Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez

Marie Aréna

persiste

et signe :

« Premier arrivé, premier servi »
* biographie, recueil de publications scientifiques et articles de presse du professeur Jean-Yves Hayez.
   cochez nouveautés pour voir les textes les plus récents
" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va
et d'employer l'esprit à le justifier." Jean Guéhenno.
Jean-Yves Hayez
a le plaisir de vous proposer


Marie Aréna persiste et signe :
« Premier arrivé, premier servi »



J.-Y. HAYEZ  (1).

Article paru dans la Libre Belgique Débats ce 29/02/2008

" Premier arrivé, premier servi ! ", quelle consternante soi-disant valeur, d'une grande indigence intellectuelle et morale, que la ministre propose comme référence aux jeunes et à tous les citoyens.

Si j'en crois la presse, pour faire oublier la honte et le ridicule internationaux dont les files devant les écoles les avaient couverts en 2007, Marie Arena et ses troupes sont en train de concocter « quelque chose » via Internet pour organiser les inscriptions en première secondaire. Mais ils restent fidèles à leur maxime de référence « Premier arrivé, premier servi ».

N'y a-t-il donc personne pour leur expliquer ce que à peu près tout le monde sait intuitivement : dans n'importe quel groupe, quand il y a un objectif à atteindre, les premiers arrivés ne se répartissent jamais au hasard, ce qui constituerait alors une sorte de justice sociale encore très approximative. C'est toujours les plus malins, les plus puissants, parfois des demi tricheurs – ceux qui peuvent payer des étudiants ! - ou des tricheurs complets qui poussent les autres des coudes. C'est une des bases de la sélection naturelle chez les mammifères.

Alors, « Premier arrivé, premier servi ! » quelle consternante soi-disant valeur, d'une grande indigence intellectuelle et morale, et que la ministre propose indirectement comme référence à tous les citoyens et aux jeunes de la communauté française : Internet pour mettre à égalité les riches et les pauvres, et le struggle for win, en prime, plutôt que la solidarité sociale, dans les plans d'une ministre socialiste : je le clame pour la seconde fois dans la presse : « Reviens vite, Jaurès, ils sont devenus fous ! ».

Certes, il faut que la justice sociale préside à la répartition des enfants et des adolescents dans nos écoles, mais pas en se servant sans s'en rendre compte de la loi du plus fort. Donnons d'abord à nos écoles bien davantage de moyens, en privilégiant celles qui assument clairement de s'occuper des enfants soit moins doués soit ayant d'autres raisons d'être en difficulté scolaire de longue durée.

Pour ma part, si je crois à la justice sociale, je ne nie pas pour autant les différences entre les jeunes, et notamment les différences d'équipement intellectuel et de motivations. Je ne crois pas qu'il soit productif de mixer dans la même classe des jeunes trop différents dans ces domaines, avec en outre une classe surpeuplée et sans moyen d'aide individualisée significative : on condamne alors l'ensemble du groupe à un nivellement par le bas ou, plus simple encore, l'enseignant ne peut pas faire autrement qu'ignorer les plus faibles, voire de les disqualifier : « Il marche avec les forts ».

Je propose donc plutôt ceci : organiser dans chaque établissement secondaire un examen d'entrée à la fin de la 6ième primaire, examen dont les critères et le contenu auraient été bien pensés, et qui pourraient être différents d'une école à l'autre, en référence à la carte d'identité et aux objectifs qu'elle se donne clairement et sereinement.

L'examen d'entrée devrait mettre à égalité potentielle toutes les provenances sociales des enfants. Pour garantir une mixité intellectuelle qui reste raisonnable, on pourrait exiger d'une école qui s'afficherait comme exigeante et qui disposerait de 20 places en première secondaire d'accueillir, sur 50 candidats, les 12 premiers et les numéros 18 à 25 ( par exemple ... ) aux résultats de l'examen. Arrêtons de nier les différences : certains jeunes ont davantage de capacités et de motivations que d'autres, notre pays a besoin d'élites intellectuelles et aussi, que l'on cesse d'évaluer son enseignement du doigt comme un des pires d'Europe.

Quant aux écoles secondaires qui se déclareraient prêtes à recevoir des élèves « tout venant intellectuellement », en ce inclus les plus faibles de ceux qui conservent un potentiel encore suffisant pour risquer l'enseignement général, elles devraient recevoir des moyens financiers supplémentaires pour donner vraiment leur chance aux plus faibles.

Et pour terminer par une idée simple : je ne suis pas sûr du tout que la situation qui s'était installée au fil du temps, avec notre bon sens belge, était si horrible ... sauf que les écoles plus « difficiles » n'avaient pas assez de moyens : mais voilà, il est toujours plus tentant pour un ministre de justifier son poste en inventant de nouveaux décrets qui ne lui coûtent rien, plutôt que de s'acharner à trouver l'argent et les moyens ... .

Une prise de position cousine :

Pensée magique, réalités bruxelloises

Alain RENARD, père de trois enfants

Mis en ligne le 28/02/2008

L'objectif du décret inscriptions est d'amorcer une politique de contrainte à la mixité sociale dans les écoles. On y voit un remède à l'échec scolaire qui, sur fond de discrimination persistante, se concentre massivement dans les familles socialement défavorisées. Derrière cette ambition, une idée-force : à rebours d'un préjugé répandu et largement nourri d'inquiétudes parentales sans fondement, le brassage scolaire améliorerait les performances d'ensemble des élèves, créant un environnement qui tirerait vers le haut les plus démunis d'entre eux. Le profit de la mixité, ajoute-t-on, ne se limite pas l'élévation du niveau des plus faibles : il se répartit entre tous, tant la rencontre de l'autre et la confrontation des différences font partie intégrante du développement harmonieux des enfants de tous horizons.

En tant qu'instrument de lutte contre l'échec scolaire, la mixité suppose toutefois la réunion d'un certain nombre de conditions minimales sans lesquelles elle est vouée à l'impuissance La première tombe sous le sens : c'est celle d'un équilibre contrôlé entre les catégories d'élèves qu'on entend rassembler en vue d'une amélioration d'ensemble. Pour paraître évidente, cette condition n'en est pas moins systématiquement escamotée dans les débats qui entourent le décret. C'est qu'elle active des notions aux consonances peu sympathiques, de "seuils", de "quotas", de "proportions" toujours problématiques dans leur application à des groupements d'êtres humains. Elle est pourtant inhérente à l'ambition proposée.

Mettons les points sur les i : trois enfants socialement et culturellement bien dotés pour quinze enfants défavorisés, c'est une mixité déficiente et dommageable pour le niveau scolaire du groupe. Aucun enseignant ne contestera que la surreprésentation d'élèves en difficulté dans une classe constitue un handicap. Il n'y a sans doute pas de chiffre magique. Mais il y a incontestablement des seuils au-delà desquels la mixité ne produit plus l'effet escompté, et se révèle, au contraire, contre-productive.

La deuxième condition n'est pas moins facile à comprendre. Une mixité efficace pour l'apprentissage suppose rétablie la confiance de tous dans les vertus de l'institution scolaire. La multiplication des comportements problématiques qui pourrissent principalement le quotidien des écoles "ghettos" et y compromettent parfois jusqu'à la possibilité de donner cours est très directement liée à la défiance qui s'est installée dans une bonne partie de la population de ces établissements à l'égard d'un enseignement qui ne semble lui ouvrir aucune perspective.

Sans doute les politiques de mixité ont-elles précisément pour but de sortir de cet engrenage. Mais la mixité promue par le décret, à la supposer réalisée, ne restaurera pas magiquement, à elle seule, la foi de ces élèves dans les mérites de l'instruction publique. Elle ne fera pas miraculeusement revenir l'apaisement indispensable à un enseignement serein dans les classes. Au regard de ce qui précède, la région de Bruxelles-Capitale cumule des handicaps majeurs largement sous-estimés par les artisans du décret, alors même que les établissements "favorisés" de Bruxelles comptent parmi les premières cibles de la réforme.

La majeure partie de la population scolaire résidant dans la région de Bruxelles-Capitale est issue de milieux socialement défavorisés, victimes d'une relégation socio-économique reconnue comme déterminante dans l'accumulation d'échecs ou d'insuffisances scolaires. La majeure partie de la population scolaire résidant en Région de Bruxelles-Capitale est aujourd'hui issue de milieux immigrés, exposés à des difficultés scolaires additionnelles (maîtrise de la langue d'enseignement dans le milieu familial, par exemple) de nature à renforcer les effets de la relégation sociale et de la discrimination qui les frappent au premier chef.

Cette fragmentation de l'espace social bruxellois s'est approfondie, tout au long de ces trente dernières années. Elle s'est conjuguée avec des phases successives de net désinvestissement scolaire et de réformes pédagogiques hasardeuses, qui ont laissé nombre d'enseignants désarmés devant l'ampleur écrasante de leur mission sociale et le défi inédit d'adapter leur enseignement à la profonde transformation de la population. Tout cela a favorisé une dégradation continue des conditions d'apprentissage et de l'atmosphère générale dans nombre d'écoles bruxelloises.

Faisons, tant qu'on voudra, la part de la dramatisation ou de la jérémiade passéiste dans ce tableau désespérant. Les enquêtes les moins alarmistes, qui recensent à juste titre les initiatives de terrain et les succès locaux résistant au pessimisme ambiant, ne parviennent pas à démentir un constat largement partagé par les intervenants en milieu scolaire bruxellois : celui d'un recul inquiétant des connaissances, de tensions croissantes dans les relations intrascolaires, d'une brutalité accrue sur fond d'une segmentation socio-ethnique renforcée et de la réapparition d'un sexisme virulent que l'on pouvait croire en irréversible déclin depuis les années 70 et 80.

Il faut cesser de s'illusionner sur l'effet positif que produirait sur cette situation, l'"ouverture" des quelques écoles privilégiées qui échappent à ce naufrage. Les mesures mises en oeuvre aujourd'hui ne permettent de remplir aucune des conditions indispensables au succès d'une politique de brassage. Laissant la recomposition sociale des écoles au hasard, elles ne garantissent en aucun cas le rééquilibrage des populations. J'irai plus loin.

Même idéalement réalisée, par miracle, dans chaque classe de chaque école bruxelloise, la mixité promue par le décret ne viendra pas, à elle seule, à bout des déséquilibres profonds du paysage scolaire régional et de leurs effets cumulés. Sans autre réforme radicale, elle risque au contraire d'exacerber davantage les antagonismes et de rendre plus difficile encore la gestion des classes. Des écoles ont déjà vécu cette douloureuse expérience de l'ouverture tournant à l'échec. Sans programme d'ensemble, on s'expose, de fait, à une détérioration aggravée que ne conjureront ni le bavardage rituel sur les bienfaits de la différence, ni l'optimisme de rapports scientifiques étrangers dont la pertinence n'est jamais confrontée à la structuration de l'espace social bruxellois.

Il faut craindre, à terme, que les stratégies que l'on prétend corriger montent d'un cran, tant le destin scolaire des enfants engage à l'extrême les sensibilités parentales. Et que oui, cette réforme partielle, improvisée, sans accompagnement significatif, sans réinvestissement digne de ce nom, faite contre les directions d'école et sans autre projet perceptible que celui de la dénonciation, accentue finalement l'exode des classes moyennes déjà entamé vers des contrées scolaires périphériques, aggrave le mouvement d'homogénéisation sociale des quartiers, précipite un peu plus la dualisation générale de la région.

La crainte du nivellement par le bas et la hantise d'une irruption de masses "brutales et incultes" dans les temples du savoir ont, de tout temps, été agitées par les élites pour délégitimer les processus de démocratisation de l'enseignement et de la culture. Mais il ne suffit pas d'incriminer les vieux phantasmes d'une bourgeoisie sur la défensive pour faire s'envoler les obstacles concrets à une mixisation réussie. Car c'est bien là le paradoxe du décret. D'inspiration dirigiste, il reste hanté par la lecture magique d'une mixité socio- culturelle spontanée, induite par la seule confrontation des populations d'origine diverse qui devrait immanquablement se solder par une avancée significative au profit de tous. La posture dénonciatrice tout entière gagnée à l'objectif d'un réencadrement impératif des stratégies bourgeoises dissimule, au plus profond, une vision curieusement réenchantée de la dynamique sociale.

Toute politique de lutte contre l'inégalité scolaire est vouée à l'échec si elle ne prend la forme d'un projet global, fédérateur, oeuvrant en même temps dans toutes les directions. C'est très précisément la leçon à tirer de l'exemple finlandais, systématiquement invoqué à contre- emploi par les défenseurs du décret. Les pistes sont connues : le décloisonnement des réseaux, l'aménagement de programmes clairs et cohérents, la formation renforcée des enseignants, la systématisation de mesures de remédiation dignes de ce nom, une pédagogie intégrant un travail mûri sur la diversité sociale et culturelle, le réencadrement des primo-arrivants, une clarification des rôles de chacun (enseignant/enfant/parents), un accompagnement significatif des parents dans les quartiers, et, concomitamment, un redéploiement imposé de la population scolaire entre les différents établissements d'enseignement sur la base d'un double critère géographique et social (redéploiement dont je doute cependant qu'il puisse avoir les effets escomptés sans intégrer largement la population scolaire périphérique à celle de la région de Bruxelles proprement dite).

Ce n'est, en tout cas, que comme élément d'un vaste dispositif de réformes radicales convergentes et simultanées qu'une politique de contrainte à la mixité pourrait déployer son efficacité et éviter des effets tristement contre-productifs.

Une contestation virulente et ma réponse

Mr Florent Verstraeten, étudiant en droit

Bonjour Monsieur,

J'ai lu l'opinion que vous avez émise dans la rubrique débat de La libre Belgique de ce vendredi 29 février et je souhaiterai vous faire part de ma réaction.

Concernant le principe de " premier arrivé, premier servi ", je suis d'accord avec vous pour dire que ce n'est pas le principe le plus juste car ce seront toujours les plus aisés qui feront la file ou arriveront en premier et donc seront in fine les premiers servis. Mais il faut reconnaître que ce système à néanmoins le mérite de ramener un peu de clarté et de mettre fin aux pratiques de sélection abusives de certains établissements dits "d'élite". Il est évident que ce décret inscription à lui seul ne résout rien et que d'autres mesures seront nécessaires à l'avenir.

Par contre, je m'insurge quand vous parlez de "différences d'équipement intellectuel et de motivations". Moi non plus je ne nie pas les différences entre jeunes, mais je n'en fait pas un prétexte (ni un obstacle insurmontable) pour justifier un enseignement à deux vitesses. Si l'on suit votre raisonnement, deux enfants différents auraient donc des droit à l'instruction différents. L'école ne peut donc, selon vous, que se contenter de constater les différences de capacités des élèves et les orienter dans des bonnes ou des mauvaises écoles en fonction de ces capacités. Ne devrait-elle pas tirer tout le monde vers le haut au lieu de se dédouaner de ses responsabilités. Je pense que l'école doit stimuler tous les élèves et tirer le meilleur de chacun d'eux. Cela passe par des structures adaptées: des classes réduites, des cours de remédiation, des nouvelles pédagogies,... Vous parlez aussi de nivellement par le bas. Je vous invite à jeter un coup d'oeil sur l'enseignement finlandais. La Finlande fait-elle du nivellement par le bas, produit-on là des élites de médiocre qualité? Pas du tout! Ils ont compris là-bas (depuis des réformes datant des années 60/70) qu'on pouvait combiner harmonieusement enseignement de masse et enseignement d'élite. Ils ont compris là-bas l'importance de permettre à chaque enfant de se voir dispenser un enseignement de qualité. Et leur enseignement semble être le meilleur des pays de l'OCDE (cfr les enquêtes PISA). Pas si mal que ça le nivellement par le bas à la finlandaise finalement...

D'autre part, pourriez vous m'expliquer comment cela se fait que les enfants qui ont " l'équipement intellectuel " et le plus de motivation sont ceux dont les parents ont le plus de capital économique et socioculturel? Comment se fait-il que dans les écoles poubelles et dans les filières dévalorisées (le technique et le professionnel), les couches les plus pauvres de la population sont sur-représentées? Et inversement, comment se fait-il que dans les écoles dites "d'élite", les couches aisées soient sur-représentées? Pour poser la question de manière plus provocante : les enfants de pauvres seraient ils plus cons que les enfants de riches? En réalité, les enfants sont inégaux face à l'école car leur milieu social influence fortement leur carrière scolaire. Et c'est là qu'il faut agir.

Vous demandez ensuite qu'on "cesse d'évaluer notre enseignement du doigt comme un des pires d'Europe". Je suis d'accord avec vous pour dire que les constats sont catastrophiques mais faut-il pour autant faire l'autruche? "La situation qui s'était installée au fil du temps, avec notre bon sens belge", est dramatique. Les enquêtes PISA ainsi que d'autres études nationales, européennes et internationales aboutissent toutes à un même constat: notre enseignement est un des plus inefficaces et inégalitaires d'Europe? Ne serait-il pas temps d'agir? Ok pour dire qu'Arena se plante parfois, mais il faut reconnaître qu'elle à le mérite de mettre les choses sur la table de manière courageuse et qu'elle essaye de faire bouger les choses. Concernant le refinancement de l'enseignement, je vous trouve un peu de mauvaise foi. Si Arena disposait de plus d'argent, bien sûr qu'elle consacrerait davantage de moyens à l'enseignement. La communauté française souffre d'un déficit chronique, ne le saviez vous pas?

Ne serait-il pas temps de réfléchir sereinement à l'avenir de notre enseignement? Ne serait-il pas temps de remédier aux maux structurels de notre enseignement : marché scolaire, ségrégation sociale, concurrence entre réseaux, culture du redoublement,...
Bien sûr qu'Arena n'est pas parfaite, qu'elle commet des erreurs, mais en tout cas elle à identifié les vrais problèmes pour essayer d'aller dans le bon sens. Vous semblez prôner le statu quo (si ce n'est davantage de financement aux écoles qui accueille des publics moins aisés (mais l'argent n'est pas le remède miracle, seul il ne résoudra rien) et une régulation très soft des inscriptions), n'y a-t-il donc rien à changer?

Pour conclure, je voudrai vous faire part de mon étonnement. Chacun à l'opinion qui est la sienne et il peut la partager la plus librement. C'est ce que vous avez fait ce vendredi. Mais quand on signe sous le titre "Psychiatre infanto-juvénile et docteur en psychologie", on s'impose un minimum de rigueur scientifique. On évite de hurler avec les loups en balançant des lieux communs et des basses attaques irréfléchies parsemées de petites propositions qui ne résoudront rien aux problèmes structurels de l'enseignement. Ce mail n'était emprunt d'aucune animosité à l'égard de votre personne mais seulement vis-à-vis de vos propos. Le ton est incisif, certes. Mais il n'était, à mon sens, que l'expression d'une opinion indignée en réponse à votre article paru dans la libre.

Dans l'attente de votre réponse, je vous souhaite une agréable journée!

Ps: voici des liens vers deux articles particulièrement intéressants et pertinents de Nico Hirtt sur l'enseignement en communauté française :
http://www.ecoledemocratique.org/article.php3?id_article=261
http://www.ecoledemocratique.org/article.php3?id_article=302">

Florent Verstraeten
Etudiant 2ème licence droit UCL

Ma réponse :

MONSIEUR VERSTRAETEN,

Quelle attaque en règle ! ... Cette fois, c'est au prof à qui son étudiant donne un zéro, même pas pointé. Je ne reprendrai pas, pour les contester, les aspects les plus émotionnels de votre point de vue, notamment exprimés à la fin, qui est un peu facile, avouez-le.

Je m'en tiens au débat d'idées. Il y a deux parties dans mon article :

La première, où je fustige Arena pour la référence proposées : « Premier arrivé, premier servi » ... ici, je persiste et signe, moi aussi, à 100%. Il est lamentable de ne pas avoir cherché plus loin que cette référence là, et même d'en être fier, en quelque sorte ... Non seulement, je l'ai dit, ça aboutira à un résultat idiotement inverse au but poursuivi, mais surtout, sur le plan éthique, comme modèle de référence proposé aux jeunes, c'est une justification de l'égoïsme social, aussi grave que le « Casse toi, pauvre con » de l'inénarrable Sarkozy. Je m'étonne qu'un jeune aussi généreusement engagé que vous fasse une concession à ce propos. La fin ne justifie pas tous les moyens.

Dans la deuxième partie, je propose ma réflexion sur les différences. C'est vrai qu'ici, le débat est plus délicat et qu'il faut continuer à réfléchir entre honnêtes gens, sans s'envoyer des injures à la figure ( bourgeois attardés versus PTB, par exemple ).
Je suis largement d'accord avec vous sur le fait qu'un soutien approprié, considérable à mettre en place, favoriserait une vraie intégration d'un certain nombre de jeunes, sans nivellement par le bas ... C'est aussi le sens de l'intervention de M. Renard dans son texte « Pensée magique, réalités bruxelloises ». Et dans ce domaine, d'accord, l'argent n'arrange pas tout, il y a aussi les attitudes ! Mais je continue à être sceptique sur les vertus magiques de cette volonté d'intégration lorsqu'elle serait poussée dans ses derniers retranchements : il restera des jeunes beaucoup plus doués et d'autres beaucoup plus faibles au sein de la population de ceux qui sont à même d'encore prétendre à l'enseignement général.
Je pense que c'est les respecter que de leur donner un enseignement adapté à leurs capacités respectives ; « Deux vitesses » ? Oui, je le dis sereinement, mais sans péjoration ni mépris, tout comme sur la route il y a des voitures de course et des Deux Chevaux. En tenir compte ne signifie pas admettre qu'il y aurait deux qualités humaines différentes ; et surtout, je le redis, il faut des moyens plus conséquents à ceux qui accueilleraient les un peu moins doués et leur donneraient toutes les chances de réussir. Toutes chances, car je ne crois pas qu'existeraient des conséquences stigmatisantes sur les marchés d'emploi qui s'ensuivent ... Les entreprises n'engagent pas toujours les docteurs universitaires, loin de là ...

Il existe des éléments de réponse qui permettent de comprendre pourquoi, statistiquement en tout cas, il y a des corrélations positives entre culture et classe sociale d'une part, et motivation scolaire plus ou moins forte de l'autre ; en référence à eux, je pense qu'il faudrait soutenir plus vigoureusement les enfants de classe défavorisée dès la maternelle et l'école primaire ... mais ces statistiques ne sont pas des certitudes inéluctables, et, bien sûr, il faut que les enfants qui en veulent toujours et le peuvent et viennent de milieu défavorisé soient repérés et reçoivent autant de vraie chance que les autres. Donc, non à des écoles d'élite mais qui recruteraient sur base de la provenance sociale.

Accessoirement, car ce n'est pas le point principal de votre lettre, je crois malheureusement que beaucoup de ministres, en ce inclus Arena, une fois en place, ne tiennent pas les promesses de justice sociale qu'ils ont tenue en période électorale, et ne s'acharnent vraiment pas à trouver de nouvelles sources de financement et de répartition de l'argent ... la vraie protection des riches, elle prend sa source dans leur attitude générale de tolérance qui se compromet, et ce ne sont pas quelques décrets périphériques et rédigés à bon compte qui y changent fondamentalement quelque chose ...

Bien à vous

JY Hayez

COMMENTAIRES PLUTOT POSITIFS

Pr Dominique Charlier, pédopsychiatre, chef du service de psychiatrie infanto- juvénile, Cliniques univ. Saint-Luc

Je partage en grande partie tes idées sauf celle de l'examen d'entrée. Cela existe déjà dans pratiquement toutes les écoles hi-life.
Si l'objectif est de niveler, moi je commencerais petitement en offrant les subsides de façon inversement proportionnelle aux revenus. Cela motiverait les directions.

Dr Muriel Meynckens, pédopsychiatre

J'apprécie beaucoup ton texte. Est-ce bien celui-là qui est paru dans la presse le 29-02 au matin?

De Mme Yvonne Dor

je pense qu'elle instaure dans les écoles l'ambiance qu'ils trouveront plus tard sur le marché de l'emploi....

- les files interminables des demandeurs d'emplois
- l'individualisme "assassin" dans le milieu du travail
- le non-respect de l'humain des choix économiques

on a supprimé les files humiliantes du pointage des chômeurs...
c'est pas pour autant que le chômage a diminué (on préfère supprimer les demandeurs d'emploi)

il faut donc supprimer aussi les files d'attente d'inscription des élèves !
ça fait mauvais genre !

mais de quelle manière ? la plus facile, bien entendu ! comme d'habitude

merci à JY de faire une proposition.... que je m'empresse d'envoyer aux enseignants que je connais

YD

Retour au menu princeps.
Retour au début.

je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be

 

Création le 13 février 2008.
Dernière mise à jour le dimanche 09 mars 2008.
ds.ds


 


Fin du dossier























































































































































































... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit n'est constitué que d'informations techniques automatiques dont les textes sont déjà repris plus haut.

... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec le texte du professeur Jean-Yves Hayez.





































 
Retour au menu princeps.
Retour au début.

je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be












 

































































































































































































Bravo de m'avoir trouvé

Félicitations

Ce site a été composé par un bénévole sans aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié du professeur Hayez.

C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.

L'hébergement du site est situé sur lycos depuis le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir pratiqué cette action bénévolement également avec beaucoup de professionnalisme.

Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a été supprimé par Lycos le 15 octobre 2006 pour une raison non expliquée. Nous le regrettons vivement et ceci altère fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.



... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a été retirée par souci de simplicité.







Vérification d'accessibilité

Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et Netscape ( quelques instructions ignorées )

Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP

La présentation est prévue pour écran 640x480 mais est encore correcte avec les écrans plus grands 1600x1200 ou autres.

Retour au menu princeps.
Retour au début.

je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be












 







































































































































































































































































































































































































... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit n'est constitué que d'informations techniques automatiques dont les textes sont déjà repris plus haut.

... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec le texte du professeur Jean-Yves Hayez.





































 
Retour au menu princeps.
Retour au début.

je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be












 




















































































































































































Ce site a été composé par un bénévole sans aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié du professeur Hayez.

C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.

L'hébergement du site est situé sur lycos depuis le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir pratiqué cette action bénévolement également avec beaucoup de professionnalisme.

Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a été supprimé par Lycos le 15 octobre 2006 pour une raison non expliquée. Nous le regrettons vivement et ceci altère fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.



... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a été retirée par souci de simplicité.








Vérification d'accessibilité

Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP

La présentation est prévue pour écran 640x480 mais est encore correcte avec les écrans plus grands 1600x1200 ou autres.

Retour au menu princeps.
Retour au début.

je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be












 
























































































































































































































 



Notes.     ici

Télécharger.     ici


je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be

 


Fin du dossier






















































































































































































- Notes automatiques. -

.
.
Note 1.


(1). Psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie, professeur émérite à la Faculté de Médecine de l'Université Catholique de Louvain. Courriel : jyhayez@uclouvain.be. Site Web : http://www.jeanyveshayez.net/


Pour retourner à l'endroit dont je viens de partir.



je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be

 


































.
.
Note 2.


(2). Je vous renvoie au dossier thématique « abus sexuel », page http://www.jeanyveshayez.net/t14-abus.htm sur mon site www.jeanyveshayez.net : j'y propose une façon bine plus systémique de se représenter les forces en présence lorsqu y a abus.

Pour retourner à l'endroit dont je viens de partir.



je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be

 


































.
.
Note 3.


(3). Hayez J.-Y., La fiabilité de la parole de l'enfant, Enfance § psy, 2007.

Pour retourner à l'endroit dont je viens de partir.



je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be

 



































Pour télécharger ce site ...

L'enfermement des enfants sans-papiers


... en format traitement de texte, vous avez les choix suivants :

Format word 9 (2000)

Pour retourner à l'endroit dont je viens de partir.


je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be




Fin du dossier






















































































































































































liste des mots-clés du site au 28 septembre 2005.

abus sexuel, accompagnement éducatif, adolescents abuseurs, adolescents, allégation d'abus sexuel, angoisse de séparation, angoisse, anxiété, assuétude, autorité parentale, beaux-parents, besoins psychiques des enfants, bizarrerie sexuelle infantile, cadre thérapeutique, confidences, confidentialité, conformisme, culpabilité, debriefing collectif, délinquance, dépendance, dépression, destructivité, deuil compliqué, deuil pathologique, éducation sexuelle, enfant abuseur, enfants, énuresie, éthique, équipes SOS-Enfants, famille, famille reconstituée, Familles restructurées, guerre, identité, infanto-juvénile, intervention de crise, Jean-Yves Hayez, jeux sexuels, livres, mendiants, mort, mort d'un proche, mots-clés, pédopsychiatrie, perversion sexuelle infantile, perversion sexuelle, peur, pornographie, protection, psychiatrie de liaison, psychothérapie, publications, relation de soin, réparations, réseau de santé, sanctions, secrets de famille, séparation parentale, sexualité infantile, sexualité normale, signalement, soins pluridisciplinaires, stress, SOS-enfants, suggestibilité, syndrome de stress post-traumatique, traumatisme psychique, trouble de l'endormissement, trouble du comportement, trouble psychique, urgences, violence, vulnerabilité.