Pédopsychiatrie sociale ; enfants placés en
institutions pour
« cas sociaux »
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§ I. Mon histoire
Les enfants (
2)
défavorisés sociaux,
repérés et pris en charge comme tels par la
société, ont constitué l'origine et le premier
point d'application de mon très grand
intérêt - de ma vocation ? - à
m'occuper d'enfants en difficulté.
Quand j'avais quinze ans, dans l'établissement d'études
secondaires religieux que
je fréquentais, un Père Jésuite soucieux de
notre engagement social d'adolescents
choyés par la vie, m'a incité à m'occuper de
ces enfants dans des centres de
vacances de jour. Eh oui, à l'époque, ça se
faisait (
3)
! Nous nous retrouvions deux
ados du même âge, empêtrés dans nos
problèmes d'identité, à avoir à prendre
en charge un groupe de quinze enfants « de banlieue »,
en âge d'école primaire, tous
les jours pendant une quinzaine de vacances. Un boulot de vacances,
ça passe ou
ça craque : chez moi, ça a passé et je me
suis attelé par la suite à des
apprentissages techniques de cette fonction de
« moniteur » dont je n'avais aucune
idée les premières fois.
Plus tard, étudiants en médecine, le même
père Jésuite nous a introduits avec
quelques amis dans ce que l'on appelait à l'époque
un « orphelinat ». Maison
d'enfant à la Cesbron ( Cesbron, 1958 ), dans
laquelle se côtoyaient quelques vrais
orphelins à la dérive et une majorité de cas
sociaux : c'était l'époque où les premiers
juges pour mineurs avaient le placement très facile. Pendant
sept ans, dans cet
orphelinat dirigé par des religieuses, j'ai animé
occasionnellement un groupe
d'enfants dont la responsable unique était une mère
célibataire, aussi généreuse et
pragmatique que dépourvue de tout diplôme : elle
habitait là, dans une alcôve
jouxtant le dortoir commun, et son fils était un des enfants
du groupe. Nous étions les
bienvenus, mes copains et moi, qui apportions à ces enfants
une amitié discrète et
aussi les rires, la créativité et les moments de
« déconne » de nos vingt ans.
A la fin de mes études de médecine, impossible de
continuer sur le même mode
récréatif ! La formation à la psychiatrie,
le service militaire, mon mariage vite suivi de
l'arrivée de mes enfants limitèrent drastiquement
mon temps libre disponible et
transformèrent mon désir de toujours m'occuper
de ces enfants en motivation
professionnelle. Et c'est ainsi que les quinze premières
années de ma carrière, j'ai
travaillé à temps partiel dans des endroits
destinés à des enfants
« cas sociaux » :
une maison d'enfants, un centre résidentiel d'observation,
un service de placement
familial. A quelques-uns à Bruxelles, nous avons
fondé un centre de santé mentale, - le
Grès - qui était particulièrement
destiné à rencontrer leurs problématiques. De
facto, c'est à travers ce centre que j'ai beaucoup
travaillé avec le Tribunal de la jeunesse de Bruxelles.
§ II. Et ses enseignements
I. A propos de la prise en charge individuelle
A. J'ai trouvé chez beaucoup de ces enfants dits
« cas sociaux » une grande capacité
à se raconter, à faire sans trop de fioritures le
récit de leur vie passée et celui de leur
présent. Pour peu que nous les y sollicitions sans
fioritures non plus et qu'ils devinent
un intérêt sincère chez l'interlocuteur.
J'ai entendu alors mille histoires
« énormes », pleines de drames et de
chaos, comme celle de ces deux frères que leur mère
détestait, qu'elle avait failli assassiner
à plusieurs reprises et qui, punis deux, trois jours sans
rien dans une chambre,
devaient boire leur urine pour tenir le coup : boire sa propre
urine à sept, huit ans
plutôt que recevoir le lait de sa mère, ça
vous forge le caractère ! Les deux frères
avaient donc vu grandir en eux une certaine haine psychopathique
de tout ce qui
ressemblait à un ordre parental et multipliaient actes
d'affrontement à l'autorité,
prédations, et coups de poing faciles quiconque se dressait
sur le chemin. Et c'était à
un autre liquide, l'alcool, qu'ils se shootaient autour de
leur seize, dix-sept ans, et de
temps en temps à d'autres substances excitantes.
Le challenge pour qui veut aider ces jeunes à utiliser leurs
ressources positives de
façon suffisamment sociable, est à la mesure de leurs
souffrances et éclats, mais pas impossible pour autant.
J'en parle beaucoup dans mon livre « La
destructivité chez l'enfant et l'adolescent »
( Hayez, 2007 ) : il suffit (
4)
de miser en ordre
principal sur du lien authentique, en
réapprivoisant avec délicatesse ces petits renards
blessés par la vie et devenus
parfois rabougris, parfois haineux. Quand ils se donnent de nouveau
dans du lien, et
que l'adulte (
5)
est patient, fort et subtil, la partie est
gagnée, malgré qu'elle soit
probablement émaillée de pas mal de coups de griffe
et de gueule, de portes claquées et d'allers et retours.
A l'intérieur du lien, des dialogues profonds, des
« rencontres de parole » gagnent à
avoir lieu pour que le jeune ait l'occasion de se dire, d'être
reçu quand il se dit, et de
mieux identifier qui il est. J'y reviens dans le second alinéa.
A l'intérieur de cette ambiance de lien, il y place
également pour de justes sanctions :
sanctions positives des actes que le jeune pose lorsqu'il vise
à faire fructifier ses
ressources ; désapprobations, exigences de
dédommagement ( réparations ) et
autres sanctions négatives lorsqu'il se montre
intentionnellement destructeur.
B. Face aux récits tourmentés de ces enfants, j'ai
confirmé en moi toute l'importance
que revêt la simple, profonde et respectueuse écoute.
Me mettre dans la position d'un
« grand frère » qui serait bienveillant,
jusqu'à partager des émotions avec eux, les aidant
parfois à mettre un mot sur un sentiment
qu'ils n'identifient pas bien. Frère communiquant ses
idées, parfois intimes elles
aussi, sur ce qu'est la vie humaine, sur ce qu'y est juste et
injuste, sur les motivations
possibles de leurs parents, sur tout et n'importe quoi.
Frère les aidant aussi à remettre de l'ordre dans
leur arbre généalogique et dans
leurs nomenclatures spontanées - « C'est qui,
au fond, pépé Fred ? » -. Mais
frère largement impuissant à faire se volatiliser
leurs rébus et leurs noeuds de souffrance,
ce que d'ailleurs ils ne demandent pas vraiment.
Quand ils se décident à se raconter, ce qu'ils
cherchent d'abord, c'est d'être
reconnus dans leur dignité d'être estimés et
non plus méprisés comme des sous-hommes.
Ce n'est pas moi qui suis à l'origine de cette
conviction : je l'ai entendu énoncer par
Salvador Celhia, psychiatre brésilien qui travaille
beaucoup avec la misère des
favellas, comme l'ultime cadeau de valeur que nous pouvons
parfois donner. Un
jour, un garçon de dix-sept ans spécialiste du
nomadisme institutionnel, à qui je
proposais de le recevoir chaque fois qu'il en sentait le besoin
m'a dit : «
Je ne
comprends pas comment un Monsieur, comme vous, vous pouvez vous
occuper d'un mec comme moi ». On en a parlé
sur-le-champ, bien sûr, mais j'ai gardé cette parole
en moi : elle me touche toujours au cœur en constituant
une reconnaissance positive
à mon égard, et en même temps elle me fait
mal tant elle évoque les discriminations
plus ou moins subtiles de nos sociétés.
En me mettant à l'écoute de ces jeunes, il m'a fallu
éviter au moins trois pièges :
1. D'abord, celui de créer un besoin
( un désir ? ) d'amour plus ou moins
réciproque
pour répondre à la carence affective dont beaucoup
sont porteurs : nombre de ces
enfants ont tendance à chercher dans leur thérapeute
un objet d'amour archaïque,
une Bonne Mère qu'ils s'ingénieront à
cannibaliser ... et il est des thérapeutes qui se
laissent séduire, en référence à des
besoins mal identifiés en eux, ou qui s'avèrent
même parfois provocants. S'en suivent alors des enlisements
affectifs plus ou moins
réciproques. Il y a même de temps en temps des sauts
quantitatifs ou qualitatifs où
l'on engage les corps, dans la direction d'amours impossibles avec
des adolescents, ou dans celle d'une franche pédophilie :
ces enfants en manque de tendresse et peu
protégés sont régulièrement des
proies de rêve pour qui veut s'emparer de leurs
corps et dominer leur âme.
Pour l'essentiel, une thérapie, ce n'est pas un moment
d'amitié partagée ( Lemay,
1979 ). Même si, dans le chef du thérapeute, la
bienveillance et un engagement
discret de soi constituent des conditions nécessaires
à la bonne évolution du
processus. Une thérapie, c'est un processus où le
jeune travaille pour développer sa
pensée et ses projets personnels, pour mieux saisir son
identité, avec une certaine
tendresse retrouvée progressivement pour soi, en
référence aux donnes de son
passé et de son environnement social, et en se projetant de
façon réaliste dans l'avenir ( Gutfreind,
2000 ).
2. Le piège inverse existe également : ici,
l'adulte se cantonne à jouer un rôle ; il se
contente d'échanger avec le jeune le temps des séances,
avant de repartir, bien
peinard, vers sa vraie vie. Or, même s'ils ne doivent pas
confondre la relation avec
leur thérapeute et du grand amour partagé, ces
enfants carencés ont besoin de vivre
de l'intérieur « la permanence du lien »
avec quelques personnes importantes, et
donc pourquoi pas avec leur thérapeute ! ... Mais
pour qu'ils introjettent une
représentation bienveillante et permanente de ces personnes
au-delà de leur
absence matérielle, ce processus doit correspondre
à un vrai investissement
réciproque, qui fait de l'enfant un être vivant
permanent, mais non envahissant, dans
la mémoire et le cœur de l'adulte. En voici
quelques exemples :
( Surtout si l'on ne reçoit plus l'enfant en
séance ), envoyer à l'occasion
un petit signe - courrier : de la carte d'anniversaire ou
courriel, pour une raison
précise ou pour le simple plaisir d'y attacher un beau
diaporama, avec un commentaire personnalisé.
Prendre l'initiative d'une parole, d'un petit geste qui indique
« J'ai pensé à
toi », sans que l'enfant n'ait rien
demandé : « J'ai pensé à toi
quand j'ai vu à la TV que Nadal gagnait. Tu devais être
bien contente » ; « J'ai pensé
à toi : je t'apporte ( telle petite chose )
pour ta collection ».
Si le jeune s'en est allé, demander de ses nouvelles de
temps en temps ; s'il refait surface un jour, lui donner
priorité et lui montrer qu'on se souvient de lui.
3. Enfin, le jeune ne suce pas complètement de son pouce
une capacité et une
efficience à bien se débrouiller dans le monde,
surtout lorsqu'il est de condition
sociale plus que modeste. Déjà n'importe quel mineur
éprouve régulièrement des
difficultés pour être écouté et pris
au sérieux par la communauté adulte. Mais si, en
plus, il est pauvre, s'exprime mal et traîne derrière
lui l'image d'un caractériel, alors, il
est bien souvent quantité négligeable, roulé
dans la farine pour les besoins des adultes ...
Alors, c'est une invitation à lui donner la dose d'aide et
de soutien nécessaire pour
prendre sa place en société ...
Entre l'excès, qui créerait la passivité et
la dépendance. Et l'absence égoïste :
«
C'est ton problème mon petit vieux.
Débrouille-toi. Va parler ( à cette
autorité ) ».
Entre la tour d'ivoire («
Je suis là pour de
la psychothérapie et je ne sors jamais
d'une logique d'échange de paroles ») et, vu
de Belgique, le syndrome Sarkozy
(«
C'est moi qui veux tout faire car tous les autres
sont des incapables »).
Quelques exemples pris dans le cadre de ma fonction de
psychothérapeute :
- Face à tel jeune en difficulté relationnelle avec
une autorité ( un éducateur,
un juge ... ), j'essaie d'abord de réfléchir
avec lui s'il ne peut pas constituer
tout seul l'agent de résolution du conflit existant :
nous échangeons des idées,
je l'entraîne via jeux de rôles ... mais si la
difficulté reste importante et
irréductible, je fais un pas de plus, qui engage ma personne
dans la résolution
de la difficulté. En principe, je n'avance que si j'ai
reçu l'accord du jeune pour
l'étape suivante. Par exemple, inviter l'éducateur
à l'une ou l'autre session de
thérapie ; prendre contact avec le juge en expliquant
au jeune ce qui sera dit et pourquoi.
- Dans un ordre d'idée analogue, j'ai souvent
été ému par l'inconfort matériel,
administratif ou social de certains jeunes défavorisés,
qu'ils vivent en famille
ou en institution et il m'est arrivé, de temps en temps,
de « descendre au
charbon » pour tenter d'améliorer leur sort,
là où cela me semblait possible, ne
fusse qu'en dialoguant avec un bon service social.
- Mais j'ai parfois fait du plus concret, comme offrir un
ordinateur d'occasion ou trouver un modeste travail à la
clinique pour une maman en difficulté.
II. Au-delà du lien individuel
A. Pour confirmer le goût de vivre ou le redonner aux enfants
vivant en institution
résidentielle sans bons liens familiaux, la
responsabilité des professionnels est
multiforme. Il s'agit, pour l'essentiel, de reconstituer
avec eux des liens humains de
qualité, en veillant à ce que ces enfants
restent des agents respectés de leur projet
de vie ( Campion, Miel, 1997 ; Peille 2005, Hayez 2007 ).
C'est certainement la responsabilité des éducateurs,
avec qui ils passent une bonne partie de leur quotidien.
Même si leur présence concrète est davantage
discontinue, d'autres professionnels,
souvent en position de décideurs ou de coordonnateurs,
doivent veiller à ce que ces
enfants ne soient jamais reçus comme des numéros,
des dossiers que l'on ouvre le
temps d'une session puis que l'on ferme. Ces personnes – juges,
travailleurs sociaux – représentent le regard de la
société sur ces jeunes : puisse-t-il être
marqué par le respect et un profond désir du bien
être de ces enfants défavorisés.
Ont-ils pour autant besoin de psychothérapies
individuelles ?
Pas tous : la résilience permet à une partie
d'entre eux de rester debout sans passer
par de longues démarches d'introspection assistée.
Tous bénéficient néanmoins occasionnellement
de « conversations sérieuses
approfondies », en réponse à des moments
d'expérience sociale plus pénibles, voire
en référence aux fluctuations
« normales » de l'évolution de leur
personnalité. Tant
mieux donc si les institutions proposent des adultes, notamment
des psy, que l'enfant
peut aller trouver quand il en sent le besoin, ou qui sont
capables de sollicitude pour
aller vers lui quand il montre des signes de souffrance. Il revient
donc entre autres
aux psychothérapeutes travaillant dans ces contextes
d'offrir d'irremplaçables
rencontres de paroles, individuellement ou en petit groupe
( Gabel, 2006 ).
Et les psychothérapies individuelles plus
structurées ? Les fois où elles s'indiquent, il
est préférable qu'elles prennent place dans un centre
externe à l'institution.
Mais ce n'est pas indispensable, si certaines conditions sont
remplies. Je pense
notamment aux problèmes liés à la
confidentialité : la qualité de la relation du
psychothérapeute interne avec ses autres collègues
de l'institution, le respect qu'il a
pour eux, son désir de leur rendre service, sa participation
engagée pour gérer des
problèmes éducatifs difficiles, la simplicité
de ses propos et son ouverture d'esprit ...
auront pour résultat que, réciproquement, une
équipe de professionnels « normaux »
sera en mesure d'accepter que ce psychothérapeute garantisse
la confidentialité de ce qui lui est
dit (
6)
.
Néanmoins, cette ambiance de confidentialité n'est
pas synonyme d'un secret
barricadé. D'abord, avant la pré adolescence, j'ai
plaidé pour que les grandes lignes
de ce que vit un jeune enfant puissent être retransmises
à ses proches et
éducateurs, sous réserves de la bienveillance basale
de ceux-ci à l'égard de cet
enfant ( Hayez, 2001 ).
Ensuite, même les plus âgés marquent
régulièrement de l'intérêt pour que
l'on parle « de certaines choses d'eux » en
leur présence, avec tel adulte concerné. Il m'est
même arrivé d'organiser d'emblée des entretiens
où était présent un jeune - en
difficulté avec l'institution - et un éducateur
représentant de celle-ci, interface entre le
jeune et ses collègues. Adulte prêt à mieux
comprendre le jeune et à partager
certaines éléments de sa subjectivité
à lui, sans pour autant se départir de son
identité de membre de la communauté
professionnelle. Résultat facilitateur souvent
garanti !
B. Corollairement, il nous faut nous situer aussi par rapport aux
familles des enfants placés pour raison sociale.

Certaines de celles-ci sont prêtes à continuer leur
investissement affectif et éducatif de l'enfant. C'est
justice alors, et bénéfice potentiel pour ce
dernier, que de
les prendre comme elles sont, en les stimulant à
donner le meilleur d'elles-mêmes.
Sans cette démagogie contemporaine qui consiste à
les porter aux nues en faisant
semblant d'abaisser les compétences de l'institution :
cette position hypocrite
m'irrite ; en 2008, si des enfants ont été
éloignés de leur famille, c'est qu'il y avait de
bonnes raisons, quand même ! Tant mieux si des familles
se reprennent ou
continuent à offrir leur part de ressources ! Il s'agit
alors de les garder vivantes dans
le processus, et agents du présent et de l'avenir dans
les zones où cela reste
possible, mais sans nier leurs limites !
( Peille, 2005 )

D'autres familles dénient leurs manques, même graves,
et attribuent à des
facteurs externes les malheurs qui se sont abattus sur elles et
ont entraîné la mise à
distance de l'enfant. Elles assurent qu'elles sont les meilleures
éducatrices du monde
et que ce qui leur arrive, c'est de la persécution. Leurs
émotions et convictions
peuvent être feintes ou sincères : en
écrivant ces lignes je pense à une petite fille de
quinze mois qui a été repérée à
trois moments différents porteuse de lésions
physiques, dont un début d'hémorragie
rétinienne. Après atermoiements
institutionnels - un grand classique ! - un placement
de longue durée s'en est suivi
mais la maman est indignée, proteste bruyamment de ses
qualités, accuse la crèche
et le père – séparé - d'avoir
brutalisé l'enfant et envahit notre service de son chaos,
de sa souffrance dramatisée et de ses argumentations
irraisonnées.

Ma position par rapport à ces mélanges de souffrances
des parents, intriquée à
une grande incompétence si pas à une franche
toxicité est très proche de celle que
défend Maurice Berger dans nombre de ses écrits
( Berger, 2004 ) : il faut pouvoir
assumer que même sans intentionnalité perverse, il
existe des familles gravement et
longuement toxiques pour leurs enfants, notamment les plus
jeunes, et procéder à
des séparations, de longue durée s'il le faut. Reste
à se montrer empathiques pour la
souffrance des parents, mais à résister aussi
à ces chants de sirène où ils mettent
en avant les injustices sociales à leur égard et
leurs soi-disant qualités retrouvées ...
Aucun enfant n'est la propriété de ses parents,
rappelons-le !

Réciproquement, il nous faut tenir compte de ce que vit
l'enfant par rapport à sa
famille d'origine. Quand c'est un attachement
« normal », il n'y a souvent pas de
problème important.
Mais que faire face à l'idéalisation ? La
combattre directement ou plus ou moins
sournoisement, plus ou moins subtilement ? Certainement pas,
ça fait pis que bien !
Limitons-nous plutôt à écouter patiemment et
silencieusement l'enfant qui en parle.
Lui refléter «
C'est-ce que toi tu
vis ... », sans critiquer mais sans confirmer non plus.
Et puis, lui offrir en alternative des liens humains très
valables, qui finiront peut-être
par lui faire relativiser l'idéalisation de ses racines.
Et que faire face à la haine, lorsqu'elle semble s'enraciner
dans des rejets ou des
maltraitances graves ? Poser les mêmes attitudes
qu'à propos de l'idéalisation. Se
souvenir que le pardon constitue un choix libre : il ne
s'impose pas sur commande !
Pour vivre, l'enfant qui a été injustement
blessé a le droit de détruire ses agresseurs,
dans ses mots, ses fantasmes, le rejet d'eux ou une demande
de réparation sociale.
Tout au plus peut-on travailler à ce qu'il distingue
bien ses vrais agresseurs et le
reste de la communauté, avec qui au moins il gagne
à se réconcilier.
Et si le rejet de sa famille émis par l'enfant s'enracine
surtout dans sa souffrance de
se sentir délaissé, sans que l'on sache toujours
bien jusqu'à quel point c'est
objectif ? Ici, je suggère qu'un service social
effectue des explorations discrètes, à
l'insu de l'enfant, dans sa famille d'origine et élargie,
pour comprendre ce qu'il en est
des motivations de la famille, ou d'une partie de celle-ci
à renouer ou non des liens
avec lui. Je n'irais pas réveiller les morts ; par
contre, si une disponibilité existe, cela
vaut la peine de tenter une reprise de contacts.
III. Constatations et perspectives institutionnelles
Fin des années 1950, on
« plaçait » facilement les enfants
défavorisés, par
intolérance sociale ou sur simple demande de leurs
parents à la dérive ( Charles,
1979 ). Des juges paternalistes à la
Gabin (
7)
y pourvoyaient, quand ce n'était pas
simplement les services sociaux, sans beaucoup de compte à
rendre à quiconque,
sans guère d'investissement du travail avec la famille,
sans réévaluations ni
recherche soignée de solutions alternatives.
A-t-on progressé depuis, vers un réel progrès
en qualité humaine ? A l'unisson de
M. Berger ( 2003, 2007 ), je me le demande bien
souvent !

D'abord, les placements stables pour
« simples » raisons sociales sont beaucoup
plus difficiles à mettre en place et, en Belgique ils se
trouvent bien davantage aux
mains des services sociaux d'Etat que dans celles des
magistrats. Hélas, à l'unisson
d'un certain discours politique, ces services se font trop
souvent les chantres du
« tout à la famille » couplé
accessoirement à « l'enfant doit être
d'accord ». C'est
bien dans l'air du temps, ça !
( Durning, 1992 )
Et donc, on laisse végéter dans des familles
irréductiblement et largement
défaillantes, négligentes si pas activement toxiques
des enfants qui auraient pu
bénéficier bien plus précocement d'un bon
contenant social. Et ce n'est pas la visite
bimensuelle en famille d'un travailleur social bien formé
à la systémique qui y change grand chose.

Dans un ordre d'idée analogue, quand un préadolescent
inaugure des troubles du
comportement dont il est impossible d'obtenir une réduction
significative via
traitement ambulatoire, on peut le balader, lui et sa famille un an,
dix-huit mois, entre
juges pour mineurs et services sociaux qui se le renvoient de
réunion de concertation
en réunion de synthèse avant d'obtenir son ticket
d'entrée en internat spécialisé
( Bauer, 1980 ). Et pendant ce temps gaspillé
en illusions et en bureaucratie, son
absentéisme scolaire, ses premières
consommations « de substances » ou de sexe
sauvage, sa tendance à se rebeller, à fuguer,
à entrer dans des zones glauques du
monde se sont considérablement amplifiés. Peu
importe qu'un pédopsychiatre,
même chevronné, tire un signal d'alarme auprès
des Instances sociales officielles :
le narcissisme institutionnel et les rivalités
règnent en maître et l'on recommence
toujours tout à zéro !

Dans cette même logique de « d'abord la
famille » qui devient vite « d'abord les
droits des parents géniteurs », la frilosité
reste immuable par rapport aux déclarations
d'adoptabilité des enfants jeunes ( Gore,
2007 ) : il suffit d'une vague visite
occasionnelle d'un parent biologique à la
pouponnière ou à la maison d'enfants pour
que l'on considère comme sacré l'ombre si
pas le simulacre du lien qui existe et pour
qu'alors, on maintienne envers et contre tous des
placements en collectivité pour des
enfants qui n'ont pourtant pratiquement pas de famille.

On peut raisonner de la même manière, du moins
en Belgique, à propos du
placement familial qui est trop peu utilisé et surtout
bien trop peu protégé quand il
existe : les liens affectifs et spirituels n'ont toujours quasi
aucune importance aux yeux des autorités officielles
si « le sang »
de la mère biologique se réveille, même
des années plus tard. Pour peu qu'elle montre qu'elle
a changé, on lui restitue
l'enfant, comme si celui-ci était une chose, sans
considérations pour ses autres enracinements.

En référence à la législation,
beaucoup de placements sociaux sont programmés
pour des durées limitées, souvent un an,
éventuellement renouvelable. Comment un
enfant véritablement délaissé peut-il
se sécuriser et s'enraciner dans de telles
conditions, où il n'est jamais qu'un visiteur de
passage ? Et s'il a des troubles,
pourquoi cette pression faite sur les institutions pour
qu'elles obtiennent des résultats rapides ?
C'est aussi dans l'air du temps, cette tyrannie des objectifs et
des résultats bien
visibles comme si l'enfant était un portable dont on peut
ouvrir le ventre pour le
perfectionner ... ou le jeter. Seul
« bénéfice » de cette
idéologie : l'enfant met trois
mois pour atterrir dans son institution et, à partir
du neuvième mois, ce n'est plus à
lui, mais à la question de son départ que l'on
réfléchit.

L'allergie des politiciens et des services sociaux aux
institutions résidentielles,
ainsi que leur souci de faire des économies sont tels
qu'ils ont inventé une vilenie
rebaptisée progrès social : c'est la
possibilité de vivre seul en chambre supervisée,
en ville, à partir de seize ans ... pour se
préparer à l'autonomie. Qui d'entre nous,
lecteurs de familles « normales »,
accepterait vraiment que son fils ou sa fille de
seize ans, ( pourtant estimé(e) bien dans sa
peau ), habite tout(e) seul(e) et se
prenne en charge, avec des visites occasionnelles d'adultes
superviseurs censés l'encadrer ?
Ce n'est pas vraiment inscrit dans notre culture ! Pourtant,
sous la pression de leurs
autorités de tutelle, dans nombre d'institutions
résidentielles, on suggestionne des
jeunes déjà fragiles, pleins d'illusion sur
les soi-disant apports de la liberté matérielle,
pour qu'ils acceptent de quitter précocement
« le lien institutionnel ». Cela en rend-il
quelques-uns uns rapidement plus matures ? Oui,
peut-être, mais on ne parle pas de
la majorité des autres qui se sentent à la
dérive, seuls, se sentant sans importance,
s'éclatant vaille que vaille dans des compensations
matérielles plus ou moins licites
pour oublier le vide de leur vie.

Faut-il vraiment réévoquer, véritables
chancres entre les institutions, les
phénomènes de rivalité, d'orgueil ou
d'agressivité plus ou moins camouflées qui
président parfois davantage aux choix - passage à
l'acte et aux décisions prises que
ne le ferait une véritable réflexion sur
l'intérêt du jeune et de sa famille. Ceci a sans
doute existé de tout temps, mais ne s'améliore
toujours pas significativement !
Ce qui me semble impérissable aussi, c'est la bureaucratie,
le manque de créativité
et d'audace, le besoin d'ouvrir son parapluie et de se soumettre
puérilement à
l'autorité hiérarchique ( Langlois,
1997 ). On peut prendre l'exemple de l'abus sexuel,
en évoquant ces milliers de signalements non
réfléchis qui aboutissent à davantage
de destruction par traumatisation secondaire que la seule
maltraitance. Dans un
ordre d'idées analogue, il existe une
traçabilité inadmissible de la vie sexuelle des
mineurs pauvres et placés, puisque les institutions
se sentent obligées de signaler
aux juges tout ce qui dépasse en amplitude la bonne
vieille masturbation : Qui de
nous en ferait autant avec ses propres enfants, pour signaler
aux autorités leurs
premières activités sexuelles partagées,
même porteuses d'une certaine violence ?
En voici une autre illustration clinique. Depuis qu'il est
tout petit, Florian ( dix
ans ) proclame que « Jésus s'est
trompé en me mettant en garçon, je suis une
fille ». Et dès ses quatre, cinq ans, il
exprime ce trouble profond de son
identité sexuée - on peut parler ici de
transsexualité - de toutes les manières
qu'il peut. Se vêtir et se maquiller en fille, avec
des robes de princesses, n'en
est qu'un signe parmi d'autres. Vers ses sept ans, le couple
parental se
sépare avec violence ; Florian n'a plus de contact avec
sa mère qui mène une
vie très instable, et à peine plus avec son
père. C'est sa grand-mère
paternelle qui l'élève seule : elle l'aime
à sa manière, mais elle est très
sévère
et elle ne veut pas entendre parler de « ses idées
de PD ». Florian est bien
malheureux, obtient à l'arraché d'aller visiter
mensuellement les parents
d'accueil qui jadis avaient accueilli sa mère et qui le
connaissent et l'aiment
bien lui aussi ; il y parle de suicide et demande à aller
vivre en internat. En
vain, les services sociaux qui supervisent son destin veulent
qu'ils restent
chez sa grand-mère. Il m'était venu une
idée originale mais qui fut jetée sans
autre forme de procès : permettre à
Florian de vivre en accueil familial chez un
couple homosexuel masculin ou féminin. Mon idée
était qu'un tel couple
connaît de l'intérieur les problèmes et
souffrances liés à l'identité sexuée
et à l'affirmation de la différence
sexuée. Il aurait donc plus facilement été
tolérant et respectueux. Mais bon, cette idée
sulfureuse ne pouvait pas passer ...
Résumé en français.
L'auteur retrace la partie de son itinéraire professionnel
qui l'a amené à
s'occuper d'enfants défavorisés sociaux,
principalement lorsqu'ils étaient placés en
institution résidentielle. Il en tire des enseignements
à méditer par tous les
professionnels : Comment aider ces enfants ?
L'écoute suffit-elle ? Que nous
apprennent-ils sur le monde ? Quels pièges
éviter lors des psychothérapies ?
Comment se situer par rapport à leurs familles ?
Il pose également la question des véritables
progrès sociaux accomplis au fil du
temps quant à la prise en charge de ces enfants et
de leurs familles.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
Résumé en anglais : Summary.
Social child and adolescent psychiatry ; children
living in institutions for « social cases »
The author evokes the steps of his professional route which
led him to deal with social underprivileged children, when
they were sent to residential
institutions. From his personal itinerary, he extracts ideas
to be meditated by other
professionals : How to help these children ?
Is listening enough ? What do they teach
us on the world ? Which traps to avoid during
psychotherapies ? How to deal with
their families ?
He also raises the question about the real social progress
accomplished in time with
the care of these children and their families.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
Résumé en néérlandais : Samenvatting.
Sociale kinderpsychiatrie ; kinderen geplaatst in
instellingen voor « sociale problemen »
De auteur beschrijft het deel van zijn professionele route die hem
ertoe heeft aangezet om zich met sociale kansarme kinderen te
bekommeren,
hoofdzakelijk wanneer zij in residentiële instellingen werden
geplaatst. Hij trekt er een
les van voor alle professionelen : hoe deze kinderen
helpen ? Voldoet het hen te
beluisteren ? Wat leren zij ons over onze wereld ? Welke
strikken vermijden
gedurende de psychotherapieën ? Hoe hun families
begeleiden ?
Hij stelt eveneens het vraagstuk de vraag van de echte
maatschappelijke
vooruitgang en die mettertijd wat de overnameaanpak van
deze kinderen en hun
families betreft wordt geboekt.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
Résumé en espagnol : Resumen.
Paedopsiciatria social ; niños colocados en
instituciones por « casos sociales »
El autor describe la parte de su itinerario profesional que
le llevó a
ocuparse de niños desfavorecidos sociales, principalmente
cuando les colocaban en
instituciónes residenciales. Saca conclusiones en que
todos los profesionales
podrian refleccionar : ¿Cómo ayudar a estos
niños? ¿Basta con escucharles? ¿Qué
nos aprenden sobre el mundo? ¿Qué trampas evitar
en las psicoterapias? ¿Cómo
situarse con relación a sus familias?
Plantea también la cuestión de los verdaderos
progresos sociales realizados con el
paso del tiempo en cuanto a la toma a cargo de estos niños
y de sus familias.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
Psychiatrie sociale ; enfants cas sociaux ;
cas sociaux ; enfants placés ;
institutions résidentielles ;
placement en institution ; carence affective.
Children social cases ; residential institution ( for social
cases ) ; emotional deprivation.
Kinderen sociale gevallen ; residentiële
instelling ( voor sociale
gevallen ) ; geplaatste kinderen ;
gevoelsgebrek aan affectie.
Niños casos sociales ; institución
residencial ( para casos
sociales ) ; niños colocados colocación
en institución ; psicoterapia ; falta emocional.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
1. Psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie, professeur
émérite à la Faculté de Médecine
de l'Université Catholique de Louvain.
Courriel :
jyhayez@uclouvain.be.
Site Web :
http://www.jeanyveshayez.net/
2. Dans ce texte, les termes « enfants »,
« jeunes » ou « mineurs
d'âge » sont synonymes. Lorsqu'il
faudra des spécifications relatives à l'âge,
elles seront introduites clairement : Bébé
jusqu'un an révolu ; enfant (d'âge)
préscolaire : de trois ans à cinq ans
révolus ; enfant en âge d'école primaire :
de six ans à onze ans révolus ;
préadolescent de onze ans à douze ans
révolus ; puis, adolescent.
3. Nous étions début des années 60 et
les ministres avaient d'autres choses à faire que de
réglementer par décret tout et n'importe quoi
du quotidien.
4. Vaste programme quand-même, je l'avoue.
5. L'adulte, ou plutôt un petit groupe adulte de
référence, car pour les réconcilier
avec eux-mêmes, il
vaut mieux se constituer une petite équipe en se
soutenant mutuellement.
6. A remarquer qu'un psy en institution résidentielle
n'y remplit pas ipso facto des fonctions de
psychothérapeute ! Au moins aussi souvent, il
participe à l'observation et au diagnostic ; il
prend part également au processus psychopédagogique
( mettre au point des attitudes du quotidien, en
référence à la psychologie de chaque enfant
et à celle du groupe ). Alors, il est nettement moins
« tenu » par quelques secret professionnel. Parfois
même, il lui faudra mettre beaucoup d'énergie
subtile pour prendre sa place, ni plus ni moins, dans des
réunions d'équipe centrées sur une autre
culture que la sienne. Prendre sa place ? Ecouter les
autres, bien sûr, mais savoir demander du
temps pour soi. Garder confiance en ce que sa discipline peut
apporter ; chercher les
complémentarités avec les apports des autres. Enfin,
sans se sentir pour autant l'analyste de sa
propre institution, le psy peut faire ce qu'il peut pour
que l'ambiance relationnelle y soit conviviale,
respectueuse de chacun, et pour que tant les enfants que
les éducateurs y soient reconnus comme
« agents » de leur propre devenir.
7. Il joue le personnage du bon juge Lamy dans le film
«
Chiens perdus sans collier » ( Delannoy,
1959 ), tiré d'un roman du même nom de
Gilbert Cesbron (1957).
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
Création le 12 février 2008.
Dernière mise à jour
le dimanche 04 avril 2010.
DS.ds
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Bravo de m'avoir trouvé
Félicitations
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480
mais est encore correcte avec les écrans
plus grands 1600x1200 ou autres.
Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur
Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son
infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480 mais est
encore correcte avec les écrans plus grands 1600x1200 ou autres.
Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur
Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son
infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Résumé - Abstract - Samenvatting - Resumen.
ici
Mots clés.
ici
Bibliographie.
ici
Notes.
ici
Télécharger.
ici
Résumé en français : Résumé.
ici
Résumé en anglais : Summary.
ici
Résumé en néerlandais : Samenvatting.
ici
Résumé en espagnol : resumen.
ici
.
.
Note 1.
(1). Psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie, professeur
émérite à la Faculté de Médecine
de l'Université Catholique de Louvain.
Courriel :
jyhayez@uclouvain.be.
Site Web :
http://www.jeanyveshayez.net/
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
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Note 2.
(2). Dans ce texte, les termes « enfants »,
« jeunes » ou « mineurs
d'âge » sont synonymes. Lorsqu'il
faudra des spécifications relatives à l'âge,
elles seront introduites clairement : Bébé
jusqu'un an révolu ; enfant (d'âge)
préscolaire : de trois ans à cinq ans
révolus ; enfant en âge d'école primaire :
de six ans à onze ans révolus ;
préadolescent de onze ans à douze ans
révolus ; puis, adolescent.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
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Note 3.
(3). Nous étions début des années 60 et
les ministres avaient d'autres choses à faire que de
réglementer par décret tout et n'importe quoi
du quotidien.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 4.
(4). Vaste programme quand-même, je l'avoue.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 5.
(5). L'adulte, ou plutôt un petit groupe adulte de
référence, car pour les réconcilier
avec eux-mêmes, il
vaut mieux se constituer une petite équipe en se
soutenant mutuellement.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
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Note 6.
(6). A remarquer qu'un psy en institution résidentielle
n'y remplit pas ipso facto des fonctions de
psychothérapeute ! Au moins aussi souvent, il
participe à l'observation et au diagnostic ; il
prend part également au processus psychopédagogique
( mettre au point des attitudes du quotidien, en
référence à la psychologie de chaque enfant
et à celle du groupe ). Alors, il est nettement moins
« tenu » par quelques secret professionnel. Parfois
même, il lui faudra mettre beaucoup d'énergie
subtile pour prendre sa place, ni plus ni moins, dans des
réunions d'équipe centrées sur une autre
culture que la sienne. Prendre sa place ? Ecouter les
autres, bien sûr, mais savoir demander du
temps pour soi. Garder confiance en ce que sa discipline peut
apporter ; chercher les
complémentarités avec les apports des autres. Enfin,
sans se sentir pour autant l'analyste de sa
propre institution, le psy peut faire ce qu'il peut pour
que l'ambiance relationnelle y soit conviviale,
respectueuse de chacun, et pour que tant les enfants que
les éducateurs y soient reconnus comme
« agents » de leur propre devenir.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
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Note 7.
(7). Il joue le personnage du bon juge Lamy dans le film
« Chiens perdus sans collier »
( Delannoy,
1959 ), tiré d'un roman du même nom de
Gilbert Cesbron (1957).
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
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Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
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Pédopsychiatrie sociale; enfants placés en
institutions pour « cas sociaux »
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