Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez

Aliénation parentale :

un concept

à haut risque

* biographie, recueil de publications scientifiques et articles de presse du professeur Jean-Yves Hayez.
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" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va
et d'employer l'esprit à le justifier." Jean Guéhenno.
Jean-Yves Hayez
a le plaisir de vous proposer



Aliénation parentale : un concept à haut risque



Paru dans Revue trimestrielle de droit familial , 2005, 4, 265-284

J.-Y. Hayez, (1) P. Kinoo, (2).



Table des matières

§ I. MOTIVATIONS EN JEU
A. PR a provoqué le refus
1. Les blessures relationnelles profondes
2. Les situations de maltraitance et les abus sexuels
B. C'est PG qui provoque le refus
C. L'enfant seul provoque le refus
D. Les causes multiples
§ II. LA RÉDUCTION DES CAUSES A UN CONCEPT UNIQUE : LE SYNDROME D'ALIENATION PARENTALE (SAP)

§ III. COMMENT SE PRÉSENTE LA RÉALITÉ DU TERRAIN LORSQU'UN PARENT EST REFUSÉ ?
A. Deux « actions de refus » bien typées
1) L'allégation d'abus sexuels
2) Les enlèvements d'enfants
B. Les conséquences sur l'enfant
§ IV. LA PRISE EN CHARGE MULTIDISCIPLINAIRE DES SITUATIONS OÙ UN PARENT EST REFUSÉ
A. L'optique de Gardner et de ses élèves
B. Une vision plus large
1) Le cadre de l'intervention
a) En position d'expert
b) En position de « consultant unilatéral »
c) En position de psychothérapeute
2) Que décider?


Après séparation du couple parental, il existe dans un nombre non négligeable de cas des difficultés de « circulation » de l'enfant (3) entre ses parents. Ces difficultés sont plus ou moins importantes et plus ou moins durables, jusqu'au refus total et permanent d'encore séjourner chez un des parents. Nous appellerons PR ( parent refusé ) celui qui est l'objet de ces difficultés et PG ( parent gardien ) le parent gardien de facto de la vie quotidienne de l'enfant, chez qui celui-ci séjourne (4).

Ces difficultés de circulation se répartissent sur une échelle :

 - A un extrême, on a à faire à des difficultés somme toute légères où l'enfant va chez PR en traînant les pieds, en usant de ficelles pour y passer le moins de temps possible ; il dit s'y ennuyer et à l'adolescence, les visites se raréfient encore jusqu'à se réduire à leur plus simple expression.

 - A l'autre, ce sont des refus totaux, dont certains vont s'avérer irréductibles, et d'autres aménageables moyennant interventions judiciaire et sociale fortes.

Le fait que la loi belge déclare depuis avril 1995 que l'autorité parentale reste conjointe entre les parents légaux séparés, pour peu que leur conduite éducative ne nuise pas à l'enfant, n'a pas beaucoup changé ce problème. Ce n'est pas le seul poids d'un texte, assorti de facto de peu de mesures de surveillance et de contrainte qui est de nature à changer de profondes dispositions affectives et leurs conséquences comportementales.

§I. - Motivations en jeu


Les motivations à l'oeuvre pour rendre compte de ces difficultés de circulation sont complexes et variées. Schématiquement, nous en retiendrons trois catégories.

Imaginons une sorte de courbe de Gauss. À un extrême se trouveraient les situations bloquées dont PR est le principal ou l'unique responsable. À l'autre celles qui sont dues à PG. Au centre, se trouvent les situations les plus fréquentes, multifactorielles, où chacun y met du sien en agressivité. Néanmoins, cette référence à une courbe de Gauss qui ne tiendrait compte que des facteurs « parentaux » est boiteuse, car nous verrons qu'il y a aussi de rares situations où c'est l'enfant seul qui se construit sa représentation négative de PR ( cfr § l.C ).

A. PR a provoqué le refus

Au premier extrême, c'est donc PR qui a provoqué, principalement ou exclusivement, que l'enfant le perçoive comme un repoussoir. Perception liée, en proportions variables, aux comportements passés et actuels de PR.

1) Les blessures relationnelles profondes

En voici quelques exemples :

 - Du temps où le couple vivait ensemble, PR était l'auteur de fortes violences envers son conjoint ( le plus souvent, l'homme envers la femme ). Que l'enfant ait ou non reçu des coups lui-même n'y change pas grand-chose : il s'est imprimé dans son psychisme l'image d'un adulte violent, qui a fait du mal à PG que l'enfant aime et parfois protège ou défend.

 - Du temps où le couple vivait ensemble, PR n'investissait en rien l'enfant. Après la séparation, il ne se met à réclamer des visites que tardivement ; sa motivation principale semble être de continuer à harceler son ex, plus que de chérir vraiment l'enfant ( Hester et Ralford, 1996 ). Ou alors, la motivation de PR est plus carrément financière et inavouée (5).

 - PR s'est remis en ménage avec un compagnon ou une compagne qui n'aime pas l'enfant et le manifeste de façon subtile ou grossière. Ce que l'enfant refuse, en fait, c'est de fréquenter le système constitué par PR et son nouveau conjoint. Implicitement, il reproche à PR son inefficacité ou sa lâcheté au moment où il faudrait le défendre lui, l'enfant, contre l'injustice du « nouveau ».

 - PR - le plus souvent le père - a « plaqué » femme et enfants pour se jeter dans les bras d'une (très) jeune femme. Nombre de grands enfants et d'adolescents ne peuvent pas lui pardonner cette trahison qui les laisse orphelins, parfois brutalement, qui introduit gêne matérielle et souffrance morale dans la famille délaissée ... tout ça pour du sexe ou de l'illusion de jeunesse retrouvée.

2) Les situations de maltraitance et les abus sexuels

Les enfants qui, lors d'un séjour chez un parent, ont été abusés sexuellement par celui-ci ou par un de ses proches, se plaignent-ils spontanément ou refusent-ils sous l'un ou l'autre prétexte d'encore fréquenter ce parent ? C'est le cas pour une minorité d'entre eux, les plus grands surtout, soit qu'ils verbalisent ce qui leur est arrivé ( vraiment rare ! ), soit qu'ils montrent leur souffrance et leur refus à travers les signes nouveaux d'un comportement perturbé. Mais la majorité de ces enfants abusés sont des enfants (très) jeunes qui le sont de façon soft et qui ne comprennent pas bien ce qui leur arrive ; donc ils ne se plaignent pas et c'est par hasard que PG découvre qu'il y a eu abus (6)  ; ou alors, ces petits enfants ont quand même la vague intuition qu'il s'est passé quelque chose d'anormal et, presque sans le vouloir consciemment, ils font passer à PG un « innocent » test de vérification ( « Maman, tu mets aussi ton doigt dans ma mimine ?» demandera telle petite fille au bain ). Il s'ensuit alors une cascade d'interrogations et de réactions émotionnelles entre l'enfant et PG. Quelques fois, PG peut réagir en cherchant avec délicatesse, sans tout de suite dramatiser, une aide pour comprendre et résoudre le problème. Mais bien plus souvent, les réactions émotionnelles anxieuses, indignées, hostiles de PG poussent l'enfant à épouser étroitement l'indignation et le refus de PG, quitte parfois à en remettre et à se calquer sur une part de débordement imaginaire chez ce dernier.

B. - C'est PG qui provoque le refus

1) À l'autre extrême, c'est PG qui dysfonctionne principalement : dans ce cas, il mérite l'appellation de parent aliénant. Il détourne l'enfant du contact avec PR en dénigrant ce dernier d'une manière non justifiée, soit totalement, soit en tout cas via des exagérations non fondées.

PG peut agir seul, souvent en raison d'une forte problématique psychologique personnelle : psychose ( très rarement ), sentiments de persécution, histoire de vie particulièrement lourde, dont des éléments sont projetés indûment sur PR. Il n'est pas rare alors qu'il reconstitue un petit château fort bien barricadé, socialement isolé, dans lequel il s'enferme avec l'enfant. Surtout quand il vit seul avec l'enfant, sa manière de dénigrer PR peut être des plus subtiles et n'être mise en évidence que par une observation attentive. Par exemple, PG manipule les souvenirs anciens de l'enfant ; il parle de façon méprisante et négative de PR à des tiers sans s'adresser directement à l'enfant ; il leur fait notamment remarquer toutes les injustices que PR lui a fait subir ; il organise les visites chez PR à des moments frustrants pour l'enfant et organise des « passages » laborieux ( Van Gijseghem, 2003 ).

Plus souvent néanmoins, PG dispose d'alliés dans sa famille d'origine. Il n'est même pas rare que ce soient les propres parents de PG qui enveniment les choses : ici, la haine, le besoin de posséder l'enfant ou PG et l'enfant, sont le plus souvent à l'oeuvre.

On voit donc que aliénant est à prendre avec un double effet. Par son dysfonctionnement, PG aliène ( rend étranger ) le PR à l'enfant. Mais aussi, en ce faisant, PG va aliéner l'enfant à lui-même, le pousser dans le non-sens. Il n'y a pas si longtemps, on qualifiait les fous " d'aliénés " : devenus des étrangers à eux-mêmes et au monde, hors réalité. C'est de cette sorte d'aliénation qu'il s'agit quand un PG abuse de son pouvoir psychologique pour détruire l'image construite par l'enfant lui-même, et pour y imposer la sienne.

C'est dans ce contexte de vraie aliénation que de fausses allégations d'abus sexuel sont portées à l'égard de PR. Il faut garder toutefois la tête froide à propos de l'épidémiologie de celles-ci. Contrairement à ce que dit la rumeur, elles ne sont pas en extension (7) ou plutôt elles ne sont plus en extension. Après un « pic » entre 1996 et 1999, elles sont revenues actuellement au niveau d'avant ce pic.

Le parent aliénant est parfois de bonne foi, et réellement convaincu d'un abus ou d'attouchements. Il le fait en référence à ses propres vécus et problèmes psychologiques, qu'il projette sur l'enfant. Parfois au contraire, il invente délibérément. « C'est ma mère qui m'a dit qu'avec cette plainte, je gagnerai sûrement mon divorce », reconnaîtra dépitée une maman, plus inconsciente des effets de son accusation que réellement haineuse. Mais le plus souvent, l'allégation d'abus survient dans un contexte de conflit, de haine, de peur, où le moindre élément ( une rougeur près des zones génitales, un geste de l'enfant, etc. ) devient symptôme puis conviction ( Kinoo, 1999 ).

Quelle que soit la situation, ce sont des familles où une prise en charge thérapeutique impliquant l'enfant et ses deux parents est nécessaire. L'intervention de la justice seule est rarement une solution suffisante ( Kinoo, 1998 et Dandoy, Kinoo, Vandermeersch, 2003 ).

2) Il y a aussi les dramatiques problèmes liés à la différence culturelle ou religieuse qui pèse de tout son poids après la séparation du couple, souvent un couple de deux nationalités différentes. Ici, un des partenaires, souvent le père, n'hésitera pas à enlever activement l'enfant ou à ne pas le restituer après un séjour chez lui ; faisant fi de l'attachement qui existait entre l'enfant et l'autre parent, il coupera radicalement le premier de tout contact avec le second. Une motivation d'orgueil et de haine contre l'ex-conjoint s'ajoute fréquemment aux raisons d'ordre culturel et religieux et, malheureusement, les législations du pays où l'enfant a été emmené peuvent soutenir le parent aliénant.

C. - L'enfant seul provoque le refus

Dans d'autres cas, pas très nombreux non plus, le refus dirigé vers PR est principalement le fait du seul enfant. Les tranches d'âge concernées ici sont les enfants en âge préscolaire et les préadolescents ou les adolescents. Consciemment et fondamentalement, PG préférerait que ce refus n'existe pas, car il lui complique la vie. PR, lui, ne croit pas facilement que c'est l'enfant qui est en cause et accuse PG ; celui-ci se voit doublement victime de son ex-conjoint et de l'enfant ; il essaie donc de faire changer l'option de ce dernier, mais en vain (8).

À l'origine de ces refus, on peut invoquer :

 - Surtout chez les plus jeunes, la simple angoisse à anticiper la rencontre avec PR, devenu lointain et étranger ; l'angoisse que ce parent ne découvre les désirs oedipiens de l'enfant et ne le punisse pour cela (« Papa ne peut pas savoir que je me sens le petit homme de maman »).

 - La très banale angoisse surajoutée d'être réprimandé et puni parce qu'on a été irrégulier ou de mauvaise humeur lors des visites précédentes ( faille qui se creuse de plus en plus, de ce seul chef ).

 - Le conflit de loyauté que l'enfant éprouve tout seul après la séparation, surtout si celle-ci reste litigieuse entre adultes ; une manière simple de s'en sortir est de se représenter qu'il y a un bon et un mauvais parent et d'agir en conséquence ( Van Gijseghem, 2003, p 25 ).

D. - Les causes multiples

Néanmoins, dans la majorité des situations où un parent est refusé, les causes sont multiples. Chacun y met toujours du sien actuellement dans le conflit, mais, dans l'histoire du couple et de la famille, chacun a joué sa part de rôle négatif.

En voici trois exemples :

 - Quand le couple vivait encore ensemble, le père apparaissait comme plutôt dur avec la mère et « loin » affectivement de l'enfant ; après séparation, il continue à faire beaucoup d'ennuis à la mère ; il a l'air d'exiger les visites de l'enfant « pour le principe » et n'a pas su s'occuper positivement de lui les quelques premières fois où l'enfant a été le voir. La mère ne l'aime pas, ça c'est clair ; même si elle ne le désigne pas ouvertement, elle est incapable de faire passer l'image du « bon père » qu'il n'a pas été jusqu'à présent. Les grands parents maternels sont bien présents et sur la même longueur d'onde que leur fille. L'enfant est anxieux, ou très attaché à la mère ...

 - L'amplification « de bonne foi » de certaines inquiétudes sexuelles ( un anus un peu rouge devient un anus possiblement abusé ). La maman ne fait rien, ne consultera pas, et ne porte pas plainte, mais son inquiétude alimente le cercle vicieux qui entraîne la situation vers le refus.

 - De très forts et très clairs conflits existent depuis toujours entre les parents et expriment leur rivalité et la volonté de pouvoir de chacun sur l'autre. Quoi que les parents prétendent, l'enfant n'a jamais vraiment compté foncièrement comme personne dans ces conflits : objet de litige, objet que l'on se dispute, objet de chantages, il est manipulé - au moins inconsciemment - par chacun des parents. Quand l'un des deux en a la garde au quotidien, il l'accapare jalousement. L'autre parent hurle, mais ferait exactement la même chose si, d'aventure, l'enfant tombait dans ses mains. Ce dernier choisit prudemment de se conformer aux propos du camp dans lequel il réside pour le moment.

C'est aussi au sein de ces situations multifactorielles qu'on peut situer le mécanisme de « transmission inconsciente » par un parent de l'image négative qu'il a de l'autre. L'enfant capte les composantes souvent subtiles de cette transmission inconsciente et fait siennes les idées et les affects les plus intimes de ce parent.

§ II - La réduction des causes à un concept unique : le syndrome d'aliénation parentale (SAP)


Il y a une vingtaine d'années, concernant ces situations qui existent depuis bien longtemps, un psychiatre nord-américain, R. Gardner, a donné une identité officielle sous forme de nouveau concept, le syndrome d'aliénation parentale ( Gardner, 1992 ) ; il lui a donné aussi « une apparence scientifique », en schématisant et en résumant sa description en critères cliniques très concrets, dont la présence en nombre significatif doit faire diagnostiquer la présence de son syndrome ( comme les troubles psychiatriques décrits dans le DSM IV ). Les plus importants tournent autour du dénigrement inobjectif et passionné de PR ( et de ses alliés ) par l'enfant sous l'influence déterminante de PG ( et de ses alliés ). Gardner y inclut un critère qui coupe l'herbe sous le pied à tout doute et à toute critique : dans l'ambiance générale de sa description, l'enfant aliéné serait incapable d'avoir une pensée personnelle tout en affirmant vigoureusement qu'il en a une : l'enfant, selon l'auteur, se prétend être un « penseur indépendant » et insiste à ce propos, et l'auteur y voit précisément la preuve qu'il ne l'est pas. Cette certitude gardnerienne semble bien imprudente et généralisante et être plus de l'ordre de la vérité sectaire que de l'ouverture au réel à l'oeuvre, avec toutes ses nuances ! Si l'on suivait strictement Gardner, l'examinateur écoutant l'enfant qui dit à sa manière : « J'ai pensé tout seul », ne peut faire de cette déclaration qu'un déni de la réalité renforçant l'idée que l'on est bien face à un SAP !

Certains scientifiques, pas en très grand nombre, ont suivi Gardner et continué à promouvoir l'idée du SAP ( par exemple Lovenstein, 1998 ; Major 2000 ). Parmi les tentatives les plus dangereuses et confusionnantes dans ses effets potentiels, il y a celle de Kelly ( 2001 ), qui a coupé la définition clinique de tout lien étiologique : dans sa perspective, dès qu'un enfant dénigre un parent de façon disproportionnée par rapport à la réalité et ne veut plus aller en visite chez lui, il s'agit d'un SAP, quel que soit le panachage des responsabilités en jeu !

Ce cadre conceptuel étant proposé, il s'est passé ce que l'on pouvait redouter : on y a fait entrer beaucoup de vignettes cliniques. Parfois de bien légères, sans examiner soigneusement si l'on correspondait vraiment aux critères gardneriens officiels, qui, eux, ont au moins une pondération de gravité. Mais surtout sans grand souci de l'étiologie, ce qui revient à dire que l'on étiquette indûment comme parents activement aliénants nombre de PG relevant de la catégorie majoritaire des causalités multifactorielles que nous venons d'évoquer.

Ce « remplissage en vrac » a parfois été le fait d'intervenants naïfs et peu formés, à la recherche d'une sécurité intellectuelle et de recettes pour guider leur action.

Mais, dans le chef d'autres promoteurs du concept, c'est une stratégie beaucoup plus concertée. Des associations composées de parents refusés - en grande partie des pères - prétendent haut et fort que, pour chacune de leurs situations particulières, on se trouve bel et bien dans le cadre d'une aliénation parentale (9). Et elles se sont souvent constituées en véritables lobbies, cherchant â influencer les scientifiques, les magistrats, l'opinion publique, etc. Or, la composition de ces groupes est plus complexe qu'il n'en a l'air : à côté d'une présence minoritaire de parents réellement victimes d'injustice et d'aliénation, il y en a davantage qui sont en bagarre et en rivalité perdurant avec leur ex-conjoint : sorte d'énormes bras de fer où ce qui compte, ce n'est pas vraiment le bonheur de l'enfant, mais plutôt finir par l'emporter sur l'autre. Ces lobbies sont souvent intellectuellement puissants et leurs membres ont des statuts sociaux forts et donc leurs revendications et leurs pressions sur les idées de la communauté sont efficaces. Les mouvements féministes voient même dans celles-ci une passe d'armes plus générale dans la lutte sociale entre le pouvoir des hommes et celui des femmes (10) ( Côté, 2000 ).

Certains professionnels ont fait chorus aux côtés de ces associations de parents refusés : ce sont surtout des « super-spécialistes » des questions de séparation conjugale, notamment ceux qui se sont formés aux méthodes de diagnostic et de traitement promues par Gardner, et qui sont ici juges et parties : si beaucoup de tribunaux rendent beaucoup de jugements attestant d'un SAP, cela renforce la notoriété du SAP, et, du même coup, leur propre notoriété professionnelle. Aux USA, le marché financier d'un tel domaine est juteux. Nous osons croire que ce n'est pas le cas en Belgique ni en France ... Par contre, une croyance trop grande à des critères qu'on voudrait scientifiques dans un tel domaine peut aveugler. Science sans conscience ...

§ III. - Comment se présente la réalité du terrain lorsqu'un parent est refusé ?


En référence à la diversité potentielle des causes, ce qui se passe sur le terrain est des plus variables. Dans un fatras fréquent de revendications, de bras de fer, de mensonges, de manipulation et d'extrême tension relationnelle, on ne devrait confier l'examen de telles situations qu'à des professionnels chevronnés. Nous y reviendrons.

Selon les étiologies, l'écoute de chacun dans ce qu'il vit aujourd'hui et la reconstruction patiente de l'histoire familiale mettront en évidence des éléments important ... mais dont la signification ne peut être interprétée qu'avec une très grande prudence. Attention aux déductions hâtives et aux subtilités non apparentes à une écoute superficielle ! Dans ces histoires compliquées, il faut se souvenir que chacun est susceptible de penser pour son propre compte et de manigancer, y inclus l'enfant.

Attention aussi aux conclusions basées sur l'écoute du discours d'un seul parent.

A. - Deux « actions de refus » bien typées

1) L'allégation d'abus sexuels

Parmi les expériences évoquées, il y a de temps en temps l'allégation d'abus sexuel : ce sont PG et l'enfant qui l'énoncent, chacun avec une intensité, un degré de concret et une fiabilité variables au regard des méthodes et grilles d'analyse du discours bien codifiées et validées ( essentiellement le statement validation analysis d'origine québécoise ). Ces derniers temps, le seul énoncé de l'allégation provoque un grand réflexe de crispation chez beaucoup d'intervenants, a priori qui joue actuellement davantage au détriment du parent et de l'enfant qui accusent que du parent accusé. Ces parents accusateurs - souvent des mères - risquent même de perdre la garde de l'enfant si on ne trouve pas de preuves claires à l'appui de leurs dires. À tout le moins se montre-t-on souvent inerte pour suspendre les contacts entre l'enfant et le parent suspect, même au moment de l'instruction judiciaire ; et si PG se rebiffe face à ce qu'il croit être la répétition d'un danger pour son enfant, il peut s'attendre aux pires ennuis ( Hayez, 2004 ) ! Tout cela est-il bien serein et juste ?

2) Les enlèvements d'enfants

Qu'en est-il de l'enlèvement d'enfants dans le contexte de la séparation parentale ?

En 2001, N. de Vroede, alors premier substitut au parquet de Bruxelles, avançait les chiffres très élevés de 17 enfants « déplacés » chaque mois ( de la Belgique vers l'étranger ), sans le consentement du parent resté en Belgique. Réciproquement, 12 enfants étaient déplacés chaque mois vers la Belgique. Deux tiers des parents « déplaçant » étaient belges, tout comme deux tiers des parents à qui l'on soustrayait l'enfant ( N. de Vroede, 2001 ).

Néanmoins, le terme « déplacés » est un fourre-tout dans lequel il faut distinguer :

 - De véritables kidnappings, plus ou moins effrayants ( minoritaires ), et des décisions unilatérales de mettre fin à un droit de visite rendu à PR, avec ou sans déménagement, voire changement de pays dans le chef de PG ( majoritaires ).

 - Des phénomènes transitoires, auxquels succédera une laborieuse reprise de contacts avec PR, et d'autres programmés comme définitifs par le parent auteur de la « soustraction» de l'enfant ». Parmi ces derniers, on relève :

 - les fuites à l'étranger de PG épuisé par un très long bras de fer avec les institutions, notamment judiciaires, parents qui restent persuadés - parfois à tort, parfois à raison - que les contacts avec PR sont dangereux ... ( minoritaires ) ;

 - les enlèvements internationaux émanant d'un vrai parent aliénant surtout Nord/Nord quand il s'agit de mères toutes-puissantes, qui nient la place du père sous des argumentations fallacieuses ... et Nord/Sud quand ce sont des pères, chez qui s'intriquent des dimensions narcissiques, d'autres liées à leur image sociale, et des considérations culturelles ou religieuses.

B. - Les conséquences sur l'enfant

Dans les cas où PG est effectivement aliénant, les conséquences psychologiques sur l'enfant ne sont évidemment pas minces.

 - Surtout au fur et à mesure que celui-ci grandit, il n'est pas rare qu'il se rende compte de sa propre inobjectivité lorsqu'il dénigre PR ; cette prise de conscience est au moins partielle et intuitive, mais l'enfant continue néanmoins souvent à dénigrer PR :

 - Par conformisme prudent ; mais alors il se sent secrètement coupable de sa trahison : son plaisir de vivre diminue et il peut chercher à s'autopunir de l'une ou l'autre façon (11)  ;

 - Par orgueil : tout, plutôt que d'avouer que l'on s'est trompé ! Alors, on en remet, plus que jamais, en faisant l'étalage plus intransigeant que jamais des fautes de « l'accusé ».

 - Ailleurs, l'enfant suggestionné demeure de bonne foi. Néanmoins, même alors, ça ne lui fait pas du bien que le parent aliénant présente de façon si récurrente PR comme un vrai monstre. Cela peut l'angoisser, surtout s'il est petit (« Un monstre, ça peut surgir n'importe quand avec un sac pour vous kidnapper, n'est-ce pas ? »). Ça peut aussi rendre l'enfant triste et préoccupé, même s'il ne le montre pas trop : il ne peut pas se référer à un papa et à une maman, séparés ou non, comme le font la grande majorité de ses copains ; c'est toujours la monotonie d'un seul parent, et il ne peut jamais se sentir ni se déclarer fier de l'autre. Il y a probablement aussi des failles dans la construction de son identité, surtout s'il est du même sexe que le parent honni : le parent gardien - supposons la mère - aura beau veiller à des contacts amicaux avec d'autres hommes et même se remettre en ménage avec un de ceux-ci, possible substitut paternel pour l'enfant ; elle n'enlève rien au fait qu'elle désavoue indûment la semence et le désir d'homme dont l'enfant est issu ; celui-ci pressent l'interdiction imméritée de s'identifier à son père et peine à aller chercher beaucoup de références sexuées positives ailleurs ; il a même du mal à croire à la valeur de sa propre masculinité, c'est-à-dire à celle des ressources sexuées présentes en lui - lui qui est issu de ce père déclaré si mauvais ...

 - Autre évolution possible, c'est l'évolution « caractérielle ». On voit alors que si, dans un premier temps, PG et enfant ont été en alliance forte et en grande proximité affective pour lutter contre PR, dans un deuxième temps ( à l'adolescence le plus souvent ), l'enfant utilise les mêmes attitudes de haine, d'irrespect, de violence, de refus d'autorité contre PG, tout en continuant à refuser PR.

 - Une fois devenu grand adolescent ou adulte, fait-il mieux la part des choses et reprend-il contact avec PR ? H. Van Gijseghem pense que ce n'est jamais le cas ( Van Gijseghem, 2003 ). Ce n'est pas notre expérience. Nous avons constaté pour notre part que c'est lié à la passivité soumise ou à la haine active que le jeune a exprimée les années précédentes. Plus il a été actif et en colère, moins il lui sera facile de penser qu'il pourrait se réconcilier avec PR, c'est-à-dire, en quelque sorte, obtenir le pardon de celui-ci. Mais ce n'est jamais impossible !

§ IV. -La prise en charge multidisciplinaire des situations où un parent est refusé


A. - L'optique de Gardner et de ses élèves

Comme expliqué plus haut, ce groupe de professionnels montre une tendance abusive à interpréter les comportements de mise à distance de PR comme émanant des seules mauvaises influences de PG et à faire rapidement de ce gardien un « parent aliénant ». Partant, explique Gardner, il faut toujours mettre beaucoup d'énergie à maintenir une relation spirituelle positive et des contacts concrets entre l'enfant et PR. Cela nécessite énormément de ténacité de la part des intervenants et le plus souvent une intervention judiciaire appuyée.

Dans les refus moyens ou légers, ces contacts finissent par être restaurés et/ou maintenus ; parfois le minimum acceptable est qu'ils aient lieu dans des centres de médiation spécialisée, sous la supervision de tiers professionnels (12).

Dans les cas graves par contre, le refus de l'enfant persiste et Gardner y voit « la » preuve que PG est aliénant. Il fait donc procéder aux grandes manoeuvres c'est-à-dire qu'il propose de faire résider l'enfant chez PR refusé jusqu'alors. Dès lors, c'est l'autre parent ( l'ex-PG ) qui ne peut rendre à l'enfant que des visites contrôlées dans un centre « Espace-rencontre ». Contacts dont, au demeurant, il assumera la charge financière. De surcroît, on met souvent en place une thérapie individuelle censée déconditionner l'enfant de l'influence néfaste du parent aliénant et lui réapprendre à aimer son nouveau PG. On met également en place des entretiens spécialisés avec ce dernier, pour chercher des moyens positifs de gérer le quotidien de l'enfant et de lui faire des commentaires judicieux sur la situation.

B. - Une vision plus large

Tout n'est pas à rejeter dans cette méthodologie gardnerienne, mais elle généralise et elle réduit trop les problèmes à une causalité linéaire simpliste : « Parent gardien exerçant une mauvaise influence/enfant victime qui s'ignore ».

Pour bien comprendre les interventions à faire, il importe de clarifier d'abord le cadre de l'intervention, puis les éventuelles décisions à prendre.

1) Le cadre de l'intervention

Trois types d'interventions sont possibles dans de telles situations.

 - Il y a l'expertise - une mission clairement définie par un mandat judiciaire - qui vise à aider le juge à mieux comprendre et à décider en fonction des éléments psychologiques et relationnels en cause. Un rapport clôture bien évidemment ce travail.

 - Il y a l'intervention comme consultant unilatéral, à la demande d'un des parents. Il ne s'agit pas d'une expertise puisque ce n'est pas le tribunal qui fait la demande. Cependant, le parent demande explicitement un rapport - unilatéral - pour une procédure judiciaire. L'intervention est donc ici également dans le champ judiciaire et ne peut être considérée comme un acte thérapeutique.

 - Il y a enfin des interventions à visée thérapeutique, où il y a une demande d'aide, hors champ judiciaire.

Chaque situation référée doit être examinée sans a priori par une petite équipe constituée de professionnels expérimentés ( psys, travailleurs sociaux, médiateurs, etc. ) ( Viaux, 2001 ) (13). Voici quelques repères utiles dans la mise en place du cadre de travail :

a) En position d'expert

Si l'on fonctionne en position d'expert à la demande d'une Instance officielle, il n'y a pas de problème pour recevoir les trois protagonistes du drame qui se joue. Une petite équipe sereine composée idéalement de deux ou trois personnes, permet de recevoir chacun séparément. En effet, il n'est pas souhaitable de recevoir ensemble l'enfant et PG, celui-ci étant susceptible d'influencer négativement celui-là en présence de l'intervenant embarrassé et passif ( et donc confirmant involontairement le discours de PG ), ou se montrant rapidement dubitatif et hostile ( et donc, entravant l'alliance entre l'enfant et lui ) ( Hayez, de Becker, 1997 ). Corollairement, il n'est pas judicieux non plus de mettre en présence d'emblée l'enfant et PR. Cette étape de travail n'est envisageable que si l'expert entrevoit la possibilité, ce faisant, d'avancer vers un dénouement du refus de contact dans le cadre de l'expertise. C'est ce que le jargon juridique appelle une « tentative de conciliation pendant l'expertise ».

Si l'enfant est censé être trop anxieux ou trop jeune pour venir seul à un entretien, on peut le faire accompagner par une personne de confiance qui n'est pas le parent gardien ; prendre beaucoup de temps pour l'apprivoiser en parlant de choses générales ; après, essayer quand même de le recevoir seul.

Il est souvent inutile de recevoir les alliés de chaque parent ; il est superflu et très insécurisant pour l'enfant d'interroger des personnes tierces ( son école, son médecin traitant, son thérapeute ). Par contre, on lira très attentivement tous les documents liés à l'affaire et que chaque parent a en sa possession ( rapports médicaux et psychologiques ; documents judiciaires préalables, etc. )

b) En position de « consultant unilatéral »

 - Si l'on a accepté de travailler à la seule demande du PG, la décision de convoquer également et à un moment judicieux PR est de la responsabilité de l'intervenant et se prend au cas par cas. « Le moment judicieux » est en fait le plus vite possible. Plus on avance avec un seul parent, plus l'autre parent nous identifiera comme « de l'autre camp ». Ceci est encore plus vrai dans les interventions « c », en position de thérapeute.

Dans ce contexte particulier, on gagne à faire signer tout de suite un document par PG, le demandeur, où :

 - Il s'engage à fournir en lecture tous les documents en sa possession, sans la moindre restriction. Si l'on constate qu'il ne respecte pas cette règle, il doit savoir que l'on mettra fin sur-le-champ aux investigations entamées. L'expérience a montré que cette précaution était des plus utiles, pour éviter oublis ou manipulations volontaires ;

 - Il marque son accord pour que le rapport écrit qui clôture le travail soit envoyé par l'intervenant à quiconque celui-ci trouve judicieux, donc éventuellement à PR ou à l'avocat de celui-ci si cela peut aider l'enfant positivement.

 - Si l'on accepte de travailler à la seule demande de PR, tout ce qui vient d'être dit demeure d'application. Entre autres, s'il persiste quand même de rares visites de l'enfant au domicile de PR, la décision de le recevoir à cette occasion se prend au cas par cas.

c) En position de psychothérapeute (14)

Il arrive aussi que PG ou PR s'adresse au psychologue ou au pédopsychiatre non pour obtenir un rapport sur la situation, mais avec un souhait de trouver un aide pour résoudre le problème. C'est du moins ce qui est déclaré !

Dans ces cas, il est nécessaire, avant de voir l'enfant, de rencontrer chacun des parents, ensemble ou séparément. Si, dans ces situations tendues, on peut rencontrer l'enfant en lui annonçant qu'on a déjà pu parler avec ses deux parents, on crée pour lui un espace de travail et de confiance tout différent que si un seul parent a été rencontré ( Kinoo, 2001 ).

Dans cette situation, il y a un engagement formel de l'intervenant à ne pas rédiger de rapport. On est alors dans un cadre thérapeutique, et la confiance nécessaire entraîne l'application d'un strict secret professionnel.

2) Que décider ?

Dans les deux extrêmes de la courbe de Gauss déjà évoquée, c'est relativement simple :

a) De rares fois, il est clair que le parent gardien actuel est un agent hautement toxique, en ordre principal ou exclusif ( par exemple : mère en perpétuel débordement émotionnel, paranoïde, sans la moindre objectivité, qui entraîne indéfiniment l'enfant dans une forte ambiance de persécution ; quelques rares cas de psychose (15)  ; parent qui a déjà arraché un enfant à l'autre parent, bien investi et aimé, dans le cadre d'un enlèvement religieux, culturel ou narcissique ).

Alors, on doit le plus souvent confier l'enfant en garde à celui qui était jusqu'alors le parent refusé ( ou à celui de qui il a été violemment arraché ), avec les soutiens psychologiques nécessaires pour assurer la transition. Aussi longtemps que son attitude ou sa conviction ne changent pas, le parent jusqu'alors gardien ne doit plus avoir avec l'enfant que des contacts réduits et accompagnés, et encore, s'il parvient à ne pas s'y montrer négatif lorsqu'on les met en place. Les contacts informels doivent être interdits ( lettres, téléphone, contacts surprise à la sortie de l'école, etc. ). Ce parent jusqu'alors gardien, très frustré et malheureux de la décision prise, doit être soutenu psychologiquement lui aussi, dans toute la mesure du possible.

Dans de rares cas de cette catégorie, le parent jusqu'alors refusé n'est guère disponible pour élever l'enfant au quotidien lui non plus, et il faut envisager un placement de l'enfant en milieu tiers avec un bon encadrement psychologique ( famille élargie, famille d'accueil, maison d'enfants, etc. ). À noter que l'indication du placement, c'est l'indisponibilité du parent jusqu'alors refusé et non une quelconque volonté de ménager le parent jusqu'alors gardien, dont on redouterait les réactions !

On conçoit sans peine qu'un cadre judiciaire vigilant et ses services sociaux exécutifs sont absolument nécessaires dans ces situations.

b) Dans les situations inverses, plutôt rares elles aussi, PR est estimé franchement toxique, et l'on peut travailler en miroir de ce qui précède.

Attention toutefois à la question d'un possible abus sexuel qu'il aurait commis et qui demande un raisonnement particulier. Le principe le plus fondamental est que, si un adulte a abusé d'un enfant, il est toujours injuste, traumatisant ou pervertissant pour ce dernier de continuer à avoir des contacts avec l'abuseur, aussi longtemps que celui-ci n'a pas reconnu ces faits et demandé pardon, et qu'on n'est pas raisonnablement certain de la non-récidive. Partant de là :

1° S'il est probable que l'abus ait eu lieu, mais qu'il n'a pas été reconnu par l'auteur et qu'un tribunal pénal a prononcé un non-lieu, un tribunal pour mineurs devrait être mis en place et protéger l'enfant. Cette protection consistera en une suspension des contacts avec l'adulte suspect, vu les angoisses que génèrent la mise en présence de l'enfant avec l'adulte qui ne reconnaît rien ! Suspension qui devrait durer au moins aussi longtemps que l'enfant refuse la reprise de contacts et n'est pas estimé être en mesure de se protéger personnellement si on l'importunait à nouveau (16). L'idée à la mode de confier l'enfant et le parent très suspect à un Espace-Rencontre « pour une reprise progressive des contacts » est, dans ce cas-ci, contraire à l'intérêt de l'enfant. Ce serait vouloir le conditionner à être positif avec quelqu'un qui n'a pas reconnu sa nuisance et toujours susceptible de lui nuire !

2° Si la suspicion d'abus est l'objet d'une instruction pénale, un tribunal pour mineurs devrait être mis en place et prendre des mesures conservatoires préventives identiques. Le fait que, actuellement, des parents gardiens soient parfois poursuivis pour non-présentation d'enfant au cours de la procédure est ahurissant et scandaleux ( Hayez, 2004, p. 179 à 187 ).

c) Malheureusement et comme déjà signalé, dans la majorité des situations, la multifactorialité des forces en présence est plus confuse et plus complexe. Voici cependant quelques repères utiles dans ce contexte :

1° Il faut arrêter de penser que l'enfant ne pense pas. Même s'il a été influencé directement ou indirectement, même s'il désire se conformer à l'un ou l'autre, les idées qu'il émet résultent toujours d'une synthèse personnelle. Il faut donc le considérer comme un interlocuteur valable et s'expliquer avec lui comme avec ses parents.

2° Le plus souvent avec l'appui déterminant d'un service judiciaire, la communauté des intervenants en place ( c.à.d. quiconque est confronté au problème et ne veut pas faire la politique de l'autruche ) mettra de l'énergie pour que des contacts concrets continuent à exister entre PR et l'enfant. Au minimum - hélas assez fréquent -, il faudra s'en tenir à des contacts quantitativement réduits dans un centre « Espace-Rencontre ». Parfois, on obtiendra un peu plus (17)  : par exemple, un jour de visite tous les mois, quelques jours ensemble aux vacances.

Lors des rencontres PR-enfant, beaucoup d'idées sur la pédagogie quotidienne élaborée dans la mouvance Gardner sont intéressantes. Les principes de base pour PR en sont de se montrer naturel et positif, plutôt que récriminer contre PG et de vouloir convaincre et acheter l'enfant à tout prix.

3° Si l'on n'obtient l'obéissance de PG que sous contrainte ( judiciaire ) et si la situation reste clairement négative entre les parents, c'est une illusion de penser qu'une garde alternée imposée dans ces conditions soit une bonne solution de vie pour l'enfant, même si PR la demande à corps et à cri comme une manière de lui rendre justice (18). Il y a trop de contradictions dans les valeurs. Le système d'alternance suscite ici trop d'oppositions auxquelles l'enfant est confronté.

4°) Jusqu'à quel point insister pour faire obéir PG lorsqu'elle/il demeure rétif même aux jugements des tribunaux ? Cette question reste pour nous sans réponse certaine ! Dans ce contexte, les efforts des magistrats et des autres intervenants s'effritent souvent face à la résistance de PG ... et plus rien ne se passe du tout ...

De loin en loin, c'est plus sanglant, et des mesures de contrainte sont prises contre PG. Mais est-ce vraiment sage ?

 - Envoyer PG en prison dans ce contexte constitue pour l'enfant un traumatisme psychique grave quasi systématique. Ne pas envoyer le parent en prison est aussi un choix d'intelligence prospective : imagine-t-on vraiment que l'enfant puisse un jour aimer PR qu'il associe inévitablement à une décision aussi barbare ?  - Obliger l'enfant à aller vivre en permanence chez PR sera rarement une solution, obligation qui, de facto, commencera bien souvent par une violence institutionnelle traumatisante ( des intervenants le conduisent de force du domicile de PG à celui de PR ). Le fait que, dans le passé, le parent jusqu'alors gardien aurait lui-même soustrait unilatéralement l'enfant à ses contacts avec PR ne justifie pas la mise en place d'une loi du talion ! Dans ce type de situations à implication ni multifactorielle, on ne peut accepter les affirmations généralisantes faites par la mouvance Gardner, qui affirment que des enfants déracinés de chez PG redeviennent très vite heureux chez PR. Ce pourrait être le cas dans les situations où PG et lui seul était franchement toxique. En dehors de cela, le pseudo bonheur de l'enfant est une forme de conformisme sous la terreur.

 - Alors, une astreinte financière proportionnelle aux revenus de PG ? C'est une technique juridique fort utilisée dans d'autres domaines. Elle semble peu utilisée dans le droit familial. En tout cas, nous n'avons pas d'expérience de situations traitées de la sorte.

 - Quoi qu'il en soit, l'essentiel restera toujours le retour au point c-bêta précédent : l'investissement intensif sur le terrain de services sociaux d'État et d'autres intervenants, oeuvrant de façon tenace pour rétablir le dialogue entre les parents, même sous contrainte, et pour mieux respecter l'enfant.

 - Et si cela échoue ? Tant pis, il faut se souvenir du jugement de Salomon, où la « vraie mère » est celle qui lâche l'enfant, et se résigner éventuellement à ne pas le voir pendant une durée indéterminée, précisément parce qu'on l'aime (19).



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- Notes. -

(1). Psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie, professeur ordinaire à la Faculté de médecine de l'Université catholique de Louvain, directeur de l'Unité de pédopsychiatrie des Cliniques universitaires St-Luc. Email : jyhayez@uclouvain.be

(2). Psychiatre infanto-juvénile. Unité de pédopsychiatrie. Cliniques universitaires St-Luc.

(3). Pour simplifier, nous emploierons le terme « enfant » pour désigner le ou les enfants issu(s) du couple parental qui s'est séparé. S'il y a plusieurs enfants en jeu, il n'est pas impossible que la position de chacun par rapport à la circulation entre ses parents soit différente, mais nous ne le discuterons pas ici.

(4). Dans le vocabulaire juridique actuel, on parle maintenant de « parent à qui est confié l'hébergement principal » et d'« hébergement secondaire ». Le terme « garde » est donc juridiquement obsolète. Nous l'utilisons ici dans son acception générale : « là où l'enfant est hébergé à titre principal ».

(5). Le fait de réclamer un hébergement alterné par exemple et de le voir accordé peut avoir pour conséquence que PR n'ait plus de pension alimentaire à payer. Une fois sa requête acceptée, de facto, il ne demande à recevoir l'enfant qu'irrégulièrement, et ce dernier devine bien qu'il n'est qu'une sorte de marchandise.

(6). Par pur hasard ? Ici, la mémoire d'évocation du petit fonctionne spontanément, activée par un stimulus anodin, sans que PG lui ait posé la moindre question. Ou alors, en jouant à haute voix - par exemple avec ses poupées -, l'enfant remet en scène plutôt clairement ce qui lui est arrivé et PG qui est dans les parages l'entend ... ( Hayez et de Becker, 1997 ).

(7). Les allégations d'abus existeraient dans 5 à 7 % des séparations parentales qui sont restées très tendues au fil du temps ( Viaux, 2001 ).

(8). Si PG se montre trop passif et silencieux par rapport au choix de l'enfant, en arguant « C'est lui qui décide », on glisse de facto vers la catégorie D, multifactorielle.

(9). Ce sont les mêmes lobbies qui revendiquent énergiquement l'hébergement alterné comme « la » solution de vie pour l'enfant après la séparation.

(10). Il faut quand même se rappeler que, dans la majorité des cas après séparation, l'hébergement et l'autorité effectives restent exercés principalement par la mère, et que ça arrange bien tout le monde, même si la loi a mis en place l'idée de l'autorité conjointe. Dans un certain nombre de cas où l'hébergement alterné a été demandé et obtenu, cela reste un résultat de principe : sur le terrain, la majorité des tâches et des moments de séjour restent affectés à la mère.

(11). Par exemple, ce pourrait être l'origine de « sabotages » de la réussite de soi, via échecs scolaires ou professionnels.

(12). Ces centres de rencontre entre un parent contesté et l'enfant existent en Belgique sous différentes appellations. L'enfant y passe en général jusqu'à une demi-journée avec son parent, sous la supervision de professionnels ( psychologues, travailleurs sociaux ) formés à la gestion de ces relations difficiles. Dans la suite du texte, nous les appellerons « Espace-rencontre », conformément à la nomenclature belge.

(13). Viaux ajoute sagement que cette petite équipe doit être neutre et sereine, c'est-à-dire qu'il faut interdire tout examen qui serait pratiqué par des psy appartenant à telle ou telle association de défense de soi-disant droits parentaux.

(14).Voir à ce sujet le chapitre « Allégations d'abus sexuels, séparation parentale et prise en charge thérapeutique » de Ph. Kinoo ( in N. Dandoy, Ph. Kinoo, et D. Vandermeersch, 2003 ).

(15). Quoi qu'on en pense, la psychose d'un parent est rarement la cause d'un refus de contact de l'enfant avec l'autre parent. Cela arrive, certes, que des éléments délirants soient à la base du refus, mais c'est bien moins fréquent que la haine ou la vengeance.

(16). La capacité de s'autoprotéger va en croissant avec l'âge, surtout si l'on convainc l'enfant qu'il en a le droit et qu'on l'entraîne à en trouver des moyens concrets.

(17). Du moins jusqu'à l'adolescence, où le jeune, de facto, a davantage de pouvoir pour imposer largement ce qu'il veut.

(18). Si l'on y procède quand même, c'est plus souvent une manière pour les intervenants de se venger de PG, en lui montrant que ce sont eux les plus forts.

(19). Nous n'avons pas oublié que le jugement de Salomon se termine de façon heureuse pour le parent qui aime avec le plus de désintéressement, mais il ne pouvait pas prévoir cette issue à l'avance. Dans la vie concrète contemporaine, l'issue la plus immédiate ne sera certes pas souvent de cet ordre : ce sera plutôt une traversée du désert de la rencontre. Néanmoins, les enfants deviennent grands adolescents ou adultes un jour et on assiste parfois à des retrouvailles profondes.




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- Bibliographie. -


BOYD S., Is there an ideology of hood mother in (post) modern child custody law, Social & legal studies, 1996, 5-4, 495-521.

CÔTÉ D., La garde partagée, l'équité en question, Montréal, Editions du remue-ménage, 2000.

DANDOY N., KINOO Ph., VANDERMEERSCH D., Allégations d'abus sexuels et séparations parentales, Louvain-La-Neuve, Perspectives criminologiques, Ed. De Boeck, 2003.

DE VROEDE N., La problématique des enlèvements parentaux, comment sortir de l'impasse ? Journée nationale des droits de l'enfant du 20/11/2001 - texte disponible sur le site http ://membres.lycos.fr/alienationparentale/forum.htlm

GARDNER R., The parental alienation syndrome, 1992.

HAYEZ, J.-Y., de BECKER E., L'enfant abusé sexuellement et sa famille : évaluation et traitement, Paris, PUF, 1997.

HAYEZ J.-Y., La sexualité des enfants, Paris. Odile Jacob, 2004.

HESTER M., RADFORD L., Domestic violence and child contact arrangements in England and Danemark, Bristol, Policy Press, 1996.

KELLY J., JOHNSTON J., A reformulation of parent alienation syndrome, Family Courts Review, 2001, 39, 249-266.

KINOO Ph., Expertises en droit familial : fonction de l'expert, éthique du psy, Genève, Thérapie familiale, 19/4, 1998.

KINOO Ph., Allégations d'abus sexuels et séparations parentales, Genève, Thérapie familiale, 20/3, 1999.

KINOO Ph., La prise en charge d'enfants de parents séparés : éthique et technique, Louvain-la-Neuve, Enfances/Adolescences, 1, De Boeck, 2001.

LOWENSTEIN L. F., Parent alienation syndrome, a two step approach toward a solution, 1998. Site : http://www.fact.on.ca/Info/pas/loven98.htm

MAJOR S.A., Parents who have successfully fought parental alienation syndrome, 1999. http://www.livingmedia2000.com/pas.htm

PENFOLD S., Questionable beliefs about child sexual abuse allegations during custody disputes, Canadian journal of family law, 197, 14, 11-30.

VAN GIJSEGHEM H., L'enfant mis à nu. Québec, Canada, Meridris, 1992.

VAN GIJSEGHEM H., (Entretien avec -), Le syndrome d'aliénation parentale, Journal du droit des jeunes, 222, 2003, 24-26.

VIAUX J.-L., Étude des contentieux avec allégations d'abus sexuel dans les séparations parentales, Laboratoire Pris-Université de Rouen, 2001.





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Création le 9 janvier 2007.
Dernière mise à jour le dimanche 02 mars 2008.

ds.ds


 


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... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit n'est constitué que d'informations techniques automatiques dont les textes sont déjà repris plus haut.

... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec le texte du professeur Jean-Yves Hayez.





































 

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Félicitations

Ce site a été composé par un bénévole sans aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié du professeur Hayez.

C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.

L'hébergement du site est situé sur lycos depuis le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir pratiqué cette action bénévolement également avec beaucoup de professionnalisme.

Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a été supprimé par Lycos le 15 octobre 2006 pour une raison non expliquée. Nous le regrettons vivement et ceci altère fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.



... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a été retirée par souci de simplicité.







Vérification d'accessibilité

Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et Netscape ( quelques instructions ignorées )

Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP

La présentation est prévue pour écran 640x480 mais est encore correcte avec les écrans plus grands 1600x1200 ou autres.


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PLAN.

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Aliénation parentale : un concept à haut risque

§ I. MOTIVATIONS EN JEU
A. PR a provoqué le refus
1. Les blessures relationnelles profondes
2. Les situations de maltraitance et les abus sexuels
B. C'est PG qui provoque le refus
C. L'enfant seul provoque le refus
D. Les causes multiples
§ II. LA RÉDUCTION DES CAUSES A UN CONCEPT UNIQUE : LE SYNDROME D'ALIENATION PARENTALE (SAP)

§ III. COMMENT SE PRÉSENTE LA RÉALITÉ DU TERRAIN LORSQU'UN PARENT EST REFUSÉ ?
A. Deux « actions de refus » bien typées
1) L'allégation d'abus sexuels
2) Les enlèvements d'enfants
B. Les conséquences sur l'enfant
§ IV. LA PRISE EN CHARGE MULTIDISCIPLINAIRE DES SITUATIONS OÙ UN PARENT EST REFUSÉ
A. L'optique de Gardner et de ses élèves
B. Une vision plus large
1) Le cadre de l'intervention
a) En position d'expert
b) En position de « consultant unilatéral »
c) En position de psychothérapeute
2) Que décider?
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- Notes automatiques. -

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Note 1.


(1). Psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie, professeur ordinaire à la Faculté de médecine de l'Université catholique de Louvain, directeur de l'Unité de pédopsychiatrie des Cliniques universitaires St-Luc. Email : jyhayez@uclouvain.be


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Note 2.


(2). Psychiatre infanto-juvénile. Unité de pédopsychiatrie. Cliniques universitaires St-Luc.


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Note 3.


(3). Pour simplifier, nous emploierons le terme « enfant » pour désigner le ou les enfants issu(s) du couple parental qui s'est séparé. S'il y a plusieurs enfants en jeu, il n'est pas impossible que la position de chacun par rapport à la circulation entre ses parents soit différente, mais nous ne le discuterons pas ici.

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Note 4.


(4). Dans le vocabulaire juridique actuel, on parle maintenant de « parent à qui est confié l'hébergement principal » et d'« hébergement secondaire ». Le terme « garde » est donc juridiquement obsolète. Nous l'utilisons ici dans son acception générale : « là où l'enfant est hébergé à titre principal ».

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Note 5.


(5). Le fait de réclamer un hébergement alterné par exemple et de le voir accordé peut avoir pour conséquence que PR n'ait plus de pension alimentaire à payer. Une fois sa requête acceptée, de facto, il ne demande à recevoir l'enfant qu'irrégulièrement, et ce dernier devine bien qu'il n'est qu'une sorte de marchandise.


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Note 6.


(6). Par pur hasard ? Ici, la mémoire d'évocation du petit fonctionne spontanément, activée par un stimulus anodin, sans que PG lui ait posé la moindre question. Ou alors, en jouant à haute voix - par exemple avec ses poupées -, l'enfant remet en scène plutôt clairement ce qui lui est arrivé et PG qui est dans les parages l'entend ... ( Hayez et de Becker, 1997 ).


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Note 7.


(7). Les allégations d'abus existeraient dans 5 à 7 % des séparations parentales qui sont restées très tendues au fil du temps ( Viaux, 2001 ).


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(8). Si PG se montre trop passif et silencieux par rapport au choix de l'enfant, en arguant « C'est lui qui décide », on glisse de facto vers la catégorie D, multifactorielle.

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Note 9.


(9). Ce sont les mêmes lobbies qui revendiquent énergiquement l'hébergement alterné comme « la » solution de vie pour l'enfant après la séparation.


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Note 10.


(10). Il faut quand même se rappeler que, dans la majorité des cas après séparation, l'hébergement et l'autorité effectives restent exercés principalement par la mère, et que ça arrange bien tout le monde, même si la loi a mis en place l'idée de l'autorité conjointe. Dans un certain nombre de cas où l'hébergement alterné a été demandé et obtenu, cela reste un résultat de principe : sur le terrain, la majorité des tâches et des moments de séjour restent affectés à la mère.


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(11). Par exemple, ce pourrait être l'origine de « sabotages » de la réussite de soi, via échecs scolaires ou professionnels.


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Note 12.


(12). Ces centres de rencontre entre un parent contesté et l'enfant existent en Belgique sous différentes appellations. L'enfant y passe en général jusqu'à une demi-journée avec son parent, sous la supervision de professionnels ( psychologues, travailleurs sociaux ) formés à la gestion de ces relations difficiles. Dans la suite du texte, nous les appellerons « Espace-rencontre », conformément à la nomenclature belge.

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Note 13.


(13). Viaux ajoute sagement que cette petite équipe doit être neutre et sereine, c'est-à-dire qu'il faut interdire tout examen qui serait pratiqué par des psy appartenant à telle ou telle association de défense de soi-disant droits parentaux.


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Note 14.


(14). Voir à ce sujet le chapitre « Allégations d'abus sexuels, séparation parentale et prise en charge thérapeutique » de Ph. Kinoo ( in N. Dandoy, Ph. Kinoo, et D. Vandermeersch, 2003 ).


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Note 15.


(15). Quoi qu'on en pense, la psychose d'un parent est rarement la cause d'un refus de contact de l'enfant avec l'autre parent. Cela arrive, certes, que des éléments délirants soient à la base du refus, mais c'est bien moins fréquent que la haine ou la vengeance.


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Note 16.


(16). La capacité de s'autoprotéger va en croissant avec l'âge, surtout si l'on convainc l'enfant qu'il en a le droit et qu'on l'entraîne à en trouver des moyens concrets.


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Note 17.


(17). Du moins jusqu'à l'adolescence, où le jeune, de facto, a davantage de pouvoir pour imposer largement ce qu'il veut.


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Note 18.


(18). Si l'on y procède quand même, c'est plus souvent une manière pour les intervenants de se venger de PG, en lui montrant que ce sont eux les plus forts.


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Note 19.


(19). Nous n'avons pas oublié que le jugement de Salomon se termine de façon heureuse pour le parent qui aime avec le plus de désintéressement, mais il ne pouvait pas prévoir cette issue à l'avance. Dans la vie concrète contemporaine, l'issue la plus immédiate ne sera certes pas souvent de cet ordre : ce sera plutôt une traversée du désert de la rencontre. Néanmoins, les enfants deviennent grands adolescents ou adultes un jour et on assiste parfois à des retrouvailles profondes.

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