rence
scientifique», en schématisant et en résumant sa description en
critères
cliniques très concrets, dont la présence en nombre significatif
doit faire
diagnostiquer la présence de son syndrome (comme les trou-
bles
psychiatriques décrits dans le DSM IV). Les plus importants tour-
nent autour du
dénigrement inobjectif et passionné de PR (et de ses
alliés) par
l'enfant sous l'influence déterminante de PG (et de ses alliés).
Gardner y
inclut un critère qui coupe l'herbe sous le pied à tout doute et
à toute
critique : dans l'ambiance générale de sa description, l'enfant
aliéné serait
incapable d'avoir une pensée personnelle tout en affirmant
vigoureusement
qu'il en a une : l'enfant, selon l'auteur, se prétend être
un «penseur
indépendant» et insiste à ce propos, et l'auteur y voit
précisément la
preuve qu'il ne l'est pas. Cette certitude gardnerienne
semble bien
imprudente et généralisante et être plus de l'ordre de la
vérité sectaire
que de l'ouverture au réel à l'oeuvre, avec toutes ses
nuances ! Si
l'on suivait strictement Gardner, l'examinateur écoutant
l'enfant qui
dit à sa manière : «J'ai pensé tout seul», ne peut faire de cette
déclaration
qu'un déni de la réalité renforçant l'idée que l'on est bien
face à un
SAP!
Certains
scientifiques, pas en très grand nombre, ont suivi Gardner et
continué à
promouvoir l'idée du SAP (par exemple Lovenstein, 1998;
Major 2000).
Parmi les tentatives les plus dangereuses et confusionnantes
dans ses effets
potentiels, il y a celle de Kelly (2001), qui a coupé la
définition
clinique de tout lien étiologique : dans sa perspective, dès qu'un
enfant dénigre
un parent de façon disproportionnée par rapport à la
réalité et ne
veut plus aller en visite chez lui, il s'agit d'un SAP, quel que
soit le
panachage des responsabilités en jeu!
Ce cadre
conceptuel étant proposé, il s'est passé -ce que l'on pouvait
redouter : on y
a fait entrer beaucoup de vignettes cliniques. Parfois de
bien légères,
sans examiner soigneusement si l'on correspondait vraiment
aux critères
gardneriens officiels, qui, eux, ont au moins une
pondération
de gravité.
Mais surtout sans grand souci de l'étiologie, ce qui revient à
dire que l'on
étiquette indûment comme parents activement aliénants
nombre de PG
relevant de la catégorie majoritaire des causalités multifac-
torielles que
nous venons d'évoquer.
Ce «remplissage
en vrac» a parfois été le fait d'intervenants naïfs et
peu formés, à
la recherche d'une sécurité intellectuelle et de recettes pour
guider leur
action.
Mais, dans le
chef d'autres promoteurs du concept, c'est une stratégie
beaucoup plus
concertée. Des associations composées de parents refusés
en grande
partie des pères
prétendent haut
et fort que, pour chacune
de leurs
situations particulières, on se trouve bel et bien dans le
cadre