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Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez
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Enfants et famille
sans papier ;
considérations générales.
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" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va
et d'employer l'esprit à le justifier."
Jean Guéhenno.
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Enfants et familles sans papier ; considérations générales.
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Mon identité de psychiatre d'enfants et d'adolescents
m'amène à m'occuper centralement de mineurs
d'âge. C'est d'eux dont je vais parler ; lorsqu'ils
sont sans papier. N'en déduisez néanmoins pas que je
considère leur sort plus digne d'intérêt que
celui des adultes sans papier : il ne saurait y avoir de prise
de position éthique ni de justice sociale à deux
vitesses, en fonction de l'âge des personnes
concernées.
Dans ce texte, je recours à la qualification " sans
papiers " parce qu'elle est très parlante même si elle
n'est pas strictement exacte sur le plan administratif à
chaque étape du processus. Il désigne les mineurs
d'âge ou/et leurs familles, fuyant la pauvreté ou/et
la persécution dans leur propre pays et émigrant chez
nous avec au mieux l'espoir d'y être officiellement
accueillis et pire celui de gagner du temps et d'y survivre
vaille que vaille dans l'illégalité pour une
période indéterminable. On sait ce qu'il en
advient : un petit nombre finit par être
régularisé, le plus souvent au terme d'un parcours
du combattant très éprouvant. Beaucoup se trouvent
en période d'attente longue et incertaine de cette
hypothétique régularisation, dans des centres
ouverts ou ailleurs ; d'autres nombreux aussi vivent dans
l'illégalité au vu et su de la communautéé,
espéérant que lé'éépée de Damoclès de
l'obligation de quitter le territoire ne leur tombera pas trop
vite dessus ; d'autres - encore nombreux - vivent
céachés dans la clandestéinité : quelques-uns
sont éparqués dans les centreés fermés,é
capturés dèès leur tentativée d'entrée en Belgique
ou au terme de leur claéndestinité, sur base de
critèères qui, vus de loin, ont l'aéir bien
aléatoires puisqu'il s'agit fondamentalemeént d'une
opération de marketing pour rassurer l'opinion publique sur la
vigilance éet la fermeté du gouvernement ; beaucoup
enfin finissent paér êêtre expulsés, dans un contexte
de pseudo-soumission ou de violence, individuellement ou
collectivement.
Pour décrire ces enfants sans papiers, je distinguerai
schématiquement quatre situations :
I. les familles en attente d'une hypothétique
régularisation de leur statut.
II. les familles vivant dans l'illégalité voire la
clandestinité,
III. les familles parquées en centres fermés,
IV. les mineurs d'âge non accompagnés.
I. LES FAMILLES EN ATTENTE D'UNE HYPOTHETIQUE
REGULARISATION DE LEUR STATUT.
1. Bien avant la sortie " définitive " de leur pays
d'origine, les enfants de ces familles vivent très souvent
dans des conditions matérielles et humaines
éprouvantes :
* Pauvreté ; manque d'une partie des
approvisionnements matériels et spirituels
nécessaires à une bonne croissance ;
indisponibilité relative des parents, pris dans le struggle
for live, et obligation faite aux enfants de participer aux
processus de survie, etc ...
* Ou/et persécution plus ou moins intensive de la
famille : l'enfant est à tout moment le témoin
impuissant des humiliations faites à ses parents voire des
agressions qu'ils subissent : il " participe " à
l'ambiance d'insécurité parfois violente dans
lesquelles baigne sa famille.
S'ensuit, un jour, le départ du pays parfois sous forme de
fuite avec obligation de se cacher ; une arrivée rapide
dans la " terre d'asile " est loin d'être la
règle : plus souvent, il y a errance d'un pays
à l'autre et voyages dans des conditions parfois dantesques.
L'insécurité vécue par tous et
particulièrement par les enfants monte donc de quelques
crans : néanmoins, au fur et à mesure, qu'ils
grandissent, ces derniers apprennent souvent à n'en trop
rien montrer : nous y reviendrons bientôt.
A l'occasion du grand départ, ces enfants vivent un premier
et cruel déracinement : perte de leurs amis, de visages
familiers, de leur famille élargie ... ; perte des
objets et du territoire spatial auquel ils étaient
attachés ... perte de leur culture ... toutes pertes parfois
inattendues et brutales, et souvent sans l'espoir de
retrouvailles : matériellement parlant, tout s'efface
brutalement et définitivement.
2. Hélas, ce contexte relationnel défavorable ne
disparaît pas totalement, loin de là, avec
l'entrée de ces familles sur notre sol national.
Alors qu'une société riche et cultivée comme
la nôtre devrait veiller activement à redonner la
plénitude de leurs droits à ces enfants ( ... et
à leurs parents ), on constate que cette attitude d'accueil
et de justice désintéressés n'est le fait que
de minorité. Les pouvoirs on place eux, sont des plus
frileux et la majorité de la communauté fait la
politique de l'autruche. Et donc, ces déracinés
continuent à vivre des expériences matérielles
ou psychologiques négatives ; analogues ou identiques
à ce qu'ils vivaient dans leurs pays d'origine.
* Les familles sans papier ne reçoivent pas les marques de
respect destinées aux êtres que l'on estime, elles
passent souvent pour qualité négligeable,
enlisées dans l'inertie d'une bureaucratie dont on se garde
de leur expliquer les subtilités ... quand elles ne sont pas
directement l'objet de vexations et d'humiliations.
Ces attitudes qui pèsent sur les parents rejaillissent sur
les enfants et sont à l'origine de tenaces sentiments
d'infériorité. Elles empêchent ainsi que
naisse ou se développe le désir de s'intégrer
dans une société " d'accueil ", vécue comme si
malveillante : il s'ensuit notamment des difficultés
scolaires ( p. ex : des difficultés d'apprendre et de
manier la langue du pays réceptionnaire ). D'autres
accumulent en eux une base d'abord bien rentrée, mais qui
s'extériorisera plus tard dans la vie lors de
l'adolescence.
* Les familles sans papiers en attente de régularisation,
continuent à vivre dans l'insécurité :
de quoi sera fait l'avenir ? Accueillis ou
expulsés ? Comment se débrouiller
matériellement, même petitement ? Celui qui nous
parle, est-ce un vrai allié ou cherche-t-il à nous
tromper, etc. Cette insécurité vécue par les
familles rejaillit aussi sur les enfants : ceux-ci s'en
retrouvent davantage sur le qui-vive, moins détendus,
moins créatifs, moins fantaisistes que la moyenne des
enfants de leur âge. Pire encore, ils continuent à ne
pas se donner le droit de manifester leurs propres pensées,
images et questions angoissées et de communiquer à ce
sujet avec leurs parents. Ils essaient souvent, comme ils le
peuvent, d'épargner de nouveaux soucis à ceux-ci et
de se montrer solidaires avec les besoins de survie de la famille
( enfants " parentifiés " ).
Retenir et soi l'angoisse n'est néanmoins pas un
procédé très protecteur de la santé
mentale ( par ex. : décomposition psychologique
à moyen terme ; à plus court terme,
difficultés de concentration et instabilité,
etc ...
* Les familles continuent à vivre dans des conditions
matérielles précaires ; les nombreux soucis qui
assaillent les parents et les nécessités
économiques qui les accaparent, entraînent qu'ils
sont émotionnellement moins sereins et moins disponibles
pour l'éducation que la moyenne des parents. Les enfants
ont moins d'occasion de faire des expériences de vie
diversifiées ; les besoins d'intimité ne sont
pas non plus toujours bien rencontrés ( par ex. : vie
en centre collectif ouvert ).
Les conséquences sur l'épanouissement des
potentialités positives de l'enfant ne sont pas
spécifiques : on les retrouve chez tous les enfants
des familles pauvres, elles tournent autour du manque relatif de
stimulation du langage et d'autres schémas cognitifs, du
manque d'occasions expérientielles proposées aux
enfants, et des agressions répétées de leur
territoire interne par de nombreux stress ( promiscuité,
tensions, ...) qui empêchent d'élaborer sereinement
leur projet de vie.
* Enfin, déjà dans cette première
catégorie de situations de " simple " attente, l'enfant fait
l'expérience que les lois et les règles qui
régissent la vie en société n'ont pas la
même juste sollicitude pour tout le monde.
Théoriquement, les droits de l'homme sont universels et
doivent être universellement protégés par ces
lois et ces règles, au service de chacun ( qui
reçoit une attention juste et égale aux autres ) et
du groupe ( dont la convivialité est garantie).
Ici pourtant, en vivant avec ses parents le destin si
aléatoire de sa famille et en observant les interactions
de la société " d'accueil " avec elle, l'enfant fait
surtout l'expérience de l'arbitraire et de la
toute-puissance de certains et majoritairement des pouvoirs
officiels en place.
Que lui importe, à lui, le cynique adage : " On ne
peut pas soigner toute la misère du monde " s'il vit au
quotidien que sa famille est traitée d'une manière
radicalement différente de celle de ses condisciples ou
camarades de rue !
Face à cette expérience de l'arbitraire, certains
enfants s'étiolent et s'écrasent, et se soumettent
de l'intérieur : les voici partis pour assumer des
rôles sociaux passifs, d'assistés ou
d'exécutants sans créativité ; ils
croient de moins en moins en la valeur de leurs droits, en la
force de leurs paroles, en l'intérêt pour eux et
pour les autres de leurs idées et compétences les
plus originales. Tout au plus risquent-ils par-ci par-là
un petit message, une petite arnaque, pour échapper aux
frustrations les plus criantes ... Rien à côté
du professionnalisme de la KBLux, et pourtant s'ils sont pris sur
le fait, on en profitera pour discriminer tous les
étrangers " tous menteurs et filous ".
D'autres bien moins nombreux, développent une
agressivité à l'instar de l'arbitraire qu'on leur
destine ; agressivité qui se manifeste surtout
à l'entrée de l'adolescence via des comportements
de transgression et de délinquance. S'ils sont pris sur
le fait, eux aussi, nous nous garderons bien de mettre en question
notre responsabilité dans la genèse de leurs
comportements ...
II. ET SI UNE FAMILLE SANS PAPIERS, DONT LA REGULARISATION
A ETE REFUSEE, VIT DANS
L'ILLEGALITE VOIRE LA CLANDESTINITE ?
Les facteurs que nous venons d'évoquer à propos
des familles " simplement en attente " continuent à
opérer avec davantage d'intensité l'expérience
de l'humiliation, de l'insécurité, de la
précarité et de l'arbitraire social.
* Comme leurs parents n'ont plus de moyens officiels d'assurer
leur subsistance matérielle, c'est le plus souvent la
nécessité et le règne de la débrouille
et du travail en noir. Les conditions pénibles de celui-ci
et l'irrégularité des rentrées
financières accroissent encore l'insécurité et
l'indisponibilité des parents. C'est ici par exemple que
l'on voit de tout petits enfants accompagner leur maman mendiante
sans guère de stimulation au fur et à mesure que
passe la journée : couchés sur quelques
chiffons sur le pas de la porte de nos grands magasins, ou
somnolant dans le giron de leur mère, ils peuvent
s'imprégner à longueur de temps de combien ils sont
quantité négligeable, des comportements de
quémande de leur mère, et des rebuffades qu'elle
subit, ou de la pitié de quelques-uns comme signes les
plus répétitifs des rapports sociaux qui leur sont
destinés.
D'autres enfants, plus grands, participent directement à
l'activité de mendicité :
réfléchit-on assez aux dégâts
psychiques qui s'ensuivent ? Comment un enfant peut-il vivre
ce fait de devoir tendre la main et d'avoir à apitoyer pour
survivre ? Comment peut-il garder confiance en la richesse
humaine qui est en lui ? Comment peut-il continuer à
se sentir l'égal des autres ? N'est-il pas
inévitable que s'accumule en lui une charge de honte et
d'infériorité, ou - au mieux - de haine
rentrée et de désir de tromper ?
* La famille, ici concernée, témoigne au quotidien de
sa capacité de transgresser les lois au moins dans certains
domaines. Il reste rare qu'elle devienne franchement et gravement
délinquante, mais pour les petites choses de la vie, elle se
doit de tromper l'Etat pour survivre dans l'incertitude et la
précarité.
* Quelle leçon de vie en tirent les enfants ?
S'identifient-ils à cette dimension de fonctionnement de
leurs parents ? En acquièrent- ils eux aussi un style
de vie roublard et peu fiable ? Mais si c'est imité
à une partie de leurs rapports humains, face aux forts et
aux nantis, est-ce négatif ou est-ce une preuve de leur
résilience ? Ne pas se laisser abattre par
l'arbitraire, n'est-ce pas ici un signe de bonne santé
mentale ? Oui, peut-être ... mais apprennent-ils
à faire la part des choses ? Et plus fondamentalement,
n'est-ce pas dommage de devoir construire une partie des rapports
sociaux sur la force et la ruse, plutôt que de partager dans
la justice et l'authenticité ?
* En principe, et même dans ce contexte
d'illégalité, l'Etat belge, qui ne manque pas de
paradoxes, voudrait maintenir et garantir un accès des
personnes concernées à des équipements
sociaux " basiques " : droit à l'éducation,
à la médecine préventive ( ONE ) ou aux
soins ... en constituent ici les principaux.
En ce qui concerne le droit maintenu pour les mineurs à
l'éducation scolaire, il faut être conscient que, si
un certain nombre de parents en font usage, portés par le
désir de donner le meilleur à leurs enfants, ce n'est
jamais sans avoir le coeur chargé d'angoisse ... en effet,
quelles que soient les promesses faites par les autorités
compétentes dans ce champ social de l'éducation,
l'accueil sur place des enfants, école par école,
reste inégal et surtout, les conflits de compétence
étant ce qu'ils sont, il arrive encore de loin en loin, que
des gendarmes viennent retirer sauvagement d'une école un
enfant ou un adolescent, même s'il y était
intégré depuis 3, 4 ans ... Même si de tels
faits deviennent rares, ils existent encore et constituent des
symboles et des raisons pour que les familles - et leurs enfants -
doutent profondément de notre vraie justice sociale.
III. ET LES FAMILLES PARQUEES EN CENTRE FERMES ?
Cette éventualité,la plus lourde et la plus
inacceptable, concerne régulièrement des
enfants : ils sont parfois très jeunes, aux
côtés d'une maman seule ; parfois c'est une
famille complète : la durée de leur
séjour est variable, mais a déjà atteint
plusieurs mois.
Jusqu'en août 1999, ces enfants étaient
abandonnés à leur sort sans sollicitation
particulière, avec un bout de terrain vague entouré
de barbelés pour taper la balle et en prime, un avion qui
décolle toutes les soixante secondes à leurs
oreilles. Après, sous la pression des organismes de lutte
pour les droits de l'homme et de l'opinion publique, leur sort
matériel s'est amélioré : quelques
jouets, de l'instruction ... jusqu'à des invitations par les
autorités communautaires pour qu'ils puissent
bénéficier d'un enseignement à
l'extérieur du centre.
Que l'on n'en retrouve néanmoins pas trop vite la douce
certitude du devoir positif accompli ! En effet, ces mesures
sociales d'amélioration de leur vie quotidienne comportent
le grand risque d'assoupir les consciences, comme si le
nécessaire avait été fait ! Comme si,
maintenant, on avait le droit de se soumettre à ce qui est
scandale de l'enfermement d'innocents enfants et adultes, sans
décision ni contrôle judiciaire, pour seul
délit la couleur de peau ! A quoi sert d'avoir mis sur
pied tant de nobles structures, de délégués
généraux aux droits de l'enfant jusqu'aux juges de
la Jeunesse, à quoi sert d'avoir
délégué au pouvoir des partis qui se disent
progressistes s'ils disent ne savoir rien faire pour empêcher
cette atteinte aux droits de l'homme ? Ce n'est en tout cas
pas à partir de mesures qu'ils prennent pour
améliorer le quotidien des familles
enfermées qu'ils doivent regagner le plus profond de notre
accord et de notre estime.
* Dans ces centres fermés, inévitablement le stress,
la révolte d'adultes désespérés et qui
n'ont plus rien à perdre, les germes de violence sont bien
plus élevés que partout ailleurs tout comme l'est
aussi la marque de territoire personnel de vie et
d'intimité.
Et donc le vécu d'insécurité des enfants est
bien plus élevé, lui aussi ; n'y sont-ils pas
régulièrement exposés, par exemple, à
des expériences effrayantes comme : mutinerie, bagarres
physiques, violences sexuelles, désespoirs bruyants des
parents ... Expériences effrayantes
génératrices de syndrome de stress post-traumatique
qui peuvent être intenses et de longue durée.
* Mais surtout, l'expérience de l'injustice et de la
toute-puissance arbitraire de l'Etat atteint ici son paroxysme.
L'enfant doit assimiler l'incompréhensible,
c'est-à-dire le fait qu'il est mis en prison, lui et ses
parents, sans avoir rien fait de mal : à cela s'ajoute
que les critères et les procédures de sortie sont
aussi illogiques que ceux d'entrée. Pas de chance à
l'entrée et pour la sortie, c'est aussi bien la roulette
russe !
Comment n'en résulterait-il pas un sentiment
d'infériorité et un désespoir radicaux ?
Avoir cinq ans et vivre en prison, sans indication de durée,
sans que papa et maman puissent expliquer ou faire quelque
chose ... devoir réintégrer la prison après
quelques heures de classe " offertes par la communauté
française " ... passer indéfiniment du chaud au
froid, sans mot possible pour donner un sens ...
Comment n'en résulterait-il pas d'importants troubles de
l'image et de l'estime de soi ... et un doute sur la valeur des
parents et de la famille ? " Qui suis-je ? Qu'ai-je fait
de mal pour mériter cela ? Où sont mes fautes et
celles de mes parents ? ".
Comment n'en résulterait-il pas une appréciation
erronée et pessimiste sur ce qui est permis et
défendu et, plus radicalement, sur ce qui est Bien et
Mal ... jusqu'à se sentir coupable de porter son nom,
d'avoir son histoire et la couleur de sa peau !
IV. ET LES MINEURS NON ACCOMPAGNES ?
J'évoquerai seulement les mineurs entrés en terre
belge avant l'âge de seize ans (3). Comme pour tous les
sans-papiers, il est rare qu'ils y arrivent en dehors d'une
histoire de vie éprouvante : familles
éclatées, morts violentes, persécution subie
par leurs parents, ... ou " au mieux ", misère, ...
Face à quoi d'emblée ou progressivement, ils font
preuve de cette qualité d'être chevillée au
cours d'une partie des situations que les psychologues viennent de
redécouvrir, et que l'on appelle la résilience.
Résilience : capacité à rester debout
sur les cadres de l'adversité et même, à
puiser en elles l'énergie nécessaire à une
vie psychique ( et peut-être même physique
vigoureuse ). Capacité à se débrouiller seul,
à ne pas avoir besoin de l'aide des autres dans des
environnements indifférents et hostiles.
Peut-on se réjouir de l'existence et de la vigueur de la
résilience de certains ? Oui, sans doute, et même
l'admirer, mais seulement jusqu'à un certain point, car il
y a un prix à payer : l'enfant résiliant, qui
a vécu et continue à vivre dans un environnement dur,
apprend à se méfier, à ne plus faire part de
ses idées et de ses sentiments, à ne plus
s'abandonner dans un lien intime. Il apprend à esquiver,
à tromper son monde. Il est perpétuellement sur le
qui-vive, ne sait plus se récréer, ne se reposer ...
Il retrouve en lui quelque chose de l'animal sauvage et devient
hypervigilant dans un monde hostile.
Mieux vaudrait donc que, tout en saluant au passage la force
intérieure et la capacité d'autonomie de cet enfant
résiliant, on lui offre à nouveau un environnement
amical et accueillant qui lui donne la possibilité de se
laisser aller parfois, de partager et de recevoir présence,
aide et amitié (4).
Est-ce bien ainsi que nous fonctionnons à propos des mineurs
non accompagnés ? Constituons- nous vraiment cette
terre d'accueil sur laquelle ils pourraient enfin se reposer
?
Jusqu'il y a peu, à leur arrivée, ils ne faisaient
l'objet d'aucune considération spéciale à
l'office des étrangers ... Aujourd'hui, la ligue des droits
de l'homme, le délégué général
aux droits de l'enfant, certains mandataires politiques
s'émeuvent à leur sujet, et il circule des projets
de loi qui garantissent mieux leur dignité et la protection
de leurs droits ... pendant qu'ils conservent le statut de
mineurs. Mais seront- ils votés un jour ?
Les autorités fédérales, en concertation avec
des communautés, ont l'air de commencer enfin à
réaliser qu'il est particulièrement scandaleux de
les parquer en centres fermés, et l'on parle
d'aménager à leur intention l'un ou l'autre centre
ouvert (5) spécifique.
Très bien. Ou, plus exactement, c'est mieux que
rien !
Il est néanmoins injustifié de se donner bonne
conscience, une fois encore si ces mesures s'arrêtent
à la fin de la majorité. Comme il est illusoire
d'imaginer que l'on ramènera la paix intérieure et
la confiance en l'être humain dans le psychisme de ces
mineurs, s'ils savent que d'éventuelles mesures " davantage
humaines " ne constituent qu'un sursis ... et que, juste
après la majorité, ce sera le retour dans leur pays
d'origine s'ils ne correspondent pas aux conditions les plus
restrictives de la convention de Genève.
Ne serait-il pas éthique alors de prendre, radicalement, en
considération les grands sacrifices qu'ils ont faits en se
coupant de leur famille et de leur culture d'origine ? Sur
cette base, pour cause de courage, ne serait-il plus humain de
leur accorder l'aide et de leur rendre de la sorte confiance dans
l'accueil de l'homme par l'homme ?
Création le 12 mars 2004.
Dernière mise à jour
le dimanche 12 octobre 2008
Issu du site l'Observatoire citoyen
DS.ds
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Bravo de m'avoir trouvé
Félicitations
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480
mais est encore correcte avec les écrans
plus grands 1600x1200 ou autres.
Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur
Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son
infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
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je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
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le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
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Vérification d'accessibilité
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Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur
Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son
infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez
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je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Enfants et familles sans papier ; considérations
générales.
|
I. Les familles en attente d'une hypothétique
régularisation de leur statut.
II. Et si une famille sans papiers, dont la régularisation
a été refusée, vit dans
l'illégalité voire la clandestinité ?
III. Et les familles parquées en centre fermés ?
IV. Et les mineurs non accompagnés ?
Pour télécharger ce site ...
|
Enfants et familles sans papier ; considérations générales.
|
... en format
traitement de texte , vous avez les choix suivants :
Format word 9.0 pour imprimante couleur ( 08.05.2008 ).
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
liste des mots-clés du site au 28 septembre 2005.
abus sexuel,
accompagnement éducatif,
adolescents abuseurs,
adolescents,
allégation d'abus sexuel,
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Jean-Yves Hayez,
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violence,
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