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Jean-Yves Hayez ABUS SEXUEL, MALTRAITANCE, Jean-Yves Hayez
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Préface du livre
L'enfance muselée
par Catherine Bonnet
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" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va
et d'employer l'esprit à le justifier."
Jean Guéhenno.
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Préface du livre « l'enfance
muselée » par Catherine Bonnet
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J.-Y. HAYEZ
(
1).
« Ce que vous faites au plus petit des miens,
c'est à moi
que vous le faites » Matth., 25, 40.
L'HISTOIRE que va vous raconter Catherine Bonnet, son
histoire, est hallucinante. Sur le plan de sa carrière, cela
se termine très mal pour elle, car on l'a véritablement
étranglée. Heureusement deux rapporteurs du Haut
Commissariat aux Droits de l'Homme et une prise de
position positive de la World Psychiatric Association, en
juillet 2006, ont tout à fait confirmé la valeur de son
travail. Heureusement, le docteur Bonnet a eu
suffisamment de ressources en elle pour tenir debout et
continuer à croire qu'une vie engagée valait la peine
d'être vécue. Je connais suffisamment la personne et
l'honnêteté intellectuelle fondamentale de Catherine
Bonnet pour vous garantir que ce que vous allez lire est
tout à fait fiable : l'auteur ne souffre ni de dépression
chronique, qui aurait noirci en permanence son champ de
vision, ni de paranoïa galopante.
Elle a eu un très grand tort, quand même, qu'elle vous
raconte au début de son histoire : celui d'avoir écouté et
pris au sérieux de tous petits enfants qui se plaignaient
d'avoir été abusés sexuellement, avec leur vocabulaire
rudimentaire et leur mémoire fragile. Et d'avoir été
abusés pas par n'importe qui, mais par des personnes
très proches, souvent leur papa. Très proches, mais
aussi bien implantées socialement, respectables et
puissants. Hélas, pour cette fois, pas des papas bien
vulnérables, immigrés chômeurs et buveurs ... Après
avoir bien réfléchi à ce qu'elle avait entendu, n'écoutant
que sa conscience, Catherine Bonnet a signalé leur cas
aux autorités compétentes. Ce faisant, elle a d'ailleurs
été dans le sens de ce que la loi recommande aux
professionnels, mais non sans ambiguïtés, notamment
lorsqu'il s'agit de médecins. Ce n'est pas elle qui a instruit
les affaires, non, ni statué finalement sur le bien-fondé de
l'accusation; elle a tout simplement fait part de sa
conviction.
Eh bien, croyez-moi, cela ne se fait pas ! Les papas
qu'elle mettait en question n'ont pas voulu assumer
qu'après tout, elle tentait de protéger leurs enfants, la
cause des enfants, comme elle l'aurait fait - comme nous
devrions tous le faire ! - pour tout enfant évalué en
situation dangereuse, en demandant une enquête
judiciaire approfondie pour y voir plus clair. Ils ont voulu
faire d'elle une sorcière hystérique et mangeuse
d'homme. Et puisqu'ils étaient des gens habiles et
puissants, ils ont eu l'art de mener contre elle des
campagnes efficaces. Campagnes de presse. Mais surtout,
campagnes auprès de certaines institutions officielles.
L'ordre des médecins départemental a marché
comme un seul homme. Comme un seul homme, c'est vraiment le
cas de le dire : réaction machiste d'un club de messieurs
respectables et se sentant attaqués par procuration ;
réaction de gens désinformés aussi : ce
n'est pas une
femme, n'est-ce pas, qui pouvait se voir reconnu le droit de
s'arroger autant de pouvoir face à l'ordre masculin. Tous ces
chefs de service très dignes, qui n'ont jamais eu dans la
tête
la moindre mauvaise pensée sexuelle, n'allaient quand
même pas accepter qu'une espèce de folle isolée
dans son coin accuse de si respectables papas !
Et bien, ils la persécutèrent : il n'y a pas d'autres mots ! Face
à elle, qui n'avait fait que suivre sa conscience et se
conformer à la loi, ils trouvèrent mille prétextes pour
considérer comme d'horribles crimes - bien plus graves que
l'abus sexuel ! - quelques maladresses dans la
rédaction de ses certificats.
Petit à petit, des gens comprirent quand même les
injustices
qui s'abattaient sur Catherine Bonnet et se mirent à
défendre
sa cause. Ce fut le cas de chefs de service de pédiatrie ou
de gynécologie ou de psys étrangers. Le Conseil
national de
l'Ordre des médecins fit preuve d'une hauteur d'esprit et
d'une compréhension plus dignes. Mais trop tard pour sa
carrière. Et elle n'obtint jamais de ses pairs psys les plus
proches la solidarité claire qu'elle aurait
méritée. Beaucoup
se conduisirent en couards, donneurs de leçons, peu
désireux de s'engager et de prendre des risques pour une
consoeur isolée et décriée.
Cette histoire est effrayante parce que, au-delà du cas
singulier de Catherine Bonnet, particulièrement persécutée
pour ses convictions, elle montre combien l'aide aux enfants
en difficulté reste aléatoire et risquée pour ceux qui s'y
engagent corps et âme.
Quand les tout petits se plaignent d'une maltraitance
physique ou sexuelle, ils devraient pouvoir être
écoutés avec
respect, tranquillement, sans débordement émotionnel,
puis conduits très rapidement chez un spécialiste
qui connaît bien
et les questions de maltraitance, et la psychologie des tout
petits. Des écoutants experts bien formés peuvent
se forger
une conviction raisonnable, affirmative ou négative, pour plus
de la moitié des situations qui leur sont soumises rapidement.
Celle-ci se base sur l'analyse du discours de l'enfant, le
contexte de la production de celui-ci, et d'autres critères
encore.
Mais à supposer que ce travail ait été fait, que l'écoutant ait
l'intime conviction que tel petit enfant ait été maltraité ou
abusé et qu'il le signale à qui de droit, que croyez-vous qu'il va
advenir ? S'il n'y a pas de preuves matérielles concomitantes,
probablement rien du tout: le suspect et ses avocats feront
régner en maître l'idée qu'un petit enfant ne peut être que
fabulateur, sans mémoire ou suggestionné par des adultes
malveillants ; une grande majorité de tribunaux pénaux
s'abriteront trop frileusement derrière le principe de
présomption d'innocence pour arrêter les investigations ou
innocenter les suspects : pour achever de les convaincre, les
avocats agiteront, ou se contenteront même de murmurer un
seul mot : « Outreau » à grands effets de manche : effet
garanti pendant les dix années à venir! Et rares seront les
juges pour mineurs qui prendront la responsabilité de penser
que l'enfant est quand même probablement en danger, et qu'il
vaudrait mieux contrôler efficacement ou suspendre, pour une
durée indéterminée les contacts avec le suspect. C'était déjà
le cas en 2004 ; après, l'affaire d'Outreau a été un désastre
dans ses deux étapes : celle où l'on s'est montré incompétent
pour décoder les limites de certains discours d'enfants et où
l'on a emprisonné à la légère des innocents; mais l'étape
retour encore plus, car elle a été exploitée de façon très
perverse par l'ordre adulte dans son ensemble ; celui-ci a fait
croire à tous, triomphalement, que les intervenants avaient
pour manie de sacraliser la parole des enfants alors que cette
parole valait bien peu de choses. Mensonge ! Utilisation
perverse d'un vrai drame pour semer injustement le doute sur
l'enfance ! Il ne faut jamais oublier que, pour la dizaine
d'adultes injustement accusés à Outreau et qui ont souffert de
façon inacceptable, il existe chaque année, en France et en
Belgique, des milliers de plaintes d'enfants très probablement
victimes qui ne sont pas prises au sérieux, traitées avec une
bureaucratie scandaleuse ou même pas entendues. Et le plus
haut magistrat de France (ou de Belgique) ne viendra jamais
leur présenter ses excuses, à ces petits !
Le cauchemar va parfois plus loin. Si un intervenant s'obstine
« à la Bonnet », le sort de celle-ci lui pend
au nez : on ne met
pas impunément en question des institutions ou des adultes
puissants et respectables. Dans mon pays, en Belgique, le
niveau socioprofessionnel le plus élevé des gens
dont je me souviens qu'ils ont jamais été
condamnés dans des histoires
de moeurs ou de maltraitance physique contre mineurs, ce
sont des curés ou des directeurs d'école
primaires. Au-dessus, virevolte un ballet de discrets coups
de téléphone
dissuasifs qui s'échangent entre loges maçonniques,
réseaux
catholiques ou beaux-frères de ministres et l'institution
policière ou judiciaire. Et il arrive que cela marche ... Tout
au plus l'un d'eux va-t-il soudainement se faire hospitaliser pour
soigner une dépression bien opportune et se faire oublier
quelques mois. Et il ne reste plus sur le carreau que des
enfants étiquetés comme fabulateurs
- « à qui une
psychothérapie, ça ferait tellement de bien, vous ne
pensez pas, monsieur le Professeur ? » - ou
alors, des enfants pointés du doigt comme vicieux et avides de
vengeance ...
L'existence de ces forces de résistance énormes devrait nous
inviter instamment à ne pas rester seuls devant ces situations
tellement minées de partout : si nous en avons l'opportunité,
prenons une précaution et donnons-nous une force
supplémentaire, celle de travailler en équipe; trouvons-nous
une institution honnête - il en reste ! - prête à s'engager sans
lâcheté. Ce soutien de « frères et soeurs proches » en travail
peut s'avérer des plus précieux.
Alors ? Il n'y a pas de happy end facile, je l'annonçais au
début. Le combat entre le Bien et le Mal fait rage dans le
monde et en chacun de nous, et il nous faut choisir notre
camp. Si c'est celui de la protection des plus faibles, nous
connaîtrons régulièrement cette joie de voir leur sourire
revenu, face à une vie redevenue plus juste ; parfois, il nous
faudra nous contenter d'être à leurs côtés, impuissants à
changer leur sort mais ne les abandonnant pas à celui-ci.
Toujours, nous prendrons des risques qui nous éclateront
parfois à la figure. Souvenons-nous alors que Catherine
Bonnet et bien d'autres, connus ou anonymes, ont été
jusqu'au bout !
Jean-Yves HAYEZ
Professeur à l'Université catholique de Louvain
Premier Chef de service de psychiatrie infanto-juvénile
Cliniques universitaires Saint Luc de Bruxelles
Limal, ce 12/09/2006
- Notes. -
1. Je remercie le Professeur Jean-Yves Hayez pour son
soutien au cours de ces années et pour sa préface. De
nombreux articles sur la maltraitance sont disponibles sur
son site :
http://www.jeanyveshayez.net/
Création le 21 février 2007.
Dernière mise à jour
le dimanche 28 mars 2010.
ds.ds
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Bravo de m'avoir trouvé
Félicitations
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.

... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480
mais est encore correcte avec les écrans
plus grands 1600x1200 ou autres.
Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur
Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son
infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
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le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
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jyhayez@uclouvain.be
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
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appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
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Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur
Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son
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Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez
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- Notes automatiques. -
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.
Note 1.
(1). Je remercie le Professeur Jean-Yves Hayez pour son
soutien au cours de ces années et pour sa préface. De
nombreux articles sur la maltraitance sont disponibles sur
son site :
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Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
Mots clés
abus sexuel, maltraitance, mineur abusé,
sexualité contrainte, protections criminelles,
judiciarisation, traumatisation sexondaire.
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heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
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Préface du livre « l'enfance
muselée »
par Catherine Bonnet
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abus sexuel,
accompagnement éducatif,
adolescents abuseurs,
adolescents,
allégation d'abus sexuel,
angoisse de séparation,
angoisse,
anxiété,
assuétude,
autorité parentale,
beaux-parents,
besoins psychiques des enfants,
bizarrerie sexuelle infantile,
cadre thérapeutique,
confidences,
confidentialité,
conformisme,
culpabilité,
debriefing collectif,
délinquance,
dépendance,
dépression,
destructivité,
deuil compliqué,
deuil pathologique,
éducation sexuelle,
enfant abuseur,
enfants,
énuresie,
éthique,
équipes SOS-Enfants,
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famille reconstituée,
Familles restructurées,
guerre,
identité,
infanto-juvénile,
intervention de crise,
Jean-Yves Hayez,
jeux sexuels,
livres,
mendiants,
mort,
mort d'un proche,
mots-clés,
pédopsychiatrie,
perversion sexuelle infantile,
perversion sexuelle,
peur,
pornographie,
protection,
psychiatrie de liaison,
psychothérapie,
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relation de soin,
réparations,
réseau de santé,
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séparation parentale,
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sexualité normale,
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soins pluridisciplinaires,
stress,
SOS-enfants,
suggestibilité,
syndrome de stress post-traumatique,
traumatisme psychique,
trouble de l'endormissement,
trouble du comportement,
trouble psychique,
urgences,
violence,
vulnerabilité.