions préalables des adultes risquent trop de susciter
sa méfiance ( « Bah, c'est quand-même
pour me prendre mon plaisir » )
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 6.
(6) C'est le cas pour la grande majorité des adolescents
« normaux » Je ne parlerai pas ici des
adolescents très perturbés, caractériels,
borderline ou psychopathiques, qui fonctionnent dans
l'ensemble de leur vie sur le mode de la toute-puissance ;
Adolescents-rois, que l'on n'aurait jamais dû
laisser aller jusqu'où ils sont arrivés ; Chez
eux, la toute-puissance face à l'ordinateur n'est qu'un
symptôme parmi bien d'autres ( Hayez, 2007 )
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
Hayez J.-Y.,
La sexualité des enfants, Paris :
Odile Jacob, 2004.
Hayez J.-Y., Les jeunes, Internet et la société civile,
Acta Psychiatr Belg 2005, 10-53 ; 14-19.
Hayez J.-Y.,
La destructivité chez l'enfant et chez
l'adolescent, Paris : Dunod, 2007.
Le Diberder A., Le Diberder F.,
L'Univers des jeux vidéo,
Paris : La Découverte, 1998.
Matysiak J.-C.,
Tu ne seras pas accro, mon fils, Paris : Albin
Michel, 2002.
Matysiak J.-C., Valleur M.,
Sexe, passion et jeux vidéo,
Paris : Flammarion, 2003.
Simon V. La pratique addictive des jeux vidéo, mémoire de DEA en
psychopathologie, université du Mirail, Toulouse, 1999.
Tisseron S.,
Virtuel, mon amour, Paris : Albin Michel,
2008.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
Pour télécharger ce site ...
|
Cybergourmandise ou cyberaddiction ? Quand l'ado se
visse à son ordinateur . . .
|
... en format
traitement de texte vous avez les choix suivants :
liste des mots-clés du site au 28 septembre 2005.
abus sexuel,
accompagnement éducatif,
adolescents abuseurs,
adolescents,
allégation d'abus sexuel,
angoisse de séparation,
angoisse,
anxiété,
assuétude,
autorité parentale,
beaux-parents,
besoins psychiques des enfants,
bizarrerie sexuelle infantile,
cadre thérapeutique,
confidences,
confidentialité,
conformisme,
culpabilité,
debriefing collectif,
délinquance,
dépendance,
dépression,
destructivité,
deuil compliqué,
deuil pathologique,
éducation sexuelle,
enfant abuseur,
enfants,
énuresie,
éthique,
équipes SOS-Enfants,
famille,
famille reconstituée,
Familles restructurées,
guerre,
identité,
infanto-juvénile,
intervention de crise,
Jean-Yves Hayez,
jeux sexuels,
livres,
mendiants,
mort,
mort d'un proche,
mots-clés,
pédopsychiatrie,
perversion sexuelle infantile,
perversion sexuelle,
peur,
pornographie,
protection,
psychiatrie de liaison,
psychothérapie,
publications,
relation de soin,
réparations,
réseau de santé,
sanctions,
secrets de famille,
séparation parentale,
sexualité infantile,
sexualité normale,
signalement,
soins pluridisciplinaires,
stress,
SOS-enfants,
suggestibilité,
syndrome de stress post-traumatique,
traumatisme psychique,
trouble de l'endormissement,
trouble du comportement,
trouble psychique,
urgences,
violence,
vulnerabilité.